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16 septembre 2008 2 16 /09 /septembre /2008 02:02
Chose promise, chose due! Voilà la suite de Crampons et autres fantaisies hippiques!
Je ne suis pas très fière de ce que j'ai écrit. J'ai l'impression d'avoir bâclé le travail, et de ne pas avoir bien montré l'évolution de leurs sentiments respectifs. Mais d'un autre côté, je sentais que je ne pouvais pas faire plus. Que si je ne le postais pas aujourd'hui, je le posterai jamais parce que je serai jamais satisfaite de cette suite. Et puis il fallait bien que je passe par cette suite pour faire évoluer mon histoire. D'ailleurs, cette suite est plus courte et pas forcément très intéressante, parce qu'il y a pas mal de trucs sur le cheval, qui vous intéresse pas forcément. Et si vous comprenez pas un truc, dîtes le. Et n'hésitez pas à critiquer.
Voilà, sur ce bablatage pas très intéressant, bonne lecture! :D





     Au centre de Manhattan, un jeune homme était appuyé nonchalamment contre le mur d'un gratte-ciel. Il semblait attendre quelque chose, ou quelqu'un. Son regard allait de droite à gauche, se posant de temps à autre sur une jolie jeune femme qui passait non loin de lui. En général celle-ci se retournait et le détaillait à son tour. Elle découvrait alors une personne pas très grande, mais plutôt mignonne, d'environ 25 ans, et qui lui souriait d'un air assuré et de plus en plus provocant. Lorsque l'une d'elles, attirée par ce sourire, s'approchait, il détournait le regard et s'intéressait à totalement autre chose, comme si elle n'existait plus. Et à chaque fois, elle repartait vexée, ce qui amusait beaucoup le jeune homme. Il aimait les voir tomber dans le panneau et trouvait que c'était une occupation plutôt agréable pour faire passer le temps. Et puis qui sait? Peut-être qu'il rencontrerait quelqu'un pour qui il aurait le coup de foudre?


     Lorsqu'une grande rousse aux allures de mannequin repartit furieuse, il se décida à regarder sa montre. En s'apercevant qu'il était midi moins dix, il se mit à fouiller activement dans sa besace avant d'en ressortir un bout de papier complètement froissé. Il prit ensuite son portable et tapa le numéro de téléphone inscrit sur ce qui semblait être une carte de visite. Puis il le colla à son oreille et attendit que l'on décroche.

-Inspecteur Peter MacLean à l'appareil, bonjour.
-Bonjour, c'est Mikaël Blowsworth, le…
-Ah oui je me souviens: le génie du monde hippique. C'est ça?
-Euh… si vous voulez.
-Alors qu'est-ce que je peux faire pour vous?
-Vous aviez dit que vous m'offririez un café, et que vous me tiendrez au courant de l'évolution de l'enquête, rappela Mikaël, priant pour que son interlocuteur n'ait pas oublié.
-…
-Euh… allô? Vous êtes toujours là?
-Oui, oui… c'est juste que mes supérieurs m'ont recommandé la plus grande discrétion concernant cette affaire. Alors je ne pense pas que ce soit très judicieux de vous faire part de nos informations.
-Je vois… vous promettez une chose tout en sachant que cela ne sera pas possible. C'est habituel chez tous les inspecteurs ou c'est juste vous? répondit Mikaël méchamment.
-Ne le prenez pas comme ça s'il vous plaît, le calma Peter. Je peux toujours vous offrir le café et puis peut-être répondre à quelques-unes de vos questions. Vous êtes où là?
-Devant votre commissariat.
-D'accord, vous pouvez attendre quelques minutes que je finisse mon service?
-Oui, bien sûr.
-Très bien, alors je transforme le café en déjeuner, répondit joyeusement l'inspecteur avant de raccrocher.

Mikaël raccrocha à son tour et regarda son téléphone portable étonné. Venait-il de se faire inviter par Peter MacLean? Réellement? Ou était-ce juste histoire de dire qu'ils déjeunaient ensemble? Parce qu'en y réfléchissant bien, Mikaël n'était pas sûr d'avoir emporté assez d'argent pour déjeuner dans le coin. Peut-être qu'en raclant le fond de ses poches et en faisant les yeux doux à la serveuse… Il sortit de ses réflexions lorsqu'il sentit quelqu'un se placer devant lui et l'empêcher de profiter du soleil. En relevant la tête, il découvrit un inspecteur tout sourire qui lui disait qu'il connaissait un très bon petit resto pas très loin, et qui n'était pas trop cher. Mikaël hocha la tête pour lui dire qu'il était d'accord et le suivit sans un mot. Au bout d'un petit quart d'heure de marche, ils arrivèrent devant un restaurant dont la façade vieillotte et effritée n'inspirait pas confiance. Peter affirma qu'il ne fallait pas s'y fier et entra pour s'installer à une table dans le fond de la salle. Mikaël le suivit toujours en silence et s'assit en face de lui.

-Eh ben dis donc, on ne peut pas dire que vous soyez particulièrement bavard aujourd'hui, commença Peter. Vous n'avez pas décroché un mot depuis tout à l'heure.
-…
-Vous étiez vraiment plus loquace l'autre fois, continua-t-il, voyant que Mikaël n'était pas décidé à prendre la parole. Enfin d'un autre côté, ça m'arrange bien que vous ne vouliez pas parler. Ca m'évitera de devoir répondre à vos questions puisque vous ne les poserez pas. Au fait, ça vous va le plat du jour?

Mikaël jeta un rapide coup d'œil au tableau noir où était inscrit le menu du jour puis revint poser son regard sur l'inspecteur.

-Oui, ça me va, annonça Mikaël comme si cela n'avait pas la moindre importance.
-Très bien! s'exclama-t-il, avant de continuer plus fort à l'adresse d'un serveur. Samuel! Tu nous prépares deux plats du jour s'il te plaît?

Quand le serveur lui eut dit que c'était ok, Peter fixa Mikaël pendant de longues minutes et ce dernier finit par se sentir mal à l'aise devant l'insistance silencieuse de son aîné.

-Qu'est-ce que vous me voulez? finit-il par demander, la voix tremblant légèrement, tellement l'inspecteur l'impressionnait.

Peter semblait beaucoup plus sûr que la dernière fois et Mikaël, quant à lui, l'était beaucoup moins. Il était venu pour une raison précise et pourtant, il n'arrivait pas à aller droit au but, comme il avait l'habitude de le faire. Il avait pourtant réussi la première fois qu'ils s'étaient vus, alors pourquoi, dans ce petit restaurant miteux, il n'y arrivait pas?

-Moi rien. C'est vous qui m'avez appelé je vous signale. D'ailleurs j'ai vraiment été étonné en recevant votre coup de fil tout à l'heure.
-Pourquoi? Vous m'aviez laissé votre carte de visite et cette invitation alléchante à suivre l'enquête…
-C'est vrai, mais c'était il y a plus d'un mois et demi, fit remarquer Peter.
-Et alors? demanda Mikaël, ne voyant pas où le policier voulait l'emmener, puisque les raisons de son silence étaient pour lui tout à fait claires.
-Et alors vous avez fait quoi pendant ce mois et demi?
-Ca vous intéresse? répliqua le cavalier assez méchamment, peu habitué à ce qu'on l'interroge sur ses activités.
-Oui ça m'intéresse, admit-il sans honte. Tiens tant que j'y pense, on pourrait peut-être se tutoyer, on a seulement quatre ans de différence.
-Tu sais quel âge j'ai? s'étonna le plus jeune.
-J'enquête sur toi mon petit! expliqua Peter avec un sourire légèrement moqueur.
-Je suis pas ton petit! se défendit Mikaël en rougissant de honte et de rage retenue.
-Si tu veux, mais dans ce cas-là tu me dis ce que tu as fait pendant ce mois et demi.
-D'accord, puisque tu sembles y tenir. Et puis comme ça tu me foutras peut-être la paix avec tes questions. Alors pour faire simple, je suis parti en Europe.
-Vacances? questionna Peter, reprenant involontairement le ton qu'il utilisait lors des interrogatoires.
-Non, boulot. Et c'est pas la peine d'être aussi froid, lui reprocha Mikaël, on est en train d'essayer de sympathiser un minimum là je te signale, pour que le déjeuner ne soit pas d'un ennui mortel. Et qu'on fasse style que ce n'est pas uniquement pour l'enquête qu'on se voit, vu que tu dois pas en parler normalement.
-Désolé, c'est une sale habitude du boulot. Alors tu disais que t'étais parti pour bosser? T'as fais quoi là-bas? Et c'était où exactement? Parce que l'Europe c'est grand…
-Je suis allé en Allemagne: ils sont vraiment très forts pour tout ce qui concerne l'équitation. J'avais besoin qu'on me remette les pendules à l'heure, d'être plus encadré et de progresser, autant mentalement qu'à cheval. Et l'Allemagne était parfaite pour ça… parce que c'est pas ici que j'aurais pu progresser autant, conclut-il.
-Pourquoi?
-Ben ça me paraît assez évident. Aux Etats-Unis, c'est surtout la monte Western qui est mise en avant. La monte à l'occidentale ne représente qu'une toute petite partie de l'équitation américaine. Alors qu'en Europe, elle a déjà toutes ses lettres de noblesses, et il y a beaucoup plus de professionnels compétents.
-Logique… pourquoi n'y ai-je pas pensé? se demanda-t-il dans un murmure, que Mikaël réussit à saisir.
-Parce que tu n'es pas particulièrement brillant, sans vouloir te vexer, le taquina le cavalier.
-C'est ça! Moque-toi! répliqua Peter, d'un ton faussement outré, même s'il était piqué à vif. Mais au fait, j'y pense! On parle souvent de couple en équitation, alors pourquoi t'es parti tout seul en Allemagne.
-J'ai jamais dit que j'étais parti seul. Jéricho m'a accompagné! expliqua-t-il avec un grand sourire. On a tous les deux ingurgité notre dose de calmants et on est monté dans l'avion direction Berlin!
-T'as peur de l'avion? demanda l'inspecteur, amusé de voir que l'apparente assurance du jeune homme cachait en réalité beaucoup de petites frayeurs.
-Oui et alors? J'aime pas ne pas avoir les deux pieds sur terre!
-Et tu n'aimes pas non plus la vue du sang, ni des aiguilles. Et…
-Eh c'est bon! Tu vas pas non plus me faire un inventaire à la Prévert? s'énerva Mikaël, qui n'aimait qu'on lui rappelle des mauvais souvenirs.
-Ok, ok, on se calme. Alors ce voyage en Allemagne, ça s'est passé comment? dit-il pour changer de sujet et ne pas attiser la colère du cavalier: il s'y était frotté une fois, et l'on ne l'y reprendrait plus!
-C'était génial! s'exclama le cavalier, les yeux soudain pétillants et pleins d'étoiles. J'ai pu monter plein de chevaux différents et apprendre à m'adapter à des types totalement différents! C'était vraiment sympa ça! J'ai aussi appris à gérer mes émotions et à ne pas les laisser influencer mon cheval. Et puis j'ai travaillé le barrage.
-Le barrage?
-Tu sais pas ce que c'est? Pour un inspecteur qui enquête dans le milieu hippique, tu n'as pas l'air très au courant, railla Mikaël. Mais si tu veux, je peux t'apprendre quelques trucs.

Il s'étonna lui-même de faire cette proposition à cet inspecteur qu'il n'aimait guère. Mais c'était plus fort que lui: dès qu'il parlait cheval, il s'emportait et se laissait transporter par sa passion. Il adorait ce sport et l'animal, et il voulait faire partager ses sentiments à toutes les personnes qu'il connaissait. Certaines d'entre elles s'étaient montrées très fermées, alors dès que quelqu'un montrait un tant soit peu d'intérêt pour le cheval, il sautait sur l'occasion. C'était presque devenu un réflexe et il avait proposé à Peter de partager ses connaissances sans même s'en rendre compte. Et maintenant, il attendait sa réponse avec impatience et anxiété, tout en essayant de se persuader que si son cœur battait à cent à l'heure, c'était uniquement parce que l'équitation lui tenait à cœur, et non parce qu'il commençait à s'attacher à cette personne détestable.

-Oui, je veux bien, ça m'aiderait beaucoup je crois.

Cette fois-ci, Peter remercia sa déformation professionnelle de lui avoir fait garder son calme extérieur et de n'avoir rien laissé paraître de sa surprise. Décidément, il avait de plus en plus de mal à cerner le jeune homme qui pouvait apparemment passer par toutes les humeurs possibles en à peine quelques minutes.

-Très bien! Alors autant commencer tout de suite! s'exclama-t-il, le ton plus joyeux que jamais. Je t'avoue que j'avais un peu peur que tu refuses. Je me suis vraiment comporté comme un rustre l'autre fois, et je suis désolé. Mais bon, c'est aussi un peu de ta faute: tu n'avais pas choisi le meilleur moment pour me faire tes excuses. Bref, de quoi on parlait? Ah oui, du barrage! répondit-il lui-même à sa question, sans laisser le temps à Peter d'en placer une. Alors d'abord, il n'y a barrage que s'il y a égalité entre les premiers concurrents. Par exemple, il y a eu deux sans-faute et cinq 4 points… Vous savez quand même que dès qu'on fait tomber une barre, on a 4 points et que le but c'est de faire 0 point? demanda soudain Mikaël, prêt à s'arracher les cheveux si l'inspecteur répondait non.
-Oui, ça quand même je le sais, dit-il, légèrement vexé. J'ai assisté à une ou deux compétitions dans le cadre de l'enquête et ça a été assez facile de comprendre comment ça marchait.
-Tant mieux! reprit le cavalier, soulagé. Donc imaginons: deux sans-faute et cinq 4 points. Puisque lors du premier parcours, le chrono ne compte que si on dépasse le temps limite imposé, on doit départager les cavaliers par un autre parcours pour savoir qui sera 1er, 2ème et 3ème. Et ce parcours s'appelle un barrage. Dans mon exemple, les deux sans-faute vont se battre pour la 1ère place, et les cinq 4 points pour la 3ème place, compris?
-Heu… oui je crois. Juste, dans le 1er parcours, le chrono ne compte vraiment pas?
-Que si on dépasse un temps maximum, et dans ce cas, on a des points en plus. Bon, maintenant que tu sais à quoi ça sert, je vais t'expliquer ce qu'est un barrage.


     Mikaël se lança alors dans des explications de plus en plus techniques que Peter avait de plus en plus de mal à suivre. Entre la longueur du parcours, le chrono le plus rapide, les barres à ne pas faire tomber et comment choisir son tracé, il commençait à se sentir perdu. L'arrivée de leurs plats ne perturba nullement Mikaël qui continua à parler sans discontinuer, au grand dam de Peter. Celui-ci décrochait sérieusement des explications tarabiscotées de son cadet et n'osait plus l'interrompre de peur de le vexer, ou de se prendre une remarque désagréable. Alors il décida de ne plus suivre que d'une oreille et de laisser son esprit vagabonder, tout en hochant la tête de temps en temps pour faire semblant de suivre la conversation.

Ses pensées se lancèrent immédiatement à la poursuite d'une image de sa petite amie Sonia. Elles essayaient d'attraper un souvenir datant du matin même, lorsqu'elle s'était réveillée après une nuit mouvementée. Lorsque enfin elles réussirent, Peter se rappela avec précision de ses petits yeux fatigués et de son sourire timide. Et puis aussi de la question qui avait entaché cette délicieuse scène matinale: "Tu pars bosser? Ton chef t'en demande vraiment trop." En voyant qu'il allait encore répondre que son travail comptait beaucoup pour lui, elle ajouta, avec cette fois-ci un sourire coquin et en soulevant la couette: "Tu ne voudrais pas rester te reposer avec moi?" Il avait froncé les sourcils et était sorti sans un mot: son travail était un sujet très sensible entre eux deux et avait déjà occasionné plusieurs disputes. Peter décida alors de laisser de côté les mauvais souvenirs, et une pensée en appelant une autre, il dériva sur son supérieur et le visage intimidant qu'il avait adopté pour lui rappeler ce qu'il risquait s'il décidait de jouer la taupe dans cette enquête. Il faillit frissonner rien qu'en y repensant et opta soudainement pour un retour à la réalité. Cela lui éviterait de ressasser des choses désagréables; et Mikaël se rendrait moins compte qu'il ne l'écoutait plus depuis un moment. Il saisit le flot continu de paroles en cours de route et tenta tant bien que mal de se raccrocher à la conversation, qui avait dérivé sur quelque chose que Peter ne reconnaissait absolument pas.

-Alors tu vois, elle, pour lui faire bouger les hanches comme tu veux, tu dois lui faire comprendre gentiment. Tu lui glisses quelques mots à l'oreille, tu la caresses, t'appuies légèrement là où il faut et le tour est joué!

En entendant cela, Peter fut complètement perturbé. Mikaël parlait-il d'une jeune femme? En tout cas, le ton et le regard du jeune venaient soutenir complètement cette hypothèse. Cependant, quelque chose clochait: il voyait très mal Mikaël lui parler d'une de ses conquêtes féminines.

-Pour les déplacements de hanches, Lullaÿ est une vraie crème! continua-t-il, ne remarquant toujours pas qu'il menait un quasi-monologue depuis plus d'une demi-heure. Tout le contraire de Jéricho! Lui j'ai dû passer des mois à lui apprendre ce truc et aujourd'hui encore, faut que je fasse très attention pour obtenir un déplacement correct. Parce que tu vois, môssieur est chatouilleux des hanches. Alors dès que je pose…


     Peter décrocha une nouvelle fois de la conversation: les déplacements des hanches des chevaux, cela ne l'intéressait que moyennement, surtout qu'il n'en comprenait pas l'intérêt. Cependant, cette fois-ci, au lieu de partir dans les méandres de son esprit à la recherche d'un quelconque souvenir, il s'attacha à détailler le visage du jeune homme. Celui-ci était de forme plutôt ovalaire, encadré par des cheveux très bruns et en bataille, qui semblaient ne pas avoir été coupés depuis des années. Plusieurs mèches lui barraient le front et descendaient élégamment jusque dans les yeux, les cachant par moment. Mikaël ne faisait aucun effort pour les remettre à leur place, appréciant probablement la mince barrière qu'ils créaient avec son interlocuteur. Les yeux, quant à eux, étaient aussi de couleur brune. Ils n'avaient rien d'extraordinaire, si ce n'est qu'ils brillaient de temps en temps d'une légère lueur qui disparaissait aussitôt après être apparue. Cela intrigua Peter qui chercha à savoir ce qui provoquait cette étincelle. Mais sa recherche dut être trop insistante puisque Mikaël s'arrêta de parler et le regarda circonspect.

-Ca ne va pas Peter?
-Heu… si si, balbutia-t-il, pris de court.
-Tu mens très mal, constata le plus jeune, désabusé. J'ai bien vu que tu me détaillais avec insistance, je suis pas complètement con et j'observe un minimum les choses, tu sais.
-Mais non non, je te détaillais pas… Je… je cherchais juste une réponse, annonça-t-il peu sûr de lui et de son mensonge.
-Alors je vais te la donner Peter: je ne suis pas gay, dit Mikaël, le plus sérieusement du monde.
-Mais c'est pas du tout à ça que je pensais! s'offusqua l'inspecteur, avec un sentiment mêlé de rage et de honte. Tu te trompes complètement!
-Ouais, et c'est pour ça que tu me regardais avec le même regard que toutes les filles que j'ai pu draguer jusqu'à aujourd'hui?
-Je pensais à autre chose! s'énerva-t-il, furieux de voir que Mikaël s'entêtait dans cette absurdité.
-Eh c'est bon! T'énerve pas! J'ai juste eu l'impression que tu me matais. Si c'est le cas, ça me gêne pas, mais je préférais mettre les choses au point dès le début. Et si c'est pas le cas, tant mieux.
-Ce n'est pas le cas, affirma aussitôt Peter.
-Mouais, si tu le dis, dit Mikaël, d'un ton peu convaincu. Bref, le sujet est clos et on passe à autre chose, continua-t-il, désireux de ne pas gâcher ce déjeuner par une dispute inutile et imbécile.

Bizarrement, Mikaël avait fini par apprécier réellement Peter alors que leur première rencontre s'était très mal passée, et que la deuxième était un échange plutôt unilatéral. Il ressentait le besoin de connaître cet homme, de lui parler, de l'emmerder, de construire une amitié avec lui… de faire partie de sa vie, alors même qu'il le connaissait pas. Son cerveau lui criait que tout cela était étrange et peu rassurant, mais il ne s'en souciait pas, habitué depuis tout petit à suivre son instinct. Instinct qui lui faisait entrevoir de façon de plus en plus nette son désir de revoir Peter. Et le prétexte à une autre entrevue était tout trouvé: ses questions sur l'enquête.

-Je parie tout ce que tu veux que tu ne m'as pas écouté, dit Mikaël en souriant pour changer de sujet.
-Euh… mouais, j'ai abandonné quand t'es parti dans des considérations sur comment faire un barrage, reconnut-il, penaud.
-Je le savais! s'écria Mikaël, triomphant. Je suis désolé, j'avais remarqué que tu ne suivais plus. Mais j'adore tellement parler des chevaux que j'ai continué. Et comme tu ne m'as pas écouté, tu vas être puni!

Mikaël explosa de rire en voyant la mine déconfite et effrayée de Peter, qui se souvenait que trop bien du savon que lui avait passé le cavalier. Celui-ci fit semblant de réfléchir pendant quelques minutes. Puis il fit signe à Peter de s'approcher avant de se pencher en avant, avec, collé sur le visage, l'air de quelqu'un qui va dire un secret.

-Tu vas devoir répondre à mes questions sur l'enquête.

Peter soupira de soulagement: il s'était attendu à bien pire. Il jeta un coup d'œil à l'horloge murale et se tourna vers Mikaël.

-D'accord, mais pas maintenant puisque ma pause déjeuner est finie, murmura-t-il sur le ton de la confidence, toujours allongé sur la table.
-Mais c'est que ça me va pas du tout ça. Je veux tout savoir maintenant tout de suite.
-Et si je te promets un dîner, tu acceptes de patienter?
-En tête à tête?
-Non chez moi, avec ma petite amie. Amène quelqu'un si tu veux.
-D'accord. Mais moi je voulais en tête à tête, dit-il sur un ton boudeur en se redressant.
-Eh ben ce sera un dîner en double tête à tête, rigola Peter. Samedi prochain à 19h ça te va?
-Euh oui, je crois que j'ai rien de prévu.
-Très bien. Voilà l'adresse, dit-il en lui tendant un bout de papier qu'il venait de griffonner. Tu peux rester à table et prendre un dessert et un café si tu veux. Samuel mettra tout sur ma note. Moi je dois vraiment y aller: mon chef vient de m'appeler et je vais me faire engueuler parce que je ne lui ai pas répondu. Et s'il savait que j'ai déjeuné avec toi, je me retrouverais sûrement avec deux dizaines de rapports à rédiger. Bon ben à samedi!

Il agita la main et se dirigea rapidement vers la sortie. Mikaël le regarda partir en souriant. C'était étonnant à quel point chacun s'était familiarisé à l'autre en tout juste une heure alors qu'au départ ils ne s'appréciaient pas. Maintenant, ils ressemblaient bien plus à de vieux potes qu'à un inspecteur et un suspect. Le jeune homme grimaça à cette pensée: "suspect", et prit une tarte au citron pour essayer de chasser le goût affreux que ce mot apportait avec lui. Quand il l'eût finie, il sortit en saluant le serveur et se promit intérieurement de revenir goûter leurs autres desserts.

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commentaires

moon_river 22/03/2010 14:52


J'avoue avoir beaucoup ésiter à lire cette fic (pendant 2 semaines) mais une fois que j'ai commencer, je ne l'ai plus lachée!! C'est tout simplement géniale!! Comme tout ce que tu as écrit
d'ailleurs. Continue comme ça.
Bye bye


Skorpan 22/03/2010 14:58


Pourquoi as-tu beaucoup hésité à lire Crampons et autres fantaisies hippiques?
Sinon, je suis contente que tu aies commencé, et surtout que tu apprécies! =D Merci pour tes encouragements et à bientôt! ;-)


Cicipouce(>>Cindy 18/08/2009 00:20

si je me rappelle bien, il était en lien dans un commentaire que t'as laissé sur un blog .. mazintenant quel blog .. ché plus xDDDD

Skorpan 18/08/2009 00:56


Ok, merci. :-)


Cindy 30/07/2009 14:50

j'aime vraiment beaucoup ... je trouve que la progression de leurs sentiments a été bien retranscrite .. ça va pas trop vite mais pas trop lentement non plus !!

Skorpan 18/08/2009 00:13


Thanks! Comme j'ai déjà dit, j'aime bien prendre un rythme plus lent que ce qu'on lit la plupart du temps. Mais parfois j'ai peur de faire trop lent et stagnant, non pas dans la progression des
sentiments, mais plutôt dans celle de l'histoire (j'ai fait moins de 24h décrites en plus de 60 pages... -_-')


Cindy 30/07/2009 14:23

Salut !!!Bon j'ai lu le premier chapitre mais vu qu'il n'y pas de lien pour mettre de commentaires donc je le mets icic .. le sujet est vraiment intéressant !! j'ai vraiment pris du temps pour trouver un lien vers ton blog =D mais j'y suis enfin !!!tu vas me trouver coller à tes basques pendant un boooooon moment fufufufufu ^^ Chu~~~~~~

Skorpan 18/08/2009 00:10


Hello!

Bon, ben, t'as pas dû voir le lien, parce que je viens de vérifier, il existe. ;-) Et juste par curiosité, tu l'as trouvé comment mon blog?
Et puis t'inquiètes, j'ai les basques solides! Elles résistent à tout! XD


Merlin 29/05/2009 18:41

bon je laisse un commentaire vite fait : j'adore et je vais lire la suite

Skorpan 29/05/2009 20:01


Thanks! ;-)


Absynthe 03/10/2008 20:56

Gniarf, je connais bien le genre de monologues ou les gens se font chier pendant que nous on est à fond dans notre truc xD
C'est trop choeutte comme ils s'entendent maintenant!
J'ai bien aimé le "je ne suis pas gay". J'adore son franc parlé.
Par contre, en toute logique, Sonia elle est en trop :p
Meme si elle peut être très sympa hein ^^
Fin bref, je m'arrête pour ce soir, par contre je me permet de te mettre dans mes favoris et coups de coeur si ça ne t'ennuie pas. (Heu bah si ça t'ennuie t'as juste à me le dire soit sur msn (y a mon adresse dans le com) soit par commentaire. je retirerais tout de suite.)
Bisous! Continue vite!

Skorpan 03/10/2008 22:30


XD Ce genre de monologues où au bout d'un moment tu t'arrêtes et tu dis à l'autre "Si je te fais chier ou que je radote tu m'arrêtes!" Ca m'arrive souvent ça! (à propos du cheval, d'Indo, The
Ark...)

Pour Sonia, tu vas bien voir ce qu'il va se passer. Elle réapparaît dans la partie 3, avec en plus un nouveau perso. Je t'avoue que j'ai commencé à l'écrire, mais je sais pas du tout comment ça va
se finir. Alors advienne que pourra et je verrai bien si mes nouveaux persos sont aimés ou pas!

Et non, ça ne m'ennuie pas du tout que tu me mettes dans tes favoris. C'est gentil au contraire et je vais faire de même.
Bisous


rafa 22/09/2008 16:36

C'est pas vraiment ce que j'appelle une suite bâclée mais bon... Du coup je suis déçue, je m'attendais à un truc naze. Encore raté.
Alors qu'en fait c'est bien construit, détaillé et pour le moins intriguant. Mikael est toujours aussi timbré et parfois dur à vivre, versatile...le pauvre Peter sait pas dans quoi il s'est fourré, je le plains. Du coup, c'est drôle et on sait jamais à quoi s'attendre.
Voila, maintenant que j'ai fini ce commentaire complètement inutile, j'ai plus qu'a demander la suite et vite ( t'as qu'a la bâcler comme celle la)

Skorpan 22/09/2008 17:16


Mais non, je ne la baclerai pas! Je veux pas, sinon je je perdrai ma fierté d'auteur! ^^
Heureuse que t'aies apprécié, parce que j'avais vraiment peur de ne pas avoir réussi à faire passer ce que je voulais, et pas de la bonne manière. Mais bon, c'était un passage obligé pour la suite
de mon histoire. Et merci pour les compliments. :D Pour la suite, tu verras quand je l'aurai écrite! :-P


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