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8 juin 2009 1 08 /06 /juin /2009 16:06
Aha! Vous êtes impatientes? Vous avez envie de savoir ce qu'il s'est passé? Ou plutôt ce que Mikaël a? Et comment les autres vont réagir? Vous voulez savoir hein?
Et ben rappelez-vous d'une chose: je suis une grande sadique! =D

Sur ce, bonne lecture! =D







     Les yeux fermés et les mains crispées sur les rênes, Mikaël était allongé sur le sable de la carrière, passablement sonné. Il sentait que son pied gauche était encore pris dans l'étrier, et tirait toute sa jambe vers le haut, alors qu'il ne souhaitait que la poser à terre. Mais il n'osait pas ouvrir les yeux de peur de découvrir son membre avec une forme non physiologique. Grâce aux voix qui se faisaient pressantes autour de lui, il devina également que tout le monde s'était regroupé autour de lui. Mais il ne répondait à aucune question, ce qui inquiétait fortement ses camarades. En réalité, ce n'était pas qu'il ne souhaitait pas leur répondre, ou que sa tête était trop confuse pour le faire, c'était juste qu'il était terrifié de ce que le cauchemar puisse recommencer s'il faisait quoi que ce soit. Pour l'instant, il était certes dans une position inconfortable, mais au moins, ça s'était arrêté. Brusquement, il perçut une présence à sa gauche, et une main se posa sur son épaule, accompagnée par une voix douce et rassurante.

-C'est bon, Mikaël. Tu peux lâcher les rênes, Charlie les tient. Voilà, c'est bien, approuva la voix alors que le cavalier desserrait lentement ses doigts. Maintenant, essaie de te calmer, respire lentement, comme ça, continua-t-elle en mimant une respiration exagérément lente et bruyante.

En entendant ces paroles prononcées par cette voix, qu'il reconnut comme étant celle de son coach, il réalisa que le choc quand il était tombé lui avait coupé le souffle, et que depuis, il respirait difficilement. Il avait l'impression de s'asphyxier et de rien pouvoir faire face à cette sensation de mort imminente. Cela le fit paniquer et il ouvrit les yeux d'un coup, en s'agitant fortement.

-Oh là! tout doux, reprit Edward. Les autres, écartez-vous! Laissez-le respirer, dit-il à l'adresse des cavaliers inquiets. Et toi, calme-toi, tu dois respirer lentement, calmement. Doucement, voilà, comme ça, c'est bien continue.

Peu à peu, l'air revint envahir ses poumons et le spectre de l'asphyxie s'éloigna de Mikaël. Il tourna lentement la tête vers son coach et l'interrogea du regard.

-Bon, maintenant que tu es bien calme, je vais essayer de retirer ton pied de l'étrier. Si je te fais mal, tu me dis, d'accord?

Mikaël hocha la tête et d'une main mal assurée, il remonta le bas de son T-shirt jusqu'à sa bouche pour avoir quelque chose dans quoi mordre si cela faisait trop mal. En même temps, Edward se releva, s'approcha du flanc du cheval et prit délicatement la cheville de Mikaël en mains. Il entreprit de dégager le pied de la structure en métal qui le retenait prisonnier avec des mouvements très doux, mais cela n'empêcha pas Mikaël de serrer les dents à plusieurs reprises et de laisser quelques larmes s'échapper de ses yeux. Puis enfin, le pied fut dégagé et la jambe posée à terre. Alors soudainement, le stress retomba et Mikaël se laissa aller: les larmes jaillirent sans restreinte et des spasmes agitèrent son corps. Edward s'accroupit au côté de son cavalier, et le visage compatissant, lui demanda si ça allait.

-Oui, oui, c'est juste… c'est juste le stress, assura Mikaël, un sourire rassurant sur ses lèvres mouillées de larmes.
-Tant mieux. Bon tu restes allongé le temps de te remettre, et je prends Gallium, ok?
-Ouais.
-Très bien. Les autres, dit-il en se relevant et en s'adressant aux cavaliers toujours à cheval, vous pouvez sortir.

Ils se dirigèrent tous vers la sortie, en faisant néanmoins un crochet par Mikaël pour savoir comment il allait. A chaque fois, il souriait et les rassurait même si une douleur lancinante commençait à apparaître dans sa cheville gauche. My fut la dernière à s'enquérir de sa santé, et ils discutèrent un peu plus longuement. Lorsqu'elle allait partir, Mikaël lui demanda une dernière faveur: aller rassurer Peter, qui ne devait pas en mener large, peu habitué qu'il était à ce genre de péripéties.


     My s'approcha rapidement de l'inspecteur et celui-ci se releva d'un bond, effrayant quelque peu le jeune cheval. Elle lui flatta l'encolure pour le calmer puis adressa un sourire chaleureux à Peter.

-Ne t'inquiète pas, il va bien. Il a juste besoin de reprendre son souffle, et de faire un peu le point. Ensuite, il pourra se relever.

Soulagée, Peter poussa un long soupir en plaquant sa main contre son cœur, et ses traits se détendirent ostensiblement. Mais il enchaîna rapidement, ne se laissant pas le droit de souffler une seule seconde avant de connaître toutes les circonstances de l'incident, qui ressemblait plus à un accident grave qu'à un incident dans sa tête.

-Qu'est-ce qui s'est passé?
-Genesis, le cheval de Joe, a fait un peu le con en passant à côté de Gallium. Il a levé le cul, comme il le fait assez souvent, et Gallium a vu là l'opportunité de s'amuser. Donc, il a fait le schéma classique qu'il fait à chaque fois: départ au galop, arrêt, coup de cul. Tu tombes à chaque fois, c'est inévitable. Sauf que là, je sais pas ce qui s'est passé, Mikaël a eu son pied gauche coincé dans l'étrier et il s'est fait traîner. C'est pour ça qu'on a speedé pour essayer de coincer Gallium tout de suite. Parce que d'habitude, on l'approche pas avant qu'il ait fait dix tours de carrière.
-Il s'est fait traî-traîner? bafouilla Peter, blême.
-Oui, traîner, sur le sol, avec le pied accroché à la selle, expliqua My en mimant avec les mains. Ca arrive, tu sais.
-Mais mais… Mais il aurait pu mourir! Imagine si Gallium lui avait marché dessus! s'écria Peter, qui de blême était devenu rouge de colère devant l'attitude nonchalante, quasi non-concernée de My.
-Faut pas exagérer non plus. Et puis tout s'est bien terminé, alors vaut mieux pas y penser. Sinon, tu ne montes plus à cheval.
-Mais! tenta une nouvelle fois le jeune homme, de plus en plus ulcéré et s'agitant en proportion.
-Peter, arrête de voir les choses négativement s'il te plaît. Ce genre de trucs arrive assez souvent, mais c'est notre métier, notre passion même, alors on accepte sans rechigner. Mikaël te dira exactement de la même chose, et crois-moi, il est plus casse-cou que moi. Maintenant, tu te calmes parce que sinon, va y avoir un autre accident. Tu fais peur à Manifesto, le sermonna-t-elle avant de murmurer des mots doux à son cheval. Bon, je vais devoir te laisser. Mikaël m'a dit que tu l'attendais?
-Ouais, c'est ça, fit-il, sa colère légèrement refroidie, mais pas éteinte.
-Bah tu vas attendre longtemps. Il faut encore qu'il remonte à cheval, qu'il…
-Il va remonter à cheval!?! la coupa Peter, sa colère remontant en flèche. Après ce qui vient de lui arriver!?!
-Bien sûr, rétorqua My. Peter, faut vraiment que t'arrêtes de t'exciter pour un rien et que t'apprennes à observer. Ici, tu ne connais rien à rien, même si Mikaël t'a un peu initié à quelques trucs. Alors t'as une seule règle à respecter: te taire, regarder et apprendre. Tu vas pas tout connaître du cheval en un claquement de doigts, ça se fait sur des années. Mais je vais être sympa avec toi, et te dire autre chose: une des bases de l'équitation se résume à cette phrase: "Qui tombe remonte." Donc, à moins que tu ne pisses le sang de partout ou que tu te sois déplacé des vertèbres, quand t'es tombé de cheval, tu remontes dessus tout de suite après. Sinon, tu ne remontes jamais. D'accord?
-D'accord, fit-il, soudain penaud face au ton catégorique, limite agressif, employé. Excuse-moi.
-Non, c'est moi, se reprit My. Je sais que tu connais pas grand chose, et que t'as envie d'apprendre, et limite je t'engueule. Bref, tout ça pour dire que Mikaël remonte sur Gallium. A mon avis, il va pas faire grand chose. Puis après, il descend et il s'en occupe. Ensuite, il doit encore nourrir les chevaux qui ne l'ont pas été, balayer les allées et vérifier tout un tas de trucs. En gros, t'es pas sorti de l'auberge, rigola-t-elle amicalement. Sur ce, moi j'y vais, je suis attendue. Salut Peter, et à la prochaine!
-Salut!

Il agita vaguement la main et dès qu'elle fut sortie de la carrière, il se re-concentra sur Mikaël, qui était en train de se relever difficilement.


     Le bleu du ciel, un joli bleu, pas tout à fait uniforme, avec de légères nuances, et le blanc des nuages, qui filaient à toute vitesse sous l'impulsion du vent, s'imprimaient profondément dans la rétine de Mikaël. C'était vraiment un spectacle magnifique que ce ballet de nuages blancs sur fond bleu, un tableau apaisant, en particulier si c'était celui qu'on devait voir en dernier lieu, juste avant de trépasser. Mais heureusement, se dit-il, ce ne serait qu'une image parmi toutes celles qui lui restaient à voir: il était vivant. Vivant et passablement mal en point. Sa douleur à la cheville gauche ne faisait qu'augmenter, et maintenant, une douleur diffusant à partir de toute sa colonne vertébrale venait s'y ajouter. Il décida donc de bouger avant d'être complètement ankylosé et roula sur le côté droit. La moitié du visage collé contre le sable, il pouvait en observer tous les petits monts et vallées, et les moindres aspérités. Il resta quelques secondes dans cette position avant de prendre une grand inspiration et de se relever sur son coude. Une fois assis, il fit une petit pause et en profita pour palper sa cheville. Avec la bottine et par-dessus la chaps en vachette, c'était assez dur de se rendre compte si c'était tuméfié ou non, mais la moindre pression lui faisait mal. Il valait mieux ne pas forcer dessus pour l'instant -il l'assouplirait un peu plus tard, au fur et à mesure- et il se mit debout en prenant appui sur sa jambe droite et ses deux mains. Puis il se dirigea clopin-clopant vers C, où Ed l'attendait avec Gallium. Son coach, qui discutait avec Charlie, s'avança prestement vers lui lorsqu'il constata qu'il s'était relevé. Ils se rencontrèrent environ à mi-chemin, et Ed s'enquit immédiatement de la santé de son cavalier.

-Ca va? Tu boîtes?
-Ouais, j'ai un peu mal. Mais ça va passer, comme d'habitude. Je vais pas forcer dessus, et d'ici quelques heures, je pense que ça ira. Dis, je crois que je me suis égratigné le dos, tu peux regarder s'il te plaît?
-Ouais, deux secondes.

Il confia les rênes à Mikaël puis fit le tour du jeune homme avant de soulever son T-shirt.

-Oulà! s'exclama-t-il.
-Quoi? Qu'est-ce qu'il y a? s'inquiéta Mikaël.
-T'as plein de sable partout! Je vais t'enlever le plus gros, déclara Ed avant de balayer le dos de Mikaël de sa main, essayant de ne pas être trop violent. Voilà, c'est fait. T'as aucune égratignure du tout, t'es juste très rouge. Je pense que tu devrais passer une crème apaisante, ou un truc du genre ce soir après la douche.
-Biafine?
-Par exemple. Et fais voir tes mains.

Mikaël, obéissant, enleva ses gants et présenta ses mains nues à son coach.

-Bon, c'est bon, c'est juste rouge, mais tu t'es pas arraché la peau. C'est une bonne nouvelle ça. T'as mal autre part?
-Non, enfin, un peu aux poignets, aux hanches, et au genou gauche, mais ça va passer. Tu m'aides à remonter? Je le sens pas de monter tout seul.
-Sans problème.

Une fois à cheval, il écouta attentivement les quelques conseils que Ed put lui donner avant que son portable ne sonne. Il décrocha, adressa un rapide "Tu fais ce que tu veux" à Mikaël avant de se concentrer sur son interlocuteur au téléphone. Rapidement, il comprit de quoi il retournait et fit signe à Mikaël qu'il devait partir. Celui-ci acquiesça et regarda son coach, ainsi que celui de My, quitter la carrière. A présent, il ne restait que Peter et lui-même. Cependant, il n'était pas encore en état d'aller lui parler, pas avant d'avoir repris confiance en lui, en son cheval, et en son équitation. Parce qu'il était certain que Peter allait lui adresser des reproches, le prier d'arrêter ce sport, comme toute personne sensée. Et face à une argumentation de poids mettant en avant la dangerosité de l'équitation, Mikaël n'était pas de taille, et encore moins actuellement, affaibli physiquement et psychologiquement.

Il partit tranquillement au pas, laissant Gallium décider de la trajectoire. Il se ré-habituait peu à peu aux mouvements souples de son cheval. D'abord crispé, il se laissa aller et bougea son bassin en rythme avec les foulées de Gallium. Puis il reprit les rênes et imposa de marcher en piste intérieure. Après cinq grosses minutes et plusieurs figures, d'une pression de mollets, il fit une transition au petit trot. Ne voulant pas utiliser sa jambe gauche, il se mit au trot assis. Mais son dos le rappela à l'ordre et il tenta de trotter enlevé sur sa seule jambe droite.

Peter, toujours au bord de la carrière car n'osant pas entrer dans ce périmètre dédié au cheval, angoissait rien qu'à observer les déplacements de Mikaël. Il voyait bien que celui-ci avait du mal à faire ce qu'il voulait, probablement à cause de la douleur. Lorsqu'au trot, le jeune homme s'écroula sur l'encolure de son cheval, Peter se releva et s'avança vers lui. Mais ce dernier s'était déjà redressé avec une grimace. Il déplaça légèrement ses jambes et ses mains et entama facilement un petit galop. Au bout de quelques foulées, il s'arrêta net et d'une main, il se mit à masser difficilement son dos. Inquiet, Peter le rejoignit et demanda à savoir ce qui n'allait pas.

-J'ai un peu mal partout, avoua Mikaël. Cette chute m'a vraiment cassé, mais bon, ça va passer d'ici quelques heures. Je crois que je vais arrêter pour le moment. On rentre?
-Ouais.

Peter s'était finalement décidé à ne faire aucun reproche à Mikaël. My le lui avait bien fait comprendre: il n'était pas en position de le faire. Il allait seulement être beaucoup plus attentif à l'attitude de son ami, aux expressions transparaissant sur son visage, et au moindre de doute, il le conduirait à l'hôpital, de force s'il le fallait. La santé était une chose précieuse, il l'avait appris au cours de ses années à la police, et il ne fallait pas la gâcher, passion ou pas. Néanmoins, il ne put se retenir de lui poser une question, une seule et unique question, pas tout à fait en rapport avec l'incident, mais qui aurait pu.

-Dis Mikaël...
-Mmmh... Oui?
-La bombe, c'est obligatoire nan?
-Oui, pourquoi?
-Parce que t'en portes pas, et les autres non plus n'en avaient pas. J'ai remarqué ça quand je suis arrivé, et j'ai trouvé ça bizarre.
-Ah ouais, c'est vrai, constata Mikaël, comme s'il venait de remarquer qu'il ne portait pas de casque. En fait, c'est plus agréable de monter nu tête, t'as le vent dans les cheveux et tout. Et puis t'as pas le problème de la bombe qui te tombe sur les yeux au moins.
-Mais c'est dangereux... fit remarquer l'inspecteur, d'un ton qu'il voulait détaché.
-Pas tellement plus que si j'avais un casque... à mon niveau je veux dire.
-Comment ça? demanda Peter, voulant faire préciser ce qu'il devinait.
-Avec toutes les années d'expérience que j'ai derrière moi, j'ai une très bonne assiette et donc...
-Une assiette? le coupa-t-il.
-Oui, ça veut dire que je fais corps avec mon cheval en quelque sorte. Et donc grâce à ça, j'encaisse beaucoup mieux tout ce que fait le cheval, et donc je tombe moins.
-Mais même si tu tombes moins, tu peux mal tomber. Aujourd'hui par exemple, une bombe n'aurait pas été du luxe...
-C'est sûr, reconnut Mikaël. Mais bon, je ne suis pas tombé sur la tête, tout s'est bien passé. Gallium ne m'a pas marché dessus, et j'ai juste un peu mal partout. Donc maintenant l'incident est clos, déclara-t-il d'un ton ferme: il n'aimait pas parler de ses chutes, et il ne le faisait éventuellement qu'avec d'autres cavaliers. Tu m'aides à descendre? J'ai pas encore les jambes très sûres.
-Okay, qu'est-ce que je fais?
-Tu te mets à gauche, je vais passer ma jambe droite par dessus la croupe, et tu me rattrapes par les hanches. Je préfère que mes jambes ne cognent pas par terre, surtout la gauche, ok?
-Ouais, c'est bon, vas-y, dit-il en se plaçant à la hauteur de la selle, les bras prêt à attraper les hanches de Mikaël dès que cela serait possible.

Mikaël lui sourit en réponse, puis déchaussa ses étriers. Il pencha son buste vers l'avant, à tel point qu'il semblait être couché sur l'encolure de son cheval, puis il passa très lentement sa jambe droite par dessus la croupe de Gallium. Dès qu'elle eut dépasser la ligne médiane du rachis, Peter agrippa les hanches de Mikaël, qui se laissa alors porter et fut déposer à terre tout en douceur. Cependant, les mains de Peter contre sa peau, chaudes à travers son T-shirt, et sa respiration bruyante et rapide dans son dos lui firent perdre quelque peu le contact avec la réalité, son esprit s'amusant à divaguer dans des contrées inconnues. Alors il se réceptionna mal, et pour se rattraper, il s'appuya de tout son poids sur le torse de Peter, qui par réflexe, avait entouré la taille du cavalier de ses bras.

-Ca va? questionna l'inspecteur.
-Ouais, ouais, répondit rapidement un Mikaël rougissant. Allez Gallium, on rentre au box, fit-il en assénant une claque sur la croupe du cheval.

Celui-ci sembla comprendre ce que voulait le jeune homme puisqu'il se mit en marche en direction des écuries. Mikaël le suivit en boitant un peu et lorsque son cheval arriva à la hauteur de son box, une dizaine de mètres plus loin, il lui cria de s'arrêter et le rejoignit. Gallium, patient, se fit desseller et débrider à l'extérieur, ainsi que panser et curer puis Mikaël lui fit signe de rentrer dans le box. Le jeune homme ferma la porte et se dirigea vers l'extrémité du bâtiment.
Peter resta en arrière quelques instants. A observer ainsi la démarche chaloupée de Mikaël, un sourire naquit sur ses lèvres. Malgré la douleur qu'il devinait, son ami réussissait à se déplacer avec grâce, sans se plaindre, et à effectuer les tâches qui lui étaient confiées. Il admira ce côté sérieux, un peu intransigeant, et son coeur accéléra légèrement. Pas énormément, mais suffisamment pour que Peter comprenne ce que cela voulait dire. Il battit encore un peu plus vite lorsque Mikaël se tourna et lui offrit un profil aux contours flous dans l'ombre. Le cavalier ouvrit une porte et disparut derrière, avant de ré-apparaître quelques secondes plus tard en traînant un chariot. Avec sa boiterie, Peter imagina facilement la difficulté de Mikaël et il se mit en marche pour aller l'aider.

-Qu'est-ce que tu fais? demanda-t-il alors qu'il arrivait à la hauteur de son ami.
-Je vais nourrir les chevaux. Mais y'a pas assez de granulés donc je dois recharger.
-Tu veux que je t'aide? proposa-t-il, voyant bien qu'il peinait à pousser le chariot.
-T'es allergique?
-Pas que je sache.
-Alors d'accord, j'ai du mal avec ma jambe là. La réserve de granulés est juste là, à gauche, indiqua-t-il en pointant un auvent qui se trouvait accolé à un autre bâtiment.
-Ok, alors on y va! s'exclama Peter qui appuya de tout son poids sur la barre de fer qui servait de poignée.

Le chariot se mit en branle de plus en plus rapidement et Peter accéléra sa course au fur et à mesure. Arrivé au niveau de l'auvent, il freina brusquement mais il se fit emporter par le poids du chariot, s'emmêla les pieds et tomba. Alors qu'il se relevait tant bien que mal, il entendit le rire de Mikaël déchirer le silence.

-Rooh, ça va! On ne se moque pas!
-Si, si, c'est hilarant! répliqua Mikaël, toujours en train de rire. Mais comment t'as fait ton compte?
-J'ai pas réussi à m'arrêter et le chariot m'a entraîné à cause de son poids.
-Pourtant il est rempli qu'à moitié, t'es pas doué, mon pov' vieux, plaisanta le cavalier, parce qu'il était vrai que pour les non-habitués, le chariot de granulés n'était pas la chose la plus aisée à manipuler. Bon, tu m'aides à le mettre là, s'il te plaît? Juste sous ce truc, demanda-t-il en désignant une sorte de conduit. Voilà, comme ça, merci Peter.
-De rien. Et tu remplis ça comment de granulés?
-Tais-toi, regarde et apprends, répliqua-t-il avec un sourire.
-Attends, tu viens de dire exactement la même phrase que My m'a dite tout à l'heure! s'étonna-t-il.
-C'est normal, c'est ce qu'on dit tous les deux aux débutants trop impatients, expliqua-t-il en attrapant les grands boîtes de conserve qui reposaient dans le chariot. Tu me tiens ça s'il te plaît?

Peter attrapa les quatre boîtes en métal et les maintint fermement contre sa poitrine.

-Tu peux les poser par terre, tu sais.
-Mais tu m'as dit de les tenir, et puis je veux pas les abîmer.
-T'inquiète, moi je les balance sur le béton, et y'en a aucune qui s'est cassé. C'est solide ces trucs.
-Sur le béton? répéta-t-il.
-Ouais, quand je loupe le chariot. Bref, maintenant recule un peu. Même si t'es pas allergique, ça fait beaucoup de poussière et c'est pas génial.

Sur ce, Mikaël tira vers lui une poignée horizontale située à l'extrémité inférieur du conduit. Cela fit ouvrir la trappe du conduit et les granulés tombèrent en quantité directement dans le chariot. Lorsque celui-ci fut presque plein, il repoussa la poignée dans l'autre sens, et fit signe à Peter de déposer les boîtes par dessus la nourriture des chevaux. A deux, ils tirèrent le chariot et se dirigèrent péniblement vers les écuries. Arrivé au premier box, Peter prit l'initiative alors que Mikaël lisait une feuille qui se trouvait dans le chariot. Il partit avec une boîte pleine de granulés et revint quelques secondes plus tard, la boîte vide. Il la remplit de nouveau et se dirigea vers le deuxième box. Mikaël leva les yeux et l'aperçut.

-Qu'est-ce que tu fais Peter?
-Bah je nourris les chevaux.
-Et tu sais comment faire? demanda-t-il, dubitatif.
-Je suppose que tu remplis à ras bord les boîtes et que tu les verses dans leur mangeoire.
-Tu viens de nourrir Diabolo, c'est ça?
-Ouais, pourquoi?

Sans répondre à la question Mikaël attrapa deux boîtes et entra d'un pas ferme dans le box de l'imposant cheval bai. Peter, curieux, s'approcha, et il vit Mikaël se battre avec le cheval qui voulait absolument manger, alors que le jeune homme se tenait devant la mangeoire. Après une grande claque sur le museau, le cheval se tint tranquille quelques minutes, et Mikaël put répartir les granulés présents dans la mangeoire dans les deux boîtes. Il en reversa une à l'attention du cheval, et emporta l'autre. Lorsqu'il referma la porte, Peter l'interrogea du regard et Mikaël commença à lui expliquer comment nourrir des chevaux.

-Tu vois ça, dit-il en désignant l'un des boîtes en fer, ça fait quatre litres. Ensuite, sur la porte de chaque box, il y a un petit panneau avec marqué le nom du cheval et ses rations dessus. Donc si sur le box de Diabolo, y'a marqué 1/2/1, ça veut dire qu'il a droit à 1 litre de granulés le matin, deux le midi et un le soir, ok?
-Ouais, et je suppose que c'est un peu au pifomètre que tu remplis ce truc.
-Exactement, confirma-t-il avec un sourire. S'il y a marqué un truc en plus sur la porte, tu me demande. Et là, j'ai une liste de chevaux qui ont un régime spécial.
-Régime sans sel? plaisanta Peter.
-T'es trop con, rigola Mikaël.
-Ouais, je sais, fais voir cette liste, dit-il en attrapant la feuille qu'agitait Mikaël. Alors je te laisse faire ceux là et je fais les autres. On y go?
-Ouaip, et fais gaffe de ne pas te couper avec le bord.
-Hein?
-C'est peut-être solide, mais pas dans le meilleur état, expliqua-t-il en montrant les bords irréguliers et fendus des boîtes.
-Merci du conseil.

Il jeta ensuite un coup d'oeil au box suivant, Little Star - 2/3/3, puis remplit la boîte aux trois quarts. Alors qu'il rentrait dans le box pour nourrir la jument, Mikaël faisait avancer le chariot de quelques mètres. Cependant, à plusieurs reprises, ils échangèrent de place, Mikaël estimant certains chevaux trop excités ou trop dangereux pour être nourris par un débutant. Et Peter, après avoir vu ce dont était capable Flore, qui s'était cabrée à plusieurs reprises dans son box, le remercia abondamment. Alors qu'ils tournaient au coin du mur et se dirigeaient vers un autre bâtiment où les chevaux piaffaient d'impatience, ils rencontrèrent Edward. Celui s'enquit immédiatement de la santé de son propre poulain, comme il l'appelait lorsque Mikaël venait de se lancer dans une carrière professionnelle.

-T'as toujours mal?
-Ouais, mais ça va, c'est supportable.
-Merci bien, je te connais Mikaël. Tu supportes beaucoup trop bien dès que ça concerne l'équitation. Marche un peu pour voir.
-Je te dis que ça va coach. Tu vas pas non plus me diagnostiquer une boiterie comme sur les chevaux.
-Pourquoi pas? répliqua celui-ci. Maintenant, marche. et on ne discute pas! Je te signale que je suis ton coach, que tu as un contrat avec moi, et que tu n'es pas autorisé à te blesser outre mesure. Ca signifie...
-Que je ne dois pas aggraver mes blessures, le coupa Mikaël. Merci, je sais, maugréa-t-il avant de lâcher le chariot pour se mettre à marcher d'un pas qu'il voulait le plus stable possible.

Néanmoins, il était bien visible que sa boiterie n'allait pas en s'arrangeant: il s'appuyait à peine sur sa jambe gauche, passant directement sur la droite. Et au bout de quelques mètres, il dut s'arrêter, la douleur devenant trop forte.

-Bah alors? Tu continues pas? cria en toute ironie Edward.
-Je suis pas maso non plus! Ca fait vachement mal! s'énerva-t-il légèrement tout en se retournant.
-On est bien d'accord, donc tu vas à l'hôpital.
-Hein? ne put se retenir de dire Mikaël, les yeux ahuris.
-A l'hôpital, tu sais, le grand bâtiment aux murs blancs où ils soignent les gens.
-Me prends pas pour un con, coach, je déteste les hôpitaux. C'est donc hors de question que j'y aille, répliqua-t-il d'un ton froid, qui fit frissonner Peter, tout comme l'éclat dur de ses yeux plissés.
-Ta boiterie s'est aggravée depuis tout à l'heure, donc tu y vas sans discuter. Je vais demander à un p'tit jeune de terminer de nourrir, et de balayer à ta place, dit-il en prenant les choses en main.

Il fit quelques pas pour partir, mais la voix pleine de colère et de détresse de Mikaël le retint.

-Coach, je ne veux pas aller à l'hôpital!
-Tu iras Mikaël! Monsieur? interpella-t-il Peter. Est-ce que vous pouvez conduire ce jeune homme à l'hôpital s'il vous plaît? Il se pourrait qu'il ait une fracture de la cheville.
-Euh... oui, oui, bien sûr, bafouilla Peter, surpris par son implication soudaine dans la conversation.
-Très bien, dans ce cas, je vous laisse. Je vais aller chercher une bonne poire pour finir le boulot. Mikaël, tu m'appelles quand t'en as fini avec le médecin.
-Oui coach.

Sur ce, Edward partit tranquillement, et Mikaël adressa un regard furieux à Peter, qui s'était retrouvé à devoir prendre le parti de son coach contre lui. Il attrapa une des boites de conserve dans le chariot et la balança vivement contre un mur. Puis il se dirigea d'un pas aussi décidé et ferme que peut l'être celui d'un boiteux vers le parking.
Peter ne fut pas surpris par l'accès de colère du cavalier: il commençait à le connaître suffisamment pour savoir ce qu'il se passait quand il était contrarié. Manifestement, Mikaël n'avait pas envie d'aller à l'hôpital, et maintenant, il était contraint et forcé d'aller se faire examiner. Il ramassa la boîte, la jeta dans le chariot et rejoignit Mikaël sur le parking, le trouvant accoudé à sa voiture.

-Eh! Comment t'as su que c'était ma voiture?
-J'ai parié, répondit-il simplement.
-Parié? répéta Peter bêtement.
-Sur la voiture la plus propre? répondit Mikaël avec un grand sourire, toute colère semblant être envolée.

Devant un tel sourire, Peter ne résista pas bien longtemps et se mit à rire. Il ouvrit la voiture d'un clic sur la clé, les phares et les clignotants scintillèrent et ils s'installèrent à l'avant.

-Désolé si je salis un peu.
-C'est pas grave. Tu veux aller à quel hôpital?
-Central, répondit Mikaël en se renfrognant immédiatement.
-Ok... Dis, tenta l'inspecteur avec une timidité et une hésitation inhabituelles pour lui, pourquoi tu veux pas aller à l'hôpital?

Le visage collé à la vitre, et le regard irrémédiablement attiré par le paysage défilant, Mikaël ne sembla pas entendre la question de Peter, avant de marmonner quelques mots dans une barbe inexistante.

-Parce que j'en ai marre.

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commentaires

rafa 09/06/2009 22:04

ben alors il a peur des bonshommes en blouse blanche, le Micmic? Quoique... Il a peut etre raison de se méfier!mais c'est un vrai irresponsable! Genre mosieur porte pas de bombe et le " c'est pas arrivé donc tout va bien". Si j'étais Peter ou les autres du club, je lui ficherai trois claques et lui collerai la bombe sur la tete!Alors laisse-moi imaginer: A la fin, il va chuter et se retrouver tétraplégique, ce a quoi Peter répondra en se suicidant? Ben oui, tu te dis sadique alors c'est plausible! Et ce serait bien fait pour lui!Sympas les petits moments de troubles entre les deux hommes

Skorpan 10/06/2009 00:06


Attention ma chère, j'ai pas dit qu'il avait peur d'aller à l'hôpital, juste qu'il en avait marre! ;-)

Quant à la bombe et son absence, tu ne le sais probablement pas, mais c'est une pratique assez courante. Aujourd'hui, bien sûr, de plus en plus de monde porte une bombe. Mais ce n'est pas rare ni
choquant de voir quelqu'un monter nu tête. (quand je dis quelqu'un, je parle des hauts niveaux ^^)
Donc je crois que y'aura juste Peter pour lui foutre trois claques à Mikaël! XD

La tétraplégie... Mmmh, j'avoue: j'y ai pensé! =D Mais après coup, je me suis dit: "Dieu! que c'est classique!" Alors j'ai trouvé beaucoup beaucoup mieux! ^_- *sadique powa XD*

Les moment de trouble... *o* Je m'en délecte moi aussi!

Bisous à toi ma jolie!


Merlin 08/06/2009 18:31

Yi la suite ! Et la fin du chapitre --' Bon c'est génial mais je veux savoir moi !

Skorpan 08/06/2009 19:37


Et oui, j'avais prévenu: je suis sadique! =D
Mais faut croire que vous aimez ça! XD


Så Här Är Det!

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