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13 juillet 2009 1 13 /07 /juillet /2009 20:18
Enfin, je suis à l'heure! XD Alors aujourd'hui, malheureusement pour vous, chers lecteurs (ou devrais-je dire chères lectrices?), c'est une toute toute petit suite! Environ trois pages Word. Mais celle de la semaine prochaine est nettement plus longue (à peu près le double), alors ça compense un peu. ;-)
Si vous êtes sages, je pourrais faire un autre article pendant la semaine, sur une BD ou un manga que j'apprécie particulièrement. Dîtes-moi ce que vous préférez.

Sur ce, bonne lecture! =D (et passez une bonne fête nationale! ^^)






     Mikaël était perdu, totalement perdu. On était mardi, c'était son cinquième jour dans cet appartement qui ne lui appartenait pas. Seulement cinq jours. Cinq petits jours qui avaient pourtant réussi à ébranler toute sa vie, tout ce en quoi il croyait. Il lui semblait avoir été déposé en terre inconnue, et il avait le pressentiment que même s'il revenait dans des lieux qu'il connaissait par cœur, il ne pourrait jamais revenir en arrière. Qu'il ne pourrait pas trouver un chemin de retour vers ce monde plus ou moins rassurant mais connu où il s'était complu pendant vingt-cinq années.

Il se souvint vaguement qu'on lui avait dit, étant enfant, que le meilleur moyen pour être retrouvé était de ne pas bouger. De rester à l'endroit où il s'était égaré. Mais, cette fois-ci, il était seul, il n'y aurait personne pour le chercher: il fallait qu'il fasse le chemin de sa propre initiative, jusqu'à un certain point. Ensuite, ce serait bon, il pourrait compter sur les autres, sur Peter. Mais en attendant, il fallait qu'il bouge. Seul. De son plein gré. De façon volontaire. Il devait trouver quelle route emprunter pour la suite de sa vie.

Il avait passé la journée du lundi à réfléchir, encore et encore. A retourner la situation dans sa tête. Il n'avait obtenu que des questions de tout ce remue-ménage cérébral, et quelques réponses s'étaient manifestées lorsqu'il avait dîné avec Peter le soir même. Le repas avait joyeux, plus babillant que la veille, où un léger malaise avait persisté malgré leur désir commun de pour l'instant faire silence sur leur baiser. Le lundi soir, Peter, même s'il semblait un peu tendu, avait beaucoup parlé. Il s'était dévoilé à Mikaël. Il l'avait même implicitement invité à découvrir d'autres choses sur lui, en semant quelques petites phrases d'apparence anodine de ci de là. Mikaël avait remarqué le manège, mais il mordait à l'hameçon à chaque fois, profitant pour une fois de la chance qui s'offrait à lui. Il pouvait enfin connaître d'autres aspects de Peter, se rapprocher de lui et de sa personnalité. Il se surprit même à vouloir essayer certaines choses dont parlait Peter avec entrain, comme le basket ou les voyages, lui qui n'était jamais sorti des Etats-Unis autrement que pour l'équitation.

Mardi, il décida de prendre les choses à bras le corps, et de s'intéresser enfin réellement, de façon sérieuse, à l'homosexualité, chose qu'il n'avait jamais faite auparavant. Il avait demandé la permission à Peter d'utiliser le vieil ordinateur qui trônait, couvert de poussière, dans un coin du salon, et il passa toute la matinée à essayer de le faire marcher. Déjà qu'il n'était pas très doué avec tous les appareils informatiques, alors avec une vieille machine qui n'avait pas fonctionné depuis des années, ce fut un véritable calvaire. Vers treize heures, il fit une pause pour manger: il se prépara une salade composée avec quelques tranches de Rosbif.

Une fois le déjeuner terminé et la vaisselle faite, il se remit devant l'ordinateur. Une conversation houleuse avec la hotline et deux heures plus tard, il put enfin accéder au net. Rapidement, il tapa dans la barre d'adresse l'url d'un moteur de recherche: google.com.

Plusieurs minutes passèrent, durant lesquelles Mikaël pesta contre la lenteur de cet amas de composants électroniques qui l'énervait depuis le matin, puis la page de présentation s'afficha enfin. Les doigts fébriles, il dut s'y reprendre à plusieurs fois pour taper les mots clés sans faute d'orthographe: gay, homosexualité. De nouveau, il dut attendre: décidément, la vieillesse de l'ordinateur mettait à mal à la fois sa patience et ses ongles, qu'il rongeait nerveusement. Les premiers résultats s'affichèrent, et le premier site à apparaître fut bien évidemment Wikipédia. Il se doutait du contenu de cette page-là: une définition de l'homosexualité, rien de plus, rien de moins. Mais il cliqua quand même, d'ici à ce qu'il y ait des critères plus ou moins spécifiques de l'homosexualité, et qu'il se reconnaisse, ou non, dedans. L'article se révéla en fait très intéressant et il y apprit de nombreuses choses. L'étymologie du mot "homosexuel" n'allait pas lui être très utile dans la vie de tous les jours, mis à part pour faire étalage de sa culture générale, ce qu'il faisait rarement. Par contre, il trouva cela amusant, et un peu trop scientifique à son goût, qu'on ait réussi à découper le coming-out des homosexuels en trois phases. Selon ce qui était écrit sur l'écran, Mikaël était dans la première phase, celle du coming-out interne; et s'il n'était pas particulièrement précoce pour toutes ses interrogations sur son orientation sexuelle, il ne faisait pas partie des plus vieux. Ensuite vint tout un blablatage qui l'intéressa peu, sauf pour mettre en lumière que les couples homosexuels, contrairement à certaines idées reçues, pouvaient entretenir des relations durables, et avoir une famille.

Le paragraphe suivant, "Santé", fut au contraire l'objet d'une grande attention. Il sourit en lisant que le sexe entre deux personnes du même sexe avaient des effets bénéfiques, tels une diminution du stress, une activation du système immunitaire, une meilleure estime de soi et un meilleur sommeil. Il n'était pas sûr que ces bénéfices soient réels, mais cela importait peu: c'était juste agréable de voir qu'on pouvait trouver des avantages en terme de santé, et pas uniquement des risques. D'ailleurs, il grimaça en voyant que le sexe homosexuel était considéré comme un vecteur de maladie, et que par conséquent, tous les homosexuels étaient exclus des dons de sang. Il n'avait jamais donné son sang, et n'avait pas particulièrement envie de le faire, mais cette stigmatisation le gêna tout en l'énervant. De même, il se sentit furieux en lisant que les risques de suicide, de consommation de drogue, de dépression, d'abus et autres étaient plus élevés dans la communauté homosexuelle, tout cela à cause du regard des autres. Dès lors, il se sentit plus proche qu'il ne l'avait jamais été de cet ensemble de gens à la sexualité différente. Ensuite, il survola rapidement la partie sur l'histoire et les lois, décidant d'y consacrer plus de temps plus tard, pour enfin revenir à la page des résultats google.

Là, il cliqua sur le deuxième lien proposé: "What's wrong with being gay? Homosexual behavior versus the Bible". Au vu du titre, il devina ce qu'il allait trouver, mais il ouvrit quand même la page. N'étant pas croyant, il était presque sûr qu'il allait pouvoir rigoler un bon coup en lisant les inepties débitées sur ce genre de sites chrétiens. Cela commençait très fort par une citation: "Le genre, la race et les faiblesses sont tous liés à ce qu'une personne est, alors que l'homosexualité est lié à ce qu'une personne fait". En effet, pourquoi choisir de se marier et d'avoir des enfants, quand on peut choisir d'avoir le VIH, des dépressions à répétition, d'être rejeté par une partie de la société, et même par ses parents, d'être discriminé et parfois battu à mort? C'est tellement évident comme choix! pensa Mikaël, acerbe. Ce n'était pourtant que le début: les conneries et les phrases visant à avilir et déshonorer les homosexuels étaient légion, et Mikaël ne put retenir certaines fois un haut-le-cœur face à tant de haine vis-à-vis de simples êtres humains. Finalement, il ne rigola pas tant que ça, et fut dégoûté par tant de bêtise dans l'interprétation de textes datant de plusieurs siècles.

Une comparaison le marqua plus que les autres, alors que l'auteur parlait du péché. Le seul péché qui ne pouvait être pardonné, selon la Bible, était celui de ne pas accepter Jésus Christ. Donc, un gay, tout comme un alcoolique, un drogué ou un assassin, pouvait être "sauvé", à condition qu'il acceptât Jésus Christ. Le haut-le-cœur qu'il eut à cet instant fut si intense qu'il dut se précipiter aux toilettes, méprisant sa douleur à la cheville, pour vomir. Une fois son déjeuner recraché, il s'appuya contre le mur froid et souffla un coup, réfléchissant un peu à tout ce qu'il venait de lire. Cet article religieux venait d'avoir sur lui comme effet l'exact inverse de celui attendu. Si la question des droits des homosexuels ne l'avait pas beaucoup turlupiné jusqu'à ce jour, il était désormais entièrement acquis à la cause gay et se promit de s'engager contre l'homophobie dès que l'occasion se présenterait. Mais avant cela, il se devait d'éclaircir sa propre situation, et il revint en sautillant devant l'ordinateur. Il ferma rapidement l'onglet où le site chrétien faisait l'apologie de l'intolérance -ironie d'une religion où Dieu disait de s'aimer les uns les autres et d'aimer son prochain-, et s'attaqua à un autre site.

Il surfa jusqu'au soir, et ne s'arrêta que lorsque Peter rentra de son travail. A ce moment là, il laissa de côté toutes ses interrogations, et profita de l'instant présent. La soirée passa étrangement vite, à discuter de pleins de choses différentes, riant de petites blagues, ou de choses complètement triviales. Mais ils appréciaient les heures passées ensemble et quand Mikaël se réveilla le lendemain matin, vers dix heures, il aurait voulu trouver le corps chaud de Peter à ses côtés. Se relevant sur les coudes, il secoua la tête puis sourit: même si sa raison avait encore du mal à admettre certaines choses, ses pensées parlaient pour lui. De même que ses rêves. Il se laissa tomber en arrière et referma les yeux, à la recherche des derniers restes de ses songes. Il savait que Peter y était apparu, mais il ne se rappelait plus exactement de son rôle. Tout ce dont il se souvenait, c'était que sa présence avait été bénéfique et apaisante. Après avoir passé plus de trois quarts d'heure à se prélasser dans le lit, à s'abandonner à ses réminiscences de la nuit, il se fit violence et se leva pour préparer un petit déjeuner copieux. Il avait beaucoup de choses à faire ce jour là, à commencer par appeler les nombreuses associations dont il avait relevé le numéro de téléphone la veille sur le net.




Je tiens à préciser que toutes les références dans cette suite sont vérifidiques. J'ai fait la même recherche que Mikaël et épluché plusieurs pages web en anglais. Donc, même si vous trouvez certaines choses absurdes, sachez qu'elles existent, et que certaines parsonnes, malheureusement, y croient.

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commentaires

rafalou 21/07/2009 12:36

Non, je trouve que ca peut correspondre au caractere de Mickael de commencer par l'aspect scientifique et chercher sur le net. Apres tout, il explore quelque chose d'inconnu et veut se renseigner. C'est marrant comme approche! Quand j'ai lu ça, je me suis tout de suite dit que tu avais été voir toi-même ces mêmes sites!Pour ce qui est de la débilité humaine, c'est sur, c'est tres présent. Ce qu'on voyait bien dans Harvey Milk aussi. Mais il ne faut pas non plus trop stigmatiser. beaucoup de chrétiens, même des pretres sont bien plus tolérants.

Skorpan 21/07/2009 17:02


Oui, je suis allée sur ces sites, mais uniquement pour l'histoire. Perso, je n'ai pas procédé tout à fait de la même façon. ^_-

Et bien sûr, c'est pas une généralité pour l'Eglise. L'Eglise épiscopale aux USA vient même d'autoriser la bénédiction des couples de même sexe! =D Mais bon, c'est ce qui est sorti dans ma
recherche alors j'en ai profité pour en parler. Je veux dire, quand tu penses que le pape ose dire que le préservatif contribue à l'épidémie de VIH, ou un truc du genre, c'est juste révulsant et à
vomir!


Merlin 14/07/2009 10:32

c'est intéressant la façon dont tu développes dans deux chapitres différents les sentiments des personnages. malheureusement pour ce qui est cité dans ce chapitre j'y crois totalement, je sais qu'il y a des imbéciles sur terre et ils ne sont pas près de disparaitre... enfin, j'attends le prochain chapitre avec impatience... peut-être que mickael va enfin s'exprimer directement ? je croise les doigts **bisous

Skorpan 14/07/2009 11:33


Merci! :-)
On m'avait aussi dit que c'était inattendu de développer les sentiments de Mikaël de cette manière, avec une recherche très "scientifique" sur l'homosexualité. Mais tant mieux si ça t'a plu,
j'espère quand même que je ne t'ai pas trop descendu le moral en montrant la bêtise des hommes. ^^
Pour le prochain chapitre, tu risques d'avoir des surprises! *ange*
Bisous


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