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7 septembre 2009 1 07 /09 /septembre /2009 19:28
Premier article depuis la rentrée, voici sur un plateau d'argent la 21ème partie de Crampons et autres fantaisies hippiques! =D (et pour la peine, une partie plus longue que d'habitude)

Enjoy!

Au passage, je voudrais signaler deux-trois petites choses:
-le premier anniversaire du blog est passé depuis le 3 septembre. Comme je suis tête en l'air j'ai oublié, mais voilà, vous le savez: Nangilima a un an! Et cela grâce à vous! J'espère qu'il vivra encore bien longtemps! ;-)
-la barre des 100 commentaires a été atteinte aujourd'hui grâce à une certaine lectrice/auteur dont le nom commence par un M comme Magicien. ^^
-j'ai ajouté cet été dans le module "Olika Saker ni måste se" le lien vers mon deviantART, où je poste mes travaux photos. Il n'y en a pas beaucoup actuellement (seulement deux séries), mais ça devrait augmenter prochainement. Laissez un com ici ou là-bas, ou même par mail, ça me ferait plaisir de connaître votre opinion.

Bref, j'espère ne pas avoir perdu trop de lecteurs cet été, et que vous ne serez pas trop perdu dans l'histoire. x)







     Assis sur la barrière de la carrière, Mikaël observait les élèves de Tessa tenter de faire une cession à la jambe. Ils n'étaient pas parmi les plus doués pour des cavaliers prétendant avoir un niveau galop 5, mais il n'eut pas le courage de pointer leurs défauts pour les améliorer. Après tout, il n'était que le remplaçant de Tessa, et il n'avait aucun droit sur ses élèves. Elle les avait formés à sa manière, qu'il n'appréciait guère, et il était illusoire d'espérer changer quoi que ce soit en une heure de temps. Alors il se contentait de temps en temps de conseils simples, et de quelques commentaires pour féliciter untel ou tel autre.

Bientôt, il ne resta que cinq minutes avant la fin du cours et Mikaël laissa les jeunes gens détendre leurs rênes tout en faisant récupérer les chevaux au trot. Il remarqua alors que la plupart avait bien travaillé, puisque les chevaux étendaient leur encolure autant qu'ils le pouvaient. Mais cette réflexion fut vite chassée de son esprit, dès lors qu'il aperçut la personne à laquelle il pensait depuis plusieurs heures près des boxes.

-Bon, vous repassez au pas! cria-t-il d'une voix forte à l'adresse des jeunes cavaliers. Vous vous alignez sur la ligne du milieu et vous mettez pied à terre. Vous rentrez vos chevaux, vous les chouchoutez, bref, vous vous en occupez.
-On les douche? demanda la plus jeune du cours.
-Les membres ouais! Et il me semble que les inscriptions pour l'année prochaine commencent lundi, alors n'oubliez pas de vous ré-inscrire! J'ai pas les horaires ni les tarifs en tête, mais vous devez pouvoir trouver tout ça au club house.

Mikaël laissa planer un petit silence pour voir si tout le monde avait entendu. Il aperçut quelques acquiescements de tête parmi les gestes sûrs et automatiques des élèves, qui préparaient leurs chevaux à rentrer au box. Il continua donc son petit speech de fin de cours.

-Quelqu'un a des questions sur ce qu'on a fait aujourd'hui? ... Non? Bon bah, très bien. Je vais vous laisser, j'ai encore des chevaux à sortir. Bonne soirée!

Avec empressement, il fit passer ses jambes par dessus la barrière. Il se retrouva en quelques enjambées sur le béton, à marcher rapidement vers Peter, qui s'était arrêté pour caresser un magnifique petit cheval gris. Mikaël le rejoignit devant le box, se plaça de l'autre côté de l'encolure, et salua Peter avec un sourire que son interlocuteur ne pouvait voir, mais qui se reflétait dans sa voix.

-Alors Peter? Prêt pour ta première leçon d'équitation?
-Ouais, enfin je crois. J'ai un peu peur, je dois avouer.
-C'est normal, le rassura Mikaël. C'est ta première fois. Et puis, après tout, avoir un animal de plusieurs centaines de kilos qui peut t'envoyer au tapis en moins de deux entre tes cuisses, c'est pas ce qu'il y a de plus rassurant au monde, plaisanta-t-il.
-Dis, tu veux me faire enfuir à toutes jambes ou quoi? demanda Peter d'une voix qui semblait avoir blanchi.

Mikaël remarqua ce subtil changement et passa sous l'encolure du cheval gris pour se retrouver face à Peter. D'un mouvement de la main, il ébouriffa ses cheveux, et se rapprocha encore plus de lui, jusqu'à coller leurs corps, qui n'étaient séparés jusque là que de quelques centimètres.

-Non, bien sûr que non, lui murmura-t-il en le regardant dans les yeux. Je veux juste te faire comprendre certaines choses.
Les débutants oublient souvent qu'ils ont un être vivant sous eux, et ça les amène à faire des choses inconsidérées. Et je ne veux pas que tu fasses les mêmes erreurs qu'eux, alors j'essaie d'ancrer cette idée en toi, quitte à te faire un peu peur. Mais tu verras, dès que tu commenceras à avoir des sensations, t'oublieras vite fait cette peur.

Peter était sceptique quant à la possibilité d'oublier la peur qui lui tordait le ventre en cet instant, mais préféra ne rien dire. D'autant plus qu'à cette peur se mélangeait une sensation des plus agréables qui remontait de son bas ventre, où son corps touchait celui de Mikaël. Et le mélange de ces deux sentiments donnait une chose étrange, sur laquelle il ne voulait pas s'appesantir. Il choisit donc de se concentrer plutôt sur une autre remarque de Mikaël.

-Et vous? Les pros, je veux dire? Vous oubliez jamais que vous avez des animaux entre les cuisses, comme tu dis?
-Ceux qui l'oublient se font rapidement rappeler à l'ordre par leur monture. Et puis, comment dire? ... C'est quelque chose qu'on ne peut pas oublier, ça fait partie de nous. On l'a intégré dans notre esprit. Mais si au lieu de philosopher sur tout ça, on allait monter?
-Euh... oui, hésita Peter, de moins en moins sûr de vouloir tester l'équitation.

En effet, il venait d'apercevoir une scène assez violente pour son esprit indécis. L'une des cavalières de Mikaël œuvrait à quelques mètres d'eux. Elle avait dessellé et débridé son cheval, maintenant attaché par un licol rouge et noir au mur. Elle voulait lui curer le pied, mais peu importait le poids qu'elle mettait sur l'antérieur du cheval, celui-ci ne bougeait pas d'un pouce. Alors dans un accès de rage, elle lui asséna une forte claque sur l'épaule, puis une autre, et essaya d'attraper l'antérieur qui se soulevait quelque peu. Mais le cheval avait apparemment peu apprécié ce comportement puisqu'il commença à reculer, et de cette façon à tirer sur la longe qui le retenait attaché au mur. Rapidement, la jeune fille se rendit compte de la situation, et attrapa la longe, obligeant avec force le cheval à se rapprocher du mur. Après quelques secondes de combat, tout était redevenu normal: le cheval se tenait près du mur, peut-être un peu plus aux aguets que précédemment, et la cavalière soufflait un peu, tout en flattant l'encolure de l'animal.

Mikaël avait également remarqué le petit manège qui s'était déroulé non loin d'eux, et avait décidé de ne pas intervenir. Le cheval avait failli tirer au renard, mais la jeune fille avait bien maîtrisé la situation, et rien de tout cela n'avait été dangereux. Il n'avait donc pas lieu de s'inquiéter, même si d'après l'expression qu'affichait Peter, c'était tout le contraire pour lui. Il l'entraîna donc à sa suite vers la cavalière. Arrivés près d'elle, ils s'arrêtèrent, Mikaël s'accoudant sur la croupe du cheval, et Peter restant en retrait.

-Sofia, tu feras mieux de détacher Green, parce qu'il est du genre à tirer au renard. Et il serait capable de le faire rien que pour te faire chier. Tu passes juste la longe dans l'anneau et il ne devrait pas bouger.
-Ok.
-Et la prochaine fois que t'attaches un cheval à un anneau, vérifie qu'il y ait une ficelle autour de l'anneau, et fais ton nœud de longe sur la ficelle. Comme ça, s'il tire au renard, ou qu'il y a un problème, c'est la ficelle qui pète en premier.
-Ok, j'y penserai.
-Bien. Bon ben salut!
-Salut! répondit-elle avec un sourire, tout en observant Peter par dessus l'épaule de Mikaël. Bonne soirée, ajouta-t-elle, avant de retourner à son occupation.

Mikaël fit un petit signe de tête et se retourna pour sourire à Peter. De nouveau, il l'entraîna à sa suite, et au bout de quelques minutes, ils se trouvèrent devant une série de boxes assez éloignés du centre du club. Mikaël fit coulisser la porte de l'un d'entre eux et d'un large geste de la main, il déclara.

-Peter, je te présente Kali. Kali, je te présente Peter. Il va te monter en longe dans pas longtemps, alors t'as pas intérêt à le faire tomber, hein? Sinon, t'auras à faire à moi.

Dans le même temps, il entra dans le box et caressa l'encolure de la jument. Du regard, il invita Peter à faire de même. Alors l'inspecteur fit quelques pas dans la paille, et s'approcha avec une légère appréhension de la jument alezane brûlée. Elle n'était pas très grande, mais un peu plus large que les autres chevaux qu'il avait eu l'occasion de voir, et cette particularité la rendait assez impressionnante. Mikaël lui expliqua que sa mère était une demi-trait, ce qui lui conférait donc cet aspect quelque peu imposant. Puis il encouragea Peter à toucher Kali, à se familiariser avec elle, à lui parler. A créer un lien avec elle. Lorsqu'il estima que cela fut fait, il lui montra comment panser l'animal. L'étrille, cette brosse de plastique avec plein de pics, ne devait être passée que sur les parties charnues, en faisant des cercles. Au vu de l'attitude de la jument, qui étendait l'encolure en levant légèrement la tête, elle appréciait le massage. Peter découvrit même un point un peu plus sensible que les autre, à côté du garrot, qu'il frotta plus longtemps que les autres. Mikaël lui conseilla d'utiliser ses doigts, et après quelques minutes, le cavalier éclata de rire devant la mine déconfite de son petit ami, qui découvrait ses doigts gris de poussière. Ensuite, il fallut passer le bouchon, et curer les sabots. Malgré tout la bonne volonté que mit Peter, il ne réussit pas à faire déplacer une seule jambe de Kali, et Mikaël fut obligé de curer les quatre sabots. En même temps, il vérifia que les fers tenaient bien, et fut soulagé en constatant que le maréchal ferrant avait eu le temps de venir le matin même: le fer de son postérieur droit ne bougeait plus. Dans un souci de perfectionnisme, ils passèrent la brosse douce, puis Mikaël confia le bouchon à Peter pour qu'il démêle la queue. Pendant ce temps, lui-même posa des bandes de polo rouges aux antérieurs et aux postérieurs de la jument, qui, gentiment, resta immobile pendant l'opération.

Enfin, il fallut harnacher Kali. Sous les yeux attentifs et les oreilles grandes ouvertes de Peter, Mikaël mit le filet en quelques minutes. Il installa ensuite un tapis, puis un amortisseur, et encore un tapis, cette fois-ci plié en deux, sur le dos de la jument. Et au lieu de poser par dessus toutes ces protections une selle, il déposa un surfaix qu'il sangla pas trop fort pour le début. Il expliqua rapidement à Peter à quoi cela servait puis il fit sortir la jument du box d'une tape sur la croupe. Celle-ci fit quelques pas dehors puis attendit sagement Mikaël, qui attrapa une grande longe beige, ainsi qu'un gogue, puis se plaça à hauteur de sa tête. Il avança d'un pas sûr, sans tenir la jument, vers un petit chemin de terre, le même qu'avait emprunté Peter lorsqu'il était venu le voir la dernière fois. Soudain, il s'arrêta et la jument fit de même. Il se retourna et mit ses mains en porte-voix.

-Eh Peter! Tu comptes coucher là ou tu viens me rejoindre? Et prends ma bombe et mes gants en même temps!
L'interpellé sursauta et d'un geste ramassa ce que lui demandait son petit ami. Puis il le rejoignit au pas de course.



     Les deux amants et la jument s'étaient arrêtés au centre de la carrière. Après avoir installé le gogue et re-sanglé Kali, Mikaël expliqua à Peter, dans les grandes lignes, comment longer un cheval.

-Alors d'abord, les règles de sécurité. Super important! Premièrement, tu longes avec des gants, sinon tu te retrouves à coup sûr avec des brûlures. Ensuite, pas d'éperons, dit-il en désignant le talon de ses boots, montrant ainsi qu'elles étaient nues de tout objet métallique. Parce que tu risques de t'emmêler les pieds et de tomber. Hum... réfléchit-il, qu'est-ce qu'il y a d'autre? Ah oui! La façon de tenir sa longe. Regarde comment je la tiens.

Mikaël rapidement crocheta le mors de Kali avec l'une des extrémités, et plaça le reste de la longe dans ses mains comme s'il s'apprêtait à longer. Il laissa Peter observer quelques minutes, puis changea sa manière de tenir la longe.

-Et ça, montra-t-il, c'est comment tu dois pas la tenir. T'as compris?
-Euh... non, avoua Peter.
-Regarde, prends ce bout là, et tire. Qu'est-ce qu'il se passe?

Peter tira le bout que lui avait donné Mikaël, faiblement d'abord, puis de plus en plus fort, jusqu'à enserrer les quatre doigts de Mikaël.

-Alors?
-Bah, ça t'entoure les doigts. Mais je vois toujours pas ce que tu veux dire.
-Pff, toujours aussi lent d'esprit, rigola Mikaël en faisant tomber la lanière qui lui bandait les doigts.

Il la ramassa et ensuite l'enroula de manière correcte.

-Imagine que c'est pas toi qui tire, mais un cheval au grand galop. Ca fait quoi à ton avis?
-Euh... Ca te traîne derrière? tenta Peter.
-Ca t'arrache les doigts surtout.
-Quoi?!?

Mikaël haussa les épaules devant l'exclamation de Peter. Les blessures à cheval, c'était quelque chose qu'il avait acceptée depuis longtemps, et ça ne l'émouvait plus, ou presque.

-Mais si tu la tiens comme ça, continua-t-il d'un ton didactique, en montrant comment il posait sa longe toujours par-dessus sa main, on ne risque rien. Vas-y, tire pour voir.

Un peu réticent, Peter s'exécuta néanmoins, et constata que toute la longe venait à lui sans que Mikaël ne subisse un quelconque désagrément.

-Eh mais c'est génial! s'exclama-t-il avec joie, l'image d'un Mikaël sans doigts s'éloignant d'un coup de son esprit.
-Si tu le dis, sourit son amant, amusé par l'enthousiasme du débutant. Bon, je crois que niveau sécurité, j'ai tout fait. Après je vais pas te faire un cours sur comment longer un cheval, ça sert à rien. Mais si tu veux savoir le truc de base, c'est de toujours se maintenir au niveau des épaules de son cheval, ni devant, ni derrière. Et de dessiner soi-même un petit cercle au centre.

Peter acquiesça comme un élève studieux, puis son front se plissa d'un trait soucieux.

-Et quand je vais monter, comment ça va se passer? demanda-t-il.
-T'es inquiet, Peter?
-Bah oui, quand même un peu, répondit-il honnêtement. Et tu me rassures pas, avec tous tes trucs là, de brûlures et d'arrachage de doigts.
-Ca va bien se passer, je te le promets, le rassura Mikaël.

Sentant que quelques mots jetés en l'air ne suffirait pas à calmer l'angoisse de son petit ami, Mikaël s'avança pour enlacer sa taille. Doucement, il remonta ses mains dans le dos de Peter, chastement au-dessus de son T-shirt. Il arriva au niveau de ses épaules, repassa devant pour effleurer ses pectoraux et remonter immédiatement vers son cou. Là, il sentit ses carotides se déformer beaucoup trop vite sous son pouls accéléré. Prenant note de cela, il murmura tout près de son visage.

-Il ne faut pas que tu stresses, il ne faut pas que tu aies peur, sinon Kali va le sentir. Et c'est pas bon, fit-il, sans trop entrer dans les détails.

Enfin, ses mains atteignirent les joues de son amant et il sentit leurs muscles se contracter sous un sourire. Comme un réflexe, il se mit à sourire en réponse, et déposa délicatement ses lèvres contre celles de Peter. Puis, il se détacha, et répéta de nouveau.

-Ca va bien se passer, y'a pas de crainte à avoir.

Les derniers mots furent chuchotés dans le cou, alors que Mikaël étreignait fortement Peter, et ce dernier frissonna sous leur souffle. Après de longues secondes, ils se détachèrent et Mikaël envoya d'une tape sur les fesses Peter rejoindre les bords de la carrière. Quant à lui, il enfila ses gants, attacha la longe en Colbert sur Kali et enleva ses rênes, pour qu'elles ne gênent pas. Il allait la faire partir sur un cercle lorsqu'il sembla se souvenir de quelque chose. Il posa tout à terre, chuchota à la jument de rester tranquille sous peine de représailles, et courut vers la lettre C. En fouillant un peu dans les hautes herbes qui entourait le panneau, il trouva une chambrière et en profita pour déposer les rênes qu'il avait coincées à l'arrière de son pantalon. Il revint en trottinant vers Kali et commença enfin à la longer.

Le cercle que la jument traçait s'agrandissait au fur et à mesure que Mikaël allongeait la longe, tout en la gardant tendue. Lorsqu'il estima qu'elle était sur un cercle suffisamment grand, il voulut la faire partir au trot en l'encourageant de sa voix. Cependant, Kali ne semblait pas prête à faire beaucoup d'efforts, et malgré les injonctions du jeune homme, elle restait tranquillement au pas. Excédé, il finit par changer la position de sa chambrière, et la rapprocha de sa queue. Cela n'eut aucun effet non plus, et il fut obligé de la faire claquer en l'air, à plusieurs reprises. Quelques foulées plus tard, la jument tomba dans un petit trot, lent et absolument pas actif. Mikaël, peu enclin à la laisser gagner la partie, ne lui laissa aucun instant de répit et au bout de plusieurs minutes, la jument trottait activement. Il la fit partir à l'allure supérieure avec un grand "Gaaaalop!" et cette fois-ci, elle ne se fit pas prier. Il lui fit faire plusieurs transitions, montantes et descendantes, et finalement, il lui demanda de ralentir tout en rétrécissant le cercle jusqu'à ce qu'ils se trouvent à l'arrêt, côte à côte. Il détacha la longe, la rattacha de l'autre côté, brancha le gogue et changea de main. Il fit alors exactement la même chose qu'à l'autre main, et au bout d'un certain temps, il fit arrêter la jument, mais cette fois-ci sur le cercle. Tenant toujours la longe et la chambrière en main, et gardant un œil vigilant sur Kali, il s'adressa d'une voix forte à Peter.

-Tu vas bientôt pouvoir venir! J'ai fini de la détendre. Mais je la connais, Kali, et à chaque fois qu'on la longe, elle pète son câble un coup.

Il vit Peter se redresser vivement et il s'empressa d'expliciter ses paroles.

-Je veux dire, elle fait la conne une fois, mais seulement une fois. Et après qu'elle ait fait la conne, t'es tranquille. Donc je vais provoquer ce petit coup de folie. Et c'est pour ça que j'aimerais que tu t'éloignes. Ca risque d'être plus violent que d'habitude si elle s'est pas déchaînée pendant la détente.

Peter s'éloigna encore plus de la zone de longe, sans vraiment comprendre ce qu'avait voulu dire Mikaël. Puis il l'entendit demander le galop férocement, en criant plus qu'il n'en avait l'habitude, et faire claquer plusieurs fois la chambrière en l'air. La réaction ne se fit pas attendre: Kali leva ses postérieurs et partit ensuite dans un grand galop. Bien qu'il ait prévu, et même provoqué cela, Mikaël fut entraîné de quelques pas vers l'avant et laissa filer quelques mètres de longe, sous la force du galop de la jument. Lorsqu'il se fut un peu stabilisé, il enfonça ses talons dans le sol et suivit sans intervenir le galop un peu fou, ponctué de coups de cul, de l'alezane. Il préférait la laisser se défouler, et s'épuiser un minimum avant que Peter ne monte dessus. Puis, il estima que cela suffisait et il récupéra peu à peu les mètres de longe qu'il avait perdus. La jument se calma un peu, mais ce fut de courte durée: elle repartit de plus belle quelques secondes plus tard. Mais cette fois-ci, Mikaël ne se laissa pas faire. D'une voix douce mais forte, il l'incita à ralentir. Dans le même temps, il rétrécissait le cercle. Pour finir, il plaça la chambrière devant la tête de Kali et elle s'arrêta complètement.

-C'est bon Peter! Tu peux venir! T'enfiles ma bombe, j'espère que t'as pas pris la grosse tête depuis hier, quand on l'a essayé, plaisanta-t-il. Et tu me rejoins. Tu dois arriver dans mon dos, ok?

Peter hocha la tête, peu sûr de lui, posa la bombe sur son crâne, dut s'y reprendre à deux fois avant de l'attacher, et marcha jusqu'à Mikaël. Arrivé à sa hauteur, il n'eut pas le temps de se préparer une dernière fois mentalement que son petit ami l'envoya, seul, rejoindre la jument, en suivant la longe. Obéissant, et de plus en plus mort de peur, Peter s'exécuta. Il posa une main tremblante sur le chanfrein alezan de la jument, qui souffla un bon coup à ce contact. Surpris, autant par le bruit que par toutes les projections humides qu'il venait de recevoir sur lui, il retira sa main. Il ne la reposa que plusieurs secondes plus tard, constatant que Kali ne bougeait plus. Il essaya de la caresser mais ses gestes étaient mal assurés, gauches. Il faillit même lui mettre un doigt dans l'œil, sans qu'elle ne bronche particulièrement. Il fit revenir sa main sur le centre de la tête, et soudain, elle fut recouverte par une autre, gantée de noir. Une voix se glissa dans son cou, chaleureuse, rassurante, même si amusée. Terriblement sensuelle.

-Il faut être plus ferme Peter. Rappelle-toi: ne pas montrer sa peur. Ca passe par les caresses. Si tu l'effleures comme ça, elle sait que tu as peur de la toucher. Mais si tu poses ta main à plat sur elle et que tu caresses fermement, elle sait que tu as confiance, en toi et en elle.
-Oui, mais... répliqua-t-il en se retournant.
-Pas de mais! Bon, Kali, tu m'excuses deux minutes, je vais devoir expliquer les choses de manière expérimentale à mon imbécile de copain.
-Je suis pas...
-Chuuuut, dit-il en posant un doigt sur ses lèvres.

Ce doigt, des lèvres glissa sur le côté et bientôt, ce furent les deux mains du cavalier qui envahirent les joues de l'inspecteur. Mikaël approcha son visage de celui de Peter, lui sourit et commença à l'embrasser. Du bout des lèvres, il toucha la bouche de son petit ami. Il se risqua à sortir la langue et à titiller ses lèvres, mais il se retira aussitôt. Il recommença à l'embrasser, un peu plus fermement cette fois-ci: leurs lèvres se touchaient réellement, et ne faisaient pas que s'effleurer. De nouveau, sa langue sortit de sa bouche pour explorer celle de Peter, mais dès qu'elle eut passé la barrière de ses lèvres, elle se rétracta. C'était un baiser timide, inhabituel, totalement différent de leurs précédents baisers et Peter, alors que le manège se répétait plusieurs fois, commençait à douter. Enfin, ce baiser étrange se termina, et Mikaël, en s'éloignant, affichait un grand sourire. Peter cut même déceler une légère lueur perverse dans ses yeux. Cependant, il n'eut pas le loisir d'y réfléchir plus longtemps que son petit ami se rapprochait de lui, pour l'embrasser. Pour l'embrasser d'un véritable baiser: passionné, profond, humide, entraînant, furieux même. Un baiser comme seuls deux amants pouvaient s'en faire. Alors cette fois-ci, il y répondit sans scrupules, et la danse entre leurs langues dura plus que de raison. Mikaël fut le premier à rompre le contact, en douceur, sans perdre le lien qu'ils avaient ainsi créé.

-Alors, lequel t'as préféré? demanda-t-il d'une voix malicieuse.
-Le deuxième!

La réponse avait fusé sans qu'il ait même eu le temps de réfléchir, et cela les amusa tous les deux.

-Et pourquoi? voulut savoir Mikaël, un sourire voguant toujours sur ses lèvres.
-Bah, dans le deuxième, t'y as vraiment mis du tien. Je sentais bien que t'avais envie de m'embrasser comme j'en avais envie. C'était un vrai baiser, si je puis dire. Alors que dans le premier, à un moment, je me suis limite demandé si t'avais pas peur de m'embrasser. T'étais tout timide, presque peureux. Et j'avoue: j'ai commencé à douter de toi et de moi.
-Et bah tu vois! s'écria, ravi, Mikaël, qui leva les bras au ciel avec un grand sourire.
-Comment ça je vois?
-En fait, le premier baiser, c'était pour te montrer comment toi tu caresses Kali, et le second, comment il faut la caresser.

Peter resta interdit devant la déclaration de Mikaël. Il sentit plus fortement que jamais que le cheval pour lui n'était pas un métier, ni une passion, mais sa propre vie. Néanmoins, il ne s'attarda pas sur cette pensée légèrement inquiétante, et préféra rire du moyen tarabiscoté, mais terriblement sensuel et agréable, d'expliquer l'équitation.

-Toi alors! éclata-t-il de rire.
-Quoi? dit-il avec une petite moue, avant d'arborer un visage un peu plus sérieux, mais également plus joyeux. Bon, on y va? Tu montes?

Mikaël fit la courte échelle à Peter, qui se hissa avec beaucoup de difficulté sur le dos de Kali. Mikaël en rigola pendant plusieurs minutes, le traitant de manchot. Une fois son rire disparu, il lui prodigua quelques conseils: tenir les poignées, avancer son bassin, se rapprocher le plus possible du garrot, s'asseoir sur le gras des fesses s'il ne voulait pas avoir trop mal aux couilles, se pencher en arrière, et ainsi de suite. Tranquillement, ils se mirent au pas, et pour le commencement, Mikaël préféra rester aux côtés du débutant. En plus, de cette manière, ils pouvaient continuer à se parler, et même de temps en temps, se caresser furtivement.

Après plusieurs tours de carrière, Mikaël estima qu'il était temps de lâcher un peu Peter, et il l'envoya sur un petit cercle, au pas. Une fois que son petit ami eut repris confiance en lui, il l'entraîna au petit trot. Les premières foulées ne se passèrent pas trop mal, mais au fur et à mesure que le temps passait, Peter avait de plus en plus de mal à se maintenir droit sur l'animal, d'autant plus que celui-ci accélérait un peu, sous ses involontaires coups de talons, lorsqu'il serrait les jambes pour ne pas tomber. Finalement, l'allure sautée qu'était le trot eut raison de lui, et il glissa lentement mais sûrement vers le sol sablonneux. Il tenta à plusieurs reprises de se re-stabiliser en agrippant les poignées et en tirant dessus, mais rien n'y fit. Surtout que Mikaël prenait un malin plaisir à maintenir la jument au tout petit trot. Dans un dernier effort, Peter s'accrocha à la seule poignée qu'il pouvait encore atteindre et tira dessus. Malheureusement pour lui, elle bougea  de quelques centimètres sous le poids, et surpris, il lâcha prise, pour s'étaler lamentablement dans le sable. Au centre du cercle, Mikaël était mort de rire, et il avança avec difficulté jusqu'à l'endroit où gisait son amant. Il se laissa tomber à genoux à ses côtés, lâchant la longe par la même occasion, et rigola de plus belle devant sa mine.

-Oh putain! Oh putain! Oh putain! rit-il de plus en plus fort. T'es trop bon, Peter! Excellent! Ca c'est trop fort! T'es vraiment tombé comme une merde, tout doucement, et puis plof! Excellent! Et puis comment tu te raccrochais à Kali! Hahahaha!

Toujours allongé dans le sable, Peter finit par se sentir vexé et trouva rapidement un moyen de fermer le caquet de Mikaël. Il porta son bras gauche à son épaule droite et avec une grimace, déclara d'un ton sur-joué.

-J'ai maaaaal Mikaël.
-Quoi?

Le jeune homme s'était redressé avec vivacité et commençait déjà à palper l'épaule de Peter. Ne trouvant rien, il lui demanda de s'asseoir et de retirer son T-shirt. Trop angoissé pour remarquer le visage goguenard de Peter, il suivait attentivement chacun de ses mouvements des yeux. Une fois torse nu, il entreprit d'examiner plus attentivement l'épaule de son amant.

-Si j'appuie là, ça fait mal?
-Affreusement, affirma Peter avant d'attraper le visage de Mikaël et de l'embrasser avec empressement.

Les lèvres un peu sèches de son cavalier lui avaient manqué depuis tout à l'heure, et là, il en profita largement. Mikaël, constatant la supercherie, laissa échapper un rire, avec lequel s'envolait son stress; et entra complètement dans le jeu de Peter. Il le rallongea sur le sable, passa par dessus lui, puis se fit lui-même plaquer au sol, et ainsi de suite.
Ce n'est que tard le soir, les vêtements remplis de sable mais le sourire aux lèvres et des souvenirs merveilleux pleins la tête, qu'ils ramenèrent Kali à son box.

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commentaires

Raf 19/09/2009 15:40

Tres bon la fin!! Il l'a bien eu Peter! C'est vrai quoi, il commençait a etre agaçant, a tout savoir, Mick!Enfin moi je dis, pauvre cheval! Il va devoir supporter de voir deux humains pitoyables se rouler dans la paille et le fumier alors que son seul reve est de retrouver sa jument ( ou son bel étalon).

Skorpan 20/09/2009 01:30


Bah forcément, le Mikaël c'est un pro! ^^
Et puis d'abord ils ne sont pas pitoyables! Et ils ne se roulent pas dans la paille et le fumier, mais dnas une carrière, donc du sable. ;-) Et Kali s'en fout, elle, elle est dehors et elle en
profite! x)


Merlin 08/09/2009 18:12

j'adore le cinéma de Peter à la fin xD excellent ! bon sinon j'ai vraiment aimé ce chapitre même si je comprends pas tout le vocabulaire... j'ai un jour su ce qu'était un surfaix mais j'ai apparemment oublié xDDD et puis... Magicien comme Merlin ? ** et aussi je voulais te demander si je pouvais avoir ton adresse msn, j'aimerais bien discuter avec toi ^^bisous

Skorpan 08/09/2009 20:37


Un surfaix, c'est un truc en cuir avec des poignées qui passe au niveau du passage de sangle. Je vais faire un petit update du vocabulaire hippique, mais j'ai la flemme là. Ca sera fait dans les
prochains jours. Dnc si jamais t'as d'autres mots de voc que tu ne comprends pas, tu me le dis. Je les rajouterai. ^^

Et oui, magicien comme Merlin! ;-)

Pour l'adresse msn, comme il s'agit de la mienne personnelle, je ne veux pas la donner ici pour éviter d'être spamer etc. Mais si tu m'envoies un mail avec ton adresse (que je n'ai pas trouvé sur
ton blog) à l'adresse mail dédiée au site (dans les FAQ, ou dans l'intro), je t'ajoute sur msn. ^_-

Bisous


Lilie 08/09/2009 11:53

Ahaha !!!!!!! J'adore c'est trop biennnnnnnnnnnnnnnnnn :DMerci pour ce nouveau chapitre :D

Skorpan 08/09/2009 12:08


Aha! Nouvelle lectrice, si je ne me trompe pas! *o* Bah bienvenue, et contente que t'aies aimé! x)


Så Här Är Det!

  • : Nangilima
  • Nangilima
  • : Un blog où je vais publier mes écrits, avec des relations hétéro et homosexuelles explicites, donc ceux qui ne veulent pas lire, la croix rouge en haut à droite peut vous être utile. Aucun plagiat n'est accepté! Et aussi je vais un peu parler de ce qui influence mes écrits: musique, bouquins, etc.
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Skorpans Nangilima


En värld där du kan bli den du vill, bara du följer ditt hjärta...


Les textes publiés sur ce blog sont de ma propre invention et sont écrits par moi, à moins que le contraire ne soit précisé en début d'article. Je vous demanderai donc de respecter mon travail et de ne pas plagier mes écrits.
Merci d'avance.

Certains textes peuvent contenir des relations hétéro ou homosexuelles explicites.
Les mineurs et tous ceux que ça dérange, vous connaissez la sortie: la petite croix rouge.
Tous les résumés et histoires à venir sont disponibles ici.
Si vous avez des questions ou autres, vous pouvez m'envoyer un mail ici.

Sökande

"Un écrivain ne confie tout ni à ses journaux intimes, ni à sa correspondance;
seules ses créatures racontent sa véritable histoire, celle qu'il n'a pas vécue, mais a souhaité vivre."

François Mauriac 

Andra saker ni kan se

lien-nan--19171a4

 
 

Vad som helst...



"Je ne suis pas homosexuel, même si certains semblent le croire."

Ola Salo





"Aime moi, alors je t'aimerai peut-être."
J. R.-P.





"Tout est une question de goût. Toi tu aimes les femmes, moi j'aime les hommes, et lui aime les deux. Où est le problème?"
J. R.-P.





"Ne plus rêver, c'est être à demi mort, c'est faire de la réalité sa seule loi."
Jean-Baptiste Pontalis





"Si tu sens que tu plafonnes, perce un trou dans le plafond."
Gilles Goddard

"Alors si tu sens l'angoisse de la page blanche, prends en une rose."
J. R.-P. 

Lyssna!