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23 novembre 2009 1 23 /11 /novembre /2009 20:32
Bonsoir, bonsoir, chères lectrices, chers lecteurs,

Je vous annonce à regret que la publication de "Crampons et autres fantaisies hippiques" prendra bientôt fin. En effet, je n'ai plus beaucoup d'avance sur mes suites, de quoi faire une ou deux suites il me semble. Et je préfère ensuite prendre un peu d'avance pour publier régulièrement que de publier une suite de temps en temps, comme je le faisais au début. Car ainsi, vous suivrez mieux l'histoire. "Crampons et autres fantaisies hippiques" se prépare donc à entrer dans une pause à durée indéterminée (mais, je l'espère, pas trop longue -six mois tout au plus-).

En attendant, je ne vais pas vous laisser tomber! Bien au contraire... Tous les lundis ('fin, comme ça se passe maintenant, quoi ^^), il y aura un petit quelque chose sur le blog. Un OS, une fiction en anglais, un bout de trad de "Bröderna Lejonhjärta", un article sur un film, un manga, ou un groupe de musique... Bref, y'aura de quoi faire! ;-)

Enfin, pour faire passer la pilule de cette nouvelle qui, je le sais, vous attriste grandement (la fille qui ne se prend pas pour de la maverdaven! XD), je vous livre une très longue suite! J'espère qu'elle va vous plaire.

Bonne lecture! =D






      Tiling...

L'ordinateur de Peter avait émis un petit son, indiquant à son propriétaire qu'un nouveau mail venait d'arriver. Seulement, le dit propriétaire était en pause déjeuner avec ses collègues, et n'arriva qu'une bonne demi-heure plus tard. Il prit son temps pour s'installer tout en continuant sa discussion avec Stefen, puis se remit au travail tranquillement, un peu épuisé par le weekend qu'il venait de s'écouler. Trop de choses s'étaient passées en peu de temps, et il avait parfois encore du mal à réaliser.

-Hey! Pete! T'as reçu le mail de la fédé? l'interrompit Stefen alors qu'il commençait à ressasser les derniers évènements de sa vie.
-Hum... Ouais, fit-il en double-cliquant dessus. Tiens, c'est les résultats de ce weekend. Ils ont été efficaces pour une fois.
-Ouais, à croire que toutes les administrations ne sont pas merdiques. Alors, voyons voir... Ouah! J'avais pas réalisé mais Blowsworth a vraiment cartonné à ce concours là. Il a fait 3ème sur le CSO qu'on a vu, avec Spunk Of Troy, plus il est arrivé 8ème avec Jéricho au complet, et il a fait aussi premier sur le hunter le même jour. La veille, vendredi donc, il a fait quelques podiums, et hier, c'est là où il a fait carton plein! Il est arrivé 1er au concours complet avec Jewel de Blasty, et 3ème avec Ithaque! Et si je ne me trompe pas... dit-il avant de marquer une petite pause, le temps de vérifier ses données, il a été dans les dix premiers à chaque épreuve où il a participé.
-Hum... Je sais, je lui ai demandé hier quand je l'ai appelé, dit Peter distraitement.

Stefen ouvrit la bouche, la referma, tel un poisson hors de l'eau, puis il la rouvrit, ayant enfin trouvé quelque chose d'un minimum intelligent à dire.

-Et il était content?
-Ouais. Il s'attendait pas à être dans le top 10 à chacune de ses épreuves, et à faire pas mal de podiums. Son objectif était d'en faire trois, dont un en première place, et un sur le complet d'hier. Donc il était très content, et il a dit que ça avait valu le coup de se casser le cul pour préparer correctement ce weekend sans forcer sur sa blessure récente.
-Ok, mais c'est pas ce que je voulais dire. Est-ce qu'il était content que tu l'appelles?

Une sensation de chaleur parcourut les joues de Peter, et les coins de sa bouche se relevèrent légèrement. Mais son regard ne quitta pas la liste des résultats du CCE, qu'il avait imprimée quelques minutes plus tôt.

-Comme toute personne qui reçoit un appel de son petit ami après une dure journée, je suppose, répondit-il évasivement.
-Donc il était content! frétilla Stefen. Alors de quoi vous avez parlé? Qu'est-ce qu'il a dit?

Peter soupira et sans même se retourner vers son ami, entreprit de le calmer d'une phrase.

-Je bosse Stefen, alors tais-toi. Ce n'est pas le lieu pour parler de sa vie privée.

Un sourire victorieux naquit sur les lèvres du plus âgé: si le lieu n'était pas propice, il en trouverait bien un autre pour cuisiner son ami.

-Je retiens, Peter, je retiens!

Les deux hommes enfin se concentrèrent entièrement sur leur travail. Ils compilaient les résultats du weekend, essayait de voir quels cavaliers et quels chevaux avaient le mieux réussi, comparaient différentes données avec les concours précédents, et ainsi de suite. Ils notaient également sur des dossiers papiers, un pour chaque cavalier, et un pour chaque cheval, leurs différents résultats, qui avait monté qui, sur quelles épreuves, s'ils avaient remarqué des comportements étranges, et autres petites choses. Un véritable travail de fourmi qui semblait bien inutile si l'on restait à cette échelle-là. Mais lorsque l'on prenait un peu de hauteur et qu'on voyait la chose dans leur ensemble, il en ressortait bien souvent de précieuses conclusions.

Seulement, dans cette enquête là, même en prenant beaucoup de hauteur, ils n'arrivaient à aucune conclusion, et c'était bien le problème. Les informations se contredisaient et ne permettaient pas d'aboutir à quelque chose de logique. Tout ce qu'ils parvenaient à faire, c'étaient les listes des cavaliers et des chevaux qui gagnaient le plus souvent. Quant à savoir si ces listes correspondaient à ceux qui se dopaient pour améliorer leurs performances, c'était une autre histoire. Au début, il n'y avait aucune corrélation possible entre le fait de gagner, et le fait d'être désigné comme dopé par le laboratoire scientifique. Les quelques statisticiens du bureau avaient affirmé qu'il s'agissait de deux évènements indépendants. Mais peu à peu, au fil des semaines, les deux évènements semblaient de plus en plus liés. Et les soupçons se concentraient sur un groupe de cavaliers. Groupe plutôt large, mais dont Mikaël Blowsworth faisait partie. Et cela, Peter avait du mal à le concevoir.

-Stefen?
-Hum?
-On les aura quand les résultats du labo?
-Euh... d'ici quelques jours il me semble. Ca dépend s'ils sont motivés ou pas.
-Ok. Et pour "notre" labo? demanda-t-il, baissant un peu la voix. Je ne me souviens plus de ce qu'ils ont dit.
-Je crois que ça prendra un peu plus de temps. Ils ont pas l'habitude de traiter ce genre de demandes.
-C'est sûr! T'as vu la gueule qu'ils ont tirée ce matin quand on leur a apporté les échantillons, rigola Peter. Mais dès qu'on leur a montré nos plaques, ils ont arrêté de rechigner. C'est dingue ça!
-Eh ouais, le pouvoir de la plaque! plaisanta Stefen, avant de redevenir sérieux. Peter, je sais que t'espères beaucoup de ces tests, mais quand même, n'espère pas trop. Il est très probable qu'ils obtiennent exactement les mêmes résultats qu'ici.

Stefen le regardait avec une certaine appréhension, ne sachant pas comment son ami allait réagir en lui annonçant que lui-même n'était pas certain de l'innocence de Mikaël. Car c'était bien cela que voulaient dire ces paroles, puisque Peter avait fortement insisté pour que quelques tubes de sang de Mikaël se trouvent dans le lot des tubes à analyser à l'extérieur. Cependant, Peter ne s'énerva pas ni ne parut déçu, juste un peu troublé, avant de retrouver un grand sourire.

-Dans ce cas, j'irai encore draguer quelques infirmières. Il paraît que j'ai pas mal de succès!



      Il faisait encore jour quand Stefen et Peter sortirent du grand bâtiment où se situait le commissariat où ils travaillaient. Peter avait demandé à son collègue de venir l'aider à déménager ses affaires depuis la maison qu'il avait partagée avec Sonia jusqu'à son appartement, et ce dernier avait accepté avec joie: le plus tôt Peter tirait un trait sur la jeune femme, le plus tôt il pourrait se reconstruire une vie. Une vie pas forcément facile, vu qu'elle s'envisageait avec Mikaël, mais une vie nouvelle et entièrement à lui. C'était tout ce qui comptait.

-Au fait, Nathaniel va pas faire la gueule s'il reste tout seul ce soir? Je veux dire, c'était pas prévu, je t'ai demandé ce matin, donc... s'inquiéta Peter, alors qu'ils se dirigeaient vers sa voiture.
-Nan, t'inquiète. Il a même proposé de venir aider! Ca te dit qu'il vienne t'aider pour tout installer dans ton appart'? Parce que je pense pas que ton ex appréciera si on débarque à trois chez elle...
-Ouais, c'est sûr. Non mais dis-lui que c'est ok. On se retrouve chez moi et on se fait une petite bouffe tout en rangeant mes affaires.
-Ca marche! Je lui envoie un texto.

Stefen tapota quelques minutes sur son portable puis monta dans la Volvo noire que Peter avait ouverte entre temps. Une fois qu'ils furent partis, il baissa un peu le son de la radio et regarda attentivement Peter. Se sentant observé, le conducteur quitta la route des yeux pendant quelques centièmes de seconde pour les poser sur son passager. Puis il se concentra de nouveau sur l'asphalte qui s'étendait devant lui.

-Qu'est-ce qu'il y a Stefen? Tu veux me demander quelque chose?
-Hum... Tu lui as dit? Que tu avais rompu avec Sonia? se risqua-t-il.

Peter sursauta légèrement, mais pas suffisamment pour faire un écart.

-Non, pas encore, finit-il par répondre après une certaine hésitation. Je pensais le faire ce weekend, mais après je me suis dit que ça risquait de le déstabiliser et de le faire foirer, et ça je voulais pas. Alors je comptais lui dire demain, lorsque j'aurais pris toutes mes affaires dans mon ancienne maison.
-T'as raison. Je crois que c'est mieux comme ça.
-Et je voulais aussi lui demander de vivre avec moi, dans l'appart.
-Hein?! Mais mais mais... tu trouves pas que ça va un peu vite? balbutia Stefen, sous le coup de la surprise.

Qu'ils sortent ensemble, il ne voyait aucun problème à cela. Mais de là à ce qu'ils s'installent et vivent à deux! Il y avait un grand pas, et leur relation commençait à peine. Stefen avait peur que cela ne soit le début de la fin, mais il n'osa pas formuler ses craintes.

-Bah... De toute façon, il va refuser. Tant qu'il ne peut pas payer, il va pas vouloir. C'est dommage, parce que vu nos emplois du temps, on aura pas trop l'occasion de se voir. Surtout si on doit tout le temps faire attention dès qu'on est à l'extérieur.

Peter marqua une pause, que Stefen respecta. Maintenant que Peter s'ouvrait à lui, il comprenait mieux cet empressement à vouloir que Mikaël vive avec lui, même s'il pensait toujours qu'il ne s'agissait pas d'une bonne idée.

-Et puis, continua le plus jeune, incertain, j'ai peur que notre relation n'avance pas si on ne fait pas ça. Qu'elle stagne là où elle en est maintenant quoi. Notre situation est super compliquée, alors si en plus, on rajoute la distance, j'ai vraiment peur qu'on ne tienne pas le choc. Que je ne tienne pas le choc, surtout. Parce que pour Mikaël, je ne crois pas que ce sera un gros problème. Il peut résister à tout. Plus ou moins bien, bien sûr, mais il résiste. Alors que moi... Je sors d'une histoire pour plonger directement la tête la première dans une autre. Je sais que je ne devrais pas, que je devrais réfléchir encore un peu, me poser, parler avec mes parents...
-Avec tes parents? l'interrompit Stefen.

Il avait écouté les différentes réflexions, les craintes et les doutes de Peter avec beaucoup d'attention, comme un confident silencieux. Cependant, à l'évocation de la famille de Peter, il n'avait su retenir sa langue et la question était sortie toute seule. Il n'avait été qu'à moitié surpris de leur apparition dans le discours de son ami, mais il voulait néanmoins préciser l'importance qu'il leur accordait.

-Oui, avec mes parents. Ils ont toujours voulu que je me marie avec Sonia, que je fonde une famille, et tout et tout. Ils m'ont pas mal poussé et moi à chaque fois je freinais des quatre fers, me sentant mal à l'aise avec tout ça. Mais depuis que je sors avec Mikaël, j'ai re-réfléchi à leur attitude, et je crois que s'ils me poussaient autant, c'est parce qu'ils croyaient que je finirais ma vie avec Sonia... M'enfin, j'en sais rien. Moi, je les vois toujours comme de vieux réacs. Mais d'un autre côté, quand j'imagine le moment où je vais leur dire que je suis homosexuel et que je sors avec Mikaël, parce que je ne peux pas leur cacher ça indéfiniment, je les vois accepter tout ça, comme si c'était normal.
-Mais c'est normal Peter.

Peter lui jeta un rapide regard, à la fois honteux et contrit.

-Oui, je sais, mais tu vois ce que je veux dire, non?
-Hum...
-Et toi, comment ça s'est passé quand tu l'as dit à tes parents?
-Je crois qu'on peut dire que ça s'est à peu près bien passé. Je ne suis pas fait tabasser, et ils ne pouvaient pas me foutre dehors vu que j'avais déjà un appart.

Stefen rigola doucement, pour cacher sa gêne face à ce souvenir un peu douloureux, et Peter le suivit. Les minutes suivantes furent emplies de silence avant que Stefen n'ouvre de nouveau la bouche.

-Et au final, en fait, pourquoi tu ne te poses pas pour réfléchir un peu? Avant d'aller plus loin avec Mikaël? Tu n'es pas obligé de lui proposer d'habiter avec toi tout de suite.

Peter eut un petit sourire triste avant de répondre.

-Peut-être, mais je l'aime, j'en suis totalement sûr maintenant. Et je ne veux pas gâcher ma courte vie à repousser le moment où je pourrais être avec lui. Carpe diem disaient les latins, non?
-... Effectivement, vu comme ça... Mais tu... commença-t-il avant d'être interrompu par la sonnerie du téléphone de Peter.
-Ah Stefen, tu peux regarder dans ma veste derrière? Il doit être dans ma poche droite.

Après quelques secondes de recherche, le portable fut trouvé, et sur les consignes du conducteur, il fut mis sur le socle prévu à cet effet, à côté de l'autoradio. Puis d'une pression sur un bouton spécifique du volant, Peter décrocha et une voix de femme envahit l'habitacle.

-Allô Peter?
-Ah Maman, comment ça va?
-Bien, et toi?
-Bien, bien.
-T'as une petite voix. T'es sûr que t'es pas malade?
-Non, ça va bien. J'ai juste été un peu dépassé par les derniers évènements de ma vie, et mon meilleur ami m'aidait à faire le point. D'ailleurs il est là. Stefen, je t'en prie.
-Bonjour Madame, je suis Stefen Lashon, je travaille dans le même commissariat que votre fils, intervint Stefen, pour signaler sa présence.
-Ah bonjour, Monsieur. Merci de vous occuper de mon fils, répondit-elle cordialement. J'espère qu'il...
-Maman, tu voulais me dire quelque chose de précis? l'interrompit-il, reprenant la conversation en main.
-Euh... oui, hésita-t-elle. On a... comment dire? ... On a reçu un appel des Northwood ce weekend.
-Ah...
-Il paraît que tu as quitté Sonia.
-Oui. D'ailleurs, là on va chez elle pour récupérer mes affaires, et je vais m'installer dans l'appart, précisa-t-il.

La nouvelle eut l'air de faire un certain effet à sa mère, puisqu'elle resta sans rien dire pendant plusieurs secondes. Enfin, elle reprit contenance, et contrairement à ce qu'imaginait Peter, elle ne lui fit aucun reproche. Ou du moins, pas ceux auxquels il s'attendait.

-Pourquoi tu ne nous as rien dit? Ca nous a vraiment surpris quand ils ont appelé pour crier que tu n'étais qu'une goujat, et je te passe les autres amabilités que Kathleen a pu nous dire. Je crois, d'après ce que j'ai réussi à comprendre, que Sonia était effondrée, et ça l'a mise dans une certaine rage.
-Ca peut se comprendre, mais si Sonia a un problème, c'est avec moi qu'elle doit le régler. On est adultes, on a plus besoin de passer par l'intermédiaire de nos parents, fit-il, soudain plus ferme. Et je suis désolé de ne pas vous avoir prévenus, mais j'ai bossé samedi dimanche, donc c'était un peu dur.
-D'accord. Bon, je vais te laisser puisque ce n'est pas vraiment le bon moment pour parler de tout ça je crois. Je peux juste te poser une dernière question? C'est ton père qui veut absolument savoir.
-Vas-y, dis toujours.
-Voilà, il arrive pas à comprendre pourquoi tu as rompu. A ses yeux, vous formiez le couple parfait, et...
-Et pas aux tiens? sourit-il devant la formulation de sa mère.
-Disons que vous formiez un couple solide à mes yeux. Et puis de toute façon, personne n'est parfait...
-Mais nous essayons tous de l'être, c'est ça?
-Tout à fait. T'as bien retenu la leçon, mon chéri. Bref, qu'est-ce que je disais? Ah oui, ton père ne comprend pas ta décision et...
-Tu voudrais une explication?
-Voilà. J'aime bien quand tu comprends tout sans que je ne dise rien, Peter.

Il pouvait la voir sourire derrière le combiné et il poussa un soupir, soulagé qu'elle prenne sa rupture de façon aussi neutre.

-Eh bien, c'est tout simple en fait. Je ne l'aimais plus depuis un certain temps. Mais par lâcheté, je suis resté avec elle. Et il y a quelque mois j'ai rencontré quelqu'un... dont je suis véritablement tombé amoureux. Je veux construire quelque chose avec cette personne, et pour ça, je devais rompre avec Sonia. Voilà tout. Et ne t'inquiète pas Maman, j'organiserai un dîner ou quelque chose pour que vous vous rencontriez, mais pas avant un moment. Je veux d'abord... tu sais... profiter du temps à deux.

Elle resta silencieuse un petit moment, un peu sonnée par ce flot d'informations pour le moins étonnantes de la part de son fils. Cependant, sa curiosité ne mit pas longtemps avant de refaire surface.

-C'est bien. Je suis contente pour toi si tu es heureux. Par contre, ton père, ça va être une autre histoire. Moi, j'ai senti venir la fin avec Sonia, et j'ai eu le temps ce weekend de me faire à l'idée, mais lui pas du tout. Bref, ne t'inquiète pas pour ça. Je m'occupe de lui. Mais dis-moi, elle est comment cette jeune fille que tu as rencontrée? Blonde? Brune? Les yeux bleus? Marrons? Elle fait quoi comme boulot? Elle est pas trop conne j'espère!
-Maman! s'indigna-t-il.
-Quoi? Je m'informe sur ma future belle-fille, j'ai le droit, nan? Alors? Est-ce qu'elle cuisine bien? Est-ce...
-Maman! Ta gueule!

Le ton était ferme, sans appel, mais Stefen pouvait voir les coins de ses lèvres remonter, et une lueur d'amusement dans ses yeux.

-Est-ce que c'est une façon de parler à sa mère? Non mais oh!
-Ah oui, pardon, c'est vrai, on ne dit pas "Ta gueule" à sa mère. On dit: Votre gueule!

Les deux partirent d'un grand rire tandis que Stefen regardait alternativement le téléphone et Peter avec des yeux étonnés: la mère et le fils avaient une complicité particulière, cela ne faisait aucun doute.

-Bon, je dois te laisser. On arrive chez Sonia. Bisous Maman.
-Bisous, mon chéri. Et n'oublie pas de nous la présenter, hein?
-Non, non. Bon, j'y vais. Bye.

Il raccrocha aussitôt, ne laissant pas la possibilité à sa mère de répondre, et se gara en quelques manœuvres à quelques mètres de ce qui avait été sa maison pendant plusieurs années. Quelques minutes plus tard, les deux hommes se retrouvèrent devant la porte d'entrée, et tel un condamné qui va au supplice, Peter soupira longuement et se courba sous le poids d'une certaine culpabilité, tout en introduisant la clé dans la serrure.

-Eh mon vieux, relève la tête. Tu dois lui faire face si elle est là, pas lui donner des raisons de croire qu'elle peut te récupérer, le motiva Stefen.

Il lui asséna une grand tape dans le dos pour le redresser, et fit remonter son menton de quelques petits centimètres.

-Voilà, comme ça, c'est parfait. Tu n'as plus l'air de regretter ce que tu as fait. Et c'est ce qui compte, puisque c'est la vérité.
-Ouais, t'as raison. Allez, hop hop hop! 1, 2, 3, go! On va affronter la bête sauvage! rit-il en s'engouffrant dans la maison, la tête haute et le buste fier.

Ils n'avaient pas fait cinq pas à l'intérieur que Sonia déboula du salon dans le couloir. Elle avait les cheveux défaits et les yeux rouges d'avoir trop pleuré. Elle portait un vieux T-shirt, visible au travers du pull à grosses mailles rouge qu'elle avait mis, ainsi qu'un jogging noir. Le genre de vêtements que l'on met uniquement chez soi, pour se sentir bien. Elle resta un instant immobile, clignant des yeux face aux deux hommes, ne semblant pas réaliser qui ils étaient. Puis elle se précipita sur Peter et s'accrocha à sa chemise, ses yeux se remplissant de nouveau de larmes.

-Peter... Peter... Peter... Peter... Où est-ce que t'étais? ... Peter... Peter... Tu m'as fait tellement peur à partir comme ça pour le weekend! Peter... Tu vas revenir hein? Hein? Allez Peter... Dis que tu reviens... C'est pas une petite dispute qui va pouvoir nous séparer... Hein Peter? ... On est plus fort que ça, hein? ... Allez Peter, dis quelque chose... S'il te plaît...

Sonia avait réussi à ancrer son regard dans celui qu'elle considérait encore comme son homme, et ne le lâchait plus. Plus ou moins consciemment, elle savait que Peter était plus sensible au regard des gens qu'à n'importe quelle supplique. Et cela eut à peu près l'effet escompté. L'homme, malgré sa détermination, fut ému par la détresse qu'il pouvait lire dans les yeux sombres de Sonia, et son cœur en fut remué. Il hésita à la prendre dans ses bras, pour la consoler comme il le faisait lorsqu'ils n'étaient encore que des amis, mais il eut peur que ce geste ne soit mal interprété et ne lui donne de faux espoirs. Et surtout, il se souvint de la dernière étreinte de ce genre qu'il avait échangée. Il y avait quelques jours à peine, mais dans des circonstances bien différentes. Certes, la personne accrochée à son T-shirt pleurait également, mais pas de la même façon. Elle pleurait parce qu'elle savait qu'elle pouvait compter sur Peter, qu'elle pouvait se reposer sur lui. Elle pleurait devant lui parce qu'elle lui faisait confiance. Mikaël pleurait devant lui parce que c'était le seul endroit où il pouvait le faire. Alors que Sonia, elle, pleurait devant lui parce qu'elle espérait encore qu'ils puissent reconstruire quelque chose à deux à partir des décombres de leur relation. Elle pleurait parce qu'elle savait qu'elle pouvait y gagner. Ce n'était pas la même chose. Absolument pas.

Et au moment où il réalisa cela, Peter comprit que si jamais il enlaçait Sonia maintenant, cela signifiait trahir Mikaël, ses sentiments pour lui, ainsi que ce qu'il avait réussi à accomplir ces dernières semaines. Ses mains, qui auparavant pendaient inertes le long de son corps, s'avancèrent vers les épaules de la jeune femme et la repoussèrent doucement, mais fermement.

-C'est fini Sonia. Que tu l'acceptes ou non. Je sais que je pourrais pas continuer avec toi. Je voudrais te dire que j'aimerais qu'on reste amis mais je crois pour l'instant que ça nous ferait plus de mal que de bien. Alors s'il te plaît, laisse-moi partir, sans impliquer d'autres personnes que nous. Je vais chercher mes affaires, et après je ne mets plus les pieds ici. Je te le promets.

Le message sembla être passé et Peter relâcha Sonia, qui sous le choc de l'annonce, tomba à genoux, avant de se laisser carrément tomber à terre et de sangloter. Apparemment, leur dispute de vendredi n'avait pas eu la même signification pour elle que pour lui. Néanmoins, il refusa de se laisser attendrir et se dirigea avec volonté vers l'escalier. Lorsqu'il fut dans sa chambre, avec l'aide de Stefen, il récupéra tous ses vêtements, ainsi que d'autres babioles à lui. Il fit un tour par la salle de bains et par le bureau, récupérant quelques DVDs et de nombreux CDs. Il termina par le salon, tandis que son ami mettait les premiers sacs dans la voiture. Il prit tous ses livres et presque toute la discothèque, Sonia n'étant pas très musique. Stefen revint dans la maison au moment où il jetait un coup d'œil à la cuisine. Peter lui fit signe qu'il en avait fini, qu'il ne restait plus rien à lui ici lorsque Sonia se releva, s'appuyant tant bien que mal contre la cloison qui séparait l'entrée du salon. Elle leur lança un regard mauvais avant de prendre la parole d'une voix rauque.

-Fucking assholes! Go to hell! Et toi Peter, emporte cette salope de My! Qu'elle grille aussi!

Elle reprit son souffle, puis elle cria de toutes ses forces, pliée en deux.

-FUCKING ASSHOLES!!

Les deux hommes ne restèrent pas plus longtemps à se faire insulter, et partir en claquant la porte, sans oublier d'emporter les derniers sacs avec les affaires de Peter. Ils s'installèrent rapidement dans la voiture, et Peter démarra sans attendre. Après quelques secondes à réaliser ce qu'il venait de se passer, Stefen éclata d'un rire nerveux.

-Putain, elle est complètement tarée ton ex!
-Hum... Elle était pas comme ça avant. Du moins, elle apparaissait pas comme ça. Mais depuis qu'on a rompu, j'ai l'impression qu'il lui manque une case. Ca me fait un peu culpabiliser, mais d'un autre côté, égoïstement, je me sens tellement mieux maintenant. Surtout avec Mikaël.
-Veinard, va! plaisanta Stefen.
-Eh! Toi aussi! T'as Nathaniel il me semble.
-Ouais, c'est pas faux. Tiens au fait, la folle dingue, elle a parlé d'une... My, c'est ça? C'est qui?
-Mais tu sais, je t'en ai parlé. C'est la meilleure amie de Mikaël, My Andersson.
-Ah oui, l'autre personne qui est au courant de votre relation, à toi et à Mikaël.
-C'est ça! Dis, tu devrais pas appeler ton homme, parce que le temps qu'il vienne à la maison en métro, je pense qu'on sera rentré, ou presque.
-'Key.

Une fois l'appel téléphonique passé, les deux hommes envisagèrent avec enthousiasme le reste de la soirée, s'oubliant dans l'instant présent.

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commentaires

Lilie 25/11/2009 22:03


O_O........ AHHHHHHHHHHHHHHHHH T____T Mon Dieu....six long mois sans pouvoir lire les aventures de Crampons et autres fantaisies hippiques.... Mon Dieu *prend son courage expire, inspire, expire*
c'est bon, je suis parrée !!!!! Alala, ça va me manquer quand même mais, si c'est pour la bonne cause, je ne peux que t'encourager à nous faire pleins pleins de suite que tu nous postera ensutie =D
Encore très beau chapitre, j'aime...La petit Sonia, je sais pas pourquoi mais je la sent un peu mal la folle mais bon, on verra pas la suite et sinon....nonn tu vas pas nous faire ça unh ! Pas
Mikael doppé !! Ce serait vraiment trop...euh prévisible ??? (en fait, c'est surtout que je veux pas XD)

Enfin bref, merci beaucoup pour cette suite ^^ Surement à une prochaine fois dans un autre commentaire :p et vivement la suite dans six mois MDR ^^

Gros bisous ^^


Skorpan 26/11/2009 01:20


J'ai dit au maximum six mois, mais cela peut être plus court. Pourquoi toujours penser au pire? ;-)

Mikaël... dopé ou pas dopé? Telle est la question! XD Bah, vous verrez bien. Essaie de trouver quelques indices disant qu'il est dopé, ou pas, et qui le serait, etc. Même si j'en ai pas laissé
beaucoup, il est vrai. ^^' Et Sonia... elle est folle, ça c'est clair! XD Après, va-t-elle agir ou pas? Je ne peux dire, je ne suis pas dans sa tête. (je suis dans la tête de l'auteur, mais c'est
pô grave! ^^)

Et la prochaine fois sera lundi prochain, puisque j'ai encore une ou deux suites à publier. J'ai annoncé ça maintenant pour vour préparer psychologiquement. :-p

Bisous


Merlin 25/11/2009 13:46


je sais juste rétrécir les objets alors que peut-être si je rétrécis une horloge nationale... =D j'essayerai


Skorpan 26/11/2009 01:16


Essaie, essaie, on verra bien ce qui se passe! :-p


Merlin 24/11/2009 13:41


T_T je te hais ! je te hais je te déteste ! tu es la seule personne que je lis qui postait régulièrement, mais là si tu ne mets la suite que dans SIX MOIS j'aurais plus rien à lire ! comment tu
peux faire çaaaaaaaaaaaaahaha (sanglots). J'adore vraiment cette histoire en plus. Méchante !


Skorpan 24/11/2009 15:04


Bah je posterai autre chose en attendant. Et j'ai dit que ça allait prendre tout au plus six mois, et cela parce que je veux bien m'avancer pour pouvoir de nouveau poster régulièrement. ;-) Donc,
en fait, si tu y réfléchis, je suis gentille! =D XD

*tend un mouchoir à Merlin puis lui chuchote quelques mots*

En plus si ça se trouve, tu as un sort pour accélérer le temps, parmi toutes tes formules. ^^

Bisous


Så Här Är Det!

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  • Nangilima
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En värld där du kan bli den du vill, bara du följer ditt hjärta...


Les textes publiés sur ce blog sont de ma propre invention et sont écrits par moi, à moins que le contraire ne soit précisé en début d'article. Je vous demanderai donc de respecter mon travail et de ne pas plagier mes écrits.
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Les mineurs et tous ceux que ça dérange, vous connaissez la sortie: la petite croix rouge.
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Sökande

"Un écrivain ne confie tout ni à ses journaux intimes, ni à sa correspondance;
seules ses créatures racontent sa véritable histoire, celle qu'il n'a pas vécue, mais a souhaité vivre."

François Mauriac 

Andra saker ni kan se

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