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30 novembre 2009 1 30 /11 /novembre /2009 19:41
Voilà l'avant-dernière suite de "Crampons et autres fantaisies hippiques" avant son arrêt temporaire.

Pour ceux qui ont eu la curiosité, et le temps, de lire les récits de Tanagre (dont le lien est à droite), vous retrouverez dans cette suite un hommage à l'un de ses personnages, son blond de musicien. *o* D'ailleurs, l'image d'en-tête fait partie de la série de photos que j'avais faite pour illustrer ce personnage. Elle ne fait pas partie des photos qu'on a retenues avec l'auteur, mais je l'aime bien quand même. Et j'ai évidemment l'accord du modèle. ^^

Bonne lecture! =D







     Du jazz filtrait au travers de la porte d'entrée de l'appartement jusque sur le palier et Mikaël se souvint avec amusement du message que Peter lui avait laissé sur son répondeur, en tout début d'après-midi.

"Salut Mikaël! C'est moi. C'était pour te proposer de venir dîner à l'appart' ce soir. Ca sera un petit truc fait maison, enfin si j'ai le temps, parce que sinon, ça sera du commandé, le tout dans une ambiance rock... ou jazz... ou rock... Merde! J'ai encore oublié de te demander ce que t'aimais comme musique... Stefen! Dis-moi, tu penses que c'est quoi le mieux pour un dîner? Musique rock ou jazz? ... Oui, c'est pour ce soir avec tu-sais-qui. ... Oui, je m'attache aux détails, parce que j'ai envie que ce soit bien fait. ... Comment ça t'en as rien à foutre et je dois me démerder tout seul! Ami ingrat, va! ... Oh meeeerde, j'ai oublié de cacher le micro... Euh, donc je disais Mikaël, petit dîner ce soir à l'appart' dans une ambiance musicale, je déciderai plus tard si ça sera rock ou jazz. J'espère que tu peux venir, et même rester jusqu'à demain. Bisous. Rappelle-moi si tu peux pas, j'ai vraiment envie de te voir. Bisous."

Il s'était rendu compte en venant qu'il avait oublié de le rappeler, trop occupé par tout ce qu'il avait à faire, et que coup du sort, il avait oublié son portable dans sa chambre. Ayant déjà atteint sa première correspondance, l'idée de revenir sur ses pas lui avait effleuré l'esprit pour en repartir aussitôt. Alors il espérait que Peter ne prenne pas mal son silence, et qu'il avait bien préparé un dîner pour deux. Remettant en place quelques plis de sa veste beige en lin sur son T-shirt tilleul, nettement plus près du corps que ses T-shirts habituels, il souffla un bon coup et se décida enfin à appuyer sur la sonnette, signalant ainsi sa présence. Il entendit quelques pas dans l'appartement et précipitamment il jeta un dernier coup d'œil à son jeans noir, vérifiant qu'aucune tâche n'avait eu l'idée d'y faire son apparition depuis la dernière vérification, en bas de l'immeuble.Un cliquetis caractéristique, et la porte s'ouvrit. Timide comme il l'était rarement, et ne sachant pas quoi faire de ses deux mains, Mikaël trouva une occupation pour au moins l'une d'entre elles et la passa dans ses cheveux bruns en désordre. Il leva alors les yeux sur Peter, sur son sourire immense et ses yeux pétillants de joie, qui firent disparaître toute trace de gêne pour ne laisser la place qu'à un bien-être certain.

-Salut... Je sais que j'ai oublié de te téléphoner. Tu m'en veux pas trop j'espère.
-T'es fou! T'es là, c'est tout ce qui compte. Allez viens, entre!

Mikaël ne se fit pas prier et franchit le pas de la porte. Mais aussitôt que celle-ci fut refermée, il fut plaqué contre le mur par son petit ami et ses lèvres furent happées dans un baiser révélateur du manque ressenti. Puis elles furent relâchées, le désir apaisé momentanément. Peter recula un peu la tête et regarda son homme avec tendresse: Dieu qu'il lui avait manqué depuis dimanche matin!

-Bonsoir mon chéri, murmura-t-il avec émotion.
-Mikaël, corrigea le cavalier.
-Peter, répondit l'inspecteur, avec un sourire.

Mikaël leva les yeux, mélange d'exaspération et d'amusement devant l'incompréhension de son blond de copain, puis les posa dans ses yeux verts. Dans ses magnifiques yeux verts aux reflets changeants, où il se perdit l'espace de quelques secondes. Avant de reprendre conscience et d'initier un nouveau baiser, plus doux, plus sensible, où plus que le manque, l'amour et la tendresse transparaissaient. Puis Mikaël passa ses mains dans son dos et rapprocha leurs torses avant d'enfouir sa tête dans le creux de son cou.

-Putain, ça fait du bien, murmura-t-il contre sa peau.

Peter, à ces mots, l'enlaça à son tour, comme pour approuver ses dires, et apposa un baiser tranquille à la base de son cou.

-Alors finalement, tu as opté pour l'option jazz? continua Mikaël, expirant toujours contre sa peau.
-Oui, j'en avais envie en fait. Un peu trop de rock pour moi ces derniers temps.
-Et c'est qui? Je ne reconnais pas... Ceci dit, je n'y connais pas grand chose en musique...
-Quoi? Tu es inculte en musique? s'exclama Peter, outré. Va falloir remédier à ça au plus vite!
-Eh! J'ai dit que j'y connaissais pas grand chose, pas que j'étais inculte, protesta-t-il en quittant le cou de son amant. Not the same thing! Et alors, c'est qui qui joue là?
-Un sax' français, j'ai oublié son nom. De toute façon, les français ont tous des noms à coucher dehors, plaisanta-t-il.
-Espèce de francophobe va! rigola Mikaël en retour. Alors, il est où l'album de ce mangeur de grenouille, que je sache à quoi il ressemble?
-Sur la chaîne hi-fi.

Mikaël le remercia d'un sourire et partit vers le salon, tandis que Peter se dirigeait vers la cuisine US, pour lancer la cuisson des différents plats de son dîner.

-Eh! Mais en fait il est vachement mignon! s'écria Mikaël, le CD entre les mains.

Peter tourna vivement la tête pour voir de qui parlait son petit ami, puis lâcha la cuillère à soupe qu'il tenait à la main pour aller le rejoindre aussitôt.

-Qui est vachement mignon? questionna-t-il, une pointe de jalousie perçant dans sa voix.

Il arriva derrière Mikaël et se colla à son dos, l'enlaçant fermement par la taille.

-Mais lui, là, le sax' français qu'on est en train d'écouter.

Sur la pochette qu'agitait Mikaël, on pouvait voir un jeune homme blond, appuyé nonchalamment contre un mur de pierre, typique de certains immeubles parisiens, un saxophone dans les mains, le tout photographié en plan américain. L'ensemble donnait une impression de vie et de chaleur très agréables, en accord avec la musique de l'album.

-Regarde, il est super bien foutu, et il a une de ces chute de reins! En plus il est blond! Avec de jolies boucles. Dommage qu'on ne puisse pas voir ses yeux.

Peter, à l'annonce de chacune des qualités du musicien, resserra sa prise autour des hanches de son homme, comme s'il craignait qu'un inconnu au nom à coucher dehors puisse ravir le cœur de Mikaël uniquement par son physique. Et pendant ce temps, innocent, ou presque, Mikaël continuait de chercher le nom du saxophoniste, celui-ci n'étant pas écrit clairement sur la première page.

-Alors alors... ça c'est les chansons, pas intéressant... Et puis ça... ça doit être les remerciements, on s'en fout. Ah! Alors... producteur... non, c'est pas ça. C'est peut-être ça alors... Compositeur... Ouais, c'est ça! Hé! Qu'est-ce que tu fous? Peter!

Le blond, jaloux de l'autre blond couché sur du papier glacé, avait arraché le CD des mains de son amant sans lui laisser le
temps de lire le nom recherché. Puis il le retourna brusquement face à lui, et passant ses mains dans son cou, l'embrassa avec force. Mikaël, d'abord surpris par ce revirement de situation, finit par en sourire à travers leur baiser et calma les inquiétudes de son compagnon avec quelques caresses tendres.

-Serais-tu jaloux, Peter?
-Et alors? rétorqua celui-ci, ne pouvant démentir son sentiment, pris sur le fait.
-Et alors, rien du tout, je constate, c'est tout. Mais rassure-toi, je préfère les blonds bien vivants, en chair et en os, situés à moins de cinquante centimètres de moi, plaisanta-t-il.

Peter le regarda avec des yeux ronds, ne comprenant pas où il voulait en venir. Mikaël souffla, puis sourit, et Peter, remué jusqu'au fond de son cœur par ces deux lèvres formant une si jolie courbe, comprit.

-T'es vraiment lent à la détente, toi parfois, commenta Mikaël désabusé, avant d'enchaîner sur un autre sujet beaucoup plus terre-à-terre. Alors, tu nous as préparé quoi comme petit dîner fait maison?
-Euh... Saumon et haricots verts, et en dessert, un gâteau au chocolat fait maison!
-Génial! Je mets la table et toi, tu retournes aux fourneaux, parce que je sens comme une petite odeur dans l'air.

Peter renifla une ou deux fois puis jura et se précipita en cuisine: le saumon venait de prendre un coup de chaud sur l'une de ses faces. Mikaël, quant à lui, rigolait doucement, estimant que lorsqu'ils étaient ensemble tous les deux, les risques que le dîner finisse carbonisé étaient beaucoup plus élevés que la normale. Se penchant par dessus le bar, il attrapa quelques grains de raisin frais de la grappe qui trainait par là, pour satisfaire une petite envie gourmande, puis contourna le meuble pour prendre une éponge. Il nettoya la table, puis installa assiettes, couverts et verres. Il s'appliqua même à disposer les serviettes de papier de façon élégante. Puis l'eau, le sel, le poivre et le pain firent leur apparition au centre de la table, et après quelques minutes, Peter servit les tranches de saumon tandis que Mikaël déposait la casserole de haricots verts sur le dessous de plat. Le repas put enfin commencer.

La conversation s'orienta d'abord sur le lieu d'origine du saumon, Mikaël soutenant que le saumon de Norvège était du saumon pêché en Norvège tandis que Peter était persuadé qu'il s'agissait d'une espèce norvégienne élevé dans de grands parcs à poissons sur les côtes américaines. Aucun des deux n'eut le courage d'aller rechercher le paquet d'emballage dans la poubelle pour savoir qui avait raison, et le débat se perdit entre quelques bouchées de ce fameux saumon. Ils en vinrent ensuite à parler, ils ne savaient trop comment, des JO qui s'étaient déroulés l'été 2008 à Pékin. Peter était outré qu'on ait pu laisser une telle dictature organiser les Jeux Olympiques, alors que Mikaël, embourbé dans ses propres problèmes à l'époque, n'avait pas pris position lors de la polémique. Mais il reconnaissait volontiers que le comité olympique avait mal joué la partie sur ce coup-là. Les promesses orales, disait-il, n'étaient que des paroles jetées en l'air. Et que même les engagements écrits, dans ces cas-là, ne valaient pas plus que du papier qu'on utilise pour faire un feu de camp. Seuls comptaient les actes. Et tandis qu'ils discutaient vivement de sujets plutôt sérieux, ce qui se passait sous la table était tout aussi sérieux, mais dans un genre totalement différent.

Dès le début du dîner, les pieds s'étaient mutuellement taquinés et au fur et à mesure du repas, ils étaient remontés du plus en plus. Peter, enhardi par sa nouvelle assurance depuis qu'il avait rompu avec Sonia, avait été le plus entreprenant. Après avoir longtemps caressé le mollet droit de Mikaël, il était venu cercler de caresses son genou, puis peu à peu, il s'était enfoncé de plus en plus loin, alors que Mikaël avait laissé tomber à mi-mollet, se laissant faire sous les caresses un peu maladroites parfois, et profitant égoïstement de son plaisir. A un moment donné, il rapprocha même sa chaise pour laisser plus de liberté à Peter, et celui-ci fit de même, pour être plus à l'aise. Quelques minutes plus tard, alors qu'on entendait les couverts racler les assiettes presque vides, Mikaël sentit le pied aventurier passer de l'intérieur de sa cuisse droite à son entrejambe et à y appliquer des caresses appuyées. Il sursauta à ce contact et faillit s'étrangler avec l'eau qu'il était en train de boire. Gêné, il se leva brusquement et déclara qu'il allait débarrasser, pour qu'ils passent au dessert préparé spécialement par Peter. Celui-ci se leva à son tour et s'approchant de Mikaël, lui colla un chaste baiser sur les lèvres.

-Rassis-toi, je m'occupe de tout.
-Mais... tenta-t-il de protester.
-Pas de mais. On doit toujours écouter le maître de maison.

Sur ces entrefaites, Peter ramassa les deux assiettes, le sel, le poivre et le pain, et amena le tout à la cuisine. Il revint deux minutes plus tard, un pot de glace à la vanille à la main, qu'il déposa sur la table.

-J'espère que t'aimes ça. Je savais pas trop ce que tu préférais comme goût, donc j'ai tapé dans les basiques.
-C'est parfait, Peter. T'en fais pas pour ça.
-Tant mieux, sourit-il, avant de déposer un nouveau baiser sur ses lèvres et de repartir vers la cuisine.

Mikaël l'entendit trifouiller dans les placards, et le devina en train de préparer élégamment les parts de gâteaux au chocolat. Il ne comprenait pas pourquoi Peter en faisait autant pour lui, et spécialement ce soir-là, surtout qu'il aurait dû être avec Sonia, chez eux, dans leur vie de couple bien rangée en apparence. Mais il appréciait son geste, tout comme il appréciait ses avances explicites. Il avait également ressenti un certain manque, même s'il rechignait à le reconnaître, et sa gêne, fugace, avait totalement disparu. Il anticipait maintenant le reste de la soirée, et son esprit allait de ses suppositions lorsque Peter revint enfin de la cuisine avec le dessert.

-Tadaaa! Bon appétit! fit-il tout joyeux, en posant l'assiette devant lui.

Il s'installa ensuite à sa place, et attendit avec impatience et une boule au ventre la réaction de Mikaël. En effet, la part de gâteau de chocolat n'était pas venue seule. Une carte était aussi posée sur l'assiette, et à côté, un trousseau de clefs. Mikaël, étonné, fronça les sourcils et la boule au ventre de Peter se fit d'un coup plus lourde. L'excitation et la peur mêlées le faisaient trembler sans qu'il puisse se contrôler. Son pied tapait la cadence sur le sol, et il se mordit la lèvre inférieure lorsque le jeune homme en face de lui attrapa la carte et lut ce qu'il y avait écrit à l'intérieur.

Mikaël reconnut dans cette écriture pointue celle de Peter et lut avec surprise les quelques mots. "Veux-tu faire d'ici ton chez toi? Ton point d'attache?" Surpris par ce qui ressemblait étrangement à une déclaration d'amour, il lança un coup d'œil à l'auteur de la question et remarqua son état de stress. Alors il referma la carte et ouvrit la bouche pour lui donner sa réponse quant à sa possibilité d'installation dans l'appartement, puisque c'était de ça dont il s'agissait. Mais il la referma sans avoir prononcé un mot en remarquant ce qui ornait la première page de la carte. Un rapide croquis au fusain. Du salon de l'appartement. Non signé.

-Eh! C'est toi qui a dessiné ça? demanda-t-il finalement en désignant le croquis.
-Hein? Euh... oui, oui, c'est moi, balbutia Peter, ne s'étant pas préparé à une telle question.
-Waow! C'est super beau! T'es vraiment doué.
-Bah, à l'école de police, on nous apprend à croquer les scènes de crime, alors voilà.
-Arrête de faire ton modeste! rigola Mikaël. Ca c'est du fusain, pas du crayon de papier. Et c'est pas une technique facile à acquérir, surtout quand c'est aussi bien fait. Et ne proteste pas, je le sais! Elin, la petite sœur de My, fait pas mal de dessin et elle m'avait expliqué.
-Ok, ok, je rends les armes, annonça Peter en levant les deux mains, comme s'il était arrêté. C'est vrai que je dessine un peu de temps en temps, mais ça fait longtemps que j'avais rien fait, ou presque.
-Pourquoi?
-Manque de temps surtout, expliqua-t-il. Et puis, je faisais essentiellement de la peinture à l'huile, et Sonia ne supportait pas l'odeur.
-Ah...
-Mais si l'odeur ne te gêne pas, j'ai bien envie de recommencer. J'avais imaginé de mettre le chevalier là, à côté de la fenêtre, et d'installer un petit meuble pour poser tout mon barda. Et puis de mettre un genre de bâche au sol, pour ne pas tâcher le parquet.

Mikaël le regarda, émerveillé par l'enthousiasme dont il faisait preuve, et se faisant la réflexion que lui aussi devait ressembler à ça, lorsqu'il parlait de cheval.

-Mais tu fais ce que tu veux, c'est ton appart', fit-il d'un ton doux.
-Justement! reprit Peter, parti sur sa lancée. J'aimerais que ça devienne aussi ton appart'. Bon je sais que sur les papiers, c'est compliqué, mais dans la vie de tous les jours, je voudrais que tu puisses considérer ça comme ton appart', celui où tu te poses quand t'es fatigué ou que t'en as trop marre, et que tu as besoin de te reposer et de te couper du monde. Je sais que je t'en demande beaucoup, et si tu ne veux pas t'installer tout de suite, je comprendrais. Tu peux faire ça peu à peu, venir dormir ici de temps en temps, aller et venir comme tu veux. C'est pour ça que je t'ai donné un double des clefs, pour que tu puisses venir même quand je ne suis pas là. Je sais aussi que tu veux pas loger quelque part tant que tu paies pas un loyer. J'y ai réfléchi, parce que y'a pas de loyer vu que je suis proprio, et si ça te gêne tant que ça, on peut partager les charges. Elles sont pas très élevées, surtout si on divise par deux. Donc je pense que ça te reviendra moins cher que ta chambre au club. Bon d'un autre côté, il y a aussi le trajet à prendre en compte. Je crois me souvenir que tu mets environ une heure pour aller au club d'ici, alors que moi je mets à peine un quart d'heure. C'est pas juste, mais je trouverais ça con que tu refuses juste pour ça. Alors de temps en temps, je pourrais t'emmener le matin, ça ira plus vite. Parce que tu vois, j'ai vraiment très très envie que tu emménages ici. Pas parce que je trouve que c'est pas bien que tu vives au club, mais juste parce que je...

Le rire clair et franc de Mikaël l'interrompit dans son monologue et il le regarda avec des yeux incertains.

-C'est bon, calme-toi, j'ai compris que tu voulais que je vive ici. Et t'as déjà pensé à tout, l'argent, le trajet, etc, etc. Pour l'argent, ça me va si on partage les charges. Et pour le trajet, ne t'en fais pas va, je suis un grand garçon, deux heures de transport par jour ne vont pas me tuer. Mais avant de te donner ma réponse, je voudrais savoir deux choses.

Peter acquiesça vivement, prêt à se plier à la moindre exigence de Mikaël pour lui permettre d'être certain de sa réponse, pour que, de préférence, celle-ci soit positive.

-Alors, d'abord, comment tu comptes gérer ça avec ton boulot?
-Comment ça?
-Euh... je sais qu'on en parle pas beaucoup, voire même pas du tout, mais on est quand même inspecteur et suspect, en pratique, rappela à regret Mikaël, étonné que Peter ait oublié.
-Je sais, mais ne t'inquiète pas pour ça, va, je gère, le rassura-t-il d'un ton doux.
-Oui, mais même. Je me pose des questions moi! Quand on enquête sur moi, y'a quand même pas mal de chances qu'ils viennent fouiller l'endroit où je vis. D'ailleurs, on a déjà fouillé ma chambre au club. Alors si je leur dis que j'ai changé d'endroit, puisque je suis obligé de signaler tout changement d'adresse comme ils disent, ils vont venir fouiller aussi ici. Et aux dernières nouvelles, ici, c'est ton appart', et ça, ils peuvent pas passer à côté!
-Je te dis que ça va aller, alors fais-moi confiance, répéta Peter, espérant apaiser les craintes de son petit ami par ces quelques paroles vagues.

Mais ce fut vain car Mikaël s'entêta pour tout savoir, estimant que, puisqu'il était concerné au plus haut degré, il en avait le droit. Et même si jamais il n'usa de l'argument de confiance au sein d'un couple, Peter finit par céder devant la tête de mule qu'il avait en face de lui.

-Bon, alors écoute-moi bien, et ne répète ça à personne.
-Evidemment, je suis chiant, mais pas con, quand même.

Peter sourit devant cette réplique et sa mine boudeuse puis enchaîna sans attendre.

-Alors, si jamais tu viens t'installer définitivement ici, tu vas déclarer ton changement d'adresse en donnant cette adresse là comme la tienne. On va mettre ton nom sur la sonnette et sur la boîte aux lettres, à la place du mien. Par contre, ne donne pas le numéro de téléphone. Normalement,ton portable devrait nous suffire. Et moi, je vais changer d'adresse au commissariat, en déclarant celle de mes parents. A priori, je devrais pouvoir faire ça assez discrètement. En plus, comme j'ai jamais dit, à part à Stefen, que j'avais cet appart', ça devrait pas poser de problème.
-Attends, l'interrompit Mikaël, ne comprenant pas toute la démarche, pourquoi tu devrais dire que t'habites chez tes parents? Tu as déjà...
-T'occupes, l'interrompit à son tour Peter. Je t'expliquerai plus tard. Et donc pour en revenir à l'appart', si jamais il devait y avoir une perquisition, on devrait être prévenus suffisamment tôt pour pouvoir s'organiser, et faire en sorte que ce soit l'appart' d'un célibataire, et non celui d'un couple. Est-ce que tu es plus rassuré maintenant?

Mikaël hocha lentement la tête, réfléchissant à quelle faille il pourrait trouver, à quelle autre question il pourrait poser. Il allait renoncer quand soudain, cela frappa son esprit de plein fouet.

-C'est p't-être con comme question, mais vous êtes pas mal sur cette grosse affaire, alors comment tu peux être sûr que tu seras prévenu avant qu'on ne fasse la perquisition ici? Je veux dire, vous devez sûrement pas vous communiquer toutes les infos à tout moment, sinon vous vous en sortiriez plus.
-T'en fais pas, on sera au courant, répondit-il de façon floue, refusant d'être trop précis, mais cela ne plut pas au cavalier.
-Peter... Fais pas ta tête de con, et dis-moi.

Peter hésita, tripota de sa cuillère sa part de gâteau au chocolat, souffla un bon coup et se décida.

-C'est Stefen qui est en charge de ton dossier. Donc s'il doit y avoir une perquisition, c'est lui qui la décide, ou du moins, c'est par lui que ça passe. Et je serai au courant, vu qu'on bosse ensemble et qu'il m'a promis de nous aider.

La nouvelle fit un véritable choc à Mikaël qui resta quelques secondes comme paralysé. Peu à peu, il reprit ses esprits, et passant la main dans ses cheveux comme pour essayer de mettre un peu d'ordre dans ses idées, il balbutia des paroles confuses et inquiètes. Pour mettre un terme à ses divagations anxieuses, Peter déclara d'un ton ferme et sans appel.

-C'était ce qu'il y avait de plus sûr. Comme ça on contrôle à peu près tout ce qui te concerne, et on peut réagir à temps, en cas de perquisition par exemple.

Et il passa sous silence qu'il était prêt à lâcher ce qui se présentait comme une des plus grosses affaires de sa carrière, si jamais les choses se compliquaient. Prêt à démissionner aussi. Rien ne servait de l'inquiéter maintenant, se dit-il, ni de subir sa colère, parce qu'il savait que Mikaël serait ulcéré par les sacrifices qu'il envisageait déjà. Car lui-même ne serait jamais capable d'autant, et Peter le savait, et ne lui en voulait pas. Au contraire. S'il était prêt à sacrifier autant, c'était pour que Mikaël puisse continuer à vivre sa passion. Qu'il puisse continuer à vivre, tout simplement. En effet, si Peter n'avait pas un besoin impérieux d'être inspecteur pour vivre, hormis pour le côté financier, il n'en était pas de même pour Mikaël: il ne pouvait vivre sans l'équitation, et on pouvait presque dire que l'équitation ne pouvait vivre sans lui, tellement son passage en pro avait redonné un coup de fouet au monde hippique.

L'inspecteur, ayant l'habitude d'annoncer des nouvelles assez dures, laissa quelques minutes au cavalier pour s'en remettre, puis il attaqua sur un autre sujet. Histoire d'attirer les préoccupations de leurs esprits sur quelque chose de complètement différent, et peut-être de plus agréable, alors qu'ils étaient toujours un peu angoissés par cette épée de Damoclès suspendue au-dessus de leurs têtes.

-Et sinon, cette deuxième question, c'était quoi?
-Hein?
-T'as bien dit que tu voulais savoir deux choses, nan?

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commentaires

raf 06/12/2009 22:47


Ah oui finir comme ça est bien sadique comme il faut!
Il prend pas mal de risques là, Peter
tres bon chapitre en tout cas.


Skorpan 07/12/2009 01:01


Thanks, ma chère! :-)

Et comme on dit: qui ne risque rien n'a rien, et Peter l'a très bien compris. ^^


Lilie 03/12/2009 17:47


AHHHHHHHHHHHHHH pourquoi tu as arrêtée là T___T *snif snif* MDR ^^
Et bien que dire ? Encore un superbe chapitre qui nous laisse sur notre fin et nous donne plus qu'envie de voir arriver une suite =D
Alors un gros merci et à la prochaine fois ^^


Skorpan 04/12/2009 02:41


Bah, parce que ça faisait monter le suspens, quelle question! =D Je ne l'avais pas beaucoup fait jusqu'à présent, donc je peux bien le faire une fois. *niark*

Merci à toi, et à lundi! *pour de nouvelles aventures!* *schbaf* XD


Merlin 01/12/2009 17:29


dediou ! c'est quoi cette fin de chapitre ? le prochain a intérêt à reprendre à cet endroit hein ! pas d'ellipse, pitié !


Skorpan 01/12/2009 17:59


Eh! Je sais que je suis sadique, mais quand même! Il me faut un minimum de cohérence à mon histoire! XD Donc, oui, sois rassurée, cela reprendra à cet endroit-là précis. ;-)


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