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18 avril 2010 7 18 /04 /avril /2010 23:15


Et de nouveau à l'heure! =D Je m'étonne moi-même, surtout qu'aujourd'hui, c'était tendu. Mais que ne ferais-je pas pour vous? :-p

Alors voilà une suite relativement longue, et j'espère qu'elle va vous plaire. Ca me consolera de l'élimination de tout à l'heure sur le 3ème obstacle du cross.


Bonne lecture! =D

 

 

 

Ballots-de-paille.jpg

 

 

     Le reste de la journée se passa sans accroc majeur mais l'incident des écuries avait marqué les deux amants bien plus qu'ils ne voulaient le reconnaître. Peter savait Mikaël possessif avec ses chevaux: il le lui avait dit. Mais la violence de sa réaction l'avait réellement surpris. Même avec lui, lorsqu'il avait fait montre d'un peu de sa possessivité, cela avait été plus de la provocation mélangée à de l'insolence que de l'agressivité. Et puis il était inquiet aussi pour son compagnon. Inquiet des conséquences que cette petite bagarre aurait sur son dossier dans l'enquête. Et inquiet de savoir comment il allait s'en sortir sans coach. Il se doutait que comme dans tous les sports, il pouvait s'auto-coacher, mais là se posait aussi le problème des chevaux. Seul Jéricho était à lui. Les autres appartenaient pour la plupart à des propriétaires, qui refuseraient peut-être de les lui confier s'il n'avait plus d'entraîneur.

 

Quant à Mikaël, il avait plus ou moins prévu ce clash avec Ed. Il savait déjà qu'il n'allait pas renouveler son contrat avec lui, mais plutôt avec le coach de My, Charlie, qu'il appréciait et qui était plus doux, autant dans ses façons de faire que dans ses exigences. Ed attendait beaucoup trop de lui, et lui mettait une pression énorme sur les épaules, ce qui peu à peu le mettait à bout. C'était d'ailleurs l'une des raisons qui l'avaient poussé à aller s'installer chez Peter: ainsi, il n'aurait plus à entendre son coach lui répéter ses conseils toute la soirée.

 

De plus, si Ed attendait beaucoup de ses cavaliers, cela ne semblait pas valoir pour lui-même, vu qu'il avait déjà fait plusieurs erreurs concernant leurs entraînements ou leurs engagements. Le non-engagement de Jéricho à la dernière minute sur ce CSO avait été la goutte d'eau qui avait fait déborder un vase déjà trop plein de ressentiments et de colère. D'ailleurs, le contenu du vase ne cessait de couler et Mikaël n'arrivait pas à se calmer. Chris, Ed et Jéricho, ça faisait un peu trop pour une seule journée.

 

De mauvaise humeur, il quitta donc le club-house, où il avait dîné silencieusement avec My et William. Il s'éloigna en direction du grand hangar où tous les ballots de paille étaient rangés. Arrivé là-bas, il monta dessus, le plus haut possible, et se trouva un petit coin à l'abri des regards indiscrets. Une petite surface de six ballots de paille entourée presque de toutes parts par une hauteur de deux à trois ballots. Une véritable petite cabane. Il s'assit dos à l'un des ballots et appela Peter. La première sonnerie mit du temps à se faire entendre et Mikaël pria pour que les deux barres de réseau qu'il avait ne disparaissent pas pendant la communication.


-Allô?

 

Entendre la voix de Peter lui fit un bien fou, et un sourire étira ses lèvres.

 

-Salut, c'est moi. T'es où?
-Au Bed&Breakfast qu'on a réservé avec Stefen. On est en train de dîner.
-Un Bed&Breakfast? Et beh dis donc, tu te fais plaisir toi.
-Notre service n'a malheureusement pas eu l'intelligence de prévoir un endroit où dormir pour tous ses policiers. Donc c'est à nous de tout organiser, et vu qu'on s'y est pris un peu tard, il ne restait plus de place dans les hôtels.

 

Mikaël rigola devant la justification de Peter.

 

-Détends toi, ce n'était pas un reproche. Est-ce que tu peux t'éclipser quelques heures?
-Ouais, je peux. Y'a que Stefen et moi comme inspecteurs ici.
-Tant mieux. Tu vois où est le hangar à paille dans le club?
-Ouais, il me semble. Le grand truc calé entre le petit manège et les prés?
-C'est ça. Donc tu viens là-bas, tu montes sans te faire voir sur les ballots de paille et tu me retrouves en haut.
-Ok, à tout de suite!

 

Les deux amants raccrochèrent et c'est avec un sourire enfantin que Peter rejoignit Stefen dans la salle à manger. Son collègue sut alors immédiatement qui avait appelé et après avoir compris où ils devaient se rejoindre, lui donna en riant sa bénédiction. Il était quasi-certain que personne n'irait les chercher là-bas. Peter, soulagé de la confiance de Stefen, se prépara à partir, un pull à la main et quelques muffins dans un sachet de papier, en guise de dessert. Il promit à son ami de revenir avant le petit déjeuner, et celui-ci lui fit nonchalant.

 

-Comme tu veux. Mais fais gaffe Peter, le matelas de paille, c'est bien, mais ça pique. Surtout pour une première fois, ajouta-t-il à son oreille.

 

Saisissant l'allusion, le jeune inspecteur rougit jusqu'aux oreilles et balbutia quelques contestations, comme quoi Mikaël devait être fatigué et qu'il avait beaucoup à faire le lendemain. Puis il partit définitivement. Une bonne vingtaine de minutes de marche plus tard, il se trouvait devant le hangar et regardait avec circonspection les ballots de paille. Ils n'étaient pas particulièrement petits, et la plus petite hauteur existante était de cinq ballots empilés. Soit plus grand que lui. Il allait devoir faire un peu de sport.

 

Le pull noué autour des hanches et le sachet de muffins coincé entre ses dents, il s'agrippa aux ficelles et à tous les interstices qu'il trouvait et commença à monter, craignant toujours que l'un des ballots lui tombe dessus. Arrivé en haut des cinq ballots, il s'aperçut qu'il n'était pas sorti de l'auberge: d'autres ballots se dressaient devant lui, il n'y avait aucune trace de Mikaël et le sommet était encore loin. Après encore une petite dizaine de minutes à grimper et à descendre des ballots de paille, il trouva enfin Mikaël, assis tranquillement dans un petit coin, caché aux yeux de tous. Il sauta à ses côtés, et l'admira pendant quelques secondes. L'ayant entendu arriver, le cavalier releva la tête et lui sourit.

 

-Eh bien, tu en as mis du temps à arriver, beau blond.
-C'était parce que t'étais bien planqué, beau brun, répliqua-t-il en tombant à genoux entre ses jambes.


Il passa ses mains sur la nuque de Mikaël et l'embrassa doucement, à plusieurs reprises. Puis il se retourna et s'adossa à son torse. Il attrapa ses mains et les croisa sur son propre ventre, avant de les caresser, l'esprit un peu absent. Le plus jeune constata une fois de plus cette attitude un peu étrange que son compagnon avait depuis le début de la semaine, et pour une fois, il décida de faire face. Cela n'avait que trop duré.

 

-Peter... Est-ce que tout va bien?

 

L'autre mit du temps à répondre et sa voix était trop faible, trop hésitante, pour qu'ils y croient tous deux.

 

-Peter, je ne veux pas de ces petits mensonges, soit-disant pour préserver l'autre. On doit déjà suffisamment mentir dans la vie de tous les jours, autour de nous, pour permettre à notre couple de vivre. Alors s'il te plaît, n'introduis pas de mensonge entre nous. C'est bien toi qui me demandais de me faire un peu plus confiance? De nous faire un peu plus confiance, non? J'essaie, alors fais-le toi aussi.

 

Peter était touché par le petit discours qui venait d'être tenu: il visait en plein dans le mille. D'un autre côté, Mikaël ne pouvait pas non plus se targuer d'être complètement honnête avec lui, au vu de tout ce qu'il cachait encore. Mais Peter ne pourrait pas avancer cela comme argument, jamais. Car c'était bien trop bas.

 

-Bien sûr, je ne te demande pas de tout me dire, continua Mikaël, voyant que Peter n'était pas totalement convaincu. On a chacun ses parts d'ombre, ses petits secrets, qu'on préfère garder pour soi. Moi, j'en ai beaucoup, beaucoup trop même je crois. Et je ne me sens pas prêt pour y repenser. Mais ce n'est pas pour autant que je vais inventer des histoires pour te rassurer. Si un jour on vient à parler de ça, je te dirais juste que je regrette beaucoup de choses que j'ai faites, mais que je ne peux rien y changer maintenant. Alors j'essaie d'avancer tant bien que mal. Et je dois dire que depuis ma rencontre avec toi, même si ma vie semble beaucoup plus compliquée, paradoxalement, je me sens mieux. Je fais moins de cauchemars, j'ai un peu moins peur. J'entrevois l'avenir autrement que comme une répétition de ces dernières années.

 

Mikaël embrassa ses cheveux blonds et Peter frissonna. Le cavalier avait intuitivement compris que son amant avait besoin d'être rassuré, de savoir qu'il était là pour lui, qu'il ne le lâcherait pas du jour au lendemain. Et quoi de mieux que de se livrer un peu à lui, pour soulager ses craintes. Et solidifier leur relation, car Mikaël commençait à y croire de plus en plus. A voir Peter un peu absent, un peu préoccupé, toute la semaine, il en avait ressenti de l'inquiétude. Mais il n'avait pas su comment y faire face, jusqu'à ce soir. Etonnamment, alors qu'il pensait que parler de lui allait être douloureux, comme lorsqu'il avait raconté à propos de son frère, il se sentait maintenant étrangement apaisé.

 

-Ca va mieux? demanda-t-il.
-Oui... Merci.
-Pas de quoi.

 

Il embrassa à nouveau ses cheveux blonds et Peter lui proposa un muffin, qu'il accepta volontiers.Peter en prit un aussi, et commença à dévoiler un peu ce qui l'avait tracassé toute la semaine.

 

-Je crois que je suis terrifié, Mikaël, avoua-t-il.

 

Il fit une pause pour rassembler une dernière fois ses idées, et Mikaël ne dit rien, le laissant aller à son rythme.

 

-Lundi, le chef a su que tu avais déménagé, donc avec Stefen, on a dû fouiller l'appartement... Enfin, c'est plutôt Stefen qui a fouillé, moi je savais qu'on ne trouverait rien. Mais ça m'a fait réaliser à quel point la limite entre mon travail et ma vie avec toi est mince. J'ai l'impression d'être un funambule. Pour l'instant, ça va à peu près: la corde est plutôt grosse et seulement à quelques mètres du sol. Mais plus le temps avance, plus la corde s'amincit et plus elle s'élève dans les airs. Et tout au bout de la corde, je te vois toi, qui m'attends.

 

Peter ne lui avait pas tout dit. Il ne voulait pas lui parler de son passé: comme il l'avait dit lui-même quelques minutes plus tôt, Mikaël n'était pas prêt. Mais au moins, il lui avait révélé ses sentiments, ses peurs, et c'était le plus important, pensait-il.

 

-Tu sais, lui dit Mikaël doucement. Tu n'es pas seul sur cette corde. Je suis avec toi. On est tous les deux ensemble, sur cette corde, à tenir en équilibre. Et tu sais pourquoi c'est bien?

 

Peter secoua la tête.

 

-Parce que comme ça, si l'un tombe, l'autre le rattrape. Et à tout moment, on peut se soutenir mutuellement.

 

Quelques mots, deux phrases. Il n'avait fallu que ça à Mikaël pour redonner confiance à Peter. Pour lui rappeler qu'il n'était pas seul. Pour chasser ses peurs et ramener un sourire sur ses lèvres.

 

-J'espère que t'as un bon équilibre, parce que je risque de tomber souvent. Pas habitué à marcher sur une corde, moi.
-Le meilleur équilibre du monde! s'exclama Mikaël. Je tombe pas souvent de cheval, parce que j'ai une très bonne assiette. Et quand je commence à tomber, j'arrive en général à me rattraper avant de toucher le sol.
-Ah ouais? Parce que moi, je t'ai quand même vu tomber deux fois en quelques mois, le titilla Peter.
-Quand ça? demanda-t-il, car il ne se souvenait plus: les chutes, bien que très instructives, étaient rapidement reléguées au fond de son esprit.
-Quand tu t'es tordu la cheville, et au concours, avec Spunk. T'avais passé la ligne d'arrivée alors que t'étais à moitié par terre. Tout le monde avait rigolé.
-Ah oui! Je me souviens maintenant. D'ailleurs, y'a un des photographes du concours qui s'est amusé à mitrailler ma chute. My m'a montré les photos sur son site internet. C'est vraiment très drôle. On dirait un petit film au ralenti, et j'ai l'air ridicule dessus, rit-il.
-Tu me montreras? demanda Peter, un grand sourire aux lèvres.
-Quand tu veux. Faudra juste que je redemande l'adresse du site à My.

 

Un silence apaisé retomba entre eux pendant quelques minutes, avant que Mikaël ne reprenne la parole.

 

-Au fait, je vais probablement rentrer un peu plus tard un jour de la semaine prochaine.
-D'accord, accepta Peter sans pour autant taire sa curiosité. Pourquoi?
-Je vais passer chez mes parents. Ma mère veut absolument que je la tienne au courant de ce qu'il se passe dans mon boulot. Je me demande bien à quoi ça lui sert, vu qu'elle n'y comprend rien.
-Probablement à se dire qu'elle te connaît encore un peu. C'est quand même assez dur de voir son fils s'éloigner et de tout ignorer de ce qu'il a fait de sa vie.
-Hum... Tu dois avoir raison.
-J'ai toujours raison! plaisanta-t-il.
-Ne jamais dire toujours, Peter. Jamais... Je crois que je vais faire d'une pierre deux coups, reprit-il après une petite pause.
-Comment ça?
-Je vais leur dire que je n'ai plus de coach, et que je vais probablement passer le reste de la saison sans. Ce qui va peut-être me poser quelques problèmes financiers, et que donc ils ne devront pas trop compter sur moi pour l'argent. Et en même temps, je vais leur dire que j'ai déménagé et que je vis avec toi. Enfin, pas avec toi-toi, mais avec un homme quoi. Et que c'est pas une colocation, vu qu'on a qu'une seule chambre et qu'un seul lit.

 

Peter fut surpris par la décision de Mikaël et voulut s'assurer de ses intentions.

 

-C'est une manière originale de le dire. Mais tu es sûr de vouloir le faire?
-Oui.
-Pourquoi?
-Je sais pas. Je sais pas pourquoi, mais j'ai envie qu'ils sachent. Peut-être que c'est juste pour les faire chier, en fait.
-Eh! protesta Peter, sachant que Mikaël ne faisait que se voiler la face en disant cela.
-Ok, c'est peut-être pas que pour ça... Y'a que My et Stefen, et son copain aussi, qui sont au courant pour nous deux, et ça me va comme ça. Ca nous permet de nous protéger. Et je sais que j'ai pas besoin de le crier au monde entier pour être bien avec toi...


Mikaël s'arrêta quelques secondes, s'embrouillant un peu dans les choses qu'il voulait dire.

 

-Mais d'un autre côté, j'ai l'impression qu'on n'existe pas vraiment. Oui, je sais, c'est très con, rajouta-t-il précipitamment. Mais j'ai l'impression que le fait que tout le monde me croit hétéro nie notre relation. Je sais pas si tu vois ce que je veux dire.
-Si, je crois que je vois...
-Alors je me suis dit que le dire à mes parents, ça serait déjà un grand pas dans la reconnaissance d'un nous par les autres, non?
-Bien sûr.
-Et comme je vais leur dire juste après que je leur ai dit que je n'ai plus de coach, ça fera deux engueulades en une seule, c'est bien.
-Ils vont t'engueuler, tu penses?
-Ca ne va pas leur faire particulièrement plaisir, ça, c'est sûr.

 

Peter attrapa ses mains et colla un baiser sur chaque paume, pour le rassurer et lui donner du courage. Il était certain qu'il n'en manquait pas, et qu'il ne se déroberait pas à sa décision par lâcheté, mais un peu plus de courage ne faisait jamais de mal. D'ailleurs, toute cette conversation lui en avait donné à lui aussi et il fit enfin part à Mikaël de la décision qu'il avait prise il y avait quelques semaines.

 

-Tu sais quoi, Mikaël?
-Non, mais je sens que tu vas me le dire, sourit-il.
-Je vais leur dire aussi, à mes parents.
-T'es pas obligé tu sais. C'est pas parce que moi je le fais que tu dois le faire.
-Je sais, mais moi aussi j'ai envie de le faire. J'ai déjà pris ma décision il y a un certain temps. Mais je ne voulais pas le faire avant toi, pour pas que tu te sentes pressuré par ça, avoua-t-il, le regardant en coin pour guetter sa réaction.

 

Mikaël fut étonné puis un sourire se dessina sur son visage.

 

-Tu es quelqu'un d'extraordinaire, et j'ai vraiment de la chance de t'avoir, tu le sais ça? déclara-t-il avant de l'embrasser sur la tempe.
-Et moi aussi j'ai beaucoup de chance de t'avoir. Tu te rends compte? Sans toi, à l'heure actuelle, je serais dans un lit avec une femme que j'aime seulement par habitude, à devoir me marier quelques mois plus tard.

 

Il allait parler des enfants qu'il aurait dû avoir avec Sonia mais se retint au dernier moment: évoquer quelque chose qu'il n'aurait probablement jamais, et parfois il le regrettait, n'était pas judicieux pour prouver la chance qu'il avait d'être avec Mikaël.

 

-La vie est bien plus passionnante avec toi. Beaucoup plus vivante.

 

Mikaël l'étreignit un peu plus fort contre lui et apposa quelques baisers dans son cou.

 

-Eh beh dis donc, je crois que c'est le soir des confessions ce soir.
-Hum... Je crois aussi.

 

Peter n'osa pas aller plus loin, pour ne pas effrayer son amant, et se contenta d'embrasser encore une fois ses mains. Ils restèrent ainsi, l'un contre l'autre et chacun dans ses pensées, à écouter la nuit passer, pendant de longues minutes, jusqu'à ce qu'un bruit bien connu sorte du ventre de Mikaël.

 

-Dis-moi, il te reste des muffins? demanda-t-il, rougissant un peu.
-Oui, tiens, rigola-t-il en lui tendant le sachet de papier, qui était devenu bien gras.

 

Mikaël plongea sa main dedans et en ressortit un muffin à la cannelle avec de l'amande pilé dessus. Il le contempla avec des yeux appréciateurs puis mordit généreusement dedans. Peter le regarda faire avec amusement.

 

-Espèce de gros gourmand, souffla-t-il.
-Gourmand, oui. Mais gros, je crois pas, corrigea-t-il tout en finissant d'avaler sa bouchée. A moins que tu trouves?

 

Il souleva un peu son T-shirt et se pinça la peau pour essayer d'évaluer la quantité de graisse qu'il avait dessous.

 

-Non, je ne trouve pas, déclara Peter en l'embrassant.
-Tant mieux. T'en veux? proposa Mikaël en lui mettant le muffin sous le nez.

 

Et devant cette proposition plus qu'alléchante, Peter ne se fit pas prier.

 

-Volontiers.

 

Il croqua dans le muffin et afficha un sourire gourmand devant le goût délicieux du gâteau. Puis, en ayant marre de devoir se tordre le cou pour pouvoir regarder son compagnon, il se retourna et s'assit sur ses cuisses, au plus près de lui. Il avala les derniers restes de muffin qu'il avait en bouche puis se jeta sur la bouche de son amant. Sur cette délicieuse bouche au goût de cannelle. Mikaël laissa la pâtisserie à moitié entamée seule sur la paille et répondit avec fougue au baiser, passant ses mains dans les cheveux blonds. Alors que l'excitation montait, il les triturait de plus en plus, et Peter, ses mains sur sa nuque et dans son dos, le rapprochait le plus possible de lui. Leurs lèvres ne se quittaient plus, de même que leurs langues, toujours plus avides l'une de l'autre. Leurs mains, dans la fièvre du moment, parcouraient frénétiquement le corps de l'autre. Rassurées de le sentir vibrer sous les caresses. De reconnaître ses frissons de plaisir. De ressentir la température monter entre eux. Et rassurées de voir que l'autre était là, tout simplement. Qu'il n'étaient pas seuls, mais deux.

 

Ils se retirèrent mutuellement les T-shirts, devenus plus encombrants qu'autre chose. Mais ils ne prêtèrent que peu d'attentions à leurs torses dénudés: leurs bouches, voraces, continuaient de s'embrasser. Peter, qui commençait à sentir quelques fourmis venir lui picoter ses jambes pliées, allongea Mikaël sur la paille, et se mit au-dessus de lui. Les avant-bras placés de chaque côté de la tête du cavalier, il continuait de l'embrasser, reprenant à peine son souffle, ne laissant aucun répit à son amant. Ce qui n'était pas pour lui déplaire. Encouragé par l'ardeur de Peter, Mikaël se montra un peu plus entreprenant que d'habitude. Du dos, ses mains passèrent sur le torse et descendirent rapidement jusqu'au niveau du jeans. Par chance, Peter ne portait aucune ceinture. Il n'eut qu'à défaire les quelques boutons métalliques de la braguette, chose difficile pour son esprit envahi par le baiser partagé avec son amant.

 

D'autant plus que ce même amant se montra impatient en commençant à donner quelques coups de reins. Mais à cœur vaillant, rien d'impossible, ainsi que le disait le dicton, et Mikaël finit par faire glisser le Levis sur les hanches de Peter. Celui-ci descendu à mi-cuisse, le plus âgé n'y tint plus, un peu fatigué aussi, et s'allongea complètement sur son compagnon. Il cala sa tête dans le creux de son cou et reprit sa respiration. Mikaël, bêtement heureux, caressait avec légèreté son dos, en attendant la suite. Mais comme la suite prenait tout son temps pour venir, il finit par glisser ses doigts sous le boxer de Peter et caressa ses fesses. Ses paumes épousaient bien le galbe arrondi du fessier et il en profitait allègrement. Jusqu'au moment où la voix de Peter s'éleva dans le silence campagnard, un peu rauque.

 

-J'ai envie de toi.
-Je sais, sourit Mikaël. Je le sens bien, crois-moi.
-J'ai vraiment envie de toi, insista-t-il.


Alors Mikaël comprit ce qu'il voulait dire. L'idée n'était pas déplaisante. Tentante même. Il y avait déjà pensé, plusieurs fois, et de plus en plus depuis qu'ils vivaient ensemble. Une légère angoisse, propre aux premières fois, s'insinua en lui, et il reconnut avec un mélange de plaisir et d'étonnement ce qu'il ressentait lors des quelques minutes avant la sonnerie de départ d'une épreuve. Il dit donc oui à Peter.

 

-Demain soir, à la maison.

 

Peter accueillit la nouvelle avec soulagement: il avait su dès le départ que cela ne se ferait pas immédiatement, car trop de choses reposaient sur le jeune homme le lendemain. Mais il avait craint un refus catégorique. A la place, il avait une proposition.

 

-D'accord.

 

Il l'embrassa au coin de la joue.

 

-Peter?
-Oui?
-On a bien dit que c'était le soir des confessions?
-Oui, pourquoi?
-Je crois que j'en ai encore une dernière à te faire.

 

Ils se regardèrent dans les yeux puis Mikaël mima sans un son sa dernière confidence. Sa première déclaration. Il ne se

sentait pas encore capable, pas encore le droit de le dire à voix haute, pas alors qu'il cachait encore tellement de choses à l'intérieur de lui. Mais il voulait que Peter le sache. Il voulait qu'il sache qu'il avait compris et accepté ses propres sentiments pour lui.

 

Heureux comme jamais, des larmes de bonheur vinrent envahir les yeux de Peter. Il sanglota même un peu avant de pouvoir parler d'une voix tremblante.

 

-Je crois bien que t'es chanceux, mon cher, parce que c'est réciproque, plaisanta-t-il alors qu'il contrôlait de moins en

moins sa voix. Je t'aime Mikaël. Je t'aime, je t'aime, je t'aime...

 

Mikaël l'arrêta d'un baiser, tout aussi heureux que lui mais craignant une marée de larmes si cela continuait. Peter répondit au baiser d'abord avec tendresse puis avec plus de passion. Le temps mort des confessions prit donc fin et leurs jeux amoureux recommencèrent pour quelques heures encore. Avant qu'ils ne regagnent chacun leur lit, heureux et complices. Et surtout impatients.

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commentaires

Raf 19/04/2010 22:34



Oui c'est un tres joli chapitre, je trouve! tout en douceur, tout mimi!! ET dans les bottes de foins, le vieux fantasme!lol. Et les muffins m'ont pas laissé indifférente non plus


Bref beaucoup aimé, hate de la suite!



Skorpan 20/04/2010 00:06



Ouaip, t'as raison: vieux fantasme. Moi je n'ai fait que joeur dedans avec des amis. ^^


Ah! Les muffins, je savais que j'allais plaire à quelqu'un au moins avec ça. :p


Et la suite dimanche, as usual.



Minulis 19/04/2010 21:07



Nyaaaaaaaaaaaa ! Trop bien =D Comme j'ai aimé (je crois que je le dit à chaque fois mais c'est pas grave :p) Demain soir MOUHAHAH MDR ^^ Il a bien raison ça doit piquer la paille, pas forcement
agréable pour ça LOL ^^ Bref je raconte encore et toujours des bêtises moi !


 


Trop bien =D J'ai adoré, super chapitre encore une fois ^^ Merci beaucoup =D


Bisousss



Skorpan 20/04/2010 00:05



C'est pas grave si tu le dis à chaque fois! Du moment que tu le penses à chaque fois! XD


Et demain soir... Miam! *ange*


Bisous



Merlin 19/04/2010 16:47



Ils sont trop mignooooooooooons ! Et dire qu'il aura fallu attendre tout ce temps pour qu'ils se déclarent ! J'ai beaucoup aimé ce chapitre, ça fait un break avec les deux d'avants, plutôt
stressants.



Skorpan 19/04/2010 19:54



Un chapitre un peu plus cool, plus doux, et tant mieux si ça te plaît! x)



Så Här Är Det!

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