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1 août 2010 7 01 /08 /août /2010 15:25

 

Voilà la seconde partie de Mariage, amant, divocre?, la sequel de Métro, boulot, dodo?

 

Vous allez voir, au début je me suis tapée un bon gros délire sur ce que je faisais au labo. Si vous comprenez pas certains trucs, dîtes moi, j'essaierai de vous expliquer. ;-)

 

Vers le milieu du texte, faut écouter une chanson, enfin, c'est mieux. Je vous mets la vidéo Youtube à ce moment là. Et après avoir lu, vous pouvez revoir la vidéo aussi, parce que le clip est une vraie merveille! =D

 

Sur ce, bonne lecture!

 

 

 

Gel-d-agarose.jpg

 

 

-Et tu chantes chantes chantes ce refrain qui te plaît, et tu tapes tapes tapes, c'est ta façon d'aimer, ce rythme qui t'entraîne jusqu'au bout de la nuit, réveille en toi le tourbillon d'un vent de foliiiiiiiiie! Et tu chantes chantes chantes ce refrain qui te plaît, et tu tapes tapes tapes...
-Nico? m'interrompt soudain Robin, qui prépare son mix de séquence à côté de moi, tandis que je fais mes mix de PCR.
-Oui?
-Ta gueule.


Oulà! Qu'est-ce qu'il peut être sympathique quand il veut celui-là. Bon, ok, c'est chiant d'être à côté de quelqu'un qui chante trente-six fois la même chose parce qu'il ne connaît pas le reste des paroles. Surtout lorsque cette personne se met à taper du pied. Et encore plus lorsqu'on doit supporter cette même personne tout le temps, parce que Robin, c'est quand même mon meilleur ami depuis des lustres. Mais bon, on va dire que ce petit côté chiant fait partie de mon charme, nan? Même si je ne veux pas charmer Robin, loin de là! Je suis un homme marié, moi maintenant! Et fidèle, s'iouplaît! N'empêche... Préparer mes mix de PCR dans le silence, ça me stresse.

 

-Et trois nuits par semaine, c'est sa peau contre ma peau et je suis avec lui!
-Nico! Si tu te tais pas tout de suite immédiatement maintenant, je te colle de maintenance de séquenceur toute cette semaine à ma place!

 

Alors ça, c'est déloyal! En plus, j'ai vu tout à l'heure sur le réseau qu'il y a déjà de quoi remplir trois plaques de 96 capillaires.

 

-Ok, ok, c'est bon, t'as gagné, je me résigne, avant qu'une lumineuse idée de vengeance ne me traverse l'esprit. Mais tu vas le payer: je vais faire toutes mes séquences avant jeudi soir, comme ça tu seras obligé de les passer!

 

Et là, je finis avec le petit sourire sadique, genre "Vlan, dans les dents!". Je le sens méfiant, d'un coup.

 

-Et t'en as combien de séquences?
-Oh... Voyons... Quarante-deux il me semble. Pas de quoi remplir une plaque. Je vais devoir les faire en barrettes.

 

Et vlan, deuxième petit sourire sadique. Je suis devenu un pro, à force! Je le vois soupirer, sûrement désespéré face à mes gamineries, et face aux 42 séquences qu'il va devoir transférer. Puis il se lève, rangeant ses réactifs dans le petit frigo.

 

-T'as de la chance, j'ai fini de préparer mon mix. Tu vas pouvoir chanter autant que tu veux!

 

Il emporte ses barrettes dans une boîte de cônes vide et ferme la porte. Aussitôt, je me détends, et forcément...

 

-I wonder how, I wonder why, yesterday you told me 'bout the blue blue sky. And all that I can see is just a yellow lemon tree.

 

Je rajoute l'enzyme, je mélange bien et mon mix est fini. Reste plus qu'à le répartir dans les tubes, 23 microlitres chacun. Voilà, c'est fait, sur un air des Beatles. Par contre, pour mettre l'ADN, je me concentre. Faudrait pas que je me goure de tube et que j'annonce une mutation à un patient qui n'en a pas en fait. En quelques minutes, j'ai réparti tous mes ADN de patients. Je centrifuge un coup mes barrettes pour qu'il n'y ait rien sur les parois, je range tout mon matos, et je lance la PCR dans la machine. Hum... Je vais monter à quarante cycles au lieu de trente-cinq: certains ADN étaient vraiment de qualité dégueulasse. Le temps qu'elle tourne, j'ai largement le temps de déposer sur gel mes tests de PCR d'hier, pour le nouveau gène candidat. Youpla boum, direction le grand labo!

 

J'enfile ma blouse, chope mes marqueurs indélébiles et j'attrape une paire de gants en latex tout en me dirigeant vers le frigo. J'en sors une boîte avec mes trente-six tubes que je vais m'amuser à déposer. Enfin, façon de parler. Ca me prend une bonne dizaine de minutes de préparer tous les mélanges avec le bleu de méthyl et à la fin, je m'aperçois que je n'ai plus de marqueur de taille. La flemme d'en décongeler un, je vais piquer celui de Robin. Voilà qui est fait, et ô joie, ô miracle! Il reste du gel! Par contre, vu ce que je vais utiliser, je vais devoir en refaire. Chier. A moins que je réussisse à refiler cette tâche ingrate à l'empotée de service, j'ai nommé Solange, la M2 que le chef a acceptée de prendre, je me demande toujours pourquoi. Tiens, en parlant du loup.

 

-Tu fais quoi Nico?
-Je dépose, ça se voit pas? Et je t'ai déjà dit que je m'appelais Nicolas.
-Mais Robin t'appelle bien Nico.
-Ouais, sauf que Robin, c'est Robin, je réplique sèchement. Et t'es pas Robin, aux dernières nouvelles, à moins que...

 

Je me retourne vers elle et lance un coup d'œil significatif vers son entrejambe. Elle a la décence de rougir un peu, mais tout juste. A croire qu'elle est maso, parce que j'ai beau tout faire pour m'en débarrasser, elle me colle de plus en plus. Plus que deux puits à déposer, et je m'en débarrasse, elle et le gel à faire. Je crois que je suis un génie! 'Fin, tout est relatif, mais là, je suis déjà fier de moi en avance.

 

-Ah au fait Solange, il ne reste quasiment plus de gel. Tu pourrais en refaire? Surtout que t'as tes PCR de ce matin à déposer aussi.

 

Elle a une fraction de seconde d'hésitation, mais je ne lui laisse pas le temps de répliquer et la plante là. Je crois que je suis tranquille pour une bonne demi-heure. Je vais pouvoir regarder les séquences qui sont passées hier.

 

 

Une bonne demi-heure, tu parles! J'ai à peine eu vingt-cinq minutes! Elle est venue me chercher dès que mon bac d'électrophorèse a bipé, indiquant la fin de la migration. De très mauvaise grâce je la suis, parce que sinon, elle ne va pas me lâcher. En sortant du bureau, je lance un regard suppliant à Robin qui y entre, et il me retourne un petit sourire sadique. Je crois qu'à l'avenir, je vais apprendre à me taire quand je prépare mes mix. Bon, c'est pas tout ça, mais je récupère délicatement mon gel dans le tampon, rendu chaud par le courant électrique qui y a circulé pendant presque une demi-heure, et je le mets sous la lampe UV. Je le positionne le plus correctement possible, ferme la porte de la sorte d'armoire et je mets en route la lampe.

 

-Eh merde... je murmure.
-Quoi? Qu'est-ce qu'il y a?

 

Mais qu'est-ce qu'elle fout encore là cette cruche?! Je vais finir par l'étrangler.

 

-Il se passe que mes PCR ne marchent pas du tout. J'ai pleins de bandes aspécifiques partout, ça se voit.
-Mais là, tente-t-elle vainement de m'aider -pauvre petite ignorante-, t'as une grosse bande et de toutes petites bandes aspécifiques. En purifiant, ça devrait aller.

 

Retenez-moi, je vais la trucider!

 

-Sauf que là, y'a trop de bandes et trop intenses pour les éliminer par purif', fait une voix que je connais trop bien derrière moi. Alors Nico, Robin m'a dit que tu avais des problèmes.

 

Mentalement, je note de remercier Robin d'avoir appelé Etienne, qui bosse maintenant à l'étage en-dessous du mien, pour me sauver de la sangsue. Parce qu'il ne faisait certainement pas allusion à mes PCR foireuses en parlant de problèmes. Puis, je me retourne vers Etienne et lui fait un grand sourire. Je me retiens à grand peine de l'embrasser, mais lui ne se gène pas, et il passe ses bras autour de mes hanches, et se penche par-dessus mon épaule pour mieux regarder l'écran où apparaît mon gel.

 

-Ouais, j'arrive pas à amplifier mon gène. Il a seulement trois exons avec des introns tout petit, donc j'ai fait un gros bloc de PCR. J'ai designé mes primers avec des conditions stringentes, vérifié qu'ils étaient pas dans des séquences répétées ou des séquences ALU et tout. Et pas moyen de l'amplifier.
-Quelle taille ton fragment?
-Deux kb.
-Ah ouais, t'as carrément aucune bande à 2 kb. Tu t'es pas gouré dans ton mix?
-Nan, c'est la 2ème fois que je le fais, et j'ai tout re-vérifié deux fois. Et j'ai beau changer les concentrations de MgCl2, les températures, ça marche pas.
-T'as changé d'enzyme?
-J'ai essayé avec la Promega, la Sigma, et là, c'est avec la Finzyme. J'en ai pas d'autre.
-J'en ai une autre. Je peux te filer un kit pour que tu essaies.
-Ok, je nettoie ça et je descends avec toi.

 

Vite fait, j'imprime la photo de mon gel, je jette mon gel dans la poubelle des produits cancérigènes, je nettoie la plaque où j'ai déposé mon gel et je jette mes gants dans une autre poubelle spéciale. D'un coup d'œil, je vois que Solange est comme statufiée, un peu genre poisson hors de l'eau, et je savoure ma -enfin, notre- victoire avec un grand sourire intérieur: elle aura peut-être finalement compris que l'anneau que je porte à l'annulaire depuis un peu plus de six mois n'est pas là pour faire joli. Puis, je rejoins Etienne en cinq enjambées. Je lui glisse un discret "Merci, t'es un amour." Il me répond, amusé: "Oui, je sais." avant de me coller un smack rapide. Là, je crois que Solange peut ramasser sa mâchoire par terre, et recoller les dents qui se sont cassées!

 

 

Presque dix-neuf heures trente. Je suis carrément à la bourre. Mais Etienne ne m'a pas bipé, donc il doit encore être en train de bosser. Je range deux-trois articles qui traînent, attrape mon sac et file par l'escalier jusqu'à l'étage en-dessous. Je fais le tour de son labo et ne le voit nulle part. Alors je reviens vers une des seules âmes qui vivent que j'ai vues, pour l'interroger, tout en subtilité.

 

-Salut Line! Comment tu vas?
-Bien, bien. Tu cherches Etienne je suppose?

 

Bon, pour la subtilité, on repassera: c'est encore un truc dans lequel je dois m'améliorer.

 

-Ouais. Tu sais où il est?
-Il a reçu un coup de fil un peu avant cinq heures et il a filé aussitôt. Il m'a même demandé de m'occuper de ses séquences, m'annonce-t-elle nonchalamment.

 

Ses paroles me font l'effet d'une douche froide. Ok, c'était à demi-mot qu'on avait convenu de s'attendre ce soir pour rentrer ensemble, mais on l'avait convenu quand même! Ca fait la troisième fois qu'il me fait le coup ce mois-ci. Merde à la fin! Et en plus, il refile son boulot à une de ses collègues! Il est sacrément gonflé. Et moi je suis sacrément con.

 

-Tu dois faire quoi avec ses séquences?
-Les purifier et les déposer au séquenceur. Mais j'ai pas encore eu le temps: j'ai des problèmes avec mes cellules.
-T'inquiète, je m'en occupe. Tu sais s'il a hydraté ses puits de Séphadex?
-Oui normalement. Regarde sur sa paillasse, ça devrait y être. Merci.
-De rien. T'as pas à faire son boulot.
-Toi non plus.

 

Je lui adresse un pauvre petit sourire tout en commençant à équilibrer les plaques pour la centrifugeuse. Je suis vraiment trop con.

 

 

 

J'ai entendu la porte de l'immeuble claquer et maintenant j'entends les clefs tourner dans la serrure de la porte d'entrée. Elle s'ouvre, quelques pas, se referme, et il enlève ses chaussures. Il veut se faire discret, probablement pour ne pas me réveiller. Mais manque de pô, je suis debout, enfin allongé dans notre lit. Mais pas endormi. Même s'il est presque trois heures du matin. Même si demain j'ai des TD à donner et que je vais pas assurer. Je m'en fous royalement là. Tout ce que je veux savoir, c'est où il était. Et je veux pas qu'il s'esquive. Qu'il me sorte un de ces petits sourires et me promette qu'on en parle plus tard. Je veux qu'on en parle maintenant. Tout de suite. Il vient de rentrer dans la chambre. Il n'a pas vu, dans le noir qu'il fait, que je ne dormais pas. Je le laisse se déshabiller, n'en profite même pas pour le mater, j'ai pas la tête à ça. Il enfile juste un boxer et se glisse sous la couette. Lentement, il s'approche de moi et passe un bras autour de mon ventre. Et cale sa tête dans mon cou. Comme il le fait tout le temps. Mais là, ça m'énerve. Parce qu'il sent le gel douche et qu'il n'a pas pris sa douche à la maison. Mais autre part. Alors je demande d'une voix enrouée d'avoir trop attendu.

 

-T'étais où?

 

Il se redresse d'un coup, surpris que je sois encore réveillé. Je le devine à ses yeux qui s'écarquille: les miens ont eu le temps de s'habituer au noir, alors je le vois bien, mon homme. D'ailleurs, je ne sais même pas si j'ai encore le droit de mettre le possessif devant homme. Est-ce qu'il est toujours le mien? Ou il va en voir un autre? Malgré nos anneaux?

 

-Je t'ai réveillé? Désolé, dit-il d'une voix un peu stressée, un peu fatiguée aussi.
-Non, je t'attendais.

 

Ah, il se mord la lèvre. Et rien qu'à ça, je sais déjà comment ça va se passer. Mal. Il s'en veut, mais ne va rien m'expliquer. Juste me rassurer avec des mots que je trouve de plus en plus creux. Il m'aime. Plus que tout. Je suis le seul. Tu parles. L'amour implique la confiance, surtout après autant de temps, et là, je n'en vois pas une once. Il me cache des choses, et je n'aime pas ça. J'en ai ras le bol d'être pris pour un con, et pour une fois, j'ai envie que ce soit lui le con. De lui faire mal. Consciemment. Parce qu'il n'arrête pas de m'en faire insidieusement. Alors je prends mon oreiller, lui dit de laisser tomber les prétextes et vais m'installer dans le canapé. Pour la première fois depuis longtemps. Je me demande bien où je dormirai demain.

 

 

J'ai entr'aperçu Etienne au petit déjeuner: je devais déjà partir alors qu'il se levait tout juste. Il avait une sale gueule de déterré. Je sais pas ce qu'il a foutu hier soir, et en fait, je suis plus très sûr de vouloir le savoir. Ensuite, il a essayé de m'appeler quelques fois dans la journée, mais quand je lui ai raccroché au nez pour la troisième fois, il s'est calmé. Désolé, mais chez moi, les explications ne se passent pas au téléphone, et il le sait depuis le temps. Je suis même pas passé au labo: je suis resté à la fac du matin jusqu'au soir, et lorsque je rentre enfin à la maison, me préparant comme jamais à la séance d'explications qu'il me doit, je suis obligé de tourner la clef deux fois dans la serrure. Il n'est pas là. Alors qu'il est presque huit heures du soir, et qu'il devrait être rentré.

 

Je n'ai pas trop le cœur à manger, même si j'ai déjà sauté le déjeuner, alors je file sous la douche. Mais j'ai à peine le courage de me laver correctement. Et aussitôt sorti, je file dans la chambre. Je mets un vieux T-shirt, vestige de ma participation adolescente aux championnats de France de volley-ball, et hésite entre le lit et le canapé. Ma raison me dit de prendre le canapé, pour lui montrer que je suis toujours en colère contre lui, et qu'il ne s'en sortira pas si facilement; mais mon corps me pousse à prendre le lit: trop fatigué, physiquement et moralement, pour supporter la petitesse du canapé. Finalement, c'est mon portable qui décide d'un texto. Alors ce soir, je dormirai dans le lit. Puisqu'il ne rentre pas. Il me l'a dit. Il me l'a écrit. Il dort chez une amie. Il a au moins eu la décence de me prévenir. Qu'il me trompait. Le féminin n'est qu'une excuse. Je le sais. Il est gay, mais il préfère ne pas m'avouer d'un coup d'un seul qu'il en voit un autre. Par texto en plus. Ce serait lâche. Et Etienne est loin d'être lâche. Alors les "E" ajoutés au déterminant et au nom commun ne sont là que pour préparer le terrain. Doucement. Parce qu'il se doute que je vais comprendre. Il me connaît trop bien. Et c'est réciproque. On se connaît trop, en fait, et c'est peut-être de là que vient notre problème.

 

Mais ce soir n'est pas soir à philosopher. Juste envie de dormir. Comme dirait Béarn: métro, boulot, bistro, mégots, dodo, zéro. J'en ai juste loupé deux. Alors ça fait: métro, boulot, dodo, zéro.

 

 

Plus d'une semaine qu'il découche régulièrement, pour ne pas dire tous les soirs. J'en peux plus. J'en ai marre, je jette l'éponge. Impossible de lui parler. Il se dérobe à chaque fois. Impossible d'en savoir plus en douce. Il efface régulièrement les appels sur son portable, qu'il ne laisse d'ailleurs plus traîner. A croire qu'il se méfie. M'enfin, il a bien raison: je me fais l'effet d'une fouine ces derniers jours, à fouiller, retourner ses vêtements, ouvrir son sac, forcer le mot de passe de son ordi. Mais il ne me laisse pas trop le choix j'ai l'impression. Tout comme là d'ailleurs: il vient de rentrer et m'entraîne de force hors de la cuisine où je préparais mon dîner, à défaut de préparer le nôtre, à ne pas savoir s'il allait daigner se montrer ou pas, et à quelle heure. Il m'assoit d'autorité sur la canapé et se met à côté de moi. Dans un souffle, il commence à s'excuser pour toutes les nuits qu'il a passées dehors, de m'avoir probablement foutu la trouille, de m'avoir empêché de dormir par son absence. Mais...


-J'avais pas le choix Nico. Je suis désolé, mais vraiment, j'ai pas eu le choix.

 

 

 

 

Bizarrement, à ce moment-là, la chanson qui passe à la radio me frappe de plein fouet. Un vieux tube, mais que j'aime toujours autant.

 

Je fais des rêves comme si j'avais mille ans
Un jour je peine le lendemain je mens
Et comment fais-tu pour t'endormir sans moi?
Et comment tu fais pour t'endormir sans moi?

 

Indo. Mais la voix de mon homonyme ne me calme plus autant qu'avant. Pas à cet instant précis. Surtout que les paroles résonnent douloureusement en moi. C'est vrai ça: comment il fait pour aller s'endormir autre part que dans notre lit? Dans d'autres bras que les miens?

 

-Pourquoi? Pourquoi t'as pas eu le choix? je demande, même si je connais déjà la réponse.
-Je peux pas t'expliquer, j'ai pas le droit. J'ai promis.

 

Et voilà, ça n'a pas loupé. Je sais bien que pour qu'il me parle ainsi, avec cette douleur au fond des yeux de me cacher aussi effrontément des choses, ce n'est pas un amant qu'il voit. Mais ça fait mal quand même. Et j'ai peur. Pour nous, pour l'avenir. Parce que depuis plus d'une semaine, je ne vis qu'avec des souvenirs.

 

Je revois et nos nuits et nos joies
Je revois notre vie notre toit
Je revois nos ennuis et nos droits
Je revis notre lit s'éteindra

 

Voilà ce que dit l'autre, mon autre comme je l'appelle de temps en temps. Mon autre qui a tout arrêté il y a quelques années. Et l'envie d'en faire autant me démange. Plus de boulot, plus d'amoureux, et surtout plus d'histoire tordue. Le bonheur. Ou plutôt, l'absence de douleur. L'absence de malheur. De craintes. D'espoir. Mais c'est cet espoir là qui m'empêche de tout foutre en l'air. Surtout au bout de si peu de temps. Ce n'est qu'une crise je me dis. Qu'une crise. Et on la traversera à deux, comme on l'a toujours fait. Et on deviendra plus fort. C'est à cet espoir là que je me raccroche désespérément. Corps et âme. Totalement. Et aussi à cet autre espoir: que cela ne va pas durer. Parce que je ne suis pas sûr de tenir le choc. Je ne suis plus aussi résistant qu'avant. Pas en ce moment alors que mes parents avancent d'un pas pour en reculer de trente dès qu'il s'agit de moi. Alors que je dois soutenir mon frère parce que la troisième grossesse de sa femme se passe mal. Alors je lui dis.

 

-Etienne, dis-moi que c'est bientôt fini. S'il te plaît. Et que tu me diras ce qu'il se passe. Je t'en supplie.

 

Je m'accroche comme un désespéré à son T-shirt, la voix cassée, et c'est les yeux pleins de larmes que je le vois se mordre la lèvre.

 

Je reviendrai fou fou mais sauf pour toi
Je reviendrai fou fou mais sauf pour toi

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commentaires

Merlin 08/08/2010 12:10



AH ! Je te déteste ! T'as pas le droit ! Cette histoire était pas censée être triste !



Skorpan 08/08/2010 12:32



Commnet ça "pas le droit?" Oo J'avais jamais dit que cette sequel serait joyeuse! XD *va se cacher très vite parce que sent que Merlin va la tuer dès qu'elle lire la troisième et dernière partie,
à paraître aujourd'hui*



mapuce.bb 01/08/2010 21:00



Ah c'est toujours un plaisir de te lire... Je bave littéralement devant tes écrits!


Et j'ai adoré la première partie de cette histoire: "Metro, Boulot, Dodo". C'était passionnant à lire.


Pour cette suite, moi j'ai trop de peine pour les 2 et franchement je serais trop triste qu'ils se séparent après autant d'année passé ensemble! Et puis je suis pas sû que Nico arriverait à
surmonter une séparation en plus des problèmes avec ses parents et tout le reste!


J'espère que tu nous as réservé de belles surprises et que ce sera "tout est bien qui fini bien"!


A trés vite.



Skorpan 01/08/2010 22:31



Bahg déjà, heureuse que tu aies aimé Métro, boulot, dodo? Et que tu n'aies pas eu des envies de meurtre envers moi quand tu as lu la fin. XD


Quant à cette suite, nos deux n'amoureux après 8 ans de ve commune, je dirais que c'est le sort commun de nombreux couples que de se séparer. On verra bien pour Nico et Etienne. ;-) Et si Nico ne
pourrait peut-être pas surmonter une séparation, je ne suis pas sûre que Etienne puisse lui non plus.


Bref, rendez-vous dimanche prochain pour savoir si tout est bien qui finit bien, ou pas.



Moon_river 01/08/2010 17:04



Vraiment ce chap m'a brisé le coeur! Je sais pas se qu'il notre Etienne mais c'est un vrai connard (excuse l'expression) de ne pas expliquer la situation à Nicolas. Il lui donne surement de faut
espoirs alors qu'il a déja des problèmes avec sa famille. Enfin bref, a part sa j'ai été heureuse de voir que le chap était arriver dans ma boite mail! Et il était interssant avec la chanson qui
reflete bien la situation je pense...


Bisous ont se revoie à "Divorse?"


Bye



Skorpan 01/08/2010 17:28



*donne de la colle d'amour à Moon, parce que là, c'est vraiment nécessaie, surtout avant la prochaine partie, faudra réparer ton cœur!*


 


Etienne, un connard? Je dirais plutôt quelqu'un qui n'arrive plus à gérer sa vie. Qui est bêtement dépasser par ses promesses, et qui préfère se laisse enfermer dedans que de s'en sortir avec
l'aide de Nico. Mais bon, je dis ça aussi parce que c'est moi l'auter et que je l'aime bien, mon petit Etienne. Et que je connais la fin! XD


 


Et ouais, je trouve aussi que la chanson colle super bien. Même si à l'origine, ça parle d'une séparation parce que l'homme part à la guerre et que la femme reste à l'arrière. Et on sait tous que
la guerre rend fou. (c'est tiré de "La république des Meteors", le dernier album d'Indochine)


 


A "Divorce" donc! x)


Bisous



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