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8 février 2010 1 08 /02 /février /2010 00:18

Bonne semaine et bonne lecture! =D Voici la seconde partie du triptyque Métro, boulot, dodo?.


cellbasedassay.jpg

     -Catherine! Catherine!

Mais putain, elle va s'arrêter cette conne, oui ou merde?! Ca fait un couloir, un escalier -parce que forcément, j'ai loupé l'ascenseur dans lequel elle était- et un autre couloir que je lui cours après. Je commence à être légèrement essoufflé. Et c'est un euphémisme: je souffle comme un bœuf et les étudiants me regardent bizarrement. Mais c'est vrai quoi: grimper cinq étages de la tour A au pas de course, c'est pas de tout repos.

-Catherine! je finis par hurler avec ce qu'il me reste de souffle, les mains sur les genoux.

Ah, elle se retourne enfin. Comme d'habitude, elle me regarde de haut, avec ce petit regard méprisant que je ne supporte pas. Tout ça parce que je suis encore en train de faire mon post-doctorat. Encore heureux qu'on ne soit pas dans le même labo: elle bosse au 6ème étage du bâtiment Kourilsky à Saint-Antoine et moi au 7ème.

-Ah, bonjour Nicolas. Comment ça va?
-Ca va, merci. Et toi?
-Bien, merci. Je vais donner un cours aux L3 bio.

C'est un TD, connasse! Pas un cours! T'es même pas prof. Bon, on se calme Nico, sinon tu vas jamais avoir ce que tu veux.

-Je vais pas être long dans ce cas, je fais avec mon plus beau sourire, un peu faux-cul, je le reconnais. En fait, j'ai un problème: je pourrai pas assurer mes TD de vendredi après-midi. Je dois aller assister au mariage de mon frère, et c'est pas la porte à côté. Donc mon train part à midi. Christian devait me remplacer mais il a la grippe et il est cloué au lit.
-Et t'as pensé à moi pour assurer tes quatre heures de cours de vendredi après-midi, je suppose?
-T'es la seule que je connaisse qui ait le vendredi aprèm' de libre.

Bon, vu la gueule qu'elle fait, c'était pas la phrase à dire. J'aurais dû flatter son ego. Mais voilà quoi, il y a des limites à tout quand même! Et flatter Catherine qui me fait royalement chier depuis plus de deux ans, c'est au-delà des miennes.

-Allez, s'teu plaît. Je te prends quatre heures de TD n'importe quand dans la semaine, du moment que j'ai pas d'autres TD à donner en même temps.

Elle hésite, je le sens. Maintenant, il ne me reste plus qu'à lui donner le coup de grâce.

-Et si tu veux, je parlerai de toi à Pierre.

Pierre, c'est mon chef de labo. Elle rêve de bosser avec lui, si ce n'est plus. Elle a les yeux qui pétillent trop à chaque fois qu'on parle de lui pour que ce soit juste dû au travail. Mais ce qu'elle ne sait pas, c'est qu'il est marié avec gamins: y'a la photo de deux mômes de dix ans sur son bureau. Et ça, ce n'est pas moi qui vais lui dire, vu que dans trois secondes, elle va accepter mon marché.

-D'accord... Mais pour Pierre, ne tarde pas trop: je vais essayer de passer dans son labo d'ici à la fin de l'année.

C'est ça: rêve toujours ma vieille! Il est hors de question que t'atterrisses dans le même labo que moi!

-Et tu me prends les cours de lundi après-midi. Je t'enverrai toutes les infos par mail. Tes cours de vendredi, c'est pour qui?
-L1 bio. Des rappels assez basiques de bio mol. Rien de bien méchant, mais ils ont rien dans le crâne. T'auras qu'à voir la
salle sur le planning, je retiens jamais, moi.

Elle hoche la tête et rentre dans sa salle de classe sans même me dire au revoir. Je plains ses étudiants: d'après les échos que j'en ai eu, elle est soporifique au possible, en plus d'être chiante et sévère. Au moins comme ça, mes L1 vont se rendre compte de la chance qu'ils ont de m'avoir en tant que chargé de TD. Bref, voilà une bonne chose de faite. Je vais pouvoir aller jouer mon rôle de témoin au mariage de mon frangin sans une once de culpabilité.



     Où est-ce que j'ai foutu ce putain de papier?! Je suis sûr d'avoir imprimé le mail de Catherine ce matin et de l'avoir mis dans mon sac. J'ai l'impression d'entendre ma mère qui me dit "Range tes affaires Nicolas. Tu vas finir par les perdre". Déjà que tout le weekend, j'ai eu droit au refrain: "Et toi, mon chéri? C'est quand qu'on aura le droit de te voir dans un smoking et dire oui à une jolie jeune femme comme ton frère?". J'ai failli lui répondre: "Quand les cons qui sont au gouvernement auront captés que les homos sont des gens comme les autres et qu'ils ont eux aussi le droit au mariage!", mais je me suis retenu: une crise cardiaque n'aurait pas été du meilleur effet lors du plus beau jour de la vie de mon frère. Dixit lui-même.

Moi, de plus beaux jours de ma vie, j'en ai trois pour l'instant. Enfin, c'est peut-être pas les plus beaux, mais ce sont ceux qui comptent le plus: celui où j'ai couché avec un mec pour la première fois (j'en étais vraiment amoureux à l'époque), celui où j'ai dit à mon frère que j'étais gay (le seul au courant dans la famille), et celui où j'ai fait l'amour dans le métro, il y a plus d'un mois, avec cet étudiant magnifique. J'en rêve encore.

Ah! Enfin, la voilà, cette satanée feuille! Alors voyons voir. Déjà, je suis dans la bonne tour, et au bon étage en plus! Et ma salle se situe... à dix mètres de là où je suis. T'as gagné le jackpot Nico! Yahou! Et qu'est-ce qu'elle a marqué d'autre, hum, les powerpoints. Ils sont dans ma clef, qui doit être dans ma trousse, et qui y est. C'est bon, j'ai tout, je peux entrer en salle, et ils sont déjà tous là! C'est dingue! Les L3 sont si studieux qu'il sont toujours en avance, ou c'est Catherine qui les terrorise? Je penche plutôt pour la seconde option, parce que mes L3 à moi, ils sont toujours pile poil à l'heure. Jamais en avance.

-Bonjour, vous êtes bien les L3 bio qui deviez avoir TD avec Catherine De Pulhiaque à 16h15?
-Oui, me répond une jeune fille au deuxième rang, qui me mange des yeux.

Et bien, c'est mal parti pour toi ma poulette, t'as beaucoup trop de poitrine pour que tu m'intéresses!

-Parfait! Je m'appelle Nicolas Austier, et c'est moi qui vais vous faire votre TD aujourd'hui à la place de Catherine. On a fait un petit échange parce que je ne pouvais pas faire certains de mes TD.

J'ai comme la vague impression d'entendre un soupir de soulagement dans la classe. Alors soit elle les terrorise vraiment, soit elle est nulle, soit les deux à la fois.

-C'est l'apoptose que vous devez faire aujourd'hui, si je ne me trompe pas. Et il y a quatre étudiants qui doivent nous présenter deux articles. Dunier, Halek, Rostini et Toulman, c'est ça?

Les quatre concernés hochent la tête, mais ne bougent pas de leurs chaises.

-Et bah alors, qu'est-ce que vous attendez? Le déluge?
-D'habitude, Madame De Pulhiaque nous fait un petit cours avant, minaude la fille du deuxième rang.
-Attendez, je fais, assez étonné par ce qu'elle vient de me dire.

Moi les rappels, je ne les fais que lorsque c'est vraiment nécessaire.

-L'apoptose, c'est de la tarte à la crème! C'est vu, vu et revu. En plus, vous avez eu plusieurs cours en amphi dessus.

Et c'est à ce moment là que les powerpoints de cette chère Catherine se rappellent à ma douce mémoire. Je file donc mettre ma clef dans l'ordi de la fac qui est sur le bureau, et en deux temps trois mouvements, je trouve les fichiers qu'elle m'avait envoyés. Effectivement, il y a un cours sur l'apoptose, que j'ouvre, et qui s'affiche en grand sur le mur blanc grâce au vidéo-projecteur. Je feuillette un peu les diapos avant d'annoncer mon diagnostic.

-Mais c'est de la merde, ce truc. Y'a beaucoup trop de détails et elle s'y perd elle-même dedans. Oubliez tout ça, je vais vous faire un rappel à ma manière.

Mais je n'ai rien préparé, évidemment, et l'apoptose, je ne bosse pas tous les jours dessus. Donc les noms des molécules, p53, bax, bcl2 et autres caspases, ça me passe un peu beaucoup au-dessus de la tête. Alors soyons un peu vache pour une fois et interrogeons un élève. Plouf, plouf, badaboum, et c'est tombé sur toi, Bernard. Quoique... Juste au-dessus, Barriel, ça me dit quelque chose comme nom. Le prénom, c'est... Etienne. Etienne Barriel.

Putain de nom de dieu de merde. C'est lui! C'est ce foutu étudiant de la ligne 6, entre Bercy et Quai de la Gare! Oh putain, faut pas que je rougisse, faut pas que je rougisse. Pense à quelque chose de pas drôle, Nico, à quelque chose de pas drôle. Ta première, et unique, fois avec une fille. Ah ouais. Ca c'était carrément l'horreur. Et ça a au moins le mérite de me calmer tout de suite. Bref, revenons à nos moutons: j'ose, ou j'ose pas? Allez soyons fou!

-Barriel, au tableau. Tu nous fais un petit rappel sur l'apoptose. L'essentiel à savoir, en quelque sorte.

Et là, je le vois se lever. Il est plus beau que jamais! Un peu plus couvert que la dernière fois, mais toujours aussi sexy. Il fait comme s'il ne me connaissait pas mais je suis sûr qu'il m'a reconnu dès que je suis entré dans la salle. Sinon, on ne se dévorerait pas mutuellement du regard de cette manière-là, comme si l'on savait ce qui nous attendait. Comme si on l'avait déjà fait. Ce qui est vrai en soi: on l'a déjà fait. Il s'approche du tableau et commence à faire un schéma. Pendant ce temps, moi j'ai une vue superbe sur son cul, et nom de dieu, le cours va être long, je le sens. Horriblement long.



     Une demi-heure que le cours devrait être fini. Une demi-heure que j'enrage, parce que ceux qui présentaient n'ont pas été foutus de comprendre correctement leurs articles.  Bon, je l'admets, ils n'étaient pas simples, mais ils avaient une semaine pour les préparer. C'était largement suffisant! Moi en lisant le premier dans le métro ce matin, la tête dans le cul après mon weekend plus que fêtard, et le second à l'heure du déjeuner, toujours la tête dans le cul, j'ai réussi à comprendre à peu près de quoi ça parlait. Ok, j'ai quelques années d'expérience de plus qu'eux, mais ce n'est pas une raison.

-Monsieur, dans la figure 3.A., je n'ai pas bien compris pourquoi les auteurs disent que les quantités sont comparables. La bande de droite est trois fois plus grosse que celle de gauche, intervient, encore une fois, la midinette du deuxième rang, que je vais finir par étriper si ça continue.

On va torcher ça vite fait bien fait, et peut-être qu'enfin elle me lâchera les baskets.

-Les témoins et les contrôles ne sont pas là pour faire jolis, aux dernières nouvelles.

Connasse, je rajoute intérieurement. Evidemment, je ne peux pas le dire à voix haute, mais ça fait quand même du bien de le dire intérieurement.

-D'autres questions?

Je vois des têtes interrogatives se lever, mais aucun bras, heureusement.

-Bien, dans ce cas on a fini. Messieurs, ce n'étaient pas fameux vos présentations. Vous auriez pu mieux faire, je dis aux quatre manchots du power point qui nous ont projeté des trucs immondes. Et je conseille à tout le monde de revoir l'apoptose, ça ne m'a pas l'air au point. J'espère que vous êtes plus au taquet sur la nécrose, pour la semaine prochaine.

Ils sont déjà en train de ranger leurs affaires, et tant mieux. Je leur dis au revoir les uns après les autres au fur et à mesure qu'ils passent la porte. Je vois Etienne dire à deux de ses potes de partir sans lui et ils ne protestent pas, ce que je comprend, vu l'heure qu'il est. Presque sept heures. Et je suis pas prêt d'être chez moi. Tous les étudiants sont sortis maintenant, sauf Etienne, qui se dirige vers le bureau, où je suis en train de ranger mes dernières affaires.

-Salut, il fait, nettement plus timide que la dernière fois.
-Salut.

C'est vraiment étrange de se retrouver face à lui, comme ça, seulement tous les deux, dans une situation "normale", on va dire. Je l'ai voulu pendant un moment, et j'ai essayé de le revoir, mais j'arrivais jamais à le choper. Et puis je me suis fait une raison. Alors je ne sais pas trop sur quel pied danser. J'aurais vraiment dû y penser pendant ces deux heures et demi, au lieu de me décarcasser à expliquer la complexité de l'apoptose à des crétins. Et puis de le mater aussi. Je croyais qu'il allait se barrer sans que je puisse rien faire, alors j'en ai profité. On ne vit qu'une fois, n'est-ce pas?

-Euh... Merci pour mon portefeuille. Ca m'aurait vraiment fait chier de l'avoir perdu.

C'est vrai que je l'avais déposé le jour même à la loge, après avoir récupéré toutes les informations que je voulais. Et je leur avais conseillé d'appeler l'étudiant, parce qu'il l'avait perdu dans un labo extérieur à Jussieu. Un petit mensonge qui a été avalé sans problème.

-De rien. Il ne me servait pas à grand chose de toute façon. Je pouvais même pas aller manger au Crous avec, la photo sur la carte ne me ressemble pas du tout, je plaisante.

Ah! J'ai réussi à lui arracher un sourire! On dirait qu'il se détend, et ça me fait bêtement plaisir. Peut-être que je pourrais l'inviter à boire un café, ou alors l'inviter carrément à dîner, vu l'heure. Mais c'est peut-être un peu too much pour un premier rendez-vous? Enfin, rendez-vous, rendez-vous, le mot est vite dit, parce que pour l'instant, la situation est loin d'être claire entre nous. En plus, qu'est-ce que je raconte moi? Qu'est-ce qui pourrait être too much après avoir couché ensemble au bout de... allez... dix minutes? Et je suis généreux! Franchement, je vois pas: si quelqu'un sait, qu'il me fasse signe.

-T'as l'air crevé. La nuit a été épuisante?

Question piège vue! Tu ne m'auras pas avec cet petit air innocent, ce mélange de timidité et d'audace.

-Surtout beaucoup trop longue. En fait, c'est tout le weekend qui a été beaucoup trop long. C'était bien, mais long. Et chiant aussi par moments.
-Il m'avait pas l'air si bien que ça, ton weekend, il remarque.

Et c'est vrai que vu comment je l'ai présenté, ça ne donne pas envie du tout. Alors que je me suis plutôt bien amusé, et surtout j'ai vu mon frère dire oui à la femme de sa vie, dont on voyait déjà le ventre s'arrondir un peu sous la nouvelle vie qui grandit en elle. Je vais être tonton dans quelques mois, c'est quand même dingue ça!

-Si, si, c'était très bien, je corrige. J'étais au mariage de mon frère, et j'étais son témoin. Mais le problème était que la belle-famille voulait absolument un mariage religieux, parce que c'est toujours comme ça que ça se passe chez eux.

Un sourire moqueur remplace le sourire timide qu'il avait. Apparemment, ce n'est pas un adepte de la religion. Tant mieux: moi non plus.

-Ah ouais, j'imagine bien le truc: assis, debout, assis, debout, et puis chantez, taisez-vous, amen et assis.

Les mimiques qu'il fait en même temps sont tordantes et j'éclate de rire. Je ne peux pas m'en empêcher! D'autant plus que c'est très juste ce qu'il dit.

-Et puis il y a aussi eu le petit laïus du prêtre sur le bonheur du mariage, de celui de partager sa vie avec la personne qu'on aime, etc. Et tout ça en me lançant pas mal de regards pendant toute la cérémonie.

Tiens, il ressemble à un petit poisson comme ça, avec la bouche entr'ouverte. C'est marrant. Et c'est très mignon, je trouve. Mais bon, je ne vais pas laisser le suspens durer plus longtemps.

-J'ai pas réussi à savoir si c'était parce qu'il me matait, ou si c'est parce que beau-papa et belle-maman lui ont glissé à l'oreille que j'étais libre et qu'il essayait de voir à laquelle de ses ouailles célibataires il pourrait me marier.
-Je pencherais plus pour la première option, il me sort, en me regardant droit dans les yeux.

C'est limite s'il ne se lèche pas la lèvre supérieur pour m'aguicher. Putain, j'y comprend rien à ce mec. Il passe d'un extrême à l'autre d'un claquement de doigts et c'est super perturbant. Mais il n'empêche: il m'excite beaucoup. Enormément même. Et si les règles de bienséance n'étaient pas si bien ancrées dans mon esprit, je crois que je me jetterai sur lui de suite et je lui ferais l'amour là maintenant, sur l'une des tables. Mais ça ne serait pas très agréable pour lui, ni pour moi, ni pour la femme de ménage qui nettoierait la salle demain matin. Donc je me retiens. De plus en plus difficilement, mais je me retiens.

-Ah ouais, et pourquoi donc?
-Bah, ça me paraît évident. T'es super bien foutu.

Et en même temps, forcément, il me fait un sourire du feu de dieu. Il ne faut pas que je rougisse, il ne faut pas que je rougisse. Loupé! Y'a de nouveau une pointe de moquerie dans son sourire, donc ça veut dire que j'ai rougi.

-Et bien, moi je crois que tu te trompes.
-Et pourquoi ça?
-Parce qu'il n'a pas arrêté de me demander quel genre de filles j'aimais. Et il m'en a présenté au moins une dizaine, qui m'ont toutes fait du charme. Je ne te raconte pas la galère: il a fallu que je leur dise non à toutes sans les vexer.
-Ce qui est très dur avec les femmes, complète-il.

La conversation retombe un peu à plat et il contemple le bout de ses chaussures. Alors soit il veut se barrer, soit il veut me demander quelque chose de gênant. Mais dans les deux cas, il ne sait pas comment le dire. Ah, il s'assoit à moitié sur un coin de table. Donc a priori, il n'a pas envie de partir. Et mon instinct me dit que la chose gênante qu'il veut me demander, c'est si j'ai couché avec un mec pendant ce weekend. Ou peut-être même depuis notre "entrevue". Ce que je n'ai pas fait. Mais je ne vais le lui dire comme ça. Va falloir le vouloir pour le savoir! Héhé! Ouais, j'ai un petit côté sadique, et alors? Ca ne fait de mal à personne.

On dirait qu'il va prendre la parole, vu qu'il a relevé la tête, et qu'il a un regard sacrément déterminé. Et diablement attirant.

-Et les mecs?
-Quoi les mecs? je fais, pour le titiller un peu.
-Est-ce qu'ils t'ont fait du charme aussi?

Et pan! En plein dans le vif du sujet qu'il rentre le petit père. Comme la dernière fois. J'adore.

-Hum... Non, pas que j'ai remarqué. Mais j'ai craqué pour Alexis.

Ouh! Il a pas l'air content: il a les sourcils tout froncés, et ça lui fait des rides sur le front.

-Alexis? il gronde.
-L'adorable bébé de la sœur de la mariée.

Oh putain sa gueule! C'est vraiment dommage que j'ai pas d'appareil avec moi. J'aurais voulu immortaliser ce moment. Mais je crois que de toute façon, je n'aurais pas pu: je me marre comme une baleine et la photo aurait été floue. Je le vois, entre deux larmes de rire, s'avancer vers moi. Il s'installe sur mes genoux sans même me demander mon avis. Waow! De près, il a l'air encore plus mécontent.

Pourtant il m'embrasse à pleine bouche. Il passe ses mains dans ma nuque et moi j'entoure sa taille de mes bras. Notre baiser est de plus en plus passionné, comme celui de deux amants qui se retrouvent après des mois loin l'un de l'autre. C'est étrange. Il interrompt le baiser après quelques minutes et me regarde dans les yeux.

-T'habites où?
-Dupleix.
-Je t'ai demandé où, pas dans quoi, il soupire.
-Bah justement, j'habite à Dupleix, tu sais la station de métro sur la 6. Et désolé de te décevoir, mais je n'ai qu'un trente mètres carrés, sur un seul étage.

Il a un petit sourire d'excuse pour avoir mal compris, puis il se lève et prends ma main.

-Viens, on va chez toi. Ca sera mieux qu'ici, ou dans le métro.

Je crois que j'ai loupé un épisode, ou même carrément toute une saison. Mais là, maintenant, tout de suite, j'en ai rien à faire. Parce que j'aime trop la sensation de sa main dans la mienne.

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commentaires

Brindille 11/12/2011 01:43


Mais ils sont trop mignons ces deux petits bonhommes! Un chargé de td déjà amoureux et un étudiant jaloux, quel bon mélange!


En parlant de mélange, je cours voir s'ils se mélangent à nouveau dans le suivant xd

Skorpan 23/01/2012 01:47



Eh oui, Nico est vite tombé sous le charme et Etienne aussi. :)



saya 11/03/2010 20:36


coucou^^
aaaaah j'adore, allez qu'on couche ensemble sans rien savoir de l'autre, et petite scène de jalousie dès la deuxième rencontre, franchement j'adore!!


Skorpan 12/03/2010 02:25


Moi aussi, j'adore! x) Cette histoire, je me suis éclatée à l'écrire (et surtout à l'imaginer, en fait), tu peux même pas savoir! XD
La troisième partie ne devrait pas tarder. Elle remplacera une suite de "Crampons..." un de ces dimanches. ^^


Lilie 24/02/2010 23:47


Oh je l'avais pas lu celle-là !!! Troppppppppppppppppppp biennnnnnnnnnnnnnnnnn

Skorpan 25/02/2010 00:36


Eh bah dis donc! T'as l'air enthousiaste! Ca fait plais'! =D
Et oui, tu as bien compris, va y avoir une troisième partie! J'attends juste l'avis de ma lectrice d'avant-première, mais elle est partie en vacances. ^^
Bisous


Raf 09/02/2010 16:37


C'est super que t'ai continué!!!
La scene de cours, excellent! Comment tu t'acharnes sur la pauvre midinette du devant, c'est pas tres gentil!
Il a une sacré chance de se retrouver dans cette classe! J'adore le coup du ppt nul, il est pas tres sympa avec sa collegue, décidemennt!
Il y va pas de mains mortes l'étudiant! Enfin on pouvait que s'y attendre vu la scene du metro.
Alors une suite a tout ca est prévue, hein?!


Skorpan 09/02/2010 17:50


Bah un tryptique, c'est un trypitique, hein! Donc trois parties! x)

Et puis tu sais bien que je n'aime pas les midinettes, alors forcément, celle du second rang allait morfler. *ange* Quant à cette fameuse collègue, je me suis inspirée de notre fameuse prof de bio,
Madame "Sccccht!"! XD En forçant le trait, évidemment.
Et Etienne, bah, c'est Etienne. Je l'aime bien comme ça, en plus c'est Mel qui a trouvé son prénom et j'adore! =D


Merlin 08/02/2010 12:12


Coucou ^^ j'ai bien aimé la suite de ce one-shot (dit comme ça c'est un peu bizarre xD), et maintenant que tu l'as dit, je vais être super pressée d'être à la saint valentin, jour que je déteste
d'ordinaire
bisous


Skorpan 08/02/2010 21:55


Ouais, suite de one-shot, ça fait bizarre à dire! XD
Et je suis contente d'égayer un peu ta Saint-Valentin. en plus, je me suis rendue compte il y a peu que ce jour-là, il n'y aura pas une, mais deux publications! Car il y a un récit que je peux
publier que le jour de la Saint-Valentin... *ange*
Bisous


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