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20 avril 2009 1 20 /04 /avril /2009 08:56
Bonjour à tous!

Je sais pas si c'était mon ordi ou pas, mais je trouvais que l'autre présentation du blog (en noir et bleu) déconnait un peu, et ça m'énervait. Alors j'ai carrément changé pour un autre layout, parmi tous ceux proposés. Et j'ai choisi celui-là parce que j'aime bien les couleurs, et les orchidées. Que ceux qui se sont dit: "Ah non, je me suis trompé de blog!" se rassurent: c'est toujours le même, mais il a mué! ;-)

Sinon, je crois que cette suite est plus petite que les autres, j'aurais peut-être dû l'intégrer à la partie 5. M'enfin, c'est fait, c'est fait, ne tergiversons pas plus longtemps et postons! =)






     Peter s'était enfermé dans son bureau depuis la fin du déjeuner pour pouvoir tranquillement travailler sur l'enquête, mais à l'heure du thé, il décida de descendre dans le salon rejoindre Sonia. Celle-ci feuilletait un magazine de mode, probablement à la recherche d'une énième jupe, ou d'un petit chemisier. Elle releva la tête en entendant les pas sur le parquet.

-Chéri? Tu veux quelque chose? demanda-t-elle d'une voix douce, comme si contenter et satisfaire son mari était le but de sa vie.
-Euh… oui, je pensais qu'on pourrait peut-être prendre le thé. Il est presque cinq heures de l'après midi.
-Tout à fait, il est déjà en train d'infuser. J'ai fait du Earl Grey fleurs bleues. Ca te va?
-Euh… oui, oui, bien sûr.

Un sourire étira ses lèvres, et elle replongea dans sa lecture. Peter, les bras ballants et encore debout dans l'entrée du salon, décida d'aller s'asseoir sur l'un des fauteuils. Il ne s'attendait pas à ce que le thé soit presque prêt, et n'avait donc plus rien à faire qu'à attendre. Il attrapa un magazine quelconque sur la table basse et se mit à lire l'édito. Au moment où il tourna la page pour feuilleter un peu plus en profondeur ce qui s'était révélé être un magazine pour jeunes mamans, la sonnerie caractéristique du four à micro-ondes se fit entendre. Il ne continua pas plus avant sa lecture et se précipita dans la cuisine: il avait déjà goûté à un Earl Grey trop infusé et n'avait pas envie de retenter l'expérience. Il éteignit la minuterie, retira le panier de thé en se brûlant légèrement, et sortit des tasses d'un placard. Quelques minutes plus tard, le plateau était enfin prêt avec tout ce qu'il fallait dessus, et il put l'apporter dans le living-room. Sonia délaissa alors sa contemplation de pantalons et chaussures dernier cri pour servir le thé. Les premières minutes de dégustation se passèrent dans un silence religieux, tous deux savourant cette boisson chaude qu'ils appréciaient particulièrement. Puis Peter reposa sa tasse à moitié pleine pour prendre la parole.

-Sonia, j'aimerais savoir pourquoi tu as ordonné à Mikaël et My de partir hier soir.

Le ton était calme et posé, même s'il bouillait de l'intérieur: ce n'était pas la première fois qu'il posait la question,
mais il s'était toujours heurté à un mur. Il espérait avoir plus de chance cette fois-ci, et pouvoir ainsi donner une explication décente à son ami.

-Je ne leur ai pas ordonné. Je les ai juste priés de partir, corrigea-t-elle entre deux gorgées de thé.
-Ca revient au même vu le ton que tu as employé, chérie, fit-il remarquer.
-Si tu le dis… Enfin, là n'est pas le problème. Je t'ai déjà dit que je ne voulais pas en parler, alors on n'en parle plus, déclara Sonia d'un ton toujours aussi doux, mais d'une fermeté à toute épreuve. Sinon, que penses-tu de ce tableau Peter? demanda-t-elle en attrapant un magazine d'une galerie d'art. Je l'ai vu tout à l'heure et j'ai pensé qu'il irait très bien dans le salon. Et avec…
-Sonia, ne détourne pas le sujet, s'il te plaît, l'interrompit-il d'une voix où on sentait poindre son agacement. J'ai envie d'en parler moi, alors on en parle. Est-ce que tu te rends compte de comment tu t'es comportée hier? C'était très irrespectueux envers eux! Comment je vais encore oser les regarder en face après que tu les aies jetés dehors comme des malpropres! Toute la soirée s'était très bien déroulée, et toi, tout d'un coup, sur un coup de tête, t'as décidé de les foutre à la rue! C'est contraire à toutes les règles de politesse Sonia!

Peter ne l'avait pas voulu, mais le ton était monté au fur et à mesure qu'il parlait, et l'attitude stoïque de Sonia n'arrangeait rien. Alors puisqu'il avait commencé à déverser son sac, autant continuer jusqu'à ce qu'il soit vide.

-Sonia, tu m'écoutes? Merde à la fin, réponds-moi! finit-il par crier.
-J'ai dit que je ne voulais pas en parler Peter, alors je n'en parlerai pas. Point barre.
-Nan mais regarde-toi, nom de dieu! T'as l'air d'une vraie gamine à ne pas vouloir parler de ce qui ne t'arrange pas!
-Moi!? Moi, j'ai l'air d'une gamine?! explosa-t-elle soudain. Nan mais tu t'es vu? Le gamin c'est toi! A ramener des gens que tu ne connais pas et qui ne te connaissent pas à la maison! Sans même me demander mon avis en plus!
-Comme si j'avais besoin de te demander pour faire le moindre truc!
-Ouais, t'en as besoin! Je te signale qu'on vit à deux dans cette maison. Et que tu dois me prévenir avant d'organiser des trucs! cria-t-elle d'autant plus énervée que la voix de My avec la fameuse question ne cessait de tourner dans sa tête. De toute façon, c'est clair: ils n'ont plus droit de remettre les pieds ici, tes amis.
-Je croyais qu'on vivait à deux dans cette maison, et qu'on devait prendre les décisions à deux! Ou alors t'es l'exception qui confirme la règle? cracha Peter, exaspéré par l'hypocrisie dont faisait montre Sonia. Ce sont mes amis, alors je les inviterai si je veux!
-Tes amis hein? Tu les as rencontrés où?
-Au boulot!
-Me prends pas pour une conne Peter! Ils ont dit qu'ils étaient cavaliers, pas inspecteurs!

A cet instant, Sonia s'était levée brusquement en jetant le magazine d'art par terre, pour montrer l'étendue de sa colère. Peter, nullement impressionné par ce débordement hystérique, s'était levé à son tour, et dominait sa compagne d'une bonne tête et demie.

-T'es vraiment bornée quand tu veux. Mikaël est consultant sur une enquête, et My est sa petite amie.
-Que tu n'avais jamais vu, je suppose, compléta-t-elle d'un ton ironique.
-Effectivement, confirma-t-il.
-Et pourtant tu la considères comme une amie.
-J'ai appris à l'apprécier lors du dîner, répliqua-t-il, soudainement plus froid que jamais.

Peter avait en effet cette capacité de passer en tout juste une phrase d'une colère rouge et exubérante, à un ton plus que froid, où se ressentait tout son mépris pour son interlocuteur. Cette technique, forgée par de nombreux interrogatoires, c'était la première fois qu'il l'utilisait face à Sonia, et celle-ci eut la désagréable impression de se retrouver au commissariat, face à l'inspecteur, et non plus face à l'amant. Elle en frissonna de peur, mais aussi de tristesse et de dégoût, pour cet homme qui ne rechignait pas à montrer un tel visage à celle qu'il aimait. Elle avala sa salive rapidement, pour se remettre de ses émotions, et répondit sur un ton dur.

-Et moi j'ai appris à la détester. Elle a osé me suggérer que tu me trompais!
-Et?

Peter, même s'il ne le montra pas, fut surpris par cette déclaration. C'était bien la dernière chose à laquelle il s'attendait. Il était en effet habitué aux plaisanteries de ses collègues, qui lui demandaient constamment s'il savait ce que Sonia faisait de son temps libre, ou qui déclaraient avec une pointe d'humour que son acharnement à travailler jusqu'à point d'heure la nuit amènerait Sonia à douter de sa fidélité. Il en avait ri jusque là, car il trouvait cela plutôt bon enfant. Alors que Sonia prenne les choses de cette manière, il trouvait cela disproportionné. Et il le lui fit savoir.

-La tromperie est monnaie courante de nos jours, reprit-il. Tout le monde trompe tout le monde, même ceux qui se font confiance. Franchement, je suis étonné que tu n'aies jamais pensé que je puisse te tromper, avec toutes les soirées que je passe au boulot! J'aurais très bien pu te mentir, même si je ne l'ai jamais fait. T'as vraiment fait toute une montagne de rien du tout! J'espère que tu vas t'excuser auprès de Mikaël et My.
-Certainement pas! Elle m'a provoquée! Je n'ai fait que répondre.
-Qu'est-ce que t'es puérile! Quand t'es comme ça, ça me donne vraiment envie d'aller voir ailleurs pour la première fois!

La gifle partit toute seule. Il l'avait vue venir mais n'avait rien fait pour l'éviter: après tout, il était allé trop loin. Lui suggérer qu'il aurait pu lui mentir n'était pas judicieux, mais lui déclarer de but en blanc qu'il voulait la tromper n'était vraiment pas la chose à faire.

Sonia resta stupéfaite devant son geste: c'était la première fois que l'un d'entre eux portait la main sur l'autre. Elle qui ne cessait d'imaginer l'amour parfait avec Peter, elle l'avait frappé. Tout le contraire du romantisme. Tout le contraire d'une bonne épouse. Choquée par sa propre attitude, mais ne regrettant rien, car elle estimait ne pas être en tort, elle s'enfuit et se réfugia dans la salle de bains de l'étage.

Peter, désorienté par cette dispute, la plus violente depuis qu'ils se connaissaient, se laissa tomber dans le fauteuil dès que Sonia quitta la pièce. Il avait terriblement envie de pleurer, mais les larmes refusaient de sortir. Peut-être qu'inconsciemment, il estimait que cela ne valait pas la peine de pleurer pour une dispute, pas la peine de pleurer pour avoir mis Sonia en colère, pas la peine de pleurer parce qu'il était un homme, et qu'il se devait d'être fort. Cependant, cela l'empêchait d'évacuer toute la tristesse qu'il ressentait, et celle-ci comprimait son cœur, annihilant au fur et à mesure les autres sentiments qui s'y trouvaient. Il se sentait lentement glisser sur une pente raide dont la fin se profilait par un anéantissement total de sa personne. Alors peu à peu, une idée s'imposa en lui: il devait parler à quelqu'un. Il devait se confier, pour éviter de finir complètement détruit. Lorsqu'enfin, après de longues minutes, il se fut résolu à appliquer cette idée, il prit son téléphone portable, rechercha machinalement le numéro de Mikaël, et appuya sur la touche "Appel".

-Allô Peter? Comment tu vas? Au fait, on se voit le week-end prochain? Y'a un concours vers Norfolk, débita le jeune cavalier à toute allure.
-Mikaël… murmura Peter, la voix soudainement cassée.
-Pete? Ca va? Tu m'as pas l'air bien, s'inquiéta-t-il.
-Mikaël…

Et enfin les larmes se frayèrent un chemin le long des joues de Peter.
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17 avril 2009 5 17 /04 /avril /2009 11:58
Bonjour, bonjour (ou bonsoir, bonsoir, ça dépend de quelle heure il est chez vous :-P )

Alors pour inaugurer cette section Musique, j'ai décidé de vous parler non pas de mon groupe préféré (Indochine), et pas non plus de mon 2ème groupe préféré (The Ark), mais du groupe qui me fait écrire: Melody Club. Eh oui! Ce groupe a cette particularité: que j'aie ou non du mal à écrire, je le mets sur ma chaîne hi-fi, et c'est bon, c'est parti! Je peux écrire des pages et des pages. C'est un phénomène très bizarre que je n'explique pas, mais bon, je ne me suis pas acharner à trouver une raison à ça non plus. :-P

Alors j'arrête de tergiverser et je vous le présente!




Melody-Club.jpg



Rapidement, il s'agit d'un groupe de cinq suédois (relativement déjantés si vous voulez mon avis) qui font de la pop (en chantant en anglais, pour ceux que le mot "suédois" aurait effrayé) dans ce grands pays nordique qu'est la Suède, où ils sont plutôt populaires. Malheureusement pour moi, ils ne se sont pas exportés, alors pour les concerts, faudra que je me déplace jusque là-bas. Pas que ça me gène en soi, mais niveau dates, disons qu'il y a quelques incompatibilités. :'(

Bref, cessons de s'apitoyer, et passons aux membres de ce groupe!
- chant: Kristofer Östergren (qui a des jambes tellement minces et longues qu'on se demande quand elles finissent! XD) (on ne peut pas le louper lui! Au centre toute!)
- guitare: Erik Stenemo (le cousin du psychopathe, là plus bas) (le blondinet)
- claviers: Jon Axelsson (je l'aime bien lui ^^) (celui qui a froid et qui porte un manteau)
- basse: Niklas Stenemo (surnommé le psychopathe par une amie et moi-même, parce qu'on n'arrivait pas à savoir son nom, et que sur le clip, on ne distinguait pas bien son instrument. Maintenant qu'on sait tout ça, on l'appelle le bassiste psychopathe! XD ) (celui à chemise et bretelles)
- batterie: Andy A. (ça me rappelle toujours les Rita Mitsouko, son nom) (tout à gauche)

Comment je les ai découverts, vous demandez-vous? Par l'intermédiaire de mon 2ème groupe préféré, The Ark, qui est aussi un groupe suédois. Or comme ces deux-là s'entendent comme larrons en foire, quand on en connaît un, on finit forcément par découvrir le 2ème.
La première chanson d'eux que j'ai écouté, c'est Fever Fever, et j'ai de suite accroché, à la fois à la chason, et à la fois au clip, avec cette ambiance sale et enfumée de boîte de nuit, et tous ces corps qui dansaient plus ou moins sur la musique, avec ces flashs du groupe de temps en temps. Ensuite, j'ai été complètement accro à Electric, puis à Wildhearts (et à son clip, accessoirement) et à Boys in the girls room.
Heureusement, j'ai réussi à me procurer leurs deux premiers albums (Face the Music, et Music Machine) assez rapidement (et non, pas par internet, mais en allant les acheter sur place ^^ ), et j'ai le 3ème (Scream) depuis Noël.
Pour l'instant, je n'ai pas encore eu la chance de les voir en live, mais je ne désespère pas. Mais d'après ce que j'ai vu sur Youtube, ils ne sont pas trop mauvais, et même plutôt bon. Et puis, Kristofer fait exactement les mêmes mouvements sur scène, en jouant avec le fil rouge de son micro, que dans les clips, et rien que pour ça, à mon avis, ça vaut le détour! XD

Sinon, côté albums, qu'est-ce que ça donne?
-Music Machine (2002)
-Face The Music (2004)
-Scream (2006)
-Goodbye To Romance (qui sortira le 22 avril prochain)

Un peu d'histoire, pour ceux qui veulent vraiment en savoir plus, sinon, passez directement à la suite.
    Le groupe, originaire de Växjö (Suède), s'est formé en janvier 2000. Il est alors formé de Kristofer Östergren (chant), Erik Stenemo (guitare) et Jon Axelsson (claviers). Ils sont rejoints plus tard part Magnus Roos (basse) och Richard Ankers (batterie).
    Leur premier album, Music Machine, sort en 2002 et leur premier single, Palace station, fait un véritable carton en Suède (9ème dans les charts suédois), ainsi qu'en Allemagne. Les anglais de NME les qualifient même de "Abba with balls"!!! La même année sort un deuxième single, Electric, qui lui se place à la 18ème place des charts suédois, et l'année suivante, Cover Girl occupe la 37ème place des charts suédois.
    En 2004, leur deuxième album, Face the Music, atterrit dans les bacs. Baby (Stand Up), qui se place à la 2ème place des charts suédois, est joué très souvent à la radio. Les autres singles de l'album, Boys in the gril room, Wildhearts et Take me away, remportent également un succès tout à fait respectable.
Le succès est alors bien présent: les chansons de Melody Club sont en effet jouées sur diverses radios un peu partout dans le monde: Suède, Danemark, Allemagne et même Japon!
    2005 voit fleurir quelques changements au sein du groupe. Niklas Stenemo (cousin de Erik, le guitariste, et ancien clavier live de The Ark (puisque que je vous dis qu'ils sont amis!): c'est lui mon p'tit psychoptahe ^^) remplace Magnus Roos à la basse; et Andy A. prend place derrière les caisses.
    Le 8 novembre 2006, le troisième album, Scream, qui a été enregistré entre Malmö, Stockholm et Copenhague, est enfin disponible. Le premier single, Destiny Calling, est beaucoup joué sur la radio suédosie à l'époque (15ème des charts). Deux autres singles suivent: Fever Fever (32ème), qui apparaît dans le jeu FIFA 2008 de EA Games, et Last Girl On My Mind (27ème).
    Leur quatrième album sortira le 22 avril.


Quelques liens, on sait jamais, ça peut servir. ^^
[Site officiel] Actuellement en cours de (re)construction
[MySpace]

Et maintenant, le meilleur pour la fin! Voilà de quoi vous décrasser les oreilles! Je ne vous mets que les titres dont j'ai parlé de comment je les ai découverts. Pour les autres titres, je vous laisse, vous et votre ami Youtube. :-P

Fever Fever, pour commencer.


Electric


Wildhearts


Boys in the girls room


J'espère que vous donnerez votre avis, si jamais vous écoutez l'une des chansons. ^^
Et si jamais, ô grand jamais, ça vous fait le même effet qu'à moi (c'est à dire celui d'un anti-syndrome de la page blanche), dîtes le moi! Je me sentirai moins seule! XD
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Published by Skorpan - dans Musique
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13 avril 2009 1 13 /04 /avril /2009 12:49
Bien le bonjour à vous chers lecteurs et chères lectrices! =)

J'ai décidé d'essayer de tenir le rythme d'une parution de texte tous les lundis, que ce soit de Crampons et autres fantaisies hippiques, ou d'autre chose (OS, fics en anglais, autres fics...). Les autres articles (fics en suédois, musique, livre...) seront publiés à n'importe quel moment de la semaine, sans tenir compte du rythme d'un article par semaine.

Je vous laisse maintenant en compagnie de Mikaël et My, et bien sûr, je vous souhaite une bonne lecture! =D








     La sonnerie stridente d'un réveil déchira le silence de la chambre. Quelques tâtonnements, le bruit sourd de quelque chose qui tombe par terre, la sonnerie qui repart de plus belle, et une voix grognon et énervée qui s'élève enfin.

-Putain My! T'aurais pas pu enlever ton réveil!

Mikaël se retourna plusieurs fois dans le lit avant de se retrouver face à face avec My, pour s'apercevoir qu'elle dormait encore paisiblement. Apparemment, toute la cacophonie qui venait d'avoir lieu ne l'avait absolument pas dérangée, alors que le jeune homme s'était réveillé en sursaut. Il décida donc de mettre en avant son côté sadique pour la faire sortir du lit: il repoussa la couette jusque sur ses hanches et lui asséna une grande claque sur son flanc gauche. Le coup de pied partit aussitôt, comme un réflexe, et un long gémissement étouffé se fit entendre.

-Putain, t'es violente dès le matin toi! En plein dans les parties… Ca fait vachement mal.
-Et alors? Je crois que j'ai eu ma dose aussi, nan? répliqua My, qui s'asseyait doucement sur le lit tout en s'étirant.
-Ouais, mais quand même… Et puis aussi pourquoi t'as mis un réveil? On est dimanche putain! Ce qui veut dire grasse matinée, et là, il est six heures du matin. Ce qui veut dire qu'on n'a dormi que quelques heures… Eh, tu m'écoutes? reprit-il après un petit moment.
-Oui, oui, répondit-elle, sortant de sa perplexité. Donc le réveil a sonné?
-Et pas qu'un peu si tu veux mon avis! Je sais pas comment t'as fait pour pas l'entendre!
-Ah, je suis désolée, j'avais oublié de l'enlever, dit-elle tout simplement. Et puis tu sais très bien que je suis un peu dure d'oreille depuis…

Elle fronça les sourcils et ne finit pas sa phrase. En voyant cela, Mikaël se dit qu'il faisait vraiment un piètre meilleur ami: lui rappeler de mauvais souvenirs n'était pas la chose à faire un dimanche matin. Alors il se releva tant bien que mal, et s'assit tout à côté d'elle pour l'enlacer.

-Je suis désolé… murmura-t-il.
-Je sais.
-Tu veux quoi pour le petit déjeuner?
-Eh! C'est chez moi ici, donc c'est à moi de te proposer.
-Nope, t'as été assez gentille pour m'héberger et me filer une place dans ton lit cette nuit, alors je peux bien préparer le petit déjeuner.
-D'accord, concéda-t-elle immédiatement, déjà lasse à l'idée d'argumenter avec Mikaël.
-Alors tu veux quoi?
-Dormir, dit-elle tout en baillant, puis elle se laissa tomber en arrière et ramena la couette sur elle. Et tu devrais en faire autant, tu bosses cette après-midi, nan?
-Ouais, je dois être au club à 14h.
-Ok. Bonne nuit.
-Bonne nuit My.

Quelques froissements de draps plus tard pour trouver la position idéale, Mikaël était prêt à s'endormir lorsque d'une petite voix, My lui fit part d'une dernière chose. Toujours la même à chaque fois qu'ils dormaient ensemble.

-N'en parle pas aux autres s'il te plaît. Il ne se passe rien entre nous, donc c'est pas la peine qu'ils aillent s'imaginer des trucs.

Il répondait alors invariablement.

-Bien sûr, croix de bois, croix de fer, si je mens, je vais en enfer.
-Merci, et elle s'endormit paisiblement.


     Il n'était pas loin de 11h lorsque Mikaël se réveilla de nouveau. Il se redressa doucement pour ne pas déranger sa meilleure amie avant de s'apercevoir que ce n'était pas la peine: My était déjà levée et s'activait apparemment dans la minuscule cuisine de son petit appartement. Pris d'un accès de paresse, il décida de ne pas se lever pour aller l'aider et lui cria qu'il voulait trois œufs et du bacon.

-Espèce de morfale va!
-Roh, ça va! C'est juste que vu l'heure, je me suis dit qu'on pouvait faire brunch.
-Pas faux, admit My, affairée avec le bacon. Allez viens m'aider un peu Mikaël.
-T'es sûre que t'as besoin d'aide? demanda-t-il, espérant de tout cœur une réponse négative.
-Oui, alors tu bouges ton cul du lit et tu viens. Sinon, c'est moi qui viens te chercher et ça va pas être agréable.
-Ce que tu peux être vulgaire dès le matin.
-C'est toi qui m'as rendue comme ça, mon chou.
-Oh, s'teu plaît, garde tes "mon chou" pour quand on joue au couple, soupira Mikaël, pressentant déjà la dispute qu'ils allaient avoir.
-Comme hier soir, devant ton graaaaand copain l'inspecteur.
-Ou comme devant tes grands-parents paternels, qui sont assez bêtes pour vivre dans une communauté mormone.
-Arrête! Ne parle pas de ça! Tu sais très bien pourquoi je te fais passer pour mon mari devant eux.
-Et toi aussi tu sais pourquoi je t'ai demandé ce service hier soir. Alors me fais pas chier avec ça!

Mikaël, furieux, avait haussé la voix, et pour éviter que la conversation ne dégénère encore plus, il partit s'enfermer dans la salle de bains. Il claqua bien fort la porte pour montrer à quel point il était énervé, puis il se laissa glisser à terre contre elle. La tête entre les bras, les bras sur les genoux, il se mit à sangloter nerveusement. Puis de nerveux, ses sanglots devinrent réels, et se transformèrent peu à peu en un véritable torrent de larmes qu'il ne chercha pas à arrêter. De toute façon, tout le monde le savait: les torrents, il ne fallait pas les contrarier, car sinon ils dévastaient tout sur leur passage.

-T'aurais pas pu fermer ta grande gueule pour une fois, Mikaël, murmura-t-il pour lui-même lorsque ses pleurs se furent un peu calmés. Faut toujours que tu l'ouvres… Même pas capable de te contrôler cinq minutes. T'es qu'un minable, Mikaël! Un minable doublé d'un sale con! Oser lui rappeler cet accident à la con dès le matin, c'est
lamentable. Et ensuite enchaîner sur ses grands parents mormons, alors que tu sais que c'est un sujet sensible! Tout ça parce que t'acceptes pas qu'on s'oppose à toi! T'es vraiment qu'un sale con, Mikaël!

Soudain, ses récriminations contre lui-même cessèrent et ses pensées se posèrent lentement sur un sujet qu'il n'appréciait guère: le mormonisme des grands parents de My. Pourtant, cette fois-ci, il s'obligea à y réfléchir, s'infligeant par là même une punition volontaire, croyant ainsi pouvoir se pardonner ses paroles.

La première fois qu'il avait fait connaissance avec les grands parents de My, c'était environ six ans après l'avoir rencontrée. Ils venaient de se convertir au mormonisme, sur un coup de tête d'après son amie, et celle-ci souhaitait mettre fin à cette lubie le plus rapidement possible. Elle avait donc décidé d'aller les voir dans leur villa de Cape Cod. N'aimant pas conduire seule, elle avait obligé Mikaël à l'accompagner, et il avait accepté de bonne grâce, trouvant là l'occasion d'aller à la mer se détendre un peu. Seulement, rien ne s'était passé comme ils l'avaient imaginé: les grands parents étaient restés fermement campés sur leur position, et avaient tentés d'amener My de leur côté. Lasse, la jeune femme avait fini par déclarer, au bout de plusieurs heures d'une discussion houleuse, que Mikaël était son mari, et que c'était pour cela qu'elle n'adhérerait pas au mouvement: elle ne pouvait décemment pas le laisser seul du "mauvais côté". Stupéfaits, les aïeux s'étaient tus pendant quelques instants, puis avaient repris la conversation là où ils l'avaient laissé, essayant cette fois-ci de convaincre Mikaël. Et le jeune homme avait eu bien du mal à se retenir d'être grossier, surtout au vu de leur indifférence concernant son pseudo mariage avec leur petite fille. Depuis, My avait fini par accepter le choix de ses grands parents, à défaut de le comprendre, mais prenait bien soin de se faire accompagner par Mikaël à chaque fois qu'elle les voyait. Il était son rempart contre leur continuel assaut mormon, mais aussi contre les blessures qu'ils pouvaient s'infliger les uns aux autres. Et cela il l'avait très bien compris. Alors lui reprocher de jouer au couple devant eux n'était pas quelque chose à faire. Absolument pas.

De légers coups à la porte interrompirent ses réflexions de plus en plus sombres, et une petite voix cassée le sortit définitivement de son abattement.

-Mikaël… tu peux ouvrir s'il te plaît? … J'ai besoin d'aller aux toilettes.
-Oui, attends.

Il se leva rapidement, ouvrit la porte et prit spontanément My dans ses bras.

-Je suis désolé My. Je suis vraiment désolé. Je suis qu'un con. Pardon, pardon, pardon.
-T'inquiète pas, va. J'ai aussi ma part de responsabilité dans notre situation actuelle. Et puis si on se disputait pas de temps en temps, on serait pas meilleurs amis, pas vrai?
-C'est pas faux, admit timidement Mikaël.
-Bon maintenant, tu me laisses passer sinon je vais me faire dessus, dit-elle en rigolant.
-Ok, ok, vas-y!

Mikaël s'écarta en rigolant puis referma la porte derrière elle. Il se dirigea doucement vers la cuisine en se disant qu'il avait quand même bien de la chance d'avoir une meilleure amie telle que My. Arrivant près du plan de travail, il jeta un coup d'œil au bacon qui avait brûlé, puis à l'horloge qui indiquait midi: il ne lui restait qu'une heure avant de devoir partir pour le club. Le mieux était donc de préparer quelque chose de rapide. Il sortit de la semoule d'un des placards, prit des œufs dans le frigidaire, ainsi que des tomates, un poivron, et quelques cornichons, et lorsque My revint, le brunch était quasiment prêt. Elle installa deux assiettes sur la petite table du salon, et Mikaël arriva bientôt avec le repas. Les premières minutes passèrent dans un silence presque complet, brisé par les bruits des couverts contre l'assiette et des mâchoires qui s'entrechoquent. Puis après avoir avalé sa part d'omelette, My prit la parole.

-Mikaël, tout à l'heure t'as dit que je savais pourquoi tu m'avais demandé de jouer au couple hier soir. Mais en fait je ne sais pas…
-Hein? fit-il la bouche pleine, avant de se reprendre. Pardon? Je vois pas ce que tu veux dire?
-Tu sais, quand je te demande de jouer mon mari devant mes grands-parents, c'est pour éviter tout leur truc de conversion au mormonisme, et essayer de passer une après-midi agréable. Mais toi hier, t'avais aucune raison valable de me faire passer pour ta petite amie. Je veux dire, on aurait très bien pu y aller en disant qu'on était amis. Je ne crois pas que Peter l'aurait mal pris que t'amènes ta meilleure amie.
-Mais Sonia peut-être, répliqua Mikaël, tout d'un coup beaucoup plus attentif à ce que disait My.
-Tu ne la connaissais, donc tu ne pouvais pas savoir. En plus, Peter t'a dit d'amener quelqu'un, pas d'amener ta petite amie.
-C'est vrai, reconnut-il. Mais quand on dit ça, on sous-entend souvent petite amie. Et puis en fait, j'ai pas pensé qu'on pouvait y aller comme ça. Ca m'a même pas traversé l'esprit.
-Arrête Mikaël, tu t'enfonces là, déclara My d'un ton ferme, en le regardant droit dans les yeux.
-Comment ça? fit-il d'un ton étonné, mais en détournant les yeux.
-Je te l'ai dit, qu'on pouvait y aller comme des amis. Je m'en souviens très bien, t'allais monter sur Jawack, et tu m'as répondu qu'il en était hors de question.

Mikaël resta silencieux devant l'évidence, puis reprit la parole d'un ton las.

-Qu'est-ce que tu veux que je te dise? Je ne sais pas! Je ne sais pas pourquoi j'ai fait ça!

Ses yeux rencontrèrent ceux de My, et elle put y lire toute l'incertitude et tous les doutes qui habitaient Mikaël à cet instant même. Elle réalisa alors comment il se sentait: totalement dévasté et anéanti, car le peu de confiance qui était resté en lui depuis ce concours catastrophique en mars s'était envolée. Les quelques larmes qui perlaient au coin des yeux du jeune homme confirmèrent tout ceci à My, alors elle se leva pour l'enlacer comme lui l'avait fait plus tôt.

-Sssch, ça va aller Mikaël. Ca va aller. T'as pas à t'en faire. Tout va bien.
-Mais non, rien ne va, sanglota-t-il. Je fais n'importe quoi!
-C'est faux, répliqua My d'une voix à la fois douce te ferme. Et tu le sais très bien.
-Mais j'arrive pas à monter comme avant. Je suis nul, j'arrive à rien… continua-t-il sans prendre en compte les paroles de My.
-Faire une puissance de 1m40, et réussir un sans faute sur un parcours de 12 obstacles à 1,20-1,25, t'appelles ça "arriver à rien"? Bah alors t'as des exigences du feu de Dieu toi! dit-elle en rigolant, essayant ainsi de le détendre.
-Ouais, bon j'avoue je m'en suis pas mal sorti sur ce coup là.
-Et pas que sur ce coup là si tu veux mon avis, renchérit My.
-Mouais… mais…

Le ton de Mikaël était hésitant, plein de doutes: il ne voulait pas aborder le sujet suivant mais il savait qu'il devait le faire. Alors il fit comme quand il devait prendre un médicament au goût affreux: il respira un bon coup et se lança.

-Je crois que j'ai merdé à propos de Peter.
-Comment ça? le questionna My pour l'encourager à continuer sur sa lancée.
-Bah, il est inspecteur, je suis suspect. J'aurais jamais dû le recontacter.
-Mais c'est lui qui t'avait donné sa carte.
-Oui, mais même. C'est pas bon cette relation, on devrait pas être amis. En plus, j'ai l'impression que j'ai foutu la merde dans son couple hier. Déjà que ça m'a pas l'air d'aller très fort entre eux…

Il soupira longuement et My en profita pour passer sa main dans les cheveux bruns et encore en désordre du jeune homme.

-Tu sais Mikaël, s'ils rompent tous les deux, ça ne sera pas de ta faute. C'est pas en un dîner que tu détruis un couple, mais en plusieurs années. S'ils se séparent, ça sera à cause d'eux, d'accord?
-Ouais, mais je serais peut-être la goutte d'eau qui fera déborder le vase.
-Justement, tu ne seras qu'une goutte d'eau parmi toutes les autres qui remplissent le vase. Tu comprends?
-Oui, je crois.
-Très bien. Maintenant, réponds-moi franchement: est-ce que tu regrettes d'avoir recontacté Peter, malgré le fait que vous soyez tous deux impliqués dans cette affaire de dopage?
-Non, absolument pas! répondit Mikaël vivement.

My rigola franchement devant la réaction plus que rapide de son ami, et passa de nouveau sa main dans sa chevelure brune.

-Dans ce cas, tout va bien! Si tu veux mon avis, vous étiez faits pour être amis. Parce que à voir la vitesse avec laquelle t'as sympathisé avec lui… D'habitude tu mets des mois avant d'accepter clairement une relation amicale avec quelqu'un, et là, un déjeuner, et hop! C'est bon, t'es ami avec lui! Même avec moi ça a pris plusieurs semaines avant que tu n'acceptes de venir déjeuner à la maison, se souvint-elle en rigolant. Le seul truc avec vous deux, c'est que les circonstances de votre rencontre sont un peu particulières, donc il faudra que vous fassiez attention tant que l'enquête ne sera pas résolue. Mais je ne crois pas que ça sera une grande entrave à votre amitié.
-T'es sûre? murmura Mikaël, son ton étant devenu celui d'un enfant pris en faute.
-Comment ça?
-T'es sûre qu'on est juste amis? reprit Mikaël encore plus bas, et en baissant les yeux.
-Ca, c'est à toi de me le dire, nan? … Alors, qu'est-ce que t'en penses?
-… Je sais pas. C'est tout embrouillé dans ma tête. C'est pas clair comme avec toi, expliqua-t-il en fixant toujours le sol, avant de relever brusquement la tête pour continuer. Tu vois, quand on a déjeuné ensemble, je lui ai expliqué plein de trucs sur l'équitation. Et pendant ce temps là, il a pas arrêté de me fixer… de me mater même je dirais, ajouta-t-il en rougissant.
-Et…
-Et je sais pas… J'ai trouvé ça agréable de me dire qu'il me trouvait attirant.
-Et toi, tu le trouves attirant? demanda My, un grand sourire aux lèvres, et plus qu'intéressée.
-Objectivement, je peux clairement dire qu'il est beau, affirma Mikaël.
-Et subjectivement? demanda-t-elle, obtenant peu à peu la confirmation de ses réflexions de la veille.
-Subjectivement… je sais pas.

Mikaël avait rougi, et en détournant la tête pour éviter les yeux curieux de My, il avait aperçu l'horloge et l'heure plus que tardive.

-Merde! jura-t-il. Il est moins cinq! Bon, je me prépare et je file. Merci pour le brunch, le lit et pour hier, My!

Il se précipita sur ses vêtements, les enfila rapidement, passa un coup de brosse dans ses cheveux et se rua sur la porte d'entrée. Avant de refermer la porte, il se retourna une dernière fois.

-Désolé de te laisser tout en bordel. Je me ferai pardonner, promis!
-T'inquiète pas pour ça, lui répondit My en souriant. Et pour te faire pardonner, t'as qu'à réfléchir sérieusement à la conversation qu'on vient d'avoir.

Le jeune homme piqua un fard, la traita d'idiote et partit enfin.
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6 avril 2009 1 06 /04 /avril /2009 17:30
Voili voilou! Une nouvelle suite de Crampons et autres fantaisies hippiques!

Je préviens tout de suite: j'ai commencé à publier cette fic sur un forum également, sous le même pseudo (à peu près). Donc il n'y a pas plagiat. D'ailleurs, cette suite a été publiée d'abord sur le forum en question, et maintenant ici. Ca sera d'ailleurs le cas pour le reste des suites je pense, car je publier par plus petits bouts sur le forum.

Sinon, je vous souhaite de passer une bonne soirée en compagnie de Mikaël, Peter, My et Sonia! Et bien sûr, une bonne lecture! (en espérant quelques commentaires, pour savoir ce que vous en pensez ^^)


Au passage, vous remarquerez que j'ai fait quelques changements dans la présentation du blog, etc. Ca va probablement évoluer au fil des mois selon mes envies et mes goûts du moment. Et aussi, j'ai mis une page "Résumés", pour ceux qui veulent un aperçu du contenu de mes écrits; ainsi qu'une page FAQ. Je vous laisse découvrir par vous-mêmes. ^^







     L'apéritif avait été plutôt houleux, chacun restant campé sur ses positions. Sonia avait persisté dans son opinion que l'équitation n'était pas un sport, et avait à peine écouté les arguments posés et construits de My. Mikaël menaçait d'imploser de rage à tout moment, et la transformation de la soirée en combat de catch avait miraculeusement été évitée grâce à Peter. En effet, celui-ci était intervenu à plusieurs reprises et avait dû user de son autorité face à Sonia et Mikaël qui n'en démordaient pas. La discussion avait donc été close sans que l'avantage n'ait été donné à aucun des deux partis. Le reste du repas se déroula alors dans une ambiance plus détendue, la cuisine de Peter y aidant pour beaucoup. En effet, les plats étaient délicieux et après quelques félicitations sincères de la part des invités, les conversations démarrèrent enfin. Peter engagea la discussion avec My et lui posa toutes sortes de questions à propos de la Suède, pays d'origine de la jeune femme. Cette dernière y répondait avec enthousiasme, ce qui ne présageait rien de bon pour le compte en banque de l'inspecteur. Elle avait en effet réussi à donner envie à Peter d'aller faire un tour dans ce pays nordique, et plus particulièrement dans sa capitale. Quant à Mikaël et Sonia, ils avaient entamé un débat sur la politique américaine et continuaient ainsi à se disputer, à cause de leurs opinions relativement opposées. Mais cela se passait de façon beaucoup moins violente qu'en début de soirée, et ils en venaient peu à peu à s'apprécier l'un l'autre.

Après avoir avalé le dessert, un délicieux mélange de sorbets aux fruits rouges, et discuté quelques minutes, Peter déclara qu'il allait fumer une cigarette dans le jardin. Il invita Mikaël à le suivre, et celui-ci faillit refuser, ne fumant pas et ne voulant pas s'encrasser les poumons par tabagisme passif. Mais au moment où il ouvrit sa bouche, il se rappela soudainement de la raison de ce dîner, et accepta donc avec entrain de suivre Peter à l'extérieur. Une fois dehors, il laissa l'inspecteur fumer sa cigarette tranquille. Par expérience, il savait que certains fumeurs n'aimaient pas être dérangés lors de ce moment, le manque les rendant agressifs. Cependant, lorsqu'il sortit une deuxième cigarette de son paquet, il lui lança un regard circonspect et Peter le remarqua.

-T'en veux une? demanda-t-il en tendant le paquet.
-Non merci, je ne fume pas.
-Ah, c'est vrai… Un sportif doit faire attention à sa santé…
-Oui, mais c'est pas uniquement ça. C'est juste que j'ai pas envie de mourir à 50 ans d'un cancer des poumons ou d'un accident cardio-vasculaire à cause de cette saloperie. D'ailleurs tu devrais faire attention toi aussi. En plus, il paraît que ça réduit la fertilité, et je parie que Sonia doit vouloir des enfants, dit Mikaël en rigolant légèrement.
-Sonia oui, moi… répondit alors Peter évasivement.
-Vous êtes pas d'accord sur ce sujet-là? questionna le cavalier d'une voix douce.
-On est pas d'accord sur pleins de choses… soupira-t-il.

Un silence s'installa entre les deux hommes. Mikaël attendait que Peter veuille bien se confier: il sentait que celui-ci en avait besoin, et avec les années, il avait appris à être une oreille attentive aux confidences de ses amis, leurs problèmes éclipsant un instant les siens. Quant à Peter, son esprit vagabondait parmi quelques souvenirs de sa vie pendant ces six dernières années, des souvenirs de sa vie de couple. Il pensait que tout allait bien entre eux, que c'était comme cela que ça se passait dans tous les couples, alors il ne ressentait pas le besoin particulier d'en parler. Toutes ces petites disputes, toutes ces fois où il avait tu son opinion, toutes ces fois où il s'était ruiné pour un bijou, tous ces petits riens qu'il avait faits pour la rendre heureuse sans qu'il n'ait rien eu en retour à part de temps en temps quelques reproches, c'était normal. C'était ainsi que cela devait se passer, parce que les femmes sont des êtres capricieux et égoïstes. Il ne pouvait donc pas s'en plaindre. Pourtant, chaque jour il se demandait pourquoi il avait le cœur si lourd, pourquoi il n'arrivait plus à ressentir tous ces sentiments qu'il avait à l'adolescence. Et pourquoi, depuis qu'il avait rencontré Mikaël, il ressentait tout cela encore plus nettement. Peut-être était-ce parce que le jeune homme semblait vivre comme il l'entendait… tout le contraire de lui.

-Tu veux en parler? finit par dire Mikaël, voyant que Peter ne se lancerait pas de lui-même.

La voix du cavalier, pourtant douce, fit sursauter l'inspecteur, perdu dans ses pensées. Il lui jeta un coup d'œil, puis contempla le ciel bleu nuit et les quelques étoiles visibles.

-Non, pas vraiment, répondit-il faiblement. Je suppose que c'est la même chose pour tout le monde, alors c'est pas la peine d'en faire tout un fromage… Ca doit être moi qui… M'enfin, c'est pas pour parler de ça qu'on est là! reprit-il d'une voix plus forte. Tu voulais me poser des questions sur l'enquête, alors je t'en prie!

Pris au dépourvu, Mikaël dit la première chose qui lui passa par la tête.

-Bah raconte-moi tout, du début jusqu'à aujourd'hui.
-Oulà! Ca risque de prendre longtemps ça tu sais. Ca te va si je te fais un résumé très très court?
-Du moment qu'il y a l'essentiel et que je comprends, ça me va, sourit Mikaël.

Peter lui sourit en retour et réfléchit quelques instants à comment commencer son récit.

-Si je me souviens bien, la première fois qu'on s'est vu, c'était mi-mars.
-Oui, c'est ça. Tu m'avais bousillé mon parcours.
-Désolé, s'excusa Peter de nouveau.
-Bah, je t'en veux pas… Ou plutôt je t'en veux plus. C'était un des premiers concours de la saison, y'avait pas une somme énorme à gagner. Et Will m'a beaucoup aidé par la suite. Bon je ne roule toujours pas sur l'or, mais j'ai au moins évité les huissiers et commencé à rembourser la banque. Et puis ça a aussi été un prétexte à un séjour en Allemagne, où je voulais aller depuis longtemps. Et en plus j'ai gagné un peu d'argent là-bas! Alors tu vois, finalement, c'était peut-être pas plus mal que je foire ce concours, conclut-il avec un sourire presque reconnaissant.
-Tant mieux! soupira Peter, comme si on venait de lui enlever un poids de la conscience. Je t'avoue que ça m'a pas mal turlupiné cette histoire.
-T'en fais pas, va! Ca va mieux… Et maintenant, continue sur l'enquête, l'encouragea Mikaël.
-Ok. Alors je disais: on s'est rencontré mi-mars. A ce moment-là, ça faisait un peu plus de deux semaines qu'on avait démantelé un gros réseau de drogue sur la côté Est. On a attrapé quelques gros dealers, mais on a pas réussi à faire tomber les vrais chefs. M'enfin, on a quand même eu la liste de pas mal de leurs clients… réguliers dirons-nous. Et parmi ceux-là, il y avait quelques personnes du monde hippique: un ou deux entraîneurs, un proprio qui a des chevaux qui marchent bien, et deux anciens champions si je me souviens bien. Bref, on a trouvé que ça faisait un peu trop pour que ce ne soit qu'une simple coïncidence. Donc on a commencé à enquêter là-dessus. Mais ça a filtré très vite à l'extérieur, la rumeur de dopage s'est répandue comme une traînée de poudre, et tu connais la suite.
-Les journaux s'en sont emparés, continua le cavalier, et la fédé a voulu régler le problème au plus vite. Pour pas que ça porte trop atteinte à l'image de l'équitation etc etc. Et elle a mis en œuvre de gros moyens financiers pour que vous résolviez l'affaire.
-Oui, c'est ça… Le seul problème c'est que ça n'avance pas aussi vite qu'on l'aurait voulu…

Peter soupira alors bruyamment et passa sa main gauche dans les cheveux, las. De sa main droite, il porta la cigarette à ses lèvres et en tira une dernière bouffée. Puis il l'écrasa au sol en maugréant qu'il avait encore gâché une cigarette: elle s'était consumée toute seule pendant qu'il réfléchissait.

-Ca avance rarement aussi vite qu'on le voudrait Peter. C'est comme ça la vie, on doit faire avec, dit Mikaël d'un ton apaisant, le regard vague.
-Peut-être… mais là, ça piétine carrément. Et plus ça piétine, plus on a de pression sur le dos… Et certains finissent par craquer, alors qu'on a tout juste deux mois d'enquête derrière nous.

Il fit une pause pour sortir pour sortir une nouvelle cigarette du paquet, puis se ravisa en voyant le regard noir de Mikaël.

-Et…
-Et d'habitude, ce genre d'enquête dure plusieurs années. Alors ça promet pour la suite.
-Ah… d'accord. Et pourquoi elle piétine l'enquête?
-Parce qu'on a aucun résultat concluant! Toutes les analyses qu'on a faites faire ne mènent à rien! Pareil pour les perquisitions! On en devient complètement dingues au bureau! s'exclama Peter.

Il commençait à s'énerver, à faire les cent pas devant Mikaël et à agiter les bras dans tous les sens. Il élevait de plus en plus la voix, jurant contre ces "foutus tests à la con qui sont même pas capables d'être en accord avec les perf des sportifs" et contre "ses chefs qui comprennent rien à la vie", et contre tout un tas d'autres choses que Mikaël renonça à comprendre. Mais il avait saisi l'essentiel de ce qu'il voulait savoir au milieu des récriminations de l'inspecteur, et sa curiosité était maintenant satisfaite. Lorsqu'au bout de dix minutes, une fenêtre s'alluma à la maison voisine, avec apparemment une vieille dame qui regardait vers le bout de jardin où ils se tenaient, le plus jeune se décida à intervenir.

-Peter, c'est bon? Tu t'es bien défoulé? Tu peux te calmer maintenant?
-Non! Je suis pas calme du tout! Et je vais te dire pourquoi!

Peter repartit alors dans de longues explications embrouillées sur le déroulement de l'enquête, et sur les trafics de drogues, et Mikaël soupira, se passant une main sur le visage.

-Et c'est reparti pour un tour…

Il s'approcha rapidement de son ami et entreprit de le faire taire de la manière la plus vulgaire qu'il soit.

-Pete! Ta gueule! cria-t-il.

Surpris, celui-ci resta coi, la bouche ouverte, et Mikaël en profita pour l'attraper par le col de la chemise et le ramener dans le salon, avant qu'il ne décide de recommencer.


     Les garçons venaient de quitter le salon pour aller fumer dehors, et My se demandait de quoi elle allait bien pouvoir parler avec Sonia. Peut-être de la Suède, comme avec Peter. Ou alors peut-être de politique. Elle avait entendu la conversation de la jeune femme avec son meilleur ami lors du repas, et celle-ci était restée très courtoise. Ce n'était donc pas un sujet à risque, comme l'équitation. La jeune suédoise se torturait encore les neurones à la recherche d'un sujet de conversation quand Sonia revint de la cuisine, où elle avait fait un peu de rangement. Elle s'assit dans le canapé, non loin de My, et tourna légèrement le buste pour être le plus en face possible de son interlocutrice. Puis elle entama sans détour la conversation, d'un ton se voulant assuré.

-My, puis-je te poser une question délicate? Et peut-être indiscrète…
-Bien sûr, mais je me réserve le droit de répondre ou pas alors, dit My en rigolant un peu pour ne pas tendre l'atmosphère dès le début.
-On voit tout de suite que tu as l'habitude des interviews, répondit Sonia sur le même ton.

Elle hésita un court moment avant de continuer, mais d'un ton légèrement moins assuré.

-Est-ce que tu peux me promettre de garder le silence quant à ce que je vais te dire? C'est très personnel et j'aimerai que personne ne soit au courant, pas même Peter.
-Je suis connue pour ma discrétion parmi mes amis, si cela peut te rassurer.
-Tant mieux…
-Alors, qu'est-ce que tu voulais me demander? reprit My après un moment de silence.
-Ah oui, excuse-moi, je réfléchissais… Alors voilà: que penses-tu de l'homosexualité?

La question surprit tellement la cavalière que celle-ci resta silencieuse pendant de longues secondes, la bouche entrouverte, ne sachant pas quoi répondre. L'homosexualité était bien le dernier sujet qu'elle pensait aborder avec Sonia, qu'elle croyait plutôt intolérante.

-Alors? la pressa Sonia, inquiète.
-Ah désolée, tu m'as prise de court là j'avoue. Bah, à vrai dire, j'en pense rien du tout.
-Comment ça?
-Ca ne me gêne pas du tout. D'ailleurs je vois pas pourquoi ça me gênerait: c'est quelque chose de normal. Ceux qui disent que c'est une aberration de la nature sont complètement débiles, et ont besoin qu'on leur ouvre l'esprit. En fait, moi ce qui me gêne le plus, c'est l'exhibitionnisme. Les gens qui s'embrassent à n'en plus finir au milieu du trottoir… Franchement, y'a des baffes qui se perdent moi je dis! conclut My en rigolant franchement cette fois-ci.
-C'est pas faux, confirma Sonia avec un sourire, qu'elle perdit aussitôt. Et tu ferais comment pour ouvrir les esprits des imbéciles qui pensent que l'homosexualité est une aberration de la nature?
-… Et si tu m'expliquais clairement la situation, ça me permettrait peut-être de mieux t'aider.

Sonia tressaillit à l'entente de cette phrase, qu'elle avait souhaité ne jamais voir apparaître dans la conversation. Le sujet qu'elle venait d'aborder avec cette jeune femme quasi inconnue était un secret qu'elle gardait habituellement au plus profond d'elle-même, évitant ainsi d'y penser. Car il s'agissait de sa plus grande honte. Alors l'exposer de cette manière à des yeux impudiques, elle hésitait. Et plus elle hésitait, plus sa détermination à avoir enfin un conseil extérieur à toute cette affaire flanchait. Elle tortilla pendant quelques secondes ses mains sur ses genoux, replaça une mèche de cheveux derrière son oreille droite, et déclara, le regard fuyant.

-Je crois qu'il vaut mieux que tu oublies ce que je viens de te dire.
-Je ne crois pas, non, répliqua aussitôt My avec fermeté, habituée qu'elle était grâce à l'esprit girouette de Mikaël.

Sonia ouvrit grand ses yeux et les fixa sur son invitée, choquée par son initiative et son assurance. Certes, elle avait elle-même provoqué cette situation, et elle le regrettait amèrement. Mais un invité digne de ce nom ne devait-il pas se conformer aux désirs de la maîtresse des lieux, notamment en ce qui concernait l'orientation des conversations? Confortée par cette règle de courtoisie que sa mère lui avait souvent répétée, elle reprit la parole avec bien plus de fermeté que son interlocutrice.

-Je crois que si. Cette conversation va s'arrêter là.

Etonnée par ce regain de puissance, My faillit se laisser déstabiliser, avant de se souvenir que c'était probablement dû à l'avantage du terrain. Sonia était chez elle, et donc parfaitement à l'aise, contrairement à My, qui se sentait guindée dans ce salon qui respirait l'atmosphère puritaine propre à certaines familles américaines.

-Bien. Dans ce cas, je ne peux pas m'opposer à la décision de la maîtresse de maison, concéda My d'un ton mielleux. Parlons donc d'autre chose veux-tu.
-Tout à fait.

La face réjouie et la lueur de victoire brillant dans les yeux de Sonia irritèrent la jeune femme, qui avait plutôt l'habitude de diriger les conversations, sauf avec des proches. Elle décida donc de reprendre les rênes de cette joute verbale, et de démontrer à son hôtesse que les cavaliers n'étaient pas uniquement des bourreaux d'animaux.

-Alors suis-je indiscrète si je demande à en savoir un peu plus sur toi et Peter? Parce que j'avoue que Mikaël a été
très secret sur ce point là. Il préfère toujours qu'on se fasse soi-même une idée des gens.

My s'engageait sur un terrain dangereux, elle le savait. Pourtant, c'était plus fort qu'elle même: elle avait envie de savoir. L'ambiance amicale lors du repas, la maison, et même le couple, tout ceci paraissait trop beau pour être vrai. La seule tache qui venait éclaircir ce tableau trop parfait, trop conforme, était Mikaël. Il n'avait pas sa place ici, et elle non plus par la même occasion. Cependant, il était impossible qu'il soit la seule tache. En grattant un peu la peinture de surface, elle était presque sûre d'en trouver d'autres, plein d'autres. Alors peut-être qu'à ce moment là, Mikaël serait en accord avec le reste du tableau, enfin à la place qu'il cherchait depuis des années.

-Je comprends, dit Sonia, l'interrompant dans ses pensées. Il m'a l'air d'être un jeune homme remarquable, intelligent et épanoui.
-Effectivement, c'est grâce à l'équitation qu'il est ce qu'il est aujourd'hui, confirma My, lançant par la même occasion une petite pique. Mais dis-moi plutôt comment tu as rencontré Peter, continua-t-elle, son sourire cachant à moitié ses intentions.

Toutefois, cela n'alerta pas Sonia. Celle-ci abaissait très facilement ses défenses dès lors qu'il s'agissait de parler de sa relation avec Peter. Elle éprouvait tellement de plaisir à exposer son bonheur, qu'elle ne pensait pas un seul instant que les personnes en face d'elle pussent le ressentir différemment. Ou qu'elles pussent avoir des desseins différents de celui de se réjouir pour elle.

-En fait, nos parents sont des amis de longue date. Nos pères se sont rencontrés à l'université, ils se sont mariés, et de fil en aiguille, nos mères en sont venues à s'apprécier mutuellement, et à devenir de très bonnes amies. Depuis cette époque, ils ne se sont jamais quittés pour ainsi dire. Je me souviens que quand nous étions petits, Peter et moi les appelions la bande des quatre. Parce que nous pensions qu'ils étaient invincibles, et que leur amitié était indestructible… Ah! Excusez-moi, je dis des inepties, se reprit-elle, plus que gênée d'avoir dévoilée des souvenirs d'enfance. Donc, nos parents sont de très bons amis, et grâce à cela, Peter et moi, nous nous voyions souvent quand nous étions enfants. On jouait tout le temps ensemble, surtout que nos maisons étaient situées dans la même rue. Il nous suffisait de traverser la chaussée, et de marcher une cinquantaine de mètres pour être chez l'un ou chez l'autre. A l'époque, on était les meilleurs amis du monde, et je peux dire, sans vouloir paraître prétentieuse, que nous avons grandi dans la chaleur l'un de l'autre.
-Comme un frère et une sœur? questionna My.
-Oui, je crois qu'on peut dire ça. A vrai dire, je ne me suis jamais très bien entendu avec mon petit frère, et Peter est enfant unique, donc les relations fraternels, on ne connaît pas vraiment. Mais je suppose que notre relation pouvait être qualifiée de fraternel: nous ne pouvions pas nous passer l'un de l'autre.

My voulut dire quelque chose, une banalité sur les relations frère-sœur, une remarque de circonstance, mais elle n'en eut pas le temps. Emportée qu'elle était dans son récit, Sonia le continuait déjà, sans prêter la moindre attention aux réactions de son interlocutrice. Cela aurait pu lui porter préjudice en vexant My, mais cette dernière ne s'en offensa nullement. Bien au contraire. Cet enthousiasme la servait plus qu'autre chose: Sonia en venait à oublier sa présence, et pouvait ainsi peut-être confier certaines choses qui pourraient être utiles à Mikaël. My sursauta imperceptiblement à cette pensée: pourquoi avait-elle pensé que cela pourrait être utile à Mikaël? Elle avait sentie que l'inspecteur et lui étaient devenus amis particulièrement vite, surtout si l'on considérait la personnalité de Mikaël. Mais c'était tout. Ou alors peut-être qu'il y avait autre chose entre ces deux là, chose qu'elle avait perçue inconsciemment. Mais Mikaël n'était pas gay, du moins pas à sa connaissance. Il n'avait jamais fait l'amour à un homme, juste à des femmes, d'innombrables femmes. Néanmoins, maintenant qu'elle y réfléchissait, était-il possible pour un homme de passer presque tout son temps avec une femme pendant plusieurs années, sans qu'il y ait une once de sexe entre eux? C'était impossible pour un hétéro de tenir dans cette situation. Pourtant, Mikaël l'avait fait pendant presque dix ans avec elle: jamais un geste déplacé, jamais une proposition, même lorsqu'ils étaient tous deux célibataires. Juste de l'amitié pure et franche. Alors peut-être que effectivement, Mikaël avait des tendances gay. Des idées farfelues et des pensées plus rationnelles virevoltaient sans relâche dans l'esprit de My, s'affrontant audacieusement pour le plus grand déplaisir de la jeune femme, qui commençait à avoir mal à la tête. Surtout que par-dessus toutes ces considérations de gayttitude ou non, se rajoutait le fait que Peter et Mikaël n'étaient pas simplement deux hommes. Ils étaient inspecteur et suspect, dans une affaire importante de surcroît. Alors que tout s'embrouillait encore plus dans sa tête, My fut sortie de ses pensées par le ton claironnant de Sonia qui semblait conclure son récit, qu'elle n'avait absolument pas écouté soit dit en passant.

-Donc voilà! On ne s'est pas quitté depuis l'adolescence, Peter et moi. Et on ne se quittera jamais. Je suis sa première fois, il ne connaît que moi, et il en est de même de mon côté. Et nous serons ensemble toute notre vie. N'est-ce pas magnifique?

Le sourire de Sonia était si franc et si sincère qu'elle en déduisit qu'elle pensait réellement ce qu'elle venait de dire. Et elle ne put s'empêcher de se faire la réflexion que le lavage de cerveau et le bourrage de crâne tout frais payés par l'Eglise était définitivement efficace. Elle décida alors de voir jusqu'où ça allait.

-Comment tu peux être sûre que Peter ne t'a jamais trompée?

La face horrifiée puis totalement furieuse que lui montra Sonia ne présagea rien de bon, et My fut sauvée par les deux hommes qui venaient de rentrer du jardin. Ceux-ci affichaient un air bizarre sur leur visage, un mélange de colère, de tristesse, et un peu de honte. My se leva pour aller à leur rencontre et tenter une petite blague pour les dérider. Mais ce fut Sonia qui prit la parole la première, malheureusement pas pour le même objectif: elle pria fermement le couple de sportifs de sortir de sa maison immédiatement.
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2 avril 2009 4 02 /04 /avril /2009 16:06
I said I would publish some texts in English, so here we go for the first one. Very very short.

J'ai dit que je publierais des textes en anglais (sans traduction), donc voici le premier. Très très court.
Et désolé pour la longue absence. Normalement, à partir de maintenant, les mises à jour devraient être plus fréquentes. J'ai déjà une petit chapitre de
Crampons et autres fantaisies hippiques qui attend bien au chaud. ^^








- I promise : I'll save you ! Cause I love you. I'll always be there for you, to protect you.
- Why do you promise things you can't do?
- You don't know me. You don't know what I'm able to do when the woman I love is in danger or needs me.
- … I don't need your protection, and I don't need your help at all. I can take care of myself so leave me alone, she said brutally.
- Do you want me to go away, to leave you alone ?
- Yes, I do.
- You don't seem to like me very much. It doesn't matter. I love you : the simple fact of seeing you makes me happy. So I'll respect your wish. Good bye.


The man went out slowly. He looked one last time behind him and then shut the door.

The young woman's eyes well up with tears. She began to cry. She didn't know why. She didn't love the man who had just left.

The man she loved died a few months ago.

He had been killed by the man who loved her now.

How could she love him? She didn't want to know. She didn't want to admit that she was attracted by that man, that murderer. She was terrified thinking that she maybe loved him.

She only wanted to forget, to forget everything.

She poured a glass of water and emptied in it the white powder she had purchased months ago. She watched the powder disappear in the water. She felt calm, calmer than the last few weeks. Suddenly she took the glass and drank its content.

She smiled: "I'll join you".

She collapsed on the floor. The smile on her lips didn't disappear: death didn't seem so frightening.
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Published by Skorpan - dans In English
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14 février 2009 6 14 /02 /février /2009 00:44
Joyeuse Saint-Valentin à tous et à toutes, en espérant que vous la passerez avec les gens que vous aimez.

Pour l'occasion, j'aimerais vous faire découvrir un poème de Paul Eluard que j'ai lu il y a quelques années dans le métro parisien et qui m'a fortement marquée. Un petit moyen de dire que l'amour est partout, même dans les pires situations. Je vous laisse vous régaler.






COUVRE-FEU


Que voulez-vous la porte était gardée
Que voulez-vous nous étions enfermés
Que voulez-vous la rue était barrée
Que voulez-vous la ville était matée

Que voulez-vous elle était affamée
Que voulez-vous nous étions désarmés
Que voulez-vous la nuit était tombée
Que voulez-vous nous nous sommes aimés.


Extrait de Poésie et Vérité (1942)
Paul ÉLUARD (1895 - 1952)
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30 janvier 2009 5 30 /01 /janvier /2009 16:23



Je suis sincèrement désolée d'annoncer ça, mais j'ai beaucoup de difficultés à écrire. Je n'ai pas de réelles excuses, mais je vais quand même vous faire un point rapide de la situation, pour que vous ne me jetiez pas la pierre trop vite.

Mes études ne vont pas très fort, pour une raison que je n'arrive pas vraiment à déterminer (soit que je ne m'intéresse pas vraiment à ce que je fais, soit que je ne bosse pas assez, soit que je suis imperméable à ce que je dois apprendre, j'en sais rien à vrai dire). Dans ces circonstances, plusieurs personnes, de ma famille notamment, ont supputé que j'avais trop d'activités extérieures, dont l'écriture. D'après elles, je passe trop de temps à écrire.

Certes j'écris lentement, et j'y passe du temps parce que je veux que ce soit bien fait. Mais j'en ai besoin. C'est, avec la lecture, mon seul exutoire. Le seul moment où j'oublie tout.

Et apparemment, on refuse de comprendre à quel point c'est nécessaire pour moi, malgré mes nombreuses explications. Alors pour leur plaire (et j'avoue aussi, arrêter de me prendre des reproches en pleine face), j'ai diminué mon temps d'écriture. Et maintenant je suis atteinte du syndrome de la page blanche. Surtout que contrairement à ce que je pensais, on continue à me critiquer parce que j'écris, et que maintenant à chaque fos que j'essaie d'écrire, j'ai mauvaise conscience. Et ça me bloque profondément.

Donc je m'excuse par avance de ne pas publier pendant les prochains mois.


Attention!!
Cela ne veut pas dire que j'abandonne mes fictions!

Je les continuerai quoi qu'il arrive. J'ai d'ailleurs bien réfléchi à la suite (ça c'est quelque chose qu'on ne peut pas m'enlever! Quoique... je commence à en douter: je croyais pouvoir écrire peu importe les circonstances), et l'intrigue policière de Crampons et autres fantaisies hippiques est plus solide qu'au départ, il me semble. Et puis j'ai de nouvelles scènes, inspirées de l'actualité qui viendront émailler mon récit. ^^

Cependant, il est possible que la fanfiction How does it feel? avance plus vite que Crampons et autres fantaisies hippiques, étant donné que j'y ai bossé plus longtemps (bientôt un an vs à peine six mois,par intermittence les deux).


Et puis je vous souhaite à tous une BONNE ANNEE très en retard! ;-)

Picture: tableau de John Bauer.
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14 décembre 2008 7 14 /12 /décembre /2008 15:56

Je sais, ce n'est pas une suite de Crampons et autres fantaisies hippiques. Mais j'ai du mal à me remettre à cette fic. Pour l'instant je me consacre plus à How does it feel? Je viens de commencer la 3ème partie, et mes lecteurs me boostent à fond. Et puis j'avoue que le scénario est plus clair dans ma tête aussi que pour Crampons. ^^ Donc voilà, c'est un petit OS que je vous offre.

Je remercie chaleureusement Fidlansi, parce que c'est en me promenant sur son blog (malheureusement en train d'être supprimé) que j'ai découvert son principe d'interviews. Le thème du 1er interview m'a tout de suite plu et j'y ai réfléchi pendant une bonne semaine: "Si j'étais un homme, je serais homosexuel." Alors je vous laisse découvrir ce que mon cerveau est encore allé inventer en lisant cette phrase. ;-)

NB: il y a encore des prénoms plus ou moins suédois, et qu'il faut bien entendu prononcer à la suédoise! :-P
-Jonatan >> Yonatane
-Björn >> Byeuh-rn
-Pelle >> Pélé
-Lindberg >> on prononce bien toutes les lettres, même le N et le G.
-Johan >> comme en français, enfin je crois: Yohane (en prononçant le H)





     Si j'étais un homme, je serais suédois, j'habiterais Stockholm et je m'appellerais Jonatan. J'aurais commencé la guitare à l'âge de six ans, en piquant celle de ma maîtresse d'école. Mes parents, me voyant de plus en plus passionné, m'inscriraient dans un cours collectif de musique, où j'apprendrais à jouer de la guitare et à chanter. Là-bas, je rencontrerais Björn, avec qui je nouerai des liens très forts. Par la suite, il deviendrait mon meilleur ami.


     A l'école, je ne m'amuserais pas beaucoup, trouvant les cours inintéressants et embêtants, à part ceux de musique. Mais j'aurais toujours des notes correctes, pour faire plaisir à mes parents. Et aussi par peur qu'ils ne décident de supprimer mes cours de guitare. A douze ans, j'arrêterais de prendre des cours de guitare, parce que je trouverais les autres trop nuls. A partir de ce moment là, j'essaierais de composer mes propres morceaux. Mes cahiers seraient couverts de petits bouts de partitions et de notes de musique. Cependant, même si mon esprit vagabonderait entre les clés de sol et les clés de fa, mes notes resteraient constantes, mon caractère timide m'incitant à me faire remarquer le moins possible. A 13 ans, j'aurais essayé de monter un groupe de rock avec Björn. Mais j'aurais laissé tomber au bout de quelques mois parce que Björn préférerait s'intéresser aux filles. Je ne comprendrais pas son attitude: les seules choses intéressantes à mes yeux seraient alors la musique, et puis peut-être les garçons. En tout cas, les filles ne mériteraient même pas que je leur consacre une pensée. Je lui en voudrais alors un peu, mais lui pardonnerais bien vite: il ne serait pas mon meilleur ami pour rien. Quant à la guitare, je continuerais à jouer et à composer tout seul dans mon coin.


     Au lycée, je mènerais ma petite vie tranquille d' "élève moyen, n'exploitant pas assez ses capacités". Les professeurs m'aimeraient bien, et me laisseraient tranquilles. Un jour, vers novembre de ma première année, je m'arrêterais devant le panneau des petites annonces pour trouver s'il y avait des propositions de baby-sitting: j'aurais besoin d'argent pour acheter des cadeaux de Noël à mes parents et à ma grande sœur, qui serait de cinq ans mon aînée. Ce serait alors que je verrais une toute petit affiche où il y aurait marqué qu'un certain Pelle Lindberg cherchait un batteur, un chanteur, un guitariste et éventuellement un claviériste. Seul le terme "chanteur" n'aurait pas été barré. Je me pencherais alors pour en savoir un peu plus: le genre de musique jouée, et peut-être même le numéro de téléphone de ce Pelle. A ce moment là, une masse se jetterait sur moi et m'écraserait le visage contre la vitre du panneau d'affichage. Ne se souciant absolument pas de la rencontre douloureuse entre mon nez et la vitre, la masse s'écrirait:

-Dis dis dis!! Tu joues d'un instrument?

Et je répondrais alors distraitement, trop soucieux de savoir si je saignais ou non du nez:

-Oui, de la guitare… Et je chante aussi.
-Parfait!! s'exclamerait l'inconnu, m'entraînant alors par le bras vers la sortie.

Je me débattrais un moment, puis abandonnerais la lutte: l'inconnu serait trop fort pour moi. De plus, son rire magnifique me donnerait envie de mieux le connaître. J'apprendrais alors rapidement que Johan, puisque ce serait son nom, était le guitariste du groupe dont je regardais l'annonce quelques instants auparavant. Le groupe s'appellerait Acidulate, et cela ferait des mois qu'ils cherchaient un chanteur. Johan ne cesserait de dire que je tombais à pic, et il rajouterait tout bas pour ne pas que je l'entende: "Et pas seulement pour le groupe." Après quelques essais, je serais définitivement pris comme chanteur et guitariste.


     Mes années de lycée se passeraient bien: des notes toujours correctes, des parents contents, une sœur quittant le cocon familial pour s'installer avec son copain, et Acidulate qui marcherait de plus en plus. Enfin, tout se serait bien passé si, lors de ma dernière année de lycée, je n'avais pas eu la subite envie d'embrasser Johan en plein concert. Sur le coup, il aurait joué le jeu, et aurait répondu à mon baiser. Mais après le concert, en coulisses, il m'aurait enguirlandé, disant qu'à cause de moi, il avait raté quelques accords. Puis quand les autres seraient partis, il m'aurait glissé à l'oreille: "Mais t'embrasses super bien. Merci pour tout à l'heure!" Il m'aurait alors planté là, comme un con. Et moi, trop étonné, je n'aurais pas réagi. Au bout de plusieurs semaines de réflexions intenses, de prises de tête, de mauvais plans drague avec des filles, et beaucoup de sourires et de regards en coin avec Johan, on sortirait enfin ensemble. Et notre première fois ensemble aurait été un souvenir ineffable, que je ne pourrais pas évoquer ici, car vraiment trop intime. Elle marquerait aussi la première fois où on se serait avoué nos sentiments, avec un "Je t'aime" murmuré sur l'oreiller.


     On aurait vécu huit années de bonheur à l'état pur, le paradis sur terre. Bien sûr celui-ci aurait été un peu entaché à l'annonce de ma sexualité à ma famille. Tout le monde aurait rejeté ma différence, prétextant que j'étais anormal. J'aurais par conséquent coupé les ponts avec tout le monde, sauf avec ma sœur, qui m'aurait accepté tel que j'étais, sans même se poser de question, tout comme je l'avais fait lorsque je m'étais découvert gay. Du côté de Johan, ses parents auraient été plus tolérants et auraient sauté de joie quand il aurait annoncé qu'il avait trouvé l'homme qui le rendrait heureux toute sa vie. C'aurait été le premier coup dur porté à notre couple, mais il n'aurait affecté en rien notre relation. Le deuxième coup dur aurait été la dissolution de Acidulate, les autres ne voulant plus continuer. Johan aurait encaissé le coup beaucoup mieux que moi, puisqu'il aurait son travail d'architecte d'intérieur qui le passionnerait. Quant à moi, mon petit boulot de fonctionnaire bien propre sur lui ne me satisferait pas. La musique et Johan représenteraient tellement tout pour moi que j'aurais l'impression qu'on avait tué une partie de moi. J'aurais essayé de former un autre groupe mais cela n'aurait pas marché, et je déprimerais de plus en plus. Le troisième, et dernier, coup dur porté à notre couple, ce serait moi qui le porterait. Un jour plus déprimant que les autres, je serais allé boire dans un bar, et j'aurais fini ma soirée dans un lit inconnu. Je me sentirais affreusement coupable, comme le dernier des salauds, et je déciderais à tout avouer à Johan sur le champ. Celui-ci le prendrait très mal et me mettrait à la porte de notre appartement. Je logerais alors pendant plusieurs semaines chez ma sœur et son mari, un peu en dehors de Stockholm. Elle hésiterait à me loger, puis nous réussirions à trouver un accord: je ferais le test du VIH, qui se révèlerait négatif, et j'habiterais chez elle. Là-bas, je me ressourcerais et tous les jours, j'écrirais de longues lettres à Johan, que je n'enverrais jamais. Un jour, je recevrais un coup de fil de Björn, mon meilleur ami, m'apprenant qu'un célèbre groupe suédois avait besoin d'un guitariste remplaçant sur leur tournée. Je partirais aussitôt, fourrant tout en vrac dans mon sac.


     Je ferais connaissance avec le groupe et m'entendrais très bien avec ses membres. Je m'entraînerais pendant plusieurs jours avec eux, et le premier concert se passerait très bien. Ils parleraient même de m'engager comme second guitariste. On fêterait ça dignement et au moment d'avaler ma troisième bière, je recevrais un coup de fil de ma sœur. Elle aurait trouvé les lettres adressées à Johan, que j'aurais oubliées de prendre, et les aurait envoyées. Je l'engueulerais, je la traiterais de tous les noms, puis je pleurerais et la remercierais. Puisque après tout, elle aurait fait la seule chose dont je n'aurais pas été capable: oser lui dire "Je t'aime" après l'avoir trahi.


     Et maintenant, j'attendrais.

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23 novembre 2008 7 23 /11 /novembre /2008 16:30


Un petit article juste pour dire quelques petites choses.


1. Ca c'est pas une petite chose, mais une GRANDE chose. J'ai mes billets pour le METEOR TOUR d'Indochine!! J'ai mis à contribution ma mère pour les acheter vendredi à 10h, à la Fnac près de chez moi, vu que j'avais cours. Et je me suis entendue avec une amie aussi, pour les billets pour le Stade de France. Résultat: j'ai mes billets pour le concert d'Angers (reste plus qu'à réserver le train, mais ça c'est dans longtemps ^^), et mes billets pour le Stade de France!! Je suis trop trop heureuse!!

J'ai vraiment hâte d'être le 10 décembre 2008 (sortie de Little Dolls,premier single du nouvel album), le 9 mars 2009 (sortie de l'album), le 10 octobre 2009 (Angers) et le 26 juin 2010 (Stade de France!!). Et puis aussi, j'ai hâte qu'ils annoncent le reste des dates de la tournée. =D


2. Je n'ai pas énormément de temps pour écrire, vu que j'ai mes partiels le 3 et 4 décembre. (c'est tôôôôt! >.<) Et comme d'habitude, je ne suis pas en avance dans mes révisions. Donc pour l'instant, l'écriture passe un peu à la trappe, même si j'y réfléchis beaucoup. Après mes partiels, j'aurais quelques jours de libre, où j'espère que l'inspiration sera au rendez-vous. Ensuite, j'ai deux semaines d'UE où il va falloir que je bosse comme une malade pour réussir à suivre. Et ensuite, c'est les vacances de Noël et je pars à Grenoble, puis à Malmö (Suède) et Copenhague (Danemark). Donc c'est assez chargé, mais comme ce n'est pas non plus un emploi du temps de ministre, je vais faire mon possible pour vous offrir une suite le plus rapidement possible. (rassurez-vous, je ferai passer la qualité d'abord ^^)


3. Une question. Cela fait quelque temps que j'y réfléchis, mais voulez-vous une traduction amateur du chapitre premier du livre Bröderna Lejonhjärta (Frères Coeur de Lion) de Astrid Lindgren? C'est un livre magnifique, autant fait pour les enfants que pour les adultes (je l'ai relu il n'y a pas longtemps). Il a inspiré ce blog (le titre du blog ainsi que mon pseudo viennent directement de là), et influencé plusieurs de mes histoires. Ce vre est un petit bijou de littérature de mon point de vue, et je voulais vous donner envie de le lire. Alors?



Extrait de Little Dolls



Si nous partions éclairés devant
Avec une chance de rester vivants
Laisse-moi te suivre
Laisse-moi m'enfuir
Nous étions forts nous étions grands

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31 octobre 2008 5 31 /10 /octobre /2008 02:54
Je sais, j'avais dit que je ne publierai aucune fanfiction sur ce blog. D'ailleurs je ne vais en publier aucune, je vais juste mettre le lien vers l'une d'entre elles. Tout simplement parce que la publication de ma fanfic est beaucoup plus régulière et rapide que celle de Crampons et autres fantaisies hippiques, et que si vous n'avez rien à vous mettre sous l'oeil, je vous propose quelque chose.

La fanfiction que j'écris prend comme personnages réels les membres de Cinema Bizarre. Vous vous demandez qui ils sont? Alors dans ce cas, cliquez ici! Parce qu'elle a fait une description du groupe que j'aime particulièrement et que je ne saurais faire mieux.



I’m not as kind as you seem to think
Cause I’m living with my time
I’m not as kind as you
Cause you’re like an angel
You sure will reach paradise
And I sure will end in hell
So let’s live here and now
Before it’s too late



Voilà! Je ne sais pas trop comment résumer mon histoire sans trop vous en dévoiler, alors vous devrez vous contenter de ça. ^^

Alors les réponses aux questions que vous vous posez peut-être:
-non, je ne suis pas fan du groupe Cinema Bizarre (je ne suis fan que de Indochine et The Ark ^^). Je le trouve juste intéressant et je crois qu'il a un énorme potentiel. Les progrès que les membres ont fait (individuellement et en groupe) en moins d'un an le prouvent. Alors je veux voir comment ils vont grandir.
-non, l'héroïne n'est pas une Mary Sue (introduction de l'auteur dans une fanfic). Bien sûr, elle me ressemble par certains côtés, tout comme Mikaël, Peter, My et Sonia me ressemblent par d'autres. Je ne peux pas m'empêcher de donner un trait de mon caractère à mes personnages, sinon je ne les construis pas.
-oui, on peut lire l'histoire sans connaître le groupe. Plusieurs l'ont déjà fait. Parce qu'il ne s'agit pas uniquement des Cinema Bizarre, mais surtout de bien d'autres choses. ^^

Petites informations complémentaires:
-ce sera le seul article concernant How does it feel? Les mises à jour auront lieu directement sur le forum. Cependant, j'enverrai une newsletter à chaque fois qu'une suite sera mise en ligne. Alors si vous voulez être tenus au courant, inscrivez-vous!
-comme d'habitude, j'apprécie les commentaires. Soit directement ici, sur cet article, peu importe la suite, du moment que vous précisez un peu de laquelle il s'agit. Soit sur le forum: l'inscription prend deux minutes, et on s'amuse beaucoup. Soit par mail.

PS: il faut cliquer sur l'image.
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Så Här Är Det!

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  • : Un blog où je vais publier mes écrits, avec des relations hétéro et homosexuelles explicites, donc ceux qui ne veulent pas lire, la croix rouge en haut à droite peut vous être utile. Aucun plagiat n'est accepté! Et aussi je vais un peu parler de ce qui influence mes écrits: musique, bouquins, etc.
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En värld där du kan bli den du vill, bara du följer ditt hjärta...


Les textes publiés sur ce blog sont de ma propre invention et sont écrits par moi, à moins que le contraire ne soit précisé en début d'article. Je vous demanderai donc de respecter mon travail et de ne pas plagier mes écrits.
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Certains textes peuvent contenir des relations hétéro ou homosexuelles explicites.
Les mineurs et tous ceux que ça dérange, vous connaissez la sortie: la petite croix rouge.
Tous les résumés et histoires à venir sont disponibles ici.
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Sökande

"Un écrivain ne confie tout ni à ses journaux intimes, ni à sa correspondance;
seules ses créatures racontent sa véritable histoire, celle qu'il n'a pas vécue, mais a souhaité vivre."

François Mauriac 

Andra saker ni kan se

lien-nan--19171a4

 
 

Vad som helst...



"Je ne suis pas homosexuel, même si certains semblent le croire."

Ola Salo





"Aime moi, alors je t'aimerai peut-être."
J. R.-P.





"Tout est une question de goût. Toi tu aimes les femmes, moi j'aime les hommes, et lui aime les deux. Où est le problème?"
J. R.-P.





"Ne plus rêver, c'est être à demi mort, c'est faire de la réalité sa seule loi."
Jean-Baptiste Pontalis





"Si tu sens que tu plafonnes, perce un trou dans le plafond."
Gilles Goddard

"Alors si tu sens l'angoisse de la page blanche, prends en une rose."
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