Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
4 juillet 2010 7 04 /07 /juillet /2010 11:23

Et voilà le petit OS d'inspiration indochinoise. Je le poste tôt pour une fois, puisque je dois préparer la soirée de ce soir pour mon anniversaire. ^^


Bonne lecture! x)

 

 

 

Alice-June-Tour--petite-fille-au-tambour-.jpg

 

 

    Il était une fois une petite fille, qui vivait comme vivent toutes les petites filles. Dans son univers. Protégée par ses parents. Faisant ce que ses parents lui disaient. Ecoutant la musique que ses parents écoutaient, sans vraiment y faire attention. Cette petite fille ne connaissait rien au monde, encore moins au monde de la musique. Mais elle n’est pas triste la petite fille. Loin de là, elle est très heureuse dans son petit monde clos, à l’abri de l’extérieur. D’ailleurs, comment pourrait-elle être triste ? Elle ne sait pas ce qui se passe à l’extérieur. Elle ne sait pas ce qu’elle rate. Comment peut-on être triste de ne pas avoir ce qu’on ne connaît pas ?


    Un jour, alors qu’elle est dans la voiture avec ses parents, son père allume la radio. "Et toi et moi, On était tellement sûr, Et on se disait quelques fois, Que c’était juste une aventure, Et que ça ne durerait pas." Ce sont les premières paroles qui sortent de la radio. La musique qui les accompagne est tellement belle que la petite fille en est perturbée: elle a l’impression que la musique et la voix du chanteur lui parlent à l’intérieur d’elle-même. Elle n’a plus qu’une seule question en tête: "Qui?" "Indochine, leur nouveau single : J’ai demandé à la lune!" lui répond la radio. Le nom lui dit quelque chose, mais pas seulement à cause de ses cours d’Histoire au collège.

    Quelques jours plus tard, elle passe l’après-midi chez sa meilleure amie. Et là un nom attire son attention parmi la pile de CDs. Le même : Indochine. Elle lui emprunte les trois CDs où le nom apparaît : 7000 Danses, Un Jour Dans Notre Vie et Le Baiser. Une fois chez elle, elle les écoute. En boucle. Elle ne peut déjà plus s’en passer. C’est fait: la petite fille est fan. Indofan.

    Le choc est terrible. Elle ouvre les yeux, découvre le monde qu’elle ne connaissait pas. Elle doit tout apprendre, accepter de nouvelles règles, se confronter aux tricheurs… Tout ce dont elle s’était protégée jusqu’au jour où elle a écouté ces albums, tout apparaît clair devant ses yeux. Ses yeux qu’elle a du mal à maintenir ouverts face à la perversité du monde. Elle veut les fermer! Elle veut se cacher de tout ça! Elle veut retourner dans son monde! Mais non! Elle ne peut pas. D’ailleurs elle ne veut déjà plus : dans son ancien monde, Indochine n’est pas là. Et se priver d’Indochine serait se priver d’une partie d’elle, elle le sait. Elle le sent. Indochine fait partie d’elle : elle est infectée, ou peut-être droguée, peu importe : elle est heureuse de l’être. Maintenant, elle veut faire face, elle doit faire face parce que "Le monde est un pervers, Et je continuerai de le braver".

    Des années passent. La petite fille s’affirme. Elle sort lentement de sa coquille et brave et nargue ce monde. Parce qu’elle, elle veut "vivre, vivre, vivre, un peu plus fort". Mais c’est difficile "parce que le monde est un enfer." Alors elle a "juste envie d'essayer un tour au paradis." Et ce tour au paradis, elle l’attend, elle sait qu’il va venir, elle en est sûre. Elle connaît déjà la date du départ : 8 décembre 2006. Et aussi le lieu du départ : Paris, Bercy. Elle est impatiente, si impatiente qu’elle ne peut plus penser à autre chose. Ce petit tour au paradis l’obsède.

    Le jour tant attendu arrive enfin. Elle s’est préparée au voyage depuis longtemps. Elle sait que le départ va être brusque, que le voyage ne va durer que quelques heures. Et qu’après il va falloir redescendre "faire un tour en enfer".

    Les premières notes se font entendre : elle est déjà arrivée. Mais ce n’est pas au paradis qu’elle se trouve, c’est au Paradize, avec un grand P et un z. Le paradis d’Indochine, l’Indoparadize. Et elle n’est pas seule dans cet Indoparadize : 17000 personnes l’accompagnent, et les Indoboys aussi, et Alice&June aussi. Soudain, la musique s’arrête. Les dernières notes résonnent dans l’immense salle : le concert est fini. La petite fille regarde tristement la scène, puis sourit : il n’y pas de retour en enfer. Le voyage continue! Elle entend encore le concert dans sa tête, alors elle reste au Paradize.

    La petite fille sort de la salle, et les bruits l’assaillent. Elle n’arrive plus à entendre les notes indochinoises. C’est un retour brutal à la réalité de ce monde de pervers. Mais elle continue de sourire. Elle a grandi : elle sait qu’elle peut le braver maintenant. Et quand elle sera "au pays des cauchemars" pour l’avoir trop nargué, elle fermera les yeux, se bouchera les oreilles, entendra ces notes indochinoises du 8 décembre et se retrouvera au Paradize.

    Mais les notes se font de plus en plus faibles. Elle ne les entend presque plus. Elle a de plus en plus de mal à partir au Paradize. Et quand elle ne les entendra plus du tout, elle ne rêvera plus à rien et ne sera "qu’une fille qui s’éteint".

Repost 0
Published by Skorpan - dans One-shot
commenter cet article
27 juin 2010 7 27 /06 /juin /2010 12:38

Et voilà! La dernière partie de Crampons avant la pause d'été! (ceci dit, je ne sais pas si elle durera tout l'été, mais comme elle commence avec les vacances d'été, autant dire que c'est une pause d'été :-p) Savourez!


La semaine prochaine, il y aura un OS d'inspiration indochinoise (d'ailleurs, attendez vous à un CR du concert d'hier dans la semaine je pense ^^), puis un OS en anglais, toujours d'insipiration indochinoise (une songfic en fait, vous pouvez toujours essayer de deviner la chanson :-p), puis autre chose que j'avais publié sur un autre blog, mais le blog ayant été supprimé, je vais le republier ici. Et enfin, vous aurez droit à la suite de Métro, boulot, dodo? Voilà! Ca nous fait six dimanches de remplis, donc j'espère qu'après tout ça, je pourrais vous offrir la partie 51 de Crampons. x)


Sur ce, bonne lecture! =D

 

 

 

Metro-Manhattan.JPG

 

 

     Avec seulement un changement de bus, les deux frères Blowsworth réussirent à arriver à moins de cinq cent mètres de l'appartement de Peter et ils finirent à pied le chemin. Une fois dans l'immeuble, ils calèrent tous les bagages dans l'ascenseur et eux avec, et ils montèrent ainsi jusqu'au septième étage. Sur le palier, alors que Mikaël sortait les clefs de sa poche, Dan tenta une dernière fois de lui soutirer quelques informations sur son amant.

 

-Allez Mikaël, dis-moi comment il est. S'teu-plaît...
-Je te l'ai déjà dit Dan: il s'appelle Peter MacLean, et il est très sympa. Et pour le reste, tu te feras ton opinion toi-même.
-Est-ce qu'il est suffisamment sympa pour me laisser m'immiscer entre vous deux alors qu'il a sûrement envie de... fit-il avec un sourire entendu. Et d'ailleurs, toi aussi tu dois avoir envie de lui faire... pleins de choses... nan?
-Si tu crois que c'est parce que t'es là qu'on va se restreindre, tu te fourres le doigt dans l'œil, mais jusqu'au coude, Dan! rit-il.
-T'oseras jamais!
-Que tu crois!

 

Et c'est en riant qu'ils franchirent la porte de l'appartement. Peter, assis devant son chevalet, à peindre pour se détendre, se leva brusquement et les rejoignit.

 

-Ah! Mikaël! J'étais tellement inquiet. Comment ça s'est passé? Tu vas bien? demanda-t-il sans lui laisser le temps de parler.

 

Puis il remarqua l'inconnu qui se tenait derrière son amant, un peu mal à l'aise.

 

-Peter, je te présente Dan, mon petit frère. Tu te souviens de lui?

 

D'abord surpris, Peter se reprit rapidement et gratifia le jeune homme d'un grand sourire. Il lui tendit la main tout en se présentant.

 

-Bien sûr que je me souviens. Enchanté Dan, moi c'est Peter MacLean, le petit ami de ton frère. Il m'a un peu parlé de toi.
-Enchanté, répondit Dan, toujours un peu gêné mais lui serrant la main sans hésiter. Par contre, je n'ai pas eu votre chance: Mikaël a totalement refusé de me parler de vous.
-Ca ne m'étonne pas de lui! plaisanta-t-il, et cela amena un léger sourire sur le visage du jeune frère. Et tu peux me tutoyer, tu sais. Déjà que j'ai quelques années de plus que Mikaël, si en plus tu me vouvoies, je vais me faire l'effet d'être un vieux.
-Mais t'es un vieux! enchaîna aussitôt Mikaël en rigolant. Au fait Dan, tu peux le remercier: c'est lui qui m'a obligé à te laisser un message l'autre jour, après qu'on soit allé voir Clem tous les deux.
-Parce que sans lui, tu ne l'aurais pas fait? s'outra-t-il.

 

Mikaël évita la question d'un rire, et invita Dan à ne pas rester dans l'entrée et à aller s'asseoir dans le canapé. Puis Peter s'excusa auprès de lui et il emmena le cavalier dans leur chambre. Une fois enfermés dans leur petit monde, Mikaël se laissa tomber sur le lit, et Peter s'assit à côté de lui. Il posa une main sur sa cuisse et la caressa lentement, pour le réconforter et lui remonter un peu le moral, qu'il sentait faible.

 

-Ca va? demanda-t-il d'une voix douce.
-Mmmh... Ouais à peu près... J'ai plus peur pour Dan. Moi, ça fait dix ans que je vois plus mes parents, alors que lui...
-Il va s'en sortir, j'en suis sûr, le rassura-t-il.
-Comment tu peux dire ça alors que tu le connais même pas?

 

Il n'y avait aucun reproche dans la voix de Mikaël, juste des interrogations.

 

-Parce qu'il a pas l'air trop con, qu'il a la volonté de faire ce qu'il a envie, et qu'il t'a comme frère.

 

Un léger sourire étira les lèvres du jeune homme, et il attrapa la main de son amant qui se promenait sur sa cuisse pour la porter à son visage.

 

-T'es vraiment un mec bien, Peter.

 

Celui-ci sourit à son tour puis s'allongea à ses côtés.

 

-Je sais, c'est pour ça que tu sors avec moi.

 

Mikaël gloussa et laisse échapper un "Peut-être..." pleins de sous-entendus. Peter était réconforté de voir Mikaël se détendre après l'entrevue houleuse qu'il avait dû avoir avec ses parents. Cependant persistait une légère inquiétude, car il avait appris que Mikaël pouvait paraître très fort tout en étant détruit de l'intérieur. Alors il passa sa main dans les cheveux bruns du cavalier et déposa quelques baisers dans son cou, sur sa joue, et sur ses lèvres. Puis il lui demanda.

 

-Comment tu te sens?
-Bien, sourit-il, et Peter eut l'impression que ce "Bien" ne correspondait qu'à l'instant présent, qu'à la seconde où il avait répondu.
-Même par rapport à tes parents?
-... Ouais, je crois... Ca fait longtemps que je les considère plus trop comme mes parents, surtout mon père. Alors l'entendre dire qu'il me renie et qu'il efface mes dettes, ça ne me fait ni chaud ni froid.
-Arrête, dis pas ça. Ca te touche, moi je le vois. Et c'est normal.

 

Mikaël se tourna brusquement vers lui et le regarda dans les yeux, avec cette lueur d'incertitude mais aussi d'espoir au fond des siens.

 

-Tu crois?
-J'en suis sûr, affirma Peter d'une voix douce tout en continuant de caresser ses cheveux.

 

Alors, comme si cela avait suffit à lever toutes ses barrières, Mikaël enfouit sa tête dans le T-shirt de son amant et se mit à pleurer.

 

-Il a dit que j'étais une... une pédale... et que... que je faisais plus... partie de la famille... Il... Il a fait somme si... j'existais pas... Il m'a même pas frappé... Il a préféré laisser... laisser James le faire.

 

Peter l'entoura de ses bras et soulagea sa douleur par de tendres caresses. Il chantonna aussi une vieille berceuse pour qu'il se calme.

 

-Il a même pas voulu me tabasser... M'apprendre à être un homme, continua-t-il pourtant de sangloter. Il m'a com... complètement ignoré... Je suis plus rien, Peter... Plus rien du tout...

 

Ces paroles firent l'effet d'un coup de poignard en plein dans le cœur de Peter. Alors d'un geste peut-être un peu brusque, il éloigna son amant de lui et l'obligea à relever la tête et à le regarder dans les yeux.

 

-Tu n'es pas rien, Mikaël. Tu es Mikaël Blowsworth, un superbe jeune homme de 25 ans, passionné par les chevaux. Tu es quelqu'un d'extraordinaire, pas seulement à cause de ton talent pour l'équitation, mais pour pleins d'autres choses aussi, et il y a pleins de gens qui t'aiment. My, William, Dan, Clem, moi... Et ça, ça veut dire que tu n'es pas rien. D'accord?
-Mais papa, il...
-Ton père est aveugle, Mikaël. Il ne te voit pas comme tu es vraiment, mais seulement à travers sa lorgnette de préjugés et d'idéaux. Il faut juste espérer qu'il ouvrira les yeux un jour.

 

Peter ne lui laissa pas le temps de répondre et lui colla un baiser sur le front, car il sentait que s'il laissait Mikaël s'enfoncer dans cette conversation et ses ruminations, rien de bon n'en sortirait. Puis il se leva et l'obligea à faire de même.

 

-Allez, efface tes larmes, va te passer un coup d'eau sur le visage, et moi je vais rejoindre ton frère. Je crois qu'on l'a laissé seul un peu trop longtemps.
-Ouais, t'as raison, acquiesça-t-il après un moment d'hésitation tout en passant maladroitement une main sur ses joues humides. Euh... Au fait... Je sais que j'abuse en te demandant ça, mais est-ce qu'il peut rester quelques jours ici? Il a décidé de partir de la maison un peu sur un coup de tête, donc il a pas d'endroit où aller.

 

Peter lui ébouriffa les cheveux et l'embrassa chastement. Puis il posa son front contre le sien, ferma les yeux, enlaça sa taille, et commença à parler d'un ton doux, sans reproche, mais avec une lassitude inhabituelle.

 

-Bien sûr qu'il peut rester. Je ne vais pas mettre quelqu'un à la rue, d'autant plus si c'est ton frère...
-Peter, si ça te gêne qu'il reste, on peut trouver une autre solution. Il peut aller dormir à l'hôtel ou chez un de ses potes, proposa Mikaël, qui refusait de s'imposer à Peter de la sorte, surtout maintenant qu'il le sentait quelque peu désemparé.
-Non, non... protesta-t-il avant de s'expliquer. Disons que ça me gêne parce que ça m'a surpris. Je croyais que tu allais rentrer seul, et qu'on allait passer la soirée que tous les deux. Mais vu la situation, c'est mieux qu'il reste. Ca lui fera du bien à lui de te voir, et à toi aussi. Et puis ça lui donnera le temps de se retourner et d'envisager correctement ce qu'il doit faire.
-Merci, merci Peter.

 

Il releva la tête de son amant et à son tour posa ses lèvres sur les siennes, juste un contact, chaleureux et aimant.

 

-Par contre, continua Peter après une ou deux minutes de silence, deux choses. Est-ce qu'il est au courant de toute cette histoire de dopage?
-Non, pas du tout.
-Très bien. C'est mieux qu'il n'en sache rien. Et pour mon métier, on n'a qu'à dire que je fous des PV aux voitures mal garées.

 

Mikaël fit de grands yeux puis se mit à rire, ce qui vexa légèrement le plus vieux.

 

-Quoi? Si tu trouves que c'est nulle comme idée, dis-le tout de suite, au lieu de te marrer comme une baleine!

 

Mikaël continua de rire pendant quelques secondes avant de réussir à se reprendre.

 

-Mais non, c'est très bien! C'est juste que je te vois pas du tout faire ça. Avec l'uniforme, la casquette, et tout...

 

Peter s'imagina à son tour en uniforme et aussitôt se mit à rigoler.

 

-C'est pas faux. L'uniforme ne m'irait pas du tout. L'ancien que je mettais à mes débuts était plus classe.

 

Ils rirent encore quelques minutes et Peter reprit la conversation en main.

 

-Et Mikaël, la deuxième chose que je veux, et tu dois me le promettre, c'est de me dire quand tu vas pas bien, quand t'as un petit coup de blues. Ou même un gros coup de blues. Je sais que tu veux tout le temps paraître fort, que tu veux pas montrer tes faiblesses, surtout devant ton frère, et je le comprends. Mais je voudrais que devant moi, tu ne joues pas à celui qui est invincible et intouchable. Si t'as envie de parler, de pleurer ou quoi que ce soit d'autre, tu viens me voir. D'accord?

 

Mikaël hésita un long moment, puis se dit qu'en réalité, il s'était déjà montré faible tellement de fois devant Peter qu'il n'avait plus aucune crainte à avoir le concernant. Alors il accepta d'un mouvement de tête.

 

-Parfait, approuva-t-il en le baisant une nouvelle fois sur le front. Bon, maintenant, va te débarbouiller et moi je vais parler avec ton frère.

 

Et de le pousser vers la salle de bains tandis que lui-même entrait dans le salon.

 

Dan tourna la tête en entendant quelqu'un revenir de la chambre et il sourit à Peter. Celui-ci lui répondit d'un petit signe de tête puis vint s'asseoir à ses côtés.

 

-Désolé, on a été un peu long, s'excusa-t-il.
-Oh... C'est pas grave. C'est normal d'avoir besoin de vous retrouver que tous les deux après... ça, fit-il, hésitant sur le terme à employer pour désigner la rupture définitive entre Mikaël et les parents.

 

Néanmoins, Peter ne fit aucune remarque là-dessus et continua la conversation comme si de rien n'était.

 

-Alors, on a un peu discuté Mikaël et moi, et donc c'est bon pour que tu restes quelques jours ici, le temps que tu trouves un endroit où te poser vraiment.
-D'accord. Merci beaucoup.

 

Puis un silence gêné s'installa entre les deux hommes. Dan faisait semblant de s'intéresser à la décoration, qu'il avait déjà eu le temps de détailler lorsque le couple était parti dans la chambre, et Peter contemplait le tapis, tout en jetant des coups d'œil discrets au jeune frère. Mikaël arriva peu de temps après, et sans se rendre compte de l'atmosphère étrange, demanda avec candeur ce qu'il y avait pour dîner. Peter ne fit aucun commentaire sur le fait qu'ils n'avaient pas mangé chez eux et se leva en disant qu'il allait voir ce qu'il y avait dans le frigo. Il embrassa brièvement Mikaël au passage et partit dans la cuisine.

 

Peter décida de faire quelque chose de très simple: steaks-pâtes. Le temps de mettre l'eau à chauffer et les steaks dans la poêle, il revint vers les deux frères et s'installa dans le canapé entre l'accoudoir et Mikaël. Il enlaça le ventre de son homme et posa la tête sur son épaule, autant pour montrer clairement leur relation à Dan que pour se réconforter mutuellement. Mikaël, un léger sourire sur ses lèvres, caressa ses mains et tourna à moitié sa tête vers lui.

 

-Eh bah alors? Qu'est-ce qui se passe? T'es kramsjuk comme dirait My?
-Si tu le dis... chuchota-t-il, ne sachant absolument pas ce que Mikaël voulait dire.

 

Il resserra néanmoins sa prise autour de lui et enfonça un peu plus son visage dans ses cheveux. Et dans un souffle à peine audible, entre quelques mèches chatouilleuses, il lui avoua qu'il avait envie de lui. Un sourire plus grand étira les lèvres de Mikaël avant qu'il ne réponde.

 

-Moi aussi... Mais pas tout de suite, d'accord?
-Hmm... D'accord.

 

Mikaël se tourna ensuite vers son frère et l'interrogea sur sa vie. Ils n'avaient pas trop parlé durant le trajet jusqu'à l'appartement, et maintenant Mikaël était plus curieux que jamais. Dan commença donc par parler de son école, de ce qu'il y faisait, et cela parut intéresser Peter. Mais dès que celui-ci dut partir à la cuisine s'occuper du repas, Mikaël dévia adroitement la conversation vers un sujet beaucoup plus croustillant: le dessin, c'était bien, mais la vie sentimentale de Dan, c'était mieux. Et c'est d'un Dan rougissant que Mikaël apprit que son frère était célibataire depuis peu mais qu'il avait une jolie fille de troisième année en vue.

 

Le plus jeune réussit néanmoins à éviter le thème "sexe" que Mikaël voulait mettre sur le tapis en questionnant le couple sur leur rencontre, dès que Peter apporta les repas. Ce fut Peter qui répondit, montant une histoire de toutes pièces sur l'instant. Il inventa qu'ils s'étaient vus pour la première fois alors qu'il tentait de mettre un PV à la voiture de William, mais que Mikaël, resté à l'intérieur en attendant son mentor qui faisait une course, l'en avait empêché. Après une prise de bec assez houleuse, Peter avait pris le numéro de Mikaël pour le convoquer au commissariat, histoire de lui rappeler qu'il ne devait pas s'opposer à un membre des forces de l'ordre. Et de fil en aiguille, ils avaient fini par sortir ensemble. Dan rigola beaucoup en entendant l'histoire, incertain de ce qui était vrai et de ce qui ne l'était pas, tellement cela semblait rocambolesque. Puis la conversation s'orienta vers l'enfance des deux frères, et de nombreux souvenirs refirent surface. Ils évitaient volontairement les mauvais et ne parlaient que des bons, et la soirée se passa ainsi.

 

Vers dix heures et demi, Mikaël décréta qu'il était l'heure de se coucher, et après avoir embrassé son frère, il alla dans la chambre. Peter sortit des draps et un oreiller à Dan puis à son tour rejoignit la chambre, où il retrouva Mikaël en train de se déshabiller. Des bleus naissants parsemaient son dos nu et Peter se fit violence pour les ignorer. Avec douceur alors, il s'approcha de lui et l'enlaça par derrière.


-Fatigué? demanda-t-il.
-Hum... Si c'est pour faire une analyse approfondie de la soirée, ce sera sans moi... Pour le reste, c'est à voir.

 

Peter sentit le sourire dans sa voix et attrapa au vol le caleçon qu'il venait d'enlever.

 

-Ce serait plutôt pour le reste.
-Alors je t'en prie.

 

Mikaël, déjà allongé, nu, sous la couette, la souleva en une invitation alléchante et Peter s'empressa de se déshabiller pour le rejoindre. Dans les instants qui suivirent, celui-ci fit tout oublier à Mikaël de la soirée, y compris que son frère dormait dans la pièce d'à côté, et les cris de plaisir du cavalier traversèrent les murs.

Repost 0
25 juin 2010 5 25 /06 /juin /2010 19:58

Car demain je vais les voir au Stade de France!

 

(d'ailleurs, il me reste deux places sur les bras à caser, car mes amis ont préféré faire d'autres choses,

donc s'il y a des intéressés...)

 

 

Indo_Affiche-copie-1.jpg

Repost 0
Published by Skorpan - dans Saker och ting
commenter cet article
24 juin 2010 4 24 /06 /juin /2010 19:15

Puisque les vacances arrivent, et ses flirts avec... Et pas que les flirts: les vacances avec son ou sa chéri(e) aussi!

 

 

Oui

 

 

Même si c'est l'été, les vacances, le sable chaud, sachez dire NON quand il le faut.

Et OUI le reste du temps!

 

Et n'oubliez pas d'aller faire les courses de temps en temps. ;-)

 

 

Liste de courses

Repost 0
Published by Skorpan - dans Sexualité
commenter cet article
20 juin 2010 7 20 /06 /juin /2010 20:11

Et voilà l'avant-dernière suite avant la pause! Ensuite, je pense que vous aurez droit à un petit OS inspiré d'Indo, à une fic en anglais et puis à la sequel de Métro, boulot, dodo?


Bonne lecture! x)

 

 

Crampons-74B.jpg

 

 

     Mikaël n'eut pas la tête au cheval et à l'équitation de toute la journée. Si ses premiers doutes, les plus terrifiants, les plus angoissants, avaient disparus lors de l'appel de Peter le matin même, d'autres avaient pris leur place peu à peu. Il avait beau ne pas aimer follement sa famille et ne pas y être particulièrement attaché, il avait quand même peur de devoir couper les ponts définitivement avec elle. Alors toute la journée, il prit soin d'éviter de penser à la soirée qu'il allait passer et à ce qu'il allait y faire. Ainsi son angoisse grandit plus doucement, tapie dans l'ombre, et ne ressurgit que lorsqu'il se trouva en bas de l'immeuble dans lequel il avait habité pendant plus de dix ans avec ses parents et ses frères et sœur.

 

C'est avec un mélange curieux d'appréhension et d'assurance qu'il grimpa les marches jusqu'à l'appartement de ses parents. Arrivé sur le palier, les vieux gestes revinrent comme une habitude et il toqua brièvement à la porte avant de l'ouvrir avec ses propres clefs.

 

-C'est moi! cria-t-il alors qu'il refermait la porte derrière lui.

 

Sa mère sortit une tête intriguée de sa cuisine dont les odeurs envahissaient toute la maison.

 

-Qu'est-ce que tu fais là? demanda-t-elle sans préambule, mais sans animosité non plus.

 

Il l'embrassa sur la joue avant de lui répondre.

 

-Je suis venu récupérer les dernières affaires que j'avais laissées. Et puis ma situation professionnelle a changé, donc il va falloir qu'on change quelques trucs.
-Oh... fut sa seule réaction mais il vit distinctement de la crainte passer dans ses yeux fatigués.
-Papa est rentré?
-Non, dans cinq-dix minutes il sera là, je pense.
-Ok, et Dan?
-Dans votre chambre.
-D'ac, merci.

 

Délaissant sa mère, il se dirigea vers la chambre attenante à la cuisine. Il en ouvrit la porte sans s'annoncer et s'assit sur le lit à côté du jeune homme qui dessinait, les écouteurs sur les oreilles. Celui-ci, sentant le matelas s'affaisser, releva vivement la tête, méfiant, puis s'apercevant de qui il s'agissait.

 

-Mikaël!

 

Il abandonna ses crayons et son carnet à croquis sur la couette et se jeta sur lui.

 

-Qu'est-ce que tu fais ici? Tu restes dîner? demanda-t-il, joyeux et fou comme un jeune chien.
-Je suis venu prendre les dernières affaires qui me restaient ici et...
-Pourquoi? Ca veut dire que tu pars définitivement? Tu vas jamais revenir ici?

 

La déception, mais surtout l'incompréhension, étaient palpables dans la voix du petit frère, et Mikaël lui ébouriffa les cheveux pour lui remonter le moral.

 

-Eh Dan, j'ai vingt-cinq ans. C'est plus un âge pour vivre chez ses parents.

 

Il fit la moue, signifiant clairement que ce n'était pas un argument recevable pour lui.

 

-En plus, je viens de m'installer avec quelqu'un. Alors autant tout déménager définitivement.
-T'as quitté le club? demanda-t-il, étonné.
-Ouais, j'avais besoin d'un peu de changement dans ma vie. Et toi alors? Comment ça se passe à l'école? Tu planches sur quoi?

 

Il se pencha pour attraper le carnet de Dan et observa avec minutie les esquisses tracées mais il n'arrivait pas à voir le dessin dans son ensemble avec seulement ces quelques croquis.

 

-On doit créer une BD d'une dizaine de pages au moins autour de deux thèmes principaux. Et là, j'ai commencé à croquer mes personnages.
-Et c'est quoi tes thèmes?
-L'amour et la violence.

 

Ils restèrent tous deux silencieux pendant plusieurs minutes: l'origine des thèmes était trop évidente mais en même temps cruelle et douloureuse. Mikaël, le premier, reprit la parole, habitué depuis longtemps à cacher ses blessures rapidement.

 

-C'est bizarre, tes dessins ils ne ressemblent pas trop aux comics qu'on lit d'habitude.
-C'est normal, expliqua Dan avec un enthousiasme naissant. Les profs ont voulu élargir notre culture et nous font découvrir des techniques différentes de dessin, de construction et tout. Pour l'instant, on en est à la BD franco-belge, et j'adore vraiment ce qu'ils font. Au niveau du graphisme t'as tellement plus de possibilités. Et puis tu sens une diversité dans leur univers que t'as pas forcément ici. Certaines de leurs BDs sont de véritables chefs d'œuvres. Dès que je pourrais, je m'en achèterais quelques unes pour étudier tout ça de plus près. Parce que bon, les exemplaires de l'école, ça va bien deux minutes. Et puis au semestre prochain, on va étudier les techniques japonaises. On va faire deux trucs en parallèle: d'un côté, les estampes avec le travail de l'encre, et de l'autre, les mangas, pour apprendre à travailler vite et bien. Y'a des mangakas qui ont un de ces coups de crayon! J'ai surfé un peu sur le net pour voir. C'est carrément impressionnant.

 

Mikaël sourit de son engouement et allait lui demander des précisions quant aux techniques qu'il comptait utiliser lorsque la porte d'entrée se fit entendre. Elle se referma d'un bruit sec et des pas lourds allèrent jusque dans le salon. Puis la voix enrouée de leur mère se fit entendre.

 

-Les garçons! Kathy! A table! Le repas est prêt.

 

Avec un soupir déçu, les deux frères se levèrent et rejoignirent le living-room. Leur père était déjà attablé et ne leur jeta pas un regard. Leur mère, arrivant derrière eux, posa les plats sur la table.

 

-Je savais pas que tu allais venir Mikaël, donc j'ai fait à manger pour cinq. Mais il y en a toujours un peu trop, alors je pense que ça ira.
-Merci Maman. De toute façon, je n'ai pas très faim.

 

Il s'assit à côté de Dan, le plus loin possible de son père. Puis Kathy arriva pour se mettre en face de Dan. Elle salua brièvement Mikaël puis commença à se servir des carottes râpées du supermarché. Leur mère s'assit en face de Mikaël et James fut le dernier à arriver. Il prit place en bout de table, en face du patriarche.

 

-Tiens, ça faisait longtemps que tu ne nous avais pas honorés de ta présence Mikaël, fit James, sarcastique, tout en se servant à son tour de carottes.

-James, tais-toi, intervint tout de suite Dan, et la tension monta d'un cran autour de la table. Pour une fois qu'il est là, on pourrait au moins profiter de sa présence.
-Et qui voudrait profiter de la présence d'un mec comme lui? Et je suis gentil en disant que c'est un mec, parce que je suis pas sûr qu'il ait des couilles vu ce qu'il fait.
-Moi en tout cas, je veux profiter de sa présence! s'exclama Dan, furieux, mais ne relevant pas la partie remettant en doute la virilité de son frère.
-Ah parce que t'es comme lui en plus?! C'est vrai que j'aurais dû m'en douter, vu comment tu passes ton temps à dessiner! Deux tarlouzes dans la famille, c'est le meilleur! cracha-t-il. Et on se demande ce qu'ils font ensemble, vu qu'ils s'adorent, ajouta-t-il en les fixant d'un œil torve.

-Ta gueule! T'as pas le droit de dire des trucs comme ça! C'est pas vrai! s'écria-t-il en se levant de sa chaise, tandis que Mikaël subissait les insultes avec un incroyable calme.
-Y'a que la vérité qui blesse, p'tit frère.

 

Dan, plus furieux que jamais, repoussa sa chaise et voulut se jeter sur lui, mais Mikaël, avec rapidité, attrapa son bras pour le contraindre à rester à sa place, car il n'avait pas la carrure à affronter James. En même temps, leur père se décida à prendre la parole pour la première fois de la soirée.

 

-Dan, ça suffit, dit-il d'un ton sec, alors que celui-ci se laissait retomber sur sa chaise, les larmes de rage aux yeux. Et cesse de pleurer comme une fillette. Tu me fais honte.

 

Puis il se tourna vers son second fils et le toisa avec un regard légèrement méprisant, celui-là même qu'il lui adressait depuis plusieurs années.

 

-Mikaël, qu'est-ce que tu fais là? J'avais cru comprendre que tu ne voulais plus remettre les pieds ici.
-J'ai deux-trois petites choses à vous dire, répondit-il d'un ton où une légère nervosité transparaissait à se retrouver dans cet univers familial qu'il avait quitté depuis si longtemps.

 

Un silence lourd envahit la pièce et seuls les coups de fourchette de Kathy étaient audibles.

 

-Et bien, vas-y, l'encouragea son père d'une voix grave, avec une pointe de mépris.
-J'ai eu quelques problèmes au boulot ces derniers jours, commença-t-il avec prudence, qui font que j'ai besoin de mettre pas mal d'argent de côté en cas de pépin ou je ne sais quoi. Donc je ne pourrai plus continuer à vous aider financièrement, pour payer les impôts et rembourser les dettes. Par contre, je continuerai à payer l'école de Dan.

 

Il avait dit tout cela d'une traite, ne s'attardant pas sur les détails, et dès qu'il eut fini, il vit sa mère se ratatiner encore plus sur sa chaise. Apparemment, la nouvelle l'affectait beaucoup. Son père, par contre, ne semblait pas particulièrement touché.

 

-De toute façon, si tu n'avais pas pu payer pour l'école de Dan, il aurait arrêté, alors ça ne change rien pour nous que tu paies ou non son école. Mais tu as encore des dettes envers nous que tu dois payer.
-Lesquelles?
-On t'a élevé, on t'a nourri, tu as grandi dans cet appartement, qui n'est toujours pas fini d'être payé. Tout ça, entre autres, fait que tu as des dettes envers nous.
-J'estime les avoir payés depuis le temps que je vous aide.
-Tu nous aides depuis... quoi? Cinq ans, tout juste. Alors qu'on t'a élevé pendant quinze ans.
-Maman m'a élevé pendant quinze ans. Toi seulement treize.
-Cela ne fait pas une grande différence: tu n'as pas toujours pas fini de nous rembourser, quoiqu'il en soit.
-Alors je le ferai plus tard. Je ne peux pas le faire maintenant: j'ai besoin d'un filet de sécurité si jamais ça se passe mal dans mon boulot.

 

La conversation se termina ainsi, de façon tout aussi calme et tendue qu'elle avait commencée, sans qu'il y ait de réel accord entre eux. Mais cela leur convenait à peu près: aucun des deux n'avait perdu la face. Ainsi, en silence, tous les membres de la famille se remirent à manger, sauf Kathy, qui avait déjà fini, ne s'étant pas interrompue durant la conversation des deux hommes. Lorsqu'ils passèrent au plat, la mère tenta de renouer la conversation avec son fils prodigue.

 

-Alors Mikaël, tu as dit que tu avais d'autres choses à nous annoncer. J'espère que ce n'est plus en rapport avec ton travail, dit-elle un peu crispée.
-Non, pas vraiment.
-Ah. Alors c'est peut-être que tu t'es trouvé quelqu'un? essaya-t-elle de deviner.

 

Il arrêta de se servir et la regarda dans les yeux avant de répondre.

 

-Oui.

 

Aussitôt, James éclata de rire et asséna une grande tape dans le dos de son frère.

 

-Et elle est satisfaite de tes performances au lit? Parce qu'avec un sous-homme comme toi, pas sûr que tu puisses bander!

 

De même qu'il l'avait fait avec sa mère, Mikaël le regarda dans les yeux tout en répondant.

 

-D'abord, c'est il, et oui, il est très satisfait de mes performances au lit.

 

Le silence se fit soudain autour de la table et toutes les paires d'yeux se fixèrent sur Mikaël. Personne n'osait faire un geste, comme si l'air rendu lourd par l'ambiance les immobilisait, et chacun attendait avec plus ou moins d'appréhension la réaction de l'autre, et surtout celle du patriarche. Celui-ci posa ses couverts et fit craquer ses doigts nonchalamment au-dessus de son assiette. James eut un petit sourire en imaginant la suite de la soirée, la mère se recroquevilla un peu plus, Kathy sursauta légèrement, et les deux derniers se crispèrent.

 

-Alors c'est finalement arrivé, commença le père d'une voix posée. On a une pédale dans la famille.

 

Il marqua une pause pour souligner son propos, puis il reprit la parole.

 

-Chérie, Kathy et Dan, sortez du salon. James et moi, on va avoir une conversation d'hommes avec Mikaël, et il prononça son prénom comme si cela lui écorchait la bouche.

 

Les deux femmes se levèrent sans protester mais Dan tint à rester.

 

-Je suis un homme aussi, donc je ne vois pas pourquoi je devrais partir!

 

Son père lui lança un regard dédaigneux avant de lui répondre du même ton calme et froid.

 

-Un homme ne dessinerait pas à longueur de journée, alors tu sors.

 

Dan se leva brusquement, faisant même tomber sa chaise, pour protester contre l'insulte mais Mikaël posa une main apaisante sur son bras. D'un regard doux, il lui signifia qu'il valait mieux qu'il parte. Alors Dan les laissa en rechignant, se réfugiant dans sa chambre, car il avait l'habitude d'écouter son frère, surtout lorsqu'ils étaient face à leur père. Néanmoins, cela ne l'empêcha pas de se traiter de tous les noms une fois à l'abri dans sa chambre, et de défouler sa frustration sur son oreiller.

 

Dans le salon, autour du dîner à moitié entamé, Mikaël fixait son père dans les yeux, faisant fi de James. Il attendait sa réaction, presqu'avec impatience, car cela devenait insupportable, de ne pas savoir s'il allait crier ou non, s'il allait le frapper ou non, ou s'il allait seulement le détruire avec des mots.

 

-Je n'aurais jamais dû te laisser monter à cheval, ça t'a brisé les couilles.
-Mais ça m'a permis de vous ramener de l'argent, et tu craches pas dessus! répliqua-t-il du tac au tac, le plus calmement possible mais la voix un peu tremblante sous le stress.
-J'ai fermé les yeux trop longtemps mais maintenant, c'est fini. Tes dettes sont toutes effacées, tu ne nous dois plus rien: tu ne fais plus partie de la famille.

 

Il se leva sans un regard pour son second fils, puis au moment de passer la porte et de quitter le living-room, il rajouta quelques mots.

 

-James, montre-lui ce qu'est un homme.

 

Puis il partit, et James, un sourire malsain aux lèvres, se leva.

 

Dan, assis sur son lit, prêt à détaler si cela tournait mal, entendit son père passer dans le couloir et retourner dans la chambre parentale. Puis il entendit un bruit sourd provenant du salon, puis un autre, et encore un autre. Le bruit des chaises qui tombent à terre aussi, et celui des assiettes qui se fracassent sur le sol. Il n'y avait plus à douter: ses deux frères se battaient, et ils avaient l'air acharnés. Alors cette fois-ci, il en était sûr: il partait. Il ne voulait plus vivre dans cette maison de fous où deux personnes pouvaient se battre sans qu'aucun ne daigne intervenir. Il était même quasiment certain que son père avait donné sa bénédiction à James, puisque ce dernier était le fils idéal à ses yeux.

 

Il attrapa donc le vieux sac de voyage qui était rangé sous son lit et y fourra une grande partie de ses affaires. Il fit subir le même sort à son sac de sport, en réservant tout de même une place conséquente pour les dernières affaires de Mikaël, qu'il avait dit vouloir emporter. Puis il mit toutes ses affaires de dessin dans un grand sac à dos. Il porta le tout dans le couloir. Il passa devant ses frères, toujours en pleine bataille sur le sol du salon, et qui ne firent absolument pas attention à lui, ouvrit la porte d'entrée et déposa le tout sur le palier. Il revint ensuite chercher ses dernières affaires, à savoir ses trois cartons à dessin, qu'il mit dans un grand sac en toile noire prévu à cet effet, son portefeuille qu'il avait oublié de mettre dans son sac à dos, et son portable. Il écrivit sur un post-it un message laconique -"Je m'casse. Dan"- qu'il laissa sur son bureau vide, et repartit sur le palier déposer ses cartons à dessin.

 

Enfin, il revint une dernière fois dans l'appartement pour contempler James et Mikaël. Mikaël était pour l'instant en position de faiblesse, écrasé sous le poids de son frère. Alors d'un coup de pied bien placé dans les côtes, et d'un autre dans la tête pour étourdir sérieusement l'aîné, Dan le libéra. Il l'attrapa par le bras, le releva et lui fit.

 

-Viens, on se barre.

 

Et avant que James ne se relève, ils étaient sur le palier à ramasser toutes leurs affaires. Ils avaient déjà dévalé un peu plus d'un étage lorsqu'ils entendirent la voix de James déchirer leur silence haletant.

 

-Mikaël! Dan! Bande de connards!

 

Ils ne s'arrêtèrent pas et continuèrent de dévaler les escaliers aussi vite que leurs jambes et leur chargement le leur permettaient.

 

-Vous êtes bannis! Si jamais vous remettez les pieds sur mon territoire, je vous ferai descendre!

 

Plus que quelques mètres et ils seraient dehors, laissant derrière eux la violence familiale et les menaces de mort. Dan, sortant le premier, faillit rentrer dans une poussette et il dut s'excuser platement envers la mère devant un Mikaël hilare. Ce qu'il venait de se passer ne semblait pas les affecter plus que ça, comme s'ils s'y étaient préparés. Cependant, on les sentait toujours tendus et sur le qui-vive, notamment Mikaël, qui avait beaucoup plus d'expérience dans ce domaine là. Alors, dès que la mère et l'enfant se furent éloignés, il empoigna le bras de Dan et l'obligea à avancer à grand pas dans une direction quelconque. Après trois carrefours, il ralentit un peu l'allure et lui lâcha le bras. Dan en profita pour lui poser la question qui le taraudait depuis plusieurs centaines de mètres.

 

-On va où?
-Je sais pas. Le plus loin possible de là-bas, c'est tout. Dès que tu vois une station de métro ou un arrêt de bus avec un bus, on embarque dedans.
-D'ac.
-T'as un endroit où dormir ce soir?

 

Mikaël ne lui avait pas demandé pourquoi il avait pris toutes ses affaires, ni pourquoi il le faisait maintenant, mais il l'avait accepté et compris implicitement. Il se souciait juste des questions pratiques.

 

-Oui.
-Où ça?
-Chez toi.

 

Mikaël lui lança un regard étonné puis sourit.

 

-T'es gonflé, toi.
-Je sais, fit-il avec le même sourire complice. Mais sérieusement, j'ai nulle part où dormir. Je peux me trouver une colloc' d'ici quelques jours, mais pour ce soir, c'est pas possible.
-Je m'en doute. Faut juste espérer qu'il fasse pas trop la gueule.
-Qui?
-A ton avis?
-Ton mec?
-Gagné! Ah, voilà un bus! Allez, on le prend! En plus, celui-là va à peu près dans la bonne direction.

 

Les deux frères montèrent dans le bus avec tout leur barda, direction Manhattan.

Repost 0
13 juin 2010 7 13 /06 /juin /2010 23:03

 

Petite suite, mais je l'ai allongée au maximum. Et je vous préviens: je n'ai plus beaucoup d'avance. Alors d'ici deux suites il me semble. Il y aura une pause dans la publication de "Crampons et autres fantaisies hippiques", le temps que je me remette à son écriture (eh oui, presque deux mois sans écrire). Mais d'autres choses seront publiées entre temps, des OS, la suite de "Métro, boulot, dodo?" entre autres.


Bonne lecture! x)

 

 

 

Verre-casse.jpg

 

 

     Vu l'état d'énervement dans lequel Mikaël avait quitté le commissariat, Stefen avait tenu à accompagner Peter jusque chez lui. Pas qu'il craigne que Mikaël ne fasse du mal à son petit ami, mais quand même, sait-on jamais, on fait n'importe sous le coup de la colère, avait-il dit. Les deux hommes arrivaient sur le palier où se trouvait l'appartement de Peter lorsqu'une dame d'une petite cinquantaine d'années sortit de l'appartement mitoyen avec son fils de quinze ans. Elle interpela les deux hommes.


-Ah! Monsieur MacLean, vous êtes enfin là! J'allais sonner chez vous, et peut-être même appeler la police ensuite.
-Pourquoi?
-Y'a de drôles de bruits chez vous, comme si des choses tombaient par terre.

 

A ce moment là, on entendit un bruit sourd envahir le palier, puis le silence revint.

 

-Vous voyez? Exactement comme ça!
-D'accord. Merci de m'avoir prévenu. Mais ne vous inquiétez pas, la rassura-t-il. J'héberge actuellement un ami et il a appris une très mauvaise nouvelle toute à l'heure. Donc c'est pour ça qu'il est énervé.

 

Un autre bruit sourd traversa les murs.

 

-Mais il va complètement détruire votre appartement! s'exclama-t-elle.
-Ne vous inquiétez pas pour ça, Madame. Je vais régler ça le plus vite possible avec mon ami, dit-il en désignant Stefen. Vous n'avez pas besoin d'appeler la police.
-Vous êtes sûr? Il a l'air violent votre ami.
-J'en suis sûr. Maintenant, si vous voulez bien rentrer chez vous, on va s'en occuper.

 

L'adolescent, dont la curiosité avait été vite assouvie, rentra aussitôt mais la mère eut plus de mal à se laisser convaincre. Cependant, au bout de quelques minutes, elle aussi rentra chez elle, laissant les deux hommes seuls sur le palier. Peter entra sa clef dans la serrure et commença à la tourner lorsqu'un troisième bruit, différent des deux premiers, se fit entendre. Stefen, prudent, défit la lanière de cuir qui retenait son arme dans son étui, pour qu'il puisse la prendre au cas où Mikaël se montrerait dangereux. Peter s'en aperçut et lui lança un regard noir.

 

-Stefen, je te préviens, t'as pas intérêt à pointer ton arme contre lui.
-C'est juste au cas où, Peter, s'il pète vraiment un câble.
-Je m'en fous Stefen, je préfère m'en prendre plein la gueule plutôt que tu pointes ton flingue sur lui. De un, parce qu'il va nous haïr tous les deux pour ça si tu le fais. De deux, parce que ça se fait vraiment pas de viser mon mec. Et de trois, parce que Mikaël a une véritable phobie des armes à feu, et fait une crise dès qu'il en voit une, d'après My. Donc si tu veux le rendre encore plus incontrôlable qu'il ne l'est sûrement déjà, et bien vas-y, utilise ton flingue.

 

En trois secondes, Stefen se rangea de l'avis de Peter et referma l'étui de son pistolet, qu'il cacha ensuite du mieux qu'il put sous sa veste. Puis il fit signe à Peter qu'il était prêt et celui-ci continua d'ouvrir la porte. En même temps, il tapa deux fois fort dessus et s'annonça.

 

-Mikaël! C'est moi! Je suis avec Stefen.

 

Puis ils entrèrent dans l'appartement, et eurent un aperçu de ce à quoi il pouvait ressembler après un tremblement de terre. De l'entrée, ils voyaient qu'une bonne partie du contenu de la bibliothèque du salon avait été mise par terre et que tous les DVDs, initialement dans le meuble télé, avaient été projetés aux quatre coins de la pièce. Le canapé avait été retourné plusieurs fois et tout ce qui reposait sur la table basse était maintenant à terre. Seul le coin peinture de Peter avait été préservé: on pouvait juste voir quelques bouquins et DVDs au pied du chevalet.

 

Mikaël était dans la cuisine, au milieu des morceaux de verre et de céramique qui jonchaient le carrelage, après qu'il ait fait un nettoyage radicale des étagères. Il avait posé ses mains de part et d'autre de l'évier, et laissait pendre sa tête entre ses épaules, le regard perdu dans le gris froid et métallique de l'inox. Il ne savait plus trop où il était, ce qu'il faisait, ou même pourquoi il se sentait à la fois si triste et si furieux. Sa tête était tellement vide qu'il se demanda même à un moment qui il était. Mais cela lui revint lorsqu'il entendit une voix l'appeler depuis l'entrée. Une jolie voix d'ailleurs, qui semblait très inquiète. Ses intonations, son ton, lui disaient quelque chose, même s'il n'arrivait pas à mettre un nom dessus. Et le "C'est moi" lancée par la voix ne l'aidait pas. Il avait pourtant l'impression que cette voix appartenait à quelqu'un qui lui était proche, alors pourquoi diable ne s'en souvenait-il pas? Pourquoi tout son esprit était blanc lorsqu'il essayait de réfléchir?

 

Il sentit plus qu'il ne vit quelqu'un approcher. C'était le propriétaire de la voix, et il semblait marcher avec précaution. Puis il l'enlaça en répétant son prénom à de nombreuses reprises, et il le souleva pour le porter hors de la cuisine jusque dans le salon. Mikaël se laissa complètement faire, comme une poupée sans vie dans les bras de Peter. Il resta indifférent aux supplications de Peter, qui s'inquiétait de plus en plus de le voir si détaché du monde extérieur. Comme s'il n'était plus là et s'était réfugié à l'intérieur de lui-même. Comme si après avoir exprimé toute sa colère, il n'avait plus rien à dire et avait décidé de se retirer du monde. Et rien ne semblait pouvoir le ramener auprès de son amant. Ni les prières, ni les mots doux, ni les injonctions, ni la violence. Seul un mot, après de multiples et vains essais, fit écho en lui. Juste un prénom.

 

"James..."

 

Enfin, Mikaël détacha ses yeux du mur en face de lui et lentement, comme au ralenti, les tourna vers Peter, qui était agenouillé à ses pieds.

 

-C'est le fait que O'Brian ait parlé de James qui t'a mis dans cet état?

 

"O'Brian? James? Qu'est-ce qui se passe? Qu'est-ce qui s'est passé nom de dieu! Pourquoi j'arrive pas à me souvenir?!"

 

Peter, à voir les yeux déroutés de Mikaël, sentit qu'il était sur la bonne voie. Alors il continua, quitte à lui faire mal, quitte à réveiller de nouveau ses démons intérieurs.

 

-Ca t'a choqué qu'il te dise clairement qu'il pensait que tu te droguais?

 

"Je ne me drogue pas. Je ne me suis jamais drogué. C'était une erreur de gamin, ça ne compte pas. Je ne me drogue pas."

 

-Je ne me drogue pas, murmura-t-il. Je ne me drogue pas. Je ne me drogue pas.

 

Mikaël répétait ces quelques mots tels une litanie. A croire que c'était la dernière chose dont il était sûr et qu'il s'y raccrochait désespérément. Peter, chamboulé par la détresse qu'il entendait dans ce murmure quasi inaudible, se releva et enlaça doucement son amant.

 

-Je sais. Je sais que tu ne te drogues pas Mikaël. Je le sais.

 

A ces mots, qu'on aurait dit qu'il attendait depuis longtemps, Mikaël relâcha toute la tension qui l'habitait et se laissa tomber, inconscient, dans les bras de Peter. Celui-ci le rattrapa comme il put et avec l'aide de Stefen, le porta dans leur chambre. Le plus vieux retourna dans le salon commencer à ranger tandis que Peter déshabilla son homme, avant de le coucher sous la couette et de le border comme un enfant. Ensuite, il rejoignit son ami dans le salon. Il se laissa tomber dans le canapé, remis à sa place originale, et poussa un long soupir fatigué.

 

-Laisse Stefen, je vais ranger.
-Mais non, c'est bon. Je suis venu, j'ai rien fait, alors je peux au moins mettre un peu d'ordre dans tout ce bordel.
-... Merci, c'est gentil.
-De rien, c'est normal. Par contre, je crois que tu vas devoir te racheter des assiettes et des verres. Il a tout foutu par terre.
-Tout tout tout?
-Il reste les petites assiettes et les verres à vin, d'après ce que j'ai vu. Le reste a voltigé.
-D'accord...

 

Peter bascula la tête en arrière et ferma les yeux, se laissant envahir par la fatigue. La soirée avait été éprouvante. Bien plus que celle de la veille, où il avait pourtant fait son coming-out. Il sentit le canapé s'affaisser à sa gauche et rouvrit les yeux sur Stefen.

 

-Ca va?
-Ca pourrait aller mieux, fit-il d'une voix morne.
-J'imagine... C'est toujours comme ça ses crises? osa Stefen après un instant de silence.
-Non, pas que je sache. Là, c'était plus violent, et ensuite beaucoup plus apathique. Mais je suppose qu'il va refaire quelques crises cette nuit, donc j'aurais plus d'éléments de comparaison à ce moment là.
-Hum... D'accord... Dis-moi, Peter...
-Hum?
-... T'es sûr de le vouloir? Avec lui? demanda-t-il, terriblement embarrassé.

 

Peter lui lança un regard intrigué, vérifiant où il voulait en venir, puis il lui répondit.

 

-Ouais, je suis sûr. Et ça ne peut être qu'avec lui.

 

Stefen hocha la tête, signe qu'il avait compris le sentiment de son ami, puis lui souhaita bon courage.

 

-J'espère que tu ne craqueras pas.
-Moi aussi, j'espère... Moi aussi...
-Et si jamais ça arrive, je suis là, ok? le rassura Stefen.
-Ok. Merci. ... Bon, on se le range cet appart' ou on glande?
-On se le range!

 

En un peu plus d'une demi-heure, tout avait repris sa place originale dans l'appartement, sauf les verres et les assiettes brisées, qui avaient fini à la poubelle. Stefen était ensuite parti retrouver Nathaniel qui l'attendait chez eux, et Peter avait pris une douche rapide. Il se glissa ensuite sous la couette, sans même penser à manger, et se rapprocha le plus qu'il put de son compagnon. Il passa ses mains autour de son ventre et le serra contre lui. Une vingtaine de minutes plus tard, Mikaël commença à s'agiter et à parler dans son sommeil, prémices sans conteste d'une crise, qui serait la seconde d'une longue série.

 

 

 

     Peter arriva avec près d'une demi-heure de retard au commissariat le lendemain matin. Il rejoignit discrètement son bureau et salua Stefen qui rangeait un peu ses affaires.

 

-Salut, le chef est passé?
-Non, pas encore. Donc on peut dire que t'es arrivé à l'heure. Tu t'es pas réveillé ou quoi?
-Ouais, c'est ça, confirma-t-il en sortant quelques papiers dont il aurait besoin plus tard.
-... T'as pas l'air bien, osa Stefen après avoir hésité à mettre le doigt sur quelque chose qui les ferait forcément revenir à la veille au soir.
-J'ai pas bien dormi.
-Il a refait une crise?
-J'ai arrêté de compter après cinq, soupira-t-il, se frottant les yeux pour essayer de se réveiller.
-Merde... Et lui, comment il va?
-Je sais pas. Il était déjà parti quand je me suis réveillé.
-Ah... Vous en reparlerez ce soir alors?
-Je sais pas... Il est censé aller chez ses parents ce soir, et faire son coming-out.

 

Stefen retint un hoquet de surprise et Peter lui expliqua sans qu'il ait besoin de le demander.

 

-Je pense qu'il ira quand même: quand il a décidé de faire quelque chose, il le fait, peu importe tout ce qui peut se passer autour. Et puis, il préfère avoir tous les malheurs, si on peut appeler ça comme ça, d'un seul coup plutôt que de les étaler sur une longue période. Donc ce soir, il risque de ne pas être à la maison avant très tard, et quand il rentrera, ce qu'il s'est passé hier ne sera sûrement pas ce dont on aura à parler.

-Appelle-le alors. Ca sera mieux pour vous deux de vous parler avant ce soir.
-Mais...
-Pas de discussion: c'est un ordre, fit-il avec un sourire doux.

 

Peter le remercia d'un regard et partit s'isoler dans un coin, la boule au ventre de reparler à Mikaël après la nuit terrible qu'ils avaient passé.

Repost 0
8 juin 2010 2 08 /06 /juin /2010 20:11

Et voilà, il semblerait que j'ai repris les "bonnes" vieilles habitudes qui sévissent dans ma famille depuis la génération de mes parents: le retard! Donc, n'en soyez point étonnés, voici la suite avec deux jours de retard!


Et je dédis cette suite à ma carne alezane préférée: Jazz De La Griserie, qui a terminé son CCE à Jardy, avec seulement huit points sur le CSO et un sans faute sur le cross (avec un peu de temps dépassé, mais sans chrono, dur dur d'être juste). C'est la deuxième fois cette année qu'il finit un parcours, et surtout que là, j'ai servi de crash test, alors je suis fière de lui.


A Jazz! x)

 

 

 

Crampons-73.jpg

 

 

     -Bonjour, je m'appelle Mikaël Blowsworth, j'ai été convoqué, se présenta-t-il à l'accueil du commissariat.
-Je peux voir votre feuille de convocation? demanda la policière d'une bonne cinquantaine d'années, peu avantagée par la nature.
-C'est-à-dire qu'on m'a signifié cette convocation en me laissant un message sur mon répondeur. Vous voulez écouter le message? proposa-t-il en tendant son téléphone portable.

 

Elle hésita puis renonça, estimant que cela lui ferait du travail en plus et que ce jeune homme si charmant ne pouvait en aucun cas être un terroriste ou un dérangé mental.
-Non, c'est bon, merci. Je vous fais confiance. Quel est l'inspecteur qui vous a convoqué?
-Euh... Monsieur Lashon, si je ne me trompe pas.

 

Elle tapota quelques secondes sur le clavier de son ordinateur puis lui annonça le verdict.

 

-Douzième étage. Une fois là-haut, il y a un autre accueil auquel vous vous présenterez.
-Merci bien, madame.

 

Il ne lui laissa pas l'occasion de répondre et se dirigea immédiatement vers les ascenseurs. Celui de gauche arriva en premier et il s'y engouffra. Quelques instants plus tard, il sortit au douzième étage de la tour et se dirigea vers ce qui lui semblait être l'accueil. Mais il fut interpelé avant qu'il ne l'atteigne par une homme d'une trentaine d'années en costume cravate.

 

-Monsieur Blowsworth?
-Oui? Ah, vous êtes Monsieur Lashon, c'est ça? demanda-t-il en reconnaissant le collègue de Peter.
-Tout à fait, je vous attendais.
-A la sortie des ascenseurs? Vous avez peur que je le croise? ironisa-t-il.
-Euh non, du tout, fit-il, surpris de l'attitude un peu agressive de Mikaël: l'interrogatoire n'allait pas être simple. J'allais juste prendre un café, mais je vais m'en passer maintenant que vous êtes là. Allons dans la salle d'interrogatoire, si vous le voulez bien.

 

Mikaël ne répondit pas et suivit Stefen jusqu'à une porte sombre dans un couloir vide de toute décoration. Ils y entrèrent et Mikaël se retrouva face à une salle d'interrogatoire des plus typiques: une table banale, quelques chaises, et l'inévitable vitre sans tain. La dernière fois qu'il était venu, on l'avait interrogé directement au bureau même du policier, et ce changement d'attitude envers lui le laissa quelque peu songeur. Mais il ne le montra pas: il préféra encore une fois se moquer de la situation.

 

-Alors vous sortez les grands moyens pour moi maintenant? Suis-je devenu plus suspect que la dernière fois? Ou alors plus dangereux? C'est vrai que je me suis battu avec Chris ce weekend. Ca doit vous faire peur, un cavalier qui se bat.
-Jouer ce petit jeu ne vous servira pas, monsieur Blowsworth, annonça Stefen tout en lui désignant une chaise pour qu'il s'assoit.
-Vous en avez vu d'autres, c'est ça? Tout le monde en voit toujours d'autres, même les petits jeunes! Je trouve ça... étonnant, fit-il d'un ton moqueur tout en s'asseyant.

 

Stefen s'assit en face de lui et maudit le cavalier qui ne lui rendait absolument pas la tâche facile: Peter avait décidément du courage pour supporter un tel caractère. L'inspecteur sortit un dictaphone d'une poche de sa veste et le posa sur la table.

 

-Oh. Je vais être enregistré. Merveilleux!
-Cessez de faire le malin, monsieur Blowsworth, redemanda Stefen en enclenchant le dictaphone sur le mode enregistrement. Enquête D939.363, mardi 5 juillet 2011, 17h10, inspecteur Stefen Lashon, suspect Mikaël Blowsworth, interrogatoire numéro 3. Monsieur Blowsworth, pouvez-vous nous raconter ce qu'il s'est passé entre vous et votre concurrent Christopher Bullock ce samedi?

 

Mikaël, avec lassitude, raconta succinctement l'épisode de samedi. Il estimait qu'il n'avait rien à se reprocher dans cette histoire, mais il était sûr que d'avoir un suspect catégorisé comme violent devait ravir les inspecteurs de police. Puis vinrent les questions, cherchant la petite bête.

 

-Est-ce que vous vous entendiez bien avec Christopher Bullock?
-Ni plus ni moins qu'avec les autres cavaliers.
-Pouvez-vous préciser?
-Que voulez-vous que je vous dise? Que c'était l'amour fou entre nous ou qu'on se détestait à tel point que ça finissait en pugilat à chaque fois qu'on se voyait? Soyez clair, comme ça je pourrai vous donner les réponses que vous attendez.
-Je voudrais que vous me disiez la vérité, monsieur Blowsworth.

 

Mikaël se pencha par dessus la table et regarda Stefen dans les yeux.

 

-La vérité, c'est qu'il m'indiffère. Je m'en bats les couilles de Chris.

 

Puis il se redressa sur son siège.

 

-Pourtant vous partagez le même entraîneur.
-Hasard.
-Mais cela veut dire que vous passez plus de temps ensemble. Vous vous entraînez ensemble, vous passez vos journées dans le même club, et vous partagez même un cheval de concours il me semble.
-Monsieur Lashon, dois-je vous rappeler que l'équitation est un sport individuel? En tout cas, en ce qui concerne les disciplines que je pratique. Je fais rarement des concours par équipe. Et ce n'est pas parce que je suis dans le même club que Chris que je passe mon temps avec lui. On se voit pendant certains entraînements, aux repas, et encore. Je suis aimable avec lui comme je le serais avec quelqu'un rencontré au coin d'une rue. Point barre.

 

Stefen allait enchaîner lorsque la porte s'ouvrit doucement et il vit arriver avec surprise son collègue.

 

-Peter? Mais qu'est-ce que tu fais là? On avait...
-Ordre du chef, l'interrompit-il sans lancer un regard à Mikaël. Vas-y, continue.

 

Peter s'installa derrière lui, essayant de ne pas trop regarder son petit ami, et Stefen, par réflexe, signala son entrée sur la bande magnétique du dictaphone. Puis il essaya de poursuivre, un peu perturbé par ces nouvelles conditions: ils avaient convenu que Peter n'assisterait pas à cet interrogatoire.

 

-Donc... Euh... Je disais que...
-Prenez tout votre temps, Monsieur Lashon. Moi je n'ai rien de prévu ce soir, je peux rester toute la nuit pour pallier à l'incompétence de la police, si vous le voulez, commenta Mikaël, très détaché, et qui avait à peine sourcillé à l'arrivée de son amant.
-Monsieur Blowsworth, je vous ai déjà demandé d'arrêter ce petit jeu.
-Mais je ne suis pas obligé de vous écouter. Allons, mon cher, continuons, je vous en prie.

 

Stefen se crispa d'énervement et Peter se lamenta intérieurement de l'effronterie dont faisait preuve le cavalier. Cependant, l'interrogatoire continua.

 

-Donc, vous partagez un cheval de concours avec Christopher Bullock.
-Exact. About Him. Il appartient à Ellen Rockshire, qui est la plus grande chieuse de tous les Etats-Unis. Mais son cheval est plutôt performant, alors ça vaut le coup.
-Donc, si vous vous partagez un cheval, vous devez quand même vous voir un minimum, pour ne pas interférer dans vos entraînements respectifs.
-C'est Ed qui réglait tout ça. Et comme j'étais le plus doué, il avait décidé que c'était Chris qui ne devait pas interférer dans mon travail sur le cheval, plutôt que d'établir un programme commun d'entraînement pour About Him. Pas le meilleur choix, de mon avis personnel. Surtout que Chris s'en est vexé.
-Donc Christopher Bullock avait une certaine animosité envers vous.
-Si vous le voulez.
-Monsieur Blowsworth, il serait bon que vous répondiez clairement à nos questions si vous ne voulez pas être pris en grippe par certains d'entre nous, intervint Peter, essayant de lui faire comprendre par là que c'était tout à son intérêt de se montrer docile lors des interrogatoires.

 

Mais Mikaël n'en eut cure et se montra totalement détaché des questions qu'on lui posait, tout en restant cynique. Un véritable casse-tête pour les deux inspecteurs, qui ne savaient plus comment le prendre pour avoir quelques informations. Car au final, ce qu'ils apprirent au bout d'une bonne heure de questionnement fut bien maigre: Mikaël avait rompu avec Edward Fork pour des raisons purement professionnelles et il était actuellement dans ce qu'il appelait un pré-contrat avec l'autre coach de son club, Charlie Greenfield. Ce furent les deux seules choses à peu près nouvelles qu'il surent. Le reste, il le savait déjà, ou alors restait trop flou pour que cela soit réellement contributif à l'enquête. Ils allaient donc congédier le jeune homme, en ayant fini avec lui, lorsque leur supérieur arriva dans la salle d'interrogatoire, à l'étonnement général. Il s'installa à la place de Stefen, et se présenta à Mikaël.

 

-Bonsoir Monsieur Blowsworth, je suis l'inspecteur en chef Kenneth O'Brian. J'aurai quelques questions à vous poser.
-Allez-y, j'ai toute la nuit pour vous satisfaire, fit Mikaël avec un petit sourire suggestif, plus par provocation que par réelle envie.

 

Peter se mordit la lèvre inférieure face à cette nouvelle impertinence de la part de son amant. Celui-ci n'avait pas l'air de saisir dans quelle situation délicate il se trouvait, d'autant plus qu'il était rare que le chef interroge un suspect en personne. Il devait avoir une idée derrière la tête pour le faire.

 

O'Brian, amusé par la provocation de Mikaël, attrapa le dictaphone, le remit en mode enregistrement puis reprit l'interrogatoire.

 

-Mardi 5 juillet 2011, 18h20, reprise de l'interrogatoire numéro 3 du suspect Mikaël Blowsworth, par l'inspecteur en chef Kenneth O'Brian, en présence des inspecteurs Stefen Lashon et Peter MacLean. Monsieur Blowsworth, vous devez savoir que tout dossier concernant un mineur est détruit après une certaine période. Le vôtre a donc été détruit, et il n'y a plus aucun moyen d'y avoir accès. Cependant, après quelques recherches, j'ai réussi à contacter un des policiers qui s'était occupé de vous à l'époque de votre première arrestation. Et il se souvenait très bien de cette enquête.
-Waow! Bravo! Quelle persévérance! Dois-je vous applaudir? l'interrompit-il.

 

Peter voulut se taper la tête contre les murs à cette réplique et Stefen constata que le chef était un véritable acharné concernant Mikaël.

 

-Ce ne sera pas nécessaire. Vos dernières arrestations correspondent surtout à des petits vols à la tire, d'après ce qu'il m'a dit.
-Ouais, sûrement. Mais ça remonte à très longtemps, alors vous savez... annonça d'emblée Mikaël, lui faisant comprendre qu'il n'apprendrait rien de plus de lui.
-Est-ce que vous pouvez me dire pourquoi vous voliez?
-Ooh... Pour différentes raisons...
-Par exemple, le dernier vol... Une veste de costume dans une grande surface. Vous devez vous souvenir de la raison...
-Une veste de costume, vous dîtes? Attendez que je me souvienne...

 

Il fit attendre O'Brian cinq bonnes minutes, en faisant semblant d'essayer de se souvenir du fait: il se grattait la tête, faisait la moue, tirait la langue, comptait sur ses doigts, pour finalement déclarer.

 

-Ah! Celle-là! Je trouvais que 250 dollars pour une veste que je n'allais porter qu'une seule fois, ça faisait beaucoup. Et puis j'avais décidé de la rendre ensuite.
-Et c'était à quelle occasion que vous alliez la porter?
-Pour la remise de diplômes de My.
-Andersson? demanda-t-il pour confirmation.
-Non, Andersson, répliqua Mikaël, corrigeant le fort accent américain du policier et prononçant le nom à la suédoise.

 

L'inspecteur n'en prit pas offense, ni de ça, ni de toutes les précédentes piques de Mikaël, semblant préparé à ce genre de choses. Il continua donc l'interrogatoire sans problème.

 

-Et pour votre propre remise de diplôme? Pas de veste de costume?
-Pas de diplôme tout court. J'ai arrêté mes études à 15 ans. Mais ce fameux inspecteur à la mémoire d'éléphant a dû vous le dire. Comme tout ce que vous venez de me demander. Donc venez-en aux faits. J'ai beau avoir toute la nuit, je suis crevé.
-Très bien. Puisque c'est ce que vous réclamez, fit O'Brian avec un sourire qu'on aurait presque pu qualifier de vicieux. Je voudrais savoir si vous voyez encore votre frère.
-Bien sûr! Bon, je l'admets, pas très souvent, et ça me rend un peu triste. Mais on ne peut rien y faire si Dan et moi n'avons pas des emplois du temps très compatibles.
-Cessez de jouer au con, monsieur Blowsworth.
-Je joue à ce que je veux, répliqua-t-il, plus sérieux que jamais.

 

Ils s'affrontèrent du regard pendant quelques secondes et l'inspecteur fut le premier à céder: il dut reposer sa question.

 

-Est-ce que vous revoyez votre grand frère, James Blowsworth?
-Tous les 36 du mois.
-Soyez plus clair.
-Ca me paraît pourtant transparent. Un mois n'a jamais eu trente-six jours. Du moins pas dans notre calendrier actuel.
-Donc vous ne le voyez pas du tout?
-Bingo! Quel bel esprit de déduction! railla Mikaël.
-Pourtant vous êtes frères. Vous êtes de la même famille, et...
-Oh, je vous en prie. Passez-moi le couplet sur les obligations de la famille et tout le tintouin. J'estime remplir suffisamment mes obligations envers mes parents, et ne pas en avoir envers James.
-Et pourquoi donc?
-Cela ne vous regarde pas.
-Au contraire, je crois bien que ça m'intéresse.
-Et moi, je crois que non. Ou alors utilisez votre brillant cerveau pour deviner cela tout seul.

 

Le chef sentit que de nouveau il allait perdre sur ce terrain là. Le vieil inspecteur qu'il avait contacté le lui avait dit: Mikaël Blowsworth était quelqu'un de difficile à manœuvrer en interrogatoire. Et pourtant, malgré les conseils qu'il lui avait donnés, il n'arrivait à rien: le jeune homme était insaisissable, jonglant entre sarcasme et mutisme volontaire en passant par l'insolence. Alors il préféra aller droit au but et attaquer là où ça faisait mal. Peut-être qu'ainsi Mikaël se découvrirait.

 

-Monsieur Blowsworth, est-ce que vous êtes au courant des activités de votre frère James?
-De quelles genres d'activités vous voulez parler? se méfia-t-il.
-De ses activités au sein du gang qu'il dirige.
-Il est devenu chef de gang?

 

Mikaël était un peu suspicieux: il savait qu'étant un des premiers à intégrer le gang, James avait dû assez facilement monter en grade. Mais de là à ce que Dagger lui laisse la place à la tête de son groupe, il avait comme un gros doute. Dagger tenait à son gang et à ses hommes comme à son poignard fétiche: jamais il ne l'aurait laissé entre d'autres mains, à moins d'être mort. Hors il ne l'était pas. Il en aurait entendu parler sinon: il avait beau avoir quitté son quartier, il avait encore deux ou trois contacts à l'intérieur, ce qui lui permettait de garder un œil sur Dan.

 

-Non, d'après nos informations, il en est le bras droit. Alors, êtes-vous au courant de ses activités?
-Pas le moins du monde. Mais je suppose que ça ne doit pas différer de beaucoup des autres mafias.
-Effectivement, bien que cela reste à une échelle assez locale, confirma O'Brian et il commença à lire les méfaits attribués au gang de James. Trafic de marchandises, trafic d'armes, prostitution.

 

Mikaël fit la moue en entendant le dernier mot.

 

-Meurtres.

 

Mikaël ne le savait que trop bien.

 

-Et enfin, trafic de drogues.

 

Cela aussi, Mikaël le savait. Et il le regrettait chaque jour qui passait.

 

-Il me semble que vous connaissez bien ce dernier point.

 

Mikaël se crispa sur sa chaise mais essaya néanmoins de rester impassible: il voulait parler de ça. Et bien, il ne serait pas déçu!

 

-Vous avez été arrêté lorsque vous aviez neuf ans pour détention de drogue. Un bon kilo d'après mes souvenirs.

 

Il regardait intensément Mikaël pour capter le moindre changement d'attitude mais celui-ci ne se démonta pas.

 

-Je ne vous félicite pas: vous avez oublié que j'en avais pas mal pris aussi, répliqua-t-il, narquois.

 

La tension monta d'un cran dans la salle d'interrogatoire et les deux spectateurs impuissants sentirent que ce à quoi ils venaient d'assister n'étaient que les préliminaires. C'était maintenant que la véritable bataille débutait.

 

-Effectivement, vous faîtes bien de le rappeler. Et tout cela me porte à croire que vous pourriez recommencer.
-Recommencer à quoi? A me foutre de votre gueule?
-A prendre de la drogue. A vous bourrer de stupéfiants pour améliorer vos performances et celles de vos chevaux. A vous doper.

 

Mikaël resta silencieux, attendant que l'autre expose ses arguments. Mais il serrait les dents pour ne pas s'énerver, et le regard un peu désespéré, et complètement inquiet, de Peter ne l'aidait pas. Il aurait préféré qu'il ne soit pas là, ou qu'au moins, il lui fasse plus confiance. Il réalisa soudain que ce O'Brian allait révéler ce qu'il tentait de cacher à Peter. Il en avait même déjà révélé une partie et il n'avait même pas fait attention, trop concentré qu'il était sur sa joute verbale avec le policier. Il blêmit en imaginant ce que Peter allait penser de lui et O'Brian, prenant ça comme un signe de faiblesse, en profita pour attaquer.

 

-Vous avez des contacts étroits avec le milieu de la drogue de par votre frère James...
-Que je ne vois plus depuis des années, l'interrompit-il.
-Ce qui fait que vous avez plus de facilité à vous procurer toutes sortes de drogues, continua O'Brian comme si Mikaël n'avait jamais parlé. Y compris celles que l'on retrouve dans votre sang ou dans celui de vos chevaux.
-Je ne dope pas mes chevaux et je ne me dope pas! s'énerva Mikaël.
-Ce n'est pas ce que disent nos analyses.
-Vos analyses sont fausses alors!
-Je ne crois pas, non. Je crois plutôt que vous nous mentez, affirma O'Brian, et Peter dut se retenir pour ne pas intervenir.

 

Ils savaient que les analyses étaient fausses, ils l'avaient montré! Et Mikaël faisait clairement partie de ceux qui avaient des résultats qui changeaient d'un laboratoire à l'autre. Stefen posa doucement sa main sur son avant-bras et lui fit signe de se calmer. Cela ne ferait qu'empirer les choses que d'intervenir maintenant.

 

-Je. Ne. Dope. Pas. Mes. Chevaux, martela Mikaël en appuyant sa phrase d'un coup de poing sur la table.
-Ca, c'est ce que vous dîtes. Nous, le labo nous dit autre chose. Et à choisir entre un être humain capable des pires mensonges, et une machine qui ne pense pas, je préfère croire la machine.
-Une machine peut se tromper. L'Histoire avec un grand H nous l'a prouvé de nombreuses fois.
-Le sujet n'est pas là monsieur Blowsworth.
-Oh que si...
-Le sujet est que vous êtes le premier de nos suspects, et que vous avez intérêt à coopérer.
-Moi? Le premier des suspects? Alors que j'ai jamais touché à cette merde! C'est incroyable ça! Vous perdez votre temps! Y'en a pas mal qui se shootent pour tenir le coup, parce qu'ils n'en peuvent plus, parce qu'on leur en demande trop, révéla-t-il en s'agitant de plus en plus. Mais non, vous me choisissez moi! Moi, Mikaël Blowsworth, alors que je me suis jamais piqué et que je ne pourrai jamais faire du mal à un cheval. Tout ça parce que mon grand frère, mon superbe et magnifique grand frère que j'emmerde profondément fait partie d'un réseau de drogue!
-Et parce que vous êtes un consommateur de drogue!
-Je n'ai jamais été un consommateur de drogue, ok?!
-Ce n'est pas ce que j'ai entendu.
-Eh bien décrassez-vous les oreilles, inspecteur O'Brian, s'énerva Mikaël en se levant et en pointant un doigt accusateur sur le policier assis en face de lui. J'avais neuf ans! Neuf putain d'années! cria-t-il. J'avais envie de faire chier mon frère et de lui faire une farce avec la course qu'il voulait que je fasse. Alors oui, j'ai pris ce putain de paquet de sucre et j'en ai foutu un peu partout sur le trottoir! Et comme je lui trouvais une gueule bizarre, j'ai goûté. J'ai même pas mal goûté, ouais! Et ça a été la pire connerie de ma vie! La pire!

 

Il souleva légèrement la table et la fit retomber bruyamment sur le sol comme pour souligner ses propos.

 

-Ce jour-là, finit-il étonnamment calmement, j'ai dit bonjour à la mort. Et je ne suis pas près de recommencer.

 

Mikaël lança un dernier regard plein de colère à O'Brian puis se dirigea vers la porte sans même prêter attention aux deux autres. Le chef, encore sous le choc de l'attitude violente du cavalier, ne se reprit que lorsqu'il entendit la porte s'ouvrir.

 

-Monsieur Blowsworth, je n'ai pas fini! Revenez ici.

 

Mikaël revint effectivement, mais pas à sa place. Il préféra se pencher sur O'Brian et lui cracher quelques mots à la figure.

 

-Et bien moi si, j'ai fini. L'interrogatoire est clos. Et rappelez-vous bien de ça, monsieur l'inspecteur en chef Kenneth O'Brian: je ne suis pas un drogué. Je ne suis pas votre coupable. Et vous feriez mieux de bien utiliser votre brosse à dents: vous puez de la gueule.

 

Mikaël lui lança un regard dégoûté et s'en alla sans plus de cérémonie, laissant les trois hommes étonné, désespéré ou en colère, au choix selon la personne.

Repost 0
30 mai 2010 7 30 /05 /mai /2010 17:59

Et voilà la fameuse explication de Peter avec ses parents! Savourez! =D


Bonne lecture! x)

 

 

 

Crampons-72.jpg

 

 

     Il était environ sept heures et demi du soir et Peter garait sa voiture dans une rue adjacente à celle où habitaient ses parents. En quelques minutes de marche, il se retrouva devant leur maison. Avant de sonner, il fit le vide dans sa tête, oubliant les formules toutes faites qu'il s'était répétées dans la voiture en venant, et il rassembla un peu de son courage. Puis il appuya sur le bouton. Ce fut sa mère qui lui ouvrit quelques secondes plus tard.

 

-Ah chéri! Comment tu vas?
-Salut Maman! Ca va bien, et toi?
-Ca va très bien. Et on est très contents que tu viennes dîner avec nous ce soir. Bon, comme tu nous as prévenus très tard, ça ne sera pas de la grande cuisine, mais...
-Ca sera ta cuisine Maman, ça me suffit. En plus, j'ai décidé de venir manger un peu sur un coup de tête, alors voilà, t'as pas à t'en faire.

 

Ce n'était pas vraiment sur un coup de tête qu'il était venu manger chez ses parents ce soir-là. Il en avait même parlé à Mikaël. Mais Peter avait préféré prévenir ses parents au dernier moment, pour avoir toujours la liberté de se retirer, sur un véritable coup de tête cette fois-ci. Cependant, il avait tenu bon dans ses résolutions et il se retrouvait maintenant chez eux, pour le premier dîner en famille depuis plusieurs mois, et peut-être le dernier avant des années.

 

Les deux adultes, mère et fils, arrivèrent dans le salon, où le père avait déjà un petit whisky bulle en guise d'apéro. Peter refusa poliment, préférant garder la tête claire, et la discussion s'engagea sur des choses assez banales, comme le temps qu'il faisait ou le dernier livre lu. Le genre de conversation qui donnait l'impression à Peter de retourner plus d'une dizaine d'années en arrière, lorsqu'il habitait encore chez eux. L'apéritif et l'entrée des repas étaient toujours dédiés aux choses triviales tandis que le plat principal du repas s'accordait au plat de résistance de la conversation. Il s'agissait en général de politique, ou alors des études, et maintenant du travail, de Peter.

 

Ce dîner là ne fit pas exception, et lorsque Mary-Ann servit les filets de bœuf accompagnés de pommes de terre et de coleslaw, Peter s'éclaircit la gorge. Ni Terrence, ni Mary-Ann ne remarquèrent rien, et ils commencèrent à manger sans s'apercevoir du trouble grandissant de leur fils. Peter essaya de faire comme eux, de profiter du filet de bœuf merveilleusement cuit par sa mère, mais au bout de quelques bouchées, il eut la nausée et dut s'arrêter. Il se lança alors dans une deuxième tentative, beaucoup plus directe.

 

-Heu... Papa, Maman? Vous avez des nouvelles de Sonia?
-Non, du tout, répondit Mary-Ann en reposant ses couverts. Elle s'est beaucoup énervée les deux-trois premiers jours après votre rupture et elle nous a appelés très souvent. Mais quand elle a réalisé qu'on ne pouvait rien faire et qu'on n'en savait pas beaucoup plus qu'elle, elle a abandonné. Pourquoi tu nous demandes ça?
-Pour rien, juste savoir comment elle allait. Je lui ai pas reparlé depuis ce fameux soir.
-Tu veux te remettre avec elle? demanda-t-elle avec une certaine circonspection.
-Pas du tout! affirma-t-il aussitôt, d'un ton convaincant et convaincu.
-Tu fais bien, approuva son père. Cette fille nous a montré tout son sale caractère et franchement, je voudrais pas l'avoir comme belle-fille.
-Hum... C'est sûr. En fait, je sais pas trop où j'en suis avec elle. Avant, j'aurais voulu qu'on reste amis, mais maintenant, j'hésite...
-Prends ton temps pour y réfléchir, lui conseilla sa mère. Tu n'as pas à prendre une décision dans la minute.

 

Mary-Ann lui fit un sourire chaleureux et rassurant, le genre de sourire que seule une mère peut faire, et il la remercia du regard. Puis le dîner reprit son cours normalement, et Peter conclut que sa deuxième tentative avait échoué. Il avait espéré passer de son ancienne relation à sa relation actuelle, mais la conversation n'avait pas pris le cours attendu.

 

La troisième tentative de la soirée fut amorcée par Terrence, qui, lors d'un silence masticateur, mit les pieds dans le plat, comme le lui reprochait souvent son épouse.

 

-Et sinon, avec l'autre, ça se passe comment?
-L'autre? fit Peter, interrogateur, ne comprenant pas la question vu qu'ils venaient de parler des décisions prises récemment par le Sénat quant à la guerre en Irak.
-Ta mère m'a dit que tu avais rencontré quelqu'un. J'espère au moins que c'est pas une grognasse comme l'autre.
-Mamaaaaan, qu'est-ce que tu lui as encore raconté? gémit-il.
-Mais rien du tout! Juste ce que tu m'as dit au téléphone. Que tu avais rencontré quelqu'un et que tu ne voulais pas nous la présenter tout de suite. Donc je me suis demandé pourquoi, et ton père a dit que c'était sûrement une grognasse.

 

Peter se tourna vers son père qui continuait de manger comme s'il n'attendait pas de réponse alors qu'il mourait d'envie de savoir. Peter soupira puis sourit: c'était si typiquement lui, cette attitude un peu je-m'enfoutiste.

 

-C'est pas une grognasse, loin de là, Papa.
-Ah? Et elle est comment alors?
-Très très sympa. Un peu colérique de temps en temps, mais très sympa le reste du temps.
-Sonia aussi était très sympa, à l'époque, alors précise un peu, réclama son père.
-Que veux-tu que je te dise d'autre? Je la trouve adorable et je suis amoureux d'elle. Je suis sûr que c'est la bonne.
-Tu ne t'avances pas un peu beaucoup?
-Et alors? Moi, j'y crois.
-Si t'y crois...
-Terrence, arrête de le décourager! intervint Mary-Ann. S'il croit à son histoire avec cette jeune femme, alors c'est bien. Et moi aussi j'y crois.

 

Le père soupira, laissant sa femme avoir le dernier mot, et celle-ci en profita pour interroger plus en profondeur Peter sur cette fameuse jeune femme.

 

-Alors mon chéri? Maintenant, tu ne peux plus t'échapper et tu vas devoir répondre aux questions de la dernière fois.

 

Elle eut un grand sourire et Peter un soupir résigné.

 

-Qu'est-ce que tu veux savoir?
-Déjà, elle ressemble à quoi? Blonde? Brune?
-Brune, avec des cheveux assez courts, et elle a des yeux marrons.
-Et... l'encouragea sa mère en faisant des signes de la main comme quoi il devait continuer.
-Et elle est un peu plus petite que moi. Assez fine, et plutôt du genre sportive.
-Donc en gros, elle est bien foutue, d'après ta description?
-Ouais, en gros, avoua-t-il avec un sourire en coin.
-Et elle a quel âge?
-Vingt-cinq ans.
-Un peu plus jeune que toi, donc. Elle est toujours en train de faire ses études ou elle est déjà entrée dans la vie active?
-Elle est déjà dans la vie active: elle travaille avec les chevaux.

 

Dire qu'il s'agissait en fait d'un compétiteur de très haut niveau aurait entraîné beaucoup trop de questions alors il avait opté pour cette solution là.

 

-Oh... fit-elle un peu déçue, comme si ce n'était pas assez bien comme métier pour la compagne de son fils. Et ses parents? Ils font quoi?
-Je ne sais pas, elle ne s'entend pas bien avec sa famille donc elle ne m'en parle pas.
-Mais si vous êtes aussi...
-Maman, l'interrompit-il, si tu veux me refaire un discours sur la confiance et l'importance de dialoguer dans un couple, alors tu te tais, j'ai déjà donné.

 

Il adoucit ses paroles sèches d'un sourire et sa mère comprit qu'il s'agissait d'un sujet sensible. Alors elle abandonna, quitte à y revenir un autre jour.

 

-Et son prénom, c'est quoi? Depuis tout à l'heure, vous ne faîtes que dire elle, elle, elle, remarqua Terrence.
-Tiens, oui, ça c'est une bonne question. Alors Peter? Elle s'appelle comment cette jeune femme dont tu es follement amoureux?

 

Il les regarda tous deux, mémorisant au mieux leurs visages souriants, puis annonça d'une voix claire son prénom.

 

-Mikaël.
-Pardon? fit Mary-Ann, croyant avoir mal entendu.
-Cette jeune femme dont je suis follement amoureux est en fait un jeune homme, et il s'appelle Mikaël.

 

Ce fut comme si le temps s'était suspendu dans la maison des MacLean. Peter attendait avec anxiété la réaction de ses parents, et ces derniers étaient probablement trop choqués par son annonce pour faire quoi que ce soit. Après de longues secondes insupportables d'attente pour Peter, Mary-Ann enfin bougea. Elle tourna la tête vers son mari pour essayer de savoir ce qu'il en pensait, mais celui-ci restait impassible. Alors elle regarda son fils et prononça quelques mots, essayant de détendre l'atmosphère lourde qui s'était abattue autour de la table.

 

-Eh bah... Ca pour une surprise, c'est une surprise.

 

Elle passa une main dans ses cheveux et lui fit un petit sourire gênée, comme si elle ne savait pas très bien ce qu'il fallait faire dans ce genre de situations. Puis une chaise racla le sol et Terrence quitta la table sans un mot. Mary-Ann hésita une ou deux secondes puis partit à sa suite, laissant seul son fils avec son angoisse grandissante. Alors pour essayer de la reléguer au fond de son esprit et ne pas la laisser grandir, il se mit à débarrasser la table. De toute façon, le dîner était foutu. Autant se rendre utile. Il en était à faire la vaisselle lorsque sa mère revint. Elle semblait un peu triste, un peu fatiguée, peut-être un peu dépassée par les évènements aussi, et Peter s'en voulut de la mettre dans cet état là.

 

-Maman? Ca va?
-Oui, oui, ça va mon chéri, le rassura-t-elle, mais cela manquait quelque peu de conviction.

 

Le silence retomba dans la cuisine avant que Mary-Ann ne reprenne la parole, cherchant à comprendre ce qu'il venait de se passer. Ce qui venait de chambouler leur vie à tous les trois.

 

-C'est vrai, Peter? Tu sors vraiment avec un garçon?
-Oui, Maman. Et tout ce que j'ai dit tout à l'heure en employant le pronom elle, ça s'appliquait à lui.
-Donc c'est un jeune homme de vingt-cinq ans, brun aux yeux marrons, qui travaille avec les chevaux et dont tu es follement amoureux?
-C'est ça.
-Et ça veut dire que tu es... homosexuel...
-Apparemment.
-C'est pas une réponse ça, Peter, lui reprocha-t-elle comme lorsqu'il était enfant, avec tendresse et sans colère.
-Disons que je ne sais pas vraiment qui je suis. Il est bien probable que je sois gay. Mais est-ce qu'un gay peut sortir pendant des années avec une femme? Je sais pas... Alors parfois je me dit que je suis bi... Mais au final, je m'en fous un peu. Du moment que je sais que je l'aime, ça me va.

 

Mary-Ann lui fit un sourire, enfin le premier sourire franc depuis son annonce. Cela remua Peter, et il sentit toutes les émotions qu'il avait ligotées dans un coin revenir en force.

 

-Alors, tu es heureux? demanda-t-elle, bien que la réponse, elle la connaissait déjà.
-Oui, plus que jamais, Maman, confirma-t-il, avant de laisser couler quelques larmes, plus de culpabilité que de joie.
-Eh là, c'est quoi ce chagrin mon chéri?

 

Elle se rapprocha de lui et le prit dans ses bras. Elle lui caressa le dos pour le calmer et il sécha ses larmes dans son chemisier.

 

-Alors, dis-moi ce qui ne va pas, mon chéri.
-Je suis désolé, Maman. Tellement désolé si tu savais, dit-il d'une voix un peu tremblante.
-Pourquoi?
-... D'avoir cru à un moment que vous me rejetteriez à cause de ça... Même Mikaël m'avait dit que je n'avais pas à m'en faire, mais j'avais du mal à le croire.

 

Elle le serra un peu plus fort dans ses bras et lui caressa les cheveux.

 

-Et puis, sanglota-t-il, je me suis souvenu d'une fois où j'étais venu avec Sonia et que tu avais dit que tu avais hâte d'être grand-mère. Et là... là tu pourras jamais l'être à cause de moi.

 

Une nouvelle crise de larmes se déclencha et Mary-Ann la calma comme une mère console son enfant après un cauchemar. Puis, elle apaisa ses inquiétudes avec des paroles douces mais vraies.

 

-Mon chéri, ne t'en fais pas pour ça. On ne sait jamais de quoi l'avenir sera fait, alors peut-être que dans quelques années, tu auras un enfant, ou plusieurs. Et c'est pas grave si tu l'adoptes, ou je ne sais quoi, parce que ce sera ton enfant, et donc mon petit-fils ou ma petite-fille. D'accord?

 

Il hocha vaguement la tête et elle continua.

 

-Et si jamais tu n'as pas d'enfants, c'est pas grave non plus. Je reporterai mon trop-plein d'affection sur ton père, et puis aussi sur toi et sur Mikaël. Vous allez voir, vous allez adorer ça! rigola-t-elle.

 

Cela dérida Peter et il put enfin se détacher d'elle. Il la remercia en quelques mots, lui disant qu'elle était la meilleure maman du monde et qu'il ne l'échangerait pour rien au monde, puis il aborda un sujet un peu plus douloureux.

 

-Et Papa? Est-ce qu'il... m'accepte?
-Bah... Tu connais ton père. Tout changement, toute nouveauté lui fait peur, rappela Mary-Ann avec le ton de celle qui connaît les défauts de son mari par cœur et qui doit faire avec tous les jours. Même quand tu as rompu avec Sonia, il ne l'a pas accepté au début, alors qu'il trouve depuis longtemps que c'est une grognasse, comme il dit. Alors laisse-lui un peu de temps, et tu verras, tout ira bien.
-Et si... tout ne va pas bien?
-Eh bien, je lui botterai le cul dans ce cas! rit-elle.
-Jusqu'en Alaska? voulut-il savoir, se rappelant que c'était la menace qu'elle utilisait lorsqu'il se préparait à faire une bêtise.
-Jusqu'en Alaska!
-Merci Maman.
-De rien, mon chéri.

 

Ils s'étreignirent de nouveau longuement avant que Mary-Ann ne redevienne curieuse.

 

-Au fait, tu n'aurais pas une petite photo de ce Mikaël? Qu'on voit à quoi il ressemble, demanda-t-elle, un petit sourire espiègle sur les lèvres.
-Heu... Non, je crois pas. Attends, je regarde sur mon portable.

 

Il sortit son téléphone de sa poche, et parcourut rapidement les quelques photos qu'il y avait dessus. Il en avait effectivement une de Mikaël, prise un peu par inadvertance alors qu'il jouait avec son portable, et sur laquelle le jeune homme faisait tomber la serviette de bain pour enfiler un boxer. Et il était hors de question que sa mère la voie.

 

-Non, j'en ai pas. Désolé. Mais je peux te faire un portrait rapidement si tu veux.
-Oui, je veux bien. Il doit rester un vieux carnet à dessin dans ta chambre, l'informa-t-elle.

 

Peter lui apposa un baiser sur la joue et monta dans sa chambre croquer l'homme qu'il aimait. Une demi-heure plus tard, il en redescendit et il trouva sa mère dans le salon, en train de repriser un pantalon. Il lui tendit le carnet avant de lui annoncer qu'il s'en allait.

 

-Il doit m'attendre, alors je vais y aller. Tu peux garder le dessin.
-Merci pour le dessin. C'est vrai qu'il a l'air plutôt beau garçon. Ah tiens, tant que j'y pense, j'avais fait une tarte aux pommes pour le dessert. Puisqu'on ne l'a pas mangé, tu peux l'emporter.
-Maman, on est que deux, on va jamais pouvoir la finir.
-Allons bon! Deux grands garçons comme vous, ne pas pouvoir finir une tarte aux pommes? Je ne te crois pas. Allez, prends-la.
-Mais...
-Tututut, on doit toujours obéir à sa maman, mon chéri.

 

Peter finit par accepter la tarte aux pommes, et Mary-Ann enroba le plat de papier aluminium avant de lui tendre. Puis ils se dirigèrent tous deux vers l'entrée. Alors qu'il était déjà à moitié dehors, Mary-Ann retint son fils pour une dernière embrassade.

 

-Reviens quand tu veux. Ca nous fera toujours plaisir de te voir Peter. Et puis amène aussi Mikaël à l'occasion.
-D'accord Maman. J'y penserai, promit-il avec un sourire reconnaissant.

 

Puis il laissa derrière lui la maison de son enfance et reprit sa voiture, pour rentrer chez lui. Pour retrouver Mikaël qui devait l'attendre. Pour manger un peu de tarte aux pommes avec lui et le rassurer. Car il était sûr qu'il était inquiet pour lui, qu'il avait peur que cela se soit mal passé. Alors il lui dirait que sa mère avait très bien réagi, qu'elle l'acceptait complètement et qu'elle voulait le rencontrer. Et que son père aurait besoin d'un peu plus de temps, mais qu'il se rangerait au final à l'avis de sa femme. Il lui dirait qu'il n'avait plus à s'en faire et qu'ils pouvaient maintenant profiter de leur nuit tous les deux.

Repost 0
23 mai 2010 7 23 /05 /mai /2010 12:15

Alors d'abord, désolée pour la non-publication de la semaine dernière, mais j'ai été en CCE toute la journée (debout à 3h45 du mat', comprenez ma douleur, mais ça en valait le coup: notre carne adoré de cheval a fini le concours! \o/). Et puis comme je n'ai plus beaucoup de réserves, je me préserve. :-p J'espère au moins que vous en avez profité pour lire le petit article sur la Journée mondiale de lutte contre l'homophobie.


Et au passage je vous rappelle aussi que Métro, Boulot, Dodo? est en lice pour les Manuscrits Awards ici, en bas de pages (il n'a que 3 votes pour l'instant, allez un petit effort, chers lecteurs! :-p).


Sur ce, bonne lecture! x)

 

 

 

Cheval-4.JPG

 

 

     Stefen, de mauvaise humeur après un weekend épuisant où il avait à peine vu Nathaniel, trouva que Peter était particulièrement heureux ce lundi matin. Beaucoup plus que d'habitude. Après moins d'une minute de réflexion, il en devina la cause. Il ne lui restait plus qu'à en avoir la confirmation. Alors il titilla son collègue toute la journée, essaya différentes ruses, employa le chantage affectif, et c'est finalement en fin d'après-midi que Peter craqua. Ils étaient seuls tous les deux dans une petite salle, à re-visionner les parcours de leurs suspects lors du CSO du weekend.


-Oui, c'est bon, t'as raison! On a fait l'amour avec Mikaël! Ca te va? fit-il, légèrement exaspéré par l'attitude de Stefen.
-Ah! Je le savais! Bravo Peter! Félicitations!

 

Stefen avait un grand sourire collé au visage, et cela ramena la bonne humeur de Peter: son ami était sincèrement heureux pour lui, malgré son côté fouineur.

 

-Alors? C'était bien?
-Superbe, avoua-t-il en rougissant un peu. J'aurais jamais cru que ça pouvait être si... hésita-t-il un instant avant de continuer. Si extraordinaire de faire l'amour.

 

Il avait un sourire rêveur accroché aux lèvres, comme s'il replongeait dans sa soirée, et Stefen après quelques minutes dut le ramener à terre pour qu'ils continuent de travailler. Car ce n'était pas ainsi qu'ils allaient avancer. Mais moins de cinq minutes plus tard, ce fut Stefen qui brisa leur bonne volonté à bosser en questionnant de nouveau Peter sur sa nuit.

 

-Et toi? Ce matin, c'était pas trop dur?
-Comment ça? fit-il, ne comprenant pas vraiment où Stefen voulait en venir.
-Je veux dire, t'avais pas trop mal ce matin en te levant?
-Pourquoi j'aurais eu mal?
-Bah parce que t'ét... commença-t-il avant de s'interrompre, pris d'un sérieux doute. Attends, me dis pas que t'étais pas passif?
-C'était Mikaël qui étais passif, confirma Peter, un peu mal à l'aise de parler ainsi de sa première fois avec lui.
-T'es sûr? C'est pas Mikaël qui étais actif?
-Heu... Stefen, aux dernières nouvelles, hier soir, c'est moi qui était en train de faire l'amour avec lui, donc oui, je suis sûr de qui était qui, dit-il, de nouveau un peu agacé par l'incrédulité de son ami.
-Mais euh... Il avait pas trop mal ce matin?
-En tout cas, il ne l'a pas montré.

 

Il y eut un silence gêné entre eux deux puis Stefen laissa échapper ses pensées en quelques murmures.

 

-Le pauvre... J'aimerais pas être à sa place aujourd'hui...
-Arrête de marmonner tes trucs et dis clairement ce que tu penses, Stefen! s'énerva Peter. Tu me poses des questions comme si t'avais une idée derrière la tête et moi j'y comprends que dalle.

 

Stefen soupira, se passa la main sur les yeux puis expliqua calmement à Peter pourquoi il plaignait son amant en ce moment.

 

-Peter, je t'apprends rien quand je te dis qu'être passif, ça peut être douloureux. Surtout lors de la première fois. Ce qui était le cas de Mikaël, a priori. Donc aujourd'hui, logiquement, il a mal au cul, pour dire ça clairement. Tu me suis? Et qu'est-ce que fait Mikaël tous les jours?
-Il monte à cheval. C'est quoi cette question con?
-Ok... Et à cheval, qu'est-ce qu'on fait?
-Euh... là franchement, je vois pas trop ce que tu attends comme réponse, Stefen.

 

L'inspecteur soupira de plus belle face à la naïveté de son ami puis avisa la télécommande qu'il tenait toujours en main. Il ré-enclencha le lecteur DVD et lors d'une grande courbe au galop entre deux obstacles, il attira son attention sur les mouvements du cavalier.

 

-Et là? Tu vois ce qu'il fait le mec, ou pas?
-Il accompagne son cheval dans la courbe, c'est bien comme ça qu'on dit, non?
-Oui, et comment?
-En bougeant les hanches de l'arrière vers l'avant, et... oh putain de merde...

 

Peter plaqua ses mains sur sa bouche entr'ouverte de surprise. Il venait de comprendre où Stefen voulait en venir. Pourquoi il n'avait pas envie d'être à la place de Mikaël. Et surtout, pourquoi Mikaël avait insisté pour ne pas être passif.

 

-Allez, c'est pas très grave, le consola Stefen. Il devait le savoir lui-même, que ce ne serait pas une partie de plaisir aujourd'hui.
-Mais justement, il le savait, répliqua Peter, soudain en proie à un stress intense. Et moi... Et moi, j'ai pas voulu l'entendre. J'ai refusé. J'ai refusé comme un con. Faut que je l'appelle, faut que je m'excuse, faut que je...

 

Le téléphone qu'il cherchait avec empressement tomba par terre en glissant de sa poche et Stefen le ramassa. Mais il ne le lui rendit pas.

 

-Et qu'est-ce que tu vas lui dire?
-Je... Je sais pas... Je vais m'excuser... Je vais lui dire que je suis désolé...
-Et s'il te demande pourquoi?
-Bah, je suis désolé de pas l'avoir écouté, de pas avoir été attentif à ce qu'il voulait... D'avoir été nul.

 

Quelques larmes de remords et de stress apparurent au coin de ses yeux, mais Stefen ne se laissa pas attendrir. Il en avait vu d'autres, et c'était important pour Peter de mettre des mots sur ce qui le mettait dans cet état.

 

-Et s'il veut savoir pourquoi tu ne l'as pas écouté, tu vas lui dire quoi?
-Que je... Que je voulais... Que je... Je sais pas! Merde, je sais pas!

 

Peter, angoissé, se leva et se mit à faire les cent pas dans la petite pièce. Il n'arrivait même plus à retrouver les raisons qui l'avaient poussé à refuser à Mikaël le droit d'être actif. La peur n'était pas une excuse valable: Mikaël avait dû ressentir exactement la même. Son esprit était complètement vide et il ne se comprenait plus lui-même. A la fin, il se tourna vers Stefen et le supplia du regard.

 

-Stefen... Comment je vais faire? Comment je vais faire s'il m'en veut? Et s'il me quitte? Comment je vais pouvoir continuer?

 

Stefen se leva et alla le prendre dans ses bras.

 

-Après avoir fait l'amour, vous avez un peu parlé?
-Oui.
-Et qu'est-ce qu'il a dit?
-Il... Il m'a demandé de l'embrasser, et puis il a dit que c'était waow et qu'il espérait qu'il y aurait d'autres moments comme ça.
-Tu vois... Et ce matin, il était comment?
-... Il avait l'air... bien. Heureux, ouais.
-Alors tu n'as pas de souci à te faire. Il ne va pas te quitter pour ça.

 

Peter baissa la tête et resserra son étreinte autour de son ami.

 

-J'espère... En tout cas, il faut que je l'appelle pour m'excuser.
-Est-ce que tu sais au moins pourquoi tu n'as pas voulu être pris?
-... Hier, je savais. J'avais pleins de raisons, mais au final, ça devait être que du vent, parce que là, je sais plus.
-Moi, je pense que tu as eu peur, expliqua avec douceur Stefen. C'est normal d'avoir peur, tu sais. On sait tous que ça fait mal la première fois.
-Oui, mais Mikaël avait peur aussi! Il m'a demandé plusieurs fois de ne pas le prendre! s'exclama-t-il.
-Mikaël a mieux géré sa peur que toi. Probablement parce qu'il sait ce que c'est que d'avoir peur. Et il a vu que toi aussi, tu avais peur, alors il a préféré prendre sur lui, plutôt que de t'imposer cette peur.
-Mais... Mais c'est pas juste! Je suis vraiment nul! Pourquoi j'ai pas vu tout ça? Merde à la fin! Je me déteste!
-Peter, calme-toi... Mikaël est quelqu'un de courageux et il t'aime énormément. S'il n'avait pas voulu que tu le prennes, il t'aurait éjecté du lit sans ménagement, si tu veux mon avis. Alors arrête de culpabiliser, ce n'est sûrement pas ce qu'il voulait. Appelle-le et excuse-toi si tu veux. Et dis-lui que pour la prochaine fois, vous inverserez les positions. Tu t'en sens capable?
-De l'appeler?
-D'être passif?
-Ouais, je crois... Ouais... Il avait l'air de prendre son pied, alors pourquoi pas?
-Est-ce que t'as encore peur d'être pris?
-Ouais, bien sûr. Mais après tout, on dit que la peur, c'est fait pour être dépassée, non?

 

Stefen approuva d'un signe de tête et Peter sortit son téléphone pour appeler Mikaël. Lorsque les sonneries retentirent, il recommença à marcher de long en large, stressé de ne pas savoir comment Mikaël allait réagir.

 

 

     Mikaël était en train de ramener Little Big Horse, un jeune shetland en plein débourrage, à sa stalle lorsque la petite Anna arriva en courant vers lui. Elle s'arrêta pile devant lui, et il la réprimanda gentiment.

 

-Anna, tu sais bien qu'il ne faut pas courir dans le club. Ca peut faire faire peur aux chevaux. Regarde, t'as vu la tête de Little?

 

En effet, le shetland avait fait un écart à l'arrivée de la petite fille et il lui lançait un regard effrayé, les oreilles couchées en arrière. En quelques caresses, Mikaël le calma et demanda à Anna la raison de sa venue si pressée.

 

-Y'a quelqu'un au téléphone pour toi, au bar. Tess m'a dit que c'était pressé, c'est pour ça que j'ai couru.
-D'accord. Est-ce que tu sais qui c'est?
-Non, elle m'a pas dit.
-Merci Anna. Est-ce que tu peux ramener Little à sa stalle s'il-te-plaît?
-Oui! C'est laquelle?
-Euh... Je sais plus. Il est avec Cochise et Lollipop, c'est tout ce que je peux te dire.
-Ok, merci.
-De rien.

 

Ils partirent chacun de leur côté, Mikaël désobéissant immédiatement à la règle de base qu'il venait de répéter à Anna, puisqu'il se mit à courir en direction du club-house. Après tout, c'était pressé. Quelques secondes plus tard, il était dans la salle et Tess le héla. Tout en cachant le micro du téléphone, elle lui annonça qui était à l'autre bout du fil.

 

-Mikaël, c'est la police. Ils veulent te parler.
-Ok, merci Tess.

 

Il prit le combiné tandis qu'elle retournait en cuisine faire un peu de rangement.

 

-Bonjour, Mikaël Blowsworth à l'appareil. Si c'est à propos de la convocation de demain, j'aurais un petit problème. Est-ce qu'il est possible de la mettre en fin de journée, plutôt qu'en fin de matinée? Ca éviterait de bousiller tout mon entraînement de demain.
-Euh... Mikaël, c'est moi. J'arrivais pas à te joindre sur ton portable. Mais c'est quoi cette histoire de convocation?
-Euh... Effectivement, c'est un sujet délicat. Pouvez-vous me rappeler sur mon portable dans cinq minutes? Je suis actuellement dans le club-house, et ce n'est pas très privé et calme comme endroit.
-Ok, je te rappelle dans cinq minutes. Et la prochaine fois, par pitié Mikaël, aie ton portable avec toi, et allumé s'il-te-plaît. J'en ai marre de passer par l'accueil du club. En plus, c'est pas des plus discrets.
-Oui, c'est entendu. A tout de suite Monsieur.

 

Mikaël raccrocha et Tess sortit aussitôt de la cuisine.

 

-T'es convoquée demain?
-Ouais, ils m'ont laissé un message ce matin sans me dire pourquoi. Mais tu sais, Tess, c'est pas bien d'écouter aux portes. Bon, je te laisse, on va me rappeler et je dois encore sortir des chevaux. Salut!
-Salut!

 

Il passa dans le vestiaire pour récupérer son portable dans son casier puis sortit du club-house en maudissant la curiosité de Tess. Il avait bien fait en tout cas de couper court à sa conversation avec Peter. Il se dirigea vers les écuries, attrapa deux licols, les enfila à Jewel et Jéricho et sortit les deux chevaux. Il venait d'emprunter le chemin menant aux prés lorsque Peter le rappela.

 

-Allô?
-Salut, c'est moi. C'est bon là? T'es tout seul?
-Ouais, c'est bon. Je vais aux prés. Y'a jamais personne. Jewel, putain, arrête de bouffer! T'auras autant d'herbe que tu veux dans deux minutes!
-T'es avec Jewel?
-Et Jéricho. Mais t'inquiète, ils ne diront rien, plaisanta Mikaël.

 

Peter rit aussi puis reprit son sérieux, abordant la raison première de son appel.

 

-En fait, Mikaël, je t'appelais pour m'excuser.
-Ah bon? Et de quoi?
-Pour cette nuit. Je t'ai pas écouté quand tu m'as demandé de pas te prendre, et je l'ai quand même fait alors que tu voulais pas, expliqua-t-il d'une voix pleine de remords. Et aujourd'hui, ça a pas dû être super agréable à cause de... enfin tu vois.
-Arrête Peter, cette nuit, c'était... Jéricho! T'arrêtes tout de suite! Je suis en train de discuter, alors arrête de tirer comme un grand malade! Oui, tu vas pouvoir galoper comme tu veux, mais laisse-moi t'enlever le licol. Bon, Peter, tu m'excuses deux secondes, je vais devoir relâcher Jewel et Jéricho, ils sont en train de péter en l'air maintenant qu'ils sont dans le pré.

 

Aussitôt, Mikaël glissa son téléphone dans sa poche et s'approcha de Jewel, un peu plus calme. Il défit la boucle du licol mais garda d'une main le licol autour de sa tête. De l'autre main, passant sous l'encolure de la jument, il réussit à défaire la boucle du licol de Jéricho. Et d'un même mouvement, il enleva les deux licols et les deux chevaux partirent au galop à travers le pré, levant de temps à autre les postérieurs de joie. Il reprit ensuite son téléphone et la conversation.

 

-C'est bon, ils sont lâchés. Alors qu'est-ce que je disais? Ah oui! Cette nuit, c'était très bien Peter. J'ai pris énormément de plaisir, alors t'as pas à t'excuser. C'est vrai qu'au début, je voulais pas trop être passif, surtout parce que j'imaginais que ça allait être terrible aujourd'hui. Mais en fait, à part la mise en selle de ce matin, ça allait pas trop mal. J'ai passé plus de temps en équilibre que d'habitude, mais au moins, ça m'a fait travailler les cuisses!
-Mais... essaya-t-il.
-Peter, faut bien que tu te mettes une chose dans la tête: ok, j'avais pas imaginé être pris mais au final, je m'en foutais d'être au-dessus, en-dessous, ou tout ce que tu veux. Tout ce que je voulais, c'était de faire l'amour avec toi, d'accord?

 

Ce n'était pas tout à fait la vérité, ou plutôt hier soir, cela n'aurait pas été tout à fait la vérité, mais maintenant, ça l'était. Alors, à quelques heures près, si cela pouvait rassurer Peter, tant mieux, se dit-il.

 

-Mais... tenta-t-il de protester une seconde fois avant de se souvenir de sa nouvelle résolution. Bon, si tu le dis, je te crois, mais je m'en veux vraiment de ne pas t'avoir écouté. Et la prochaine fois, on échange les rôles.
-T'es pas obligé Peter, tu sais. T'étais terrifié hier de t'imaginer en passif.
-Mais non... J'avais peur, d'accord, mais j'étais pas terrifié.
-Peter, j'étais là, et j'ai vu ce qui se passait dans tes yeux quand on en a parlé. Alors je t'assure que t'étais terrifié. Mais si la prochaine fois qu'on fait l'amour, tu te sens prêt à essayer en passif, y'a pas de problème.

 

Mikaël s'étonna lui-même d'être aussi détaché de sa position lors de leur prochaine nuit de sexe, alors qu'il y avait accordé une importance certaine auparavant. Peut-être que d'y avoir réfléchi toute la journée, et d'en avoir parlé avec Jéricho l'avait aidé et lui avait permis d'y voir plus clair. Maintenant, tout ce qu'il voulait, c'était recommencer. Avec Peter. Et seulement avec lui. Et peu importe comment.

 

-Merci, merci Mikaël, souffla Peter après un moment de silence. T'es un ange.
-Oh! J'irais pas jusque là si j'étais toi! rit-il. Je peux être diabolique quand je veux!
-Si tu le dis! Pour l'instant, t'es un ange avec moi, alors t'es mon ange, et tu discutes pas! Sinon, Stefen s'est renseigné pour cette histoire de convocation, il était même pas au courant! Je te jure, la communication ici! Parfois on dirait qu'on est encore à l'ère des pigeons voyageurs tellement c'est lent! M'enfin, il a réussi à changer l'heure de ta convoc', puisque ça dérangeait ton entraînement et que la fédé est très chatouilleuse avec ça. Donc c'est demain, 17h, ça te va?
-C'est parfait! Et tu sais pourquoi je suis convoqué?
-C'est rapport à ce qui s'est passé avec ton coach ce weekend.
-Ok. Je m'en doutais que c'était pour ça. Au fait, c'est bien ce soir que tu vas voir tes parents pour leur dire?
-Ouais.
-Tu dînes chez eux?
-A priori oui.
-Ok. Dans ce cas, je resterai peut-être un peu plus longtemps au club ce soir, vu que je dois partir plus tôt demain. En tout cas, je te souhaite bon courage pour ce soir.
-Merci. J'ai une boule au ventre depuis ce matin, et elle arrête pas de grandir.
-Ca va bien se passer Peter. Tes parents t'aiment, alors ils t'accepteront, le rassura-t-il, alors qu'il croyait lui-même qu'à moitié à ses paroles. Bon, c'est pas que je me fasse chier, mais je ne peux pas mettre trois heures pour lâcher deux chevaux dans un pré.
-Je vais te laisser alors. A ce soir!
-Ouais, à toute!
-Mikaël?
-Oui?
-Je t'aime.
-Et tu sais que c'est réciproque, Peter. Et si ce soir, tu en doutes, rappelle-toi de cette nuit, et de la nuit précédente, dans la paille. Et si jamais tu doutes encore, tu m'appelles. D'accord?
-D'accord. Merci.
-De rien. Allez, je te laisse là. Bisous.
-Bisous.

 

Mikaël raccrocha et rangea son téléphone dans sa poche. Puis il sortit du pré et partit vers le club, tête baissée face au vent qui venait de se lever.

Repost 0
17 mai 2010 1 17 /05 /mai /2010 00:53

 

L'homophobie est une lutte au quotidien. Une lutte de tous les jours. Un refus de toute discrimination basée sur l'orientation sexuelle des personnes. La lutte contre l'homophobie, c'est presque comme la lutte contre le racisme: repousser l'intolérance le plus loin possible et faire avancer la compréhension de chacun.


Mais s'il s'agit d'un combat au long cours, il est bon de temps en temps de se poser pour faire le point. C'est ce que je compte faire dans cet article, à l'occasion de la journée mondiale de lutte contre l'homophobie. Parce que je n'en parle pas beaucoup dans les fics publiées (sauf "Cours d'éducation sexuelle"), mais qu'il s'agit de quelque chose qui me tient à cœur.

 

 

 

L'homophobie tue



L'homophobie, qu'est-ce que c'est?


     Ethymologiquement, c'est la peur de l'homosexualité, des homosexuels. Mais tout comme le racisme, l'antisémitisme ou la xénophobie ne se réduisent pas à la peur du "noir", du "juif" ou de "l'étranger", l'homophobie ne se réduit pas qu'à cela non plus. C'est un ensemble, qui va d'un extrême à l'autre.

 

On connaît tous ces histoires de meurtres (avec la tristement célbère histoire de Matthew Sheppard, aux USA), ou de violences à l'égard d'homosexuels, sur la seule base qu'ils sont homosexuels. Qu'ils sont différents de ce que les agresseurs sont (hétérosexuels, j'entends). C'est dramatique, mais ce n'est pas la seule homophobie qui existe. Les insultes verbales, les humiliations, uniquement parce qu'on est homosexuel, ça aussi, c'est de l'homophobie. Et il y a encore une homophobie plus latente, plus sournoise. Ces petits regards en coin, un peu méprisants, mais pas trop non plus, pour ne pas que l'autre se sente ouvertement agressé; ou alors cette petite remarque, l'air de rien, sur n'importe quel sujet, mais avec toujours un sous-entendu compréhensible par l'autre; ou encore ce poste de direction qui lui file sous le nez pour un prétexte quelconque.

 

Le pire étant l'homophobie que les homosexuels s'appliquent à eux-mêmes, sans forcément sans rendre compte. A se poser des questions métaphysiques sur telle ou telle chose uniquement parce qu'on ne couche pas avec le sexe opposé, à se rabaisser et s'obliger à courber l'échine, parce que forcément, on ne vaut pas aussi bien que son voisin. C'est obligé. On nosu l'a inculqué pendant toute notre enfance. Et on continue de nous l'inculquer, à travers une société pas toujours juste. Certes, ça se banalise. Les campagnes publicitaires existent. Mais c'est peu, surtout face au poids des institutions: pourquoi les homosexuels seraient des gens comme les autres s'ils ne peuvent pas se marier? Ni adopter d'enfants? Certes, la loi doit évoluer avec la société, mais la loi doit aussi faire évoluer la société. Cela s'est passé plusieurs fois au cours de l'Histoire, dans différents pays, cela recommencera. Alors pourquoi pas ici et maintenant?

 

 

     Voilà, maintenant que j'ai bien déblatérer sur ce qu'était l'homophobie, je ne vais pas continuer. Non, à la place, je vais essayer de vous donner des pistes pour savoir comment réagir. Se défendre face à cette imbécilité humaine.

 

Je crois que face aux mots, la meilleure arme est l'humour. Et la dérision. Ne pas réagir au quart de tour (comme j'ai trop l'habitude de le faire), et laisser venir l'autre. Comme dans un vrai combat. Le laisser s'approcher dans son "cercle". Attendre. Repérer la faille, et frapper. Avec quelques mots bien placés. Je sais que c'est quelque chose de compliqué, de difficile. J'en ai bien conscience, puisqu'à chaque fois que j'essaie, j'échoue. -_-'

 

Par contre, quand les gens sont assez ouverts pour écouter les arguments des autres, je discute, j'argumente. Le but est de présenter quelques arguments, puis de laisser l'autre avancer ses propres arguments. Ensuite, de les reprendre un par un, et de tous les démonter. Ca, ça marche assez bien. ^^ L'exemple le plus flagrant est: "Mais l'homosexualité, c'est contre-nature/c'est pas naturel." "Mais si, y'a même des animaux homosexuels." "Mais l'homme n'est pas un animal!" Et alors deux options: "Mais si, un animal évolué même!" et là, souvent, l'autre est un peu perdu. Ou "Alors, pourquoi tu me parles de la nature? On ne suit plus les lois de la nature, mais celles de la société" et là faut des arguments bien rôdés quand on vient à parler de la société (toujours faire gaffe aux Américains pris comme exemples: ils font dans tous les extrêmes).

 

Face aux autres, ceux qui restent sourds dans leur ignorance, je n'ai trouvé aucune solution. Alors j'adopte la même attitude qu'avec ceux qui me portent sur les nerfs: l'indifférence. Très dur parfois, mais ça finit par porter ses fruits.

 

Et face aux poings, étant pas forcément des plus douées en bagarre, je dirais fuite ou repli sur soi. Mais me connaissant, je crois que j'aurais tendance à répliquer. :-s

 

Et sinon de manière plus générale, je fais ça de façon assez douce. Je corrige presque systématiquement quand j'entends quelqu'un appeler un homosexuel 'PD', ou autre. Je leur fais découvrir l'homosexualité sous d'autres aspects que ceux qu'ils connaissent. J'essaie d'élargir leur compréhension. C'est ce qu'il y a de mieux, parce que la compréhension ouvre à la tolérance.

 

 

     Sur ce, je vous laisse avec un nouvel album photo Contre l'homophobie, et quelques citations. Sait-on jamais, ça peut vous servir, ou porter à réflexion. ;-)

 


"L'homosexualité, c'est le raffinement suprême de tomber amoureux non d'une différence physique primaire, mais d'une subtile complémentarité parfaite, aux détours de tant d'analogies."

               Pascal De Duve, écrivain mort en 1993 du sida.

 

"L'homosexualité est aussi anormale qu'un poisson sans bicyclette."

               Inconnu

 

"Il n'y avait pas d'anormaux quand l'homosexualité était la norme."

               Marcel Proust

 

"Etre homosexuel c'est comme être gaucher."

               Michel Berger

 

"Je suis pour le mariage homosexuel. Je ne vois pas pourquoi on devrait épargner quelqu'un sous prétexte qu'il est homo!"

               Michel Galabru

 

"Nous sommes tous des femmes, des homosexuels, des juifs, des hétérosexuels, des Occitans... et nous ne devons permettre à personne de confisquer l'un ou l'autre de ces attricbuts, de s'en prévaloir et de reconduire le processus d'exclusion."

               Michel Thevoz

Repost 0
Published by Skorpan - dans Sexualité
commenter cet article

Så Här Är Det!

  • : Nangilima
  • Nangilima
  • : Un blog où je vais publier mes écrits, avec des relations hétéro et homosexuelles explicites, donc ceux qui ne veulent pas lire, la croix rouge en haut à droite peut vous être utile. Aucun plagiat n'est accepté! Et aussi je vais un peu parler de ce qui influence mes écrits: musique, bouquins, etc.
  • Contact

Skorpans Nangilima


En värld där du kan bli den du vill, bara du följer ditt hjärta...


Les textes publiés sur ce blog sont de ma propre invention et sont écrits par moi, à moins que le contraire ne soit précisé en début d'article. Je vous demanderai donc de respecter mon travail et de ne pas plagier mes écrits.
Merci d'avance.

Certains textes peuvent contenir des relations hétéro ou homosexuelles explicites.
Les mineurs et tous ceux que ça dérange, vous connaissez la sortie: la petite croix rouge.
Tous les résumés et histoires à venir sont disponibles ici.
Si vous avez des questions ou autres, vous pouvez m'envoyer un mail ici.

Sökande

"Un écrivain ne confie tout ni à ses journaux intimes, ni à sa correspondance;
seules ses créatures racontent sa véritable histoire, celle qu'il n'a pas vécue, mais a souhaité vivre."

François Mauriac 

Andra saker ni kan se

lien-nan--19171a4

 
 

Vad som helst...



"Je ne suis pas homosexuel, même si certains semblent le croire."

Ola Salo





"Aime moi, alors je t'aimerai peut-être."
J. R.-P.





"Tout est une question de goût. Toi tu aimes les femmes, moi j'aime les hommes, et lui aime les deux. Où est le problème?"
J. R.-P.





"Ne plus rêver, c'est être à demi mort, c'est faire de la réalité sa seule loi."
Jean-Baptiste Pontalis





"Si tu sens que tu plafonnes, perce un trou dans le plafond."
Gilles Goddard

"Alors si tu sens l'angoisse de la page blanche, prends en une rose."
J. R.-P. 

Lyssna!