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9 mai 2010 7 09 /05 /mai /2010 16:07

Et voilà, une nouvelle semaine de passée, et je suis étonnée du peu de réactions sur le précédent chapitre. Où enfin Peter et Mikaël passent le cap. M'enfin... c'est pô si grave que ça.


Sur ce, bonne lecture! =D

 

 

 

Reveil---1---B-W.jpg

 

 

    Le tic-tac régulier du réveil égrenait les secondes les unes après les autres et Peter les comptait distraitement. Il était réveillé depuis quelques minutes et avait découvert avec plaisir son amant encore endormi auprès de lui. Mikaël avait toujours les jambes enlacées avec les siennes et pendant la nuit, il avait passé un bras possessif sur son ventre. Il se servait également du bras de Peter comme oreiller, et celui-ci malgré un engourdissement certain dans son membre, ne le retira pas. Il était trop bien ainsi, collé à lui au réveil d'une nuit d'amour. Il contemplait avec tendresse son visage apaisé, souriant pour lui-même de le voir ainsi détendu. Avec sa main libre, il passait lentement ses doigts dans les cheveux bruns du jeune homme, défaisant avec délicatesse chacun des nœuds qu'il rencontrait, remettant de temps en temps une mèche derrière l'oreille.

 

A sept heures, le réveil sonna, et malgré la rapidité de Peter pour l'éteindre, le bruit réveilla Mikaël. Il grogna un peu, se rapprocha un peu plus à Peter et resserra sa prise autour de sa taille. Après quelques minutes, il consentit à ouvrir les yeux, qu'il referma aussitôt, assaillis par un trop plein de lumière. Il se les frotta vigoureusement avant de refaire une nouvelle tentative, qui fut couronnée de succès.


-Bonjour, fit-il d'une voix endormie à Peter qui lui souriait.
-Bonjour, répondit-il d'un ton heureux. Bien dormi?
-Mmmmh...

 

Peter rit quelque peu avant de constater à voix haute.

 

-T'es toujours en train de dormir, j'ai l'impression. Tu veux que j'aille préparer le petit déjeuner le temps que tu te réveilles, et après on se le mange au lit?

 

Mikaël grogna et Peter ne sut dire si c'était un oui ou un non. Alors il attendit une réponse plus intelligible.

 

-Mmmh, je vais surtout me prendre une douche pour me réveiller. Sinon, je vais être dans le coltar jusqu'à midi.
-D'accord, prends ton temps, je vais préparer le petit-déjeuner.

 

Peter déposa un baiser sur le front de son amant avant de sortir du lit, d'enfiler le premier caleçon qui lui tomba sous la main, et qui se trouva être celui de Mikaël, et fila à la cuisine.

 

Mikaël, toujours dans le lit, tenta tant bien que mal de s'en extraire. Mais au premier mouvement, une douleur fulgurante lui traversa le corps. Il gémit et s'immobilisa pendant quelques minutes. Cela lui rappelait un peu les matins après une séance de mise en selle très intense, sauf que les douleurs n'étaient pas situées aux mêmes endroits. Sinon, elles étaient assez similaires: le même remède -une bonne douche chaude et une gramme d'aspirine- devrait donc avoir le même effet. Et d'ici quelques heures, il ne ressentirait presque plus rien. Le tout était d'arriver à la salle de bains sans s'écrouler.

 

Il serra les dents et avec des mouvements exagérément lents, il s'assit au bord du lit. Il souffla un bon coup, prit son courage à deux mains, et se leva. Il fit quelques pas prudents et constata que la marche n'allait pas trop mal. Par contre, il n'était pas sûr de pouvoir se baisser pour ramasser son jeans ou son T-shirt. Il alla donc directement à la salle de bains, nu comme un ver, et entra dans la douche. L'eau chaude ne tarda pas à arriver et il la laissa couler sur ses muscles endoloris. Cela lui faisait du bien, mais pas autant que d'habitude, et malgré plusieurs massages au savon, la douleur persistait. Notamment au niveau de ses reins, qui avaient été particulièrement sollicités et pendant le weekend et pendant la nuit, et de ses fesses, qu'il ne pouvait contracter sans déclencher des décharges de douleur. Après un quart d'heure passé sous l'eau chaude, Mikaël finit par sortir de la douche, et il se promit qu'à l'avenir, il n'enchaînerait plus jamais un concours et une nuit de sexe, dans un ordre ou dans un autre.

 

-Peter! Je suis sorti, tu peux prendre ta douche, cria-t-il à l'attention de son amant lorsqu'il sortit de la salle de bains.

 

Celui-ci le remercia et il alla s'y enfermer pour se laver à son tour quelques secondes plus tard. Mikaël, lui, se dirigea lentement vers la chambre et enfila directement ses vêtements d'équitation. Il sentait qu'il n'aurait pas le courage de se changer au club, surtout qu'il avait déjà du mal à s'habiller sans provoquer la douleur. Fin prêt, ou presque, il alla dans la cuisine où il se servit un verre d'eau. Il prit une aspirine et l'avala d'une gorgée. Puis il s'installa à table et se servit un bol de café. Tout en contemplant le liquide presque noir, il se raisonnait mentalement pour essayer de faire diminuer la douleur, ou au moins, pour ne pas la montrer. Il était encore plongé dans ses pensées lorsque Peter sortit de la salle de bains et qu'il vint se placer derrière lui pour lui coller un bisou dans le cou.


-Alors, il est si intéressant que ça ton café?
-Oui, il a beaucoup de conversation, répondit-il en tournant la tête vers lui pour lui sourire.
-Ah? Et qu'est-ce qu'il raconte?

 

Peter tira la chaise en face de celle de Mikaël et s'y assit. Il commença à beurrer ses tartines lorsque Mikaël lui répondit.

 

-Rien que des conneries, en fait.

 

Peter rit et Mikaël se retint pour ne pas gémir: tout son corps le lançait de nouveau. La douche ne faisait déjà plus d'effet et l'aspirine pas encore. Néanmoins, il réussit à passer un bon moment en partageant le petit déjeuner avec Peter, qui semblait de très bonne humeur, quoiqu'un peu fatigué. Lorsqu'ils eurent fini de manger et de tout ranger, les deux hommes se quittèrent sur un dernier baiser tendre et chacun partit de son côté pour son travail. Peter prit sa voiture, d'autant plus qu'il devait aller directement chez ses parents le soir-même, et Mikaël se dirigea vers la bouche de métro la plus proche.

 

Une heure plus tard, vers neuf heures, il était au club d'équitation. Il aperçut My qui sortait du club-house et alla lui faire la bise.

 

-Salut, ça va?
-Ouais, pas trop mal. Et toi?
-Plein de courbatures partout, comme d'hab.
-Petite nature, va! plaisanta-t-elle. Au fait, le directeur te cherche, il est furieux.
-Je m'en doute.
-Tu l'as mis dans une situation compliquée, Mikaël. Ed veut absolument que tu te barres du club. Mais le directeur ne peut pas te faire partir comme ça. T'es le meilleur élément du club. Celui qui rapporte le plus de trophées et le plus d'argent. Donc il est pris entre deux feux, tout ça à cause de toi.
-Et de Edward. S'il avait bien fait son boulot, rien de tout cela ne se serait arrivé.
-Et si tu étais un peu moins colérique, aussi.

 

Mikaël fronça les sourcils et ne répondit pas. Ses emportements violents avaient toujours été un côté de sa personnalité que My ne supportait pas, et elle lui en faisait souvent le reproche.

 

-En plus, continua-t-elle, les proprios sont au courant de toute cette affaire.
-Merde, qui leur a dit? Je pensais leur présenter les choses à mon avantage, pour que je continue à monter leurs chevaux.
-C'est probablement Ed, en pensant pouvoir garder les chevaux. Manque de pô pour lui, et coup de chance pour toi, ils ne veulent pas changer de cavalier, surtout que t'as des bons résultats avec eux.

 

Mikaël soupira de soulagement: il avait son talent et les propriétaires pour lui, c'était déjà ça. Et My et William, et peut-être même Charlie, plaideraient en sa faveur.

 

-Bon, je vais aller le voir pour régler ce problème.
-A mon avis, ce qu'il va te proposer, c'est de reprendre un coach du club.
-Donc Charlie, c'est le seul autre coach pour un niveau international.
-Ouais. Donc tu signes un contrat avec Charlie, et comme ça, le directeur ne peut plus te virer. Et Ed n'aura qu'à fermer sa gueule, conclut-elle, fière du stratagème.
-Bonne idée, sauf que je ne veux pas, dit-il d'un ton ferme et involontairement agressif.
-Et pourquoi? T'avais déjà prévu de prendre Charlie comme coach après la fin de ton contrat avec Ed! s'énerva-t-elle. Arrête de faire ton chieur et fais ce qu'on te dit, ça sera mieux pour tout le monde!
-Je ferai ce que je veux My! T'as pas à me donner d'ordre, ok?! cria-t-il après elle. Je commence à en avoir ras-le-bol d'avoir toujours quelqu'un sur mon dos, à me dire ce que je dois faire ou ne pas faire! Que ce soit mon coach ou quelqu'un d'autre! Je veux juste qu'on me foute la paix! Merde à la fin!

 

Mikaël agita sa main au-dessus de sa tête dans un mouvement de colère, puis rentra dans le club-house, furieux. Il se calma du mieux qu'il put en avalant un grand verre d'eau froide et en se passant un peu d'eau sur le visage, puis il monta à l'étage, dans le bureau du directeur. Il en ressortit une bonne demi-heure plus tard, accompagné de Charlie, qui les avait rejoints entre temps. Ils se serrèrent la main puis Mikaël partit vers les écuries. Il y retrouva My qui sellait Jéricho.

 

-Salut, dit-il en se postant à l'entrée du box.

 

Elle se retourna, le toisa, ne dit rien et passa sous l'encolure du cheval.

 

-Je suis désolé pour tout à l'heure, j'aurais pas dû te gueuler dessus.
-Tu veux gogue, rênes allemandes ou rien du tout?
-Rênes allemandes. My, écoute-moi s'il te plaît.

 

Elle le poussa pour sortir du box, attraper les rênes puis re-rentrer. Elle les installa sur le cheval puis le sangla. Enfin, elle consentit à regarder Mikaël.

 

-Quoi? Qu'est-ce qu'il y a? Tu veux encore t'excuser? Désolé, mais je commence à en avoir marre. C'est à chaque fois la même chose. Je prends tout dans la gueule, et ensuite tu viens t'excuser, comme si ça résolvait tout. Mais non, Mikaël! Non! Ca ne résout pas tout!
-My, s'il te plaît, j'ai pas envie de me disputer.
-Et moi, j'ai pas envie de me faire engueuler à chaque fois que t'es contrarié. Ok, je suis ta meilleure amie, mais y'a des limites à tout!

 

Mikaël à ce moment là se sentit plus honteux et plus pitoyable que le dernier des vauriens. Il baissa la tête et regarda les pointes sales de ses boots. Il repoussa quelques brins de paille dans le box, puis, toujours la tête baissée, il reprit la parole, mal à l'aise.

 

-My... Je sais que ça sert à rien, mais vraiment, je suis désolé. Je sais que je dois pas te crier dessus, mais j'arrive pas à me contrôler... C'est un peu comme si mon cerveau me disait de ne pas le faire, mais que mon corps le faisait quand même. Comme si y'avait deux personnes en moi qui se battaient pour avoir le contrôle et que quand l'autre gagne, je m'énerve, et je perds le contrôle... En plus...

 

Il marqua une pause, ravalant quelques larmes, puis reprit ses aveux d'une petite voix.

 

-En plus, parfois, c'est pas seulement sur moi, sur mon corps, que j'ai l'impression de rien contrôler du tout, mais sur toute ma vie. Que tout qui m'entoure part en grand n'importe quoi. Dès que j'arrive à construire un truc, y'a autre chose qui s'effondre. Et des fois, j'en peux plus, vraiment plus du tout. J'ai juste envie de tout foutre en l'air, et dans ces moments-là, le moindre petit truc me met dans une rage folle... Je suis vraiment désolé que ça tombe à chaque fois sur toi.

 

My eut un petit sourire triste face aux confessions de son ami: c'était bien que cela sorte enfin, même si ce qu'il avouait n'avait rien de réjouissant. Sa relation avec Peter l'avait rendu optimiste sur la vie, avait occulté certaines choses, mais la rupture avec Edward l'avait brutalement ramené à la réalité, bien plus que toute cette histoire d'enquête et de dopage. Cependant, ce n'était pas une raison pour se laisser aller à ressasser son malheur et ses petits problèmes: il fallait avancer, toujours plus loin. Les solutions viendraient avec le temps. My était là pour l'aider, pour aller de l'avant avec lui, malgré toutes les disputes qu'ils avaient eues et toutes celles qu'ils auraient. Alors elle le serra fort dans ses bras, posa un baiser dans ses cheveux et sur son front puis le regarda dans les yeux.

 

-C'est bien que ça sorte, Mikaël. T'en avais besoin. Mais maintenant que c'est dit, c'est dehors, pfiou, envolé avec le vent! T'as plus à t'en soucier. Alors il est totalement hors de question que j'aie un Mikaël qui tire la gueule toute la journée. Souris et monte à cheval! Y'a une heure de torture volontaire qui nous attend.

 

Mikaël releva la tête et lança un regard plein de gratitude et de remerciement muet à la jeune femme. Celle-ci eut un rire léger, puis sortit du box, laissant Jéricho aux mains de Mikaël. Elle alla vers la sellerie où elle avait laissé sa bombe. Lorsqu'elle revint, Mikaël était dans l'allée avec Jéricho: il l'attendait pour monter. En passant près de lui, elle lui glissa quelques mots à l'oreille.

 

-Alors? Prêt à les faire souffrir?

 

Et elle asséna une grande tape sur ses fesses. Ne s'y attendant absolument pas, Mikaël ne put retenir un "Aïe" bruyant. My le regarda avec étonnement, avant de comprendre et d'éclater de rire.

 

-Je te préviens: c'est pas parce que tu t'es fait défoncer le cul toute la nuit que t'es dispensé de mise en selle! déclara-t-elle avec un grand sourire.

-Je ne me suis pas fait défoncer le cul, j'ai fait l'amour, nuance! corrigea-t-il, légèrement vexé de s'être fait découvert aussi facilement.
-M'en fous, de toute façon le résultat est le même: t'as mal au cul! Tu vas passer une heure dé-li-cieuse, conclut-elle en détachant chaque syllabe.

 

Il grogna et elle rit de plus belle, puis elle sortit Jazz du box d'à-côté et ils se dirigèrent vers le petit manège.

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2 mai 2010 7 02 /05 /mai /2010 11:11

Bon, le chapitre 21 de Merlin a été publié, et même si je suis toujours aussi frustrée, je suis obligée de tenir ma promesse. Ah! Je devrais savoir que je ne dois pas faire de promesses! -_-'


Au passage, je vous rappelle que je participe aux Manuscrits Awards (plus d'infos ici), et que que j'ai écrit une Suite (et fin) Alternative de Royale Destinée, le récit de Meryl.


Sur ce, je vous souhaite une bonne lecture! =D

 

 

 

Hommes-au-lit---N-B.jpg

 

 

-Pourquoi tu t'es rhabillé? murmura-t-il d'une voix rauque.
-Pour que tu puisses me déshabiller.


Un sourire coquin éclaira le visage du cavalier et Peter n'y tint alors plus. Il se redressa brusquement et tira Mikaël à lui. Il lui retira son T-shirt d'un seul coup, le jeta derrière lui, puis le repoussa de la paume de la main. Il s'attaqua ensuite à son jeans avec un empressement désordonné. Ses mains, fébriles, n'arrivaient pas à grand chose et Mikaël dut les lui prendre pour le calmer. Il lui lança un regard confiant puis enleva de lui-même son jeans, aidé par Peter à la fin. Presque nu, il contempla, un léger sourire aux lèvres, son amant au-dessus de lui, qui enleva son T-shirt à son tour. Etonnamment, Peter semblait hésiter. Peut-être les dernières appréhensions, les derniers doutes avant ce qui allait se passer.

 

Mais Mikaël avait déjà franchi cette étape, et il n'avait plus qu'une envie: l'avoir lui, Peter MacLean, son amant, pour lui tout seul. Alors il prit les choses en main. Il se releva et l'embrassa d'abord chastement sur les lèvres. Puis à la commissure, et il descendit sur le bord de la mâchoire. Il remonta vers l'oreille gauche, apposant une série de baisers pour y arriver. Il mordilla un peu le lobe, lécha le pavillon, s'attardant sur la fossette, et souffla sur la peau si sensible de l'oreille. Peter en frissonna et cela sembla le sortir de sa torpeur réflexive. Il posa ses mains dans le creux des reins de Mikaël et caressa doucement la peau.

 

-Enfin... souffla le cavalier dans son oreille, dans un mélange de soulagement et d'envie.
-Quoi enfin? fit Peter, sans pour autant cesser ses caresses, ni se détacher de son amant.
-Enfin, tu reprends quelques initiatives. Tu avais l'air un peu perdu tout à l'heure.
-Je t'admirais. Tu étais tellement beau, allongé torse nu sur la couette.
-C'est vrai, ce mensonge? rit Mikaël.


Mais son rire s'arrêta soudainement, bloqué dans sa gorge, lorsque Peter, qui n'avait cessé de faire voguer ses mains sur le corps offert, attrapa ses tétons et les titilla agréablement. Un gémissement franchit ses lèvres et il se mit lui aussi à parcourir le corps de Peter. Ses mains partirent du cou et caressèrent les épaules, puis descendirent sur les bras, jusqu'aux mains que Mikaël attrapa. Il les baisa chacune leur tour puis, contrôlant ainsi Peter, il l'obligea à s'allonger sur le lit, mais dans le bon sens cette fois, avec la tête sur les oreillers. Il se plaça au-dessus de lui et se remit à l'embrasser. Il adorait l'embrasser et le sentir réagir sous lui, rien qu'avec quelques petits mouvements de langues. Son endroit de prédilection était ses lèvres. Mais il aimait bien aussi redessiner les contours de son visage, puis descendre le long de sa jugulaire. Arriver sur les clavicules, et mordiller la peau si fine à cet endroit.

 

Mikaël s'attarda ensuite sur le creux au centre, juste à la base du cou, qu'il lécha abondamment. Il apposa un dernier baiser sur cette partie et passa à la découverte, de haut en bas, du sternum de Peter, tandis que ses mains caressaient les flancs de l'homme, qui se soulevait de plus en plus, à la recherche des lèvres aériennes qui l'effleuraient. Au bout de plusieurs minutes de ce traitement, Mikaël persistant à ne s'intéresser qu'au centre de son torse, ne faisant que le frôler, Peter n'y tint plus. Il posa ses mains dans les cheveux bruns et obligea son homme à changer de cible: ses tétons réclamaient une attention soutenue et immédiate. Mikaël, pas contrariant, les traita comme il se devait, ses mains s'égarant de plus en plus bas. Il défit le bouton du jeans de Peter, puis fit coulisser la fermeture éclair. Sa main s'aventura à l'intérieur du pantalon et il palpa avec douceur le sexe de son amant, qu'il sentait déjà assez excité. Tout comme lui. Il accentua quelque peu ses caresses et Peter laissa échapper des gémissements rauques, d'autant plus que Mikaël précisait ses caresses sur le reste de son corps.


-Mikaël... Putain, tu... hum... tu me l'enlèves ce foutu... jeans, réussit-il à dire alors que sa respiration se faisait un peu plus difficile. Et le boxer... avec.
-Avec plaisir.

 

Mikaël remonta déposer un baiser sur la bouche de Peter puis se redressa pour lui enlever son jeans. Mais il s'arrêta là.

Pour le boxer, il avait une autre idée. Il s'agenouilla aux pieds de Peter et lui attrapa le pied gauche. Il déposa un baiser sur son gros orteil, puis sur le second, et ainsi de suite jusqu'au cinquième, avant de revenir au premier. Il infligea le même traitement à l'autre pied, où il remonta jusqu'à la cheville. Il passa alors de nouveau au pied gauche, et il continua ainsi de suite, à baiser, à lécher et à embrasser alternativement chacune des deux jambes jusqu'au niveau des genoux. Arrivé là, il s'amusa à appliquer des caresses aériennes sur la peau de Peter et de voir ses poils ainsi se dresser.

 

-Tu as la chair de poule, chuchota-t-il.

 

Peter mit un certain à répondre, probablement parce que les paroles mirent un certain temps à atteindre son cerveau, tellement il se sentait bien.

 

-Forcément, vu ce que tu me fais, chuchota-t-il à son tour.

 

Mikaël approuva d'un petit "Hum", avant de glousser le plus silencieusement possible.

 

-Qu'est-ce qu'il y a? demanda Peter, à qui cela n'avait pas échappé, maintenant qu'il était un peu plus attentif.
-Rien, rien... Enfin, je trouve ça un peu comique...
-De quoi? s'étonna-t-il, tout en s'attendant à ce que Mikaël lui sorte la plus grosse énormité qu'il n'ait jamais dite.
-Non rien, c'est une connerie.
-Ca je m'en doute, mais dis quand même.
-C'est très con, je te préviens... Mais c'est juste que j'ai pensé à un truc tout à l'heure et que je me suis dit que t'étais un poulet qui avait la chair de poule. C'était très con, je te l'avais dit! rajouta-t-il aussitôt.

 

Peter soupira: c'était effectivement une des plus grosses énormités que Mikaël ait jamais sorties, mais c'était tellement lui. Alors il sourit et décida de lui faire payer cette petite moquerie: il allait reprendre les rênes de leur nuit. Il se redressa et enserra le torse de Mikaël dans ses bras, avant de lui murmurer à l'oreille.

 

-Je suis peut-être un poulet qui a la chair de poule, mais toi, tu es un cow-boy qui va être monté.
-Hein?!

 

En quelques mouvements, Peter échangea sa place avec Mikaël et allongea le jeune homme sur le lit. Il lui retira le boxer un peu plus brutalement, libérant son sexe en érection, et le jeta au loin avant de faire de même avec le sien. Il s'allongea alors complètement sur le corps de son amant, nudité contre nudité, et l'embrassa à pleine bouche. Grisés par leurs sensations, par les décharges de plaisir qui se répandaient dans leurs corps, les deux hommes n'avaient de cesse de se caresser, partout où ils le pouvaient, cherchant à augmenter encore plus ce plaisir qu'ils ressentaient. Comme une drogue, ils en voulaient encore plus, toujours plus fort.

 

Les mains de Peter se concentraient sur les cuisses de Mikaël, et de plus en plus sur l'intérieur. Il remonta peu à peu vers l'aine et se déplaçant un peu sur le côté, il laissa assez d'espace à sa main droite pour qu'elle puisse faire ce qu'il avait prévu. Il effleura de ses doigts ses testicules et son sexe déjà bien bandé, avant de redescendre plus bas, beaucoup plus bas, entre les fesses de Mikaël. Aussitôt, celui-ci se contracta et attrapa le visage de Peter de ses deux mains pour l'obliger à le regarder dans les yeux. Ils s'affrontèrent du regard pendant de longues minutes, Mikaël cherchant une réponse à une question que Peter fuyait. Finalement, Mikaël fut le premier à parler, formulant sa crainte muette.

 

-C'est moi qui vais... être en-dessous?
-Tu pensais être au-dessus?
-Bah, c'est comme ça que j'imaginais notre première fois, ouais.
-Moi aussi, j'imaginais notre première fois avec moi en actif, souffla Peter.
-Ca va pas le faire, si on est tous les deux actifs, rit Mikaël, détendant quelque peu l'atmosphère.

 

Le rire de Mikaël électrisa Peter, et dans un mouvement involontaire, il donna un coup de bassin, les faisant gémir tous les deux.

 

-Tu ne veux pas être en-dessous? demanda ensuite Mikaël, lorsqu'il eut repris un peu ses esprits.

 

Mais Peter remit un autre coup de bassin, beaucoup plus volontaire cette fois-ci: il commençait à devenir impatient. Le désir montait de plus en plus en lui. Il avait envie de se sentir en Mikaël. Il avait envie de sentir Mikaël autour de lui. Il avait envie de partager ce moment unique avec celui qu'il aimait. Il avait envie de ne faire qu'un avec lui. Et cela ne pouvait plus attendre. Alors il embrassa Mikaël et ondula contre lui, bassin contre bassin. Mikaël interrompit leur baiser mais il ne put rien faire contre son mouvement de hanches.

 

-Peter, écoute-moi s'il te plaît. Est-ce que tu ne voudrais pas être passif, s'il te plaît? Ca va me...

 

Mais il ravala ses derniers mots au fond de sa gorge et finit sa phrase mentalement: la peur qu'il avait furtivement vue passer au fond des yeux de son amant, il ne voulait plus la revoir de la nuit. Une autre fois, peut-être, mais pas cette nuit-là. Alors, il prit son courage à deux mains, mit de côté toutes ses pensées sur les problèmes qu'il aurait le lendemain matin et souffla un bon coup pour se détendre.

 

-C'est d'accord, Peter. C'est d'accord... Par contre, tu peux te lâcher sur le lubrifiant, fit-il avec un petit sourire.
-Bien sûr, j'ai pas envie de te faire mal.

 

Aussitôt, Peter tendit la main vers sa table de nuit, tira le tiroir et en sortit le tube de lubrifiant et un préservatif. Il posa le petit carré de métal sur le matelas à côté d'eux, ainsi que le tube de lubrifiant, après s'en être mis une bonne quantité sur les doigts de sa main droite. Il se rallongea sur Mikaël, ondulant toujours un peu du bassin contre lui, et le prévint.

 

-Attention, ça risque d'être un peu froid.
-C'est pas très grave, affirma-t-il avant de sursauter avec un petit cri aiguë. Mais putain, c'est gelé ce truc!
-T'inquiète, ça va se réchauffer très vite, le rassura-t-il.

 

La réponse de Mikaël ne fut qu'un gémissement alors que Peter avait commencé à masser la raie de ses fesses avec le liquide translucide. Il s'agrippa à ses épaules et obligea la tête blonde à se rapprocher de lui pour qu'ils puissent s'embrasser. Il attrapa sa lèvre inférieure délicatement avec les dents et joua avec pendant un certain temps. Peter, quant à lui, se laissait complètement faire, concentré sur ce qu'il faisait au fessier de Mikaël. Il ne voulait pas se tromper, ni aller trop vite et il se remémora des quelques conseils que Stefen lui avait donnés. Douceur, tendresse, et patience. Patience surtout pour la première fois. Après de longues minutes de massage, Peter s'accorda à venir titiller l'anus de Mikaël, à masser plus précisément cette corolle qui lui faisait de plus en plus envie. D'emblée, Mikaël se contracta un peu plus et il mordit involontairement la lèvre de Peter. Alors celui-ci entreprit de l'apaiser. Il déposa de petits baisers sur tout son visage et lui murmura mots tendres sur paroles rassurantes.

 

-Tout va bien se passer Mikaël...

 

Quelques baisers sur l'oreille.

 

-Tu vas voir, ça va être génial...

 

En même temps, il reprit du lubrifiant et recommença à le masser comme auparavant, sans s'attarder sur son anus.

 

-Et tu ne vas rien ressentir du tout...

 

Des bisous pleins le nez.

 

-Rien du tout sauf du plaisir...

 

Il s'intéressa un peu plus à son anus et essaya d'en franchir la frontière. Mikaël se crispa mais Peter n'abandonna pas cette fois-ci.

 

-Rien que du plaisir, plein de plaisir... Parce que tu vois, moi je t'aime...

 

Il réussit à enfoncer la première phalange de son index dans Mikaël. Il fit de légers mouvements pour le détendre tout en l'embrassant chastement sur les lèvres. Mikaël essaya de se concentrer sur les paroles de Peter et sur les baisers qu'il lui donnait plutôt que sur ce qui se passait dans le bas de son corps, et il réussit ainsi à se détendre un peu plus. Lorsque ton son index se fut enfoncé, Peter marqua une pause et regarda avec tendresse, et une légère angoisse, son amant.

 

-Mikaël? Ca va? voulut-il savoir.
-Oui, ça va, répondit-il malgré ses traits un peu crispés. Mais ne va pas plus vite.
-Tout ce que tu veux.

 

Mikaël le remercia du regard et Peter s'essaya à pénétrer un deuxième doigt.  Cela fut un peu plus difficile, mais à force de douceur et de patience, le cavalier accepta cette seconde intrusion en lui. Il réclama néanmoins son content de baisers, que Peter se fit un plaisir de lui donner. Il lui murmura aussi quelques mots d'amour qui le firent sourire. A un moment donné, Peter effleura la prostate et Mikaël eut un léger sursaut. N'étant pas sûr, il recommença en appuyant un peu plus fort, et Mikaël se contracta autour de ses doigts. Le jeune homme fit alors remonter le visage de Peter, qui s'était égaré sur son torse, jusqu'à lui.

 

-Si tu continues comme ça, le prévint-il, je vais être tellement serré que tu vas même pas pouvoir retirer tes doigts.
-Hum... On va éviter alors, fit-il avec un petit sourire.
-Ouais, je crois que c'est préférable...

 

Cependant, cet effleurement prostatique eut le mérite de rendre Mikaël plus réceptif au plaisir. Soudain, il ressentait tous les petits picotements que provoquait la main baladeuse de Peter sur son corps. Le plaisir se frayait un chemin dans son corps jusqu'à atteindre son bas-ventre. Et lui-même voulait procurer la même chose à Peter. Il passa ses mains dans le dos de Peter et le caressa, encore et encore. Sur ses fesses, sur son torse, sur le haut de ses cuisses, sur ses bras, partout où il le pouvait, il le caressait.

 

En voyant Mikaël participer plus activement, Peter comprit qu'il se détendait enfin. D'ailleurs, cela se voyait bien au niveau de son sexe, qui regagnait un peu en vigueur. Avec sa main libre, il le masturba lentement, en douceur, pour ne pas faire monter le plaisir trop vite, juste pour lui procurer une sensation de bien-être. En même temps, il enfonça un troisième doigt dans son anus, et Mikaël, même s'il sentit de nouveau la douleur de la pénétration, se décontracta beaucoup plus vite que précédemment grâce au plaisir que Peter lui donnait. Après de longues minutes, Peter embrassa Mikaël sur le bout du nez, retira ses doigts de lui et cessa toutes caresses. Mikaël fit de même et ils se regardèrent dans les yeux, évaluant si l'autre était prêt.

 

-Est-ce que tu as peur? murmura Peter.
-J'ai une grosse boule au ventre, mais je ne dirais pas que c'est de la peur. Je sais maintenant que ça va bien se passer. Tu me l'as suffisamment dit pour que j'y crois.

 

Tous deux sourirent, puis Mikaël reprit la parole.

 

-Et toi? Est-ce que tu as peur?
-Un peu. J'ai pas envie de te faire mal, et j'ai peur d'avoir mal fait les choses. Si jamais je...
-Ssssch, le coupa-t-il. C'était très bien jusqu'à maintenant, alors pourquoi ça ne continuerait pas?
-Mais...
-J'en ai envie, tu en as envie. Alors arrête de te poser des questions, et on passe à la suite, nan? fit-il avec un joli sourire mutin alors qu'il empoignait l'érection de Peter.

 

Il fit courir ses doigts dessus, caressa ses testicules et le masturba quelques instants. Puis il se tortilla pour attraper le préservatif posé sur le matelas, en défit l'emballage et le déroula sur le sexe de Peter.

 

-Voilà, t'es fin prêt, murmura-t-il à son oreille. Alors n'hésite plus.

 

Peter hocha la tête avant d'attraper le tube de lubrifiant. Il en mit partout où il l'estimait nécessaire et positionna son sexe devant l'anus de Mikaël. Celui-ci, confiant, enroula ses bras autour de son cou et ses jambes autour de sa taille. Il ancra son regard dans celui de son amant et l'encouragea silencieusement. Les bras posés de chaque côté de la tête de Mikaël, Peter amorça donc un lent mouvement du bassin. Le premier centimètre entra assez facilement, mais la suite se révéla plus douloureuse. Il dut quelque peu forcer le passage, et Mikaël fit tout pour se détendre. Il se contrôla un maximum pour ne pas laisser paraître sa douleur sur son visage, et à la place, il rapprocha le visage de Peter du sien et leurs lèvres se rencontrèrent dans un baiser tendre.

 

Quelques instants plus tard, Peter avait totalement pénétré Mikaël et il fit de lents mouvements de va-et-viens. Peter plongea sa tête dans le cou de Mikaël et Mikaël se raccrocha à la nuque de son amant. Les gémissements des deux hommes se firent de plus en plus bruyants, emplissant la pièce. Peter augmenta l'amplitude de ses allers-retours et Mikaël laissa échapper un petit cri lorsque sa prostate fut brusquement touchée. Une décharge de plaisir se répandit en lui et il griffa Peter sans le vouloir. Peter, quant à lui, respirait de plus en plus fort contre la peau du brun et se délectait des nouvelles sensations que son corps expérimentait. C'était si différent, si nouveau, et il adorait ça. Des frissons le parcoururent et ses bras se firent plus faibles. Alors il se laissa un peu plus tomber sur Mikaël et ressentit beaucoup plus intensément l'érection grandissante de son homme. Et celui-ci aussi.

 

-Peter... Peter... gémit-il à son oreille.

 

Sans réfléchir plus avant, Peter fit descendre sa main droite au niveau de leurs bas-ventres et saisissant le sexe de Mikaël, commença à la masturber au même rythme qu'il le pénétrait. Mikaël gémit plus fort et Peter accéléra graduellement, tout à la fois ses mouvements du bassin et ceux de sa main. De plus en plus vite, de plus en plus fort, les deux hommes semblaient liés et le temps arrêté. Mais soudain Mikaël lâcha un gémissement plus profond et plus long que les autres, et il plaqua tout le corps de Peter contre le sien. Peter sentit son amant se contracter à plusieurs reprises et un liquide un peu visqueux se répandre entre eux, sur leurs ventres. Il l'embrassa dans le cou, à plusieurs reprises, et dès que Mikaël desserra un peu ses jambes, il reprit ses mouvements du bassin, toujours collé à lui. Mikaël, planant encore, se laissa complètement aller et chaque pénétration de Peter le faisait crier un peu plus fort. Jusqu'au moment où, par un mouvement plus puissant, Peter se libéra dans une plainte rauque.


Le jeune homme bougea encore un peu à l'intérieur de son amant, raffolant de la sensation de ses chairs contre la sienne, avant de se retirer définitivement. Encore sous le choc de l'orgasme qu'il venait d'avoir, il enleva avec quelque maladresse le préservatif, le noua et le balança dans un coin de la chambre. Puis il retomba sur Mikaël.
Les deux hommes mirent un certain temps à reprendre une respiration calme et silencieuse. Une voix douce, un peu fatiguée, rompit ensuite le silence.

 

-Peter?
-Hum... Oui?
-Embrasse-moi... S'il-te-plaît...

 

Peter, avec lenteur, se releva et posa ses lèvres sur celles de Mikaël. Un baiser tendre, témoin de l'apaisement intérieur qu'ils ressentaient tous deux après ce moment de sexe.

 

-Comment tu te sens Mikaël? demanda ensuite Peter tout en passant une main dans ses cheveux bruns.

 

Mikaël hocha la tête et afficha un sourire ravi, accompagné de yeux encore brillants du plaisir ressenti.

 

-C'était... waow. Juste waow. J'ai pas d'autre mot pour décrire ça, rit-il doucement. Merci. Merci Peter.

 

Il l'embrassa à son tour et cette fois-ci le baiser se fit un peu plus profond.

 

-Pour moi aussi, c'était juste waow, avoua Peter dès que leur baiser prit fin. Alors merci à toi. Je n'aurais jamais cru vivre un moment si intense de toute ma vie.
-En tout cas, j'espère qu'il y en aura d'autres, des moments aussi intenses, murmura-t-il.
-J'espère bien!

 

Ils se sourirent puis Peter se déplaça pour s'allonger sur le matelas, juste à côté du corps auquel il venait de faire l'amour. Ils se mirent sur le flanc, face à face, les yeux dans les yeux et les jambes entremêlées.

 

-Tu veux prendre une douche? s'enquit Peter, s'apercevant que le sperme de Mikaël maculait toujours leurs ventres.
-Hum... Trop la flemme... Je suis trop bien là... dit-il d'une voix un peu endormie.
-Pareil...

 

Dans le silence retrouvé de la pièce, les deux amants, enlacés, ne tardèrent pas à s'endormir.

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30 avril 2010 5 30 /04 /avril /2010 00:11

Z'êtes de sacrés de petits veinards, vous le savez ça? x)

 

 

 

Couronne.jpg

 

 

J'avais écrit il y a longtemps une suite alternative au récit de Meryl, Royale Destinée, parce qu'elle mettait un certain temps entre chaque suite, et que j'avais l'imagination fertile. En un rien de temps, une histoire complète s'était formée dans mon esprit, et je l'avais mise par écrit presque aussitôt. Cette suite alternative, je l'ai enfin relue et corrigée, et envoyée à Meryl il y a quelques jours. Et elle vient d'en faire la publication sur son blog. Je vous invite chaleureusement à aller la découvrir, la suite, et toute l'histoire aussi bien sûr, parce qu'elles sont vraiment bien. =D

 

 

Royale Destinée, Suite Alternative, Partie I.

 

 

Royale Destinée, Suite Alternative, Partie II.

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25 avril 2010 7 25 /04 /avril /2010 19:30

Parce que le chapitre 20 de Rupture, by Merlin, m'a terriblement frustrée. Et ben, j'ai décidé de vous frustrer vous aussi! Na! Vous z'aurez qu'à faire des réclamations à Merlin! Et quand elle postera le chapitre 21, vous aurez droit à la suite. Comment ça, c'est injuste? C'est pas à moi qu'il faut se plaindre. Et non, je n'accepte aucune réclamation!


Quant à toi Merlin, si jamais tu oses ne serait-ce que penser au mot chantage, je t'arrête tout de suite. Je ne fais qu'appliquer ce fameux proverbe: la fin justifie les moyens. *ange*


Sur ce, bonne lecture! =D

 

 

 

Cowboy.jpg

 

 

     Le dimanche midi, les organisateurs du CSO étaient en train de s'arracher les cheveux. Ils prenaient de plus en plus de retard dans l'épreuve de 1m40, et ils ne pouvaient rien y faire. Cette épreuve faisait des ravages parmi les concurrents et les chutes s'enchaînaient. A chaque fois, il fallait reconstruire l'obstacle et récupérer le cheval, qui parfois s'amusait comme un fou à se croire dans un champ de course. Deux barres avaient déjà été cassées, et un chandelier avait été mis à mal par les ruades d'un cheval. Une fois, ils avaient même dû faire venir l'équipe médicale sur place car le cavalier semblait s'être fait marcher dessus, et il avait du mal à se relever. Le retard s'accumulait donc inexorablement.

 

Mais d'un autre côté, si l'épreuve montrait le pire, elle montrait aussi le meilleur. Six cavaliers avaient déjà fait un sans-faute et étaient sélectionnés pour le barrage. On arrivait maintenant en fin d'épreuve et les deux jeunes femmes qui régulaient l'entrée dans la carrière firent un grand sourire au dernier cavalier en lice. Celui-ci leur répondit par un demi-sourire, concentré sur ce qu'il allait devoir faire dans quelques minutes, puis entra lorsqu'elles lui dirent de le faire. Lorsqu'il se fut assez éloigné, l'une d'elles demanda à l'autre.


-C'est qui qu'il monte là?
-Ithaque.
-Tu penses qu'il va faire comme avec Jewel? Sans faute?
-Ouais, je crois. Après tout, il en est capable, c'est Mikaël Blowsworh quand même, plaisanta-t-elle.
-D'accord, mais le cheval, il en est capable? Je ne me souviens plus de l'avoir déjà vu celui-là.
-Ithaque a l'habitude de laisser un peu traîner ses antérieurs lors des sauts, mais comme Mikaël le connaît bien, je suppose qu'il fera tout pour corriger ce défaut.
-Ok. De tout façon, on va bien voir bien ce qu'ils nous font, conclut-elle avant de s'écarter en ouvrant la barrière pour laisser passer l'avant-avant dernier concurrent qui sortait, un peu à bout de souffle.

 

 

 

     Mikaël, sur la carrière, était au taquet. Il revoyait une dernière fois le parcours dans sa tête, avec ses difficultés et ses pièges, tout en faisant attention de ne pas gêner le concurrent qui était en train de passer. Il passa à côté du bidet et de la mangeoire, histoire de montrer à Ithaque ce qu'il allait devoir sauter, et qu'il ne fasse pas semblant d'avoir peur devant l'obstacle. Puis il remonta un peu sur ses rênes et partit au trot. Un petit trot de travail pour le remettre en route, et ne pas le chauffer trop tôt. Le cavalier précédent venait de passer la ligne d'arrivée et Mikaël demanda un petit galop à Ithaque. La sonnette de départ retentit un peu plus tard et il le fit repasser au trot puis au pas. Il réajusta une dernière fois ses rênes, remit ses pieds correctement dans les étriers, et demanda alors un départ au galop à droite. Il fit une grande volte où il l'installa sur sa vitesse de croisière pour le parcours: un galop soutenu, avec une bonne impulsion et des postérieurs très engagés, le tout sans précipitation. Enfin, il passa la ligne de départ.

 

Au cinquième obstacle, aucune barre encore n'était tombée et il entamait le triple assassin, dont il sortit avec brio, malgré un toucher sur le C, qui avait fait vaciller dangereusement la barre. Mais elle avait tenu. Comme toutes les autres jusqu'à la ligne d'arrivée. Les juges annoncèrent très rapidement le résultat: sans faute, il était donc le septième, et dernier, concurrent à participer au barrage. Satisfait de son parcours, Mikaël flatta l'encolure de l'hongre puis sortit de la carrière au petit trot, laissant le commissaire de piste tracer le parcours du barrage et les ramasseurs de barres modifier les obstacles en fonction de ses décisions.


Revenu au paddock, le jeune homme retrouva My, qui allait elle aussi allait participer au barrage. Elle partirait 4ème, ayant fait le 4ème meilleur temps, tandis que Mikaël partirait en premier avec Ithaque, et en avant-dernier avec Jewel, avec qui il avait fait le deuxième meilleur temps. Stressés et concentrés, les deux cavaliers n'échangèrent que quelques paroles puis se dirigèrent d'un commun accord vers William. Certes, leur aîné avait fait quatre points, mais il était le plus expérimenté. Il avait aussi un regard nettement plus objectif qu'eux-mêmes sur leurs performances et serait plus à même de les conseiller. Environ un quart d'heure plus tard, ils furent informés du parcours du barrage, et Mikaël dut partir avec Ithaque. Il revint un peu plus tard et croisant My qui se dirigeait vers la carrière, lui donna quelques conseils.

 

-Fais gaffe au 4. Il vient beaucoup plus vite que tu ne le penses, et j'ai pas eu le temps de reprendre Ithaque.
-Et tu t'en es sorti?
-C'est tombé. Quatre points. Par contre, entre le 1 et le 2, passe à travers le décor. Ca te fait un saut en plus, mais ça te raccourcit vachement et tu peux quand même bien aborder le 2.
-Ok, merci pour le conseil. Et je suis désolée pour la barre.
-T'en fais pas, Ithaque a fait de bons parcours, donc je suis plutôt content. D'habitude, les CSO, il a plus de mal. Bon je te laisse, faut que je récupère Jewel. Bonne chance!
-Merci!


Elle repartit vers l'entrée et lui descendit d'Ithaque pour remonter aussitôt sur la jument que Mary avait amené après l'avoir détendue un peu à nouveau. Puis il prit le même chemin que My. Jewel était un peu nerveuse, ou peut-être impatiente: elle trottinait sur place, déplaçait les hanches sans que Mikaël ne lui ait rien demandé, et lorsqu'enfin on les autorisa à entrer en piste, elle partit au petit galop. Mikaël, se redressant, la remit au pas et la calma d'une voix douce tout en flattant son encolure.

 

Encore une fois, la sonnette de départ retentit à travers la piste et dans les secondes qui suivirent, Jewel partit au galop. Un galop très différent de celui qu'elle avait lors du premier tour. Il était beaucoup plus rapide sans pour autant partir sur les épaules, car là, en plus de devoir faire un sans-faute, il fallait être le plus rapide. Il y avait six obstacles, six possibilités de faire tomber des barres. Mais grâce à la puissance de la jument et son goût pour le CSO, aucune ne tomba et le parcours fut bouclé en un peu plus de 25 secondes. Le dernier concurrent partit alors qu'il était encore sur la piste, et lorsqu'il eut fini, Mikaël soupira de soulagement: l'épreuve était terminée. Il avait donné tout ce qu'il avait et il ne pouvait plus rien changer. Il revint tranquillement au pas dans le paddock, où il retrouva My qui discutait avec William.

 

-Salut, fit Mikaël en arrivant près d'eux.

-Salut, répondit William. J'ai noté les temps et les points de tout le monde, tu veux voir?
-Ouais, je veux bien.
-Ok, alors t'as fait quatre points avec Ithaque mais t'as été très rapide, donc t'es cinquième.
-My, t'as fait un sans-faute, non?
-Ouais, mais j'ai été assez lente.
-T'es quatrième?
-C'est ça, confirma William. Et avec Jewel, t'as fait un sans faute, mais t'as pas été assez rapide. C'est passé à un poil près.


Le visage de Mikaël se décomposa: il connaissait cette formule de son mentor pour l'avoir déjà entendue par le passé. Il avait alors manqué la première place à vingt centièmes de seconde.

 

-Me dis pas que j'ai encore vingt centièmes de retard?
-Non, quatre.
-Hein?
-T'as quatre centièmes de retard par rapport à Sean Krant, qui est premier.
-Naaaaaaan!
-Eh si! répliqua My, qui était morte de rire face à l'attitude de son meilleur ami.

 

Celui-ci était affalé sur l'encolure de sa jument et se lamentait en poussant de longues plaintes.

 

-J'y crois pas! Quatre centièmes! Quatre centièmes! Même pas le temps de dire ouf! Jewel! continua-t-il en s'adressant à sa jument. T'aurais pas pu allonger ta foulée de quelques centimètres histoire de nous faire gagner? Espèce de jument ingrate, va!

 

Ce furent les paroles de trop et les trois cavaliers furent pris d'un grand fou rire, que même l'annonce de la remise des prix eut du mal à arrêter.

 

L'après-midi se déroula de la même façon que la matinée pour Mikaël: dans la concentration et le stress. Il était engagé sur le Grand Prix de 1m60 à la fois avec Jewel et avec Spunk. Avec Jewel, cela n'allait pas poser de problème. Elle était habituée et il pensait faire un parcours honorable malgré la dernière lubie du commissaire de piste, qui avait relevé le dernier obstacle de dix centimètres, finissant donc le parcours à 1m70. Par contre, avec Spunk, c'était plus délicat. Il avait décidé de l'engager car Ithaque sortait de blessure et il ne voulait pas l'épuiser de trop. Il s'était dit que son engagement sur le Grand Prix dépendrait de la performance du gris pommelé la veille: il pouvait toujours ne pas se présenter si jamais cela s'était mal passé. Mais au final, l'épreuve de la veille s'était très bien passée. Il avait même fini sixième! Il voulait donc faire le Grand Prix, malgré une appréhension qui subsistait, car c'était une très grosse épreuve.


En définitive, cette appréhension se révéla injustifiée puisque tout se passa très bien. Il atteignit même la dixième place avec Spunk. Et Jewel fut la seule à ne faire tomber aucune barre: il remporta donc la première place du Grand Prix grâce à elle. Après le tour d'honneur réglementaire, où il laissa la jument se défouler, il rentra aux écuries en évitant plus ou moins habilement les journalistes. La menace d'un coup de pied où luisait un éperon au talon était souvent très dissuasive. Avec l'aide de Mary, il s'occupa de ses chevaux et les fit monter dans le camion, qui partit peu de temps après. Comme à l'aller, il squatta une voiture pour rentrer, et quelques longues heures plus tard, ils étaient au club. Il descendit ses chevaux du camion et s'en occupa, laissant le soin à Mary de ranger les affaires. Il ne s'attarda pas très longtemps, ne voulant pas rencontrer le directeur du club, et partit une heure à peine après être arrivé. Il avait hâte de rentrer à la maison, et de revoir Peter. D'autant plus qu'il était dispensé du travail aux écuries le lendemain matin, comme souvent après un concours. Et qu'il n'avait pas l'obligation de suivre des horaires stricts pour l'entraînement, étant donné qu'il était maintenant son propre maître.

 

 

 

     Peter entendit les clefs tourner dans la serrure et se leva précipitamment du canapé pour aller dans l'entrée. Il se jeta presque sur Mikaël qui eut à peine le temps de refermer la porte. Il enroula ses bras autour de son cou et déposa quelques baisers sur sa peau qui sentait bon le cheval tandis que le cavalier laissait tomber son sac à terre et enlevait tant bien que mal ses baskets.

 

-Eh bien dis donc, quel accueil! rit Mikaël.
-Faut bien ça pour toi! T'as mangé? demanda Peter en se détachant un peu du corps de son amant.
-Ouais, j'ai grignoté en route. Et toi?
-Pareil. Allez viens!

 

Il lui prit la main et le traîna dans le salon.

 

-Tu m'emmènes où?
-Sur le lit, of course! dit-il en se retournant, les yeux malicieux.
-Tu permets que je prenne une douche avant? fit-il sur le même ton un peu joueur.
-Hors de question, j'ai trop envie de toi, répondit-il d'une voix sensuelle.
-Peter, je pue le cheval. T'as envie d'avoir l'impression d'être au lit avec un étalon?

 

Peter éclata de rire à la comparaison et Mikaël profita de ce moment d'inattention pour se précipiter dans la chambre pour prendre des affaires propres. Ni une ni deux, Peter le suivit et le bloqua entre l'armoire et lui. Mikaël, un jeans, un T-shirt et un boxer en main, se retourna pour lui faire face. Il lui fit un grand sourire, lui colla un baiser sur la bouche puis passa rapidement sous son bras gauche. Alors qu'il atteignait la porte de la chambre, Peter réussit à attraper un bout de son T-shirt. Mais la prise était trop faible et Mikaël se dégagea facilement. Il entra à toute vitesse dans la salle de bains et verrouilla derrière lui dans un cri de victoire.

 

-Yahouuu! J'ai gagnéééé!

 

Il faillit rajouter "Les doigts dans le nez!" mais se retint à temps. Cette course poursuite pour avoir la salle de bains lui rappelait son adolescence, lorsqu'il faisait des stages d'équitation, avec My en général. C'était toujours la bagarre pour celui qui aurait la douche en premier, ou pour avoir de quoi manger au petit déjeuner. Il y avait des jeux chaque soir, autour du feu ou dans un champ, selon la saison. Lors des ballades, ils chantaient très souvent, surtout lorsqu'ils rencontraient des poneys: c'était à ceux qui gueulaient le plus fort. Les souvenirs remontaient peu à peu à la surface et faisaient sourire Mikaël. Il entra dans la douche tout en fredonnant des chansons de l'époque.

 

"Je suis un gars du Far-West, qui aime les chevaux, la bière et le rodéo eh oh eh oh! Ma liberté, c'est l'Far-West! Ma chance, c'est le lasso! Ma vie, c'est le rodéoooooh!"

 

Il fit couler l'eau et commença à se savonner tout en chantant de plus en plus fort, pris dans ses souvenirs.

 

-Qu'est-ce que tu chantes? cria Peter à travers la porte, à un moment où Mikaël reprenait son souffle.
-Tu connais pas la chanson du Far-West?
-Euh... Non.
-Espèce d'inculte! Vas-y, c'est une chanson à réponse. Donc tu dois répéter tout ce que je dis: au saloon!
-Au saloon!
-Y’a d’la bière!
-Y’a d’la bière!
-Du bon whisky!
-Du bon whisky!
-De belles serveuses!
-De belles serveuses!
-Les cow-boys,
-Les cow-boys,
-Ça picole,
-Ça picole,
-Et puis ça tire,
-Et puis ça tire,
-Sur le pianiste!
-Sur le pianiste!

 

L'eau s'était arrêtée de couler depuis un certain temps et à la fin du couplet, la porte de la salle de bains s'ouvrit sur un Mikaël tout habillé, les cheveux encore mouillés, et chantant le refrain, fort et un peu faux aussi.

 

-Je suis un gars du Far-West, qui aime les chevaux, la bière et le rodéo eh oh eh oh! Ma liberté, c'est l'Far-West! Ma chance, c'est le lasso! Ma vie, c'est le rodéoooooh!

 

Peter, amusé, passa sa main dans le jeans de Mikaël et l'attira à lui d'un mouvement ferme.

 

-Alors, cow-boy? Prêt pour le rodéo de ta vie?
-J'ai oublié mon lasso, mais je crois que je peux m'en passer.
-Ouais je crois aussi, souffla-t-il en rapprochant encore un peu plus leurs deux corps.

 

Les deux hommes s'embrassèrent et la passion vint se prêter au jeu, menant la danse de leurs langues. A tâtons, ils se dirigèrent vers la chambre, puis vers le lit. Peter fit tomber Mikaël dessus, en travers du matelas, puis il y grimpa à son tour, se positionnant juste au-dessus de son bassin. Dominant ainsi le plus jeune, il put à loisir le déshabiller du regard, avant de passer à la pratique. Il posa ses mains sur les hanches de Mikaël, et sans le quitter du regard, passa ses mains doucement sous son T-shirt. Lorsqu'il eut les deux mains à plat sur la peau nue du jeune homme, celui-ci frissonna et son regard se chargea d'un peu plus de désir encore. Attiré, Peter se pencha et embrassa les lèvres de Mikaël. Il faillit tomber, mais se rattrapa de justesse en abandonnant d'une main la peau de son amant. Il continua à l'embrasser, encore et encore, et Mikaël passa ses mains dans sa nuque, puis dans son dos, augmentant leur désir à tous les deux par des caresses plus ou moins appuyées, parfois très aériennes, mais de plus en plus précises. Peter fit de même sur le ventre et le torse de Mikaël, tout en relevant peu à peu son T-shirt. Au bout d'un moment, Peter, les joues rouges et à bout de souffle, se détacha légèrement de lui et le regarda dans les yeux avec envie.

 

-Pourquoi tu t'es rhabillé? murmura-t-il d'une voix rauque.
-Pour que tu puisses me déshabiller.

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21 avril 2010 3 21 /04 /avril /2010 19:11

 

Ecrire-2.jpg

 

 

 

C'est pas une suite, ou même un OS, mais c'est pas une raison pour taper l'auteur hein! Ou même lui lancer des tomates! Elle a assez de boulot pour qu'en plus, elle se tape un mal de crâne de votre faute! :-p

 

C'était juste pour dire que je participe aux "Manuscrits Awards" organisés par Jumper, modérateur (pourquoi j'écris encore modératuer? O.o) de la communauté "Manuscrits des futurs auteurs". Le but est de voter pour le récit que vous préférez, et les votes ouvriront dimanche ici.

Personnellement, j'ai mis en lice "Métro, boulot, dodo?". x)

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18 avril 2010 7 18 /04 /avril /2010 23:15


Et de nouveau à l'heure! =D Je m'étonne moi-même, surtout qu'aujourd'hui, c'était tendu. Mais que ne ferais-je pas pour vous? :-p

Alors voilà une suite relativement longue, et j'espère qu'elle va vous plaire. Ca me consolera de l'élimination de tout à l'heure sur le 3ème obstacle du cross.


Bonne lecture! =D

 

 

 

Ballots-de-paille.jpg

 

 

     Le reste de la journée se passa sans accroc majeur mais l'incident des écuries avait marqué les deux amants bien plus qu'ils ne voulaient le reconnaître. Peter savait Mikaël possessif avec ses chevaux: il le lui avait dit. Mais la violence de sa réaction l'avait réellement surpris. Même avec lui, lorsqu'il avait fait montre d'un peu de sa possessivité, cela avait été plus de la provocation mélangée à de l'insolence que de l'agressivité. Et puis il était inquiet aussi pour son compagnon. Inquiet des conséquences que cette petite bagarre aurait sur son dossier dans l'enquête. Et inquiet de savoir comment il allait s'en sortir sans coach. Il se doutait que comme dans tous les sports, il pouvait s'auto-coacher, mais là se posait aussi le problème des chevaux. Seul Jéricho était à lui. Les autres appartenaient pour la plupart à des propriétaires, qui refuseraient peut-être de les lui confier s'il n'avait plus d'entraîneur.

 

Quant à Mikaël, il avait plus ou moins prévu ce clash avec Ed. Il savait déjà qu'il n'allait pas renouveler son contrat avec lui, mais plutôt avec le coach de My, Charlie, qu'il appréciait et qui était plus doux, autant dans ses façons de faire que dans ses exigences. Ed attendait beaucoup trop de lui, et lui mettait une pression énorme sur les épaules, ce qui peu à peu le mettait à bout. C'était d'ailleurs l'une des raisons qui l'avaient poussé à aller s'installer chez Peter: ainsi, il n'aurait plus à entendre son coach lui répéter ses conseils toute la soirée.

 

De plus, si Ed attendait beaucoup de ses cavaliers, cela ne semblait pas valoir pour lui-même, vu qu'il avait déjà fait plusieurs erreurs concernant leurs entraînements ou leurs engagements. Le non-engagement de Jéricho à la dernière minute sur ce CSO avait été la goutte d'eau qui avait fait déborder un vase déjà trop plein de ressentiments et de colère. D'ailleurs, le contenu du vase ne cessait de couler et Mikaël n'arrivait pas à se calmer. Chris, Ed et Jéricho, ça faisait un peu trop pour une seule journée.

 

De mauvaise humeur, il quitta donc le club-house, où il avait dîné silencieusement avec My et William. Il s'éloigna en direction du grand hangar où tous les ballots de paille étaient rangés. Arrivé là-bas, il monta dessus, le plus haut possible, et se trouva un petit coin à l'abri des regards indiscrets. Une petite surface de six ballots de paille entourée presque de toutes parts par une hauteur de deux à trois ballots. Une véritable petite cabane. Il s'assit dos à l'un des ballots et appela Peter. La première sonnerie mit du temps à se faire entendre et Mikaël pria pour que les deux barres de réseau qu'il avait ne disparaissent pas pendant la communication.


-Allô?

 

Entendre la voix de Peter lui fit un bien fou, et un sourire étira ses lèvres.

 

-Salut, c'est moi. T'es où?
-Au Bed&Breakfast qu'on a réservé avec Stefen. On est en train de dîner.
-Un Bed&Breakfast? Et beh dis donc, tu te fais plaisir toi.
-Notre service n'a malheureusement pas eu l'intelligence de prévoir un endroit où dormir pour tous ses policiers. Donc c'est à nous de tout organiser, et vu qu'on s'y est pris un peu tard, il ne restait plus de place dans les hôtels.

 

Mikaël rigola devant la justification de Peter.

 

-Détends toi, ce n'était pas un reproche. Est-ce que tu peux t'éclipser quelques heures?
-Ouais, je peux. Y'a que Stefen et moi comme inspecteurs ici.
-Tant mieux. Tu vois où est le hangar à paille dans le club?
-Ouais, il me semble. Le grand truc calé entre le petit manège et les prés?
-C'est ça. Donc tu viens là-bas, tu montes sans te faire voir sur les ballots de paille et tu me retrouves en haut.
-Ok, à tout de suite!

 

Les deux amants raccrochèrent et c'est avec un sourire enfantin que Peter rejoignit Stefen dans la salle à manger. Son collègue sut alors immédiatement qui avait appelé et après avoir compris où ils devaient se rejoindre, lui donna en riant sa bénédiction. Il était quasi-certain que personne n'irait les chercher là-bas. Peter, soulagé de la confiance de Stefen, se prépara à partir, un pull à la main et quelques muffins dans un sachet de papier, en guise de dessert. Il promit à son ami de revenir avant le petit déjeuner, et celui-ci lui fit nonchalant.

 

-Comme tu veux. Mais fais gaffe Peter, le matelas de paille, c'est bien, mais ça pique. Surtout pour une première fois, ajouta-t-il à son oreille.

 

Saisissant l'allusion, le jeune inspecteur rougit jusqu'aux oreilles et balbutia quelques contestations, comme quoi Mikaël devait être fatigué et qu'il avait beaucoup à faire le lendemain. Puis il partit définitivement. Une bonne vingtaine de minutes de marche plus tard, il se trouvait devant le hangar et regardait avec circonspection les ballots de paille. Ils n'étaient pas particulièrement petits, et la plus petite hauteur existante était de cinq ballots empilés. Soit plus grand que lui. Il allait devoir faire un peu de sport.

 

Le pull noué autour des hanches et le sachet de muffins coincé entre ses dents, il s'agrippa aux ficelles et à tous les interstices qu'il trouvait et commença à monter, craignant toujours que l'un des ballots lui tombe dessus. Arrivé en haut des cinq ballots, il s'aperçut qu'il n'était pas sorti de l'auberge: d'autres ballots se dressaient devant lui, il n'y avait aucune trace de Mikaël et le sommet était encore loin. Après encore une petite dizaine de minutes à grimper et à descendre des ballots de paille, il trouva enfin Mikaël, assis tranquillement dans un petit coin, caché aux yeux de tous. Il sauta à ses côtés, et l'admira pendant quelques secondes. L'ayant entendu arriver, le cavalier releva la tête et lui sourit.

 

-Eh bien, tu en as mis du temps à arriver, beau blond.
-C'était parce que t'étais bien planqué, beau brun, répliqua-t-il en tombant à genoux entre ses jambes.


Il passa ses mains sur la nuque de Mikaël et l'embrassa doucement, à plusieurs reprises. Puis il se retourna et s'adossa à son torse. Il attrapa ses mains et les croisa sur son propre ventre, avant de les caresser, l'esprit un peu absent. Le plus jeune constata une fois de plus cette attitude un peu étrange que son compagnon avait depuis le début de la semaine, et pour une fois, il décida de faire face. Cela n'avait que trop duré.

 

-Peter... Est-ce que tout va bien?

 

L'autre mit du temps à répondre et sa voix était trop faible, trop hésitante, pour qu'ils y croient tous deux.

 

-Peter, je ne veux pas de ces petits mensonges, soit-disant pour préserver l'autre. On doit déjà suffisamment mentir dans la vie de tous les jours, autour de nous, pour permettre à notre couple de vivre. Alors s'il te plaît, n'introduis pas de mensonge entre nous. C'est bien toi qui me demandais de me faire un peu plus confiance? De nous faire un peu plus confiance, non? J'essaie, alors fais-le toi aussi.

 

Peter était touché par le petit discours qui venait d'être tenu: il visait en plein dans le mille. D'un autre côté, Mikaël ne pouvait pas non plus se targuer d'être complètement honnête avec lui, au vu de tout ce qu'il cachait encore. Mais Peter ne pourrait pas avancer cela comme argument, jamais. Car c'était bien trop bas.

 

-Bien sûr, je ne te demande pas de tout me dire, continua Mikaël, voyant que Peter n'était pas totalement convaincu. On a chacun ses parts d'ombre, ses petits secrets, qu'on préfère garder pour soi. Moi, j'en ai beaucoup, beaucoup trop même je crois. Et je ne me sens pas prêt pour y repenser. Mais ce n'est pas pour autant que je vais inventer des histoires pour te rassurer. Si un jour on vient à parler de ça, je te dirais juste que je regrette beaucoup de choses que j'ai faites, mais que je ne peux rien y changer maintenant. Alors j'essaie d'avancer tant bien que mal. Et je dois dire que depuis ma rencontre avec toi, même si ma vie semble beaucoup plus compliquée, paradoxalement, je me sens mieux. Je fais moins de cauchemars, j'ai un peu moins peur. J'entrevois l'avenir autrement que comme une répétition de ces dernières années.

 

Mikaël embrassa ses cheveux blonds et Peter frissonna. Le cavalier avait intuitivement compris que son amant avait besoin d'être rassuré, de savoir qu'il était là pour lui, qu'il ne le lâcherait pas du jour au lendemain. Et quoi de mieux que de se livrer un peu à lui, pour soulager ses craintes. Et solidifier leur relation, car Mikaël commençait à y croire de plus en plus. A voir Peter un peu absent, un peu préoccupé, toute la semaine, il en avait ressenti de l'inquiétude. Mais il n'avait pas su comment y faire face, jusqu'à ce soir. Etonnamment, alors qu'il pensait que parler de lui allait être douloureux, comme lorsqu'il avait raconté à propos de son frère, il se sentait maintenant étrangement apaisé.

 

-Ca va mieux? demanda-t-il.
-Oui... Merci.
-Pas de quoi.

 

Il embrassa à nouveau ses cheveux blonds et Peter lui proposa un muffin, qu'il accepta volontiers.Peter en prit un aussi, et commença à dévoiler un peu ce qui l'avait tracassé toute la semaine.

 

-Je crois que je suis terrifié, Mikaël, avoua-t-il.

 

Il fit une pause pour rassembler une dernière fois ses idées, et Mikaël ne dit rien, le laissant aller à son rythme.

 

-Lundi, le chef a su que tu avais déménagé, donc avec Stefen, on a dû fouiller l'appartement... Enfin, c'est plutôt Stefen qui a fouillé, moi je savais qu'on ne trouverait rien. Mais ça m'a fait réaliser à quel point la limite entre mon travail et ma vie avec toi est mince. J'ai l'impression d'être un funambule. Pour l'instant, ça va à peu près: la corde est plutôt grosse et seulement à quelques mètres du sol. Mais plus le temps avance, plus la corde s'amincit et plus elle s'élève dans les airs. Et tout au bout de la corde, je te vois toi, qui m'attends.

 

Peter ne lui avait pas tout dit. Il ne voulait pas lui parler de son passé: comme il l'avait dit lui-même quelques minutes plus tôt, Mikaël n'était pas prêt. Mais au moins, il lui avait révélé ses sentiments, ses peurs, et c'était le plus important, pensait-il.

 

-Tu sais, lui dit Mikaël doucement. Tu n'es pas seul sur cette corde. Je suis avec toi. On est tous les deux ensemble, sur cette corde, à tenir en équilibre. Et tu sais pourquoi c'est bien?

 

Peter secoua la tête.

 

-Parce que comme ça, si l'un tombe, l'autre le rattrape. Et à tout moment, on peut se soutenir mutuellement.

 

Quelques mots, deux phrases. Il n'avait fallu que ça à Mikaël pour redonner confiance à Peter. Pour lui rappeler qu'il n'était pas seul. Pour chasser ses peurs et ramener un sourire sur ses lèvres.

 

-J'espère que t'as un bon équilibre, parce que je risque de tomber souvent. Pas habitué à marcher sur une corde, moi.
-Le meilleur équilibre du monde! s'exclama Mikaël. Je tombe pas souvent de cheval, parce que j'ai une très bonne assiette. Et quand je commence à tomber, j'arrive en général à me rattraper avant de toucher le sol.
-Ah ouais? Parce que moi, je t'ai quand même vu tomber deux fois en quelques mois, le titilla Peter.
-Quand ça? demanda-t-il, car il ne se souvenait plus: les chutes, bien que très instructives, étaient rapidement reléguées au fond de son esprit.
-Quand tu t'es tordu la cheville, et au concours, avec Spunk. T'avais passé la ligne d'arrivée alors que t'étais à moitié par terre. Tout le monde avait rigolé.
-Ah oui! Je me souviens maintenant. D'ailleurs, y'a un des photographes du concours qui s'est amusé à mitrailler ma chute. My m'a montré les photos sur son site internet. C'est vraiment très drôle. On dirait un petit film au ralenti, et j'ai l'air ridicule dessus, rit-il.
-Tu me montreras? demanda Peter, un grand sourire aux lèvres.
-Quand tu veux. Faudra juste que je redemande l'adresse du site à My.

 

Un silence apaisé retomba entre eux pendant quelques minutes, avant que Mikaël ne reprenne la parole.

 

-Au fait, je vais probablement rentrer un peu plus tard un jour de la semaine prochaine.
-D'accord, accepta Peter sans pour autant taire sa curiosité. Pourquoi?
-Je vais passer chez mes parents. Ma mère veut absolument que je la tienne au courant de ce qu'il se passe dans mon boulot. Je me demande bien à quoi ça lui sert, vu qu'elle n'y comprend rien.
-Probablement à se dire qu'elle te connaît encore un peu. C'est quand même assez dur de voir son fils s'éloigner et de tout ignorer de ce qu'il a fait de sa vie.
-Hum... Tu dois avoir raison.
-J'ai toujours raison! plaisanta-t-il.
-Ne jamais dire toujours, Peter. Jamais... Je crois que je vais faire d'une pierre deux coups, reprit-il après une petite pause.
-Comment ça?
-Je vais leur dire que je n'ai plus de coach, et que je vais probablement passer le reste de la saison sans. Ce qui va peut-être me poser quelques problèmes financiers, et que donc ils ne devront pas trop compter sur moi pour l'argent. Et en même temps, je vais leur dire que j'ai déménagé et que je vis avec toi. Enfin, pas avec toi-toi, mais avec un homme quoi. Et que c'est pas une colocation, vu qu'on a qu'une seule chambre et qu'un seul lit.

 

Peter fut surpris par la décision de Mikaël et voulut s'assurer de ses intentions.

 

-C'est une manière originale de le dire. Mais tu es sûr de vouloir le faire?
-Oui.
-Pourquoi?
-Je sais pas. Je sais pas pourquoi, mais j'ai envie qu'ils sachent. Peut-être que c'est juste pour les faire chier, en fait.
-Eh! protesta Peter, sachant que Mikaël ne faisait que se voiler la face en disant cela.
-Ok, c'est peut-être pas que pour ça... Y'a que My et Stefen, et son copain aussi, qui sont au courant pour nous deux, et ça me va comme ça. Ca nous permet de nous protéger. Et je sais que j'ai pas besoin de le crier au monde entier pour être bien avec toi...


Mikaël s'arrêta quelques secondes, s'embrouillant un peu dans les choses qu'il voulait dire.

 

-Mais d'un autre côté, j'ai l'impression qu'on n'existe pas vraiment. Oui, je sais, c'est très con, rajouta-t-il précipitamment. Mais j'ai l'impression que le fait que tout le monde me croit hétéro nie notre relation. Je sais pas si tu vois ce que je veux dire.
-Si, je crois que je vois...
-Alors je me suis dit que le dire à mes parents, ça serait déjà un grand pas dans la reconnaissance d'un nous par les autres, non?
-Bien sûr.
-Et comme je vais leur dire juste après que je leur ai dit que je n'ai plus de coach, ça fera deux engueulades en une seule, c'est bien.
-Ils vont t'engueuler, tu penses?
-Ca ne va pas leur faire particulièrement plaisir, ça, c'est sûr.

 

Peter attrapa ses mains et colla un baiser sur chaque paume, pour le rassurer et lui donner du courage. Il était certain qu'il n'en manquait pas, et qu'il ne se déroberait pas à sa décision par lâcheté, mais un peu plus de courage ne faisait jamais de mal. D'ailleurs, toute cette conversation lui en avait donné à lui aussi et il fit enfin part à Mikaël de la décision qu'il avait prise il y avait quelques semaines.

 

-Tu sais quoi, Mikaël?
-Non, mais je sens que tu vas me le dire, sourit-il.
-Je vais leur dire aussi, à mes parents.
-T'es pas obligé tu sais. C'est pas parce que moi je le fais que tu dois le faire.
-Je sais, mais moi aussi j'ai envie de le faire. J'ai déjà pris ma décision il y a un certain temps. Mais je ne voulais pas le faire avant toi, pour pas que tu te sentes pressuré par ça, avoua-t-il, le regardant en coin pour guetter sa réaction.

 

Mikaël fut étonné puis un sourire se dessina sur son visage.

 

-Tu es quelqu'un d'extraordinaire, et j'ai vraiment de la chance de t'avoir, tu le sais ça? déclara-t-il avant de l'embrasser sur la tempe.
-Et moi aussi j'ai beaucoup de chance de t'avoir. Tu te rends compte? Sans toi, à l'heure actuelle, je serais dans un lit avec une femme que j'aime seulement par habitude, à devoir me marier quelques mois plus tard.

 

Il allait parler des enfants qu'il aurait dû avoir avec Sonia mais se retint au dernier moment: évoquer quelque chose qu'il n'aurait probablement jamais, et parfois il le regrettait, n'était pas judicieux pour prouver la chance qu'il avait d'être avec Mikaël.

 

-La vie est bien plus passionnante avec toi. Beaucoup plus vivante.

 

Mikaël l'étreignit un peu plus fort contre lui et apposa quelques baisers dans son cou.

 

-Eh beh dis donc, je crois que c'est le soir des confessions ce soir.
-Hum... Je crois aussi.

 

Peter n'osa pas aller plus loin, pour ne pas effrayer son amant, et se contenta d'embrasser encore une fois ses mains. Ils restèrent ainsi, l'un contre l'autre et chacun dans ses pensées, à écouter la nuit passer, pendant de longues minutes, jusqu'à ce qu'un bruit bien connu sorte du ventre de Mikaël.

 

-Dis-moi, il te reste des muffins? demanda-t-il, rougissant un peu.
-Oui, tiens, rigola-t-il en lui tendant le sachet de papier, qui était devenu bien gras.

 

Mikaël plongea sa main dedans et en ressortit un muffin à la cannelle avec de l'amande pilé dessus. Il le contempla avec des yeux appréciateurs puis mordit généreusement dedans. Peter le regarda faire avec amusement.

 

-Espèce de gros gourmand, souffla-t-il.
-Gourmand, oui. Mais gros, je crois pas, corrigea-t-il tout en finissant d'avaler sa bouchée. A moins que tu trouves?

 

Il souleva un peu son T-shirt et se pinça la peau pour essayer d'évaluer la quantité de graisse qu'il avait dessous.

 

-Non, je ne trouve pas, déclara Peter en l'embrassant.
-Tant mieux. T'en veux? proposa Mikaël en lui mettant le muffin sous le nez.

 

Et devant cette proposition plus qu'alléchante, Peter ne se fit pas prier.

 

-Volontiers.

 

Il croqua dans le muffin et afficha un sourire gourmand devant le goût délicieux du gâteau. Puis, en ayant marre de devoir se tordre le cou pour pouvoir regarder son compagnon, il se retourna et s'assit sur ses cuisses, au plus près de lui. Il avala les derniers restes de muffin qu'il avait en bouche puis se jeta sur la bouche de son amant. Sur cette délicieuse bouche au goût de cannelle. Mikaël laissa la pâtisserie à moitié entamée seule sur la paille et répondit avec fougue au baiser, passant ses mains dans les cheveux blonds. Alors que l'excitation montait, il les triturait de plus en plus, et Peter, ses mains sur sa nuque et dans son dos, le rapprochait le plus possible de lui. Leurs lèvres ne se quittaient plus, de même que leurs langues, toujours plus avides l'une de l'autre. Leurs mains, dans la fièvre du moment, parcouraient frénétiquement le corps de l'autre. Rassurées de le sentir vibrer sous les caresses. De reconnaître ses frissons de plaisir. De ressentir la température monter entre eux. Et rassurées de voir que l'autre était là, tout simplement. Qu'il n'étaient pas seuls, mais deux.

 

Ils se retirèrent mutuellement les T-shirts, devenus plus encombrants qu'autre chose. Mais ils ne prêtèrent que peu d'attentions à leurs torses dénudés: leurs bouches, voraces, continuaient de s'embrasser. Peter, qui commençait à sentir quelques fourmis venir lui picoter ses jambes pliées, allongea Mikaël sur la paille, et se mit au-dessus de lui. Les avant-bras placés de chaque côté de la tête du cavalier, il continuait de l'embrasser, reprenant à peine son souffle, ne laissant aucun répit à son amant. Ce qui n'était pas pour lui déplaire. Encouragé par l'ardeur de Peter, Mikaël se montra un peu plus entreprenant que d'habitude. Du dos, ses mains passèrent sur le torse et descendirent rapidement jusqu'au niveau du jeans. Par chance, Peter ne portait aucune ceinture. Il n'eut qu'à défaire les quelques boutons métalliques de la braguette, chose difficile pour son esprit envahi par le baiser partagé avec son amant.

 

D'autant plus que ce même amant se montra impatient en commençant à donner quelques coups de reins. Mais à cœur vaillant, rien d'impossible, ainsi que le disait le dicton, et Mikaël finit par faire glisser le Levis sur les hanches de Peter. Celui-ci descendu à mi-cuisse, le plus âgé n'y tint plus, un peu fatigué aussi, et s'allongea complètement sur son compagnon. Il cala sa tête dans le creux de son cou et reprit sa respiration. Mikaël, bêtement heureux, caressait avec légèreté son dos, en attendant la suite. Mais comme la suite prenait tout son temps pour venir, il finit par glisser ses doigts sous le boxer de Peter et caressa ses fesses. Ses paumes épousaient bien le galbe arrondi du fessier et il en profitait allègrement. Jusqu'au moment où la voix de Peter s'éleva dans le silence campagnard, un peu rauque.

 

-J'ai envie de toi.
-Je sais, sourit Mikaël. Je le sens bien, crois-moi.
-J'ai vraiment envie de toi, insista-t-il.


Alors Mikaël comprit ce qu'il voulait dire. L'idée n'était pas déplaisante. Tentante même. Il y avait déjà pensé, plusieurs fois, et de plus en plus depuis qu'ils vivaient ensemble. Une légère angoisse, propre aux premières fois, s'insinua en lui, et il reconnut avec un mélange de plaisir et d'étonnement ce qu'il ressentait lors des quelques minutes avant la sonnerie de départ d'une épreuve. Il dit donc oui à Peter.

 

-Demain soir, à la maison.

 

Peter accueillit la nouvelle avec soulagement: il avait su dès le départ que cela ne se ferait pas immédiatement, car trop de choses reposaient sur le jeune homme le lendemain. Mais il avait craint un refus catégorique. A la place, il avait une proposition.

 

-D'accord.

 

Il l'embrassa au coin de la joue.

 

-Peter?
-Oui?
-On a bien dit que c'était le soir des confessions?
-Oui, pourquoi?
-Je crois que j'en ai encore une dernière à te faire.

 

Ils se regardèrent dans les yeux puis Mikaël mima sans un son sa dernière confidence. Sa première déclaration. Il ne se

sentait pas encore capable, pas encore le droit de le dire à voix haute, pas alors qu'il cachait encore tellement de choses à l'intérieur de lui. Mais il voulait que Peter le sache. Il voulait qu'il sache qu'il avait compris et accepté ses propres sentiments pour lui.

 

Heureux comme jamais, des larmes de bonheur vinrent envahir les yeux de Peter. Il sanglota même un peu avant de pouvoir parler d'une voix tremblante.

 

-Je crois bien que t'es chanceux, mon cher, parce que c'est réciproque, plaisanta-t-il alors qu'il contrôlait de moins en

moins sa voix. Je t'aime Mikaël. Je t'aime, je t'aime, je t'aime...

 

Mikaël l'arrêta d'un baiser, tout aussi heureux que lui mais craignant une marée de larmes si cela continuait. Peter répondit au baiser d'abord avec tendresse puis avec plus de passion. Le temps mort des confessions prit donc fin et leurs jeux amoureux recommencèrent pour quelques heures encore. Avant qu'ils ne regagnent chacun leur lit, heureux et complices. Et surtout impatients.

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11 avril 2010 7 11 /04 /avril /2010 16:09

Je suis à l'heure pour une fois! Yeah! =D Allez, je ne m'étends pas et vous laisse savourer la 40ème partie de l'histoire, palpitante j'espère.


Bonne lecture! =D

 

 

 

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     Le reste de la semaine se passa un peu comme dans un rêve pour Peter. Il ne réalisait pas très bien ce qui se passait autour de lui, ressassant encore et encore ce que Stefen lui avait appris. Mikaël avait bien remarqué son changement d'attitude mais ne réclama aucune explication. Il se contenta de le soutenir du mieux qu'il le pouvait, en silence. Car il pressentait que cela avait un rapport avec l'enquête sur le dopage hippique. Or il ne voulait pas parler de ça entre eux. Le vendredi matin, Mikaël partit à cinq heures et demi, comme il en avait pris l'habitude depuis le début de la semaine. Cependant, il laissa un petit quelque chose à Peter, rompant avec la routine. Un petit mot sur l'oreiller. Petit mot que Peter trouva en s'éveillant vers sept heures et demi.


"Salut Peter! Comme t'avais l'air un peu out hier soir, je ne suis pas sûr que tu te souviennes de ce que je t'ai dit. Donc je te le répète au cas où. Ce weekend, je suis en CSO, mais comme il a lieu assez loin, on part cette après-midi, pour que les chevaux puissent se reposer du voyage. Donc je ne suis pas là ce soir. Si j'ai bien compris, tu bosses ce weekend et tu pars avec Stefen demain matin, donc je te dis à demain! J'espère bien t'apercevoir de temps en temps dans le club. Tu verras, il est assez immense et très moderne. Mais certains endroits ont gardé un certain charme.

Kisses. Mikaël."


Peter sourit à la lecture du petit papier, le rangea dans son tiroir de table de nuit puis se leva pour se préparer. La journée passa vite car il avait beaucoup de travail: c'était toujours le rush avant un concours. Mais lorsque le soir arriva, une légère déprime le gagna alors qu'il rentrait dans son appartement vide. Il allait passer la soirée seul, sans Mikaël, et le rire et les petits bavardages du jeune homme lui manquaient déjà. A croire qu'il était devenu accro en si peu de temps de vie commune. Alors, il alla se coucher tôt pour éviter de trop penser et s'endormit rapidement, épuisé mentalement.

 

Le lendemain, comme prévu, Stefen vint le chercher vers six heures du matin. Ils avaient de la route à faire, et cette fois-ci, comme Nathaniel n'était pas là, ils pourraient parler plus librement. Mais au final, ils évitèrent les sujets importants, et ne discutèrent que de choses anodines: le déroulement de la journée, quel cavalier tomberait, et lequel gagnerait. Lorsqu'ils arrivèrent, il était environ huit heures et demi. Stefen avait flirté avec les limites de vitesse pour arriver un peu plus tôt. Le premier concours commençait à neuf heures, et d'ici là, ils auraient le temps de visiter une partie des installations. En particulier l'endroit où les cavaliers et les chevaux se préparaient. Pour y aller, ils passèrent devant le paddock, où déjà une dizaine de chevaux s'échauffaient.


-Je sais pas comment ils font, s'étonna Stefen.
-De quoi?
-Regarde-les, il est même pas neuf heures, et ils sont déjà à cheval. A fond dedans.
-C'est un peu normal: le premier concours commence dans moins d'une demi-heure.
-Ouais, mais ce que je veux dire, c'est qu'ils en font toute l'année, presque 365 jours par an. Même les weekends. Ils en ont pas un peu marre des fois? Moi, j'adore jouer de la guitare, mais y'a des jours où je ne peux pas en voir une seule sans péter un câble, parce que j'en ai trop joué.
-Tu sais, ça leur arrive peut-être. Mais c'est aussi leur boulot, alors ils n'ont pas trop le choix. Ils doivent être à cheval plusieurs heures par jour, et monter bien à chaque fois.


-Et Mikaël?
-Quoi Mikaël?
-Tu crois qu'il en a marre des fois? Du cheval j'entends.
-Mikaël? Marre du cheval? T'as fumé la moquette toi! rit Peter. Mikaël vit pour le cheval, il ne peut pas s'en passer. C'est presque physique. Je te jure, la semaine où il a été arrêté pour blessure, quand je rentrais le soir, je le retrouvais sur Internet sur un site sur les chevaux.
-Ah ouais quand même.
-Comme tu dis. Il est accro au cheval, et moi je suis accro à lui, et je suis pas sûr que les deux soient compatibles, soupira-t-il.
-J'en suis sûr, moi, que c'est possible, le rassura Stefen.


Ils croisèrent des collègues et s'arrêtèrent pour discuter. Rapidement, Peter se désintéressa de la conversation: il avait aperçu Mikaël une quarantaine de mètres plus loin, discutant avec My. Ils avaient l'air de bien s'amuser, un grand sourire accroché aux lèvres. Mais il ne put aller lui parler et il le vit partir en direction des carrières. Allait-il faire une reconnaissance? Pourtant, d'après les fiches qu'il avait consultées dans la voiture en venant, il ne passait pas avant midi. Stefen le ramena à la réalité dès que leurs collègues furent partis en lui posant la main sur son bras.


-Fais gaffe, Peter. T'avais l'air complètement ailleurs. D'ailleurs, ils l'ont remarqué et ils se sont un peu vexés.
-Qu'est-ce que ça peut bien me foutre que ces deux-là soient vexés?
-Peter, gronda Stefen. Tu ne dois pas attirer l'attention sur toi, donc essaie de te comporter normalement, ok?
-D'accord, d'accord, comme tu veux!
-Très bien. Maintenant, allons voir où sont les chevaux et à quoi ressemble ce bazar.

 

Ils se mirent en marche et se perdirent quelques fois avant de trouver la bonne direction.

 

-Je sais vraiment pas comment ils font pour se retrouver dans ce foutoir les gens, grommela Stefen, énervé d'avoir pris du retard bêtement.
-Ils doivent avoir l'habitude, je suppose. Et puis regarde, il y en a qui ont un plan.

 

Peter désigna un couple âgé, un plan déplié entre les mains, qui avait l'air encore plus perdu qu'eux quelques minutes auparavant.

 

-Mouais, ça m'a pas l'air d'être très utile.

 

Ils arrivèrent alors à l'endroit où ils auraient dû être depuis une petite demi-heure: les écuries -provisoires et complètement à l'air libre- des chevaux de concours. Dans la zone qui leur avait été attribuée, ils inspectèrent chaque recoin possible, chaque malle, chaque caisse ainsi que tout le matériel qui leur passait à portée de main, mais sans résultat probant. Ils avaient surtout trouvé des vitamines et des boissons énergétiques, qu'ils emportèrent pour faire analyser. Vers la fin de la matinée, ils décidèrent de s'intéresser à la nourriture des chevaux, et se dirigèrent donc vers les deux gros silos de granulés. Mais, alors qu'ils allaient les atteindre, ils entendirent un bruit de course derrière eux. Se retournant, ils virent My Andersson, le portable collé contre l'oreille, et Mary Tharson, la groom de Mikaël, courir vers les écuries. Elles semblaient très agitées, et My criait au téléphone.

 

Intrigués, les deux hommes les suivirent aussitôt et moins de trois minutes plus tard, ils se retrouvèrent à l'endroit où devaient être les chevaux de Mikaël. Ils furent aussitôt rejoints par William Hawlbird, et le petit groupe contempla, stupéfait, le spectacle qui se déroulait sous leurs yeux. Entre Jéricho et Ithaque, Mikaël Blowsworth était par terre, dans la poussière, en train de se battre férocement avec Christopher Bullock. Les coups partaient dans tous les sens, et les chevaux s'étaient même écartés pour leur laisser de la place. William fut le premier à réagir et il essaya de sortir Mikaël du combat. Les autres, à cette initiative, tentèrent de l'aider. Mais cela fut peine perdue. Les hommes ne s'écartaient pas d'un pouce et continuaient de répondre coup pour coup. Après quelques tentatives infructueuses, William se retira de la mêlée, et claquant sa cravache sur sa botte dans un grand bruit, il cria à l'attention des deux combattants.


-Mikaël! Christopher! Vous risquez d'être disqualifiés pour votre attitude!


Cela eut le mérite de les calmer aussitôt et ils se relevèrent, se faisant face à deux mètres de distance, se regardant en chiens de faïence. Stefen et Peter, bien qu'ils se soient aussi pris quelques coups, restaient prêts à intervenir au moindre mouvement. C'est à ce moment là que débarquèrent deux organisateurs du CSO ainsi que les supérieurs des deux inspecteurs.

 

-Mais qu'est-ce qui se passe ici? hurla l'un des organisateurs.

 

Il regarda tour à tour Mikaël et Christopher qui n'ouvrirent pas la bouche. L'autre, pendant ce temps, fit demander un médecin par talkie-walkie: Christopher avait la lèvre méchamment ouverte et un début d'œil au beurre noir.

 

-J'attends des explications Messieurs Blowsworth et Bullock, sinon je vous disqualifie d'office. Il est totalement interdit de se battre entre concurrents durant un concours, et même avec d'autres personnes, ou hors concours. Est-ce bien clair?

 

Il n'y eut pas plus de réaction que précédemment, jusqu'au moment où Christopher décida que le jeu du silence avait assez duré.

 

-On a eu un différent sur les enrênements à utiliser pour le 1m30 de cet après-midi.

 

L'un des organisateurs allait lui dire d'arrêter de se moquer d'eux, mais Mikaël fut plus rapide.

 

-Foutaises! Arrête de dire des conneries! T'étais en train de trafiquer je ne sais quoi avec Jéricho! cria-t-il, furieux.
-N'importe quoi! Il était agité et je le caressais pour le calmer. Si on n'a même plus le droit de s'approcher des chevaux.
-Ouais, c'est ça! T'as pas le droit de t'approcher de mes chevaux! Personne n'en a le droit! Ok?! Ce sont mes chevaux! Merde à la fin! J'interdis toute personne de s'approcher de mes chevaux! Tu le sais aussi bien que moi!

 

Le ton montait de plus en plus et la conversation devenait de plus en plus surréaliste pour ceux qui ne connaissaient pas le jeune cavalier: il était tout à fait étrange d'interdire à ce qu'on s'approche d'un cheval.

 

-Même ces foutus policiers de mes deux n'ont pas le droit de les toucher sans qu'il y ait Mary ou moi à côté! hurla-t-il en guise de conclusion, avant d'ajouter, semblant se souvenir soudain de quelque chose. En plus, t'étais pas seulement en train de le caresser, connard! T'avais un truc dans la main et t'essayais de lui foutre dans l'encolure!
-N'importe quoi! Tu divagues mon vieux!
-C'est toi qui...
-Stop! Arrêtez tous les deux, intervint fermement Stefen, qui se tourna ensuite vers Mikaël. Où est cette chose que Monsieur Bullock avait en main?
-J'en sais rien. Il l'a lâchée quand je l'ai frappé.
-Et avez-vous une idée de où ça peut être?
-Peut-être sous le camion. J'ai pas fait gaffe, marmonna-t-il, l'air mauvais.
-Effectivement, vous étiez plus occupé à vous battre avec Monsieur Bullock, ironisa-t-il.

 

Il jeta un coup d'œil à Peter qui aussitôt ordonna aux quelques policiers qui s'étaient attroupés de fouiller la zone concernée pour essayer de retrouver cette fameuse chose. Le petit groupe, quant à lui, recula de quelques mètres.

 

-Monsieur Bullock, est-ce que vous pourriez nous dire ce que vous teniez en main avant que Monsieur Blowsworth ne vous attaque? demanda Peter.
-Rien du tout! fit-il sûr de lui.
-Je ne vous crois pas.
-Mais lui vous le croyez? Waow! Vive l'impartialité!
-Aviez-vous, oui ou non, quelque chose en main lorsque Monsieur Blowsworth est intervenu? Et qu'est-ce que c'était? répéta Peter, ne se laissant pas déstabiliser.

 

Laisser croire à celui qu'on interrogeait qu'on le savait coupable, et qu'on donnait plus de crédit aux paroles de son adversaire, était un moyen assez efficace d'abattre toute confiance en soi. Le suspect était alors plus fragile psychologiquement, et il était plus facile d'obtenir la vérité. Ou alors de le manipuler pour faire avouer à d'autres. Pour découvrir qui était coupable, et qui ne l'était pas. Car si au palais de justice, la présomption d'innocence avait cours, dans la police, il valait mieux prendre en compte la présomption de culpabilité. Ainsi, l'esprit était plus aiguisé, toujours à l'affût de la moindre preuve, et rien n'était oublié.

 

-Alors? reprit-il alors que Christopher restait silencieux.

 

Le cavalier jeta un regard étrange à son collègue, puis finit par avouer.

 

-Ok, ok. J'avais bien quelque chose en main. C'était un vaccin. Jéricho n'était pas vacciné et sans ça, il ne pouvait pas participer au concours. Le véto du CSO m'a filé une dose et il m'aurait fait le certificat ensuite, et je l'aurais donné aux organisateurs. Comme ça, Mikaël n'aurait pas été au courant et y'aurait eu de problème pour personne.

 

-C'est faux! Jéricho est vacciné contre tout ce qui est demandé!
-T'es con ou tu le fais exprès Mikaël? On a changé d'état! Donc les règles d'engagement sont pas les mêmes, et là ils demandent des vaccins en plus!
-Arrête de déconner Chris! C'est Ed qui a engagé Jéricho. Il a forcément vérifié. C'est son boulot.
-Eh bah il s'est planté!
-C'est pas possible!
-Malheureusement, Monsieur Blowsworth, ce que dit Monsieur Bullock est vrai, déclara l'un des organisateurs. Je viens de vérifier avec le bureau central. Et même si l'on fait le vaccin maintenant, cela ne servira à rien. Il aurait fallu le faire il y a une dizaine de jours, pour qu'il soit actif maintenant.

 

Mikaël vit alors rouge, car il comprit que c'était la vérité. Que Ed avait mal fait son travail. Et que le concours était foutu pour Jéricho. Alors qu'il s'était engagé sur trois épreuves avec lui.

 

-ED!! EDWARD FORK!! Où est ce foutu coach alors que deux de ses cavaliers ont failli se démonter la gueule? Où ce connard de mes deux?! hurla-t-il, fusillant chacun des présents du regard, William, My et Peter compris.
-On est à sa recherche, informa le second organisateur.
-Eh bien, quand vous l'aurez trouvé, dîtes-lui qu'il a pas intérêt à croiser mon chemin. Sinon, il va servir de nourriture aux biquettes du club! Et dîtes-lui aussi que dès que ce concours est fini, je ne suis plus son cavalier! Sur ce, je vous laisse, j'ai une épreuve à préparer.

 

Il s'approcha de Spunk, le détacha du camion et partit, le cheval gris à sa suite. Mary, en groom efficace, attrapa toutes les affaires dont il aurait besoin et le suivit, laissant les autres se débrouiller sans eux.

 

Alors qu'ils s'éloignaient, un silence étonné tomba sur les personnes restantes, que cette désaffection avait pris de court. Les organisateurs furent les premiers à se reprendre et à parler.

 

-Bien. Il me semble que le problème est réglé. Monsieur Bullock, vous ne serez pas sanctionné pour cet incident, tout comme Monsieur Blowsworth. Il serait dommage de disqualifier d'aussi bons compétiteurs que vous pour une bagarre. Nous mettrons donc ça sur le compte de la pression qu'engendre toute cette affaire de dopage.
-Mais veillez à ce que cela ne se reproduise pas. Entendu?

 

Christopher hocha la tête en signe d'assentiment, puis ils partirent, laissant à la police le soin de faire son travail. Stefen demanda à ce qu'on emmène Christopher, pour qu'il fasse sa déposition quant à l'incident qui venait de se produire, puis, avec Peter, il prit William et My à part, ceux qui connaissaient le mieux Mikaël. Les deux inspecteurs voulaient comprendre la réaction du jeune homme, qu'ils jugeaient tout à fait disproportionnée. Les deux cavaliers, bien qu'un peu réticents, durent se plier à l'interrogatoire et répondirent aux questions.

 

-Mikaël est quelqu'un de très protecteur envers ses chevaux. Seules quelques personnes ont le droit de les approcher. Les autres, c'est même pas la peine d'y penser, reconnut William, de mauvaise grâce.
-Ca merci, on avait remarqué. Ce qu'on veut savoir, c'est pourquoi et aussi qui sont ces personnes, précisa Stefen, que l'attitude de Hawlbird énervait.

 

My posa une main sur le bras de son aîné, signifiant qu'elle allait répondre. L'atmosphère quelque peu électrique entre les deux hommes lui déplaisait et elle se montra plus conciliante pour apaiser Stefen, mais aussi Peter, dont elle percevait la nervosité.

 

-William a le droit de s'approcher des chevaux mais s'il doit s'en occuper, il vaut mieux que Mikaël soit dans le coin. Mary, en tant que groom, peut s'occuper seule de tous les chevaux de Mikaël, selon ses directives. Mais elle ne peut prendre aucune décision seule, et à chaque initiative, elle doit en référer à Mikaël. Je suis la seule qui ait le droit de m'occuper des chevaux de Mikaël et de prendre des décisions les concernant.

 

Stefen nota sur un carnet tout ce qu'elle venait de dire tandis que Peter continua à poser des questions.

 

-Et son coach? Edward Fork? Il n'a pas le droit de s'approcher des chevaux de Monsieur Blowsworth? C'est quand même lui qui les entraîne, non?
-Disons que... hésita-t-elle avant de se décider. Bon, pour faire simple, Mikaël était déjà assez protecteur envers ses chevaux, et vérifiait tout ce qui les concernait, mais il n'était pas aussi parano qu'aujourd'hui. Sauf que Ed a fait une grosse connerie concernant Jéricho, et depuis, Mikaël est très méfiant. Et il a interdit à son coach de venir à moins de cinq mètres de ses chevaux quand il n'était pas là.
-Quelle genre de connerie?
-Il a modifié le régime de Jéricho sans prendre le temps de lire son dossier médical. Il lui a foutu du maïs, et Jéricho est intolérant au maïs. Déjà qu'un changement de régime peut provoquer des coliques, alors là, avec l'intolérance, Jéricho a fait une colique sévère et il a failli y passer. Il s'en est sorti juste parce que Mikaël a l'habitude de passer voir ses chevaux avant d'aller se coucher et il a vu à ce moment là qu'il était pas bien. Il a appelé le véto tout de suite, et ils ont commencé à le traiter rapidement, ce qui l'a sauvé.

 

Les deux hommes déglutirent: mourir d'une colique ne devait pas être agréable, même pour un cheval.

 

-Et il a quand même gardé Edward Fork comme entraîneur?
-Son contrat avec Ed court jusqu'en décembre prochain, et à l'époque, il ne pouvait pas le rompre pour une seule erreur, à moins de vouloir perdre pas mal d'argent.
-Mais maintenant il peut?
-Pardon?
-Monsieur Blowsworth a dit qu'il ne serait plus le cavalier de Monsieur Fork, dès le concours terminé, rappela Stefen. Ce qui signifie qu'il rompt le contrat avant son terme, n'est-ce pas?
-Tout à fait, confirma William, qui connaissait mieux que My les termes du contrat de Mikaël et de Ed, puisqu'il avait conseillé son protégé sur certains points. Mais une des clauses du contrat stipulait qu'en cas de fautes répétées de la part de l'entraîneur, le cavalier pourrait mettre fin à leur collaboration, et cela sans fournir aucun dédommagement d'aucune sorte à l'entraîneur. Et c'est ce qui s'est passé.
-C'est à dire? Monsieur Fork n'en est pas à sa première erreur? insista Stefen.
-Non. D'abord, il y a eu l'histoire avec Jéricho. Puis l'an dernier, sur un autre concours, un des chevaux de Mikaël n'a pas pu être engagé parce que ses papiers n'étaient pas à jour. Et d'une manière générale, il fait reposer beaucoup trop de pression sur Mikaël, et le fait trop travailler. Ce qui engendre des blessures à répétition, autant pour lui que pour les chevaux. Les frais de vétérinaire de Mikaël sont assez hallucinants.
-D'accord. Merci pour ces informations. Nous vous re-contacterons si nous avons besoin de plus de précisions. Nous allons vous laisser vaquer à vos occupations.

 

C'était le signe que les inspecteurs en avaient fini avec eux, et My et William les quittèrent avec un certain soulagement. Ils n'aimaient vraiment pas avoir à faire à eux, surtout lorsqu'ils venaient envahir leur propre territoire, là où ils étaient chez eux en principe, dans les clubs d'équitation, avec les chevaux. My, avant de rejoindre son propre coach, se retourna une dernière fois pour observer Peter MacLean. Il semblait un peu plus détendu que quelques secondes auparavant, et son collègue lui arracha un sourire alors qu'il lui parlait.


Les deux inspecteurs, une fois les deux témoins partis, discutèrent un peu, en attendant qu'on ait fini de passer la zone au peigne fin, à la recherche du fameux vaccin que Bullock avait voulu injecter à Jéricho.

 

-Blowsworth est une véritable calamité, constata Stefen.
-Eh! Je ne te permets pas!
-C'est bon, rit-il, je plaisante. Mais il a le chic pour se mettre dans les emmerdes, reconnais-le.
-C'est pas faux...
-D'ailleurs tout à l'heure, putain, j'aurais pas aimé être à la place de son coach. Parce que je crois qu'il m'aurait vraiment réduit en bouillie sinon.
-Je confirme, c'est absolument pas agréable d'être la cible de la colère de Mikaël.
-Pourquoi tu dis ça? Attends... Me dis pas que toi aussi, t'as été...
-Si, malheureusement. Mais je te l'avais dit, tu te souviens? C'était le jour de notre première rencontre à Mikaël et moi.
-Ah oui, ça me revient maintenant. Putain, j'aurais jamais imaginé que c'était à ce point. Je compatis avec toi pour sortir avec un mec pareil, conclut-il en lui tapotant l'épaule gentiment, comme désolé.

 

Ils rirent tous les deux puis rejoignirent les policiers qui inspectaient la zone. On leur apprit que tout avait été fouillé mais que rien n'avait été trouvé. Quelqu'un avait peut-être ramassé le flacon et la seringue avant qu'ils n'arrivent, ce qui laissa les deux hommes perplexes.

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7 avril 2010 3 07 /04 /avril /2010 01:22

Désolée pour le retard: CCE hier, donc weekend de Pâques très rempli. Et journée d'aujourd'hui crevante, dormant à moitié, mais je pense à vous quand même. ;-)


Bonne lecture! =D

 

 

 

Crampons-64.jpg

 

 

     Ils se garèrent dans une rue adjacente à l'immeuble et montèrent sans se presser dans l'appartement. Une fois à l'intérieur, Peter se servit un verre de jus d'orange et se laissa tomber sur le canapé.

 

-Tu permets? demanda Stefen en désignant la chambre. Je sais que tu lui fais confiance...
-Mais toi non?
-C'est pas ça. C'est juste un genre de conscience professionnelle. Je sais que si le chef nous demande ce qu'on a trouvé en fouillant son appart', je pourrais pas lui tenir tête si je ne l'ai pas fait au moins un minimum.
-Ok. Fais ce que tu veux.

 

Stefen alla dans la chambre et ouvrit en premier lieu l'armoire. Il reconnut sans difficulté le côté de Mikaël: il y a avait pleins de culottes d'équitation, de couleurs différentes, du blanc au noir en passant par le vert et le prune. Il y avait aussi tous ses hauts de concours: chemises et T-shirts blancs siglés USEF et, pendues sur un même cintre, ses vestes bleue, noire et rouge. Sur une autre étagère, il y avait ses habits normaux. Deux jeans, un pantalon de toile et un pantalon de smoking. Une vingtaine de T-shirts de toute sortes, très larges; quelques-uns près du corps, très colorés; deux chemises, une blanche et une rouge foncé. Il y avait aussi un gros pull tricoté à la main, trois polaires, et deux pulls un peu plus de ville. Et c'était à peu près tout. Sa garde de robe n'avait absolument rien à voir avec la sienne, ni avec celle de Peter. Il jeta un coup d'œil aux chaussures, vérifiant à chaque fois qu'il n'y avait rien à l'intérieur: ses baskets -de sport et de ville-, sa seule paire de chaussures un peu habillée, et ses bottes et ses boots de concours se révélèrent vides. Il se retourna vers le lit et cria à l'adresse de son collègue.

 

-C'est lequel son côté du lit?
-Celui où il y a le cadre photo avec les deux gamins.
-Merci.


Stefen attrapa le cadre photo et le contempla un instant: Mikaël et son petit frère certainement. Il avait l'air vraiment heureux sur cette photo, se dit-il. Il reposa le cadre et ouvrit le petit tiroir: rien à l'intérieur. Et sur l'étagère du dessous non plus, il n'y avait pas grand chose à part une boîte de mouchoir.

 

-Il ne met rien dans sa table de nuit?
-Non, pas pour l'instant. Il pose juste sa montre dessus avant de dormir. Mais ça fait que trois jours qu'il vit ici, tu sais.
-Ouais.

 

Stefen fit un rapide tour dans la salle de bains puis revint dans le salon.

 

-Alors monsieur l'inspecteur? Votre recherche est-elle concluante? ironisa Peter.
-Mmmh... Est-ce qu'il y a un autre endroit où il range ses affaires?
-Oui, le petit placard à balais là-bas. Mais y'a que ses affaires d'équitation, alors je te préviens, ça ne sent pas la rose.

 

Stefen ouvrit le dit placard et regarda brièvement tout ce qui y était entreposé. Les filets et les différents enrênements ne permettaient pas de cacher quoi que ce soit. Peut-être que les vieilles boots, mais non, il n'y avait rien non plus.

 

-Tu peux aussi vérifier l'intérieur de la selle aussi si tu veux, mais je doute que tu trouves quoi que ce soit.
-L'intérieur de la selle? demanda-t-il étonné.

 

Peter se leva du canapé et arrivé près de Stefen, attrapa la vieille selle posée sur le tréteau.

 

-Regarde.

 

Il la retourna et désignant une légère ouverture de chaque côté de la ligne médiane, il fit entrer sa main dans les matelassures.


-C'est par ce trou que tu mets la paille pour garnir les matelassures. C'est Mikaël qui me l'a expliqué l'autre jour.
-Waow! Fais voir!

 

Et à son tour, Stefen, excité comme un gamin, entra sa main droite dans chacune des matelassures.

 

-Y'a pas à dire, les cavaliers sont des gens intelligents. Je suis sûr que y'en a qui ont fait du troc comme ça, dans le temps. Mais là, y'a rien du tout à part de la paille.
-Heureux de te l'entendre dire.

 

Ils reposèrent la selle et refermèrent le placard. Puis ils retournèrent s'asseoir sur le canapé. Peter but encore quelques gorgées de son jus d'orange puis fixa Stefen dans les yeux. Il n'était pas très sûr de ce qu'il allait faire, mais il ne voulait plus jamais se retrouver dans la situation dans laquelle il avait été quelques heures plus tôt, à presque tomber dans son propre piège. Alors il avait besoin de réponses. Et il les obtiendrait beaucoup plus vite, et de façon plus complète, de la part de Stefen que de la part de Mikaël.

 

-Pourquoi le chef a dit que l'argent ne serait pas un problème pour Mikaël du moment qu'on parle de drogues?

 

Stefen soupira: il aurait voulu éviter cette conversation, et que Peter s'en tienne à ses précédentes résolutions, car cela lui aurait évité cette pénible tâche de lui apprendre le passé peu reluisant de son amant. Mais d'un autre côté, il ne pouvait s'empêcher de se dire que Peter avait raison de vouloir en savoir plus.

 

-D'abord, qu'est-ce que tu sais au juste sur Mikaël et sa famille?
-Qu'il était un enfant non désiré, que son père et son grand frère le détestent, et que c'est réciproque. Il y a un truc sombre entre James, son grand frère, et lui, mais j'ai pas réussi à savoir quoi. Et il adore son petit frère Dan. En gros, c'est tout ce que je sais sur la famille de Mikaël.
-Et à propos de sa sœur?
-Il a une sœur? demanda Peter, sincèrement surpris.
-Oui. Elle s'appelle Kathy, elle a trois ans de moins que Mikaël, et c'est pas précisément l'amour fou entre eux d'après ce que j'ai compris.

 

Peter hocha la tête: ce devait être pour ça que Mikaël ne lui en avait pas parlé.

 

-Et il ne t'a rien dit de particulier sur James?
-A part que c'était à cause de lui qu'il faisait ses crises, non, pas grand chose.
-Ses crises? Quelles crises?

 

De nouveau, Peter le regarda étonné: c'était lui qui était en charge de son dossier, il aurait dû savoir.

 

-Bah tu sais, c'est un peu comme s'il faisait un cauchemar. Il se met à avoir un peu de fièvre, à transpirer comme un dingue, à trembler, et à dire des choses pas forcément compréhensibles. Et ensuite, c'est la croix et la bannière pour le calmer, parce qu'il confond le passé et le présent. Il mélange son cauchemar avec la réalité.
-Tu parles de ces crises là? Qui ressemblent un peu à des crises de manque?
-Euh... ouais. Mais c'est pas des crises de manque.

 

Stefen ne releva pas l'affirmation de Peter et préféra injurier Mikaël.

 

-Raaah, le con! C'était marqué sur son dossier qu'il en avait fait quelques-unes après son accident. Et quand je lui ai demandé s'il en avait eu depuis, il m'a dit que non. Ton mec est vraiment con de nous mentir comme ça. Ca va se retourner contre lui, un de ces jours.

 

Peter ne dit rien et baissa la tête: ce n'était pas très judicieux de la part de Mikaël de mentir ainsi lors de ses interrogatoires, surtout pour des choses aussi triviales. Mais il savait que c'était parce qu'il était trop fier qu'il ne voulait pas avouer qu'il avait des crises difficilement contrôlables.

 

-Ouais, mais bon, il est comme ça et je peux pas y faire grand chose. Si tu en venais au fait Stefen, s'il te plaît.
-Ok, ok.

 

Il respira un bon coup puis commença son explication.

 

-James Blowsworth, le grand frère de Mikaël, fait partie d'un gang d'après nos fichiers. Il serait même actuellement le bras droit du chef selon nos informations, mais on n'a toujours pas réussi à trouver quoi que ce soit contre lui. Et ce gang n'est pas un minuscule gang de quartier. Il est plutôt du genre grosse mafia et le trafic de drogues fait parti de ses activités.
-D'accord, mais qu'est-ce que Mikaël vient faire là-dedans? Il n'a plus aucune relation avec son frère.
-Ca, ça reste encore à prouver, surtout si ça doit passer devant un juge. Mais ce n'est pas là où je veux en venir. Comme tu t'en doutes, ce gang ne s'est pas formé en un jour, et il y a vingt ans il n'existait même pas. On pense qu'il s'est formé il y a environ 18 ans, et James y est rentré peu de temps après. Et comme c'était encore une petite structure, ils devaient faire toutes les basses besognes eux-mêmes, si tu vois ce que je veux dire.

 

Peter hocha la tête: oui, il voyait bien ce dont parlait Stefen. Par contre, il ne voyait toujours pas où il voulait en venir.

 

-Le gang a surtout commencé par des trafics de marchandises, et très rapidement de drogues. C'était beaucoup plus rentable. Et beaucoup plus risqué aussi. Donc il fallait des passeurs discrets et qu'on ne soupçonnerait pas.

 

Et Peter comprit soudain où tout cela conduisait.

 

-Et Mikaël a été l'un d'entre eux, l'interrompit-il.
-Oui, c'est ça.
-Merde.
-Comme tu dis. Ca le place un peu en tête de liste des suspects à cause de ses liens avec les milieux de la drogue.
-Mais c'était un gamin à l'époque. Il a arrêté tout ça depuis le temps.
-Peut-être, mais le fait est qu'on l'a chopé avec pas mal de drogue de lui, et qu'ensuite, il a été arrêté à plusieurs reprises pour des délits mineurs. Surtout des vols en fait. Donc tout ça, ça pèse sur son dossier maintenant.
-Comment est-ce qu'il a été arrêté avec la drogue? voulut-il savoir.
-D'après le rapport, il en avait un bon kilo sur lui. Il a été un peu trop curieux et il a goûté. Il a fait une overdose en pleine rue et des gens ont tout de suite appelé une ambulance. C'est tout ce que je sais, parce qu'après que les médecins l'aient sorti d'affaire, il a plus ouvert la bouche.
-Et comment est-ce qu'il s'en est sorti? Je veux dire, sur le plan judiciaire? Il a dû être condamné, non?
-Peter, il avait pas dix ans à l'époque, lui apprit Stefen. Donc ils ont passé l'éponge, estimant qu'il avait été manipulé.
-Putain.

 

Peter se passa une main dans les cheveux, essayant d'assimiler ce qu'il venait d'apprendre. James, second d'un gang. Mikaël, petite main du gang, et victime d'une overdose. Et les deux qui se détestent.

 

-Ca doit être James qui lui a demandé de transporter la drogue. Et qui est donc indirectement responsable de son overdose. C'est pour ça qu'il le hait. Tout se tient, non?

-On n'a jamais rien pu prouver. Mikaël est resté muet comme une tombe à l'époque. Il devait avoir trop peur des représailles.
-Surtout qu'ils vivaient ensemble à ce moment-là.
-Ouais, mais je pense qu'il y en a eu quand même, vu qu'il avait fait perdre pas mal de drogue et peut-être un client.
-Pourquoi tu dis ça?
-Dès qu'il a quitté l'hôpital après son overdose, il est retourné plusieurs fois aux urgences. Et la fréquence a augmenté après ses treize ans.
-Et tu sais pourquoi? Ca pourrait être des séquelles de son overdose.
-Les médecins tiennent à leurs dossiers comme des chiens affamés à leur os, donc je n'ai rien pu savoir à part le nombre et la durée de ses hospitalisations. Mais faut pas se leurrer Peter.

 

Le jeune homme hocha la tête, trouvant toute cette histoire de plus en plus invraisemblable.

 

-Ce que je pense, continua Stefen, c'est que Mikaël a dû continuer à bosser pour le gang, après sa première hospitalisation, probablement parce qu'il y était obligé. Et il servait un peu de défouloir aux autres. Mais quand il a eu treize ans, il s'est rebellé et il a voulu quitter le gang, et du coup, les autres se sont vengés. Et quand il a eu quinze ans, il a changé de famille, de quartier, et c'est allé un peu mieux. Mais il s'est fait tabassé à plusieurs reprises même après ça. En gros, c'est comme ça que je vois les choses, même si pour les détails, on peut se brosser. Mikaël est très doué pour jouer les amnésiques: quand on réussissait à l'interroger après un règlement de compte, avant qu'il ne se sauve de l'hôpital, il disait toujours qu'il avait été attaqué par derrière et qu'il ne se souvenait pas du visage de ceux qui l'avaient agressé.
-Je vois... Mais ses parents? Comment ils réagissaient face à tout ça?
-On n'a jamais rien pu en tirer. Je suppose que c'est comme dans l'ancien temps chez eux: l'aîné d'abord, les autres ensuite.

 

Peter resta silencieux: ce que lui apprenait Stefen concordait avec le peu qu'il avait appris de Miakël. Et surtout cela concordait avec son caractère et expliquait certaines de ses attitudes. Ses crises. Sa versatilité. Ses cauchemars. Malheureuses conséquences de son expérience avec la drogue. Et puis sa haine envers son frère, son manque de confiance dans les autres, ses paroles face à la vieille dame... Peut-être seul le fait qu'il aide financièrement ses parents pouvait paraître étrange, mais c'était compréhensible d'un certain point de vue.

 

-Peter, fit Stefen, arrêtant son flot de pensées, où est-ce que tu ranges ton arme?
-Pourquoi? T'as peur que Mikaël dans un moment de folie la prenne et me tire dessus? plaisanta-t-il amèrement.
-Arrête Peter, c'est pas drôle. Je ne suis pas responsable de ce que Mikaël a fait quand il était plus jeune, ok?
-Ouais, je sais. Désolé. Je la range généralement dans mon armoire, pourquoi?
-Tu pourrais pas la mettre dans ta table de nuit?
-Si tu veux, mais seulement si tu me dis pourquoi.

 

Stefen soupira et consentit à lui révéler ce que son esprit inquiet avait découvert.

 

-Ok. Presque chaque année, le club d'équitation de Mikaël subit de grosses dégradations. Ca se passe toujours la nuit, et les gens qui font ça détruisent plus ou moins tout ce qui leur passe sous la main, et en partant ils ouvrent le plus de boxes possibles. A chaque fois, la chambre de Mikaël est particulièrement saccagée, ce qui me fait penser que c'est James qui continue de le harceler. Même si comme le club est situé dans un quartier un peu craignos, on ne peut pas en être sûr à cent pour cent.

 

Stefen n'eut pas besoin d'en dire plus car il savait que Peter avait compris. D'ailleurs, ce fut peut-être la chose de trop, vu que des larmes commencèrent à couler sur les joues du jeune inspecteur. Il avait peur. Peur pour lui, pour Mikaël, pour leur relation, pour ce qu'elle impliquait pour chacun d'entre eux. A bien y réfléchir, il n'était peut-être pas celui qui risquait le plus dans tout ça, car si James apprenait que son petit frère, en plus d'être PD, baisait avec une saloperie de flic, ça risquait d'être assez fatal pour lui. Et il avait mal aussi. Mal que Mikaël lui ait caché tout ceci, même s'il en comprenait les raisons; et mal pour Mikaël, qu'il ait eu à subir tout cela.

 

Stefen, voyant son ami craquer, le prit dans ses bras et le berça jusqu'à ce qu'il se calme. Ils retournèrent ensuite travailler et Peter rangea tout ce qu'il venait d'apprendre dans un coin de son esprit. Le soir venu, il n'en souffla mot à Mikaël et se comporta normalement avec lui, réclamant peut-être un peu plus de câlins que d'habitude, car il avait besoin d'être rassuré.

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28 mars 2010 7 28 /03 /mars /2010 16:50

Eh non, ce n'est pas une suite de "Crampons et autres fantaisies hippiques", mais la suite et fin de "Métro, boulot, dodo?". Comme ça, je pourrais dire que j'ai au moins fini une fic sur ce foutu blog! XD

Et j'en profite pour dire que The Ark a sorti un nouveau single (l'album sortant le 26 avril, "In Full Regalia"), qui s'appelle Superstar, et que j'écoute en boucle. <3 Il est écoutable gratuitement sur leur site officiel, ici.


Edit: j'ai cliqué sur publier au moment où je me suis aperçue que j'oubliais de le dire, mais ça ne fait rien, je le dis maintenant. Je dédie cette fic à la personne qui m'a inspiré le prénom d'Etienne, et aussi un peu la suite de l'histoire (oui, oui, c'est de toi dont je parle Mel!). Et je la dédie aussi au joli couple qui a inspiré Mel pour le prénom, même s'ils ne passeront jamais par ici. ;-)



Dormir---N-B.jpg

     Huit mois qu'on est ensemble. Huit mois que j'ai revu Etienne lors de ce fameux TD. Huit mois qu'on a décidé d'aller plus loin tous les deux, parce qu'aucun de nous n'arrivait à oublier l'autre. Et c'est seulement maintenant qu'il consent à m'amener chez lui, ou plutôt chez ses parents, qui ne sont pas là pour le weekend, bien évidemment. J'avoue: j'ai beaucoup, beaucoup insisté pour pouvoir venir chez lui. J'avais envie de découvrir un autre aspect de sa personnalité. Et puis envie de changer un peu de cadre aussi: marre de mon minuscule trente mètres carrés où on se retrouve toujours.

Il est bientôt neuf heures du soir et on est dans la cuisine à préparer à manger. Ou plus exactement, lui prépare le dîner, des spaghettis bolognaises, et moi je le regarde, assis à côté de la cuisinière. J'adore le regarder préparer à manger: il est super concentré et ça lui donne un petit côté élève premier de la classe, qui est plutôt mignon. En plus, quand je chipe dans la nourriture qu'il est en train de faire, il aime pas du tout et il s'énerve. Alors moi je le calme avec un baiser. Et si ça suffit pas, je lui en donne un autre, et encore un autre, et pleins d'autres. C'est pour ça que je préfère quand c'est lui qui prépare à manger.

Tiens, j'ai cru entendre la porte d'entrée claquer. Mais Etienne n'a pas réagi.

-Etienne, t'attends quelqu'un?
-Ca doit être mon frère qui est rentré. Il avait rendez-vous avec sa copine cet après-midi.
-Ah, d'accord. Et il est pas resté avec elle pour la soirée? C'est dommage, je rajoute avec un petit air malicieux, sous-entendant que s'il n'avait pas été là, on n'aurait pas eu à se restreindre cette nuit.
-Certainement pas! intervient une voix d'homme. Pour une fois qu'Etienne ramène son mec à la maison, je n'allais louper ça pour rien au monde!

Et là, je découvre le petit frère de mon chéri dans l'entrée de la cuisine. C'est à peu près le même modèle qu'Etienne, mais en un peu plus baraqué, juste un peu, et avec la voix plus grave. Heureusement que je suis déjà accro et raide dingue amoureux d'Etienne, parce que sinon...

-Arrête de baver sur mon frère, me fait Etienne avec un air de reproche et en me tapant sur la cuisse. Va finir par y avoir une flaque sur le carrelage.
-Mais non, mais non, je me défends. Y'a rien du tout sur le carrelage, regarde!

Je pointe le carrelage et forcément, comme j'ai pas de chance, y'a une flaque d'eau à mes pieds. Le frère d'Etienne éclate de rire, Etienne fait la gueule, et moi je me souviens soudainement que tout à l'heure, en voulant me servir de l'eau avec la carafe, j'en ai foutu à côté, et que c'est tombé par terre. Non mais quel con! Quel con je suis! Faut que je me rattrape. Je descends du plan de travail et je viens enlacer mon chéri à moi tout seul par derrière. Je lui mets quelques baisers dans la nuque, juste à la base, et il frissonne. Et puis je lui murmure ces quelques mots qui le rassurent à chaque fois qu'il doute, ou presque. Parce que oui, Etienne, malgré tout, doute beaucoup.

-Je t'aime, Etienne. Je t'aime comme j'ai jamais aimé et comme j'aimerai jamais. T'es unique à mes yeux, mon chéri.

Il soupire et je le sens sourire: je sais que j'ai gagné. Il se retourne et on s'embrasse, longuement, langoureusement, amoureusement. J'adore comment il m'embrasse. C'est jamais tout à fait la même chose, mais c'est à chaque fois magique.

-Heu les mecs, nous interrompt son frère, que j'aime beaucoup moins d'un coup, c'est pas que ça me dérange que vous vous pelotiez au beau milieu de la cuisine.

Bah tais-toi alors! Tu vois pas qu'on est en plein moment intime avec Etienne?!

-Mais la sauce bolognaise va cramer si on ne la remue pas.

Ah... C'est qu'il a pas tort le petit, en plus. Etienne s'empresse de remuer la sauce dans la casserole, et pendant qu'il finit de faire cuire le repas, je mets la table avec son frère. Et j'en profite pour le connaître un peu mieux, récupérer quelques infos sur mon chéri et faire bonne impression. Parce que voilà, Etienne, moi, je suis pas prêt de le lâcher, alors autant bien s'intégrer tout de suite dans ma future belle-famille.

-Donc tu t'appelles Théo, si je me souviens bien.
-Ouaip. Et toi? C'est quoi ton nom?

Hein? Etienne ne leur a jamais parlé de moi? Putain de nom de dieu! Va falloir que j'en parle avec lui, parce que là, y'a comme qui dirait un léger problème. Pas forcément le fait qu'il ne l'ait pas dit à sa famille. Mais plutôt qu'il ne m'ait pas dit qu'il ne l'avait pas dit, alors qu'on en a parlé plusieurs fois. Oups, y'a Théo qui attends toujours une réponse. Alors vaut mieux faire abstraction de la douleur qui me serre le cœur, lui faire un grand sourire et lui répondre.

-Nicolas, Nicolas Austier. Je suis chargé de TD à la fac de ton frère.
-Ah! Alors c'est une relation secrète et interdite entre un professeur et son élève? il fait avec une voix de conspirateur.

Il a trop lu de bouquins, le Théo, nanméo!

-Etienne est majeur et vacciné, et moi aussi, aux dernières nouvelles. Alors je vois pas où est le problème.
-Tout à fait, rajoute mon amoureux qui vient d'apporter la nourriture à table.

Il me fait un petit smack sur la bouche puis il s'assoit et moi je prends la chaise à côté de lui. Théo s'assoit en face et j'en profite pour l'interroger sur ce qu'il fait et tout le tintouin, histoire que la conversation ne tourne pas autour de notre couple. Je sais qu'Etienne détesterait ça.

-Et toi alors Théo? Tu fais quoi dans la vie?
-J'entre en première année de licence d'anglais.

Et là je crois qu'on peut faire tout le dîner en roue libre, vu comment il est enthousiaste et n'arrête pas de parler.
A la fin du dîner, Etienne a complètement regagné sa bonne humeur, et moi, j'en suis soulagé. En plus, je m'entends très bien avec son frère, d'autant plus qu'au bout de cinq minutes de conversation, je me suis rendu compte que ça ne pourrait jamais coller entre nous niveau caractère. Je le glisse à Etienne pendant qu'on range la cuisine et il me fait un sourire magnifique. Tellement magnifique qu'il ne me donne plus trop envie de regarder le film, mais de faire complètement autre chose. Je dois avoir un regard lubrique, parce qu'il me fait tout de suite non de la tête.

-Allez, s'il te plaîîîîîîît, je le supplie à voix basse pour pas que son frère entende.
-Non, Nico, on a prévu de regarder un film avec Théo d'abord. Ensuite, on verra.
-Mais j'en ai envie tout de suite, je recommence à le supplier.

Il me refait non de la tête: c'est qu'il est intransigeant quand il veut, mon petit Etienne. Mais j'ai l'arme absolue contre lui: mon air de chien battu! Aha!

-Nicooo, il soupire. Arrête de faire cette tête-là, ça ne marchera pas.

Tu parles, t'es en train de céder! Je le sens! Maintenant, il faut juste que je m'approche doucement. Doucement, voilà, comme ça. Et que je l'embrasse. D'abord quelques petits bisous dans le cou, juste pour l'effleurer. Il adore ça. Et puis je remonte vers son oreille, je souffle un peu dedans et il rigole. Et enfin, je l'embrasse sur la bouche. D'abord chastement, avant de venir titiller ses lèvres avec ma langue. Et c'est à ce moment-là que je vois son frère arriver du salon où il commençait à s'impatienter. Putain! Il a le chic pour choisir ses moments, ce con!

-Hum hum, il fait pour s'éclaircir la gorge.

Et voilà! Etienne s'écarte brutalement de moi. Il fait toujours ça quand il est surpris. Je veux dire, pas seulement quand il
est surpris avec moi. Une fois, je suis arrivé derrière lui et j'ai toussoté comme Théo alors qu'il allait avec la casserole de pâtes vers l'évier pour l'égoutter: on a dû faire recuire des spaghettis. Parce qu'il avait tout lâché.

-Dîtes, c'est pas que ça me dérange, mais vous avez ta chambre, Etienne, pour faire ça.

Il rougit jusqu'aux oreilles -parce qu'il est très pudique dès qu'il s'agit de sa famille ou d'amis proches- et moi, la proposition de Théo me tente bien.

-Mais non, on va pas te laisser regarder le film tout seul. Allez viens Nico, on y va.

Il me prend la main et je le suis dans le salon un peu à contre-cœur, mais je ne veux pas le contrarier ce soir: je sais que c'est important pour lui cette première rencontre entre son frère et moi. Sauf que Théo n'est pas d'accord avec lui, et qu'il nous arrête quand on passe à côté de lui.

-Nicolas te dévore des yeux depuis tout à l'heure, Etienne. Et toi c'est pareil sauf que tu te retiens. Alors un conseil: allez dans ta chambre, vous y serez beaucoup plus à l'aise.

Ce mec est génial! Il vient de me sauver la vie! Enfin, peut-être pas la vie, mais là, c'est tout comme.

-Et ne t'en fais pas pour moi, il continue quand Etienne essaie de protester. Je peux augmenter le volume de la télé autant que je veux, et au pire, j'ai des boules quiès, il conclut en faisant sauter une petite boîte en plastique turquoise dans sa main.

Ca achève de le convaincre, et je l'entraîne rapidement dans sa chambre, à l'étage, au cas où il changerait d'avis. Je referme vite la porte, pour ne pas qu'il s'enfuit, et je le plaque contre le mur d'à côté pour l'embrasser comme un drogué en manque. J'en pouvais plus d'attendre. Il m'a frustré tout à l'heure, Théo, en nous interrompant. Etienne a l'air autant en manque que moi, finalement. Faut croire qu'il a plus de self-control que moi.

En quelques mouvements, je le déshabille, et lui aussi me déshabille en vitesse. On se retrouve nus, l'un contre l'autre, et je prends les devants. Je sens qu'il a besoin d'oublier qu'il est chez lui, et je ne connais qu'un moyen pour cela: le prendre, le prendre jusqu'à l'épuisement, et monter au septième ciel. Alors, je le pousse délicatement sur le lit et je me mets à genoux au-dessus de lui. Il a les yeux qui brillent et moi aussi: cette nuit va être une nuit de folie, et je vais adorer. Et lui aussi.



     Je sors du sommeil tout doucement. J'aime bien cet état de veille, juste avant le réveil, où on est encore à moitié dans le rêve. Ce moment où on a pas encore rejoint la réalité et toutes ses merdes. Quoique là, comme merde, j'ai pas grand chose. En fait, si j'ouvre les yeux maintenant, je verrais juste mon chéri qui dort à moitié sur moi, épuisé après la nuit de sexe qu'on a eue. Une superbe nuit je dois dire. Je crois qu'Etienne ne s'est jamais autant lâché. Il a complètement oublié qu'on était chez lui, et je suis prêt à mettre ma main à couper que lorsqu'il réalisera aujourd'hui, il va devenir plus rouge qu'un homard ébouillanté.

J'ai pas très envie d'ouvrir les yeux. J'ai juste envie de sentir sa peau contre la mienne, de rester dans cette position le plus longtemps possible. Mais forcément, y'a un rayon de soleil à la con qui est venu se poser juste sur mes yeux. Et même si je déplace un peu la tête, il est toujours là, cet enfoiré. Allez, on va ouvrir les yeux pour trouver une solution à ce problème plus qu'embêtant. Hum... C'est le volet qu'est pas super bien fermé. Ca, je peux rien y faire. Par contre, voyons voir, si j'installe l'autre oreiller comme ça... Voiiiilà! Comme ça, c'est parfait, y'a plus de soleil qui vient m'agresser. Bon, maintenant que j'ai bien bougé pour installer ce petit truc, je crois que j'ai réveillé Etienne. En tout cas, il commence à bouger un peu.

-Etienne? je chuchote. Tu dors?
-Mmmh...

Ouais, il dort. Et il est trop mignon. Je passe ma main dans ses cheveux noirs. J'adore leur texture. En tout cas, il a l'air d'apprécier mes petites caresses vu qu'il se colle encore plus à moi. S'il se rapproche plus, je vais finir par lui sauter dessus, réveillé ou pas! Oui, je sais, les hommes sont pas des bêtes, mais on ne peut nier que parfois, l'instinct animal reprend le dessus, nan?

Ah! J'entends une porte s'ouvrir, et une seconde qui s'ouvre et se referme. Et un bruit assez caractéristique. Ca, c'est Théo qui est allé soulager sa vessie trop pleine aux toilettes. Voilà la chasse d'eau, l'eau du lavabo qui coule, et il retourne dans sa chambre, probablement pour se recoucher. C'est sûr qu'avec tout le bruit qu'on a fait cette nuit, il a pas dû beaucoup dormir, malgré ses boules quiès.

Tiens, maintenant, y'a une autre porte qui s'ouvre, mais le bruit est beaucoup plus lointain. La porte d'entrée, peut-être? C'est bizarre. Voyons voir, il est quelle heure. 11h58. Ah ouais, quand même. Il est pas tôt. Je me demande si c'est les parents. Mais Etienne m'a dit qu'ils ne rentraient qu'en début d'après-midi. Et 11h58, c'est le midi, pas l'après-midi! En tout cas, si c'est eux, j'espère au moins qu'ils seront pas du genre à rentrer dans la chambre d'Etienne comme dans un moulin.

Parce que sinon ça va pas le faire. Ca pue la sueur et le sexe. D'ailleurs faudra qu'on pense à aérer. Et puis, aucun de nous deux n'est douché, on est vraiment crades. Et puis on est nus tous les deux sous la couette, qui ne monte que jusqu'en-dessous des fesses de mon chéri. Je crois que je ferais mieux de la remonter un peu, histoire de pas avoir la bite à l'air. Parce que s'ils débarquent, leur première impression de moi sera vraiment fa-bu-leuse!
"Salut! Moi, c'est Nico. J'ai baisé votre fils toute la nuit, j'ai encore son sperme sur moi et comme vous pouvez le constater, je suis pas trop mal monté."
Ouais, remontons la couette. Ca évitera déjà la partie sur le fait d'être bien monté, ou pas.

Bon, j'entends des voix qui viennent d'en-bas. Alors concentrons-nous pour comprendre ce qui se dit. Mmmh... Putain, c'est dur! C'est dans ces moments-là que j'ai envie d'être dans un monde comme dans Harry Potter. Au moins, là, j'aurais les oreilles à rallonge des jumeaux Weasley et je me crèverais pas les tympans à essayer de comprendre ce que deux personnes inconnues -parce que j'ai quand même réussi à identifier qu'il y en a deux qui causent- disent. Ah! Là! Je crois que j'ai trouvé la bonne fréquence pour les écouter! C'est très faible mais c'est plutôt clair! Allez, radio Nico à l'écoute!

-Chérie, dis-moi, il n'y aurait pas une paire de chaussures qui n'est pas aux garçons?

Ca, c'était une voix d'homme, un peu grave. Et à vrai dire, ce qu'il vient de dire m'inquiète: ça m'a tout l'air d'être les parents qui sont rentrés avec de l'avance.

-Si, les Puma noires, c'est pas à eux. Etienne ne met que ces Docs immondes et Théo préfère les chaussures un peu plus classes que ça.

Eh! Elles sont très classes mes Pumas noires, Madame! Nanméo! Elles sont pas trouées et elles sont encore à peu près propres!

-Hum... C'est peut-être celles d'une fille que Théo a encore ramené.

Biiip! Mauvaise réponse! Retente ta chance! C'est pas des chaussures de fille, ça se voit quand même! Surtout vu le genre de filles que Théo ramène chez eux. Il s'en est un peu vanté hier soir au dîner, et il a l'air d'aligner, le petit frère. En tout cas, ce qui est sûr, c'est qu'il ne se fera jamais moine.

-Ca m'a plutôt l'air d'être celles d'un garçon. Elles sont quand même assez grandes.

43, M'dame! Et après, on s'étonne que ce soient les filles qui soient les premières en classe. C'est juste qu'elles en ont plus dans le ciboulot que les mecs.

-Tu penses que c'est un copain à eux, ou que c'est Etienne qui a invité son ami à dormir?

Petit ami serait plus juste, mais je ne t'en veux pas. Je suis habitué à ce genre d'appellation.

-On verra bien. Bon, allez, on pose les affaires dans la chambre et on va réveiller les garçons. Parce qu'il est midi passé, et c'est pas une heure pour être encore au lit!

Oulà! Belle-Maman n'a pas l'air de plaisanter quand elle parle de nous réveiller. Pitié, Dieu, Bouddha, Grand Être Supérieur ou tout ce que tu veux, fais qu'ils commencent par Théo! Théo d'abord! C'est le plus jeune, c'est lui qui doit être réveillé en premier, nan?

Je les entends monter l'escalier et la boule que j'ai dans le ventre a l'air de peser une tonne. Là, ils arrivent au palier, et les voilà qui avancent... et qui ouvrent une porte. C'est bon, c'est pas celle de la chambre d'Etienne, mais celle de Théo. Et j'entends beaucoup mieux ce qu'ils disent.

-Salut chéri!
-Salut M'man. Vous êtes rentrés plus tôt, nan?
-Oui, on est partis un peu plus tôt que prévu et ça a très bien roulé sur la route.
-Ah ok. C'était bien?
-Très bien, confirma le père. Au fait, la troisième paire de chaussures dans l'entrée, c'est un pote à toi?
-Non, à Etienne.

Putain! Théo! T'aurais pas pu la boucler?! Ou dire un truc plus intelligent, ou je sais pas moi! Mais fais quelque chose! Je sens gros comme une maison qu'ils vont débarquer ici, et moi, comme un con, j'ose toujours pas réveiller Etienne qui dort comme un ange.

-D'accord. Je vais aller le réveiller. Tu descends manger? Ta mère va vous préparer un brunch.
-Ok, merci Papa.

Y'a des bruits de pas qui se rapprochent dangereusement de la chambre. Et qui s'arrêtent juste devant la chambre. Y'a même la raie de lumière qui filtre de dessous la porte qui est est obstruée. La poignée qui se baisse et putain.

-Ah! Papa! Attends! Etienne, il a...

Trop tard Théo! La porte est déjà ouverte. T'aurais pas pu réagir une demi-seconde plus tôt, nan? Espèce de bon à rien, va! Je vois l'ombre du père se découper sur le parquet de la chambre et lui, je le vois à contre-jour. Donc en gros, je le vois pas du tout. Alors que lui, quand ses yeux se seront habitués à la pénombre...

-Etienne, debout! Et réveille ton ami aussi. Il est midi passé. Lili va faire un brunch, donc faudra que vous disiez ce que vous voulez manger.

Etienne grogne face aux paroles de son père mais ne bouge pas d'un poil. Putain, il est vraiment pas du matin, ce con. Allez, bouge-toi un peu, mon beau! Je lui attrape l'épaule et je le secoue doucement.

-Etienne, lève-toi, y'a ton père qui te parle. Etienne. S'teu-plaît, réveille-toi.

Il grogne de plus belle et se raccroche à moi. Il fait vraiment sangsue comme ça. Et là, je me rends compte que son père n'a toujours pas quitté la chambre et qu'il nous regarde intensément. Il doit attendre une réponse, je suppose.

-Euh... On arrive dès que j'ai réussi à le lever, M'sieur.

Silence. Il ne me répond pas. Ok. J'ai dit un truc qui fallait pas ou quoi? Ou alors il s'attendait pas à voir un mec dans le même lit que son fils. Pourtant Etienne m'a dit qu'il leur avait annoncé qu'il était homo et qu'ils l'avaient plutôt bien pris.

-Nicolas? Nicolas Austier?

Hein?! Comment qu'il connaît mon nom,celui-là? Même Théo ne le connaissait pas. Et puis, j'ai comme un très gros doute
tout d'un coup. Depuis tout à l'heure, cette voix me dit quelque chose, mais j'arrive pas à mettre un nom dessus.

-Euh... Et vous êtes?

Et c'est là qu'il allume la lumière, et que je le vois très bien.

-Oh putain... Pierre...

Mon chef de labo. Le père d'Etienne est mon chef de labo! Putain de nom de dieu de merde! Ils ont pas le même nom pourtant! J'y comprends rien! Pierre a l'air aussi choqué que moi, et il quitte la chambre sans dire un mot de plus. Et moi, j'essaie de réveiller Etienne, et cette fois-ci, j'y vais pas avec des pincettes: je le secoue comme un prunier!

-Etienne! Réveille-toi! Pourquoi tu m'as pas dit que ton père était mon chef de labo?
-Hein?

Il a pas l'air très réveillé, mais je sens que ça monte doucement à son cerveau, jusqu'à l'atteindre.

-HEIN?!!

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26 mars 2010 5 26 /03 /mars /2010 18:44
Sidaction-2010.jpg

C'est aujourd'hui que débute le weekend Sidaction, donc n'hésitez pas à soutenir!

Et petite piqûre de rappel pour ceux qui auraient oublié l'essentiel (la flemme de faire un truc complet, surtout que je ne sais pas sur quoi l'orienter précisément. Mais si vous avez des questions, n'hésitez pas!).

Quelques vidéos faisant partie de différentes campagnes de pub. La première, bien que très choquante, est celle que je préfère, la seconde met en lumière le travail des chercheurs (indispensables fourmis aux avancées médicales), et la troisème est la campgne actuelle, que je n'aime pas particulièrement.








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Published by Skorpan - dans Sexualité
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Les textes publiés sur ce blog sont de ma propre invention et sont écrits par moi, à moins que le contraire ne soit précisé en début d'article. Je vous demanderai donc de respecter mon travail et de ne pas plagier mes écrits.
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Certains textes peuvent contenir des relations hétéro ou homosexuelles explicites.
Les mineurs et tous ceux que ça dérange, vous connaissez la sortie: la petite croix rouge.
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seules ses créatures racontent sa véritable histoire, celle qu'il n'a pas vécue, mais a souhaité vivre."

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"Alors si tu sens l'angoisse de la page blanche, prends en une rose."
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