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23 mars 2010 2 23 /03 /mars /2010 13:47
Oui, oui, je sais! Je suis en retard! Mais dimanche, j'ai l'excuse des élections régionales (que c'est beau, une France en rose! *o* ), et hier, bah... j'ai oublié. -_-' (prière de ne pas jeter de tomates pourries sur l'auteur, à la limite des tomates saines) Donc pour la peine, je vous publie la suite de "Crampons et autres fantaisies hippiques", alors que j'avais au départ prévu de vous mettre la fin de "Métro, boulot, dodo?". Mais bon, ce sera pour dimanche prochain.



Cheval-dans-riviere.jpg


     Mikaël avait déjà nourri tous les chevaux et nettoyé une quinzaine de boxes lorsque My arriva. Elle monta à moitié sur son mini-tracteur pour lui faire la bise et lui demanda ce qu'il voulait faire ensuite.

-J'ai encore la rangée à finir, donc en gros trois boxes, et ensuite je dois sortir Red Star et Ezechiel. J'ai aussi quelques selles à graisser mais ça je comptais le faire à la pause de midi. A part ça, j'ai juste mon entraînement habituel.
-Ok. D'ailleurs, je sais pas si t'as vu, mais Ed t'a rajouté Spunk sur tes chevaux à 100%. Et tu dois le sortir aujourd'hui en saut.
-Fais chier, jura-t-il. Avec lui, ça me fait cinq chevaux à temps complet, plus deux chevaux que je monte à 50%. Plus aussi les chevaux de passage, on va dire, que Ed me fait tester. S'il m'en rajoute encore un, je vais jamais pouvoir tenir. Déjà que là, c'est limite, limite. Si je suis passé à mi-temps pour mon boulot, c'est pas pour rester plus longtemps pour les entraînements.
-Ah bon? Et c'est pourquoi alors? demanda-t-elle, croyant sincèrement que Mikaël avait voulu se préserver un peu plus de temps pour s'entraîner.
-A ton avis, fit-il en roulant des yeux, avant de continuer puisqu'elle ne comprenait manifestement pas, je ne vis plus au club, mais dans un appart', et avec quelqu'un, je te rappelle.
-Ah oui, c'est vrai. Pardon, j'avais pas percuté.

-J'avais remarqué. Et sinon, toi tu fais quoi?
-Bah je me demandais comment tu comptais sortir Red Star et Ezechiel.
-Aucune idée. J'avais bien envie d'en mettre un au marcheur pendant que je faisais un peu de dressage avec l'autre, et puis inverser ensuite. T'as une autre proposition?
-Ouais, on pourrait se faire une balade tous les deux avec ces deux-là. Ca fait longtemps qu'on n'en a pas fait. En plus, j'ai pas un entraînement super lourd aujourd'hui, vu que Charlie est parti voir des chevaux dans un autre club.
-D'accord, ça me va. Tu prends qui?
-Red Star. Ezechiel ne m'aime pas du tout. Et oui, je les prépare tous les deux pendant que tu finis.
-Merci beaucoup!

La jeune femme, qui était déjà partie en direction de la sellerie, leva la main pour signifier que ce n'était rien du tout, et Mikaël se fit la réflexion que si elle demandait à sortir en balade comme ça, c'est qu'elle avait des choses à lui dire. Et ça l'arrangeait finalement, puisque lui aussi avait des choses à lui dire. Une bonne demi-heure plus tard, il avait fini les boxes, nettoyé l'allée, et les chevaux étaient prêts. Ils montèrent dessus et partirent tranquillement au pas vers la forêt. Ils discutèrent d'abord de choses triviales, puis dès qu'ils se furent un peu enfoncés sous le couvert des arbres, My aborda ce qui la tracassait.

-J'ai appelé Oliver hier.
-Ah? Et? Qu'est-ce que vous vous êtes dit?
-Il vient de décrocher un gros contrat avec une boutique de mobilier un peu design. Il doit dessiner presque tous les motifs pour leurs chaises, leurs canapés et tout. Et il peut même proposer des idées d'accessoires. En gros, ils lui laissent un peu carte blanche pour faire ce qu'il veut. Il m'a dit que c'était quelque chose d'assez inespéré pour un designer de 27 ans.
-Et alors? Il va pas utiliser ça comme prétexte pour ne pas venir te rejoindre aux Etats-Unis quand même?
-Eh si, soupira-t-elle.

-Raaah! Il est trop con ce mec! Franchement, pourquoi t'es tombée amoureuse de ce mec? Il pourrait avoir beaucoup plus d'opportunités ici, et en plus, vous vivriez ensemble. Mais non, lui, il préfère rester en Suède! Je comprends vraiment pas comment il raisonne.
-Là-bas, il a plus de chances de se faire un nom, et plus vite aussi. Alors qu'ici c'est plus dur pour se démarquer, d'après ce qu'il m'a dit.
-Mouais, j'y crois moyen. Là-bas aussi la concurrence est rude, ils sont super forts les scandinaves pour le stylisme.
-Peu importe, le fait est qu'il reste au moins deux ans de plus à Stockholm.
-Et il ne peut pas faire ce boulot et venir habiter ici? S'il doit juste designer les motifs, ça doit être faisable.
-Non, parce qu'il doit voir les prototypes, et tout, si j'ai bien compris.

Le silence retomba entre les deux amis tandis qu'ils cherchaient une solution à ce problème insoluble depuis déjà plusieurs années.

-Ce mec est une vraie plaie, finit par dire Mikaël. C'est vrai quoi! Il tombe amoureux d'une fille extra comme toi. Tu tombes aussi amoureuse de lui. Vous êtes raides dingues l'un de l'autre depuis des années, et il faut encore qu'il fasse des chichis! pesta-t-il.

My se sentit blessée par la sortie de Mikaël et répliqua aussitôt.

-Ouais, je suis tombée amoureuse d'une plaie, et alors? Je te rappelle qu'il y a quelques années, t'étais pas mieux! Voire même pire! T'étais incapable d'avoir une relation stable, et t'avais besoin de moi presque tout le temps, parce que sinon tu faisais des crises à répétition! Lui, s'il veut pas quitter la Suède, c'est aussi parce que c'est son pays et qu'il y tient, alors que toi tu t'en fous carrément! Tu tiens à rien et tu peux tout laisser tomber d'un moment à l'autre, dès que tu le décides!
-Alors ça My, c'était bas. Très bas.

Et il partit au grand galop sur le chemin, laissant My sur place.

-Merde, jura-t-elle en se mordant la lèvre inférieure, réalisant soudain ce qu'elle venait de dire.

Elle recula sa jambe droite et son cheval partit aussitôt au galop, à la poursuite de celui de Mikaël. Elle ne le rattrapa que quelques kilomètres plus loin, alors qu'Ezechiel renâclait à franchir une rivière. Elle s'approcha au pas et s'excusa.

-Je suis désolé Mikaël. Je ne pensais pas ce que je t'ai dit tout à l'heure. J'étais énervée, et... Bref, tu vois le truc.

Mikaël soupira et arrêta de vouloir faire traverser le cours d'eau à son cheval. Cette galopade avait lavé son esprit de toute sa colère et il pouvait maintenant réfléchir plus tranquillement: lui aussi s'était emporté un peu trop vite, comme d'habitude.

-T'en fais pas, moi aussi j'ai eu tort de réagir comme ça. Mais c'est juste que ça m'énerve de te voir triste à cause de ce mec. C'est tout le temps la même histoire, et lui il comprend pas le mal qu'il te fait en restant là-bas.
-Que veux-tu? Tout le monde n'a pas ta chance, de trouver la personne qu'on aime dans la même ville que soi, répliqua-t-elle doucement. D'ailleurs, comment s'est passé le weekend? C'était bien ces deux jours en amoureux?

Mikaël lui lança un regard pétillant.

-Tu te souviens quand on est allé à la plage y'a deux ans? On avait pris Lapsang et Jéricho dans un van, sans prévenir personne, et on était allé à la plage. On avait galopé comme des fous et on s'était baignés. On s'était amusés comme rarement.
-Bien sûr que je me souviens! C'était une journée mémorable, même si on s'est pris une sacrée raclée ensuite.
-Et tu te souviens de la sensation de liberté et de plaisir intense qu'on avait là-bas, avec toujours en arrière fond la trouille des sanctions qui arriveraient forcément quand ça se finirait?
-Ouais, une sacrée sensation d'ailleurs. Très grisante, mais assez terrifiante aussi quand tu réfléchis un peu trop. Mais pourquoi tu...?

Elle s'interrompit au milieu de sa question en voyant le sourire significatif de Mikaël: son weekend avait été comme cette journée à la plage. Il savait que très certainement tous les moments qu'il passerait avec Peter seraient ainsi pendant longtemps. Et il était prêt.

-On continue? proposa-t-il.
-Hein?
-La balade.
-Ah! Oui, bien sûr.

My mit donc son cheval au pas, prête à traverser la rivière, et Mikaël fit de même. Mais elle était déjà à mi-chemin que le jeune homme était toujours sur le bord, son cheval refusant strictement de mettre un pied dans l'eau. Agacé, il mit pied à terre et empoigna les rênes pour le mener doucement à la main. Au bout de plusieurs tentatives, il attaqua les choses par un autre angle.

-Ezechiel, putain, tu fais chier, dit-il en se plantant devant lui, les pieds dans l'eau. Maintenant tu vas traverser cette rivière, ou tu vas même pas comprendre ce qu'il t'arrive. T'as déjà traversé des dizaines de rivière, tu vas pas me faire le con juste pour celle-là!

Il se décala vers le côté et pointa l'eau, l'incitant à y aller. Mais les sabots ne bougèrent pas d'un poil.

-Ezechiel, gronda-t-il. Tu fais vraiment chier, là.

Il se plaça juste derrière le cheval, contrairement à ce qu'enseignaient toutes les règles de sécurité, et, appliquant ses mains de part et d'autre de la queue, commença à pousser sur sa croupe. Pendant ce temps, My était revenue et avait attrapé les rênes, entraînant Ezechiel à la suite de Red Star. Après cinq minutes de gros efforts, Ezechiel bougea enfin et entra dans l'eau. Il avança jusqu'au milieu environ, et s'amusa comme un fou, éclaboussant tout le monde par de grands coups d'antérieurs dans l'eau. Mikaël arriva ensuite, de l'eau jusqu'aux genoux, et remonta à cheval. Les deux cavaliers laissèrent leurs chevaux profiter encore quelques minutes de l'eau fraîche, plus qu'agréable en été, puis continuèrent la promenade, et rentrèrent au club, Mikaël ayant pu un peu sécher pendant ce temps là.



     Peter et Stefen travaillaient depuis une bonne heure lorsqu'ils entendirent une voix forte recouvrir le murmure ambiant de la grande salle.

-MacLean! Lashon! Dans mon bureau!

Le chef O'Brian rentra aussitôt dans son bureau, une fois l'annonce faite. Les deux amis se regardèrent, étonnés. Ils n'avaient pas fait de découvertes particulières, ou du moins, ils n'en avaient pas parlé, et aucun des cavaliers dont ils s'occupaient n'avait participé à un concours le weekend précédent. Un doute étreignit Peter: et si le chef avait découvert sa relation avec Mikaël? Comment allait-il réagir? Il se ferait sûrement virer, ou au moins mettre à pied pendant une durée indéterminée. Et bien qu'il ait fait le fier en disant qu'il assumerait les conséquences de ses actes, l'angoisse comprimait son cœur et il avait du mal à respirer. Stefen, le voyant devenir un peu plus pâle, comprit quelles pensées tourbillonnaient dans son cerveau un peu trop échauffé, et le rassura du mieux qu'il put.

-S'il avait tout découvert, il ne nous aurait pas appelés tous les deux. Il t'aurait d'abord appeler toi tout seul pour essayer de comprendre. Et puis il aurait rajouté "immédiatement" tout à l'heure. Donc arrête de t'en faire et calme-toi. Il faut que tu sois naturel devant lui, sinon il va se demander ce qu'il se passe.
-... D'accord, dit-il d'une petite voix.
-Tu viens? On y va?

Ils se levèrent et se dirigèrent vers la porte de leur supérieur. Ils toquèrent et purent rentrer immédiatement. Ils se mirent côté à côte, debout devant le bureau encombré derrière lequel était assis un homme d'une cinquantaine d'années, les détaillant du regard.

-MacLean, j'ai vu que tu avais fait un changement d'adresse. Tu retournes chez tes parents, c'est bien ça?
-Oui, c'est ça.

Peter souffla intérieurement: il avait bien fait de se faire domicilier chez ses parents. Le chef ne loupait rien, surtout que l'affaire était importante. Il avait même dû vérifier qui étaient les propriétaires de la maison.

-Et si ce n'est pas trop indiscret, je peux savoir pourquoi?
-Je me suis séparé de ma copine. Et comme la maison où on logeait avait été achetée par ses parents, j'ai préféré retourner chez les miens.
-Bien.

Il fit une petite pause, notant ce qu'il venait d'apprendre sur une fiche qui semblait être au nom de Peter, puis reprit.

-Sinon, concernant l'enquête, j'ai appris que vous aviez demandé des analyses supplémentaires.
-Pardon? s'exclamèrent-ils en même temps.
-On a demandé les examens habituels au labo.
-Je sais ça, Lashon. Mais j'ai entendu dire que vous aviez demandé des échantillons supplémentaires. Donc j'aimerais savoir ce que vous en avez fait.

"Quelqu'un a les yeux qui traînent trop et une langue bien trop pendue. Ca va finir par nous retomber dessus." se dit Peter tout en laissant son collègue répondre: il avait toujours eu beaucoup plus d'aplomb face au chef.

-On les a fait analyser par un laboratoire extérieur.
-Et pourquoi donc?
-Certains résultats du labo nous paraissaient incohérents.
-C'est-à-dire?
-Ils ne correspondaient pas à la personnalité du cavalier. De plus, on les trouvait beaucoup trop aléatoires.
-"Ils ne correspondaient pas à la personnalité du cavalier", répéta-t-il de façon ironique. Je suppose que vous avez au moins un exemple en tête. MacLean, je ne t'ai pas beaucoup entendu. Tu peux parler aussi tu sais.

Peter s'éclaircit la voix et rassembla ses idées le plus vite possible. Il jeta un coup d'oil à Stefen qui lui confirma qu'il n'avait pas trop le choix.

-Bien sûr. Mikaël Blowsworth par exemple. Il ressort très souvent dans les personnes dopées, et ses chevaux aussi. Pourtant, quand on enquête sur lui et qu'on l'interroge, tout ce qu'on apprend, c'est que c'est un passionné de cheval. Il fait ça depuis tout petit, et il ne peut pas se passer de l'équitation. Le cheval, c'est sa vie, et je le vois très mal doper ses chevaux pour avoir de meilleurs résultats. Il y a trop de risques pour l'animal.
-En plus, intervint Stefen, craignant que Peter ne se laisse un peu trop emporter par ses sentiments, l'évolution de ses résultats est tout à fait cohérente. Il n'y a aucune cassure, ni rien d'autre qui prouverait qu'il se dope.
-Et enfin, on a étudié les mouvements de son compte en banque et vide comme il est, je crois pas qu'il ait de quoi se payer une quelconque drogue.

Stefen serra les dents et pria pour que le chef ne relève pas.

-On sait très bien que pour Blowsworth, l'argent n'est pas un problème quand on vient à parler de drogues.

C'était raté, alors maintenant il fallait prier pour que Peter ait la réaction adaptée, c'est-à-dire se taire et ne pas faire de gros yeux.

-On le sait, répondit Stefen. Mais il n'empêche que les premiers résultats qu'on a confirme notre hypothèse. Il y a deux résultats discordants, dont celui de Blowsworth, parmi les échantillons qu'on a fait analyser à l'extérieur.
-Ils sont devenus négatifs?
-C'est ça. Normalement, on doit garder tous les échantillons congelés, non? Serait-il possible de les décongeler, du moins une partie, pour essayer de confirmer qu'il y a une taupe chez nous.

O'Brian se massa les temps pendant un certain temps, puis déclara.

-C'est d'accord. Je vais voir ce que je peux faire. Je vais essayer de faire appel à une autre équipe, sans lien avec l'affaire qui nous préoccupe,  pour qu'elle découvre qui est la taupe. Ou les taupes. Quant à vous, je ne veux plus d'initiatives en solo comme celle-là.
-Entendu, firent-ils en même temps.

Ils le saluèrent et s'apprêtèrent à sortir mais sur le seuil de la porte, ils furent retenus.

-Au fait! Puisqu'on parlait de lui, Blowsworth a déménagé. Il faut que vous alliez faire un tour par son nouvel appartement. Le mandat est déjà prêt chez le procureur. Il ne vous reste plus qu'à aller le chercher.

Ils refermèrent la porte derrière eux, laissant leur chef de nouveau seul dans son bureau, puis prirent quelques affaires pour sortir: direction chez le procureur, puis chez Peter et Mikaël.
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15 mars 2010 1 15 /03 /mars /2010 00:25
Après une longue journée de CCE, rien de mieux qu'une suite! =D

Bonne lecture! =D



oeil-2.jpg


     Le lendemain, il était midi passé lorsque Peter ouvrit les yeux. Le soleil filtrait agréablement à travers les rideaux, et éclairait les deux corps enlacés. Mikaël avait posé sa tête sur la poitrine de Peter, un bras sur son ventre et entremêlé ses jambes avec les siennes. Le plus vieux sourit de voir son amant ainsi accroché à lui, et s'efforça de ne pas penser à leurs nudités si proches. A la place, il caressa ses cheveux bruns et les démêla doucement.

A un moment, Mikaël s'agita, murmura quelques paroles incompréhensibles et resserra sa prise sur le corps qui lui servait d'oreiller. Peter, quelque peu alarmé, lui caressa la joue et lui dit quelques paroles rassurantes. Cela sembla apaiser le cavalier puisqu'il se tut et que les rides de son front disparurent. Alors Peter retourna à son activité précédente, et passa ses doigts dans les cheveux de Mikaël, encore et encore. Après environ un quart d'heure, la respiration du plus jeune se fit moins régulière et Peter sourit en l'entendant parler.

-Alors? Ils sont doux mes cheveux?
-Mmmh... Je crois que tu devrais les laver...
-Ah bon?
-Ouais... Ils me semblent un peu sales au toucher.

Mikaël se redressa en s'appuyant sur la poitrine de Peter, et le regarda dans les yeux. Puis, se trouvant probablement mal installé, il l'enjamba et se mit carrément à califourchon sur lui, à moitié allongé.

-Je crois que j'ai un peu la flemme pour le faire, fit-il malicieusement.
-Tu veux quand même pas que ce soit moi qui te les lave? demanda Peter en plaisantant.

Voyant que Mikaël ne répondait pas et qu'il arborait un air mi-sérieux mi-amusé, Peter prit un peu peur.

-Attends? T'es pas sérieux quand même?
-Bah... Pourquoi pas? répondit-il avec une moue d'enfant à qui on refuse une confiserie.
-Mais... mais... balbutia-t-il, ne trouvant aucun argument pour le contredire, d'autant plus que l'idée paraissait de plus en plus tentante.
-Hum?

Peter considéra un instant le visage demandeur de son petit ami, et imagina la scène.

-Shampoing à la noix de coco, ça te va?
-C'est parfait.

Mikaël, un énorme sourire aux lèvres, se leva, attrapa au passage le bras de Peter et c'est main dans la main, nus comme des vers, qu'il allèrent à la salle de bains. Ils entrèrent directement dans la douche et Mikaël ouvrit le robinet d'eau. D'abord froide, elle se réchauffa rapidement et les deux hommes commencèrent à se savonner mutuellement, évitant consciencieusement les zones trop sensibles, pour éviter de trop s'exciter dès le début.

-Tourne toi Mikaël, que je te lave les cheveux.

Obéissant, le jeune homme se tourna et ramena tous ses cheveux en arrière.

-Tu veux que je me baisse? Ca sera peut-être plus pratique pour toi.
-Mmmh... Vas-y.

Peter prit une noix de shampoing au creux de sa main tandis que Mikaël s'asseyait, repliant ses jambes sous lui, sur le sol en plastique blanc de la douche. Peter s'agenouilla derrière lui et commença à lui laver les cheveux. Bientôt, le shampoing se transforma en massage du cuir chevelu d'abord, puis du cou et des épaules. Relaxé, Mikaël reposa sa tête en arrière sur l'épaule de Peter et lui lança un regard langoureux.

-T'as d'beaux yeux, tu sais? fit-il d'une voix aguicheuse.
-Pardon?

Peter le regarda avec de grands yeux, étonné d'une telle déclaration de sa part.

-Désolé, j'ai entendu ça je ne sais plus où, et j'avais envie de le ressortir. Mais c'est vrai que t'as de beaux yeux. Verts, c'est assez rare comme couleur, non?
-Ouais, il paraît...
-En tout cas, c'est plus rare que marron. Et c'est plus beau. Moi j'ai des yeux marrons tout tristes, tout moches...

Les lamentations de Mikaël à propos de la couleur de ses yeux firent sourire le plus vieux: on n'est décidément jamais satisfait de ce que l'on a.

-Moi, je les trouve très bien tes yeux. Ils sont d'un beau marron, avec de jolis reflets. Et puis surtout, ils sont très expressifs. Quand on te connaît bien, on peut savoir comment tu te sens rien qu'en regardant tes yeux. Surtout quand tu fais semblant d'être joyeux ou d'aller bien.

Ce fut au tour de Mikaël d'être surpris, et il baissa la tête, réfléchissant à ce que son compagnon venait de lui dire. Celui-ci venait de percer à jour, en quelques semaines à peine, l'une de ses plus grandes défenses. Il essayait toujours d'afficher un sourire de façade et de garder ses sentiments pour lui. Seule la colère transparaissait souvent sur son visage. Mais peut-être qu'avec Peter, il avait été moins sur ses gardes. Peut-être avait-il été plus lui-même. Il ne savait pas trop, et cela l'inquiétait.

-Comment tu as su? demanda-t-il, en dépliant ses jambes, calant mieux son dos contre le torse derrière lui.

Peter déplia lui aussi ses jambes, passa ses bras autour de la taille de Mikaël, puis ils reculèrent tous deux pour être plus confortablement installés contre la vitre de Plexiglas de la douche.

-Quand on est tous les deux, tes yeux sont toujours en accord avec le reste. Y'a toujours cette petite flamme au fond, ce petit scintillement, qui va me dire ce que tu ressens. Et à chaque fois, ton sourire, ton corps, et même toi, me disent la même chose.

Il laissa passer quelques secondes de silence pendant lesquelles il frôla de ses doigts le ventre de Mikaël, qui frissonna sous cette caresse aérienne.

-Mais quand je te vois en tant qu'inspecteur, c'est pas du tout la même chose. Parfois, j'ai même l'impression d'avoir à faire à un autre homme, tellement tu sembles différent. Au début, t'étais super énervé, mais maintenant, à chaque contrôle, tu es très détaché, comme si tout cela ne te concernait pas. T'as pas ce petit truc au fond des yeux qui te caractérise. Comme si t'étais pas là. Et t'as beau être correct avec nous, les policiers je veux dire, je sais que tu déteste ça. C'est bizarre à dire, mais j'ai l'impression que je ne te connais pas dans ces moments là.

Peter fut pris alors d'une soudaine angoisse et serra fort Mikaël contre lui. Il déposa quelques baisers dans son cou, auquel le jeune homme répondit en portant les mains de l'homme à ses lèvres, les baisant tendrement. Cela l'apaisa, et il put reprendre ses explications, la voix un peu torturée cependant.

-Et quand t'es à cheval, ou avec les chevaux, bien sûr, je vois pas tes yeux, mais je sais qu'ils pétillent comme un feu
d'artifice. Le genre de feu d'artifice que j'ai jamais eu, ajouta-t-il tout bas.

Mikaël sentit toute la détresse de Peter dans ces mots, la peur qu'il avait de ne pas compter pour lui, de ne pas le connaître, de toujours être le second après le cheval. Pourtant, Mikaël ne le rassura pas: il ne savait pas comment faire sans lui mentir, car pour l'instant, il était effectivement second derrière le cheval. Juste juste derrière, pas très loin de la première place, mais second quand même. Et Peter l'avait ressenti. Alors il se contenta de lui coller un baiser sur la joue, de se lever, de se rincer, et de sortir de la douche. Il attrapa une serviette et quitta la salle de bains tout en se séchant.

Dans la douche, Peter, toujours assis, se prit la tête dans les mains et laissa échapper quelques larmes. Il savait que Mikaël était un garçon compliqué et fragile. Il avait compris que lors des moments durs qu'il avait eu plus jeune, il n'avait eu que l'équitation pour lui tenir la tête hors de l'eau. Il savait qu'il n'était qu'un arriviste à vouloir compter plus pour Mikaël que l'équitation alors qu'il ne le connaissait que depuis quelques mois, et l'équitation depuis des années. Et pourtant, cela faisait tellement mal de l'entendre de sa bouche. Ou plutôt de ne pas l'entendre. Lorsqu'il estima qu'il avait assez pleuré, il se rinça à son tour et sortit. Il s'habilla de façon décontractée et retrouva Mikaël en cuisine, en train de préparer une sorte de brunch très tardif. Il se colla à son dos et après l'avoir embrassé dans la nuque, murmura quelques mots sincères d'excuse dans son oreille.

-Désolé pour tout à l'heure. Je suis allé un peu trop loin.

Mikaël se retourna et prit son visage en coupelle de ses deux mains.

-Tu n'as pas à t'excuser Peter. On est ensemble, il ne doit pas y avoir de tabou entre nous, surtout pour une chose pareille.

Mikaël l'embrassa puis croisant ses mains au niveau de la courbe de ses reins, baissa la tête, un peu contrit.

-Je suis désolé moi aussi. J'étais un peu énervé tout à l'heure. Je crois que t'es le premier à me mettre à jour aussi vite et aussi facilement. Et j'ai un peu de mal à l'accepter. Mais ne t'inquiète pas, c'est moi, dit-il en relevant la tête. Faut que je m'habitue au fait que y'ait quelqu'un qui puisse lire en moi comme ça. Y'avait juste My qui pouvait avant.
-Mais c'est... je sais pas... normal? Que je sache ce que tu ressens. Tu es mon petit ami après tout.
-Oui, mais... Moi je suis pas sûr de pouvoir distinguer quand tu souris pour de faux, ou quand tu souris pour de vrai.

Peter passa ses mains derrière sa nuque et lui releva la tête pour que leurs regards se croisent.

-Moi je suis sûr que tu peux. Fais-moi confiance, et fais-toi aussi un peu confiance.

Il caressa sa joue du pouce.

-D'accord?
-D'accord, mais...
-Sssssch... J'ai dit: fais-nous confiance. T'as beau être un as question équitation et relation avec les chevaux, question relations avec les êtres humains, t'as toujours un peu de mal. Alors avec moi au moins, arrête de douter et laisse-toi aller. Tu ne crains rien du tout. D'accord?

Mikaël, vaincu par la douceur des mots de Peter, de ces mots qu'il avait souhaités entendre depuis si longtemps, hocha la tête. Peut-être que oui, il pourrait être pleinement lui-même avec Peter, et leur relation pourrait alors peut-être durer plus que quelques mois.

-Peter?
-Oui.
-Je sais que je vais probablement être un enfer à vivre au jour le jour. J'ai des sautes d'humeur régulièrement, t'as dû le remarquer, même si c'est vrai que j'en ai pas eu beaucoup avec toi. Pour l'instant, y'a juste le cheval qui réussit à me calmer. Et encore pas tout le temps. Y'a juste Jéricho qui est une valeur sûre pour me calmer. Mais ça va changer. Je vais tout faire pour changer ça.

Peter sentit que Mikaël se raccrochait à cette promesse de changement comme un alpiniste à sa corde alors qu'il pend dans le vide. Comme si leur couple ne tiendrait qu'à cette seule condition. Mais Peter ne voulait pas de ça, alors il le tempéra aussitôt.

-Eh... Je t'ai pas demandé de changer. Je ne veux pas que tu changes, enfin, pas de trop. C'est parce que tu es comme tu es qu'on est ensemble. C'est parce que tu te donnes tellement à fond dans le cheval que tu as attiré mon attention. Alors ne change pas ça, ne change surtout pas ça. Continue à faire ce que tu aimes, et tout ira bien.

Mikaël, plus que touché, enfouit sa tête dans son T-shirt et hoqueta quelques larmes et des remerciements. Peter lui caressa le dos, pour le réconforter, et embrassa ses cheveux.

-Mikaël?
-Hmmm?
-Je crois que l'omelette a cramé.
-Merde.

Mais aucun des deux ne bougea et Peter se contenta d'éteindre la plaque électrique.



     Après ce semblant de dispute, le couple passa une après-midi tranquille. Ils arrangèrent un peu l'appartement, pour que l'atmosphère de célibat qui y régnait disparaisse. Mikaël installa tous ses vêtements dans l'armoire de la chambre et réorganisa le placard à balais pour y mettre quelques unes de ses affaires d'équitation, le reste retournant dans sa case au club.

Il sortit aussi quelques cadres photos de son sac. Sur l'une des photos, on le voyait en train de sauter un oxer bleu étoilé lors de son premier concours en tant que professionnel, alors qu'il avait seize-dix-sept ans, et sur l'autre on le voyait dans un pré avec un poulain bai, qui se trouvait être Jéricho. Ces deux cadres allèrent dans le salon, sur une étagère, à côté de quelques bouquins de fantasy. Le troisième cadre le représentait lui vers douze ans avec, collé à lui, un garçon d'environ six ans, brun et les yeux marrons comme lui, sur un fond bleu un peu nuageux, typique des photos scolaires, et il alla sur sa table de nuit. Peter insista pour qu'il sorte quelques-unes de ses coupes, et Mikaël, après d'âpres négociations, consentit à mettre sur une étagère sa première coupe, et celle du championnat du monde de CSO de l'année précédente, qu'il avait gagné surtout par chance, selon lui.

Lorsqu'enfin les sacs de Mikaël se trouvèrent à peu près vides, ils entreprirent d'installer dans le salon le coin peinture pour Peter. Ils tendirent une bâche en plastique sur le sol et posèrent le chevalet dessus, regardant vers la fenêtre. Puis ils mirent à côté un petit meuble roulant qui était auparavant dans la cuisine, et sur lequel Peter installa tout son barda. Pendant qu'il mettait de l'ordre dans ses pinceaux et ses tubes de peinture, Mikaël s'installa sur le canapé pour bouquiner. Le titre l'avait attiré, surtout qu'il en avait déjà entendu parler par plusieurs personnes au club, et il avait pris "Les hommes qui n'aimaient pas les femmes" sur l'étagère. Rapidement, l'écriture de Stieg Larsson l'emporta et il ne put détacher ses yeux des pages couvertes de caractères imprimés, même lorsque Peter lui annonça qu'il avait fini de ranger. Alors, inspiré par la vue de ce Mikaël si concentré sur son livre, il décida de le dessiner. Ils ne replongèrent dans le monde réel que deux heures plus tard, lorsque leurs estomacs se manifestèrent.

-Tu veux quoi pour manger? demanda Peter en posant son fusain.
-Euh... Pizza? On pourrait commander.
-Ca me va! Je me prends une haïtienne, et toi?
-C'est quoi la haïtienne?
-Celle avec de l'ananas.
-Alors la même chose, conclut Mikaël, en fermant enfin son livre.
-Parfait. J'appelle tout de suite la pizzeria.

Il sortit son téléphone et tapa le numéro inscrit sur un flyer aimanté sur le frigidaire. Puis il revint s'asseoir sur le canapé à côté de son compagnon, passa la commande et raccrocha.

-Dans dix minutes.
-Okay.

Il se rapprocha de lui et se lova dans ses bras, cherchant un peu d'apaisement dans la chaleur de son corps. Ils restèrent ainsi silencieux jusqu'à ce que l'interphone sonne. Peter alla payer le livreur et récupéra la pizza. Ils eurent la flemme de déplier la table, qu'ils avaient rangée pour laisser un peu d'espace avec le nouveau coin peinture, et mangèrent directement sur la table basse, entre le canapé et la télévision, à même le carton de la pizza. Après avoir bien entamé sa première part de pizza, Peter posa une question qui lui semblait assez stupide, mais à laquelle il n'arrivait pas à trouver une réponse satisfaisante de son point de vue, néophyte qu'il était dans le monde du cheval.

-Dis Mikaël...
-Hmmm?
-Je me demandais, c'est quoi l'intérêt de doper des chevaux?

Mikaël releva la tête, étonné que l'inspecteur qu'était Peter pose une telle question.

-Bah, c'est comme pour tous les dopages, je suppose. Pour améliorer les performances. Mais tu devrais savoir ça mieux que moi.
-A vrai dire, c'est ma première affaire de dopage. Je fais pas partie de la brigade des stups, tu sais. Je suis plutôt du versant crim, enfin un truc du genre. Notre service fait un peu de tout, et c'est pour ça qu'on a été recruté pour cette affaire. Parce que les stups étaient un peu débordés. Donc, pour en revenir à notre affaire, je comprends pourquoi on voudrait doper des chevaux de course. Pour aller plus vite, et tout. Mais est-ce que ça joue sur les sauts? Et puis pour le dressage surtout, à quoi ça sert de doper un cheval pour le dressage?
-Pour le saut, je pense que c'est utile. Le dopage doit faire un truc sur les muscles, les rendre plus puissants, et ça va permettre aux chevaux de sauter plus haut. Et puis aller plus vite dans les courbes. Tu vois, ce genre de trucs. Pour le dressage, par contre, je vois pas l'intérêt. Sauf en concours complet. Parce que là tu dois enchaîner toutes les épreuves avec le même cheval, et c'est très crevant. Et je suppose que les chevaux dopés sont plus endurants.

Mikaël fit une pause et prit une bouchée de pizza avant de reprendre.

-Enfin, je suppose, je suppose. J'ai jamais testé, hein!
-Evidemment.

Peter l'embrassa au coin de la bouche et les deux hommes rirent. Ils finirent leur repas et regardèrent un peu la télé ensemble. Ils tombèrent sur une rediffusion de la comédie musicale Jesus Christ Superstar, et regardèrent jusqu'à la fin, s'amusant à chanter par dessus les comédiens. Ils allèrent ensuite se coucher et Mikaël annonça la couleur pour le lendemain matin.

-Peter?
-Oui?

Peter passa son bras derrière la tête de Mikaël, pour lui servir d'oreiller.

-Demain, faut que je parte vers 5h30 de chez toi.
-De chez nous, corrigea-t-il doucement.

Mikaël s'installa sur le bras de Peter et mit le sien en travers du ventre de son compagnon.

-Et il faut vraiment que tu partes aussi tôt?
-Ouais. J'ai réussi à négocier de ne plus loger là bas et de continuer à bosser, mais seulement à mi-temps. Ils étaient pas super contents que je demande un temps partiel, mais un temps plein en vivant ici, c'était juste pas possible. Ca m'aurait fait partir tôt et rentrer super tard. Bref, j'ai eu mon mi-temps, et ils préféraient que je le fasse le matin. Et moi aussi, à vrai dire.
-Pourquoi?

Peter entortilla une mèche de cheveux bruns et Mikaël caressa le ventre plat.

-Bah le matin, on sera tous les deux pressés pour partir au boulot. On sera pas forcément de bonne humeur, et tout. Et on peut passer beaucoup plus de temps ensemble le soir.
-Hum... Pas faux... Mais ça veut dire que tu vas devoir te lever tôt.
-Ouais, mais j'ai l'habitude.

Les doigts de Peter descendirent dans son cou puis sur sa clavicule, et ceux de Mikaël descendirent d'autant.

-Ouais mais bon quand même. Ca veut dire qu'on va pas pouvoir... tu vois... jusque très tard dans la nuit.

Mikaël sourit et fit glisser ses doigts sur le boxer rouge de Peter, juste au niveau de l'aine.

-Dans ce cas, on va devoir se coucher plus tôt, n'est-ce pas?
-Oui, je crois aussi, soupira-t-il, alors que les doigts de Mikaël arrivaient à l'intérieur de sa cuisse et remontaient tout doucement.

Mikaël rigola et accentua ses caresses en souriant: l'heure qui allait suivre promettait d'être bien remplie.
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12 mars 2010 5 12 /03 /mars /2010 21:21

Rin

Waow! Ca fait des lustres que je n'ai pas écrit dans cette catégorie! Et bien, pour la reprise, j'ai décidé de vous faire découvrir un shonen-aï/yaoi magnifique, que j'ai relu il n'y a pas si longtemps.
Et au passage, je remercie mes deux co-externes qui m'ont redonné envie de faire une review, à force de parler mangas entre nous. Et pour celui qui fêtait son anniversaire aujourd'hui, je ne sais pas si tu te souviens, mais je t'avais parlé d'un manga sur le kyudo, et bah c'est celui-là! ;-)




Rin-p001.jpg


Titre: Rin
Auteur: Satoru Kannagi
Dessinateur: Yukine Honami
Tomes: 3
Remarques: l'histoire a pour pilier le kyudo (archerie traditionnelle japonaise), mais ce n'est pas nécessaire de connaître toutes les subtilités de ce sport pour lire ce manga. Bien au contraire. C'est un peu comme I'll avec le basket: c'est un support essentiel, mais ce n'est pas le but de l'histoire. En plus, il y a quelques pages explicatives auxquelles on peut se référer si on veut bien tout comprendre.
C'est la team Division XIII qui s'est chargé du scantrad de ce manga, et elle a fait du bon boulot. A télécharger ici.

Pour faire on ne peut plus simple, il s'agit d'un shonen-aï (ou yaoi, si vous voulez, parce qu'il y a quelques scènes explicites, mais vu la douceur d'ensemble, je préfère dire shonen-aï) qui mêle amour et amitié, comme bien souvent.
Yamato Kobayashi et Sô Shibata sont deux amis d'enfance en dernière année de lycée, et qui pratique le kyudo à un très bon niveau. Katsura Kobayashi est le petit frère de Yamato, et va dans le même lycée que lui et Sô, et il pratique lui aussi le tir à l'arc. Cependant, il est sujet à une anxiété chronique, qui le gêne énormément lors d'épreuves importantes, et Sô est le seul qui puisse le calmer. Pourtant, peu à peu, son arc va devenir de plus en plus perturbé...

L'histoire, comme je l'ai dit plus haut, n'est pas centrée uniquement sur le kyudo. Ou plutôt, ce n'est pas une histoire qui met en scène le kyudo, mais le kyudo qui met en scène une histoire. Comme pour I'll, c'est basé essentiellement sur les sentiments, et on se concentre surtout sur le personnage principal, Katsura. On va suivre toutes ses périgrinations sentimentales (amicales et amoureuses), et tout le manga est raconté de son point de vue, ou presque. C'est raconté avec beaucoup de justesse et de douceur, sans tomber dans le pathos ou dans le ridicule. Ce n'est caricatural à aucun moment, et on peut très facilement s'identifier à l'un ou l'autre des personnages. Cette douceur et ce réalisme sont vraiment deux choses que j'ai appréciées dans ce manga.

Le scénario est simple et peu original. Vous prenez le parcours d'un lycéen japonais, et paf! Vous avez en gros le scénar du manga. Mais c'est bien mené, sans extravagances superflues ou burlesques. Il y a vraiment une ligne de récit claire, facile à suivre, sans pour autant que cela soit ennuyeux, car les rebondissements et les questionnements sentimentaux sont foisons.

Les dessins sont magnifiques de mon point de vue, très très agréables (j'adore tout ce que fait Yukine Honami). C'est précis, épuré, trsè expressif, et il y a des cases un peu plus humouristiques pour se détendre. Le décor n'est pas très fouillé, et en général inexistant, ou alors très classique. C'est chose courante dans les mangas, donc ça ne me choque pas outre-mesure. Et puis, ça permet de se concentrer plus sur les personnages et leurs attitudes.

Bref, lisez-le, vous ne serez pas déçus! ;-)


Rin-v2-p005.jpg
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Published by Skorpan - dans BD-Manga
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7 mars 2010 7 07 /03 /mars /2010 23:51
Je suis crevée comme jamais (debout depuis cinq heures 45 du matin, dehors depuis six heures du matin, rentrée chez moi à 20h, après rangement de barres et d'obtascles de cross, tout ça pour un pseudo CCE... -_-'), donc je ne ferai qu'une chose: vous souhaiter une bonne lecture! En espérant que vous allez bien... =D



Central-Park-Lovers.jpg


Ravi, presque sautillant de revoir cet homme qu'il n'avait pas vu depuis longtemps, le plus jeune s'approcha et posa une main sur l'épaule de l'homme, concentré sur sa toile. Celui-ci se retourna, et une intense surprise prit place sur son visage, avant d'être remplacée par une joie immense.

-Mikaël Blowsworth! Je te croyais parti pour l'autre monde depuis le temps!

Il se leva et prit rudement le jeune homme dans ses bras, le serrant fort contre lui.

-Eh non, old man, le cheval ne m'a pas encore tué. Et toi alors, toujours en train de peindre!
-Comme tu vois! Ah, ça fait vraiment du bien de te revoir. Ca fait tellement longtemps.
-Ouais, désolé, c'était pas très correct de ma part. J'ai pas eu beaucoup de temps libre.

Mikaël parut gêné un instant, avant de reprendre plus joyeux.

-Mais là, c'est mon premier weekend de libre depuis des années, et où je ne suis pas blessé, alors j'ai sauté sur l'occasion pour venir te voir. Et je voulais te présenter ce monsieur là aussi.

Il posa une main sur l'épaule de Peter et d'une légère pression, l'obligea à avancer.

-Clem, voici Peter MacLean. Et Peter, voici Clement Burnt. Comme vous peignez tous les deux, je me suis dit que vous pourriez bien vous entendre.

Clement parut ravi de l'initiative et entama tout de suite la conversation. Peter fut plus réservé, mais rapidement fut pris dans la discussion. Cela faisait longtemps qu'il n'avait pas eu l'occasion de discuter peinture, surtout avec quelqu'un d'aussi cultivé que Clem. Car si le vieil homme ne payait pas de mine, avec un vieux pantalon rapiécé et une veste dans le même état, sa mémoire était par contre une véritable mine d'or. Les deux jeunes hommes s'assirent dans l'herbe, et en face d'eux, toujours assis devant son chevalet, Clem décida de les croquer tout en continuant la conversation.

Au bout d'environ deux heures, Mikaël décréta qu'il avait faim, et Peter sortit quelques biscuits de son sac à dos. Les trois hommes se servirent, et burent un peu d'eau à la bouteille. Ils savourèrent en silence ce goûter léger, et se plongèrent dans leurs réflexions. Clem, cependant, continuait à dessiner les deux hommes: ce qu'il y avait sur la toile ne correspondait pas à ce qu'il voyait mais à ce qu'il devinait d'eux. Ce fut Mikaël qui, le premier, rompit le silence.

-Hey, old man, tu as des nouvelles de Dan?
-Ah! J'en étais sûr! C'est pour le voir que t'es venu!
-Non! Enfin, en partie, je me disais que j'avais une chance de le trouver ici, marmonna-t-il.

Clem lui fit un sourire indulgent, et Peter suivait l'échange avec intérêt, même s'il n'y comprenait pas grand chose pour l'instant.

-T'as pas de chance, il est passé hier. Il a dû rester une heure à croquer avec moi, et puis il est parti. En ce moment, t'as plus de chance de le trouver à son école. Ou le soir, chez toi.
-Ce n'est pas chez moi là-bas, grinça-t-il.
-Ok, ok, chez tes parents alors. Son école d'art lui prend beaucoup de temps et d'énergie, donc il ne vient plus trop ici. Mais il m'a dit qu'il essayait d'être chaque soir à la maison, dans l'espoir que tu viennes leur dire bonjour un de ces jours.
-L'odeur de la peinture a dû lui monter à la tête, grommela-t-il. Là-bas, moins j'y vais, mieux je me porte.

Peter sentait que Mikaël se tendait de plus en plus et dans l'espoir de l'apaiser, il lui attrapa doucement la main, et en caressa le dessus avec son pouce. Mikaël lui fit un sourire reconnaissant.

-Mikaël, c'est qui Dan?
-C'est mon petit frère, il a 19 ans, il me semble, expliqua-t-il. On s'entend très bien, mais on n'a plus trop le temps de se voir. Moi à cause de l'équitation. Comme tu le sais, ça me bouffe quasiment tout mon temps. Et lui, il vit toujours chez nos parents, et j'ai pas très envie de tomber sur mon père, ni sur James. En plus maintenant, il a commencé une école d'art, et apparemment, ça lui prend du temps, c'est ça Clem?
-Ouais, il adore ça d'ailleurs. Il apprend plein de nouveaux trucs, et franchement, je pense que c'est ça qui lui correspond. Je l'ai jamais vu aussi épanoui.
-Tant mieux, fit-il pensif.
-Tiens, c'est ça qu'il voulait que je te dise dans le cas improbable où je te vois: il te remercie infiniment de lui payer l'école parce que c'est pas avec son petit boulot qu'il aurait pu la payer.
-Bah, c'est pas grand chose. C'est normal de faire ça pour lui, répliqua-t-il nonchalamment, ne voulant pas s'appesantir sur la chose.

Mais cela ne semblait pas être l'avis du vieil homme.

-Mikaël Blowsworth, écoute-moi bien pour une fois. C'est pas au grand frère de prendre en charge tous les frais de scolarité du petit frère. C'est aux parents de payer les frais, au moins en partie. Surtout que là, il ne s'agit pas de "pas grand chose". C'est plusieurs milliers de dollars, Mikaël! Cet argent, tu pourrais l'utiliser pour faire autre chose, ou pour moins travailler.
-C'est bon Clem, je sais ce que je fais. Laisse-moi gérer ma vie comme je veux! s'énerva le jeune homme.
-Mais...
-Clement, l'interrompit doucement Peter en le regardant droit dans les yeux, vous nous excusez deux minutes?
-Bien sûr, acquiesça-t-il, quoiqu'un peu surpris.

Peter se leva et encouragea Mikaël à faire de même. Puis il s'éloignèrent d'une trentaine de mètres, de façon à ce que leur conversation reste entre eux deux.

Clement les regarda s'éloigner et les observa avec attention. La conversation semblait monter de ton, et le blond semblait enguirlander celui qu'il considérait comme son petit-fils. Mikaël, évidemment, ne se laissait pas faire, et répliquait. Il pouvait presque entendre ce qu'il lui disait pour l'avoir déjà entendu auparavant: "C'est ma vie, pas la tienne! J'en fais ce que je veux et tu n'as absolument aucun droit d'interférer!". C'était ce que Mikaël lui avait hurlé quand il lui avait suggéré d'aller se faire soigner dans une clinique, ou qu'il pouvait lui payer des cours en plus pour qu'il puisse reprendre le lycée. Le jeune homme était décidément trop fier des fois.

Au bout d'un moment, il vit le blond craquer -Mikaël ne craquait jamais dans de tels rapports de force-: ses épaules s'affaissèrent, et il porta une main à ses yeux, probablement pour essuyer des larmes naissantes. Mikaël se calma presque aussitôt et s'approcha timidement de celui qui lui faisait face. Il posa une main dans son cou et Peter, après quelques secondes d'hésitation, posa sa tête sur son épaule et enroula le corps du brun de ses bras. Mikaël, enfin, murmura quelques mots et posa un baiser dans les cheveux blonds. Un sourire étira les lèvres de Clement: il avait deviné juste. Les deux hommes revinrent quand le blond fut calmé et Mikaël s'excusa.

-Désolé Clem, j'aurais pas dû crier après toi.
-Ne t'en fais pas, je te connais à force. Sur ce messieurs, j'ai passé une après-midi des plus agréables en votre compagnie, mais je dois me rentrer. Sinon, je vais me faire passer un savon par ma femme, expliqua-t-il en roulant des yeux.

Les deux hommes rigolèrent de bon cœur et Clement remballa ses affaires, avant de leur faire ses adieux.

-Mikaël, appelle Dan de temps en temps, ça lui ferait vraiment plaisir. Prends bien soin de toi, ne tombe pas trop et profite de la vie. Et surtout ne crie pas à tort et à travers, tu sais que ça n'arrange rien.
-Je ferais de mon mieux, promit-il avant de l'enlacer.
-Quant à vous, Peter, veillez bien sur cet imbécile de Mikaël. Et prenez soin de vous: la vie n'est pas de tout repos. Surtout lorsqu'on doit la partager avec quelqu'un d'aussi sensible que lui.

Ils se serrèrent amicalement la main, et le vieil homme s'apprêta à partir. Cependant, avant de les quitter, il détacha une feuille de son carnet à croquis qu'il leur tendit.

-Cadeau de la maison, faites-en ce que vous en voulez. Sur ce, je vous quitte vraiment. Bonne soirée, messieurs!

Le vieil homme, chargé de son chevalet et de ses autres affaires de peinture, s'éloigna à travers la pelouse du parc. Lorsqu'il eut disparu de leur vue, ils s'intéressèrent enfin au dessin, que Mikaël avait tenu face tournée vers le sol tout le temps. Lorsqu'il le retourna, leurs souffles s'arrêtèrent de surprise.

-Rah le salaud! Il avait deviné! ragea Mikaël, mais plus amusé qu'en colère.
-Ah là, c'est sûr, y'a pas de doute. Il avait deviné. Mais qu'est-ce qu'il dessine bien.
-N'est-ce pas? Je te trouve plutôt réussi. Je crois même qu'il t'a rajouté quelques muscles.
-Ah non! C'est pas vrai, je les ai mes muscles. Touche-moi ça, dit-il en levant son T-shirt pour montrer ses abdominaux.
-Hum, pas mal, pas mal, admit Mikaël en les palpant. Mais ils ont l'air mieux sur le dessin.
-Attends, tu vas pas me dire que tu préfères le dessin à moi! s'offusqua-t-il.

Il attrapa Mikaël par la taille et le colla contre lui, avant de l'embrasser avec passion. Ses mains se baladaient dans son dos jusque sur ses fesses, et le désir commençait à se faire sentir dans les deux corps.

-Alors? Tu préfères toujours le dessin? murmura Peter à son oreille, d'une voix un peu rauque.
-Je dois reconnaître que tu... commença-t-il avant d'être interrompu par quelques bisous derrière son oreille. Que tu présentes quelques... quelques avantages... incontestables.
-N'est-ce pas? Mais d'un autre côté, tu es plutôt pas mal dessiné toi aussi...
-Hey! Je suis mieux! s'offusqua Mikaël à son tour.

Les deux hommes se chamaillèrent encore à propos du dessin qui les représentaient tous les deux assis dans l'herbe, se lançant des regards en coin et se tenant la main comme n'importe quel couple. Ils ne cessèrent leurs gamineries qu'en sortant de Central Park, par la 85ème, se faisant happer par la foule de la 5ème avenue. Ils avisèrent l'heure et décidèrent de continuer à se balader un peu avant de se poser dans un restaurant. Mais auparavant, Peter obligea Mikaël à appeler son petit frère. Il lui prêta son portable, vu qu'il ne lui restait que quelques cents de crédits, et lui fit les gros yeux pour qu'il l'appelle tout de suite.

-Allez, je sais que t'en as envie. Et Dan a l'air de vraiment tenir à toi, d'après ce qu'a dit Clem.

Mikaël regarda le portable et le fit tourner entre ses doigts, hésitant, puis finalement, il tapa le numéro de son petit frère.

-Tu sais que tu peux être vraiment chieur, toi des fois, lui lança-t-il avant de s'éloigner.

Peter sourit, ne prenant pas l'insulte pour argent comptant, et regarda son compagnon passer son coup de fil. Cela semblait le stresser légèrement: il se rongeait les ongles tandis que les sonneries s'égrenaient. Moins de deux minutes plus tard, il revint et tendit son téléphone à Peter.

-Ca répondait pas. Je lui ai laissé un message. Content?
-Très!

D'un accord implicite, les deux hommes quittèrent l'avenue bondée et cherchèrent un peu de calme dans les rues
adjacentes.



     Ils avaient dîné dans un restaurant de Harlem, profitant du temps assez doux en soirée pour s'installer en terrasse. Le repas n'avait pas été extraordinaire, culinairement parlant, mais ils avaient tous deux passé un moment très agréable. Ils étaient ensuite rentrés à pied, tranquillement, et avaient vu la nuit tomber sur la Grande Pomme, qui restait illuminée, quoiqu'il arrive. Une fois chez eux, ils se douchèrent rapidement et allèrent se coucher immédiatement. Ils avaient envie de ne rien faire ce soir là, ou du moins, rien qui ne se satisfasse pas d'un lit.

Allongés l'un à côté de l'autre, Mikaël se rapprocha de son amant, cherchant sa chaleur, et posa un bras en travers de son ventre, comme une marque de possession. Peter, charmé par ces petites marques d'affection, sourit et l'embrassa sur le sommet du crâne, tout en caressant sa nuque. Mikaël, dès le second baiser, glissa une de ses jambes entre celles de son compagnon et commença à les caresser, tout comme il commençait à caresser son ventre de ses doigts.

-Dis, c'est moi ou tu cherches à m'allumer? murmura le blond dans les mèches brunes de son compagnon.
-Mmmh... Je dirais que ce n'est pas toi, fit Mikaël malicieusement.

Il releva la tête et capta un regard vert teinté de désir qui l'encouragea, si jamais il en avait eu besoin. Avec un peu d'effort, il atteignit sa bouche et l'embrassa avec douceur, de façon si aérienne que Peter alla chercher ces lèvres qu'il avait à peine eu le temps de goûter. Mikaël aurait voulu jouer un peu plus longtemps, mais finalement les lèvres de Peter lui manquaient elles aussi bien trop pour qu'il s'en privât plus longtemps. Leurs bouches se taquinèrent, leurs lèvres s'amusèrent et leurs langues jouèrent à cache-cache, avant de se trouver et de partager une intimité certaine.

Mais bientôt, cela ne leur suffit plus, et Peter, qui s'était retrouvé au-dessus dans la bataille, partit chérir le reste du corps de son amant. Le cou fut chatouillé, les bras caressés, le T-shirt enlevé. Il resta un instant assis sur les cuisses de Mikaël, à se repaître de la vue de son torse et de ses abdominaux, et le jeune homme allongé s'impatienta. Il se redressa et vint chercher la bouche de Peter. Ses mains quittèrent son visage pour se poser sur ses cuisses, puis remontèrent sur les hanches, et se glissèrent sous le T-shirt, à même la peau nue. Peter trembla, de désir, d'excitation, de plaisir. Alors Mikaël remonta ses mains encore plus lentement le long des flancs. Il les passa sur les pectoraux, et effleura les tétons, ce qui fit gémir Peter. Mikaël sourit de voir l'effet qu'il lui faisait et interrompit un instant leur baiser.

-Y'a pas de raison que je sois le seul torse nu, murmura-t-il dans un sourire.

Et il enleva d'un seul coup de T-shirt de Peter. Aussitôt, leurs torses se collèrent l'un à l'autre et leurs mains parcoururent chaque centimètre de peau nue qu'elles purent trouver. Leurs bouches rapidement ne se suffirent plus à elles-mêmes et celle de Peter plongea dans le cou de Mikaël, léchant, embrassant, suçant tout ce qu'elle pouvait. Mikaël frissonna: les sensations que Peter lui procurait avaient un avant-goût de paradis. Sous l'impulsion du plus vieux, il se rallongea et son pantalon rejoignit les deux T-shirt par terre. De même que son boxer quelques minutes plus tard. Peter semblait pressé et cela mit Mikaël un peu mal à l'aise: puisqu'ils n'avaient aucune obligation le lendemain, il aurait voulu prendre son temps. Découvrir le corps de son homme avec lenteur, avec gourmandise, avec plaisir.

-Eh Peter, murmura-t-il en posant ses mains sur ses épaules pour l'obliger à se redresser. On a toute la nuit devant nous, tu sais.

Le blond remonta jusqu'au niveau de son visage, et avec une moue boudeuse, déclara.

-Tu m'as chauffé une bonne partie de la journée, plus pendant le dîner, et là y'a même pas un quart d'heure, alors je suis un peu beaucoup excité, si tu vois ce que je veux dire.

Mikaël glissa sa main droite entre eux deux et la posa sur l'entrejambe de son compagnon.

-Effectivement, je vois, fit-il avec un sourire lubrique. Mais tu sais ce qu'on dit?
-Mmmh... naan... gémit-il alors que Mikaël avait un peu resserré sa prise.
-Plus on attend, meilleur c'est. Tu ne crois pas?

Mikaël retira soudainement sa main et un gémissement plus important passa les lèvres de Peter.

-Salaud... Tu vas me faire attendre longtemps?
-Hum... Je sais pas... Est-ce que tu as été sage? ... Est-ce que tu crois que tu le mérites?

Tout en parlant, Mikaël avait posé ses mains dans le bas du dos du plus âgé, et lentement les avaient descendues. Les reins avaient été franchis, et maintenant, les fesses étaient caressées, empoignées, malaxées. Et Peter commençaient à bouger les hanches, à la recherche de caresses plus poussées, à la recherche d'autre chose. Mais jamais Mikaël ne franchissait la limite, et il laissait Peter dans l'expectative de ce qui allait suivre. Au bout de plusieurs minutes cependant, il consentit à lui enlever son boxer -il ne portait pas de pantalon de pyjama ce soir là- et ils se retrouvèrent tous deux nus. Peter hésita une demi-seconde, consulta du regard Mikaël puis s'allongea complètement sur lui: ce n'était certes pas leur premier moment intime ensemble, mais le doute subsistait toujours un peu face à cet inconnu du plaisir gay qu'ils découvraient un peu plus à chaque fois. Avoir le corps d'un autre homme que soi à sa disposition avait encore ce léger goût d'interdit, et cela ne faisait que rajouter à l'excitation ambiante.

L'un sur l'autre, ils sentaient parfaitement leurs érections respectives, témoins sans conteste de leur excitation. Les respirations s'étaient faites plus lourdes, plus rapides, et sans en avoir vraiment conscience, Mikaël avait passés ses bras autour du cou de Peter et ses jambes autour de ses hanches. Lentement, leurs bassins se mirent à se mouvoir ensemble et ils s'embrassèrent au même rythme. Peter, peu à peu, se fit plus avide et accéléra le mouvement. Leurs bouches se détachèrent et leurs gémissements se firent audibles dans le silence de la chambre.

Le plus vieux, toujours un peu plus entreprenant, laissa sa langue glisser sur le cou du brun, sur son pectoral droit, titillant son mamelon au passage, puis sur ses abdominaux, s'amusant à y dessiner des courbes compliquées. Rapidement, cependant, il atteignit l'aine, et sa bouche, en quelques baisers, atteignit la base du sexe de Mikaël. A ce contact, le jeune homme se cambra et émit un son plus guttural que les autres. Satisfait, Peter entreprit de remonter le long du pénis, alternant baisers et petits coups de langue, ce qui augmentait manifestement le plaisir du cavalier, dont les mains lui massaient avec conviction le cuir chevelu. Arrivé au niveau du gland, il le contempla, hésitant sur la conduite à tenir. Il leva les yeux vers le visage tendu de plaisir de son compagnon, et cela effaça ses dernières réticences. Ils en avaient tous deux envie, et la peur qu'il ressentait n'était que celle de l'inconnu. Alors au diable les moralisateurs bienséants de son enfance, il se mit à lécher, puis à sucer, le gland offert, ainsi que le reste.

-Han! ... Peter... Pet... Peter...

Mikaël appréciait et gémissait son prénom, c'était tout ce qui comptait pour l'instant. Quelques instants plus tard, Peter remarqua que les tremblements de son amant se faisaient plus erratiques et plus intenses, alors il remplaça sa bouche par sa main sur son pénis, et remonta pour l'embrasser dans le cou. Il voulait l'entendre jouir, alors il était hors de question de l'embrasser maintenant, même si les lèvres du brun lui manquaient. Peter accéléra soudain la cadence des va-et-viens sur le sexe du jeune homme, et il n'en fallut pas plus à Mikaël pour jouir. Un cri rauque sortit de sa gorge tandis que son sperme venait s'étaler sur son ventre et que ses mains se crispaient sur les draps. Laissant son amant reprendre tranquillement ses esprits, Peter s'allongea à ses côtés. Il passa possessivement un bras autour de son torse et une jambe autour des siennes, son sexe, non soulagé, se retrouvant collé contre sa hanche. Il essaya d'en tenir le moins compte possible, et attendit patiemment que Mikaël fut un peu plus réceptif.

-Ca va? chuchota-t-il dans son cou.
-Mmmh... soupira le brun.
-Je sais pas si c'était... bien, continua Peter. C'était ma première fois, alors par rapport à celles que tu as eues avant...
-Franchement, au vu du résultat, je crois que tu peux te douter de comment c'était, plaisanta Mikaël, tournant enfin la tête vers lui.

Peter rougit un peu, et balbutia, alors que ses réticences, tapies au fond de lui par l'emportement du désir, refaisaient surface, profitant de ce moment de sérénité.

-Oui, oui, mais quand même...
-J'ai adoré, si tu veux tout savoir. Et arrête de te poser trop de questions. Cela n'aurait pas été mieux si cela avait une fille qui me l'avait fait. D'accord?
-Mais...
-D'accord? répéta-t-il un peu plus fort.
-D'accord...
-Peter, regarde-moi dans les yeux s'il-te-plaît... C'était bien... C'était génial même, parce que c'était toi. Personne d'autre n'aurait pu me faire jouir comme tu l'as fait, rentre toi bien ça dans le crâne.

Il déposa un baiser sur le bout du nez de Peter, puis de sa main, il traça une ligne plus ou moins droite du milieu de son torse jusqu'à son nombril. Il contourna en la frôlant son érection et attrapa délicatement ses testicules.

-Je crois que tu as attendu suffisamment longtemps pour que cela soit excellent, murmura-t-il, et Peter approuva avec force de gémissements alors qu'il commençait ses caresses.

Malgré la légère maladresse adorable de Mikaël, Peter parcourut les nues dans tous les sens, et les deux amants se choyèrent mutuellement pendant une bonne partie de la nuit, découvrant avec plaisir le tube de lubrifiant qu'il y avait dans la table de nuit, et l'usage qu'ils pouvaient en faire.
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1 mars 2010 1 01 /03 /mars /2010 20:28
Bonne lecture! =D



Crampons-59.jpg

     Une fois propres et habillés, les deux hommes quittèrent leur appartement, et se mirent à la recherche d'un café. Il était midi un peu passé lorsqu'ils trouvèrent enfin un établissement qui avait l'air de proposer quelque chose de mangeable, en plus d'être bien décoré et pas trop cher. Mikaël râla car ce n'était plus l'heure du brunch, et que la serveuse refusait strictement de lui servir un croissant, un peu de confiture et un bol de céréales. Il se rabattit donc sur quelque chose de plus classique pour un déjeuner, et un quart d'heure plus tard, ils furent servis.

-L'omelette du chef?
-C'est pour moi, fit Mikaël, le ton froid, toujours un peu énervé qu'on lui ait refusé son brunch.

La serveuse déposa le plat, une omelette avec du bacon et des haricots verts, devant Mikaël de façon un peu brutale. Elle sembla s'en rendre compte puisqu'elle déposa l'assiette de Peter plus délicatement.

-Et donc, les pâtes au saumon sont pour vous, monsieur, conclut-elle avec un grand sourire pour Peter.
-Tout à fait, confirma-t-il en lui rendant son sourire, quoiqu'en moins enthousiaste.

Elle allait partir lorsque Peter lui demanda de leur apporter du pain et une carafe d'eau. Toujours souriante, elle acquiesça et deux minutes plus tard, elle leur apporta ce qui leur manquait, avant de les laisser déguster leur déjeuner -à défaut de brunch- tranquillement. Mikaël s'attaqua assez rageusement à son omelette, et ce ne fut que lorsque trois haricots verts furent éjectés successivement de son assiette qu'il consentit à se calmer, et à manger plus proprement. Quant à Peter, l'énervement de son compagnon semblait l'amuser, même s'il n'en comprenait pas bien la cause.

-Quelque chose te tracasse? lui demanda-t-il en rigolant à moitié. Parce que t'es en train de faire un véritable génocide de tes haricots et de ton omelette.
-Roooh! Ca va! Arrête de te foutre de ma gueule! répliqua-t-il aussitôt, mais le sourire pointant aux coins de ses lèvres était visible.
-Alors, alors? Enervé?

Mikaël ne dit rien le temps d'avaler deux bouchées d'omelette, puis avoua.

-Moui, un peu...
-Et puis-je savoir ce qui énerve mon petit ami en cette journée ensoleillée et prometteuse?
-Peut-être le fait que mon petit ami, justement, se fasse draguer par la première pouffiasse venue, déclara-t-il, mi-moqueur mi-énervé, tout en enfournant une bouchée de haricots agrémentés de bacon.
-La première pouffiasse ve... répéta-t-il avant de comprendre. Ah! La serveuse tu veux dire!
-Hmm...
-Mais elle ne me draguait pas...

Mikaël lui fit des yeux noirs et Peter se rétracta: il ne valait mieux pas le mettre véritablement en colère, surtout qu'il avait en bonne partie raison. La serveuse lui avait fait de l'œil, avait cherché à attirer son attention de plusieurs manières et avait été beaucoup plus sympathique avec lui qu'avec son compagnon de table. Il fallait dire aussi que le presque scandale qu'il lui avait fait au début du repas pour tenter d'avoir un brunch n'avait pas joué en sa faveur.

-Bon d'accord, elle me draguait un peu. Mais moi j'ai été correct. J'allais pas l'envoyer bouler non plus.
-Ah, mais je ne te reproche rien. C'est juste elle. Elle m'horripile...

Un sourire joueur, légèrement malsain, éclaira son visage, et Peter se surprit à sourire également. Certes il avait un peu peur de ce qu'il allait faire, mais il pressentait que cela allait surtout être drôle.

-Au fait, ça te dit de remonter à cheval? demanda soudain Mikaël, changeant de sujet sans prévenir.
-Bien sûr! Pourquoi tu me demandes?
-Nan, pour être sûr, après ta première fois. T'es quand même tombé, et il y en a qui arrêtent rien que pour ça.
-Je suis pas comme ça: je n'abandonne pas à la première difficulté, tu devrais le savoir, plaisanta-t-il.

Mikaël rougit légèrement, sentant l'allusion à leur propre histoire. Puis il expliqua à Peter le plan qu'il avait monté pour lui permettre de monter à cheval assez régulièrement, sans pour autant éveiller les soupçons. Peter trouva l'idée assez farfelue mais fut ravi. Le temps de finir leur plat, ils mirent les détails au point, et lorsque la serveuse arriva pour débarrasser la table, Mikaël étaient en train de raconter quelques anecdotes hilarantes à propos des concours, et de l'équitation en général.

-Vous avez fini messieurs? demanda la jeune femme, qui regardait beaucoup plus Peter que Mikaël.
-Oui, tout à fait.

Elle commença à rassembler les couverts sur les assiettes.

-Prendrez-vous un dessert ou un café?

Cette fois-ci, son regard était fixé sur Peter, mais ce fut Mikaël qui lui répondit.

-Pas de café, mais on prendra une part de tarte aux framboises... pour deux.

Surprise, et un peu gênée, elle se retourna vers son interlocuteur.

-Je vous apporte donc deux cuillères?
-Non, une seule suffira...

Il lança un regard sans équivoque à Peter avant de continuer.

-On a l'habitude de tout partager... n'est-ce pas?

Mikaël passa très légèrement sa langue sur sa lèvre supérieure, et Peter, dont les yeux commençaient à s'emplir de désir, joua le jeu.

-Oui... tout...

La serveuse, troublée, s'empressa de récupérer leurs assiettes, et un peu plus tard, elle leur apporta leur part de tarte, avec une seule cuillère ainsi qu'ils l'avaient demandé. Lorsqu'elle se fut éloignée, les deux hommes se mirent à rire, le plus discrètement possible.

-T'es vraiment pas possible toi! "On a l'habitude de tout partager"... reprit-il avec un ton des plus sensuels. Je te jure, je m'en souviendrai de celle-là!

Mikaël lui fit un sourire malicieux avant de prendre un morceau de tarte et de lécher délibérément sa cuillère de façon suggestive.

-T'inquiète, si tu l'oublies, moi je te la rappellerais.

Peter acquiesça et reprit la cuillère pour manger un peu de tarte.

-Je ne te connaissais pas si possessif, fit-il, pensif.
-Moi non plus... Quoique... Avec Jéricho, je suis très possessif, puisqu'il est à moi. Pour les autres, je sais partager. Mais question êtres humains, t'es le premier.
-Et le seul, j'espère.
-Of course! Pour qui tu me prends?

Malgré son sourire, Mikaël fit semblant de bouder et pour se faire pardonner, le plus âgé se pencha par dessus la table et l'embrassa. Il aurait voulu l'embrasser un peu plus longtemps, peut-être même y mettre la langue, mais des toussotements gênés à la table voisine le firent redescendre sur terre. Et alors que Peter fusillait du regard l'origine du toussotement, qui paraissait perturbée par la scène, Mikaël se contenta de se tourner vers l'homme d'une cinquantaine d'années, et de lui adresser un sourire mielleux.

-Hey, peace and love, monsieur... Vous savez, le slogan que vous scandiez sûrement du temps lointain où vous étiez encore jeune...

Et là-dessus, il se pencha à son tour par-dessus la table et embrassa langoureusement son amant, en y mettant la langue cette fois-ci. Il se rassit ensuite et prit un peu de tarte. Peter le regardait, amusé.

-Eh beh dis donc, j'ai de plus en plus l'impression que tu aimes la provoc', toi...
-Pas faux. La meilleur défense c'est l'attaque, on arrêtait pas de me le dire quand j'étais petit. Alors j'ai appris à attaquer, et avec l'âge, à remplacer les coups par des mots.

Peter lui caressa amoureusement la main, le réconfortant un peu, car il devinait la tristesse et la douleur qui se cachaient derrière ces mots. Lorsqu'ils eurent fini de manger, ils payèrent le repas, se partageant les frais, et se dirigèrent vers la 5ème avenue. Mikaël avait envie d'aller à Central Park et Peter voulait déambuler dans la fameuse avenue, alors ils avaient trouvé ce compromis, qui les satisfaisait tous les deux. Une fois dans la cinquième avenue, ils admirèrent les bâtiments, commentèrent leur architecture et racontèrent leur histoire. Ou plutôt Peter commenta et raconta tandis que Mikaël écoutait avec plaisir. De temps en temps, il faisait aussi quelques commentaires, mais sur les passants et non sur les immeubles qui bordaient la rue.

-Trop coco, fit-il nonchalamment.
-Pardon?
-Le mec là-bas, désigna-t-il en montrant du doigt, il est trop coco.

Peter chercha quelques secondes la personne dont parlait son petit ami avant de la voir: un homme d'une quarantaine d'années, ayant clairement un problème de poids, avançait lentement une cinquantaine de mètres devant eux.

-Je sais pas comment on fait pour en arriver là. Il est limite plus large que haut.
-Hum... C'est pas forcément de sa faute...
-Je sais, mais bon quand même. Vu le nombre d'obèses qu'il y a ici, il y en a forcément pour qui c'est de leur faute. Et puis franchement, regarde, je te parie qu'il est plus de deux fois plus large que moi!
-Arrête Mikaël, c'est pas une raison pour se moquer.
-Mais je ne moque pas! Je constate, c'est tout. Et puis je me pose des questions aussi. Ca doit poser de sacrés problèmes dans la vie de tous les jours. Rien que pour passer les portes, ou les tourniquets du métro! Ou genre dans l'avion, ou au ciné, t'es obligé de prendre deux sièges. Et au lit, je...
-Stop! Je ne veux pas en entendre plus! s'écria Peter en plaquant ses mains sur sa bouche.

Joueur, Mikaël les lécha et avec un air faussement choqué, Peter les retira immédiatement. Puis ils partirent tous deux d'un grand éclat de rire.

-Oh tiens, regarde la vieille bigote là-bas! s'exclama Mikaël toujours en riant. Je te parie 10 dollars que son chien qui est en train de pisser derrière le kiosque à journaux est un caniche.
-Pari tenu! s'esclaffa Peter.

Ils attendirent quelques minutes que le chien ait fini ses besoins, mais Mikaël s'impatienta.

-Putain, il en met du temps! Il a la chiasse ou quoi?

Peter rigola jusqu'à en avoir les larmes aux yeux, et alors qu'il commençait à se reprendre, la vieille dame se remit à avancer, et le chien sortit de derrière le kiosque.

-Yahou! s'exclama le plus jeune. Dix dollars!

Peter rit de plus belle et sortit un billet de dix pour le fourrer dans la main de son compagnon.

-Il les vaut, vu sa coupe de cheveux!
-Sa coupe de poils, tu veux dire!

Les deux hommes se fendirent de nouveau d'un grand rire et s'attirèrent un regard intrigué de la part des passants. Ils marchèrent encore pendant une bonne demi-heure, Mikaël s'étonnant devant le monde qu'il y avait dans les magasins. Certes, ils étaient samedi, mais de là à vouloir jouer les sardines en boîte dans un magasin de vêtements, il ne comprenait pas trop le principe.

Ils arrivèrent enfin à Central Park dans lequel ils rentrèrent par la 65ème. Puis traversant les pelouses, empruntant les allées, ils remontèrent vers le Nord. Mikaël semblait savoir où il allait, et Peter le laissait faire. Ce n'était pas la première fois qu'il venait à Central Park, donc cela lui importait peu. Ils dépassèrent le musée d'Art Métropolitain ainsi que le plus grand lac du parc, Le Réservoir, pour ne ralentir qu'en vue de la dernière étendue d'eau du parc: Harlem Meer. Mikaël monta sur un banc, scruta les bords du lac, et ne descendit que quelques minutes plus tard, un sourire étirant ses lèvres. Il attrapa fermement la main de Peter, et se dirigea sans hésiter vers l'Ouest.

-Mikaël, qu'est-ce que tu fais? On aurait pu s'installer sur le banc, il y avait une très belle vue.
-Je voudrais te présenter quelqu'un. Tu vas voir, il est un peu space, mais c'est quelqu'un de génial.
-C'est qui? voulut-il savoir, désormais très curieux. Quelqu'un de ta famille? Un ami?
-Disons que... hésita-t-il, disons que je le considère un peu comme mon grand-père. Même si on a aucun lien du sang.
-Ah, et...
-Regarde, l'interrompit Mikaël. Il est là!

Il pointait en direction de la rive du lac, et Peter remarqua un homme, aux cheveux grisonnants, en train de peindre.

-Le peintre tu veux dire?
-Ouaip. Allez viens, on va le saluer.
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21 février 2010 7 21 /02 /février /2010 15:58
Et voilà la suite qui met fin à votre attente insoutenable (bah quoi? On a bien le droit de rêver, nan? XD). Plus longue que la précédente, j'espère que vous apprécierez!

Bonne lecture! =D




Crampons-58.jpg


"Non... Non... James... Pas ça... James... James... James... S'il te plaît... JAMES!"


De nouveau, Mikaël s'éveilla en sursaut et sans un regard vers Peter, il courut se réfugier dans la salle de bains, qu'il verrouilla. Le blond, pris au dépourvu, n'eut pas le temps de réagir face à l'attitude étrange de son petit ami, et après avoir repris ses esprit, il ne put rien faire d'autre que d'essayer de lui parler à travers la porte fermée à clef. Mais le jeune homme, encore pris dans ses cauchemars, n'entendait rien de ce que son amant lui racontait. Assis entre la cuvette des toilettes et le mur, il se bouchait les oreilles et murmurait inlassablement "Non, non, non, non, non...".

Dans le couloir, Peter s'était agenouillé devant la porte, le front posé sur celle-ci, ne sachant plus que faire. Il entendait vaguement le murmure continu de Mikaël, et il avait compris que quelles que soient ses suppliques, celles-ci n'atteindraient pas le cavalier, plongé dans son monde. A court d'idées, il envisagea d'appeler Stefen. Lui saurait peut-être quoi faire, ou alors Nathaniel. Mais alors qu'il prenait son portable, une autre idée vint lui effleurer l'esprit. Il attrapa le sac à dos de Mikaël, fouilla dedans et trouva enfin son téléphone. En quelques pressions du pouce, le numéro de My s'afficha et il le tapota sur son propre portable. Il respira un bon coup, et appuya sur le petit téléphone vert. Après quelques sonneries, la voix de la jeune fille, pas très réveillée, se fit entendre.

-... Allô?
-Allô My? C'est Peter! Mikaël a fait une crise et il s'est enfermé dans la salle de bains. Il ne m'écoute pas du tout et je ne sais pas comment faire pour le sortir de là. J'ai peur qu'il fasse une connerie, débita-t-il sans même reprendre son souffle.

Un silence de quelques secondes envahit la ligne avant que Peter ne reprenne la parole, d'une voix suppliante.

-My...?
-... Est-ce que tu veux bien reprendre tout depuis le début? J'ai rien compris à ce que tu m'as raconté, Peter, demanda-t-elle après avoir enfin saisi qui était à l'autre bout du fil.
-Mikaël a fait un genre de crise tout à l'heure, recommença-t-il d'une voix aussi posée qu'il le pouvait, mais qui tremblait quand même. Il avait l'air de faire un cauchemar, il arrêtait pas de répéter "James, James, non, non", et puis il s'est réveillé en sursaut. Il m'a même pas calculé et il s'est précipité dans la salle de bains. Il a tourné le verrou et depuis tout à l'heure j'essaie de lui parler mais il ne m'entend pas. Je sais plus quoi faire, conclut-il, réprimant difficilement un sanglot au fond de sa gorge.
-D'abord, il faut que tu te calmes, lui recommanda la jeune femme. Ca va stresser encore plus Mikaël s'il voit que tu es dans cet état, et je t'assure que c'est pas une partie de plaisir d'avoir à faire à Mikaël version bombe à retardement.
-Ok, ok, je me calme. Enfin, je vais essayer.

Il renifla deux ou trois fois, et My continua à parler.

-Est-ce que tu peux ouvrir la salle de bains de l'extérieur sans défoncer la porte?
-Attends, je regarde...

Il se releva et étudia le mécanisme du verrou. Il avait l'impression qu'il y avait un genre de pas de vis à découvert, et que s'il y glissait une lame de couteau ou autre chose, il pourrait faire tourner le verrou.

-Oui, je crois. Il faut juste que je trouve un truc qui ressemble à un tournevis.
-T'as pas un vrai tournevis? Ca ira sûrement plus vite.
-Ouais, mais il est trop grand celui que j'ai. En attendant, est-ce que tu peux me dire pourquoi il fait ce genre de crises?

My préféra éviter la question et en posa une autre à la place.

-Est-ce que c'est la première crise qu'il fait?
-Non, il m'a dit qu'il en avait déjà fait d'autres, et qu'il avait toujours un peu de fièvre avant.
-Ca je sais, mais je veux dire récemment? précisa-t-elle.
-Oui, hier soir. Quand je suis rentré, il était déjà là, en train de dormir. Et puis il a commencé à avoir un peu de fièvre et il s'est réveillé. Quand il s'est aperçu que j'étais là, il s'est jeté dans mes bras, et il a commencé à pleurer et à trembler comme pas possible. J'ai mis plus d'une heure à le calmer... Ah! C'est bon, j'ai trouvé!

Le bruit de tiroirs qu'on ouvre et qu'on referme brutalement que My entendait en arrière-plan cessa et elle devina que Peter retournait devant la porte de la salle de bains.

-My, tu ne m'as toujours pas dit: pourquoi il fait ces crises?

Elle hésita puis dit d'une voix mal assurée.

-Je ne suis pas sûre que ce soit à moi de te le dire...
-Je sais, c'est à Mikaël. Mais je sais aussi qu'il refusera de m'en parler, et j'ai besoin de savoir. Et puis ça m'aidera certainement à le calmer dès que j'aurais ouvert cette satanée porte.

Apparemment, Peter avait un peu de mal à défaire le verrou de la salle de bains, et en soupirant, My abandonna. Elle aurait sûrement à subir quelques remontrances de Mikaël, mais après tout, il devrait bien prendre ses responsabilités face à Peter à un moment ou à un autre.

-D'accord, mais évite quand même d'y faire allusion devant Mikaël.
-Pas de souci, j'ai pas très envie qu'il m'engueule pour avoir fouiné sur lui.

My eut un petit rire en imaginant le grand Peter MacLean subir sans pouvoir réagir les insultes et les reproches cinglants du petit Mikaël Blowsworth. Car quand il s'y mettait, le cavalier pouvait devenir sacrément blessant.

-En fait, Mikaël est extrêmement stressé par les changements d'environnement. Ca réveille de très mauvais souvenirs en lui, et ces souvenirs déclenchent ses crises.
-Quel genre de souvenirs?
-Je sais pas. Mikaël refuse toujours de m'en parler. Tout ce que je peux te dire c'est que ça s'est passé quand il était très jeune, vers ses dix ans. C'est à partir de ce moment là que les crises ont commencé, d'après ce qu'on m'a dit.
-D'après ce qu'on t'a dit? releva Peter. Je croyais que c'était ton meilleur ami.
-Oui, mais ça n'empêche que je l'ai connu après cet épisode, quand il est revenu au club.
-Revenu? Comment ça? Il a arrêté de venir au club à un moment? Pourquoi?
-J'en sais rien Peter! cria-t-elle. C'est quelque chose de tabou au club. On n'en parle pas, point final. A moins de vouloir finir en pâtée pour chiens!

Une fois de plus, le silence se fit sur la ligne téléphonique, avant que Peter ne prenne réellement conscience qu'il venait de blesser la meilleure amie de son copain, après lui avoir demandé désespérément de l'aide.

-Désolé My...
-... C'est pas grave, tu pouvais pas savoir. Alors, ça en est où avec la porte?
-Elle me résiste, la garce! Donc, tu disais que c'étaient les changements d'environnement qui stressaient Mikaël. Donc les déménagements en font parti.
-Tout à fait. Et... hésita-t-elle avant de continuer plus fermement, pensant agir pour le bien de son ami. ll y a aussi autre chose qui le stresse beaucoup. Ce sont les armes à feu.
-Les armes à feu?
-Oui. Me demande pas pourquoi, je ne sais pas. Mais quelques fois, il a vu le directeur sortir son fusil de chasse pour aller tirer quelques lapins en forêt, et à chaque fois, il a fait une crise. Donc s'il te plaît, ne montre jamais ton arme devant lui.
-D'accord. Merci de me le dire.
-De rien.
-Ah! Ca commence à venir, j'ai senti que ça tournait, s'exclama-t-il, joyeux, avant de retomber dans le même état d'inquiétude qu'auparavant. Je peux te poser une dernière question My?
-Dis toujours, on verra bien si je réponds.
-C'est qui James?
-James?
-Oui, il arrêtait pas de prononcer ce prénom avant de se réveiller. C'est qui? Son ex?
-Arrête, c'est pas possible, c'est un mec, James, rigola-t-elle, venant du même coup de comprendre de quel James Peter parlait.
-Et alors? Moi aussi je suis un mec. Ca l'empêche pas de sortir avec moi! Putain de saloperie de porte!

My supposa que verrou faisait des siennes et préféra ne pas énerver encore plus Peter, de peur qu'il ne se calme pas avec Mikaël.

-Oui, mais toi, tu es son premier mec, ce n'est pas la même chose. En plus, James, ça ne pourra jamais être son mec, c'est son grand frère.

Un silence ahuri lui répondit.

-... Son... son grand frère? bégaya-t-il sous la surprise. Je comprends pas...
-Tu ne comprends pas quoi?
-Il avait l'air d'en avoir tellement peur quand il prononçait son prénom en dormant.

My soupira avant de reconnaître une fois de plus son ignorance.

-Je ne l'ai jamais vu alors je ne peux rien te dire sur James. Tout ce que je sais, c'est qu'ils ont des relations très compliquées, et que Mikaël le hait. En tout cas, c'est pas un sujet à mettre sur la table...
-D'accord... Ah, c'est bon, c'est ouvert! Merci My, merci beaucoup! Je te revaudrai ça!
-Si tu veux, mais n'oublie pas: reste calme avec Mikaël. Pour l'instant, il doit être plongé dans ses mauvais souvenirs, alors c'est pas sûr qu'il capte réellement ce qu'il se passe dans le présent.
-Ok, merci, merci mille fois.

Le jeune homme raccrocha, et My espéra de tout cœur que tout se passerait bien. Mikaël était quelqu'un d'imprévisible, et elle croisait les doigts pour que Peter puisse faire face aux changements d'humeur de son meilleur ami. Elle voulait croire que ces deux-là pourraient être ensemble pour longtemps.

Dans l'appartement new-yorkais, Peter prenait une grande inspiration, et son courage à deux mains avant de descendre la poignée de la porte de la salle de bains. Doucement, il la poussa et avec précaution il entra dans la pièce. Il aperçut immédiatement Mikaël, toujours prostré au même endroit, entre les toilettes et le mur. Il était recroquevillé sur lui-même, se balançant d'avant en arrière de temps en temps, les mains encore posées sur ses oreilles, comme pour se couper du monde extérieur. Peter entendit plus distinctement la litanie qu'il murmurait sans cesse: toujours ce même mot à trois lettres, comme pour nier tout ce qui l'entourait.

Le plus silencieusement possible, l'inspecteur s'approcha de lui, et s'accroupit devant lui sans susciter aucune réaction de la part de Mikaël. Celui-ci n'avait pas dû se rendre compte que la salle de bains avait été ouverte. Les deux hommes restèrent ainsi pendant de longues minutes, l'un observant l'autre replié sur lui-même, ne sachant pas comment le faire sortir de sa coquille sans déclencher une troisième guerre mondiale au sein de leur couple. Il finit par se décider et avec lenteur, il tendit le bras droit vers Mikaël, et du bout des doigts, il lui toucha le genou gauche. A ce contact, Mikaël sursauta violemment et releva la tête, voulant savoir qui avait osé entrer dans son monde par effraction. Mais il ne sembla pas voir Peter: son regard le traversait comme s'il n'avait été qu'une vitre transparente et se fixait un peu plus loin derrière lui, sur une illusion. Ses yeux s'agrandirent sous la terreur, et Mikaël recula autant qu'il put. Mais il était coincé par le mur. Il était coincé et James se rapprochait inexorablement de lui.

-Non... Non... James s'il te plaît, pas ça... S'il te plaît...

Peter fut touché de plein fouet par le ton tout à la fois enfantin et terrifié de son amant, et sans réfléchir plus avant, il s'avança vers lui. Il lui attrapa les poignets pour écarter ses bras de son corps, rapprocha leurs torses, et enfin enroula ses bras dans son dos, enfermant ainsi le corps de son homme dans un cocon qu'il voulait rassurant. Evidemment, Mikaël ne le comprit pas comme ça, et affolé, il se mit à se débattre. Il s'agita violemment. Il tapa de toutes ses forces Peter. Il asséna ses poings sur son dos, de plus en plus fort. Et il hurla. Il hurla sa terreur. Il hurla sa frayeur. Et il pleura son angoisse.

Pourtant, Peter ne lâcha pas prise. Il ne la resserra pas non plus. Il resta juste là, dans la même position. Lui caressant doucement le dos. Lui murmurant des mots apaisants. Lui chuchotant des mots doux. Lui disant que tout allait bien. Qu'il n'avait plus à avoir peur. Qu'il était là pour lui. Qu'il pouvait compter sur lui. Et que tout cela n'était pas près de changer, car il resterait avec lui, coûte que coûte. Peu à peu, les poings de Mikaël se firent plus mous, les coups moins violents, plus hésitants, et finalement les mains de Mikaël se posèrent, comme vides de toute volonté, sur le dos meurtri. Sa tête glissa jusque sur l'épaule de son compagnon, et ses pleurs se tarirent. Il avait usé de toutes ses forces et maintenant à bout, il rendait les armes. Il avait perdu.

Peter fut heureux lorsque l'accalmie arriva. Il ne savait pas combien de temps ils étaient restés ainsi, ni combien de temps il aurait pu continuer à tenir. Mais c'était fini. Il espérait juste que cela soit de façon définitive. Il se détacha lentement du corps de Mikaël et s'aperçut alors que celui-ci réagissait comme un corps sans vie. Comme une poupée de chiffon, il se laissait faire, sans volonté propre. Inquiet de cette apathie nouvelle, il refoula néanmoins ses larmes et entreprit de soulever le corps quasi-inerte du cavalier. Une fois dans ses bras, Mikaël, étonnamment, s'agrippa à son cou et murmura dans son oreille quelques mots qui vinrent s'inscrire douloureusement dans son cœur.

-James... S'il te plaît... Dis-moi que tu ne me détestes pas.

Puis les bras relâchèrent son cou et retombèrent pour l'un sur le ventre de Mikaël et pour l'autre dans le vide: le jeune homme s'était rendormi. Peter le déposa dans leur lit, et remonta précautionneusement la couette sur lui. Puis il quitta la chambre. Il récupéra son téléphone, qu'il avait laissé tomber devant la porte de la salle de bains, et rappela My. En attendant qu'elle décroche, il s'installa sur le canapé du salon et respira fortement, s'empêchant de pleurer.

-Peter? Alors? Comment il va?
-Il s'est endormi, alors je l'ai recouché.

Elle sentit les tremblements dans sa voix et se douta que la crise n'avait pas été sans douleur pour lui non plus.

-Comment ça s'est passé? demanda-t-elle d'un ton doux, estimant ainsi respecter son intimité s'il ne voulait pas parler, mais en même temps, lui laisser la porte ouverte s'il voulait s'épancher.
-C'était... horrible. De le sentir souffrir dans mes bras et de ne rien pouvoir faire, absolument rien. Rien du tout du tout... Je ne pouvais rien faire pour lui...

Cette fois-ci, il ne chercha pas à se retenir et se laissa finalement aller. Les larmes coulèrent hors de ses yeux le long de ses joues, jusqu'aux coins de sa bouche, pour dévaler ensuite son cou, et venir s'échouer sur les bords de son T-shirt.
My, devant les pleurs de cet homme qu'elle connaissait si peu au final, ne dit rien en premier lieu. Mais comme cela semblait sans fin, elle se décida à essayer de le consoler, comme elle le faisait avec Mikaël.

-Byssan lull, koka kittelen full, där kommer tre vandringsmän på vägen. Den ene, ack så halt, den andre, o så blind, den tredje säger alls ingenting.

La berceuse suédoise, chantée par My comme une mère à son enfant, réussit à calmer Peter, et il ne tarda pas à s'endormir à son tour, épuisé moralement.

Vers onze heures, Mikaël s'extirpa du sommeil, et un peu plus tard, du lit. Il avait l'impression d'avoir fait un mauvais rêve, où James revenait le hanter, mais où il y avait aussi, à sa propre surprise, Peter. Il se dirigea un peu à l'aveuglette vers la salle de bains pour mettre un terme à une envie pressante, et alors qu'il se soulageait, son regard fut attiré par l'étroit espace qu'il y avait entre la cuvette et le mur. Il avait la désagréable sensation de se voir à cet endroit précis, recroquevillé sur lui-même. Et soudain, il se souvint.

Il se souvint de tout ce qu'il s'était passé le matin même. Il réalisa aussi que Peter n'était pas dans la chambre quand il s'était levé tout à l'heure. Serait-ce possible qu'il soit parti? L'abandonnant, car il n'avait rien du petit ami parfait dont Peter rêvait sûrement? Pressé, il se lava les mains en éclaboussant tout le pourtour du lavabo. Mais il s'en foutait. Une seule chose importait: retrouver son amant. Courant presque, il arriva dans le salon, et poussa un soupir bruyant de soulagement en apercevant l'homme endormi dans le canapé. Il s'affala à ses côtés et cela suffit à le réveiller. Les deux hommes se contemplèrent un instant, incertains de l'attitude à adopter. Mikaël, le premier, bougea.

-Bonjour, dit-il avant de se pencher et de lui claquer un baiser sur les lèvres.

Peter sourit: après un premier réveil aussi violent, un peu de douceur pour le second ne faisait pas de mal.

-Bonjour, répondit-il. Comment tu te sens?
-Bien, ouais, plutôt bien, à part un petit mal de tête. Et toi?
-Ca va. J'ai un peu mal au dos, mais ça va passer.
-Désolé, marmonna Mikaël, conscient que c'était de sa faute si Peter avait mal.
-C'est pas grave. C'est pas comme si t'avais vraiment voulu me faire mal.

Peter lui ébouriffa les cheveux et lui fit un sourire chaleureux, et le plus jeune se sentit pardonné.

-Par contre, je voudrais en savoir un peu plus sur ces crises, si tu es d'accord, dit-il avec douceur, pour ne pas le brusquer.

Mais Mikaël tressaillit quand même à l'entente de ces mots, et commença à se replier sur lui-même. De suite, Peter lui attrapa les mains, l'entoura de ses bras, le rassura de ses mots apaisants, et le brun se sentit étrangement en sécurité. Ses craintes s'apaisèrent et il se dit qu'avec ce qu'il lui avait fait subir quelques heures plus tôt, Peter était en droit de savoir. Peut-être même qu'avec lui, ses démons intérieurs se tiendraient tranquilles.

-D'accord, finit-il par murmurer au creux de son cou, avant de se détacher de ce corps agréablement chaud pour pouvoir le regarder dans les yeux. Mais une seule question alors.
-Ca me va, accepta le blond avec un sourire.

Peter réalisait l'énorme effort consenti par Mikaël: même My n'avait pas eu droit à ce privilège, d'après ce qu'il avait compris. Alors il choisit sa question avec soin, sans pour autant tenir compte des conseils de la jeune femme.

-Est-ce que... Est-ce que tu peux me parler de James? S'il te plaît?
-James? Comment tu connais James? fit Mikaël, soudain sur la défensive.
-C'est toi qui a prononcé son prénom ce matin... Quand tu dormais... T'avais l'air d'en avoir peur. Et aussi quand tu t'es rendormi, après ta crise, expliqua-t-il peu à peu.

Peter préféra passer sous silence les quelques mots qu'il avait prononcés ensuite, sentant qu'ils feraient sortir Mikaël de ses gonds, en plus de le blesser. Déjà qu'ils les avaient blessés, lui, même s'il n'y avait pas de réelle raison pour qu'il se sente blessé par une demande d'amour fraternel.

-Merde, pourquoi je parle en dormant moi? dit le plus jeune, dans une maigre tentative de plaisanterie.

Il n'arrivait pas à se résoudre à parler de son frère. C'était toujours quelque chose de douloureux, et surtout cela montrait des côtés peu reluisants de lui-même. Mais peut-être que s'il ne disait pas tout, il pourrait encore garder la tête haute face à Peter. Être digne de lui. Il lança un dernier regard au blond, qui attendait patiemment, avec quand même un peu d'angoisse au fond des yeux, qu'il prenne la parole.

-Bon, puisque j'ai dit que je le ferai... Alors, par où commencer?

De gêne, il passa une main dans ses cheveux bruns en bataille, puis il commença son récit.

-James... James Blowsworth... C'est mon grand frère. Il a six ans de plus que moi. Il est né par accident, mes parents étaient très jeunes à l'époque. Même pas majeurs. Enfin, je dis ça, mais pour moi, c'est pareil. Ils étaient peut-être majeurs à l'époque, mais toujours aussi cons. Et moi j'ai aussi été un accident. Sauf que mon père l'a moins bien pris que la première fois. Une bouche de plus à nourrir, alors qu'il venait d'être viré. C'était vraiment pas l'idéal. Il s'est barré lorsque ma mère en était à son quatrième mois de grossesse. Il est revenu lorsque j'ai eu un peu plus de deux ans. Jamais compris pourquoi d'ailleurs. Il dit que c'est parce qu'il aime trop ma mère, mais franchement j'en doute.

Mikaël marqua une petite pause dans son histoire, comme s'il se remémorait certains souvenirs, puis il reprit, la tête baissée, le regard fixé sur le canapé.

-Ces deux ans et demi où il était pas là, moi je m'en souviens plus. Mais James s'en souvient très bien. Ca l'a beaucoup marqué je pense. Il m'a toujours tenu responsable de cette rupture, du fait qu'il n'ait pas eu de père pendant toute période. Et de fait, il m'a toujours détesté. Mais moi, comme un con, je m'en rendais pas compte. Je l'aimais comme un petit frère peut aimer son grand frère. Je l'adorais même. Et je voulais qu'il m'aime aussi. Inconsciemment, je devais savoir qu'il me haïssait. Alors je faisais tout pour lui plaire, tout pour qu'il m'aime. A chaque fois qu'il me demandait quelque chose, je le faisais, en bon petit chien obéissant. Même quand il est allé trop loin, je l'ai suivi.

Mikaël déglutit avec difficulté. Apparemment, il atteignait la période qu'il voulait oublier.

-J'étais jeune. Je comprenais pas trop ce que je faisais, et il en a bien profité. Quand j'ai commencé à comprendre, il était déjà trop tard. Il m'avait déjà fait mal pour le reste de ma vie. Toutes ces crises, c'est à cause de lui. A cause de ce qu'il m'a fait. Et je suis sûr qu'il doit être content de me faire souffrir comme ça.

De nouveau, le silence envahit le salon, et Peter osa, après de longues minutes d'indécision, poser la question qui lui vrillait l'esprit.

-Est-ce qu'il...? Est-ce que James t'a... violé?

Mikaël releva brusquement la tête. L'étonnement qui était apparu sur son visage céda très rapidement la place à un sourire sans joie.

-Non... Non, il ne m'a pas violé. Un homme n'a rien à faire avec un autre homme, voyons Peter! ironisa-t-il sans conviction. Plus homophobe que lui, tu meurs. Donc non, il ne m'a pas violé... Mais parfois je me dis que ça aurait peut-être été mieux... Bref, quand j'ai réalisé les conneries que j'étais en train de faire à cause de lui, j'ai commencé à me détacher de lui. Il a pas apprécié de perdre son chien, et on s'est battu pas mal de fois. Comme il était le plus grand, il gagnait à chaque fois, et je me suis mis à le haïr. Je le haïssais un peu plus chaque jour qui passait, et encore plus lorsque je faisais mes crises.
-Et tes parents? Ils ne sont jamais intervenus pour empêcher James de te faire du mal?
-Tu parles! s'exclama-t-il amèrement. James, c'était le chouchou de notre père. Il avait beau être né par accident, c'était l'aîné. Il était beau et fort. Il avait tout pour contenter un père. Moi je n'étais que le second. Celui qui se faisait toujours battre dans les bagarres, parce qu'il est moins baraqué que les autres. Celui qui foutait la honte à son père en pratiquant un sport de fillette. James a été l'accident qu'il a appris à aimer, moi j'ai été l'erreur qu'il a détesté. Et ma mère a suivi parce qu'elle ne sait pas faire autre chose que dire d'accord à mon père.

Le ton désabusé et froid de Mikaël attrista Peter tout autant que ce qu'il venait d'entendre, et n'y tenant plus, il prit son amant dans ses bras, l'enlaçant avec tout l'amour dont il pouvait faire preuve. Le plus jeune profita de l'étreinte comme il se devait et passa à son tour ses bras dans le dos de Peter et posa sa tête sur son épaule.

-C'est fini tout ça maintenant, murmura Peter. Je suis là, et tu n'as plus aucune raison de faire ces crises. James ne pourra plus jamais te faire de mal. Et si jamais il t'en fait, tu me le dis, que j'aille lui botter le cul. Et pareil pour ton père. Si jamais il fait un pet de travers, j'irais lui remettre les idées en place à ma façon.
-D'accord.

Ils restèrent accolés l'un à l'autre jusqu'à ce qu'un bruit caractéristique d'un estomac en famine se fasse entendre. Les deux hommes rigolèrent de concert.

-C'était toi?
-Ah non! C'était toi il me semble, répliqua Peter.
-Ah bon? J'ai rien senti.
-Bah, on s'en fout, j'ai faim aussi. Ca te dit qu'on sorte se faire un brunch, ou un truc du genre?
-Ca me dit même beaucoup!
-Génial! Mais euh... Ca va pas poser de problèmes avec le cheval? T'es pas censé bosser au club?
-T'inquiète, lui sourit Mikaël. J'ai pris mon weekend off, dit-il en se relevant pour aller se doucher.

Le sourire de Peter s'élargit jusqu'aux oreilles et il sauta dans les bras de Mikaël.

-Merci, merci, merci! T'es un mec génial, tu sais? Je pouvais pas tomber mieux comme petit ami! Je suis vraiment heureux comme tout!
-Arrête, c'est moi qui ait de la chance de t'avoir trouvé.

Mikaël lui planta un baiser sur le bout du nez avant de lui murmurer, les yeux dans les yeux, un merci des plus sérieux. Peter cligna lentement des yeux pour lui montrer qu'il avait compris: c'était un merci pour son soutien et son écoute sans jugement ni reproche de ces dernières heures. Satisfait, Mikaël repartit vers la douche, énumérant tout ce qu'il voulait pour son brunch.
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14 février 2010 7 14 /02 /février /2010 20:00
Deuxième publication de la journée, et pour la peine, c'est une petite suite! :-p Nan, je rigole, c'est pas pour ça! C'est parce que je suis sadique, qu'elle est petite! XD

Allez, bonne lecture à vous! En espérant que vous êtes content(e)s de retrouver Peter et Mikaël! =D




Crampons-57-copie-1.jpg


     Mercredi, peu avant midi, les résultats du laboratoire de la police tombèrent. Mikaël faisait partie de la petite dizaine de cavaliers dopés, une fois de plus. Et Jewel de Blasty était aussi sur la liste des chevaux dopés. Ithaque, Jéricho et Spunk Of Troy, par contre, en étaient absents. Maigre soulagement pour Peter, face à la portée de ce qu'il venait d'apprendre. La nouvelle était telle qu'elle lui coupa l'appétit et qu'il passa sa pause déjeuner à travailler, seul, ou presque, dans les locaux. Il continua de s'acharner sur son travail pendant l'après-midi, essayant quasi-frénétiquement de trouver quelque chose pour disculper Mikaël, oubliant complètement l'autre suspect dont il avait la charge, Christopher Bullock.

 

Stefen l'obligea cependant à s'arrêter, ne voulant pas que Peter découvre certaines choses sur le passé de Mikaël dans cet état d'esprit là. Il le contraignit à manger un bout de sandwich, et ensuite à n'enquêter que sur Bullock, qui était également apparu dans la liste noire du matin. Maugréant, il obéit à son collègue, et ce n'est que vers 19h30 qu'il cessa ses investigations, tout comme Stefen. Ils rangèrent leurs bureaux respectifs, et s'apprêtèrent à partir, en bons derniers de leur service, lorsque le portable de Peter sonna.

 

Croyant qu'il s'agissait de Mikaël, il le sortit vivement de sa poche et fut déçu lorsqu'il vit "Numéro inconnu" affiché. Il décrocha néanmoins, et après quelques minutes de conversation, un léger sourire apparut sur ses lèvres, et une lueur d'espoir brilla dans ses yeux. Dès qu'il raccrocha, il se précipita sur le fax, et trépigna devant. Lorsqu'enfin l'appareil fit des bruits bizarres, et que des feuilles en sortirent, il faillit les arracher. Il lut rapidement les quelques pages puis hurla de joie tout en sautant sur place.

 

Stefen, qui observait le spectacle avec amusement, se douta de ce que venait de délivrer le fax. Au bout de plusieurs minutes, Peter consentit à se calmer et montra à Stefen le résultat des tests sanguins de Mikaël. Négatifs. Tous les tests sanguins envoyés étaient négatifs. Et de tête, il repérèrent une autre discordance entre les différents résultats: un positif de leur propre labo s'était transformé en négatif dans le laboratoire externe. Par contre, il n'y avait aucune conversion dans l'autre sens. Peter exultait.

 

-Je le savais! Je le savais! Je le savais qu'il y avait un truc qui clochait! Maintenant j'ai la preuve que Mikaël est innocent! s'exclama-t-il en brandissant les feuilles devant les yeux de Stefen, qui souriait devant la joie évidente de son ami.

 

Pourtant, il n'hésita pas à tempérer son ardeur et à re-situer les choses dans leur contexte.

 

-Cela ne prouve pas du tout qu'il est innocent, Peter. Ca montre juste qu'il y a un sérieux problème au sein de l'enquête. Ce n'est pas sur un test qu'on peut disculper quelqu'un, tu le sais aussi bien que moi.

 

Le jeune homme se calma aussitôt et lança un regard noir teinté de bouderie à son collègue.

 

-Espèce de rabat-joie, va! Tu veux pas me laisser profiter un peu?
-Je préférais recadrer avant que tu ne te montes la tête avec cette histoire, expliqua-t-il, toujours souriant.
-Je sais, je sais... soupira-t-il. Le chemin est encore long avant de pouvoir retirer Mikaël de la liste des suspects. Comme pour Doscientos: j'ai beau eu expliquer ma théorie au chef, il ne voulait rien entendre. "On ne base pas des enquêtes sur des théories fumeuses!" qu'il gueulait.
-Je sais, j'ai entendu.
-Il gueulait si fort que ça? s'étonna Peter, alors qu'il appelait l'ascenseur.
-Ouais. Il a quand même une sacrée voix le chef. Je sais pas comment tes oreilles ont tenu le choc, rit-il.
-Quoi? Qu'est-ce que t'as dit? Parle plus fort, j'entends pas! fit Peter, mort de rire, en mettant ses mains en cornet devant son oreille gauche.

 

Les deux hommes rigolèrent devant la plaisanterie et descendirent jusqu'au rez-de-chaussée en se racontant des anecdotes croustillantes sur leur chef. Au moment de se quitter, Stefen proposa qu'il vienne à la maison trinquer à la bonne nouvelle de la soirée.

 

-A moins que Mikaël ne doive venir chez vous ce soir, ajouta-t-il, les yeux malicieux. D'ailleurs, j'ai pas besoin de te dire qu'il ne doit rien savoir de tout ça.
-Non, tu n'as pas besoin. Et non, Mikaël ne vient pas ce soir. Je lui ai envoyé un texto tout à l'heure, en lui disant de me prévenir, s'il le pouvait, de quand il viendrait à la maison, que je ne prévois rien à la place. Et il m'a dit qu'il essaierait et qu'en tout cas, ce soir il ne pourrait pas. Il devait rester au club pour régler un truc, il m'a pas dit quoi.
-Ok. Bah dans ce cas-là, on va trinquer tous les deux avec Nathaniel à la maison! Ce n'est que le début de notre enquête parallèle, mais c'est un bon début! fit-il, tout sourire.

 

Les deux hommes rejoignirent chacun de leur côté leur voiture, et après quelques minutes, ils se retrouvèrent l'un derrière l'autre à un feu rouge.

 

 

 

    Le jeudi matin arriva trop vite pour les deux inspecteurs, et la journée passa bien trop lentement: ils avaient la vague impression que les heures s'amusaient à ralentir de plus en plus. Lorsque le soir arriva, ils rentrèrent chacun chez soi, et se couchèrent rapidement, voulant récupérer les heures de sommeil qu'ils n'avaient pas eues la veille.

 

Le vendredi matin arriva donc plus lentement, après une nuit complète, et les deux hommes étaient en forme. Ils travaillèrent même quelques heures supplémentaires le soir, alors que leurs collègues étaient partis retrouver femme et enfants, ou autre. Ils préféraient être seuls pour parler de leur enquête alternative et leur discussion du moment porta sur quelle autre preuve ils pourraient fournir pour montrer qu'il y avait un problème avec l'enquête elle-même. Il fallait revoir toute la chaîne partant du cavalier jusqu'au laboratoire et l'analyse des résultats. Or faire cela discrètement relevait du miracle. D'autant plus qu'il s'agissait d'une sorte d'enquête interne totalement officieuse, et même carrément aux bords de la légalité.

 

Ils émirent quelques idées pour mener tout cela à bien, mais leurs esprits se tarirent bien vite, et dépités, ils quittèrent le commissariat. Stefen avait prévu une petite soirée cocooning avec Nathaniel, chose dont ils avaient envie tous les deux depuis longtemps, et Peter avait repéré sur le programme télé un film de science fiction qu'il avait déjà vu à plusieurs reprises. En rentrant, il alla acheter de quoi manger au restaurant chinois non loin de chez lui. Il prit même un peu trop, se disant que ça lui ferait également le déjeuner du lendemain.

 

Une fois chez lui, il déposa son sac dans l'entrée et alla directement dans la cuisine, où il déposa son repas. Il hésita longuement sur la boisson qui irait le mieux avec le repas et son humeur morose, et se décida finalement pour du Coca-Cola, espérant gagner un peu de peps ainsi. Mais, peu attentif, il se saisit mal de la bouteille et celle-ci explosa au sol, éclaboussant à la fois son carrelage, ses meubles, son pantalon et même un peu sa chemise, Peter ayant eu le réflexe de sa baisser pour essayer de rattraper la bouteille.

 

-Shit! jura-t-il, furieux contre lui-même.

 

Rapidement, il nettoya la cuisine et se dirigea tout en déboutonnant sa chemise vers sa chambre. Là, il balança la chemise par terre, enleva le pantalon et les chaussettes, qui la rejoignirent sur le parquet, et prit des affaires propres. En boxer, il rejoignit la salle de bains, d'où il ressortit deux secondes plus tard, ayant oublié de prendre un boxer propre.

 

Il sursauta violemment en s'apercevant qu'il y avait quelqu'un dans son lit, replié sous les couvertures. Sans bruit, il s'approcha de l'inconnu, prêt à l'assommer au moindre mouvement suspect. Il fit le tour du lit et souleva délicatement la couette qui cachait presque toute la tête. Il découvrit alors une tête brune aux traits bien connus, et il explosa de rire devant son imagination un peu trop débordante.

 

Le bel endormi remua un peu et Peter se calma, craignant de le réveiller. Il voulait d'abord contempler un moment ce visage, si calme dans son sommeil. Il attrapa avec précaution le deuxième oreiller et s'installa sur le parquet. Avec sa main droite, il se mit à jouer avec quelques mèches brunes, un sourire bienheureux étirant ses lèvres.

 

-Mikaël... Mikaël... Mikaël... répéta-t-il doucement, comme pour s'imprégner totalement du nom de son petit ami, et par là même, s'imprégner un peu de lui aussi. Tu sais que tu m'as fait peur gros bêta? Bon, je sais, c'est ma faute aussi. Je t'ai dit de venir ici quand tu voulais, de considérer cet appart' comme ta maison. Mais je ne t'ai pas reconnu, vu comment t'étais emmitouflé dans la couette... En tout cas, ça me fait plaisir que tu sois là... vraiment plaisir.

 

Peter continua son monologue pendant quelques minutes, et en même temps, il faisait dériver ses doigts dans le cou de son amant, provoquant quelques frissons inconscients. Quelques froncements de sourcils aussi, mais Peter ne les vit pas. Avide de sentir complètement la peau du jeune homme sous ses doigts, il posa finalement sa main à plat contre sa joue, et se rendit alors compte qu'elle était légèrement moite. Inquiet, il posa ensuite sa main sur le front de Mikaël, et le trouva un peu trop chaud. L'angoisse commença à remonter de ses entrailles jusqu'à sa gorge, et à ses yeux, qui le picotèrent. Les mains malhabiles, il tenta de retirer la couette sans réveiller son petit ami.

 

-Ca m'étonne pas que t'aies chaud. T'as vu comment tu dors? murmura-t-il plus pour lui-même que pour Mikaël. Limite enroulé dans la couette alors qu'on est en plein été! Et en plus t'es tout habillé. Ca va pas du tout. J'aurais dû remarquer ça tout de suite.

 

Un geste un peu plus sec que les autres réveilla le jeune homme, qui s'assit brusquement dans le lit. Il tourna la tête dans tous les sens, les yeux effrayés, essayant probablement de reconnaître où il était. Son regard se posa enfin sur Peter, et un soulagement fugace mais certain l'éclaira. Mikaël se jeta dans ses bras et l'enlaça fortement, pris de tremblements incontrôlables.

 

Surpris, Peter mit quelques secondes à réaliser ce qu'il venait de se passer, puis il le serra dans ses bras à son tour, avec plus de douceur. Sentant ces bras l'enlacer tendrement, Mikaël se mit à hoqueter et à trembler avec plus de force encore, et il resserra sa prise autour du corps de son amant, lui faisant même un peu mal.

 

Ne sachant que faire face à cette crise, Peter se contenta de caresser amoureusement son dos et de lui murmurer des mots rassurants. Des mots doux. Encore et encore. Sans s'arrêter. Jusqu'à ce qu'il arrête de trembler. Jusqu'à ce qu'il arrête de s'accrocher à lui comme si sa vie en dépendait. Jusqu'à ce qu'il puisse redresser la tête et sourire. Un petit sourire incertain, mais un sourire quand même.

 

-Désolé, s'excusa le plus jeune, la voix rendue faible par les larmes.
-T'as pas à t'excuser, c'est pas ta faute, murmura-t-il en lui essuyant les quelques larmes qui trainaient sur ses joues.

 

Mikaël secoua la tête mais ne dit rien de plus, ne voulant pas apparemment pas entrer dans les détails des raisons de sa crise. Seulement Peter ressentait toujours une certaine angoisse, et ignorant involontairement le silence de son amant, il chercha à savoir.

 

-Mikaël... Est-ce que t'es malade? T'avais l'air d'avoir de la fièvre juste avant de faire ta crise.

 

Le jeune homme renifla un bon coup, se tritura les doigts, hésita encore, puis marmonna tout bas.

 

-J'ai toujours un peu de fièvre avant mes crises...

 

Un ange passa dans la chambre et s'y installa quelques minutes avant que Peter ne le fasse partir.

 

-Tes crises? Ce n'est pas la première fois que tu as une crise comme celle que tu viens d'avoir?
-... Non...
-Et tu... Tu sais pourquoi tu as ces crises? osa-t-il, sachant qu'il touchait à un domaine délicat.

 

De ses genoux, le regard de Mikaël passa à la fenêtre, et il observa stoïquement les nuages avancer lentement dans le ciel rougeoyant du coucher de soleil.

 

-D'accord... reprit Peter. Tu ne veux pas me dire... Ce n'est pas grave... Mais est-ce que je peux juste savoir si cela a un rapport avec ce qu'il s'est passé dans ton enfance?

 

Peter faisait allusion à ce qu'il avait appris au cours de l'épisode de la vieille dame qui les avait insultés et Mikaël le savait. Alors il ne bougea pas, et l'inspecteur prit son silence pour un oui. Qui ne dit mot consent, dit-on.

 

-Est-ce qu'il y un remède contre tes crises? Quelque chose que je dois faire pour qu'elles passent plus vite? Ou ne pas faire? Parce que si à chaque fois tu mets plus d'une heure à te calmer, c'est moi qui vais finir par criser d'angoisse, plaisanta-t-il doucement.

 

Le brun tourna la tête vers lui et lui fit un petit sourire triste.

 

-Il n'y a rien à faire, à part ce que tu viens de faire... Lorsque je suis tout seul, je mets minimum entre trois-quatre heures pour me calmer, révéla-t-il avec précaution, passant sous silence que cela continuait de l'affecter, bien que plus faiblement, pendant plusieurs jours.
-D'accord, se résigna Peter, acceptant avec difficulté la fatalité des crises de son amant.

 

Puis, il changea soudain de sujet, voulant éloigner leurs esprits de toutes les questions qui y tourbillonnaient.

 

-Dis, j'ai amené de la bouffe chinoise pour ce soir. Y'en a assez pour deux. Et y'a Le cinquième élément qui passe à la télé, ça te dit?
-Oui, dit-il en se relevant. Tu te douches, je mets la table, et quand t'as fini, je me douche, et tu réchauffes les plats?
-Ca me va.

 

La soirée passa tranquillement: ils déclenchèrent une bataille entre les baguettes et les nems, rigolèrent devant la coiffure orange du cinquième élément, et se câlinèrent à de nombreuses reprises. Cependant, l'ambiance avait quelque chose de particulier, entre tendresse et inquiétude. On aurait dit que l'un avait enclenché le bouton avance rapide tandis que l'autre avait le doigt fermement appuyé sur pause. Mikaël voulait ranger sa crise au fin fond de son cerveau et ne plus y penser, tandis que l'esprit de Peter ne cessait d'y revenir. Plus la soirée avançait, plus il angoissait, craignant que la nuit ne se passe mal. Et il n'eut pas tout à fait tort.

 

Ils allèrent se coucher un peu avant minuit, et après plusieurs minutes de chastes caresses, Mikaël s'endormit, rompu de fatigue. Peter par contre, ne put trouver le sommeil avant deux heures du matin. Il observait avec beaucoup d'attention Mikaël, guettant le moindre signe de fièvre, le moindre signe avant-coureur de crise. Chaque mouvement de son amant mettait tous ses sens en alerte, mais peu à peu, voyant que tout se passait bien, l'adrénaline redescendit, et il finit par s'endormir.

 

Il s'éveilla vers sept heures du matin, croyant avoir oublié d'enlever son réveil et que celui-ci avait sonné. Mais en fait de réveil, il s'aperçut que c'étaient les mouvements de Mikaël, agrémentés de quelques paroles, qui l'avaient tiré de son sommeil. Inquiet, il se mit à caresser délicatement son visage, espérant le calmer ainsi. Mais ce fut peine perdue: des gouttes de sueurs apparurent sur son front brûlant, et il s'agitait de plus en plus. Il parlait aussi, de plus en plus et de plus en plus fort, jusqu'à crier.

 

"Non... Non... James... Pas ça... James... James... James... S'il te plaît... JAMES!"

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14 février 2010 7 14 /02 /février /2010 16:22
Bonne Saint-Valentin à toutes et à tous! =D

Voici le premier article de la journée, en anglais. Mais je vous encourage à lire, ça réchauffera le cœur de tous, y compris des célibataires. Je n'en dis pas plus pour ne pas gâcher le suspens. ^^

Par contre, il s'agit d'une fanfic sur The Ark, et je me vois mal changer les prénoms. Alors quelques petites infos pour comprendre: Ola, le chanteur, est bisexuel et a les cheveux noirs avec une mèche blanche. Martin, le guitariste, est un grand blond aux cheveux longs. Ils vivent tous deux à Malmö. Je crois qu'il n'y a rien d'autre à savoir, sauf que j'emploie des noms suédois pour désigner certains mets typiquement du pays, alors ne vous étonnez pas de ne pas comprendre kannelbulle et autre kokosbollar. ;-)
La photo d'en-tête appartient à Rockfoto.nu.

La suite de Crampons et autres fantaisies hippiques arrive dans la soirée.

Bonne lecture! =D




Rockfoto.jpg


Title: Valentine’s Day
Author: Fool but Sane (Beta-reader: Foui_the_brave and my English teacher, Mr. Stone)
Genre: short story, slash
Main characters: Ola/Martin, Johanna (OC)
Rating: PG-13
Summary: The story takes place the 14th of February 2008, in Malmö. About what can happen during the Valentine’s Day.
Disclaimer: I don’t own Ola, nor Martin: they belong to themselves. I just own Johanna (even if I don’t like her so much ^^). And this story is only fiction and never happened.
A/N: I thought I would write this fic within two days, but it took me more than a week! I hope it’s worth it. Anyway, it did a long time I didn’t write anything so it was really nice to make this fic.
Thanks to Foui to take time to read it and correct it. :) Thanks to Ola, Martin and my chemistry teacher, who gave me the idea of this fic. Comments and critics are very welcome.



     Ola got off the bus and after a while spotted the café where he was supposed to meet his girlfriend. It was a nice little café, with a light blue shopfront. Slowly, he pushed the door, which made a soft jingling. He looked around and saw Johanna, sitting at a table on the right side of the room. She was waiting for him. He quickly walked towards the table and sat down in front of her.

“Hello dear, I’m so…” he began.
“You’re late” she cut him off, but she didn’t sound angry.
“I know. I’m so sorry. I had planned everything to get here on time. But when I was leaving, Martin called. He was quite depressed so we talked for half-an-hour or so.”
“He was depressed?” asked Johanna. ”Why?”
“Because he doesn’t have a girlfriend. Usually, he doesn’t mind: he broke up four months ago and took it very well. But today… it must be hard to see everyone in the band with someone, while he’s alone.” Ola said with a sad voice.
“Maybe you should go and see him if he was so depressed. You know, we can…”
“No, no and no” Ola interrupted her. “It’s true that I feel sorry for Martin but I absolutely want to spend this day, our first Valentine’s day, with you Johanna.”
“But…”
“And,” he interrupted her once again, “I know for sure that he would feel guilty if I spent this day with him instead of you.”

She nodded and smiled sadly. But Ola didn’t notice it. He was looking for a waiter and admiring the nice and modern decoration at the same time. Finally, a young man came and Ola ordered two hot chocolates, a kanelbulle for Johanna and a kokosboll for himself. Then he looked at his girlfriend, whose face seemed to be happy again.

“This café is very nice. I love it, dear.” said Ola stressing on the words love and dear. “How did you find it?” he asked, smiling.
“My old boyfriend used to take me here” she answered naturally. “No, no, it’s a joke, Ola. Only a joke!” she added quickly when she saw how anger replaced the happiness and love on his face. “You’re really too jealous Ola. And too possessive.” she sighed.
“Am I? Really? How do you see that?” he asked with a big smile: he loved to tease her a bit like this.
“You became immediately angry when I talked about Erik. You were ready to leave and go to argue with him,” she replied, half-joking, half-serious.

Ola defended himself, laughing a bit, and the conversation went on. After about a hour of talking, there was a silence between them, that kind of silence where no one feels ill-at-ease. Ola was savouring that silence, when Johanna began to speak with a very low voice, not she used to.

“I’ve got to tell you something Ola. I can’t be with you anymore. I’m sorry.”
“Why?” Ola looked at her intensively and he felt as if someone was strangling him: she had many reasons to break up with him, but he was almost certain which one had made her take this decision.

“You’re a rock star Ola. You’ve been touring a lot since we began our affair and we haven’t had much time for us. Sssh, let me finish,” she said when Ola opened his mouth to talk. “I know that you’ve done the best you could. But that wasn’t enough for me. What's more, I don’t like when you show your chest to everyone on stage, how you move and so on. And most of all…”
“But you already knew all these things when you asked me…”
“Let me finish I said. And, most of all, I can’t stand that you’re bisexual. Every time I noticed you were talking with another man, it frightened me. More, it was disgust…” she stopped speaking when she saw Ola’s face, contorted by sadness and pain.
“But you… How do…? Why…?” Ola couldn’t find his words: he seemed to have lost all his self-confidence.
“I’m so sorry Ola. I thought I could accept your bisexuality, but finally I can’t,” she explained with a shaky voice. “So, good bye and have a nice day,” and she left.

Ola couldn’t move: her words had paralyzed him. Tears rolled down his cheeks and everything around him became blurred. Through his tears, he saw something, or someone, moving next to the table. He dried his eyes with the back of his hand and spotted a piece of paper: the bill. He was looking for his wallet when he noticed that it was ripped up. And there were some coins next to it: Johanna had paid for everything. So he put his wallet back in his pocket, stood up, took his jacket and left. He couldn’t stay here anymore.

He started walking without paying attention to which streets he was walking in. Anyway, he didn’t know where to go. He didn’t want to go home. He just wanted to forget everything. He looked up at the sky and saw the first snowflakes falling. It made him realize that he was freezing like Hell and didn’t have a clue of where he was. Suddenly, a taxi appeared at the end of the street. He waved at it and the taxi stopped. He got in the car and said the first address that came to his mind.



     A tall blond man answered the entry phone, and made a little noise of surprise when he heard the other man’s voice.

“What?”
“Nothing, it’s just that… Well forget it.”
“Are you going to let me in or do I have to smash down the door?”
“Oh yeah, of course, come up. Fourth floor.”
“I know Martin” and Ola pushed the door which had been opened.

Martin was waiting for Ola on the landing. As Ola was on the last steps, he started to talk.

“Shouldn’t you be with Johanna? I hope you’re not here because of the phone call.”

Ola shook his head and hugged him.

“Oh my god! You’re freezing! Come in, come in,” and Martin pushed him into the flat. “Do you want something to drink? I can make you some tea, coffee, hot chocolate… er… what do I have more?
“Whisky.”
“No, you know that you shouldn’t drink alcohol when you’re sad. So tea, coffee or hot chocolate?”
“Tea. Do you have that Russian tea I tasted last time?”
“Of course. And I have some pepparkakor to go with it. If you want, you can take one of my sweaters” he added when he saw Ola shivering.
“Thanks.”

While Martin was preparing the tea, Ola rummaged about in the cupboard and finally, after at least five minutes, put on a sweater. Martin smiled when he saw which one his friend had chosen. It was the one Ola had made him buy when they were in Paris during the tour. A black sweater with very nice but strange white drawings on. Even if it was a bit too big, it fitted Ola very well, repeating the colours of his hair. Martin brought two cups of tea and they both sat on the sofa. Ola drank a few gulps of his tea and then began to pour his heart out.

He didn’t understand why Johanna had decided to split up. They had been together for almost a year. They had fun. They had sex, sometimes even more than he wanted. They could talk about everything, of this and that, but also about politics and other serious issues. Ola suddenly laughed, remembering one of their conversations: they were preparing dinner: spaghettis and köttbullar. They had two kinds of pasta at home and Ola wanted one, Johanna the other one, saying it tasted better. They started to argue about it, each one defending his kind of pasta. After about ten minutes of arguing, the neighbour phoned and said that the pasta he made were the best one. Finally, they ate the neighbour’s pasta and agreed that it tasted very good.

Martin was smiling and Ola laughing loud, before bursting into tears. He didn’t understand, he kept repeating, they had done a lot of things together. Every time he had some free time, he was with her. But maybe it wasn’t enough for her, maybe she wanted someone… Martin replied before being interrupted by Ola.

“But she knew that!” he shouted and stood up. “She knew that I couldn’t dedicate much time to her, that The Ark was very important to me, and that I would spend a lot of time on it, on music. She knew all that before asking me to go out with her!” Ola was angrier than ever, but also sadder than ever, and Martin felt it.
“Calm down Ola. Please, calm down. It won’t do anything to get angry here and now, apart from making me sad” Martin said trying to make Ola sit on the sofa again. “So now, you can tell me everything: I’m here to listen to you. You can cry and do whatever you want, but not shout, ok?”

Ola nodded. He raised his eyes full of tears to Martin and smiled sadly. Martin smiled back and gave him his cup of tea, the best cure for sadness according to him. Ola didn’t drink it but kept it in his hands, ‘cause it was warm and nice. He looked at it, concentrating hard, as if he wanted to see through it.

“She said I was a rock star” he began. “I hate this word. I’m not a rock star, or a glam rock Jesus either, as some fans seem to think. I’m just a human being. Just me” he added with a weird little laugh. “I couldn’t be in two places at the same time to spend more time with her. And yet, you know how much I wished I could. I missed her so much during the tour. I miss her so,” he sobbed and Martin touched his arm, just to let him know that he wasn’t alone in this hardship. “But… even if she asked me, I can’t give up The Ark. It means so much to me: I made The Ark and The Ark made me. And the Ark means so much to a lot of fans: I can’t abandon them.”

Ola paused and drank some tea. He was sobbing harder than before, and some tears were dropping from his cheeks. Martin stayed silent: he felt that Ola hadn't said everything, and let him gather his thoughts.

“You know what she said? What she dared to say? That she couldn’t stand that I’m bisexual. She dared to say that, although she knew it long before going out with me. Although she says she’s tolerant. Is it being tolerant not to accept that your boyfriend is bisexual? I never cheated on her. I even never looked at another girl or boy. So, why? Is it wrong to be bisexual? Am I a freak?” he asked, raising his anxious and watery eyes towards Martin.
“No, you’re not,” he said shaking his head. “You’re a man, exactly like the others. So stop crying and watering down your tea with your tears.”

Ola smiled: Martin always knew what to tell sad people, and it wasn’t the first time he had consoled him. He sniffed in a not so elegant way and took the handkerchief Martin was holding out to him.

“You know what the funniest thing about this is? It’s that,” he went on as Martin was opening wide his questioning eyes, “I thought that our love had no end, and it ends precisely on the day of the lovers. Valentine’s Day. Ironic, isn’t it?”
“Yeah, but maybe not as much as you think. I mean, at the beginning, the 14th of February wasn’t the day of the lovers.”
“Huh? What do you mean with «it wasn’t the day of the lovers»?”
“It’s one of my chemistry teachers who told me that. In the Middle Ages, the king of all the animals was the bear. If you killed a bear, you became invincible. The Swedish and Danish dynasties even pretended that they were descended from the coupling of a woman with a bear. There was a real worship of the Bear all over Europe. And the Church thought it threatened them. So they decided to destroy that worship. And one of the ways they used to do that, apart from killing bears, was to put a Saint on the 14th of February!” he explained, quite proud of this anecdote.

“Er, I still don’t understand.”
“It’s very simple. Middle Ages people used to celebrate the Bear twice a year: the 11th of November: it was the beginning of its hibernation, and the 14th of February: it was its end. And people were much more afraid during the second celebration than during the first one” he said laughing. “When the Church put the Saint Martin on the 11th of November, and the Saint Valentine on the 14th of February, people had to celebrate some Saints instead of the Bear."
“You mean that Valentine’s day is in fact the end of the bear’s hibernation’s day. So I’ve been dumped the day we should celebrate the waking up of the bear.”
“Yeah, exactly. Hey, what is it I'm seeing?” Martin said surprised, while Ola was weeping again. “It was meant to make you laugh, not cry. Dry your tears immediately” and he brought his hand close to Ola’s face and wiped some from his cheek.

Ola closed his eyes, letting himself be overwhelmed by the sensation of this hand on his cheek. When Martin took off his hand, Ola suddenly opened his eyes and caught the hand. He looked at him with his dark eyes where Martin could read pain, sadness and fright of being rejected. Where he lost himself for a few seconds. Ola blinked and Martin got his senses back.

“I said that you don’t have to cry anymore” he exclaimed with a reproachful but gentle tone. “I don’t like to see you weeping. It makes me sad too, and I don’t know what to do,” and with his free hand, he wiped Ola’s tears on his other cheek.

Once again, Ola closed his eyes and let him wipe his tears. But this time, the hand wasn’t taken away. It caressed the cheek, went up into the dark hair, and then down until the neck. Ola could hear Martin’s breathing heavier and closer to him. He finally felt a warm blow on his face. He smiled but didn’t open his eyes. He wanted to savour every second of it, every move Martin was making. After having contemplated this face which had regained its serenity, Martin kissed him very softly on the lips.

Then he whispered in Ola’s right ear: “Never cry again.” Ola answered by kissing Martin’s left ear and whispered: “You said I could do whatever I wanted” and then looked at him, smiling. Martin was a bit confused: he didn’t dare understand the hidden meaning of those words. But Ola didn’t give him time to think about it. He kissed him on the lips, then on each eye, and back to the mouth, while his hands were slipping into the blond hair. Martin let himself go and answered the kisses. He moved his hands under the sweat and felt how Ola quivered when the cold fingers touched his skin.

After a while kissing, touching and caressing each other, Ola leant over Martin and they found themselves leaning down one against the other. The cup of tea fell on the floor and broke into little pieces. But they didn’t care. Only the white carpet cared about it and the large brown mark of tea.
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8 février 2010 1 08 /02 /février /2010 00:18

Bonne semaine et bonne lecture! =D Voici la seconde partie du triptyque Métro, boulot, dodo?.


cellbasedassay.jpg

     -Catherine! Catherine!

Mais putain, elle va s'arrêter cette conne, oui ou merde?! Ca fait un couloir, un escalier -parce que forcément, j'ai loupé l'ascenseur dans lequel elle était- et un autre couloir que je lui cours après. Je commence à être légèrement essoufflé. Et c'est un euphémisme: je souffle comme un bœuf et les étudiants me regardent bizarrement. Mais c'est vrai quoi: grimper cinq étages de la tour A au pas de course, c'est pas de tout repos.

-Catherine! je finis par hurler avec ce qu'il me reste de souffle, les mains sur les genoux.

Ah, elle se retourne enfin. Comme d'habitude, elle me regarde de haut, avec ce petit regard méprisant que je ne supporte pas. Tout ça parce que je suis encore en train de faire mon post-doctorat. Encore heureux qu'on ne soit pas dans le même labo: elle bosse au 6ème étage du bâtiment Kourilsky à Saint-Antoine et moi au 7ème.

-Ah, bonjour Nicolas. Comment ça va?
-Ca va, merci. Et toi?
-Bien, merci. Je vais donner un cours aux L3 bio.

C'est un TD, connasse! Pas un cours! T'es même pas prof. Bon, on se calme Nico, sinon tu vas jamais avoir ce que tu veux.

-Je vais pas être long dans ce cas, je fais avec mon plus beau sourire, un peu faux-cul, je le reconnais. En fait, j'ai un problème: je pourrai pas assurer mes TD de vendredi après-midi. Je dois aller assister au mariage de mon frère, et c'est pas la porte à côté. Donc mon train part à midi. Christian devait me remplacer mais il a la grippe et il est cloué au lit.
-Et t'as pensé à moi pour assurer tes quatre heures de cours de vendredi après-midi, je suppose?
-T'es la seule que je connaisse qui ait le vendredi aprèm' de libre.

Bon, vu la gueule qu'elle fait, c'était pas la phrase à dire. J'aurais dû flatter son ego. Mais voilà quoi, il y a des limites à tout quand même! Et flatter Catherine qui me fait royalement chier depuis plus de deux ans, c'est au-delà des miennes.

-Allez, s'teu plaît. Je te prends quatre heures de TD n'importe quand dans la semaine, du moment que j'ai pas d'autres TD à donner en même temps.

Elle hésite, je le sens. Maintenant, il ne me reste plus qu'à lui donner le coup de grâce.

-Et si tu veux, je parlerai de toi à Pierre.

Pierre, c'est mon chef de labo. Elle rêve de bosser avec lui, si ce n'est plus. Elle a les yeux qui pétillent trop à chaque fois qu'on parle de lui pour que ce soit juste dû au travail. Mais ce qu'elle ne sait pas, c'est qu'il est marié avec gamins: y'a la photo de deux mômes de dix ans sur son bureau. Et ça, ce n'est pas moi qui vais lui dire, vu que dans trois secondes, elle va accepter mon marché.

-D'accord... Mais pour Pierre, ne tarde pas trop: je vais essayer de passer dans son labo d'ici à la fin de l'année.

C'est ça: rêve toujours ma vieille! Il est hors de question que t'atterrisses dans le même labo que moi!

-Et tu me prends les cours de lundi après-midi. Je t'enverrai toutes les infos par mail. Tes cours de vendredi, c'est pour qui?
-L1 bio. Des rappels assez basiques de bio mol. Rien de bien méchant, mais ils ont rien dans le crâne. T'auras qu'à voir la
salle sur le planning, je retiens jamais, moi.

Elle hoche la tête et rentre dans sa salle de classe sans même me dire au revoir. Je plains ses étudiants: d'après les échos que j'en ai eu, elle est soporifique au possible, en plus d'être chiante et sévère. Au moins comme ça, mes L1 vont se rendre compte de la chance qu'ils ont de m'avoir en tant que chargé de TD. Bref, voilà une bonne chose de faite. Je vais pouvoir aller jouer mon rôle de témoin au mariage de mon frangin sans une once de culpabilité.



     Où est-ce que j'ai foutu ce putain de papier?! Je suis sûr d'avoir imprimé le mail de Catherine ce matin et de l'avoir mis dans mon sac. J'ai l'impression d'entendre ma mère qui me dit "Range tes affaires Nicolas. Tu vas finir par les perdre". Déjà que tout le weekend, j'ai eu droit au refrain: "Et toi, mon chéri? C'est quand qu'on aura le droit de te voir dans un smoking et dire oui à une jolie jeune femme comme ton frère?". J'ai failli lui répondre: "Quand les cons qui sont au gouvernement auront captés que les homos sont des gens comme les autres et qu'ils ont eux aussi le droit au mariage!", mais je me suis retenu: une crise cardiaque n'aurait pas été du meilleur effet lors du plus beau jour de la vie de mon frère. Dixit lui-même.

Moi, de plus beaux jours de ma vie, j'en ai trois pour l'instant. Enfin, c'est peut-être pas les plus beaux, mais ce sont ceux qui comptent le plus: celui où j'ai couché avec un mec pour la première fois (j'en étais vraiment amoureux à l'époque), celui où j'ai dit à mon frère que j'étais gay (le seul au courant dans la famille), et celui où j'ai fait l'amour dans le métro, il y a plus d'un mois, avec cet étudiant magnifique. J'en rêve encore.

Ah! Enfin, la voilà, cette satanée feuille! Alors voyons voir. Déjà, je suis dans la bonne tour, et au bon étage en plus! Et ma salle se situe... à dix mètres de là où je suis. T'as gagné le jackpot Nico! Yahou! Et qu'est-ce qu'elle a marqué d'autre, hum, les powerpoints. Ils sont dans ma clef, qui doit être dans ma trousse, et qui y est. C'est bon, j'ai tout, je peux entrer en salle, et ils sont déjà tous là! C'est dingue! Les L3 sont si studieux qu'il sont toujours en avance, ou c'est Catherine qui les terrorise? Je penche plutôt pour la seconde option, parce que mes L3 à moi, ils sont toujours pile poil à l'heure. Jamais en avance.

-Bonjour, vous êtes bien les L3 bio qui deviez avoir TD avec Catherine De Pulhiaque à 16h15?
-Oui, me répond une jeune fille au deuxième rang, qui me mange des yeux.

Et bien, c'est mal parti pour toi ma poulette, t'as beaucoup trop de poitrine pour que tu m'intéresses!

-Parfait! Je m'appelle Nicolas Austier, et c'est moi qui vais vous faire votre TD aujourd'hui à la place de Catherine. On a fait un petit échange parce que je ne pouvais pas faire certains de mes TD.

J'ai comme la vague impression d'entendre un soupir de soulagement dans la classe. Alors soit elle les terrorise vraiment, soit elle est nulle, soit les deux à la fois.

-C'est l'apoptose que vous devez faire aujourd'hui, si je ne me trompe pas. Et il y a quatre étudiants qui doivent nous présenter deux articles. Dunier, Halek, Rostini et Toulman, c'est ça?

Les quatre concernés hochent la tête, mais ne bougent pas de leurs chaises.

-Et bah alors, qu'est-ce que vous attendez? Le déluge?
-D'habitude, Madame De Pulhiaque nous fait un petit cours avant, minaude la fille du deuxième rang.
-Attendez, je fais, assez étonné par ce qu'elle vient de me dire.

Moi les rappels, je ne les fais que lorsque c'est vraiment nécessaire.

-L'apoptose, c'est de la tarte à la crème! C'est vu, vu et revu. En plus, vous avez eu plusieurs cours en amphi dessus.

Et c'est à ce moment là que les powerpoints de cette chère Catherine se rappellent à ma douce mémoire. Je file donc mettre ma clef dans l'ordi de la fac qui est sur le bureau, et en deux temps trois mouvements, je trouve les fichiers qu'elle m'avait envoyés. Effectivement, il y a un cours sur l'apoptose, que j'ouvre, et qui s'affiche en grand sur le mur blanc grâce au vidéo-projecteur. Je feuillette un peu les diapos avant d'annoncer mon diagnostic.

-Mais c'est de la merde, ce truc. Y'a beaucoup trop de détails et elle s'y perd elle-même dedans. Oubliez tout ça, je vais vous faire un rappel à ma manière.

Mais je n'ai rien préparé, évidemment, et l'apoptose, je ne bosse pas tous les jours dessus. Donc les noms des molécules, p53, bax, bcl2 et autres caspases, ça me passe un peu beaucoup au-dessus de la tête. Alors soyons un peu vache pour une fois et interrogeons un élève. Plouf, plouf, badaboum, et c'est tombé sur toi, Bernard. Quoique... Juste au-dessus, Barriel, ça me dit quelque chose comme nom. Le prénom, c'est... Etienne. Etienne Barriel.

Putain de nom de dieu de merde. C'est lui! C'est ce foutu étudiant de la ligne 6, entre Bercy et Quai de la Gare! Oh putain, faut pas que je rougisse, faut pas que je rougisse. Pense à quelque chose de pas drôle, Nico, à quelque chose de pas drôle. Ta première, et unique, fois avec une fille. Ah ouais. Ca c'était carrément l'horreur. Et ça a au moins le mérite de me calmer tout de suite. Bref, revenons à nos moutons: j'ose, ou j'ose pas? Allez soyons fou!

-Barriel, au tableau. Tu nous fais un petit rappel sur l'apoptose. L'essentiel à savoir, en quelque sorte.

Et là, je le vois se lever. Il est plus beau que jamais! Un peu plus couvert que la dernière fois, mais toujours aussi sexy. Il fait comme s'il ne me connaissait pas mais je suis sûr qu'il m'a reconnu dès que je suis entré dans la salle. Sinon, on ne se dévorerait pas mutuellement du regard de cette manière-là, comme si l'on savait ce qui nous attendait. Comme si on l'avait déjà fait. Ce qui est vrai en soi: on l'a déjà fait. Il s'approche du tableau et commence à faire un schéma. Pendant ce temps, moi j'ai une vue superbe sur son cul, et nom de dieu, le cours va être long, je le sens. Horriblement long.



     Une demi-heure que le cours devrait être fini. Une demi-heure que j'enrage, parce que ceux qui présentaient n'ont pas été foutus de comprendre correctement leurs articles.  Bon, je l'admets, ils n'étaient pas simples, mais ils avaient une semaine pour les préparer. C'était largement suffisant! Moi en lisant le premier dans le métro ce matin, la tête dans le cul après mon weekend plus que fêtard, et le second à l'heure du déjeuner, toujours la tête dans le cul, j'ai réussi à comprendre à peu près de quoi ça parlait. Ok, j'ai quelques années d'expérience de plus qu'eux, mais ce n'est pas une raison.

-Monsieur, dans la figure 3.A., je n'ai pas bien compris pourquoi les auteurs disent que les quantités sont comparables. La bande de droite est trois fois plus grosse que celle de gauche, intervient, encore une fois, la midinette du deuxième rang, que je vais finir par étriper si ça continue.

On va torcher ça vite fait bien fait, et peut-être qu'enfin elle me lâchera les baskets.

-Les témoins et les contrôles ne sont pas là pour faire jolis, aux dernières nouvelles.

Connasse, je rajoute intérieurement. Evidemment, je ne peux pas le dire à voix haute, mais ça fait quand même du bien de le dire intérieurement.

-D'autres questions?

Je vois des têtes interrogatives se lever, mais aucun bras, heureusement.

-Bien, dans ce cas on a fini. Messieurs, ce n'étaient pas fameux vos présentations. Vous auriez pu mieux faire, je dis aux quatre manchots du power point qui nous ont projeté des trucs immondes. Et je conseille à tout le monde de revoir l'apoptose, ça ne m'a pas l'air au point. J'espère que vous êtes plus au taquet sur la nécrose, pour la semaine prochaine.

Ils sont déjà en train de ranger leurs affaires, et tant mieux. Je leur dis au revoir les uns après les autres au fur et à mesure qu'ils passent la porte. Je vois Etienne dire à deux de ses potes de partir sans lui et ils ne protestent pas, ce que je comprend, vu l'heure qu'il est. Presque sept heures. Et je suis pas prêt d'être chez moi. Tous les étudiants sont sortis maintenant, sauf Etienne, qui se dirige vers le bureau, où je suis en train de ranger mes dernières affaires.

-Salut, il fait, nettement plus timide que la dernière fois.
-Salut.

C'est vraiment étrange de se retrouver face à lui, comme ça, seulement tous les deux, dans une situation "normale", on va dire. Je l'ai voulu pendant un moment, et j'ai essayé de le revoir, mais j'arrivais jamais à le choper. Et puis je me suis fait une raison. Alors je ne sais pas trop sur quel pied danser. J'aurais vraiment dû y penser pendant ces deux heures et demi, au lieu de me décarcasser à expliquer la complexité de l'apoptose à des crétins. Et puis de le mater aussi. Je croyais qu'il allait se barrer sans que je puisse rien faire, alors j'en ai profité. On ne vit qu'une fois, n'est-ce pas?

-Euh... Merci pour mon portefeuille. Ca m'aurait vraiment fait chier de l'avoir perdu.

C'est vrai que je l'avais déposé le jour même à la loge, après avoir récupéré toutes les informations que je voulais. Et je leur avais conseillé d'appeler l'étudiant, parce qu'il l'avait perdu dans un labo extérieur à Jussieu. Un petit mensonge qui a été avalé sans problème.

-De rien. Il ne me servait pas à grand chose de toute façon. Je pouvais même pas aller manger au Crous avec, la photo sur la carte ne me ressemble pas du tout, je plaisante.

Ah! J'ai réussi à lui arracher un sourire! On dirait qu'il se détend, et ça me fait bêtement plaisir. Peut-être que je pourrais l'inviter à boire un café, ou alors l'inviter carrément à dîner, vu l'heure. Mais c'est peut-être un peu too much pour un premier rendez-vous? Enfin, rendez-vous, rendez-vous, le mot est vite dit, parce que pour l'instant, la situation est loin d'être claire entre nous. En plus, qu'est-ce que je raconte moi? Qu'est-ce qui pourrait être too much après avoir couché ensemble au bout de... allez... dix minutes? Et je suis généreux! Franchement, je vois pas: si quelqu'un sait, qu'il me fasse signe.

-T'as l'air crevé. La nuit a été épuisante?

Question piège vue! Tu ne m'auras pas avec cet petit air innocent, ce mélange de timidité et d'audace.

-Surtout beaucoup trop longue. En fait, c'est tout le weekend qui a été beaucoup trop long. C'était bien, mais long. Et chiant aussi par moments.
-Il m'avait pas l'air si bien que ça, ton weekend, il remarque.

Et c'est vrai que vu comment je l'ai présenté, ça ne donne pas envie du tout. Alors que je me suis plutôt bien amusé, et surtout j'ai vu mon frère dire oui à la femme de sa vie, dont on voyait déjà le ventre s'arrondir un peu sous la nouvelle vie qui grandit en elle. Je vais être tonton dans quelques mois, c'est quand même dingue ça!

-Si, si, c'était très bien, je corrige. J'étais au mariage de mon frère, et j'étais son témoin. Mais le problème était que la belle-famille voulait absolument un mariage religieux, parce que c'est toujours comme ça que ça se passe chez eux.

Un sourire moqueur remplace le sourire timide qu'il avait. Apparemment, ce n'est pas un adepte de la religion. Tant mieux: moi non plus.

-Ah ouais, j'imagine bien le truc: assis, debout, assis, debout, et puis chantez, taisez-vous, amen et assis.

Les mimiques qu'il fait en même temps sont tordantes et j'éclate de rire. Je ne peux pas m'en empêcher! D'autant plus que c'est très juste ce qu'il dit.

-Et puis il y a aussi eu le petit laïus du prêtre sur le bonheur du mariage, de celui de partager sa vie avec la personne qu'on aime, etc. Et tout ça en me lançant pas mal de regards pendant toute la cérémonie.

Tiens, il ressemble à un petit poisson comme ça, avec la bouche entr'ouverte. C'est marrant. Et c'est très mignon, je trouve. Mais bon, je ne vais pas laisser le suspens durer plus longtemps.

-J'ai pas réussi à savoir si c'était parce qu'il me matait, ou si c'est parce que beau-papa et belle-maman lui ont glissé à l'oreille que j'étais libre et qu'il essayait de voir à laquelle de ses ouailles célibataires il pourrait me marier.
-Je pencherais plus pour la première option, il me sort, en me regardant droit dans les yeux.

C'est limite s'il ne se lèche pas la lèvre supérieur pour m'aguicher. Putain, j'y comprend rien à ce mec. Il passe d'un extrême à l'autre d'un claquement de doigts et c'est super perturbant. Mais il n'empêche: il m'excite beaucoup. Enormément même. Et si les règles de bienséance n'étaient pas si bien ancrées dans mon esprit, je crois que je me jetterai sur lui de suite et je lui ferais l'amour là maintenant, sur l'une des tables. Mais ça ne serait pas très agréable pour lui, ni pour moi, ni pour la femme de ménage qui nettoierait la salle demain matin. Donc je me retiens. De plus en plus difficilement, mais je me retiens.

-Ah ouais, et pourquoi donc?
-Bah, ça me paraît évident. T'es super bien foutu.

Et en même temps, forcément, il me fait un sourire du feu de dieu. Il ne faut pas que je rougisse, il ne faut pas que je rougisse. Loupé! Y'a de nouveau une pointe de moquerie dans son sourire, donc ça veut dire que j'ai rougi.

-Et bien, moi je crois que tu te trompes.
-Et pourquoi ça?
-Parce qu'il n'a pas arrêté de me demander quel genre de filles j'aimais. Et il m'en a présenté au moins une dizaine, qui m'ont toutes fait du charme. Je ne te raconte pas la galère: il a fallu que je leur dise non à toutes sans les vexer.
-Ce qui est très dur avec les femmes, complète-il.

La conversation retombe un peu à plat et il contemple le bout de ses chaussures. Alors soit il veut se barrer, soit il veut me demander quelque chose de gênant. Mais dans les deux cas, il ne sait pas comment le dire. Ah, il s'assoit à moitié sur un coin de table. Donc a priori, il n'a pas envie de partir. Et mon instinct me dit que la chose gênante qu'il veut me demander, c'est si j'ai couché avec un mec pendant ce weekend. Ou peut-être même depuis notre "entrevue". Ce que je n'ai pas fait. Mais je ne vais le lui dire comme ça. Va falloir le vouloir pour le savoir! Héhé! Ouais, j'ai un petit côté sadique, et alors? Ca ne fait de mal à personne.

On dirait qu'il va prendre la parole, vu qu'il a relevé la tête, et qu'il a un regard sacrément déterminé. Et diablement attirant.

-Et les mecs?
-Quoi les mecs? je fais, pour le titiller un peu.
-Est-ce qu'ils t'ont fait du charme aussi?

Et pan! En plein dans le vif du sujet qu'il rentre le petit père. Comme la dernière fois. J'adore.

-Hum... Non, pas que j'ai remarqué. Mais j'ai craqué pour Alexis.

Ouh! Il a pas l'air content: il a les sourcils tout froncés, et ça lui fait des rides sur le front.

-Alexis? il gronde.
-L'adorable bébé de la sœur de la mariée.

Oh putain sa gueule! C'est vraiment dommage que j'ai pas d'appareil avec moi. J'aurais voulu immortaliser ce moment. Mais je crois que de toute façon, je n'aurais pas pu: je me marre comme une baleine et la photo aurait été floue. Je le vois, entre deux larmes de rire, s'avancer vers moi. Il s'installe sur mes genoux sans même me demander mon avis. Waow! De près, il a l'air encore plus mécontent.

Pourtant il m'embrasse à pleine bouche. Il passe ses mains dans ma nuque et moi j'entoure sa taille de mes bras. Notre baiser est de plus en plus passionné, comme celui de deux amants qui se retrouvent après des mois loin l'un de l'autre. C'est étrange. Il interrompt le baiser après quelques minutes et me regarde dans les yeux.

-T'habites où?
-Dupleix.
-Je t'ai demandé où, pas dans quoi, il soupire.
-Bah justement, j'habite à Dupleix, tu sais la station de métro sur la 6. Et désolé de te décevoir, mais je n'ai qu'un trente mètres carrés, sur un seul étage.

Il a un petit sourire d'excuse pour avoir mal compris, puis il se lève et prends ma main.

-Viens, on va chez toi. Ca sera mieux qu'ici, ou dans le métro.

Je crois que j'ai loupé un épisode, ou même carrément toute une saison. Mais là, maintenant, tout de suite, j'en ai rien à faire. Parce que j'aime trop la sensation de sa main dans la mienne.

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5 février 2010 5 05 /02 /février /2010 00:35
Petit article pour vous faire partager une très belle citation, et annoncer ce qu'il y a à paraître.

Alors déjà, une nouvelle catégorie: [Fic] Métro, boulot, dodo? Ce qui ne devait être qu'un OS s'est transformé en triptyque. Ma seconde partie, Boulot, devrait apparaître sous peu. De même pour la traduction française de The Manor.
Ensuite, reprise de Crampons et autres fantaisies hippiques le jour de la Saint-Valentin, pour vous faire plaisir. Comme ça, même si vous êtes célibataires, vous aurez droit à un petit cadeau. ;-)
Enfin, probablement des artciles toujours en rapport avec mes influences, même si ça n'a pas l'air de vous intéresser des masses. Pas mal de concerts en prévision, donc peut-être quelques reviews. Et puis je vais essayer de parler un peu plus de BD et de bouquins.




Baiser-13.jpg

"Deux homosexuels, non deux garçons, qu’on voit partir ensemble pour aller coucher dans le même lit, on les tolère, mais si le lendemain matin, ils se réveillent avec le sourire aux lèvres, ils se tiennent par la main et s’embrassent tendrement, là on ne leur pardonne pas. Ce n’est pas le départ pour le plaisir qui est insupportable, c’est le réveil heureux."

Michel Foucault
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Les textes publiés sur ce blog sont de ma propre invention et sont écrits par moi, à moins que le contraire ne soit précisé en début d'article. Je vous demanderai donc de respecter mon travail et de ne pas plagier mes écrits.
Merci d'avance.

Certains textes peuvent contenir des relations hétéro ou homosexuelles explicites.
Les mineurs et tous ceux que ça dérange, vous connaissez la sortie: la petite croix rouge.
Tous les résumés et histoires à venir sont disponibles ici.
Si vous avez des questions ou autres, vous pouvez m'envoyer un mail ici.

Sökande

"Un écrivain ne confie tout ni à ses journaux intimes, ni à sa correspondance;
seules ses créatures racontent sa véritable histoire, celle qu'il n'a pas vécue, mais a souhaité vivre."

François Mauriac 

Andra saker ni kan se

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Vad som helst...



"Je ne suis pas homosexuel, même si certains semblent le croire."

Ola Salo





"Aime moi, alors je t'aimerai peut-être."
J. R.-P.





"Tout est une question de goût. Toi tu aimes les femmes, moi j'aime les hommes, et lui aime les deux. Où est le problème?"
J. R.-P.





"Ne plus rêver, c'est être à demi mort, c'est faire de la réalité sa seule loi."
Jean-Baptiste Pontalis





"Si tu sens que tu plafonnes, perce un trou dans le plafond."
Gilles Goddard

"Alors si tu sens l'angoisse de la page blanche, prends en une rose."
J. R.-P. 

Lyssna!