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1 février 2010 1 01 /02 /février /2010 19:06
Comme certains le savent, je me suis blessée à la main en faisant du cheval samedi il y a une semaine. Donc j'avais deux doigts de la main gauche immobilisés, ce qui posait quelques problèmes pour écrire. J'ai un peu récupéré depuis, donc je vous ponds cet article sur The Ark, le groupe sur lequel portait la fanfic The Manor. Et dont la traduction française ne va pas tarder.

Et pour ceux que ça intéresse, je vais bientôt reprendre la publication de "Crampons et autres fantaisies hippiques". Probablement pendant les vacances de février.



Band-9.jpg

Ce sont encore des suédois, mais cette fois-ci, ils sont au nombre de six! Eux sont complètement déjantés, mais c'est pour ça qu'on les aime. Ils font du glam-rock (pour ceux à qui ça parle pas, T.Rex, c'est du glam-rock, ainsi que David Bowie et Queen dans leurs débuts), et on sent bien leurs inspirations, dans leurs aînés (cités précédemment), mais aussi dans des comédies musicales mythiques, telles RHPS (The Rocky Horror Picture Show) et Jesus Christ Superstar. Ils sont passés deux fois en France, vers 2000 et le 2 octobre 2007. Tout ce que j'espère, c'est qu'ils repasseront lors de leur prochaine tournée.

Sur ce, passons à la présentation des membres!
- chant: Ola Salo (c'est un palindrome, c'est-à-dire que son nom se lit dans les deux sens. Et pour la petite info, son père est pasteur et lui-même est bi, ce qui peut vous aider à comprendre certaines inspirations et certaines paroles. Et récemment, il a joué Jesus dans une version suédoise de Jesus Christ Superstar, qu'il a lui-même adaptée. C'est le chevelu brun avec la mèche blonde/blanche sur la photo.)
- guitare: Jepson (le blondinet tout à droite avec la veste blanche. Avant, il avait les cheveux rouges, et il était beaucoup mieux! XD)
- guitare: Martin Axén (le blondinet aux cheveux longs, avec la veste noire qui porte le badge argenté de The Ark. Très très sympa, pour avoir discuté quelques minutes avec lui avant un concert.)
- basse: Leari (Lars) Ljungberg (boule à zéro et poils au menton, il est excellent en live!)
- batterie: Sylle (Sylvester) Schlegel (celui avec le genre de canotier. Il est bien marrant, et a son petit moment de gloire à la fin de chaque concert avec Ola.)
- claviers: Jens Andersson (le dernier intégré à la bande, même si cela faisait des années qu'il travaillait avec le groupe. C'est celui au fond avec des lunettes et un béret.)

Comment je les ai découverts, vous demandez-vous? Lorsque j'étais en Suède, en août 2007. Mon frère regardait une chaîne musicale, et j'étais en train de bouquiner. A un moment, il dit: "Ah! Ils sont suédois eux!". Je m'approche, sceptique, et lui demande comment il sait, sachant que leur nom de groupe est anglais et qu'ils chantent en anglais. Il me répond, sans se démonter qu'ils ont représenté la Suède à l'Eurovision de cette année-là (soirée que j'ai raté pour cause d'anniversaire). Evidemment, ils ont perdu (les Européens ont des goûts de merde en musique, vous en conviendrez!), ils sont arrivés dix-huitième sur 24, avec 56 malheureux points (m'enfin, ils ont fait mieux que nous). Bref, j'ai écouté un peu sur le net ce qu'il faisait, j'ai acheté leur dernier album (Prayer For The Weekend), et je l'ai écouté en rentrant en France. Aussitôt, j'ai accroché! A fond, comme rarement! Ni une ni deux, je repère qu'ils font un concert début octobre à Paris, je prends les billets, j'y traîne une amie, et je suis totalement conquise par leur prestation live! Une des meilleures soirées de ma vie. Depuis, je n'ai toujours pas décroché, et je suis maintenant connue dans ma famille suédoise comme étant Arkfan (c'est sûr que quand tu dis que t'es allée jusque dans le trou perdu qu'est Sundsvall pour les voir, t'es vite ataloguée! XD).

Sinon, côté albums, qu'est-ce que ça donne?
-We Are The Ark (2000)
-In Lust We Trust (2002)
-State Of The Ark (2004)
-Prayer For The Weekend (2007)


Live.jpg

Un peu d'histoire, pour ceux qui veulent vraiment en savoir plus, sinon, passez directement à la suite.
    Le groupe est, comme Melody Club, originaire de Växjö (Suède), et s'est formé en 1991. Il est alors composé de Ola Salo, Jepson, Leari et Martin (mais pas Axén, un autre, qui est batteur, lui). Ils sortent un premier EP, Racing With The Rabbits, en 1996, qui est un total échec. En 1997, Martin Axén rejoint le groupe (pour les empêcher de se séparer, d'après la "légende") et deux ans plus tard, c'est Sylle qui rejoint l'aventure. Peu à peu, leurs prestations live et leurs efforts paient et ils sont repérés et présentés au leader de The Creeps, Robert Jelinek. Ce qui va les conduire de nouveau dans un studio d'enregistrement.
    Leur premier album, We are The Ark, sort en 2000 et c'est un véritable succès! Il rafle la première place des charts suédois pendant quatre semaines, détronant au passage Madonna. Les singles issus de cet album, Let your Body Decide et It Takes A Fool To Remain Sane (un hymne international pour tous les fous du monde, d'après Ola lui-même), sont sur toutes les lèvres. Et le disque révèle d'autres petits bijoux comme Echo Chamber, This Sad Bouquet, ou You, Who Stole My Solitude.
    En 2002, leur deuxième album, In Lust We Trust, atterrit dans les bacs. Il nous livre deux singles d'exception, qui deviennent très rapidement des hits eux aussi. Calleth You, Cometh I est un superbe hymne à l'amour sur de superbes accords. Et Father Of A Son, un véritable plaidoyer de l'homoparentalité (la Suède a accordé le droit d'adoption pour les couples homosexuels seulement quelques mois avant la sortie de l'album, tandis qu'en France, on en est encore à répéter aux gens que non, l'homosexualité n'est pas une aberration de la nature. -_-'). Je vous conseille vivement d'aller jeter un coup d'œil aux paroles. D'autres pépites musicales sont présentes aussi sur l'album, telles The Most Radical Thing To Do ou Tell Me This Night Is Over, pour ne citer qu'elles.
    Fin 2004, on se retrouve avec le troisième album, State Of The Ark, entièrement composé et écrit par Ola, cette fois-ci (hormis No End). On a le droit à un album beaucoup plus dançant, qui peut vous faire sauter n'importe qui en concert. Les titres sont entraînants, sautillants, mais on ne perd pas pour autant dans la qualité des textes. Et on arrive à danser comme des dingues sur des textes au final très tristes. Deux singles, Clamour For Glamour et One OF Us Is Gonna Die Young, sont issus de l'album et atterrissent en haut des charts.
    2007, année d'Eurovision (avec The Worrying Kind), mais surtout année de Prayer For The Weekend, leur quatrième album. On change d'univers, mais on reste très arkien, et c'est toujours aussi bien.
Et là c'est une déferlante de singles qui envahissent les bacs: près de la moitié des chansons sortent en tant que singles! Et connaissent un succès non négligeable! Tout le monde "prient pour le weekend" et chantonnent les lalala de The Worrying Kind. De plus, ils enchaînent concert sur concert et font une véritable tournée à travers l'Europe. Et pour y avoir assister, je peux vous dire que leurs prestations live n'ont rien à envier à personne!
    Un cinquième album est prévu pour le printemps! =D

Quelques liens, on sait jamais, ça peut servir. ^^
[Site officiel]
[MySpace]

Et maintenant, le meilleur pour la fin! Voilà de quoi vous décrasser les oreilles! Je ne vous mets que les titres dont j'ai parlé de comment je les ai découverts. Pour les autres titres, je vous laisse, vous et votre ami Youtube. :-P

Let Your Body Decide


It Takes A Fool To Remain Sane



Clamour For Glamour


The Worrying Kind, version Eurovision

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Published by Skorpan - dans Musique
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19 janvier 2010 2 19 /01 /janvier /2010 20:35
J'avais pris comme bonne résolution 2010 de publier plus souvent sur mon blog. Je crois que ça commence mal. Mais pour ma (faible) défense, je viens de commencer mon stage en neuro, et l'ambiance est comme qui dirait... tendue. Je regrette la pneumo (où pourtant notre chef avait l'habitude de gueuler).

Bref, je vous mets un petit OS, en anglais. La traduction française arrivera plus tard. Dîtes-vous que ça vous fera améliorer l'anglais tout en y prenant du plaisir! ;-)

Il s'agit à l'origine d'une fanfic sur le groupe suédois The Ark, et plus précisément sur le chanteur, Ola Salo, qui est bisexuel. Et pour être encore plus précise, il s'agit d'une sonfic, sur la chanson "Le Manoir", d'Indochine. Je l'ai traduite en anglais, et je laisse les paroles traduites. Mais lisez en français, c'est mieux! XD Et puis, enclenchez la vidéo. La chanson est vraiment géniale. Une de mes préférées.

Comme j'ai publié cette fanfic sur une communauté, j'avais rempli tout un en-tête avec résumé, disclaimer, etc. Je le laisse, pour n'avaoir aucun problème d'aucune sorte. :-)

Bonne lecture! =D







Title: Le manoir [The manor]
Author: Fool but Sane (beta-reader : Foui_the_brave, and my English teacher, Mr. Stone)
Genre: Songfic, PWP
Main characters: Ola, Jonathan (fictional character)
Rating : PG-13
Summary: The story takes place when Ola was around 20 and was studying. Just a glimpse of what could have happened at that time.
Disclaimer: Ola belongs to himself, Jonathan belongs to me, and the song Le manoir [The Manor] belongs to Indochine (Nicola Sirkis/Nicola Sirkis-Olivier Gérard-Boris Jardel). This story is completely fictional and never happened. And please ask me before using it for something else.
A/N: It’s the first fanfic I’ve finished. I hope it’s not too bad. You’re very welcome to comment. And I would like to thank my official beta reader for the advices (merci merci merci), Indochine for inspiring me and Ola and The Ark of course.


***    ***    ***    ***


Ola rang the doorbell several times. Finally, someone opened the door.

“Hi” Ola said with a smile.
“Hi ! How are you ?” the man answered. He was about 20 year-old, tall, slender, with short dark brown hair.
“Fine, thanks. And you Jonathan, not too tired after Sonja’s party ?” Ola said, laughing a bit.

Jonathan grinned : he had spent the whole party with his girlfriend and had hardly slept.

“Yeah, maybe a bit. But I’ll manage to stay awake until we finish our homework for tomorrow. And please, come in Ola.”

Ola stepped in and took a look at the house, wondering where they would work. The kitchen was just a big mess, and so was the living-room. Jonathan noticed Ola’s look and sighed.

“Let’s work in my bedroom. I’ll clean up this evening, before my father comes home. Come, it’s upstairs.”

 
Emmène-moi emmène-moi [Take me take me]

Dans un manoir [To a manor]

Enchaîne-moi enchaîne-moi [Chain me up chain me up]

Encore plus bas [Even lower]

Et puis entraîne-moi [And then drag me]

Entraîne-moi [Drag me]

Où le ciel n’existe pas [Where the heaven doesn’t exist]



They had been working for hours and were beginning to feel tired. Ola was trying to read a text written in very small letters, beneath the picture of a very serious man. Getting his face closer to the book, he started to see double and to have a headache.

“Jonathan, can you come and help me, please ? I can’t read something.”

Jonathan left his computer and sat on a chair beside Ola. He brought his face close to the book too. Their two heads were so close that Jonathan’s glasses touched Ola and were hurting him. But Ola couldn’t move, or maybe he didn’t want to.

 
Je crois [I believe]
Que tu sais [That you know]
L’effet que ça nous fait [What it does on us]
Délivre-moi [Deliver me]
Je vois [I see]
Que l’on sait [That we know]
Se brûler tous nos cerveaux [Burn ourselves all our brains]
Et redevenir des héros [And re-become heroes]



Jonathan tried to read the text, but he couldn’t focus on the text. He was disturbed by Ola’s presence. For the first time, deep inside him he was feeling Ola's nearness. He didn’t understand what was happening to him. His heart was beating faster and faster. He could barely breathe. He could only see Ola’s hand on the book. He could only hear Ola’s deep and calm breathing.


Je sais [I know]
Que l’on est [That we are]
Prêts à visiter nos vies [Ready to visit our lifes]
La chambre noire [The black room]
Je crois [I believe]
Que tu es [That you are]
Comme des flammes autour des croix [Like flames around crosses]
Et comme un ange [And like an angel]
Dans les nuages [In the clouds]



Jonathan moved his hand from the book to Ola’s hair, and started playing with it. Ola looked at him a bit surprised, and tried to figure out whether he was joking or not. But he wasn’t : Ola understood it as soon as he saw his eyes. Jonathan was as serious as it could possibly be.

He stopped playing with Ola’s hair and put his hand on his cheek. He came closer to Ola’s face, hesitated for a second, looked into his eyes, and started kissing him.

 
Emmène-moi emmène-moi [Take me take me]

Encore plus bas [Even lower]

Adore-moi adore-moi [Adore me adore me]

A travers bois [Through woods]

Et puis entraîne-moi [And then drag me]

Emmène-moi [Take me]

Où le ciel n’existe pas [Where the heaven doesn’t exist]

 

Ola answered to Jonathan’s kiss and started touching him : his face, his eyelids, his ears, his hair, his shoulders, his back, his chest… Jonathan was doing the same, and carrying on with kissing Ola, he dragged him on the floor. Suddenly, he stopped the kiss, to Ola’s surprise and disappointment. He got up and walked towards the door.

“Fucking asshole” Ola thought angrily “Can’t you accept what you did and what you are ? Can you only run away ?”

Jonathan closed the door and went back to Ola. He took off his T-shirt and smiled. Ola’s anger disappeared immediately and he started to kiss the naked chest.

 
Entraîne-moi emmène-moi [Drag me take me]

Dans le manoir [To the manor]

Car tu es comme moi [Because you are like me]

Tu es comme moi [You are like me]

Encore plus bas [Even lower]


 
***    ***    ***    ***


They were lying on the floor, naked, their clothes scattered around them. Jonathan had just woken up. Through the window, he could see the moon and the stars shining in the dark sky. On his left hand, he could feel Ola’s warmth. He looked at him and smiled : Ola really looked like an angel when he was sleeping.

“Cause he is” Jonathan thought. “He’s my angel. The one who saved me. The one who told me who I really am. The one who loves me.”

Jonathan was caressing Ola’s arm when he heard the entrance door being opened and closed, and a voice shouting :

“Hi son ! Guess who I met while I was on the way home ! Your girlfriend is here !”

 
Et tu verras qu’il nous faudra [And you’ll see that we’ll have]

Partir avant qu’on nous détruise [To go before they destroy us]

Se glisser de quoi dormir [To slip something to sleep]

Avant de se faner [Before fading ourselves]
Il n’y aura plus aucun secret [There will be no more secrets]

Tu sais entre toi et moi [You know between you and me]




bercyb19.jpg

Image de indo.fr
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Published by Skorpan - dans In English
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7 janvier 2010 4 07 /01 /janvier /2010 13:36
Parce que aucun de mes récits n'est prêt, j'ai décidé de vous faire un petit article sur une série télévisée anglaise, j'ai nommé Torchwood. J'ai commencé à la regarder parce qu'une amie m'en avait parlé, parce que j'avais vu quelques épisodes à la télé, parce que j'avais déjà commencé à imaginer pas mal de choses entre certains personnages (que celui qui a crié "Perverse!) se dénonce!)...

Bref, j'ai re-regardé tous les épisodes en streaming sur Surfthechannel.com, en V.O. (donc j'ai pas toujours tout compris), et j'ai littéralement adoré! Une des meilleures séries que j'ai jamais regardées.




Torchwood.jpg


Torchwood est une série britannique de science-fiction. Et pour être totalement précise, il s'agit d'un spin-off (série dérivée, en français) de Doctor Who, autre très célébre série de SF britannique. vous remarquerez d'ailleurs les anagrammes. Bref, ce spin-off se concentre autour du personnage de Jack Harkness, apparu quelques fois dans Doctor Who, et qui est, en ce début de 21ème siècle, à la tête de Torchwood, organisation absolument pas gouvernementale, qui s'occupe de tout ce qui a trait de près ou de loin aux aliens.


Alors, l'histoire... Pour ne pas spoiler, je vais dire qu'elle se résume à ce que je viens de dire: l'équipe de Torchwood 3, basée à Cardiff est composée du capitaine Jack Harkness, du docteur Owen Harper, de la geek Toshiko Sato, du coffee-boy Ianto Jones et de l'ex-policière Gwen Cooper. Ils sont chargés de contrer toute menace alien, volontaire ou non, pour nous permettre à nous, simples pauvres petits humains inconscients, de vivre en paix. Et il se trouve qu'ils ont pas mal à faire vu que Cardiff est traversé de part en part par une faille spatio-temporelle, qui permet aux aliens de venir (le plus souvents par hasard) dans notre monde.

Il n'est pas nécessaire de connaître Doctor Who pour comprendre Torchwood. Mais ça aide pas mal. J'avais moi-même quelques notions de Doctor Who avant de me lancer dans les 3 saisons.

     Saison 1 (13 épisodes)
"Torchwood: outside the government, beyond the police. Tracking down alien life on Earth, arming the human race against the future. The twenty-first century is when everything changes. And you've got to be ready."
On fait connaissance avec tout ce petit monde, et très vite on est plongé dans le truc. C'est prenant, et on ne sait pas pourquoi, parce qu'il existe quand même quelques incohérences, des choses pas du tout réalistes (ceci dit, c'est de la SF, hein!), et autres. Mais moi, j'ai été complètement captivée. Je crois que le jeu des acteurs y est pour beaucoup. Notamment John Barrowman, qui joue le capitaine Jack Harkness. Il est absolument génial. Et ses répliques sont tordantes de temps en temps. Voilà aussi ce qui fait de cette série un must à voir: les dialogues! Ils sont juste top, même si parfois je devais ré-écouter en boucle pour comprendre! XD

     Saison 2 (13 épisodes)
"Torchwood: outside the government, beyond the police. Fighting for the future on behalf of the human race. The 21st century is when everything changes. And Torchwood is ready."
Ca s'améliore par rapport à la saison 1. Ca s'améliore nettement. On est passé au niveau au-dessus, comme si dans la saison 1, ils ne faisaient que se tâter, pour voir si ça allait plaire. Là, l'histoire gagne en profondeur et les personnages aussi. Ils ont tous trouvé leur place, se font fortement secoués de temps en temps, et gagnent chacun à leur façon de plus en plus d'importance dans la série. Très bonne saison.

     Saison 3 (5 épisodes)
"We are coming."
Je suis restée sur le cul, complètement soufflée, en regardant cette saison. Certes elle ne fait que cinq épisodes, mais qui sont tellement liés à ne former qu'une seule histoire, Les enfants de la Terre (Children Of Earth), que en fait, tu te dis que c'est pas si mal. C'est même plutôt très bien. En plus, chaque épisode est si intense, si plein, qu'ils n'auraient pas pu faire ça s'ils avaient choisi le format 13 épisodes. Et nous, on n'aurait pas tenu le choc. Trop d'émotions... Véritablement superbe. A voir! Même si on ne veut pas voir les 2 premières saisons.

     Saison 4 (13 épisodes)
A venir... (j'ai hâte!)



Team-Torchwood-3---5.jpg

Les personnages, comme je l'ai dit, gagne en profondeur au fil des saisons, et c'est que du bonheur. Ils ont chacun une personnalité propre, en général très marquée, qui fait qu'ils se chamaillent souvent, et c'est un plaisir que de les entendre se lancer les répliques.

Capitaine Jack Harkness
(au milieu - John Barrowman): diablement sexy, cet immortel vient de la péninsule de Boeshane, au 51ème siècle. Il a vécu je ne sais combien d'années, est mort je ne sais combien de fois, et il n'a pas pris une ride! XD Bref, c'est lui qui dirige Torchwood 3, d'une main de fer lorsqu'il le faut. Omnisexuel, pas mal de ses relations sont ambiguës, ce qui n'est pas pour nous déplaire. C'est véritablement le personnage clef de la série, et à vrai dire, je ne sais pas quoi dire de plus, sans spoiler, tellement il est complexe. Je vous laisse le découvrir, mais attention à ne pas le juger trop vite. ;-)

Docteur Owen Harper
(à l'extrême droite - Burn Gorman): c'est donc le médecin de l'équipe. Arrogant, sarcastique et acerbe, il a toujours le mot qui tue. Il m'a beaucoup exaspéré au début, mais au fur et à mesure qu'on le connaît, on comprend mieux pourquoi il est comme ça. Aux yeux de Jack, je dirais qu'il est comme un petit frère, qui doit être protégé.

Gwen Cooper (2ème en partant de la gauche - Eve Myles): ex-policière, elle rentre dans Torchwood au cours du premier épisode de la saison 1. Jeune femme au caractère fort (une des seules à oser tenir tête à Jakc, et ce dès le début), elle entend concilier sa vie à Torchwood (qui est du quasi 24h/24), et sa vie privée (avec son petit ami Rhys). Difficile tâche que cela, car Torchwood est une organisation secrète. Mais c'est une femme forte, et si parfois j'ai eu envie de la baffer, je l'aime bien quand même.

Toshiko Sato
(2ème en partant de la gauche - Naoko Mori): elle s'occupe de tout ce qui est ordinateur et électronique au Hub (la base). Elle aide souvent ses coéquipiers depuis le Hub, mais les accompagne aussi régulièrement en mission. On ne la verra jamais sans son ordinateur, quelle que soit la situation, ce qui m'a parfois bien fait marrer.

Ianto Jones (à l'extrême gauche - Gareth David-Lloyd): c'est le coffee-boy, l'homme à tout faire de Torchwood 3. Auparavant employé par torchwood 1 à Londres, après la bataille de Canary Dwarf, qui a vu la dissolution de Torchwood 1, il s'engage à Torchwood 3. C'est certainement le personnage qui prend le plus d'importance au fur et à mesure des saisons. D'abord confiné au Hub à faire des cafés et le ménage, il finit par les accompagner en mission de plus en plus souvent. Une relation plus qu'amicale se tisse peu à peu entre lui et Jack, mais vous devez sortir la loupe, parce que la plupart des indices sont très très minces, et ouvrir grand ses oreilles car beaucoup se passe dans les répliques (ah! la fameuse chasse aux weevils! XD).


Jack-Harkness---Ianto-Jones---2.jpg

Remarques:
     -Les épisodes 11, 12 et 13 de la saison 2 de Doctor Who (avec le fabuleux David Tennant) font directement suite au dernier épisode de la saison 1 de Torchwood, et précède donc la saison 2.
     -Des épisodes audio (Lost Souls, Asylum, Golden Age, The Dead Line) se situent entre la saison 2 et la saison 3. Utile à écouter (même si je ne l'ai pas encore fait, ils sont disponibles sur Youtube je crois), car il y a un véritable bond dans l'histoire entre les deux saisons.
     -James Marsters, alias Spike dans Buffy, apparaît à plusieurs reprises dans la série, en tant que capitaine John Hart.
     -Si vraiment, vous ne comprenez rien aux dialogues, en cherchant un peu, vous en retrouvez une bonne partie retranscrits et traduits, sur le net.
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Published by Skorpan - dans Film-Séries TV
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1 janvier 2010 5 01 /01 /janvier /2010 23:40

Oulà! Presqu'un mois que je n'ai rien écrit sur ce blog! Et on a eu le temps de changer d'année entre temps! Waow! Et bah, mes chers lecteurs et mes chères lectrices, je vous souhaite une très bonne année 2010. =D Qu'elle soit pétillante comme le champagne que vous avez bu à minuit. Qu'elle soit joyeuse, pleine de vie et de bonheur. Profitons de la vie chaque jour, à chaque seconde, car on ne sait jamais de quoi l'avenir est fait. Tant qu'on est ici bas sur Terre, autant faie de notre mieux pour vivre pleinement!

Alors déjà pour vous mettre de bonne humeur, je vous ai concocté un petit OS que vous apprécierez j'espère. C'est très différent de d'habitude et j'expérimente un peu. Alors...

BONNE ANNEE et BONNE LECTURE!!! =D

PS: l'idée m'est venue en voyant l'image d'accueil du moteur de recherche Bing. Donc l'imae d'en-tête lui appartient.




Christmas-Lights.jpg

Cinq heures et demi du matin. Je quitte à peine l'appartement de mon meilleur ami. Sa copine vient de lui briser le cœur en le quittant. Et là pour l'instant, après avoir passé la nuit à le consoler et à le réconforter, la seule chose qui me vienne à l'esprit, c'est: "Elle aurait pas pu le quitter pendant le weekend, cette conne?". Parce que moi, le mercredi, je bosse. Et j'aurais préféré éviter une nuit blanche, surtout une aussi épuisante, avant d'aller bosser. Mais bon, maintenant c'est fait, alors autant se dépêcher de rentrer chez moi et de prendre une bonne douche, avant de repartir.


Je m'engouffre dans la station de métro. Comme toujours, je me suis gouré d'entrée et je dois parcourir d'innombrables couloirs et escaliers dans Nation avant de trouver le bon quai. Le métro ne doit partir que dans une petite dizaine de minutes, mais il est déjà là. Tant mieux, après tout. Je me mets dans la deuxième rame à partir du bout, et m'assois dans un carré de quatre. Le trajet jusqu'à Dupleix n'est pas des plus courts, alors autant prendre ses aises. Je pose ma tête contre la vitre. Je vois une autre personne monter dans une autre rame, et quelques secondes plus tard, je m'endors, épuisé.


Le balancement irrégulier du métro a cessé. On doit être dans une station. Pourtant la sonnerie habituelle ne vient pas. A la place, j'entends le crachotement du micro. Ah. Le conducteur va parler. Peut-être. Parfois, ça crachote mais rien ne vient. Mais il semblerait que ce matin, il ait quelque chose à dire.

-Mesdemoiselles, Mesdames, Messieurs.

Tiens, il est poli celui-là.

-En raison des intempéries, les rails de métro sont impraticables. De la neige s'y est accumulée. Il y a également du verglas et des morceaux de glace bloquent les voies. De plus, une panne de courant généralisée frappe l'ensemble du réseau ferroviaire de la RATP.

Foutu janvier. Foutu temps de merde. Avec ça, je ne vais jamais être à l'heure.

-Nous allons devoir patienter quelques instants.

Quelques instants, mon cul! Ca risque de prendre des heures, ouais!

-Je vous prie de bien vouloir nous excuser pour ce désagrément.

Eh non! Loupé, je ne t'excuse pas, connard! Et voilà le crachotement qui signe la fin de la conversation. Pleinement réveillé, je sors les mains de mes poches, qui sont toujours gantées -parce que le chauffage, ça n'existe pas dans le métro- et je me frotte les yeux, toujours fermés. Après, je consens à les ouvrir, et à regarder autour de moi. Et merde, on est sur le pont, entre Bercy et Quai de la Gare, juste au-dessus de la Seine. Le conducteur ne voudra jamais nous faire sortir sur les voies si jamais ça tarde à se débloquer. Trop de risques qu'on tombe sur la route en-dessous, je crois. Putain de merde.

En plus, je suis tout seul dans la rame. Ah non, y'a un mec assis tout au fond. Il a l'air de sortir de soirée, vu ses fringues. Et d'avoir dans les vingt, vingt-cinq ans. Un peu plus jeune que moi, du haut de mes vingt-huit ans. Il doit être assez grand, vu la longueur de ses jambes. Et il est tout maigre. Il ne doit avoir que la peau sur les os, ce gars-là. Aucune graisse pour le réchauffer. Mais ça n'a pas l'air de le gêner: il porte juste une veste pas très chaude et un jeans. Pas de gants, pas d'écharpe, pas de bonnet. Comme si on était au printemps. En tout cas, ça lui va bien. Le tout s'accorde vraiment avec ses cheveux. Ils sont noirs et raides, ramenés sur le visage. J'ai l'impression qu'il a quelques mèches rouges foncés, mais je ne suis pas très sûr. J'arrive pas à voir son visage, il a la tête penchée en avant, comme s'il dormait. D'ailleurs, il dort peut-être. Moi je le faisais bien il y a quelques minutes.

Ah tiens! Il frissonne. Finalement, il est pas si réchauffé que ça. Et ça l'a réveillé. Vu comment il farfouille dans les poches de sa veste, il doit avoir une paire de gants quelque part. Ou des mitaines: elles sont pas si grandes que ça ses poches. Hein? Comment ça, un paquet de cigarettes? Ca va pas du tout ça. Pas du tout du tout. Je supporte pas l'odeur de cigarette. Même une seule. Ca me donne des nausées, ce qui n'est pas très pratique en boîte, je l'avoue. J'ai d'ailleurs arrêté de fréquenter les night-clubs à cause de ça. Allez, sois gentil, ne l'allume pas. Ne. L'allume. Pas. Et voilà le briquet, je crois que c'est foutu, il va l'allumer. Voilà, c'est fait. J'ai pas trop le choix, je vais devoir lui demander de l'éteindre, si je veux pas me sentir mal dans une rame de métro immobilisée pour Dieu seul sait combien de temps en plein milieu d'un pont au-dessus de la Seine.

-Hum hum, excusez-moi? je dis pour attirer son attention parce que malgré le fait que je me sois planté juste devant lui, il n'a pas daigné levé les yeux.
-Hum?

Il me regarde enfin, mais il n'a pas l'air décidé à ouvrir la bouche.

-Excusez-moi, mais est-ce que vous pourriez éteindre votre cigarette? Nous sommes dans un lieu public et c'est interdit.

J'ai toujours détesté dire que l'odeur de cigarette me rendait malade. Alors autant utiliser cette nouvelle loi comme prétexte. Euh, c'est moi ou il regarde le reste du wagon? Et maintenant il a un petit sourire ironique! Mais qu'est-ce qu'il me prépare nom de dieu?

-J'ai froid, et la cigarette me réchauffe un peu, alors tu peux bien supporter, non? Toi t'as tes gants, ton écharpe et ton bonnet. Moi, j'ai ma cigarette. Point barre.

Je le savais. Je le savais que je n'allais pas aimer sa réponse. Mais sa voix est pas mal. Un peu rauque, mais je suppose qu'il est un peu malade. Et puis c'est normal en sortie de soirée, d'avoir la voix un peu rauque.

-Mais... je tente quand même de répliquer.
-Et puis, nous ne sommes que deux dans le wagon. Ca fait pas très public comme lieu. Ca fait même plutôt intime, je dirais.

Il se lève, et putain, c'est dingue comme il est proche de moi. Heureusement, il recrache toute sa fumée sur le côté, sinon je lui aurais toussé à la gueule. Mais c'est qu'il a un sourire sacrément aguicheur le salaud! Et c'est qu'il se rapproche en plus! A croire qu'il est gay. Attends deux secondes mon petit Nico. Il est gay? Mais... Mais s'il est gay, comment il a su que toi aussi tu l'étais? C'est pas marqué sur ton front, loin de là. Ou alors il fait du rentre-dedans à tous les mecs, y compris les hétéros? Ah là là là, je suis perdu, surtout qu'il s'est encore rapproché.

-Euh... Tu fais quoi là?
-Ca me paraît évident: je te chauffe et en même temps, je me réchauffe.

Wah! Il a quand même un sacré culot le mec. "Je te chauffe"? Non mais tu vas voir si je vais pas te réchauffer moi aussi!

-Et c'est quoi ton nom?

Je sais, question con, mais je ne supporte pas ne pas savoir le nom des gens. Surtout lorsqu'il s'agit de choses intimes. Et à mon humble avis, on est bien partis pour.

-Personne.

Ok. Question con, réponse con.

-Comme dans le Western?
-Tu connais?
-Evidemment. Terence Hill a des yeux à tomber par terre.
-Ouais. Mais personne en a de mieux.

S'il veut jouer à ça, il ne va pas être déçu. Il relève la tête et je peux enfin voir ses yeux. Pu. Tain. De. Mer. Deuh. Il a des yeux bleus magnifiques. Y'a pleins de couleurs à l'intérieur, et en même temps ça une certaine unité. Et puis, ils pétillent, comme un feu d'artifice. C'est superbe. Là, c'est sûr: Terence Hill a un sacré concurrent.

-Mmmh. Pas faux.
-Tu vois.

Il laisse tomber sa cigarette et l'écrase du pied. L'air devient plus respirable d'un coup, mais j'ai quand même beaucoup plus de mal à respirer. Il est beaucoup trop près. Sa bouche est beaucoup trop près. Sa main dans ma nuque est super froide. Ca me fait frissonner, mais d'un côté, c'est agréable. Et sa bouche! Nom de dieu, il a des lèvres... juste comme je les aime. Fermes et douces à la fois. Il embrasse bien, très bien, peut-être trop bien, parce que je me sens partir. Et sa main dans ma nuque qui me pousse tout contre lui. C'est grisant.

Il détache sa bouche de la mienne. Eh, mais c'est pas juste! Pourquoi il arrête de m'embrasser ce... Allons, restons un minimum polis, mon cher Nico.

-Et toi?
-Quoi moi?
-C'est quoi ton nom?
-Nicolas.
-Avec ou sans le S?
-Avec. Mes parents ne sont pas des originaux.
-Alors Nicolas, tu préfères être debout ou assis?

Il est du genre direct et pratique, ce mec. J'aime bien, il s'embarrasse pas de tournures à rallonge pour tourner autour du pot au moins. Alors voyons voir, debout contre les portes automatiques qui sont dégueulasses, ou assis sur une des banquettes -parce que le strapontin, ça serait vraiment abusé- qui sont déjà un peu plus propres.

-Assis. Tu veux être au-dessus ou en-dessous?
-A ton avis?

J'adore ce petit sourire pervers qu'il me fait alors qu'il me pousse vers une banquette, mais n'empêche qu'il me pose une sacrée colle. J'ai jamais été doué pour deviner qui était actif ou passif. J'ai une chance sur deux de me tromper, alors autant se lancer.

-Au-dessus.
-Gagné.

Ah! Pour une fois, j'ai raison! Alors maintenant, je reprends un peu les choses en main: je le fais asseoir et je m'assois sur lui. Tout en virant mes gants, mon écharpe et mon bonnet, je le regarde et je pose la question qui m'a effleuré l'esprit tout à l'heure.

-T'as des capotes?
-Toujours.

Il relève un peu le bassin et en sort trois de la poche arrière de son jeans. Ah ouais quand même.

-Et du lubrifiant?
-Toi, t'as de la chance que je sorte d'une soirée très dévergondée mais où y'avait pas un mec potable.

Il sort un tube d'une poche intérieure de sa veste. Ce mec est génial.

-Ouais, je crois aussi.

Je me cale un peu mieux contre lui et l'embrasse comme un dingue. Il laisse tomber le tube à côté de lui, sur la banquette, et passe ses mains dans mon cou, répondant à mon baiser avec la même intensité. On se mange mutuellement la bouche. On a vraiment l'air de mecs en manque. Mais je crois que là, tout de suite, maintenant, on s'en fout. C'est tellement bon. J'arrête le baiser et m'attaque à sa mâchoire, son oreille, son cou. Il se laisse faire et c'est délicieux.

Je passe mes mains à l'intérieur de sa veste, sur le tissu fin de son T-shirt et il fait de même. Sauf que moi je porte un pull, donc c'est un peu moins agréable. Et après seulement une ou deux minutes, il passe ses mains en dessous de toutes mes couches et les pose directement sur ma peau. Je frissonne: il a les mains toujours aussi froides. Mais c'est pas désagréable. Moi je continue un peu au-dessus du T-shirt, et puis je descends un peu plus bas, vers son pantalon. Et vu ce que je palpe, il bande sacrément, le saligaud. Tant mieux, parce que moi aussi.

Maintenant que j'ai laissé quelques traces bien rouges sur son cou, sa bouche me manque. Et c'est reparti pour un baiser du tonnerre. Ca a l'air de l'encourager vu qu'il descend lui aussi ses mains sur mon pantalon et se met à le dégrafer. Il devrait pas être trop déçu vu comment je suis excité. Il a tout ouvert et moi aussi, et nos deux sexes sont en contact beaucoup plus intime qu'il y a quelques secondes. Je crois que j'ai envie de plus, tout de suite. Je me mets debout, vire mes chaussures, mes chaussettes -je déteste coucher avec des chaussettes au pied-, mon pantalon et mon boxer. Lui a largement eu le temps de descendre son jeans et son boxer jusqu'à mi-cuisse. Je me rassois sur lui et le regarde dans les yeux. Dans ses yeux magnifiques qui me font un sacré effet: j'ai l'impression de bander encore plus dur d'un coup.

-T'as intérêt à être sacrément bon, parce que pour l'instant je me caille.
-T'inquiète, il me fait, on a toujours trop chaud avec moi.

Il passe ses mains dans mon dos et me rapproche de lui.

-Vantard.
-Non, honnête.
-C'est ça.

Il descend ses mains en suivant ma colonne vertébrale à travers mon manteau, relève un peu les pans de celui-ci pour atterrir sur mes fesses et me frôle la raie. Nom. De. Dieu. Ca promet pour la suite. C'est tout juste si je ne tremble pas déjà de plaisir. A croire que j'étais vraiment en manque.

Il attrape le tube de lubrifiant, s'en fout une bonne dose sur les doigts, et commence à titiller mon anus. Je me raccroche à la barre en métal pour ne pas perdre l'équilibre tellement c'est bon. Et maintenant, il commence à enfoncer un doigt en moi. Tout doucement, et c'est une torture. On ne me l'a jamais aussi bien fait.

Je délaisse la barre en métal pour ses épaules et l'embrasse à nouveau. J'adore ses lèvres. Mes mains parcourent ses épaules, son torse et puis elles descendent beaucoup plus bas, au niveau de nos sexes. Avec mes dix doigts, je commence à les caresser. Il paraît que je suis plutôt doué pour ça, alors autant en profiter pour l'envoyer au septième ciel. Enfin peut-être pas tout de suite, parce qu'après, va falloir du temps pour qu'il se remette. Mais si déjà, je le conduis au cinquième, ça devrait être prometteur pour la suite. Waow! Il a l'air d'apprécier vu comment il accélère le mouvement, et voilà qu'il me rajoute un deuxième doigt. Tant mieux, je commençais à me languir, et je bouge mes hanches en rythme avec les mouvements que j'applique sur nos sexes. C'est tellement bon.

Il reprend du lubrifiant et maintenant, il a trois doigts à l'intérieur de moi. Au bout de longues minutes, il peut les bouger sans problème dans mon rectum. Et on est tous les deux au bord de la jouissance. J'attrape un préservatif et l'enfile sur son sexe. Je mets du lubrifiant dessus et j'en profite pour le caresser encore. Vu la gueule qu'il tire, il adore ça.

Il retire ses doigts de moi et je soulève mon bassin. Je me mets juste au-dessus de son sexe que je tiens fermement, et tout doucement, je descends. Je le sens s'enfoncer en moi avec lenteur et c'est ce qu'il y a de plus délicieux au monde en cet instant précis. Et pour lui aussi. Lorsque je suis arrivé au bout, je souffle un peu. C'est pas que ce soit très douloureux, mais quand même, faut pas m'en demander trop d'un coup.

Après une minute -enfin je crois, parce que j'ai complètement perdu la notion du temps-, il m'attrape les hanches et commence à les soulever. Je prends appui sur la barre métallique derrière sa tête et je me mets à bouger de moi-même. Lentement d'abord. Je remonte jusqu'à presque faire sortir son sexe de moi et puis je redescends jusqu'en bas. Mais bien vite, cela devient épuisant, et je fais des mouvements moins amples. Et plus rapides. Et putain que c'est bon.

Je pose ma tête contre son épaule et lui m'embrasse le cou. Enfin, je devrais plutôt dire qu'il me le mordille. Ses mains m'obligent à aller de plus en plus vite et ce n'est pas pour me déplaire. Moi aussi j'ai envie d'aller plus vite. Toujours plus vite. Je le sens trembler et se tendre sous moi, c'est très agréable. Moi aussi je me mets à trembler. L'orgasme ne va pas tarder. Encore quelques allers-retours et ça sera bon. Il est le premier à venir: c'est normal: j'ai toujours été endurant et je suis sacrément bon en passif. Il soupire bruyamment et moi je continue à bouger sur lui mais plus lentement. Il ouvre les yeux, jette un coup d'œil vers le bas et me sourit. Un sourire d'enfer. D'une main, il me caresse doucement mais rapidement et il ne m'en faut pas plus pour jouir. Et putain, c'est un orgasme comme j'aimerais en avoir plus souvent. Je suis pas au septième ciel là. Je suis carrément au-dessus. Loin au-dessus. Et je crois que lui aussi.

Je m'avachis sur lui, lessivé, et ça n'a pas l'air de le déranger. Il passe ses bras derrière mon dos et cale sa tête dans mon cou, son souffle chaud caressant ma peau. On est bien comme ça tous les deux, et on reste collés l'un à l'autre un temps infini. Enfin non, pas infini, mais c'est la sensation que ça donne. A un moment, il prend la parole et me demande.

-Alors, t'as eu froid?

Je souris. Je l'ai déjà dit mais je le répète: ce mec est génial et je l'adore.

-Non. J'ai même eu sacrément chaud à un moment.
-Tu vois. Je te l'avais dit.
-Hmmm.
-La voie a été dégagée et nous allons pouvoir repartir. Je vous remercie d'avoir patienté, crachent soudain les haut-parleurs.

J'avais presque oublié qu'on était dans le métro, mais là, retour direct à la réalité. Je me lève délicatement et sentir son sexe glisser une dernière fois en moi ravive des sensations. Je me rhabille rapidement: je ne suis pas particulièrement exhibitionniste et j'ai pas envie que toute la station du Quai de la Gare me voit nu. Pendant ce temps, lui enlève le préservatif de son pénis, le noue et le fout dans un coin, probablement pour le jeter plus tard. Et puis il se rhabille à son tour.

On arrive Quai de la Gare. Il se lève, prenant le préservatif usagé du bout des doigts. Il me regarde jusqu'à ce que j'entende le déclic des portes, signifiant qu'elles sont ouvertes. Il me colle un smack et dit quelques mots.

-Thanks Nico.

Et il se barre. Je le vois ouvrir les portes automatiques et descendre sur le quai. Et je ne fais rien. Je ne peux rien faire! Je suis paralysé. La sonnerie me déchire les oreilles et les portes se referment. Lui s'éloigne, dos à moi, les épaules rentrés et les mains dans les poches de son jeans. Le métro se met en branle, l'éloignant encore plus de moi. Choqué, je m'assois sur la banquette juste en face de celle où on a couché ensemble. Tout ce qu'il me reste de ce moment si intense, c'est deux préservatifs non utilisés... et son portefeuille! Il a dû glisser hors de la poche de sa veste pendant la bataille. Putain de nom de dieu de merde, je crois que j'ai une chance du feu de dieu aujourd'hui! Je l'ouvre et trouve sa carte d'étudiant. Tiens, université Pierre et Marie Curie, celle où j'ai fait mes études. Et celle où je suis chargé de TD.

Un sourire étire mes lèvres. Je sais pas dans quoi je m'engage, mais tout ce que je sais, c'est que ce mec-là, j'ai envie de le revoir et de sortir avec lui, peu importe le reste.

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7 décembre 2009 1 07 /12 /décembre /2009 20:02
S'il vous plaît, s'il vous plaît, on range les tomates, surtout les pourries. On remet les carottes et les concombres au frigidaire (ou autre part, après tout, vous en faîtes ce que vous voulez de vos légumes! *sors*). Ce n'est pas la peine de déverser votre panier de courses du marché sur moi, ou même de balancer votre frigo plein, cette suite est bien la dernière suite de Crampons et autres fantaisies hippiques avant son arrêt temporaire. Rassurez-vous, cela reprendra bientôt!

Et tant qu'on y est, vous remarquerez la petite pub militante sur le côté droit, en faveur du mariage homosexuel. Il vous suffit de cliquer sur l'image, et vous allez sur le site de l'Appel de Montpellier, et vous pourrez le signer, si vous le voulez.

Sur ce, place à la suite! =D






-T'as bien dit que tu voulais savoir deux choses, nan?
-Euh... oui, oui, répondit-il précipitamment avant de se donner quelques secondes pour rassembler ses idées. Alors, je veux que tu me jures que tu vas répondre sans détour à ma question, pas comme tout à l'heure avec tes "Fais-moi confiance" et "Ne t'inquiète pas", d'accord?

Peter eut un pauvre sourire, démasqué qu'il était dans ses petites tentatives d'évitement de sujets sensibles, puis se vit contraint à promettre, sous peine d'avoir un Mikaël ronchon toute la soirée.

-Bien, parfait. Donc, ce que je veux savoir, c'est ce que tu vas faire de Sonia.
-De Sonia? répéta-t-il. On a rompus vendredi soir.

De nouveau, Mikaël subit un choc et ouvrit la bouche à la recherche de quelques mots à dire, tel un poisson hors de l'eau à la recherche d'air. Il finit par souffler quelques monosyllabes.

-... Hein? Quoi?
-J'ai rompu avec Sonia, répéta-t-il calmement, contenant remarquablement son excitation face à la prochaine réaction de Mikaël.
-Mais... mais... Comment? ... T'a... T'avais un an, et ... en quelques jours... je... je comprends pas, balbutia-t-il.

Peter, souriant devant la désorientation évidente de son petit ami, surpris de se trouver maintenant le seul locataire de son cœur, entreprit de tout lui raconter. Des prémices de ses doutes, de son envie de rompre, de sa visite forcée chez le médecin spécialiste, de la confirmation qu'il en avait tirée, de sa dispute avec Sonia, de ce qu'il avait découvert, de sa rupture définitive, des raisons qui l'avaient poussé à se taire alors qu'ils étaient ensemble pendant le weekend, de son passage dans son ancien chez lui la veille pour récupérer ses affaires, pour enfin arriver au dîner qu'ils partageaient. Mikaël écouta attentivement de bout en bout, fronça de temps en temps les sourcils, s'amusa devant l'histoire du sexologue, eut un sourire rêveur lors de l'évocation du concours complet, et redevint sérieux lorsque le récit rejoignit le présent. A la fin, il ne posa qu'une seule question.

-Et est-ce qu'elle se doute de quelque chose pour nous?
-Non, pas du tout! Elle est persuadée que je couche avec Andersson... euh My, pardon.
-Avec My? Toi? s'étonna-t-il avant de partir d'un grand éclat de rire.

Il se calma quelques minutes plus tard, avant de s'expliquer.

-Désolé, c'est pas contre toi, mais voilà, c'est My. Elle sortira jamais avec quelqu'un comme toi. Elle cherche plutôt des histoires pour le cul, parce qu'elle aime déjà quelqu'un. Mais que ce con est en Suède et que même s'il l'aime, il refuse de venir aux Etats-Unis. Quant à elle, au début elle voulait pas aller s'installer en Suède parce que j'avais besoin d'elle. Et maintenant, elle essaie, mais y'a plein de problèmes, et les perspectives qu'elle aura là-bas sont moindres qu'ici. Alors elle essaie toujours de le faire venir. Tiens d'ailleurs, ça me fait penser que je lui avais promis d'aller lui botter le cul un de ces jours, pour qu'il se bouge. M'enfin, c'est pas le sujet ce soir, n'est-ce pas? conclut-il en lançant un regard empli de désir à Peter.

Puis il se leva, fit reculer un peu la chaise de son homme, et s'installa sur ses genoux. Il passa ses bras autour de son cou et cala sa tête dans son cou, tandis que l'autre emprisonnait ses hanches de ses bras. Mikaël, la tête enfouie dans les cheveux blonds à la légère odeur de cigarette, prit la parole d'une voix un peu tremblante sous l'émotion.

-Je suis heureux Peter, si tu savais comme je suis heureux que tu sois plus avec elle. Je dois t'avouer que j'avais un peu peur que tu finisses par me jeter, parce que sortir avec un homme, c'est pas forcément facile. J'en sais quelque chose! plaisanta-t-il doucement. Mais tu l'as quittée, et pour moi. Je suis si heureux...

Les trémolos de sa voix se perdirent en quelques hoquets et Peter l'obligea à relever la tête pour essayer de saisir son regard.

-Eh... chuchota-t-il. Il faut pas pleurer pour ça.

Il embrassa ensuite chacun des yeux de Mikaël, et son nez, et sa bouche, doucement, frôlant à peine les lèvres. Plus une caresse qu'autre chose.

-Je sais, répondit-il en essayant de contrôler sa voix et essuyant les larmes qui s'étaient échappées sur ses joues. C'est juste que j'ai jamais vraiment été considéré comme quelqu'un de "présentable", d'"acceptable", comme petit ami. Et là... là tu quittes la femme avec qui tu devais te marier pour moi. C'est la première fois que quelqu'un fait quelque chose comme ça, d'aussi important sur le plan sentimental on va dire, pour moi, et uniquement pour moi... Et puis aussi un peu pour toi je suppose, rigola-t-il en le regardant enfin dans les yeux.
-Oui, aussi. C'est un peu beaucoup pour moi que j'ai fait ça. Et pour toi bien sûr. Et je veillerai personnellement à ce que plus personne ne refasse quelque chose de ce genre pour toi. Parce que tu vas voir, je ne vais pas te quitter, et je vais tellement t'aimer que tu n'auras même pas envie d'aller voir ailleurs, affirma-t-il en resserrant sa prise autour du corps déjà collé au sien.
-Hum... on verra bien, le taquina Mikaël. Mais si c'est la première et dernière fois qu'on me fait ce genre de truc, alors ce sera très probablement la première et la dernière fois que tu me verras aussi ému!
-Ah! Ca, rien n'est moins sûr! Je trouverai bien un moyen pour t'émouvoir, fais-moi confiance.
-Très bien, j'attends de voir de quoi tu es capable.
-Parfait. Tu vas voir, tu vas être impressionné!
-Ah? Aurais-tu déjà une idée en tête, mon cher?
-Hum... Pas tout à fait. Disons que j'ai déjà une idée dans l'assiette, fit Peter avec un sourire énigmatique.
-Dans l'assiette?

Mikaël lui lança un regard interrogatif avant de tourner la tête vers la table et de se souvenir qu'il y avait des parts de gâteau au chocolat qui attendaient pour être mangées. Peter prit sa petite cuillère, découpa un morceau de gâteau, et le porta la bouche de Mikaël.

-Tu m'en diras des nouvelles. J'ai mis des années à parfaire la recette, déclara-t-il, pas peu fier de son dessert.

Mikaël, tel un enfant, savoura avec délice le morceau de gâteau, mimant avec exagération ses impressions. Puis il ouvrit grand la bouche et réclama.

-Encore!

Et un autre morceau de gâteau finit sa course dans sa bouche. Le mâchant avec délectation, il prit possession de la cuillère et découpa un morceau qu'il fit avaler à Peter. Et ainsi de suite, ils mangèrent tour à tour la part de gâteau au chocolat. Et lorsque celle de Peter fut finie, ils s'attaquèrent à celle de Mikaël, qui se pencha pour l'attraper de l'autre côté de la table. L'assiette pencha un peu trop et les clefs glissèrent par dessus le rebord pour atterrir juste à côté de son verre.

-Oups, les clefs... En tout cas, dit-il en tournant la tête vers le blond qui lui servait de siège, et posant en même temps l'assiette pleine dans la vide, merci beaucoup pour les clefs. Je crois que je vais en faire bon usage. Je sais pas si je vais venir m'installer tout de suite, parce que c'est un peu compliqué. Faut que je règle plusieurs trucs avant, et ça dépend pas forcément de moi. Mais tu m'as bien tenté.
-D'accord, accepta Peter sans problème.

Il ne s'était pas attendu à une réponse dans l'immédiat et celle-ci lui convenait parfaitement, pour l'instant. Heureux de ce qu'il venait d'entendre, il entama férocement la deuxième part de gâteau et celle-ci fut engloutie en quelques minutes. Ce ne fut que lorsque la dernière bouchée fut avalée que Mikaël sembla se rappeler de quelque chose.

-Oh merde, Peter. La glace!

Il se contorsionna sur les genoux du plus âgé, qui grimaça légèrement, et attrapa le pot de glace.

-Regarde, elle a toute fondue, montra-t-il en trempant son index dedans et en le ressortant, couvert d'une sorte de crème beige pigmenté de petits points noirs.
-Mmmh... C'est encore bon, affirma-t-il après avoir léché le doigt du jeune homme.
-Ah bon? demanda-t-il, sceptique. Les glaces, c'est fait pour manger froid, pas tiédasse.
-Mais non, goûte, dit-il en lui tendant son propre doigt enduit de glace liquide. C'est un peu différent, mais c'est pas si mal.

Mikaël lécha longuement le doigt proposé, pour bien s'imprégner du goût, puis déclara.

-Mouais, je suis pas convaincu. Par contre... fit-il, malicieux. Pour les peintures de guerre ça a pas l'air trop mal!

Il avait trempé deux doigts dans le pot et en deux mouvements précis, il avait indienniser Peter. Celui-ci ne réagit pas tout de suite, puis lorsqu'il comprit ce qu'il s'était passé, contre-attaqua. Un trait de glace sur l'arrête du nez décora le visage de Mikaël, puis un autre, horizontal, sur le menton. En quelques secondes, les deux hommes se retrouvèrent les visages, et même les cheveux, couverts de glace à la vanille. Ils en rigolaient comme deux gamins qui viennent de passer une folle après-midi. Mais pour eux, c'était plutôt la soirée qui s'annonçait folle. Mikaël, sans prévenir, se leva des genoux de Peter pour s'y rasseoir aussitôt, mais cette fois-ci à cheval et face à lui. Les bras autour de son cou, il se pencha tout doucement vers lui et d'un vif coup de langue, lapa sa joue gauche. Un autre coup de langue se positionna un peu plus près des yeux, et décida Peter à faire de même. De nombreux coups de langues et un nettoyage approximatif de leurs faces plus tard, les deux hommes firent enfin se rencontrer leurs bouches. Le baiser fut chaste, lèvres contre lèvres, mais prometteur d'une suite plus passionnée. Leurs yeux brillaient d'excitation alors que leurs regards se croisaient, et des sourires d'anticipation firent leur apparition. Confiant, Peter passa ses mains sous les cuisses du cavalier, et d'un coup de rein, se mit debout.

-Eh! Mais t'es plus lourd que ce que je pensais! s'exclama-t-il en se ré-équilibrant tandis que Mikaël passait ses jambes autour de ses hanches pour être stable.
-Ouais, mais que du muscle! Pas un poil de graisse!
-Oho! C'est quelque chose à vérifier ça!

Peter, le sourire aux lèvres, abandonna le salon et se dirigea vers la salle de bains, avançant plus ou moins au radar, ne pouvant quitter le visage de son homme des yeux.

-Tant que tu veux! Je t'attends!

Encore quelques pas, et ils se retrouvèrent dans la salle d'eau. D'un coup de pied, Peter referma la porte et déposa délicatement son chargement sur le carrelage froid de la salle de bains. Cependant, il ne le laissa pas quitter ses bras et l'y enferma. D'une voix sensuelle, il murmura quelques mots à son oreille. "J'arrive... Alors attends-moi..." Mikaël en trembla et ses mains avides emprisonnèrent le visage de Peter pour satisfaire ses lèvres tout aussi avides de leurs semblables. Le blond, heureux d'un tel empressement de la part de son amant, leva quelques unes des barrières qui retenaient son désir et d'un geste brusque, presque violent, rapprocha leurs deux corps. Leurs dents s'entrechoquèrent, Mikaël haleta, Peter gémit. Il pressa de ses deux mains les fesses de Mikaël contre lui, puis les remonta rapidement dans le dos, sur la peau, sous le T-shirt. Le vêtement vert tilleul se trouva d'ailleurs bientôt remonté jusqu'au niveau des aisselles, et le brun, sans même attendre une quelconque demande de son partenaire, fit cesser les caresses humides de leurs langues pour enlever son T-shirt, qui finit à terre.

Il en profita pour retirer également la chemise de Peter. Il se débattit quelques instants qui lui parurent une éternité avec les boutons, puis réussit à l'ouvrir. Dès que le torse apparut, nu sous la lumière artificielle, Mikaël fondit sur l'un des tétons qu'il attrapa entre ses lèvres. Et tandis qu'il jouait avec, le léchait, le triturait selon son plaisir, Peter passait et repassait ses mains dans les cheveux bruns, et parfois les attrapaient brutalement sous des spasmes de plaisir. Lorsque Mikaël en eut fini avec le mamelon, il l'abandonna pour remonter jusqu'à la base du cou, où il laissa une jolie trace de suçon. Dans le même temps, il avait retiré complètement sa chemise à Peter et déboutonné son jeans. Ne voulant pas être en reste, et curieux de savoir si son amant était dans le même état d'excitation que lui, même s'il le devinait à travers les vêtements, Peter entreprit aussi de défaire le pantalon de Mikaël. Quelques secondes plus tard, ils étaient tous deux en boxer, haletant, face à face, à quelques dizaines de centimètres l'un de l'autre, et se regardant dans les yeux. Le léger sourire de Mikaël s'agrandit d'un coup et enlevant son boxer en moins de temps qu'il n'en faut pour le dire, il se précipita dans la cabine de douche, où il fut rejoint par un Peter tout aussi nu que lui, quelques centièmes de secondes plus tard.

-Le dernier arrivé est une poule mouillée, souffla Mikaël, amusé.

Il prit le pommeau de douche et l'ouvrit directement sur Peter. Celui-ci hurla sous la froideur du jet d'eau et se mit dos à lui pour se protéger un tant soit peu. Il s'aperçut alors que la cabine n'était pas fermée, et qu'ils étaient en train d'inaugurer une nouvelle piscine. Il ferma précipitamment la porte, et se retourna tout en poussant de petits cris à chaque fois que l'eau froide atteignait un morceau de peau sèche.

-Je crois que j'ai affaire à un poulet hurleur mouillé! plaisanta Mikaël, goguenard devant l'attitude du plus âgé.
-Tu sais ce qu'il te dit le poulet hurleur mouillé? Qu'il aime bien les canassons trempés!

Il attrapa avec force le pommeau de douche et le retourna contre le brun, qui étonnamment se délecta sous le jet, celui-ci lui procurant un agréable massage. L'eau avait eu le temps de se réchauffer, et Peter ne l'avait même pas remarqué. Mais après tout, il n'en avait pas grand chose à faire. Ce qui lui importait actuellement, c'était ce corps fin, aux côtes légèrement saillantes, abandonné aux délices de la douche. Inconsciemment, Mikaël se mouvait sensuellement, passant avec délicatesse ses mains sur son torse presque imberbe au gré du mouvement de l'eau. Son visage exprimait une certaine béatitude, et indéniablement attiré par lui, Peter raccrocha le pommeau de douche et se rapprocha de lui jusqu'à mordiller délicatement son cou, ses mains effleurant ses reins. Leurs érections, qui étaient apparues progressivement au cours de la séance de déshabillage, se touchèrent et électrisèrent les deux corps.

Mikaël, les yeux toujours fermés, fit voguer ses mains sur les épaules de Peter, puis les descendit lentement, survolant la peau. Les côtes furent effleurées, les reins aussi, puis les abdominaux. Les premiers poils du pubis furent touchés, mais bien vite les mains s'écartèrent de cette zone, l'évitant délibérément. Elles préférèrent s'attarder sur les fesses musclées, la raie, puis de nouveau les fesses, encore la raie, les fesses, puis les deux. Pendant longtemps. Si longtemps et si bien que Peter laissa une marque de leur soirée sur l'épaule de Mikaël. L'empreinte de ses dents ne disparaîtrait que d'ici quelques jours. Enfin, les mains se décidèrent à s'intéresser à autre chose, même si elles semblaient répugner à abandonner le postérieur délicieux de Peter. Elles passèrent sur le haut des cuisses, pour remonter sur les hanches, et se joindre finalement dans le creux du dos.

Peter, saisissant cet instant de répit, releva un peu la tête pour embrasser ses lèvres et resserra dans le même temps sa prise sur ce corps d'apparence si fragile. Leurs ventres se retrouvèrent collés l'un à l'autre, ainsi que leur érections, et tandis que leurs langues dansaient, sur une musique que seuls eux entendaient, un ballet déjà joué mais à chaque fois nouveau, comme renaissant de ses cendres, leurs hanches, doucement, commencèrent à se mouvoir sur le même rythme, d'avant en arrière, allant à la rencontre de l'autre. Peu à peu, au fur et à mesure que les notes s'égrenaient silencieusement, le rythme se fit plus rapide, les mouvements erratiques et les doigts audacieux. Entremêlés, ils descendirent le long de leurs torses, puis sur leurs ventres, et arrivèrent finalement au niveau de leurs sexes. Hésitants un instant, ce furent les doigts de Peter qui prirent l'initiative, entraînant ceux de Mikaël à leur suite, et qui enserrèrent délicatement les deux verges d'une seule poigne douce et un peu maladroite. Soudain, le rythme de la musique inaudible se ralentit et lentement les deux mains commencèrent à descendre, puis remonter et encore redescendre, et ainsi de suite le long des pénis. Au fur et à mesure, elles accélérèrent leurs mouvements, et les deux corps, dans des coups de reins de plus en plus violents, les accompagnèrent jusqu'au point de non-retour.

Peter fut le premier à éjaculer, et Mikaël fit de même un peu plus tard. Ils lâchèrent leurs sexes maintenant soulagés et enroulèrent leur bras autour du corps de l'autre, se serrant fortement, comme pour se soutenir mutuellement après cette vague de plaisir intense. Lorsqu'ils retrouvèrent enfin une partie de leurs esprits, ils s'embrassèrent chastement et se lavèrent brièvement. Mikaël, la tête encore un peu ailleurs, agissait par automatisme et lorsqu'il fut rincé, il sortit de la douche, se sécha et rejoignit leur chambre dans le plus simple appareil. Peter, quant à lui, avait déjà remis les pieds complètement sur Terre, et la vision du corps nu de Mikaël se mouvant avec grâce et facilité provoqua une certaine lueur de désir dans ses yeux, et un sourire appréciateur sur ses lèvres. Ainsi qu'un reflux certain de sang dans sa verge. Rapidement, il emboîta le pas à Mikaël et alla le rejoindre.

Mikaël, sans prendre le temps d'enfiler un boxer ou quoi que ce soit, se glissa sous la couette du côté qu'il avait occupé lors de son précédent séjour. Cependant, il ne tenta pas de dormir, malgré sa fatigue. Au contraire, il garda les yeux grands ouverts, comme fixés sur un point invisible, tentant de faire le point parmi ses idées, en intégrant ce qu'il venait de se passer à l'équation de sa vie. L'équitation, depuis ses sept ans, était le fil de survie qui lui permettait de donner un certain sens à sa vie, de ne pas sombrer dans les déboires auxquels il était plus ou moins promis, et de s'en sortir lorsque par mégarde, il y mettait les pieds, et cela était déjà arrivé plusieurs fois. My aussi était une constante dans sa vie, depuis le début de son adolescence, ainsi que William. Le reste... n'était que de passage et ne laissait pas réellement de traces. Certes, il y avait sa famille. Elle, elle lui avait laissé de profondes marques. Et pas les meilleures. Sauf son petit frère, Dan, qu'il aimait particulièrement.

Et maintenant, il y avait Peter. Mikaël se demandait vaguement quelle place celui-ci occuperait dans sa vie. Il avait conscience qu'elle serait très probablement importante, et cela provoquait une peur sourde en lui. Peur qu'il mit de côté dès qu'il vit Peter passer le pas de la porte aussi nu que lui. En quelques enjambées, il fut au bord du lit et s'allongea à côté du cavalier. Du bout des doigts, il caressa lentement son visage, passant et repassant sur les rides qui barraient son front, essayant de les effacer. Puis il laissa sa main, apaisante, dans son cou et se rapprocha un peu de lui.

-Ca va? questionna-t-il doucement.

Mikaël lui fit un sourire incertain puis l'embrassa délicatement, pour le rassurer.

-Oui, ça va, répondit-il à voix basse, comme pour ne pas briser le silence de la nuit. Je réfléchis juste un peu trop.
-Et ça donne quoi tes réflexions?
-Ca donne que je vais devoir arrêter maintenant, parce que sinon, ça va me filer un sacré mal de crâne, plaisanta-t-il évitant consciencieusement de répondre à la question.
-Tu as mal à la tête?
-Nan, ça va pour l'instant. Par contre, j'ai mal dans les muscles. Je suis trop contracté, et j'arrive pas à me détendre. En plus, j'ai toujours pas récupéré du complet de ce weekend. J'arrive pas trop à dormir la nuit.
-Où est-ce que t'as mal?
-Partout, souffla-t-il en fermant les yeux, la fatigue reprenant peu à peu ses droits.
-Mets-toi sur le ventre, ordonna-t-il d'une voix où la sensualité n'était pas absente.
-Hein?
-Allez, mets-toi sur le ventre, je vais te faire un massage. Tu verras, tu te sentiras mieux.
-Tu sais faire des massages, toi? demanda Mikaël, sceptique et toujours couché sur le flanc.
-Euh... vaguement... Mais bon, on s'en fout, nan? Allez, hop, sur le ventre, Mikaël Blowsworth!

Avec une certaine mauvaise grâce, Mikaël se coucha sur le ventre, croisa ses bras, et posa sa tête dessus, prêt à s'endormir. Aussitôt, Peter se redressa, l'enjamba, et s'assit sur le haut de ses cuisses. Avec légèreté, il commença par parcourir le dos dans son entièreté de la pulpe de ses doigts, provoquant quelques frissons de ci de là. Puis, il appuya un peu plus au niveau des épaules, descendant peu à peu, re-dessinant le contour des scapula, s'attardant sur les épineuses, et variant l'intensité et la forme de la pression dès que l'envie le prenait. Il suivit ensuite à travers la peau chacune de ses côtes, et le chatouilla même de temps en temps. Délaissant ses flancs quelques minutes, il s'intéressa au bas de son dos, et à sa chute de reins, qu'il trouvait délicieusement tentatrice. Il y posa ses deux mains à plat, faisant de petits mouvements de rotation peu intenses. Après quelques minutes, il fit de même avec le bout de ses doigts, mais avec un peu plus de force.

A ce moment, Mikaël laissa échapper un grognement qui fit douter Peter. Il se pencha vers l'avant, et observa tant bien que mal dans la pénombre le visage de son amant. Ce fut sa respiration régulière et son absence de réaction lorsqu'il déposa un baiser au coin de ses lèvres qui le trahirent. Dépité mais en même temps amusé, il quitta ses cuisses pour se rallonger à ses côtés. Il passa un bras autour de ses hanches et se colla à lui.

-T'es vraiment impayable toi, murmura-t-il. T'endormir comme ça, au beau milieu d'un massage procuré par mes soins, et me laisser avec une sacré envie de... Bref, c'est pas très grave. J'aurais bien d'autres occasions, maintenant qu'on va bientôt vivre ensemble. Allez, bonne nuit mon amour.

Il déposa un baiser sur le front détendu de Mikaël, avant de caler sa tête au dessus de son bras.

Lorsqu'il se réveilla, plusieurs heures plus tard, la place à ses côtés était vide depuis longtemps. Une feuille de papier avait remplacé le corps nu et endormi de Mikaël. Pas encore tout à fait réveillé, Peter l'attrapa, persuadé que Mikaël était dans la cuisine en train de préparer le petit déjeuner. Mais en lisant ce petit mot écrit à la va-vite, il réalisa son erreur. Pourtant, un léger sourire vint orner ses lèvres.

"Salut Peter.
Je suppose que tu liras ce mot juste après t'être réveillé, ou alors en faisant ton lit avant de partir au boulot. M'enfin, c'est pas important. C'était juste pour te dire que je partais au club, et que j'ai passé une très agréable soirée hier. Alors merci beaucoup. Pour le dîner, les clefs (je les ai prises, ne t'en fais pas. Maintenant, reste plus qu'à savoir quand j'aurais le temps de revenir ici), la douche, le massage (désolé de m'être endormi en plein milieu, mais de ce que je me souviens, c'était très bien), et tout le reste. Bref, encore merci.
Mikaël.
PS: j'ai remis la glace au congélo, mais je pense que tu peux la jeter. Une nuit dehors, c'est pas le top.
PPS: t'es très mignon quand tu dors. Tu le sais ça?"
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1 décembre 2009 2 01 /12 /décembre /2009 00:56
Le sida, ou syndrome d'immunodéficience acquise, ou encore AIDS, chez those people, est une saloperie de maladie qui fait beaucoup trop de ravages de nos jours.

Alors je profite de la journée mondiale de lutte contre le sida (tous les 1er décembre) pour faire quelques rappels, et mettre les choses au point dans les esprits de certains. Car les médias ne détiennent pas la vérité sur tout (faîtes un test: aux infos, trouvez un sujet que vous connaissez particulièrement bien, et écoutez ce que les journalistes disent. En quelques minutes, j'ai trouvé au moins trois fautes, d'après mes souvenirs, et pas des plus petites). ;-)

Et pour ceux que ça intéresse, j'ai fait un album photo, Prévention VIH-Sida, avec quelques unes des affiches des campagnes de prévention par l'INPES.






1. Le sida, ce n'est pas la maladie des homosexuels. Ce n'est pas la maladie des trans. Ce n'est pas la maladie des toxicos IV. C'est la maladie de tout le monde et de personne. Tout le monde peut l'avoir, mais personne ne le mérite.


2. Avoir le sida et être séropositif, ce n'est pas la même chose. Avoir le sida, c'est avoir déclaré la maladie. Etre séropositif, c'est être porteur du virus, le VIH -virus de l'immunodéficience humaine-, virus qui entraînera par la suite le sida.


3. Aujourd'hui, on ne guérit pas du sida. On ne fait que vivre avec. Certes, on vit mieux, et plus longtemps, mais on ne guérit pas. Le traitement, on doit le prendre toute sa vie. Le virus, on le garde jusqu'à sa mort.


4.
Le vaccin contre le vih n'existe pas encore. Plusieurs études ont ouvert la voie, mais il est loin d'être conçu.


5. Il existe actuellement un seul et unique moyen de se prémunir du VIH et du sida: le préservatif. Les crèmes spermicides, la pilule, et autres moyens divers de contraception NE protègent PAS du VIH. Dès qu'il y a contact entre muqueuses, il y a risque de transmission. Le préservatif est la seule barrière qui empêche le virus de passer de l'un à l'autre. A condition de l'utiliser correctement: un préservatif par pénétration ou tout autre acte, et uniquement du gel lubrifiant à base d'eau. Le lubrifiant à base de vaseline et autre graisse rend les préservatifs poreux: très mauvaise idée.


6. Le VIH est un virus enveloppé, ce qui signifie qu'il est fragile. Notre chance dans notre malheur, en quelque sorte. Car ainsi il ne peut rester à l'air libre très longtemps. Jamais vous ne verrez une bande de VIH se promener gaiement en forêt. Elle préfèrera largement rester à l'abri dans votre organisme, et passer directement à un autre organisme, sans intermédiaire (ou presque: les toxicos IV sont des cas particuliers, comme vous le verrez).


7. Le VIH se transmet par trois modes uniquement, que je détaillerai. Le VIH NE se transmet PAS par le contact humain (oui, oui, on peut serrer la main des séropos, je vous assure!), ni par les baisers (le taux de VIH dans la salive est trop faible pour être infectieux), ni parce qu'un séropo vous a toussé -sans faire exprès- à la gueule. Trois modes de contamination, je disais donc:

     • contamination par voie sexuelle: lorsqu'une personne séropostive a des rapports sexuels non protégés (sans préservatif, donc) avec une personne séronégative. Et ce, quel que soit le rapport: pénétration vaginale, pénétration anale, fellation... (aucun cas de contamination par cunni n'a pour l'instant été rapporté) Toutes les populations sont concernées: hétéros, homos, bis, trans, blancs, noirs, asiats, petits, grands, gros, maigres, intelligents, cons... Rien ne protège du VIH à part le préservatif.

     • contamination par voie sanguine: lorsqu'il y a contact entre du sang séropositif et le sang d'une personne séronégative. J'ai dit du sang séropositif, même s'il s'agit d'un abus de langage, car ce sang peut bien sûr être celui d'une personne (il s'agit alors d'un contact de plaies, ou un accident du sang, à l'hôpital, etc), ou alors celui d'une poche de transfusion (malgré les tests, quelques poches -qui se comptent sur les doigts d'une seule main, à peine- contaminées passent encore), ou encore le sang qui est resté sur une seringue. Il s'agit du cas spécifique des toxicos IV: étonnament, le VIH se sent très bien à l'intérieur de la seringue, et peut y rester plus longtemps que la normale. C'est pourquoi il faut à chaque fois utiliser un matériel stérile, disponible en pharmacie gratuitement, si mes souvenirs sont bons.

     • contamination par voie materno-fœtale: lorsque la mère est séropositive, elle peut transmettre le VIH à son enfant, d'autant plus si elle allaite (mais en Afrique, elles n'ont pas trop le choix, à cause de la contamination de l'eau, qui empêche tout l'utilisation de tout lait  industriel). Mais des traitements à la fois pour la mère et l'enfant permettent d'empêcher le virus de se développer chez le nouveau-né.


8. Quel que soit le mode de contamination, le VIH ne se transmet pas à chaque fois. Vous pouvez faire l'amour sans préservatif 20 fois avec un séropostif, et être toujours séronégatif. Mais à la 21ème... le VIH frappera! Rappelez-vous: il suffit d'une fois!


9. Le VIH ne frappe pas que les autres. Le VIH ne fait aucune distinction. Alors restez fidèles au préservatif. MAKE LOVE WITH CONDOM! <3





PS: Pour tous les auteurs de fics qui passent par ici, par pitié, ne faîtes pas baiser vos persos sans préservatif, ou sans tests négatifs des deux. C'est de la prévention basique. Merci.

PPS: je sais que j'ai martelé certaines évidences, enfin évidences pour certains, mais mieux vaut trop que pas assez. ^^
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Published by Skorpan - dans Sexualité
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30 novembre 2009 1 30 /11 /novembre /2009 19:41
Voilà l'avant-dernière suite de "Crampons et autres fantaisies hippiques" avant son arrêt temporaire.

Pour ceux qui ont eu la curiosité, et le temps, de lire les récits de Tanagre (dont le lien est à droite), vous retrouverez dans cette suite un hommage à l'un de ses personnages, son blond de musicien. *o* D'ailleurs, l'image d'en-tête fait partie de la série de photos que j'avais faite pour illustrer ce personnage. Elle ne fait pas partie des photos qu'on a retenues avec l'auteur, mais je l'aime bien quand même. Et j'ai évidemment l'accord du modèle. ^^

Bonne lecture! =D







     Du jazz filtrait au travers de la porte d'entrée de l'appartement jusque sur le palier et Mikaël se souvint avec amusement du message que Peter lui avait laissé sur son répondeur, en tout début d'après-midi.

"Salut Mikaël! C'est moi. C'était pour te proposer de venir dîner à l'appart' ce soir. Ca sera un petit truc fait maison, enfin si j'ai le temps, parce que sinon, ça sera du commandé, le tout dans une ambiance rock... ou jazz... ou rock... Merde! J'ai encore oublié de te demander ce que t'aimais comme musique... Stefen! Dis-moi, tu penses que c'est quoi le mieux pour un dîner? Musique rock ou jazz? ... Oui, c'est pour ce soir avec tu-sais-qui. ... Oui, je m'attache aux détails, parce que j'ai envie que ce soit bien fait. ... Comment ça t'en as rien à foutre et je dois me démerder tout seul! Ami ingrat, va! ... Oh meeeerde, j'ai oublié de cacher le micro... Euh, donc je disais Mikaël, petit dîner ce soir à l'appart' dans une ambiance musicale, je déciderai plus tard si ça sera rock ou jazz. J'espère que tu peux venir, et même rester jusqu'à demain. Bisous. Rappelle-moi si tu peux pas, j'ai vraiment envie de te voir. Bisous."

Il s'était rendu compte en venant qu'il avait oublié de le rappeler, trop occupé par tout ce qu'il avait à faire, et que coup du sort, il avait oublié son portable dans sa chambre. Ayant déjà atteint sa première correspondance, l'idée de revenir sur ses pas lui avait effleuré l'esprit pour en repartir aussitôt. Alors il espérait que Peter ne prenne pas mal son silence, et qu'il avait bien préparé un dîner pour deux. Remettant en place quelques plis de sa veste beige en lin sur son T-shirt tilleul, nettement plus près du corps que ses T-shirts habituels, il souffla un bon coup et se décida enfin à appuyer sur la sonnette, signalant ainsi sa présence. Il entendit quelques pas dans l'appartement et précipitamment il jeta un dernier coup d'œil à son jeans noir, vérifiant qu'aucune tâche n'avait eu l'idée d'y faire son apparition depuis la dernière vérification, en bas de l'immeuble.Un cliquetis caractéristique, et la porte s'ouvrit. Timide comme il l'était rarement, et ne sachant pas quoi faire de ses deux mains, Mikaël trouva une occupation pour au moins l'une d'entre elles et la passa dans ses cheveux bruns en désordre. Il leva alors les yeux sur Peter, sur son sourire immense et ses yeux pétillants de joie, qui firent disparaître toute trace de gêne pour ne laisser la place qu'à un bien-être certain.

-Salut... Je sais que j'ai oublié de te téléphoner. Tu m'en veux pas trop j'espère.
-T'es fou! T'es là, c'est tout ce qui compte. Allez viens, entre!

Mikaël ne se fit pas prier et franchit le pas de la porte. Mais aussitôt que celle-ci fut refermée, il fut plaqué contre le mur par son petit ami et ses lèvres furent happées dans un baiser révélateur du manque ressenti. Puis elles furent relâchées, le désir apaisé momentanément. Peter recula un peu la tête et regarda son homme avec tendresse: Dieu qu'il lui avait manqué depuis dimanche matin!

-Bonsoir mon chéri, murmura-t-il avec émotion.
-Mikaël, corrigea le cavalier.
-Peter, répondit l'inspecteur, avec un sourire.

Mikaël leva les yeux, mélange d'exaspération et d'amusement devant l'incompréhension de son blond de copain, puis les posa dans ses yeux verts. Dans ses magnifiques yeux verts aux reflets changeants, où il se perdit l'espace de quelques secondes. Avant de reprendre conscience et d'initier un nouveau baiser, plus doux, plus sensible, où plus que le manque, l'amour et la tendresse transparaissaient. Puis Mikaël passa ses mains dans son dos et rapprocha leurs torses avant d'enfouir sa tête dans le creux de son cou.

-Putain, ça fait du bien, murmura-t-il contre sa peau.

Peter, à ces mots, l'enlaça à son tour, comme pour approuver ses dires, et apposa un baiser tranquille à la base de son cou.

-Alors finalement, tu as opté pour l'option jazz? continua Mikaël, expirant toujours contre sa peau.
-Oui, j'en avais envie en fait. Un peu trop de rock pour moi ces derniers temps.
-Et c'est qui? Je ne reconnais pas... Ceci dit, je n'y connais pas grand chose en musique...
-Quoi? Tu es inculte en musique? s'exclama Peter, outré. Va falloir remédier à ça au plus vite!
-Eh! J'ai dit que j'y connaissais pas grand chose, pas que j'étais inculte, protesta-t-il en quittant le cou de son amant. Not the same thing! Et alors, c'est qui qui joue là?
-Un sax' français, j'ai oublié son nom. De toute façon, les français ont tous des noms à coucher dehors, plaisanta-t-il.
-Espèce de francophobe va! rigola Mikaël en retour. Alors, il est où l'album de ce mangeur de grenouille, que je sache à quoi il ressemble?
-Sur la chaîne hi-fi.

Mikaël le remercia d'un sourire et partit vers le salon, tandis que Peter se dirigeait vers la cuisine US, pour lancer la cuisson des différents plats de son dîner.

-Eh! Mais en fait il est vachement mignon! s'écria Mikaël, le CD entre les mains.

Peter tourna vivement la tête pour voir de qui parlait son petit ami, puis lâcha la cuillère à soupe qu'il tenait à la main pour aller le rejoindre aussitôt.

-Qui est vachement mignon? questionna-t-il, une pointe de jalousie perçant dans sa voix.

Il arriva derrière Mikaël et se colla à son dos, l'enlaçant fermement par la taille.

-Mais lui, là, le sax' français qu'on est en train d'écouter.

Sur la pochette qu'agitait Mikaël, on pouvait voir un jeune homme blond, appuyé nonchalamment contre un mur de pierre, typique de certains immeubles parisiens, un saxophone dans les mains, le tout photographié en plan américain. L'ensemble donnait une impression de vie et de chaleur très agréables, en accord avec la musique de l'album.

-Regarde, il est super bien foutu, et il a une de ces chute de reins! En plus il est blond! Avec de jolies boucles. Dommage qu'on ne puisse pas voir ses yeux.

Peter, à l'annonce de chacune des qualités du musicien, resserra sa prise autour des hanches de son homme, comme s'il craignait qu'un inconnu au nom à coucher dehors puisse ravir le cœur de Mikaël uniquement par son physique. Et pendant ce temps, innocent, ou presque, Mikaël continuait de chercher le nom du saxophoniste, celui-ci n'étant pas écrit clairement sur la première page.

-Alors alors... ça c'est les chansons, pas intéressant... Et puis ça... ça doit être les remerciements, on s'en fout. Ah! Alors... producteur... non, c'est pas ça. C'est peut-être ça alors... Compositeur... Ouais, c'est ça! Hé! Qu'est-ce que tu fous? Peter!

Le blond, jaloux de l'autre blond couché sur du papier glacé, avait arraché le CD des mains de son amant sans lui laisser le
temps de lire le nom recherché. Puis il le retourna brusquement face à lui, et passant ses mains dans son cou, l'embrassa avec force. Mikaël, d'abord surpris par ce revirement de situation, finit par en sourire à travers leur baiser et calma les inquiétudes de son compagnon avec quelques caresses tendres.

-Serais-tu jaloux, Peter?
-Et alors? rétorqua celui-ci, ne pouvant démentir son sentiment, pris sur le fait.
-Et alors, rien du tout, je constate, c'est tout. Mais rassure-toi, je préfère les blonds bien vivants, en chair et en os, situés à moins de cinquante centimètres de moi, plaisanta-t-il.

Peter le regarda avec des yeux ronds, ne comprenant pas où il voulait en venir. Mikaël souffla, puis sourit, et Peter, remué jusqu'au fond de son cœur par ces deux lèvres formant une si jolie courbe, comprit.

-T'es vraiment lent à la détente, toi parfois, commenta Mikaël désabusé, avant d'enchaîner sur un autre sujet beaucoup plus terre-à-terre. Alors, tu nous as préparé quoi comme petit dîner fait maison?
-Euh... Saumon et haricots verts, et en dessert, un gâteau au chocolat fait maison!
-Génial! Je mets la table et toi, tu retournes aux fourneaux, parce que je sens comme une petite odeur dans l'air.

Peter renifla une ou deux fois puis jura et se précipita en cuisine: le saumon venait de prendre un coup de chaud sur l'une de ses faces. Mikaël, quant à lui, rigolait doucement, estimant que lorsqu'ils étaient ensemble tous les deux, les risques que le dîner finisse carbonisé étaient beaucoup plus élevés que la normale. Se penchant par dessus le bar, il attrapa quelques grains de raisin frais de la grappe qui trainait par là, pour satisfaire une petite envie gourmande, puis contourna le meuble pour prendre une éponge. Il nettoya la table, puis installa assiettes, couverts et verres. Il s'appliqua même à disposer les serviettes de papier de façon élégante. Puis l'eau, le sel, le poivre et le pain firent leur apparition au centre de la table, et après quelques minutes, Peter servit les tranches de saumon tandis que Mikaël déposait la casserole de haricots verts sur le dessous de plat. Le repas put enfin commencer.

La conversation s'orienta d'abord sur le lieu d'origine du saumon, Mikaël soutenant que le saumon de Norvège était du saumon pêché en Norvège tandis que Peter était persuadé qu'il s'agissait d'une espèce norvégienne élevé dans de grands parcs à poissons sur les côtes américaines. Aucun des deux n'eut le courage d'aller rechercher le paquet d'emballage dans la poubelle pour savoir qui avait raison, et le débat se perdit entre quelques bouchées de ce fameux saumon. Ils en vinrent ensuite à parler, ils ne savaient trop comment, des JO qui s'étaient déroulés l'été 2008 à Pékin. Peter était outré qu'on ait pu laisser une telle dictature organiser les Jeux Olympiques, alors que Mikaël, embourbé dans ses propres problèmes à l'époque, n'avait pas pris position lors de la polémique. Mais il reconnaissait volontiers que le comité olympique avait mal joué la partie sur ce coup-là. Les promesses orales, disait-il, n'étaient que des paroles jetées en l'air. Et que même les engagements écrits, dans ces cas-là, ne valaient pas plus que du papier qu'on utilise pour faire un feu de camp. Seuls comptaient les actes. Et tandis qu'ils discutaient vivement de sujets plutôt sérieux, ce qui se passait sous la table était tout aussi sérieux, mais dans un genre totalement différent.

Dès le début du dîner, les pieds s'étaient mutuellement taquinés et au fur et à mesure du repas, ils étaient remontés du plus en plus. Peter, enhardi par sa nouvelle assurance depuis qu'il avait rompu avec Sonia, avait été le plus entreprenant. Après avoir longtemps caressé le mollet droit de Mikaël, il était venu cercler de caresses son genou, puis peu à peu, il s'était enfoncé de plus en plus loin, alors que Mikaël avait laissé tomber à mi-mollet, se laissant faire sous les caresses un peu maladroites parfois, et profitant égoïstement de son plaisir. A un moment donné, il rapprocha même sa chaise pour laisser plus de liberté à Peter, et celui-ci fit de même, pour être plus à l'aise. Quelques minutes plus tard, alors qu'on entendait les couverts racler les assiettes presque vides, Mikaël sentit le pied aventurier passer de l'intérieur de sa cuisse droite à son entrejambe et à y appliquer des caresses appuyées. Il sursauta à ce contact et faillit s'étrangler avec l'eau qu'il était en train de boire. Gêné, il se leva brusquement et déclara qu'il allait débarrasser, pour qu'ils passent au dessert préparé spécialement par Peter. Celui-ci se leva à son tour et s'approchant de Mikaël, lui colla un chaste baiser sur les lèvres.

-Rassis-toi, je m'occupe de tout.
-Mais... tenta-t-il de protester.
-Pas de mais. On doit toujours écouter le maître de maison.

Sur ces entrefaites, Peter ramassa les deux assiettes, le sel, le poivre et le pain, et amena le tout à la cuisine. Il revint deux minutes plus tard, un pot de glace à la vanille à la main, qu'il déposa sur la table.

-J'espère que t'aimes ça. Je savais pas trop ce que tu préférais comme goût, donc j'ai tapé dans les basiques.
-C'est parfait, Peter. T'en fais pas pour ça.
-Tant mieux, sourit-il, avant de déposer un nouveau baiser sur ses lèvres et de repartir vers la cuisine.

Mikaël l'entendit trifouiller dans les placards, et le devina en train de préparer élégamment les parts de gâteaux au chocolat. Il ne comprenait pas pourquoi Peter en faisait autant pour lui, et spécialement ce soir-là, surtout qu'il aurait dû être avec Sonia, chez eux, dans leur vie de couple bien rangée en apparence. Mais il appréciait son geste, tout comme il appréciait ses avances explicites. Il avait également ressenti un certain manque, même s'il rechignait à le reconnaître, et sa gêne, fugace, avait totalement disparu. Il anticipait maintenant le reste de la soirée, et son esprit allait de ses suppositions lorsque Peter revint enfin de la cuisine avec le dessert.

-Tadaaa! Bon appétit! fit-il tout joyeux, en posant l'assiette devant lui.

Il s'installa ensuite à sa place, et attendit avec impatience et une boule au ventre la réaction de Mikaël. En effet, la part de gâteau de chocolat n'était pas venue seule. Une carte était aussi posée sur l'assiette, et à côté, un trousseau de clefs. Mikaël, étonné, fronça les sourcils et la boule au ventre de Peter se fit d'un coup plus lourde. L'excitation et la peur mêlées le faisaient trembler sans qu'il puisse se contrôler. Son pied tapait la cadence sur le sol, et il se mordit la lèvre inférieure lorsque le jeune homme en face de lui attrapa la carte et lut ce qu'il y avait écrit à l'intérieur.

Mikaël reconnut dans cette écriture pointue celle de Peter et lut avec surprise les quelques mots. "Veux-tu faire d'ici ton chez toi? Ton point d'attache?" Surpris par ce qui ressemblait étrangement à une déclaration d'amour, il lança un coup d'œil à l'auteur de la question et remarqua son état de stress. Alors il referma la carte et ouvrit la bouche pour lui donner sa réponse quant à sa possibilité d'installation dans l'appartement, puisque c'était de ça dont il s'agissait. Mais il la referma sans avoir prononcé un mot en remarquant ce qui ornait la première page de la carte. Un rapide croquis au fusain. Du salon de l'appartement. Non signé.

-Eh! C'est toi qui a dessiné ça? demanda-t-il finalement en désignant le croquis.
-Hein? Euh... oui, oui, c'est moi, balbutia Peter, ne s'étant pas préparé à une telle question.
-Waow! C'est super beau! T'es vraiment doué.
-Bah, à l'école de police, on nous apprend à croquer les scènes de crime, alors voilà.
-Arrête de faire ton modeste! rigola Mikaël. Ca c'est du fusain, pas du crayon de papier. Et c'est pas une technique facile à acquérir, surtout quand c'est aussi bien fait. Et ne proteste pas, je le sais! Elin, la petite sœur de My, fait pas mal de dessin et elle m'avait expliqué.
-Ok, ok, je rends les armes, annonça Peter en levant les deux mains, comme s'il était arrêté. C'est vrai que je dessine un peu de temps en temps, mais ça fait longtemps que j'avais rien fait, ou presque.
-Pourquoi?
-Manque de temps surtout, expliqua-t-il. Et puis, je faisais essentiellement de la peinture à l'huile, et Sonia ne supportait pas l'odeur.
-Ah...
-Mais si l'odeur ne te gêne pas, j'ai bien envie de recommencer. J'avais imaginé de mettre le chevalier là, à côté de la fenêtre, et d'installer un petit meuble pour poser tout mon barda. Et puis de mettre un genre de bâche au sol, pour ne pas tâcher le parquet.

Mikaël le regarda, émerveillé par l'enthousiasme dont il faisait preuve, et se faisant la réflexion que lui aussi devait ressembler à ça, lorsqu'il parlait de cheval.

-Mais tu fais ce que tu veux, c'est ton appart', fit-il d'un ton doux.
-Justement! reprit Peter, parti sur sa lancée. J'aimerais que ça devienne aussi ton appart'. Bon je sais que sur les papiers, c'est compliqué, mais dans la vie de tous les jours, je voudrais que tu puisses considérer ça comme ton appart', celui où tu te poses quand t'es fatigué ou que t'en as trop marre, et que tu as besoin de te reposer et de te couper du monde. Je sais que je t'en demande beaucoup, et si tu ne veux pas t'installer tout de suite, je comprendrais. Tu peux faire ça peu à peu, venir dormir ici de temps en temps, aller et venir comme tu veux. C'est pour ça que je t'ai donné un double des clefs, pour que tu puisses venir même quand je ne suis pas là. Je sais aussi que tu veux pas loger quelque part tant que tu paies pas un loyer. J'y ai réfléchi, parce que y'a pas de loyer vu que je suis proprio, et si ça te gêne tant que ça, on peut partager les charges. Elles sont pas très élevées, surtout si on divise par deux. Donc je pense que ça te reviendra moins cher que ta chambre au club. Bon d'un autre côté, il y a aussi le trajet à prendre en compte. Je crois me souvenir que tu mets environ une heure pour aller au club d'ici, alors que moi je mets à peine un quart d'heure. C'est pas juste, mais je trouverais ça con que tu refuses juste pour ça. Alors de temps en temps, je pourrais t'emmener le matin, ça ira plus vite. Parce que tu vois, j'ai vraiment très très envie que tu emménages ici. Pas parce que je trouve que c'est pas bien que tu vives au club, mais juste parce que je...

Le rire clair et franc de Mikaël l'interrompit dans son monologue et il le regarda avec des yeux incertains.

-C'est bon, calme-toi, j'ai compris que tu voulais que je vive ici. Et t'as déjà pensé à tout, l'argent, le trajet, etc, etc. Pour l'argent, ça me va si on partage les charges. Et pour le trajet, ne t'en fais pas va, je suis un grand garçon, deux heures de transport par jour ne vont pas me tuer. Mais avant de te donner ma réponse, je voudrais savoir deux choses.

Peter acquiesça vivement, prêt à se plier à la moindre exigence de Mikaël pour lui permettre d'être certain de sa réponse, pour que, de préférence, celle-ci soit positive.

-Alors, d'abord, comment tu comptes gérer ça avec ton boulot?
-Comment ça?
-Euh... je sais qu'on en parle pas beaucoup, voire même pas du tout, mais on est quand même inspecteur et suspect, en pratique, rappela à regret Mikaël, étonné que Peter ait oublié.
-Je sais, mais ne t'inquiète pas pour ça, va, je gère, le rassura-t-il d'un ton doux.
-Oui, mais même. Je me pose des questions moi! Quand on enquête sur moi, y'a quand même pas mal de chances qu'ils viennent fouiller l'endroit où je vis. D'ailleurs, on a déjà fouillé ma chambre au club. Alors si je leur dis que j'ai changé d'endroit, puisque je suis obligé de signaler tout changement d'adresse comme ils disent, ils vont venir fouiller aussi ici. Et aux dernières nouvelles, ici, c'est ton appart', et ça, ils peuvent pas passer à côté!
-Je te dis que ça va aller, alors fais-moi confiance, répéta Peter, espérant apaiser les craintes de son petit ami par ces quelques paroles vagues.

Mais ce fut vain car Mikaël s'entêta pour tout savoir, estimant que, puisqu'il était concerné au plus haut degré, il en avait le droit. Et même si jamais il n'usa de l'argument de confiance au sein d'un couple, Peter finit par céder devant la tête de mule qu'il avait en face de lui.

-Bon, alors écoute-moi bien, et ne répète ça à personne.
-Evidemment, je suis chiant, mais pas con, quand même.

Peter sourit devant cette réplique et sa mine boudeuse puis enchaîna sans attendre.

-Alors, si jamais tu viens t'installer définitivement ici, tu vas déclarer ton changement d'adresse en donnant cette adresse là comme la tienne. On va mettre ton nom sur la sonnette et sur la boîte aux lettres, à la place du mien. Par contre, ne donne pas le numéro de téléphone. Normalement,ton portable devrait nous suffire. Et moi, je vais changer d'adresse au commissariat, en déclarant celle de mes parents. A priori, je devrais pouvoir faire ça assez discrètement. En plus, comme j'ai jamais dit, à part à Stefen, que j'avais cet appart', ça devrait pas poser de problème.
-Attends, l'interrompit Mikaël, ne comprenant pas toute la démarche, pourquoi tu devrais dire que t'habites chez tes parents? Tu as déjà...
-T'occupes, l'interrompit à son tour Peter. Je t'expliquerai plus tard. Et donc pour en revenir à l'appart', si jamais il devait y avoir une perquisition, on devrait être prévenus suffisamment tôt pour pouvoir s'organiser, et faire en sorte que ce soit l'appart' d'un célibataire, et non celui d'un couple. Est-ce que tu es plus rassuré maintenant?

Mikaël hocha lentement la tête, réfléchissant à quelle faille il pourrait trouver, à quelle autre question il pourrait poser. Il allait renoncer quand soudain, cela frappa son esprit de plein fouet.

-C'est p't-être con comme question, mais vous êtes pas mal sur cette grosse affaire, alors comment tu peux être sûr que tu seras prévenu avant qu'on ne fasse la perquisition ici? Je veux dire, vous devez sûrement pas vous communiquer toutes les infos à tout moment, sinon vous vous en sortiriez plus.
-T'en fais pas, on sera au courant, répondit-il de façon floue, refusant d'être trop précis, mais cela ne plut pas au cavalier.
-Peter... Fais pas ta tête de con, et dis-moi.

Peter hésita, tripota de sa cuillère sa part de gâteau au chocolat, souffla un bon coup et se décida.

-C'est Stefen qui est en charge de ton dossier. Donc s'il doit y avoir une perquisition, c'est lui qui la décide, ou du moins, c'est par lui que ça passe. Et je serai au courant, vu qu'on bosse ensemble et qu'il m'a promis de nous aider.

La nouvelle fit un véritable choc à Mikaël qui resta quelques secondes comme paralysé. Peu à peu, il reprit ses esprits, et passant la main dans ses cheveux comme pour essayer de mettre un peu d'ordre dans ses idées, il balbutia des paroles confuses et inquiètes. Pour mettre un terme à ses divagations anxieuses, Peter déclara d'un ton ferme et sans appel.

-C'était ce qu'il y avait de plus sûr. Comme ça on contrôle à peu près tout ce qui te concerne, et on peut réagir à temps, en cas de perquisition par exemple.

Et il passa sous silence qu'il était prêt à lâcher ce qui se présentait comme une des plus grosses affaires de sa carrière, si jamais les choses se compliquaient. Prêt à démissionner aussi. Rien ne servait de l'inquiéter maintenant, se dit-il, ni de subir sa colère, parce qu'il savait que Mikaël serait ulcéré par les sacrifices qu'il envisageait déjà. Car lui-même ne serait jamais capable d'autant, et Peter le savait, et ne lui en voulait pas. Au contraire. S'il était prêt à sacrifier autant, c'était pour que Mikaël puisse continuer à vivre sa passion. Qu'il puisse continuer à vivre, tout simplement. En effet, si Peter n'avait pas un besoin impérieux d'être inspecteur pour vivre, hormis pour le côté financier, il n'en était pas de même pour Mikaël: il ne pouvait vivre sans l'équitation, et on pouvait presque dire que l'équitation ne pouvait vivre sans lui, tellement son passage en pro avait redonné un coup de fouet au monde hippique.

L'inspecteur, ayant l'habitude d'annoncer des nouvelles assez dures, laissa quelques minutes au cavalier pour s'en remettre, puis il attaqua sur un autre sujet. Histoire d'attirer les préoccupations de leurs esprits sur quelque chose de complètement différent, et peut-être de plus agréable, alors qu'ils étaient toujours un peu angoissés par cette épée de Damoclès suspendue au-dessus de leurs têtes.

-Et sinon, cette deuxième question, c'était quoi?
-Hein?
-T'as bien dit que tu voulais savoir deux choses, nan?
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23 novembre 2009 1 23 /11 /novembre /2009 20:32
Bonsoir, bonsoir, chères lectrices, chers lecteurs,

Je vous annonce à regret que la publication de "Crampons et autres fantaisies hippiques" prendra bientôt fin. En effet, je n'ai plus beaucoup d'avance sur mes suites, de quoi faire une ou deux suites il me semble. Et je préfère ensuite prendre un peu d'avance pour publier régulièrement que de publier une suite de temps en temps, comme je le faisais au début. Car ainsi, vous suivrez mieux l'histoire. "Crampons et autres fantaisies hippiques" se prépare donc à entrer dans une pause à durée indéterminée (mais, je l'espère, pas trop longue -six mois tout au plus-).

En attendant, je ne vais pas vous laisser tomber! Bien au contraire... Tous les lundis ('fin, comme ça se passe maintenant, quoi ^^), il y aura un petit quelque chose sur le blog. Un OS, une fiction en anglais, un bout de trad de "Bröderna Lejonhjärta", un article sur un film, un manga, ou un groupe de musique... Bref, y'aura de quoi faire! ;-)

Enfin, pour faire passer la pilule de cette nouvelle qui, je le sais, vous attriste grandement (la fille qui ne se prend pas pour de la maverdaven! XD), je vous livre une très longue suite! J'espère qu'elle va vous plaire.

Bonne lecture! =D






      Tiling...

L'ordinateur de Peter avait émis un petit son, indiquant à son propriétaire qu'un nouveau mail venait d'arriver. Seulement, le dit propriétaire était en pause déjeuner avec ses collègues, et n'arriva qu'une bonne demi-heure plus tard. Il prit son temps pour s'installer tout en continuant sa discussion avec Stefen, puis se remit au travail tranquillement, un peu épuisé par le weekend qu'il venait de s'écouler. Trop de choses s'étaient passées en peu de temps, et il avait parfois encore du mal à réaliser.

-Hey! Pete! T'as reçu le mail de la fédé? l'interrompit Stefen alors qu'il commençait à ressasser les derniers évènements de sa vie.
-Hum... Ouais, fit-il en double-cliquant dessus. Tiens, c'est les résultats de ce weekend. Ils ont été efficaces pour une fois.
-Ouais, à croire que toutes les administrations ne sont pas merdiques. Alors, voyons voir... Ouah! J'avais pas réalisé mais Blowsworth a vraiment cartonné à ce concours là. Il a fait 3ème sur le CSO qu'on a vu, avec Spunk Of Troy, plus il est arrivé 8ème avec Jéricho au complet, et il a fait aussi premier sur le hunter le même jour. La veille, vendredi donc, il a fait quelques podiums, et hier, c'est là où il a fait carton plein! Il est arrivé 1er au concours complet avec Jewel de Blasty, et 3ème avec Ithaque! Et si je ne me trompe pas... dit-il avant de marquer une petite pause, le temps de vérifier ses données, il a été dans les dix premiers à chaque épreuve où il a participé.
-Hum... Je sais, je lui ai demandé hier quand je l'ai appelé, dit Peter distraitement.

Stefen ouvrit la bouche, la referma, tel un poisson hors de l'eau, puis il la rouvrit, ayant enfin trouvé quelque chose d'un minimum intelligent à dire.

-Et il était content?
-Ouais. Il s'attendait pas à être dans le top 10 à chacune de ses épreuves, et à faire pas mal de podiums. Son objectif était d'en faire trois, dont un en première place, et un sur le complet d'hier. Donc il était très content, et il a dit que ça avait valu le coup de se casser le cul pour préparer correctement ce weekend sans forcer sur sa blessure récente.
-Ok, mais c'est pas ce que je voulais dire. Est-ce qu'il était content que tu l'appelles?

Une sensation de chaleur parcourut les joues de Peter, et les coins de sa bouche se relevèrent légèrement. Mais son regard ne quitta pas la liste des résultats du CCE, qu'il avait imprimée quelques minutes plus tôt.

-Comme toute personne qui reçoit un appel de son petit ami après une dure journée, je suppose, répondit-il évasivement.
-Donc il était content! frétilla Stefen. Alors de quoi vous avez parlé? Qu'est-ce qu'il a dit?

Peter soupira et sans même se retourner vers son ami, entreprit de le calmer d'une phrase.

-Je bosse Stefen, alors tais-toi. Ce n'est pas le lieu pour parler de sa vie privée.

Un sourire victorieux naquit sur les lèvres du plus âgé: si le lieu n'était pas propice, il en trouverait bien un autre pour cuisiner son ami.

-Je retiens, Peter, je retiens!

Les deux hommes enfin se concentrèrent entièrement sur leur travail. Ils compilaient les résultats du weekend, essayait de voir quels cavaliers et quels chevaux avaient le mieux réussi, comparaient différentes données avec les concours précédents, et ainsi de suite. Ils notaient également sur des dossiers papiers, un pour chaque cavalier, et un pour chaque cheval, leurs différents résultats, qui avait monté qui, sur quelles épreuves, s'ils avaient remarqué des comportements étranges, et autres petites choses. Un véritable travail de fourmi qui semblait bien inutile si l'on restait à cette échelle-là. Mais lorsque l'on prenait un peu de hauteur et qu'on voyait la chose dans leur ensemble, il en ressortait bien souvent de précieuses conclusions.

Seulement, dans cette enquête là, même en prenant beaucoup de hauteur, ils n'arrivaient à aucune conclusion, et c'était bien le problème. Les informations se contredisaient et ne permettaient pas d'aboutir à quelque chose de logique. Tout ce qu'ils parvenaient à faire, c'étaient les listes des cavaliers et des chevaux qui gagnaient le plus souvent. Quant à savoir si ces listes correspondaient à ceux qui se dopaient pour améliorer leurs performances, c'était une autre histoire. Au début, il n'y avait aucune corrélation possible entre le fait de gagner, et le fait d'être désigné comme dopé par le laboratoire scientifique. Les quelques statisticiens du bureau avaient affirmé qu'il s'agissait de deux évènements indépendants. Mais peu à peu, au fil des semaines, les deux évènements semblaient de plus en plus liés. Et les soupçons se concentraient sur un groupe de cavaliers. Groupe plutôt large, mais dont Mikaël Blowsworth faisait partie. Et cela, Peter avait du mal à le concevoir.

-Stefen?
-Hum?
-On les aura quand les résultats du labo?
-Euh... d'ici quelques jours il me semble. Ca dépend s'ils sont motivés ou pas.
-Ok. Et pour "notre" labo? demanda-t-il, baissant un peu la voix. Je ne me souviens plus de ce qu'ils ont dit.
-Je crois que ça prendra un peu plus de temps. Ils ont pas l'habitude de traiter ce genre de demandes.
-C'est sûr! T'as vu la gueule qu'ils ont tirée ce matin quand on leur a apporté les échantillons, rigola Peter. Mais dès qu'on leur a montré nos plaques, ils ont arrêté de rechigner. C'est dingue ça!
-Eh ouais, le pouvoir de la plaque! plaisanta Stefen, avant de redevenir sérieux. Peter, je sais que t'espères beaucoup de ces tests, mais quand même, n'espère pas trop. Il est très probable qu'ils obtiennent exactement les mêmes résultats qu'ici.

Stefen le regardait avec une certaine appréhension, ne sachant pas comment son ami allait réagir en lui annonçant que lui-même n'était pas certain de l'innocence de Mikaël. Car c'était bien cela que voulaient dire ces paroles, puisque Peter avait fortement insisté pour que quelques tubes de sang de Mikaël se trouvent dans le lot des tubes à analyser à l'extérieur. Cependant, Peter ne s'énerva pas ni ne parut déçu, juste un peu troublé, avant de retrouver un grand sourire.

-Dans ce cas, j'irai encore draguer quelques infirmières. Il paraît que j'ai pas mal de succès!



      Il faisait encore jour quand Stefen et Peter sortirent du grand bâtiment où se situait le commissariat où ils travaillaient. Peter avait demandé à son collègue de venir l'aider à déménager ses affaires depuis la maison qu'il avait partagée avec Sonia jusqu'à son appartement, et ce dernier avait accepté avec joie: le plus tôt Peter tirait un trait sur la jeune femme, le plus tôt il pourrait se reconstruire une vie. Une vie pas forcément facile, vu qu'elle s'envisageait avec Mikaël, mais une vie nouvelle et entièrement à lui. C'était tout ce qui comptait.

-Au fait, Nathaniel va pas faire la gueule s'il reste tout seul ce soir? Je veux dire, c'était pas prévu, je t'ai demandé ce matin, donc... s'inquiéta Peter, alors qu'ils se dirigeaient vers sa voiture.
-Nan, t'inquiète. Il a même proposé de venir aider! Ca te dit qu'il vienne t'aider pour tout installer dans ton appart'? Parce que je pense pas que ton ex appréciera si on débarque à trois chez elle...
-Ouais, c'est sûr. Non mais dis-lui que c'est ok. On se retrouve chez moi et on se fait une petite bouffe tout en rangeant mes affaires.
-Ca marche! Je lui envoie un texto.

Stefen tapota quelques minutes sur son portable puis monta dans la Volvo noire que Peter avait ouverte entre temps. Une fois qu'ils furent partis, il baissa un peu le son de la radio et regarda attentivement Peter. Se sentant observé, le conducteur quitta la route des yeux pendant quelques centièmes de seconde pour les poser sur son passager. Puis il se concentra de nouveau sur l'asphalte qui s'étendait devant lui.

-Qu'est-ce qu'il y a Stefen? Tu veux me demander quelque chose?
-Hum... Tu lui as dit? Que tu avais rompu avec Sonia? se risqua-t-il.

Peter sursauta légèrement, mais pas suffisamment pour faire un écart.

-Non, pas encore, finit-il par répondre après une certaine hésitation. Je pensais le faire ce weekend, mais après je me suis dit que ça risquait de le déstabiliser et de le faire foirer, et ça je voulais pas. Alors je comptais lui dire demain, lorsque j'aurais pris toutes mes affaires dans mon ancienne maison.
-T'as raison. Je crois que c'est mieux comme ça.
-Et je voulais aussi lui demander de vivre avec moi, dans l'appart.
-Hein?! Mais mais mais... tu trouves pas que ça va un peu vite? balbutia Stefen, sous le coup de la surprise.

Qu'ils sortent ensemble, il ne voyait aucun problème à cela. Mais de là à ce qu'ils s'installent et vivent à deux! Il y avait un grand pas, et leur relation commençait à peine. Stefen avait peur que cela ne soit le début de la fin, mais il n'osa pas formuler ses craintes.

-Bah... De toute façon, il va refuser. Tant qu'il ne peut pas payer, il va pas vouloir. C'est dommage, parce que vu nos emplois du temps, on aura pas trop l'occasion de se voir. Surtout si on doit tout le temps faire attention dès qu'on est à l'extérieur.

Peter marqua une pause, que Stefen respecta. Maintenant que Peter s'ouvrait à lui, il comprenait mieux cet empressement à vouloir que Mikaël vive avec lui, même s'il pensait toujours qu'il ne s'agissait pas d'une bonne idée.

-Et puis, continua le plus jeune, incertain, j'ai peur que notre relation n'avance pas si on ne fait pas ça. Qu'elle stagne là où elle en est maintenant quoi. Notre situation est super compliquée, alors si en plus, on rajoute la distance, j'ai vraiment peur qu'on ne tienne pas le choc. Que je ne tienne pas le choc, surtout. Parce que pour Mikaël, je ne crois pas que ce sera un gros problème. Il peut résister à tout. Plus ou moins bien, bien sûr, mais il résiste. Alors que moi... Je sors d'une histoire pour plonger directement la tête la première dans une autre. Je sais que je ne devrais pas, que je devrais réfléchir encore un peu, me poser, parler avec mes parents...
-Avec tes parents? l'interrompit Stefen.

Il avait écouté les différentes réflexions, les craintes et les doutes de Peter avec beaucoup d'attention, comme un confident silencieux. Cependant, à l'évocation de la famille de Peter, il n'avait su retenir sa langue et la question était sortie toute seule. Il n'avait été qu'à moitié surpris de leur apparition dans le discours de son ami, mais il voulait néanmoins préciser l'importance qu'il leur accordait.

-Oui, avec mes parents. Ils ont toujours voulu que je me marie avec Sonia, que je fonde une famille, et tout et tout. Ils m'ont pas mal poussé et moi à chaque fois je freinais des quatre fers, me sentant mal à l'aise avec tout ça. Mais depuis que je sors avec Mikaël, j'ai re-réfléchi à leur attitude, et je crois que s'ils me poussaient autant, c'est parce qu'ils croyaient que je finirais ma vie avec Sonia... M'enfin, j'en sais rien. Moi, je les vois toujours comme de vieux réacs. Mais d'un autre côté, quand j'imagine le moment où je vais leur dire que je suis homosexuel et que je sors avec Mikaël, parce que je ne peux pas leur cacher ça indéfiniment, je les vois accepter tout ça, comme si c'était normal.
-Mais c'est normal Peter.

Peter lui jeta un rapide regard, à la fois honteux et contrit.

-Oui, je sais, mais tu vois ce que je veux dire, non?
-Hum...
-Et toi, comment ça s'est passé quand tu l'as dit à tes parents?
-Je crois qu'on peut dire que ça s'est à peu près bien passé. Je ne suis pas fait tabasser, et ils ne pouvaient pas me foutre dehors vu que j'avais déjà un appart.

Stefen rigola doucement, pour cacher sa gêne face à ce souvenir un peu douloureux, et Peter le suivit. Les minutes suivantes furent emplies de silence avant que Stefen n'ouvre de nouveau la bouche.

-Et au final, en fait, pourquoi tu ne te poses pas pour réfléchir un peu? Avant d'aller plus loin avec Mikaël? Tu n'es pas obligé de lui proposer d'habiter avec toi tout de suite.

Peter eut un petit sourire triste avant de répondre.

-Peut-être, mais je l'aime, j'en suis totalement sûr maintenant. Et je ne veux pas gâcher ma courte vie à repousser le moment où je pourrais être avec lui. Carpe diem disaient les latins, non?
-... Effectivement, vu comme ça... Mais tu... commença-t-il avant d'être interrompu par la sonnerie du téléphone de Peter.
-Ah Stefen, tu peux regarder dans ma veste derrière? Il doit être dans ma poche droite.

Après quelques secondes de recherche, le portable fut trouvé, et sur les consignes du conducteur, il fut mis sur le socle prévu à cet effet, à côté de l'autoradio. Puis d'une pression sur un bouton spécifique du volant, Peter décrocha et une voix de femme envahit l'habitacle.

-Allô Peter?
-Ah Maman, comment ça va?
-Bien, et toi?
-Bien, bien.
-T'as une petite voix. T'es sûr que t'es pas malade?
-Non, ça va bien. J'ai juste été un peu dépassé par les derniers évènements de ma vie, et mon meilleur ami m'aidait à faire le point. D'ailleurs il est là. Stefen, je t'en prie.
-Bonjour Madame, je suis Stefen Lashon, je travaille dans le même commissariat que votre fils, intervint Stefen, pour signaler sa présence.
-Ah bonjour, Monsieur. Merci de vous occuper de mon fils, répondit-elle cordialement. J'espère qu'il...
-Maman, tu voulais me dire quelque chose de précis? l'interrompit-il, reprenant la conversation en main.
-Euh... oui, hésita-t-elle. On a... comment dire? ... On a reçu un appel des Northwood ce weekend.
-Ah...
-Il paraît que tu as quitté Sonia.
-Oui. D'ailleurs, là on va chez elle pour récupérer mes affaires, et je vais m'installer dans l'appart, précisa-t-il.

La nouvelle eut l'air de faire un certain effet à sa mère, puisqu'elle resta sans rien dire pendant plusieurs secondes. Enfin, elle reprit contenance, et contrairement à ce qu'imaginait Peter, elle ne lui fit aucun reproche. Ou du moins, pas ceux auxquels il s'attendait.

-Pourquoi tu ne nous as rien dit? Ca nous a vraiment surpris quand ils ont appelé pour crier que tu n'étais qu'une goujat, et je te passe les autres amabilités que Kathleen a pu nous dire. Je crois, d'après ce que j'ai réussi à comprendre, que Sonia était effondrée, et ça l'a mise dans une certaine rage.
-Ca peut se comprendre, mais si Sonia a un problème, c'est avec moi qu'elle doit le régler. On est adultes, on a plus besoin de passer par l'intermédiaire de nos parents, fit-il, soudain plus ferme. Et je suis désolé de ne pas vous avoir prévenus, mais j'ai bossé samedi dimanche, donc c'était un peu dur.
-D'accord. Bon, je vais te laisser puisque ce n'est pas vraiment le bon moment pour parler de tout ça je crois. Je peux juste te poser une dernière question? C'est ton père qui veut absolument savoir.
-Vas-y, dis toujours.
-Voilà, il arrive pas à comprendre pourquoi tu as rompu. A ses yeux, vous formiez le couple parfait, et...
-Et pas aux tiens? sourit-il devant la formulation de sa mère.
-Disons que vous formiez un couple solide à mes yeux. Et puis de toute façon, personne n'est parfait...
-Mais nous essayons tous de l'être, c'est ça?
-Tout à fait. T'as bien retenu la leçon, mon chéri. Bref, qu'est-ce que je disais? Ah oui, ton père ne comprend pas ta décision et...
-Tu voudrais une explication?
-Voilà. J'aime bien quand tu comprends tout sans que je ne dise rien, Peter.

Il pouvait la voir sourire derrière le combiné et il poussa un soupir, soulagé qu'elle prenne sa rupture de façon aussi neutre.

-Eh bien, c'est tout simple en fait. Je ne l'aimais plus depuis un certain temps. Mais par lâcheté, je suis resté avec elle. Et il y a quelque mois j'ai rencontré quelqu'un... dont je suis véritablement tombé amoureux. Je veux construire quelque chose avec cette personne, et pour ça, je devais rompre avec Sonia. Voilà tout. Et ne t'inquiète pas Maman, j'organiserai un dîner ou quelque chose pour que vous vous rencontriez, mais pas avant un moment. Je veux d'abord... tu sais... profiter du temps à deux.

Elle resta silencieuse un petit moment, un peu sonnée par ce flot d'informations pour le moins étonnantes de la part de son fils. Cependant, sa curiosité ne mit pas longtemps avant de refaire surface.

-C'est bien. Je suis contente pour toi si tu es heureux. Par contre, ton père, ça va être une autre histoire. Moi, j'ai senti venir la fin avec Sonia, et j'ai eu le temps ce weekend de me faire à l'idée, mais lui pas du tout. Bref, ne t'inquiète pas pour ça. Je m'occupe de lui. Mais dis-moi, elle est comment cette jeune fille que tu as rencontrée? Blonde? Brune? Les yeux bleus? Marrons? Elle fait quoi comme boulot? Elle est pas trop conne j'espère!
-Maman! s'indigna-t-il.
-Quoi? Je m'informe sur ma future belle-fille, j'ai le droit, nan? Alors? Est-ce qu'elle cuisine bien? Est-ce...
-Maman! Ta gueule!

Le ton était ferme, sans appel, mais Stefen pouvait voir les coins de ses lèvres remonter, et une lueur d'amusement dans ses yeux.

-Est-ce que c'est une façon de parler à sa mère? Non mais oh!
-Ah oui, pardon, c'est vrai, on ne dit pas "Ta gueule" à sa mère. On dit: Votre gueule!

Les deux partirent d'un grand rire tandis que Stefen regardait alternativement le téléphone et Peter avec des yeux étonnés: la mère et le fils avaient une complicité particulière, cela ne faisait aucun doute.

-Bon, je dois te laisser. On arrive chez Sonia. Bisous Maman.
-Bisous, mon chéri. Et n'oublie pas de nous la présenter, hein?
-Non, non. Bon, j'y vais. Bye.

Il raccrocha aussitôt, ne laissant pas la possibilité à sa mère de répondre, et se gara en quelques manœuvres à quelques mètres de ce qui avait été sa maison pendant plusieurs années. Quelques minutes plus tard, les deux hommes se retrouvèrent devant la porte d'entrée, et tel un condamné qui va au supplice, Peter soupira longuement et se courba sous le poids d'une certaine culpabilité, tout en introduisant la clé dans la serrure.

-Eh mon vieux, relève la tête. Tu dois lui faire face si elle est là, pas lui donner des raisons de croire qu'elle peut te récupérer, le motiva Stefen.

Il lui asséna une grand tape dans le dos pour le redresser, et fit remonter son menton de quelques petits centimètres.

-Voilà, comme ça, c'est parfait. Tu n'as plus l'air de regretter ce que tu as fait. Et c'est ce qui compte, puisque c'est la vérité.
-Ouais, t'as raison. Allez, hop hop hop! 1, 2, 3, go! On va affronter la bête sauvage! rit-il en s'engouffrant dans la maison, la tête haute et le buste fier.

Ils n'avaient pas fait cinq pas à l'intérieur que Sonia déboula du salon dans le couloir. Elle avait les cheveux défaits et les yeux rouges d'avoir trop pleuré. Elle portait un vieux T-shirt, visible au travers du pull à grosses mailles rouge qu'elle avait mis, ainsi qu'un jogging noir. Le genre de vêtements que l'on met uniquement chez soi, pour se sentir bien. Elle resta un instant immobile, clignant des yeux face aux deux hommes, ne semblant pas réaliser qui ils étaient. Puis elle se précipita sur Peter et s'accrocha à sa chemise, ses yeux se remplissant de nouveau de larmes.

-Peter... Peter... Peter... Peter... Où est-ce que t'étais? ... Peter... Peter... Tu m'as fait tellement peur à partir comme ça pour le weekend! Peter... Tu vas revenir hein? Hein? Allez Peter... Dis que tu reviens... C'est pas une petite dispute qui va pouvoir nous séparer... Hein Peter? ... On est plus fort que ça, hein? ... Allez Peter, dis quelque chose... S'il te plaît...

Sonia avait réussi à ancrer son regard dans celui qu'elle considérait encore comme son homme, et ne le lâchait plus. Plus ou moins consciemment, elle savait que Peter était plus sensible au regard des gens qu'à n'importe quelle supplique. Et cela eut à peu près l'effet escompté. L'homme, malgré sa détermination, fut ému par la détresse qu'il pouvait lire dans les yeux sombres de Sonia, et son cœur en fut remué. Il hésita à la prendre dans ses bras, pour la consoler comme il le faisait lorsqu'ils n'étaient encore que des amis, mais il eut peur que ce geste ne soit mal interprété et ne lui donne de faux espoirs. Et surtout, il se souvint de la dernière étreinte de ce genre qu'il avait échangée. Il y avait quelques jours à peine, mais dans des circonstances bien différentes. Certes, la personne accrochée à son T-shirt pleurait également, mais pas de la même façon. Elle pleurait parce qu'elle savait qu'elle pouvait compter sur Peter, qu'elle pouvait se reposer sur lui. Elle pleurait devant lui parce qu'elle lui faisait confiance. Mikaël pleurait devant lui parce que c'était le seul endroit où il pouvait le faire. Alors que Sonia, elle, pleurait devant lui parce qu'elle espérait encore qu'ils puissent reconstruire quelque chose à deux à partir des décombres de leur relation. Elle pleurait parce qu'elle savait qu'elle pouvait y gagner. Ce n'était pas la même chose. Absolument pas.

Et au moment où il réalisa cela, Peter comprit que si jamais il enlaçait Sonia maintenant, cela signifiait trahir Mikaël, ses sentiments pour lui, ainsi que ce qu'il avait réussi à accomplir ces dernières semaines. Ses mains, qui auparavant pendaient inertes le long de son corps, s'avancèrent vers les épaules de la jeune femme et la repoussèrent doucement, mais fermement.

-C'est fini Sonia. Que tu l'acceptes ou non. Je sais que je pourrais pas continuer avec toi. Je voudrais te dire que j'aimerais qu'on reste amis mais je crois pour l'instant que ça nous ferait plus de mal que de bien. Alors s'il te plaît, laisse-moi partir, sans impliquer d'autres personnes que nous. Je vais chercher mes affaires, et après je ne mets plus les pieds ici. Je te le promets.

Le message sembla être passé et Peter relâcha Sonia, qui sous le choc de l'annonce, tomba à genoux, avant de se laisser carrément tomber à terre et de sangloter. Apparemment, leur dispute de vendredi n'avait pas eu la même signification pour elle que pour lui. Néanmoins, il refusa de se laisser attendrir et se dirigea avec volonté vers l'escalier. Lorsqu'il fut dans sa chambre, avec l'aide de Stefen, il récupéra tous ses vêtements, ainsi que d'autres babioles à lui. Il fit un tour par la salle de bains et par le bureau, récupérant quelques DVDs et de nombreux CDs. Il termina par le salon, tandis que son ami mettait les premiers sacs dans la voiture. Il prit tous ses livres et presque toute la discothèque, Sonia n'étant pas très musique. Stefen revint dans la maison au moment où il jetait un coup d'œil à la cuisine. Peter lui fit signe qu'il en avait fini, qu'il ne restait plus rien à lui ici lorsque Sonia se releva, s'appuyant tant bien que mal contre la cloison qui séparait l'entrée du salon. Elle leur lança un regard mauvais avant de prendre la parole d'une voix rauque.

-Fucking assholes! Go to hell! Et toi Peter, emporte cette salope de My! Qu'elle grille aussi!

Elle reprit son souffle, puis elle cria de toutes ses forces, pliée en deux.

-FUCKING ASSHOLES!!

Les deux hommes ne restèrent pas plus longtemps à se faire insulter, et partir en claquant la porte, sans oublier d'emporter les derniers sacs avec les affaires de Peter. Ils s'installèrent rapidement dans la voiture, et Peter démarra sans attendre. Après quelques secondes à réaliser ce qu'il venait de se passer, Stefen éclata d'un rire nerveux.

-Putain, elle est complètement tarée ton ex!
-Hum... Elle était pas comme ça avant. Du moins, elle apparaissait pas comme ça. Mais depuis qu'on a rompu, j'ai l'impression qu'il lui manque une case. Ca me fait un peu culpabiliser, mais d'un autre côté, égoïstement, je me sens tellement mieux maintenant. Surtout avec Mikaël.
-Veinard, va! plaisanta Stefen.
-Eh! Toi aussi! T'as Nathaniel il me semble.
-Ouais, c'est pas faux. Tiens au fait, la folle dingue, elle a parlé d'une... My, c'est ça? C'est qui?
-Mais tu sais, je t'en ai parlé. C'est la meilleure amie de Mikaël, My Andersson.
-Ah oui, l'autre personne qui est au courant de votre relation, à toi et à Mikaël.
-C'est ça! Dis, tu devrais pas appeler ton homme, parce que le temps qu'il vienne à la maison en métro, je pense qu'on sera rentré, ou presque.
-'Key.

Une fois l'appel téléphonique passé, les deux hommes envisagèrent avec enthousiasme le reste de la soirée, s'oubliant dans l'instant présent.
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17 novembre 2009 2 17 /11 /novembre /2009 01:29




     -Mesdames, Messieurs, veuillez accueillir sur la piste l'un des derniers concurrents de l'épreuve, crachaient les hauts-parleurs. Il s'agit de Spunk Of Troy, monté par Mikaël Blowsworth. Et je vous rappelle que d'ici une petite demi-heure, à 9h30 pétantes, commencera la reconnaissance du parcours d'obstacles du concours complet.

Peter et Stefen arrivèrent juste à temps en haut des tribunes pour voir Mikaël galoper quelques foulées en attendant que la cloche ne sonne. Ils avaient réussi, difficilement, à obtenir une petite pause en ce début de journée, et se trouvaient maintenant face à la grande carrière d'obstacle. Ils descendirent de quelques rangées dans les gradins, et s'installèrent sur deux sièges libres à côté des escaliers.

-Dis, tu vois Nathaniel? Il m'a dit qu'il serait dans ce coin là des gradins.
-Appelle-le, proposa Peter.

Stefen ne se le fit pas dire deux fois et au bout de quelques sonneries, son compagnon décrocha. Après quelques explications, les deux inspecteurs l'aperçurent tout en bas, au troisième rang, les saluant d'une main. Ils lui rendirent son salut puis se concentrèrent sur la carrière: la cloche marquant le début du parcours venait de sonner.

-C'est avec ce cheval là qu'il y a eu un problème, tu m'as dit? demanda Stefen.
-Oui, c'est ça, confirma son ami. C'est Gabriel Doscientos qui devait le monter, mais il ne voulait pas, parce que le cheval est dangereux. Donc c'est Mikaël qui l'a récupéré.
-Et il accepte de monter des chevaux dangereux ton copain? Il est pas bien! s'étonna Stefen. Ah oui putain, je comprends mieux maintenant, rajouta-t-il aussitôt.

Les deux premiers obstacles venaient d'être franchis avec une facilité déconcertante, alors que le second, un vertical en sortie de courbe serrée, avait fait des ravages parmi les concurrents précédents: barres, refus et dérobades s'y étaient enchaînés. Les autres obstacles furent sautés de la même manière, comme s'il ne s'agissait que de soixante petits centimètres, alors qu'en réalité ils oscillaient tous entre 1m10 et 1m20. De plus, la rapidité était au rendez-vous et les courbes entre les obstacles se faisaient au plus court. Il ne restait plus que le dernier obstacle, un triple, combinant un vertical et deux oxers, avant la ligne d'arrivée, une trentaine de mètres plus loin. Peter croisa les doigts pour que tout se passe bien, et se mordit la lèvre inférieure, craignant que le cheval ne devienne fou à la moindre occasion. Les obstacles a et b furent passés tranquillement, mais Mikaël fut un peu près du c et dut user de toute son expérience pour tenter de le franchir sans faire tomber la barre. Spunk répondit très bien à ses aides, et ne fit que toucher la barre du deuxième plan de l'oxer avec ses postérieurs. Alors, dès la réception, un tonnerre d'applaudissements s'éleva du public, félicitant le couple pour l'une des meilleures performances de l'épreuve. Et l'étalon, par joie, par peur, ou peut-être même par vice, participa à l'euphorie générale en projetant ses postérieurs le plus haut possible à plusieurs reprises. Mikaël, ne s'y attendant absolument pas, et ayant relâché sa vigilance comme il atteignait la fin du parcours, se retrouva à cheval sur l'encolure de Spunk, glissant inexorablement sur le côté.

Peter avait applaudi avec les autres, mais dès qu'il vit Spunk faire des siennes, il arrêta et porta, anxieux, ses mains à sa bouche. Il s'était levé pour mieux voir la scène, et il regarda avec angoisse Mikaël passer la ligne d'arrivée accroché comme il le pouvait à son cheval. Puis se laisser tomber sur le sol, faire un roulé-boulé et se relever comme si de rien n'était. Il crut même le voir rire et faire de grands signes pour dire qu'il allait bien, avant de s'épousseter. Un soupir de soulagement s'échappa de ses lèvres.

-Waow waow! C'est un sacré numéro ton Mikaël! s'exclama Stefen qui s'était également levé pour observer la scène. Il se scratche et il se relève en riant!
-Ouais, je sais. J'ai toujours pas compris comment il...
-Voilà une belle démonstration de Mikaël Blowsworth! les coupa la voix déformée des hauts-parleurs. Un sans-faute avec un temps excellent, ce qui le place en troisième position provisoire, à quelques centièmes derrière le second. Et pour tous ceux qui se le demandent, tant que le cavalier et le cheval passent la ligne d'arrivée ensemble, c'est valide, peu importe la position!

Des rires s'élevèrent des gradins, et Peter et Stefen ne purent s'empêcher de s'y joindre.

-D'ailleurs, très belle chute Mikaël! Tu nous refais ça quand tu veux! plaisanta la voix. Et d'après ce qu'on vient de me dire par talkie-walkie, Mikaël Blowsworth va très bien, et ne s'est absolument pas fait mal. Il est juste un peu poussiéreux pour les prochaines épreuves.

De nouveau des rires se firent entendre tout autour de la carrière de sable, tandis que de nombreuses personnes avaient envahi le terrain pour essayer de récupérer l'étalon, qui profitait allègrement de sa liberté. Au bout de plusieurs échecs, on fit entrer d'autres chevaux, appartenant au club organisateur, qui, après maintes manœuvres, réussirent à coincer Spunk dans un coin. Il fut récupéré par un ramasseur de barres, et quelques mètres plus tard, Mikaël remontait dessus. Il quitta la carrière au petit trot, sous de nouveaux applaudissements. Quelques coups de cul firent leur apparition, mais cette fois-ci, il les encaissa sans problème. Dès que le cavalier fut hors de vue, les deux inspecteurs quittèrent les gradins pour retourner travailler.



     Nathaniel déambulait tranquillement parmi les différents stands installés dans les allées du club hippique, prenant tout son temps pour observer divers articles, parfois plus farfelus les uns que les autres. Il était bientôt huit heures du soir, la lumière déclinait doucement et des spots puissants s'allumaient peu à peu pour éclairer la foule grouillante qui ne semblait pas vouloir quitter les lieux. Il avait entr'aperçu son amant et son collègue le matin même, lors du passage de Mikaël Blowsworth sur Spunk Of Troy, mais depuis, il n'avait pu ne serait-ce deviner leurs silhouettes. Vers l'heure du déjeuner, il avait tenté de se rendre dans la zone où travaillaient les policiers, pour déjeuner avec eux, mais celle-ci était interdite d'accès à toute personne non autorisée. Et malgré ses sourires, il n'avait su apprivoiser la jeune femme qui s'occupait de la régulation des entrées.

En désespoir de cause, il avait acheté un hot-dog et une barquette de frites hors de prix, et avait mangé seul, contemplant depuis une petite colline le ballet d'hommes et de chevaux mêlés qui se déroulait sous ses yeux. Il avait alors découvert qu'un club hippique ressemblait bien plus à un village qu'il ne le pensait. Il ne manquait que des noms de rues, et on aurait pu s'y croire. Il s'amusa à enlever tout le modernisme des installations et à imaginer ce que le club aurait pu être quelques siècles plus tôt. Et il eut un fou rire solitaire lorsqu'il posa son regard sur le parking à camions, soudain transformé en camps de roms, avec des tentes rapiécées au milieu desquelles évoluaient des hommes élégamment vêtus.

Après avoir englouti sa dernière frite, un peu trop salée à son goût, il essaya tant bien que mal de suivre Mikaël sur ses différentes épreuves. Heureusement pour lui, le cavalier n'était engagé que sur un seul cheval, Jéricho, pour le concours complet du jour, d'un niveau légèrement moindre que celui du lendemain. Mais les difficultés se révélèrent lorsque le jeune homme découvrit que d'autres épreuves, hunter et dressage notamment, étaient organisées en même temps, et que Mikaël participait à plusieurs d'entre elles, sur différents chevaux. Et c'est en cavalant entre les différents terrains qu'il se demanda comment Mikaël réussissait à tout enchaîner sans le moindre problème apparent. L'après-midi passa donc rapidement, et il n'eut pas vraiment l'occasion de penser à son compagnon, ni à son absence. Ce n'est que le soir venu qu'il en ressentit un grand vide, d'autant plus grand qu'il avait été très occupé durant les heures précédentes. Alors surgit dans son esprit une idée qu'il jugea lumineuse.



     -Coach, j'ai vraiment pas besoin que tu me fasses un compte-rendu et une critique complète de mes épreuves de la journée, soupira Mikaël en essayant d'attraper avec sa fourchette les dernières spaghettis qui se battaient en duel dans son assiette. Je suis crevé, j'ai encore Jéricho à m'occuper, et je voudrais vérifier quelques petits trucs sur les autres. En plus, je ne monte pas les mêmes chevaux demain. Donc tous les conseils que tu pourras me donner ne feront que m'embrouiller, et je ferai une moins bonne performance.
-Et tu veux faire ça quand alors?
-Lundi, en début d'après-midi, par exemple, proposa Mikaël avant de se lever. Bon, moi je vais voir mes chevaux. Salut, dit-il à la petite assemblée réunie pour le dîner.

Il déposa son assiette vide à l'endroit prévu pour la vaisselle sale, puis rejoignit, les mains dans les poches et la tête dans les nuages, l'endroit qui leur avait été attribué pour leurs chevaux: un petit bout de pré, bien plus agréable que le parking à camions où ils avaient évolué toute la journée. Il était à une grosse cinquantaine de mètres de ses chevaux lorsqu'une voix le héla.

-Hé! Blowsworth! Y'a quelqu'un qui veut te voir à la grande salle!

Le cavalier tourna la tête et reconnut sans difficulté l'une des personnes qui s'assuraient que le concours se déroulait correctement. Ils avaient plusieurs fois eu l'occasion de discuter, mais ça n'avait jamais été plus loin que des conversations de travail.

-C'est qui? cria-t-il, ne voulant pas se déplacer jusqu'à son interlocuteur, trop fatigué.
-Aucune idée! Il m'a dit qu'il était fan de toi et qu'il voulait te voir!

Mikaël hésita un instant, n'aimant pas particulièrement rencontrer des personnes se disant fan de lui lors des concours. Il avait peur que cela le déstabilise si jamais quelque chose ne se passait pas bien. De plus, la plupart du temps, il ne s'agissait que de lèche-bottes qui ne connaissait de lui que ce que disait le programme du concours. Rien de bien intéressant ni excitant en somme. Mais ce soir, une petite voix lui dit qu'il s'agissait peut-être d'une autre ruse de Peter, pour qu'ils se retrouvent seuls tous les deux: toute la journée, ils n'avaient fait que se croiser, et ce uniquement dans le cadre de l'enquête. Jamais ils n'avaient pu discuter librement. Et ce fut cette petite voix qui dicta sa réponse.

-Ok! Dis-lui que je suis avec mes chevaux. Au pire, s'il me fait chier, je demanderai à Jéricho de me le jarter! plaisanta Mikaël.
-D'accord! rigola l'autre en retour, avant de repartir vers la grande salle, où le fan attendait depuis suffisamment longtemps une réponse.

Mikaël, quant à lui, rejoignit tranquillement ses chevaux, songeant avec un sourire à Peter. Cela lui ferait du bien de le voir après une journée aussi rude que celle qu'il venait de passer.  Certes, il adorait monter à cheval, et faire des concours pour repousser ses propres limites et celles de ses chevaux l'enchantait, mais il y avait de nombreux inconvénients. A commencer par tous les hypocrites qui venaient lui graisser la patte alors qu'ils ne l'aimaient pas. Avec le temps, il avait appris à les éviter, et il restait essentiellement avec les gens qu'ils connaissaient bien, mais ça n'en restait pas moins épuisant de toujours faire attention à ce qu'il disait. Surtout maintenant que le scandale du dopage éclaboussait le milieu. Tout le monde se soupçonnait mutuellement, au lieu de ses serrer les coudes. Chacun voulait sauver sa peau, et l'ambiance était de plus en plus détestable. Il espérait franchement que toute cette histoire se finisse au plus vite, et il maudissait les imbéciles qui avaient eu l'idée complètement inconsciente de doper leurs chevaux. Il fallait être fou, ou très irrespectueux de l'animal, pour faire une telle chose. Et rien que cette pensée le mettait en rage.

Mikaël commença à s'énerver tout seul, et ce fut un mouvement brusque de Spunk qui le sortit de ses ruminations. Il était arrivé sans s'en rendre compte dans le pré, où Ithaque flirtait un peu trop avec Spunk, de l'avis de ce dernier. D'un pas rapide, il arriva derrière les deux chevaux et se glissa entre eux, les empêchant de se toucher. Il vérifia rapidement que Spunk était bien pansé et qu'il n'avait aucune blessure, avant de constater que sa groom, Mary, avait fait du bon travail. Puis il changea l'étalon de place, le trouvant trop nerveux pour rester au milieu des autres chevaux. Ensuite, il vérifia l'état de ses chevaux du lendemain: Ithaque et Jewel étaient propres, nattés et piontés. Des bouts de coton avaient même été mis dans leurs mortaises à crampons. Mary avait été très efficace sur ce coup-là également: ils étaient fin prêts pour le concours complet, à condition qu'aucun n'ait l'idée de défaire ses pions durant la nuit. Il leur tapota amicalement l'encolure et la croupe avant d'aller voir son cheval. Jéricho brillait aussi de propreté, mais Mikaël avait envie de s'en occuper: ça leur ferait du bien à tous les deux. Il alla donc chercher un cure-pied, un bouchon et un pot de graisse: s'occuper de ses sabots ne lui ferait pas de mal. Il commençait tout juste à nettoyer la paroi externe de l'antérieur gauche qu'il entendit une voix l'appeler.

-Monsieur Blowsworth?

Le cavalier se releva, repéra l'inconnu et l'appela, un peu déçu qu'il ne s'agisse pas de son petit ami. Il s'était trompé: Peter ne risquerait pas de tout foutre en l'air en le voyant en privé dans de telles circonstances.

-Monsieur! Par ici! cria-t-il tout en faisant de grands signes de la main.

L'inconnu arriva rapidement à la hauteur du cheval et les deux hommes se serrèrent la main par dessus le dos de Jéricho.

-Bonjour, Mikaël Blowsworth. On m'a dit que vous vouliez me voir.
-Oui, je suis Nathaniel Lancaster, se présenta-t-il.
-Et? demanda le plus jeune, ne comprenant pas où son interlocuteur voulait en venir. Suis-je censé vous connaître?

Pris de court, Nathaniel balbutia avant de se reprendre et de compléter sa présentation.

-Ah... euh... oui, pardon. Je suis le compagnon de Stefen... Stefen Lashon, vous savez le collègue de Peter Mac Lean, votre...
-C'est bon, j'ai compris, l'interrompit-il, l'interdisant d'un regard de finir sa phrase. Et qu'est-ce que vous me voulez?

Le ton était sur la défensive: Mikaël se méfiait de lui, et il le lui fit bien comprendre.

-Je voulais faire votre connaissance. Peter nous a tellement parlé de vous, lorsqu'il est venu à la maison, que je suis devenu curieux. C'est tout.
-Et qu'est-ce qui me prouve que vous ne mentez pas?

De nouveau pris de court, Nathaniel ne sut quoi répondre à la paranoïa, qu'il trouvait peu justifiée, du cavalier. Heureusement, le silence gênant fut interrompu rapidement par une sonnerie de portable. Le jeune homme y répondit, indiquant à son interlocuteur où il se trouvait, sous l'œil suspicieux de Mikaël. S'ensuivit une dizaine de minutes où Nathaniel tenta d'expliquer tant bien que mal au petit brun qui lui faisait face que non, sa démarche n'avait rien d'intéressée, qu'il s'agissait uniquement d'un peu de curiosité envers quelqu'un qu'il avait l'impression de connaître sans l'avoir rencontré. Et que non, il n'allait pas vendre ce qu'il savait au chef de Peter, ni à des journalistes. Peu à peu, les doutes de Mikaël s'estompèrent, mais ce ne fut pas pour autant qu'il se laissa aller. Ainsi, l'ambiance était toujours assez tendue lorsqu'ils furent rejoints par deux autres personnes.

-Peter! Qu'est-ce que tu fous là? s'exclama Mikaël dès qu'il le reconnut.
-Ah! Stefen! Te voilà enfin! fit en même temps Nathaniel. Mikaël est assez réticent à me croire, mais je crois que maintenant que t'es là avec Peter, il va comprendre.

Les deux hommes, qui s'étaient apparemment concertés auparavant, emmenèrent chacun de leur côté leur amant sans prononcer un seul mot, ou presque. Tandis que Peter et Mikaël restaient dans le pré avec les chevaux, Stefen et Nathaniel s'éloignèrent sur le chemin qui y conduisait. Lorsqu'ils furent assez loin de l'autre couple, ils s'arrêtèrent et le plus âgé commença à sermonner son compagnon.

-Mais qu'est-ce qui t'a pris d'aller le voir comme ça, tout seul, sans même prévenir?
-J'étais curieux, je te l'ai déjà dit, il me semble, rétorqua-t-il, prenant assez mal le ton de reproche employé.
-Oui, mais tu peux pas débarquer comme une fleur comme ça. Tu comprends? demanda-t-il en se radoucissant, sachant qu'il ne servirait à rien de s'énerver.
-Non, je ne comprends pas, fit Nathaniel, de façon butée.

Stefen souffla puis prit son courage à deux mains, comptant sur la discrétion habituelle de celui qui partageait sa vie depuis si longtemps.

-Tu sais qu'ils ont une relation un peu compliquée, étant donné qu'ils sont tous les deux impliqués dans cette histoire de dopage, mais chacun d'un côté de la barrière. Donc ils sont très méfiants, et ils font très attention dès lors que le sujet vient sur la table. Ils n'en parlent pas avec n'importe qui, d'accord?
-Oui, oui, je sais tout ça. Mais rien ne permet de me relier à Peter, alors je ne vois pas où est le problème si je parle à Mikaël.
-Euh... à tout hasard, il y a moi qui permet de te relier à Peter, corrigea Stefen, plus blessé qu'il n'en laissa paraître.
-Oui, mais personne n'est au courant que tu sors avec moi à ton boulot, à part Peter.

Le silence se fit pendant quelques secondes, le temps que chacun prenne conscience de la portée de ces paroles.

-C'est un reproche?

La voix de Stefen était serrée, comme s'il se retenait de pleurer, et il détourna le regard lorsque Nathaniel essaya de le capter. Finalement, le plus jeune l'enlaça et posa sa tête au creux de son épaule. Au bout de quelques secondes, Stefen l'enlaça à son tour et Nathaniel prit la parole.

-On en a déjà parlé plusieurs fois. Tu sais bien que je ne t'en veux pas pour ça. Du moment que ta famille et tes amis proches, en dehors de tes collègues, le savent, ça me va. Et puisqu'ils le sont, c'est bon... Tu sais, le plus important pour moi, c'est que tu ne me renies pas. Que tu ne fasses pas comme si je n'existais pas. C'est tout ce qui compte. D'accord?

Stefen acquiesça avec empressement et resserra son emprise sur lui, avant de s'excuser et de lui murmurer à quel point il l'aimait, et à quel point il avait rendu sa vie merveilleuse.

Après de longues minutes tendrement silencieuses, Nathaniel reprit la parole.

-Dis, c'est si grave que ça que je sois allé voir Mikaël?

L'inspecteur se détacha de son compagnon et le regarda dans les yeux avant de le rassurer.

-Si tu parles du risque qu'ils soient découverts, je ne pense pas que ce soit grave. Comme tu l'as dit, il y a peu de chances qu'on fasse le lien entre toi et Peter, si jamais on s'intéresse à toi. Par contre... il hésita un instant avant de reprendre. Du point de vue de leur relation, je ne sais pas. Je ne crois pas que ça ait beaucoup d'incidence, parce que leur couple est plus fort que ça il me semble. Mais on ne sait jamais. Mikaël est quelqu'un de très fragile, et le fait que tu sois en quelque sorte intervenu dans son histoire avec Peter alors qu'il ne te connaît ni d'Eve ni d'Adam...
-Il avait pas l'air si fragile que ça pourtant, vu comment il se défendait face à moi. Verbalement j'entends, commenta Nathaniel.
-C'est vrai qu'il n'en a pas l'air comme ça, mais je t'assure qu'il vit sur un fil. Ou tout du moins, il a vécu tellement longtemps sur un fil que ça ne peut qu'avoir eu des répercussions sur comment il est aujourd'hui.
-Qu'est-ce que tu veux dire?

Stefen lui sourit avec amusement avant de mettre fin à la conversation en quelques mots.

-Tout ça, je l'ai déduit de que j'ai appris avec son dossier, vu que c'est moi qui m'occupe de son cas. Alors je n'en dirais pas plus: secret professionnel, tu comprends? termina-t-il sur le ton surjoué d'une confidence de la plus haute importance.

D'abord surpris, Nathaniel finit par en rire, et ils repartirent direction la sortie du club, puis de l'hôtel où ils avaient loué une chambre pour la nuit: Peter les rejoindrait plus tard.



     Peter avait attrapé le bras de Mikaël et l'avait emmené un peu plus loin à l'intérieur du pré. Mais aussitôt qu'il le lâcha, le cavalier retourna auprès de Jéricho, arguant qu'il devait s'en occuper. En réalité, et Peter le devina très vite, c'était pour se rassurer que Mikaël avait besoin de se trouver à côté de Jéricho. Jéricho qui avait été l'élément le plus stable de sa vie ces dernières années, et dont il avait eu besoin à plusieurs reprises depuis qu'il avait rencontré Peter. Et dont il aurait à nouveau besoin ce soir-là après l'intervention de Nathaniel.

-Eh Mikaël, ça va? demanda doucement Peter alors que le cavalier s'était assis par terre à côté des antérieurs de son cheval.

Il avait empoigné son bouchon et s'apprêtait à frotter le sabot avec lorsque Peter le lui prit délicatement des mains. Il s'agenouilla ensuite à ses côtés et l'attira contre lui, posant son nez dans ces cheveux bruns qu'il aimait tant et les parcourant de ses doigts. Mikaël, d'abord raide face à ce geste affectueux peu habituel hors du cocon que constituait l'appartement new-yorkais, y répondit avec retard. D'abord timidement, puis de manière plus franche, agrippant à l'en déformer le T-shirt de son amant et en y enfouissant sans pudeur son visage, y séchant des larmes qui commençaient à couler. Des larmes de rage, de frustration, d'impuissance face à leur situation, mais aussi et surtout des larmes de fatigue.

Après une bonne demi-heure à s'étreindre et à se murmurer des mots rassurants et pleins d'amour non dit, Mikaël se redressa et regarda de ses yeux rouges un Peter souriant tendrement.

-Ce Nathaniel Lancaster, c'est vraiment le mec de Stefen Lashon, l'ami dont tu m'as parlé? l'interrogea-t-il sans détour.
-Oui, je l'ai rencontré quelque fois. Et il m'a bien aidé lorsque je m'emmêlais dans mes propres sentiments.
-Tu veux dire: avant qu'on ne sorte ensemble?
-Oui, c'est ça.
-Ok... Et on peut lui faire confiance?
-Je pense.
-Peter... souffla Mikaël, mécontent de la réponse apportée.
-Ok, ok, j'en suis sûr, se reprit Peter avec un sourire, comprenant l'angoisse du cavalier: trop de choses étaient en jeu pour se contenter d'un "Je pense". Il est tout à fait capable de garder un secret et il est conscient de la situation dans laquelle on est.
-Tant mieux, fit-il, rassuré.

Il se leva et invita Peter à faire de même. Le temps que celui-ce se dégourdisse un peu les jambes, ankylosées à être restées pliées trop longtemps, il ramassa ses brosses et son pot de graisse, glissa quelques mots à l'oreille de Jéricho et se dirigea vers une grande malle en fer posée quelques mètres plus loin. Il y déposa toutes ses affaires, attrapa ce qui semblait être quelques couvertures et des pulls et revint aussitôt vers Peter. Il lui tendit la main et l'inspecteur ne se fit pas prier pour la prendre: ils étaient seuls dans ce coin-là, hormis les chevaux qui leur tenaient compagnie, et aucun spectateur indésirable ne serait témoin de leur ballade nocturne. Mikaël l'entraîna alors beaucoup plus loin dans le pré. Tellement loin que Peter finit par s'interroger.

-Dis, on va où comme ça?

Le jeune homme ne répondit pas mais s'arrêta quelques mètres plus loin, devant une minuscule colline sculptée par l'homme, avec un tronc posé en travers dessus.

-Ca, c'est un piano, suivi d'une banquette avec un tronc, puis un autre piano, expliqua Mikaël en levant la tête vers celui qui venait de l'enlacer par derrière, par besoin de chaleur mais aussi par envie. Il y a quelques années, on le sautait lors du cross du complet, mais depuis trois ans, comme ils ont rénové et ré-aménagé tout leur ancien parcours, l'obstacle n'est plus utilisé. Ce qui fait que plus personne ne vient par ici. Depuis le haut, continua-t-il en essayant tant bien que mal de monter les marches du piano, avec Peter toujours accroché à son dos, on voit tout le club de ce côté-là. Et de l'autre côté, on ne voit que la forêt. Y'a rien d'autre. Lorsque j'ai envie d'être tranquille dans ce club, je viens toujours ici. L'an dernier, je m'y suis même endormi sans faire gaffe. Mais je me suis réveillé en pleine nuit parce que j'avais froid.
-D'où les couvertures et les pulls, compléta Peter, une lueur d'amusement passant dans ses yeux à l'idée d'un camping improvisé avec l'homme qu'il aimait.

Mikaël acquiesça doucement avant de grimper sur le tronc, où il avait déposé leurs vêtements pour la nuit. De là-haut, il observa le visage calme et paisible de son amant, qui, lorsqu'il saisit son regard, monta à son tour pour se retrouver à ses côtés. Marchant avec prudence sur les aspérités nombreuses du bois, ils se rapprochèrent pour se toucher du bout des lèvres, puis du bout de la langue, avant de s'embrasser entièrement. Les bras passèrent derrière la nuque de l'un, autour des hanches de l'autre, et les corps se collèrent l'un à l'autre, se réchauffant mutuellement. Puis, les mains, en coquines exploratrices, s'aventurèrent sur la peau de l'autre, d'abord sur le T-shirt, puis dessous, jusqu'à descendre au niveau du pantalon et à s'y introduire. Les caresses se firent de plus en plus osées, semblant ne jamais pouvoir répondre à l'insatiabilité des deux hommes, lorsque soudain Peter dérapa.

Se raccrochant à Mikaël, il l'entraîna dans sa chute et les deux hommes se retrouvèrent cul à terre, l'un à côté de l'autre. Relevant la tête, le plus jeune remarqua qu'ils étaient tombés du côté de la forêt, et non du club, et étendant son bras, il attrapa les couvertures et les pulls pour les faire tomber à côté de lui. Il prit l'une des couvertures et l'étendit sur le sol, avant de s'y allonger. Enfin, il fit signe à Peter de le rejoindre, et sous la bienveillance de la lune, les deux amants découvrirent ensemble un monde déjà frôlé du bout des doigts, mais prudents, un peu inquiets et angoissés aussi, ils n'osèrent aller jusqu'au bout, et s'interrompirent à mi-chemin.
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2 novembre 2009 1 02 /11 /novembre /2009 17:22
Courte suite, mais vu son contenu, et le fait *de plus en plus extraordinaire, y compris dans la vie de tous les jours* que je ne sois pas en retard, je crois que vous me pardonnerez. Du moins je l'espère.

Sur ce, bonne lecture! =D







     Le trajet de retour jusque chez eux se passa dans un silence de mort, comblé seulement par la voix grave et rapide d'un présentateur radio, qui interrogeait des spécialistes quant aux énergies alternatives au pétrole. En sortant du cabinet du docteur Sutton, Sonia avait tenté de savoir ce que les deux hommes s'étaient dit, et pourquoi elle avait été mise à la porte. Peter lui avait juste affirmé que selon les dires du docteur, tout allait bien chez lui, et qu'il n'avait aucune espèce de maladie. Elle avait protesté, car un problème existait bel et bien, mais il n'avait pas voulu lui en dire plus, malgré son insistance. En montant dans la voiture, lui derrière le volant, et elle côté passager, car elle se sentait un peu fatiguée, elle avait cessé ses jérémiades. Elle savait en effet qu'il s'énervait beaucoup plus facilement lorsqu'il conduisait, et que cela pouvait devenir dangereux. Cependant, dès qu'ils furent arrêtés devant la porte de leur garage, le même manège recommença.

-Peter, je comprends vraiment pas pourquoi tu ne veux pas me dire ce que t'a dit le docteur Sutton, ré-attaqua-t-elle alors qu'ils sortaient de la voiture.
-Mais je te l'ai déjà dit, soupira-t-il. Tout va bien, je vais bien, je ne suis pas malade.
-Merci, j'avais compris. Mais il n'empêche que ça ne nous dit toujours pas pourquoi tu as eu ces pannes, et comme je suis également concernée, j'estime avoir le droit de savoir précisément ce que t'a dit le docteur.

Peter ne répondit rien et ouvrit la porte de la maison. Il ne voulait pas avoir ce genre de conversation dans leur jardin, à la portée de n'importe quelle oreille. D'ailleurs, il ne voulait pas avoir ce genre de conversation du tout.

Une fois la porte ouverte, il déposa ses clés à leur endroit habituel, dans une petite coupelle en céramique et se dirigea directement dans le salon, où il s'affaissa dans le canapé, épuisé moralement. Sonia l'y suivit et continua la discussion interrompue, ignorant délibérément son air exténué.

-Peter, je comprends que tu puisses être en colère contre moi parce que je t'ai caché le fait que le docteur Sutton était un sexologue, mais s'il te plaît, ne fais pas ta tête de mule et raconte-moi ce qu'il s'est passé. C'est vrai quoi, je...

A partir de ce moment-là, Peter ne l'écouta plus: elle était partie dans un réquisitoire inutile et ennuyeux, qui tentait de le faire céder. Il préféra se projeter dans l'avenir et réfléchir au problème épineux de sa future rupture avec Sonia. Il y avait déjà pensé dans la voiture, et était arrivé à la conclusion qu'il devait faire cela en douceur et la préparer mentalement. Même s'il n'aimait plus Sonia, il gardait un certain attachement pour elle, en raison de toutes leurs années d'amitié, et il ne voulait pas la faire souffrir plus que de raison. D'un autre côté, se dit-il, conserver la situation telle qu'elle était la ferait forcément souffrir a posteriori. Et cela blessait actuellement Mikaël, même s'il refusait de le montrer. Les choses devaient donc changer rapidement, mais pas trop. Le tout était de choisir le bon moment, un peu comme lorsqu'on se déclarait à quelqu'un: il ne fallait pas louper le coche.

-Dis Peter, tu m'écoutes au moins?! s'énerva-t-elle, en s'asseyant brutalement à côté de lui sur le canapé, le faisant ainsi sursauter.
-Oui, non, enfin, oui, oui, balbutia-t-il immédiatement, sortant peu à peu de ses pensées.
-Et en plus, tu te fous de ma gueule! Non mais, c'est quand même incroyable ça! Je suis peut-être bonne poire Peter, mais y'a des limites à ne pas dépasser, et là t'es en train de les franchir. Fais gaffe à toi si tu continues comme ça! le prévint-elle en s'excitant davantage. En plus, c'est pas la mer à boire ce que je te demande! Je veux juste savoir ce que le médecin t'a dit. On est ensemble, et on doit tout se dire, affirma-t-elle avec véhémence.
-C'est cela, oui, et c'est pour ça que tu ne veux jamais me dire ce qu'il se passe quand tu vas voir ta gynécologue, argua-t-il, totalement réveillé par les décibels employés par la jeune femme.
-Ce n'est pas la même chose! s'exclama-t-elle sans sourciller.
-Bien sûr que si.
-Non, ça ne l'est pas, répliqua-t-elle, butée. De toute façon, ce n'est pas le sujet. Le sujet, c'est cette visite chez Sutton. Ce qui permet aux couples de tenir le coup dans la longueur, c'est le fait que les deux parties se font confiance, et qu'ils peuvent discuter de tout entre eux.
-Eh bien justement! s'écria-t-il en se levant brusquement du canapé. Sur ce, Sonia, tu commences sérieusement à me faire chier. Et je sais que quand t'es comme ça, tu vas continuer pendant toute la soirée. J'ai pas envie de m'épuiser à me disputer avec toi, ou d'entendre tes inepties jusqu'au milieu de la nuit. Alors je vais dormir chez un ami, je bosse moi demain.

Il quitta ensuite le salon pour chercher quelques affaires de rechange dans leur chambre à l'étage. Il espérait juste que Stefen serait prêt à l'accueillir pour la nuit, et qu'il n'avait rien prévu avec Nathaniel, parce qu'il n'avait absolument aucune envie de rester seul ce soir.

Sur le canapé, Sonia était restée interdite devant les violentes paroles de son compagnon. Elle n'arrivait pas encore bien à
appréhender la portée de chacune d'entre elles, mais une information avait néanmoins réussi à connecter plusieurs de ses neurones pour apparaître clairement dans son esprit. Il allait la laisser seule dans leur lit ce soir. Il allait dormir autre part. Il allait dormir chez un ami. Chez un ami!

Soudain, elle se précipita dans les escaliers, monta les marches deux à deux, et se retrouva, essoufflée, devant la porte de leur chambre. Peter était en train de se préparer à partir, et elle le vit mettre deux boxers dans son vieux sac à dos noir, décoré depuis l'époque du lycée.

-Tu fais quoi? demanda-t-elle malgré l'évidence.
-Je prends de quoi me changer pour le weekend. Et n'essaie même pas, Sonia, anticipa-t-il, je ne changerai pas d'avis. J'ai supporté ton caprice et je suis allé voir ce foutu médecin. T'aurais dû être satisfaite, mais non! Depuis qu'on l'a quitté, t'as pas arrêté de me harceler, et là, je commence à en avoir sérieusement ras-le-bol. Alors avant de faire une connerie, je me casse. Je reviendrai probablement dimanche dans la nuit, donc on pourra discuter tranquillement, la tête reposée, lundi soir. Est-ce que ça te va?

Peter avait adouci le ton de sa voix au fur et à mesure, cachant du mieux qu'il pouvait la déferlante d'irritation et de colère qui s'agitait en lui. Diplomate, il avait tenté de trouver un compromis pour éviter que la situation ne dégénère encore plus, exactement comme il le faisait à son travail, lors de certains interrogatoires. Pour la première fois depuis qu'ils s'étaient installés ensemble, il avait dû recourir mentalement à son masque d'inspecteur de police chez lui. Dans sa vie privée et son intimité. Et il n'aimait pas du tout cette sensation.

-Oui, ça me va, finit-elle par accepter au bout d'un moment. C'est une promesse?
-Oui, c'est une promesse... Pardon, tu bloques le passage, s'excusa-t-il en essayant de sortir de la chambre.
-Qu'est-ce que tu fais? redemanda-t-elle, surprise.
-Je te l'ai déjà dit: je ne dors pas ici ce soir, répondit-il, surpris à son tour, croyant qu'elle avait fini par comprendre.
-Mais tu t'es calmé, donc c'est bon, tu peux rester, fit-elle d'un ton avenant tout en passant une main sur sa joue puis sur sa nuque.
-Non, je ne me suis absolument pas calmé, la contredit-il. J'essaie juste de ne pas passer mes nerfs sur toi. Alors, maintenant, si tu veux bien me laisser passer...

Il força le passage et s'engouffra dans l'escalier.

-Et tu vas dormir où? s'enquit-elle d'une voix forte.

Il s'arrêta et lui lança un regard exaspéré.

-Je te l'ai déjà dit! Tu peux au moins faire l'effort d'écouter quand on te parle, puisque tu tiens tant à la communication au sein du couple! Je vais dormir chez un ami!
-Un ami? Mais Peter, t'as pas d'amis, affirma-t-elle, étonnamment sûre d'elle.
-Pourquoi tu dis ça?

Il remonta lentement les marches une par une, tout en la fixant du regard, essayant de sonder son esprit. Il arriva près elle et répéta sa question d'un ton plus ferme, plus dur, craignant déjà la réponse. Car son cerveau avait en quelques secondes connecté bon nombre d'informations qu'il avait tenues cloisonnées les unes des autres pendant des années, par peur, par imbécillité.

-Pourquoi tu dis ça Sonia?
-Parce que c'est la vérité, répondit-elle, une lueur de défi dans les yeux. Tu n'as plus aucun contact avec tes potes du lycée, et tu as été incapable de nouer des liens solides avec quiconque à ton boulot. Tu n'as plus que moi Peter. Donc ce soir, tu restes.

Cette déclaration lui coupa le souffle pendant quelques secondes, mais il se reprit rapidement, usant encore une fois de son professionnalisme dans sa propre maison.

-Pourquoi dis-tu que je n'ai aucun ami à mon boulot?

Le ton s'était fait d'un coup plus froid, mais il n'impressionna nullement la jeune femme, campée sur ses positions.

-Parce que tu n'en as jamais parlé, et que tu n'as jamais invité personne à la maison.
-Parce que tu n'aimes pas mon boulot, que ça te fait chier quand j'en parle, et que tu m'as clairement fait comprendre un jour que tu détesterais si jamais l'idée me venait d'inviter des collègues à dîner. Mais Sonia, ôte-moi d'un doute: aurais-tu fait tout cela intentionnellement?

En guise de réponse, elle lui sourit. Puis elle prit la parole.

-Je suis celle qui te connais le mieux. Je connais tout de toi, il n'y a pas une part de toi que je ne connais pas. Ces prétendus amis que tu as, ils ne te connaissent pas. Ils ne peuvent pas être de vrais amis.
-Tu veux dire: ils connaissent une partie de moi que tu ne connais pas, et que donc tu nies.

La lumière, soudain, s'était faite dans l'esprit jusqu'alors embrumé de Peter. On y avait allumé tous les projecteurs, et la vérité y apparaissait comme en plein jour. Sonia, sous ses airs de gentille fille confiante, l'avait manipulé de façon à ce que sa vie finisse, un jour ou l'autre, par ne tourner qu'autour d'elle. Il songea avec effroi qu'elle n'avait pas été loin de réussir: hormis Stefen et Mikaël, il avait très peu de contacts avec des personnes autre que les amis de Sonia. A la seule pensée qu'il aurait pu être complètement dépendant de Sonia sur le plan relationnel, il se sentit mal, affreusement mal. Mais il contint ses hauts-le-cœur et ses vertiges pendant quelques minutes encore.

Il reprit la parole, d'une voix froide de colère aux intonations de dégoût, alors que Sonia restait souriante, apparemment persuadée qu'elle contrôlait la situation.

-Sonia, tu as un grain, sérieusement. Je regrette de ne pas avoir écouté Josh, mon meilleur ami au lycée, si tu te souviens de lui. Il te sentait pas, qu'il disait. Eh bien, il avait raison, pour une fois. D'ailleurs, je me demande comment j'ai pu être aussi aveugle pour ne m'apercevoir de rien jusqu'à aujourd'hui. A chaque fois, je passai l'éponge sur tes défauts, sur tes écarts. Et je refusais de faire le lien entre chaque.
-Parce que tu m'aimes, expliqua Sonia sereinement.

Peter la regarda, incrédule: il venait de lui débiter des horreurs à faire hurler d'hystérie n'importe quelle femme, et elle, elle lui répondait qu'il l'aimait.

-Non Sonia, je ne t'aime pas, ou du moins, je ne t'aime plus. Je ne sais pas ce qui s'est passé pour que tu...

Le reste de sa phrase fut perdue dans le hurlement que le jeune femme venait de pousser. Mélange de douleur, de rage et de colère. Mais surtout, cri d'un animal blessé. Sans réfléchir, alors qu'il était encore stupéfait face à sa réaction, elle l'attrapa par la nuque et le plaqua contre le mur, l'embrassant de force. Elle passa férocement ses mains sous sa chemise avant de descendre rapidement au niveau de sa braguette. Elle essaya de l'ouvrir, mais sous son empressement, elle se bloqua. Peter saisit alors son instant de distraction pour retourner la situation à son avantage. Il lui attrapa les mains et l'obligea à reculer, tout en lui criant dessus, sa colère prenant peu à peu le dessus sur lui.

-Non mais ça va pas la tête! T'es malade de m'agresser comme ça!
-Et toi! Ca va pas de me quitter comme ça! Je t'aime moi! Tu peux pas me quitter! On va se marier Peter!
-Non! On ne vas pas se marier! Et je peux maintenant t'affirmer que tu ne m'aimes pas! Tu aimes seulement l'image que tu t'es faite de moi! T'as refusé de voir que je correspondais pas à ton idéal! Et moi, comme un con, je faisais tout pour m'en rapprocher! Je faisais tout pour que tu ne me plaques pas, parce que j'avais la trouille de me retrouver tout seul! Ah putain quel con!
-C'est faux! Je t'aime! Je t'aime Peter! T'as pas le droit de me quitter! T'as une maîtresse c'est ça?! C'est pour ça que tu veux me quitter?! Parce que tu baises avec quelqu'un d'autre? Avec cette salope que t'as invitée l'autre jour? Avec ses insinuations de merde, j'aurais dû m'en douter! Lâche-moi Peter! Je vais aller lui casser la gueule!
-Mais ferme-la Sonia!
-Non! Je ne me la fermerai pas! Qu'est-ce qu'elle a de plus que moi cette salope? Elle baise mieux que moi, c'est ça? Je peux m'améliorer! Je ferai tout ce qu'il faut pour te garder!

Sonia, tout en vomissant ses insultes, se débattait en proportion de ses paroles, mais Peter lui tenait d'autant plus fermement ses poignets.

-Putain Peter! Comment t'as pu me faire ça à moi! A moi qui te faisais entièrement confiance! Et lâche-moi nom de dieu! Tu me fais mal!
-Rien à foutre! cria-t-il. A moi aussi tu m'as fait mal! A chaque fois que tu refusais que j'invite des amis ou des collègues à dîner! A chaque fois que tu me demandais de passer la journée au lit, en te contrefoutant de mon travail! A chaque fois que tu critiquais mon boulot, le rabaissant au maximum!
-C'est ça! Et maintenant tu te fais passer pour une victime! cracha-t-elle. Pauvre petit Peter martyrisé par sa compagne alors qu'il la trompe.
-Absolument pas! Je veux pas me faire passer pour une victime! Je veux juste que tu prennes conscience de ce que tu as fait. Mais après tout, qu'est-ce que j'en ai à foutre? T'as essayé de contrôler ma vie depuis plusieurs années, et tu le sais très bien. Donc je vois pas pourquoi je perds mon temps ici à te parler. Salut, je m'casse! Je reviendrai prendre mes affaires plus tard!

Il lâcha son ex-compagne et s'engagea dans les escaliers. Il ne tint pas compte de ses cris, l'accusant d'être un salaud fini, et claqua violemment la porte derrière lui. Il monta dans sa voiture, balançant son sac sur la banquette arrière, démarra, et roula jusque chez Stefen, si énervé que les limites de vitesse furent oubliées ce soir-là. Arrivé chez lui, il sonna avec insistance, et n'arrêta que lorsqu'il entendit des pas se diriger vers l'entrée. Quelques secondes plus tard, la porte s'ouvrit sur Nathaniel.

-Ah... Salut Peter! Ca va?
-Salut, est-ce que ce serait possible de squatter pour la nuit? souffla-t-il, exténué par son éprouvante soirée et atteignant ses limites.
-Euh... oui, je pense, répondit-il, pris au dépourvu. Eh, t'as pas l'air bien, qu'est-ce qu'il y a?

Il posa une main sur son front pour vérifier s'il avait de la fièvre, puis le fit entrer. L'inspecteur lui adressa un faible sourire, mais empli de reconnaissance. Puis il salua Stefen, qui les avait rejoints, ne voyant pas son amant revenir. Ce dernier jeta un regard interrogateur à son ami, puis lui demanda ce qui s'était passé.

-Je crois que j'ai atteint un point de non-retour dans ma vie... expliqua Peter d'une voix rauque d'avoir trop crié. Et je dois dire que ça fout sacrément la trouille.

Stefen, comprenant immédiatement la situation, s'approcha de lui et l'enlaça amicalement par les épaules, un sourire soulagé ornant ses lèvres.

-T'as fait le bon choix Peter, j'en suis sûr.
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Så Här Är Det!

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Les textes publiés sur ce blog sont de ma propre invention et sont écrits par moi, à moins que le contraire ne soit précisé en début d'article. Je vous demanderai donc de respecter mon travail et de ne pas plagier mes écrits.
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"Un écrivain ne confie tout ni à ses journaux intimes, ni à sa correspondance;
seules ses créatures racontent sa véritable histoire, celle qu'il n'a pas vécue, mais a souhaité vivre."

François Mauriac 

Andra saker ni kan se

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Vad som helst...



"Je ne suis pas homosexuel, même si certains semblent le croire."

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"Aime moi, alors je t'aimerai peut-être."
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"Tout est une question de goût. Toi tu aimes les femmes, moi j'aime les hommes, et lui aime les deux. Où est le problème?"
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"Ne plus rêver, c'est être à demi mort, c'est faire de la réalité sa seule loi."
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"Si tu sens que tu plafonnes, perce un trou dans le plafond."
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"Alors si tu sens l'angoisse de la page blanche, prends en une rose."
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