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27 juillet 2009 1 27 /07 /juillet /2009 17:25
Hello à tous!

Alors petite nouvelle: je pars en vacances jeudi, sans internet, donc je ne publierai pas de suite avant un bout de temps. Peut-être que je programmerai des articles BD/Manga/Musique, mais ce n'est pas sûr. En tout cas, je pense reprendre la publication de Crampons et autres fantaisies hippiques fin août/début septembre. Peut-être que d'ici là, il y aura un OS en ligne, mais ce n'est pas sûr.

Sur cet amas d'incertitudes, je vous souhaite une bonne lecture! =D







     Mikaël sentait le sang pulser le long du bord arrière de ses malléoles et sur le dos de son pied. Il commençait même à ressentir quelques fourmillements dans ses doigts de pied. Il avait décidément trop serré son bandage. Il n'était pas sûr de pouvoir tenir toute la journée ainsi. Mais au moins, pour le moment, il pouvait marcher normalement. Ou du moins, faire semblant de marcher normalement, comme si une douleur pulsatile, l'élançant à chaque fois qu'il posait le pied au sol, ne déchirait pas son membre gauche.

-Micky!! T'es de retour!

La voix, jeune et joyeuse, avait surgie derrière le cavalier et bientôt il fut assailli par une petite fille d'une dizaine d'années. Elle tenta de lui sauter sur le dos, mais ne réussit qu'à s'accrocher à ses flancs et elle se laissa doucement glisser à terre tout en déformant le T-shirt de Mikaël au passage. Une fois que ses pieds furent de nouveau sur la terre ferme, il se retourna et la prit dans ses bras. La gamine, heureuse d'être le centre d'attention de la personne qu'elle admirait le plus au monde, passa ses bras menus autour du cou de l'homme et lui déposa un baiser mouillé sur la joue.

-Berk! Tu piques! s'exclama-t-elle en se frottant les lèvres du dos de la main.
-Eh oui! J'ai pas eu le temps de me raser ce matin, Anna.
-T'étais encore en retard?
-Je ne peux rien te cacher ma belle! Et dis, tu devrais pas être au lit toi? Il n'est que six heures et demi du mat', et les petites filles sages comme toi dorment à cette heure là.
-Papa a bien voulu m'emmener! répondit-elle joyeusement.
-Ed? T'aurais pas fait une petite crise juste pour ne pas aller à l'école et venir monter, à tout hasard?
-Et pour te voir! rajouta-t-elle aussitôt, avant de se rendre compte qu'elle venait de se trahir elle-même.

Elle rougit alors violemment, fit une petite moue adorable de contrition et Mikaël ne put que sourire devant ce tableau.

-Au fait, je cherche My. Tu sais où elle est?
-Nan! répondit violemment la petite.

Anna avait décidé de jouer les emmerdeuses ce matin là, se dit Mikaël. Certes, elle n'aimait pas My en temps normal, mais en général, elle acceptait de lui dire où elle se trouvait. Alors il allait devoir jouer un peu plus fin, et Mikaël se mit à sourire tout seul des détours qu'il employait juste pour ne pas provoquer la jalousie terrible de la gamine.

-Alors tu sais peut-être où est ton père?
-Oui! répondit-elle, enthousiaste de pouvoir aider Mikaël. Je l'ai vu tout à l'heure, il discutait avec Chris, parce que c'était pas sûr qu'il fasse le concours. Son cheval est un peu blessé.
-Ah bon? Mousse est blessée?
-Elle boitait un peu l'autre jour.
-D'accord, et tu les as vus où? Devant le box de Mousse?
-Oui, c'est ça! Dis, Micky, tu viendras me voir monter? demanda la fille d'une petite voix, les yeux brillants.
-Si j'ai le temps, je passerai. Promis. Mais d'abord, faut que tu t'occupes bien de ton poney. Et avant, faut aussi que t'entretiennes ses affaires! Alors, vas-y, fonce à la sellerie!

Anna, heureuse d'avoir obtenu cette promesse, enlaça de nouveau Mikaël et lui colla un baiser sur la joue, sans se plaindre cette fois de sa barbe naissante. Puis, elle se glissa à terre et partit rapidement vers la sellerie des poneys. Mikaël soupira en voyant l'énergie débordante dont elle faisait preuve, et qui lui manquait cruellement ce jour là. Il se remit en marche, plus lentement, vers l'endroit où il pensait trouver son coach, et peut-être My. Après quelques minutes, il tomba sur Edward et Christopher qui discutaient tout en palpant les antérieurs de Mousse. Dès qu'ils le virent, ils cessèrent toute activité et vinrent à sa rencontre.

-Salut Mikaël! Alors ça va mieux cette cheville?
-Salut Chris! Ouais, ça va beaucoup mieux, je marche comme avant. Et toi? J'ai entendu dire que Mousse boitait.
-Ouais... En fait, on arrive pas à savoir si elle simule ou pas, et j'ose pas la pousser trop fort, pour pas qu'elle se fasse vraiment mal.
-Ok, je vois. Et si tu...
-Mikaël, l'interrompit Edward.
-Oui coach?
-Tu te sens capable de monter pour le concours de ce weekend?
-Evidemment, affirma Mikaël avec un sourire.
-Très bien, fit-il d'une voix autoritaire. Prends Mousse et fais la trotter devant nous, qu'on voit si elle boite ou pas.

Mikaël attrapa la longe de Mousse et se mit à trottiner sur le béton. Après quelques foulées, il comprit la ruse de son coach. Celui-ci ne voulait pas voir si Mousse boitait, mais si lui boitait. Et ça n'allait pas tarder. Rapidement, il s'arrêta et, plié en deux, il reposa tout son poids sur la jambe droite. Il reprit sa respiration puis se dirigea en s'appuyant sur la jument vers les deux hommes qui attendaient. Christopher exprimait de la compassion sur son visage, tandis que son coach était impassible.

-Tu boites toujours, constata Edward.
-Ouais, j'ai fait un faux mouvement hier, admit Mikaël sans en dire trop.
-D'accord. Donc pas de concours ce weekend.
-Mais si! Je peux monter! Je t'assure coach! s'exclama Mikaël qui sentait que le CSO allait lui passer sous le nez.
-Mikaël, non! Je suis ton coach, alors pour une fois, ça serait bien que tu m'écoutes. Je veux que tu te ménages un maximum pour que tu puisses faire le complet de la semaine prochaine, qui est bien plus important que le CSO de demain. Ok?
-Ouais...
-Bien. J'ai appelé le responsable de l'épreuve et j'ai réussi à te faire remplacer pour ce weekend. C'est Tessa qui va monter à ta place, et toi, tu vas assurer ses cours à elle au club ce soir et demain. Ca te va?
-Comment ça, Tessa va monter à ma place?
-Tessa va prendre ta place ce weekend, lors du concours quoi. Je lui en ai déjà parlé, et elle est d'accord, à condition que tu le sois. Mais de toute façon, je ne te laisse pas trop le choix. Tu ne montes pas ce weekend.
-Mais... mais... mais comment... balbutia le jeune homme, assommé par la nouvelle.
-Mikaël, je vais pas te faire un dessin: t'as eu une entorse il y a une semaine. Et même si tu guéris plus vite que les autres en général, une semaine, c'était vraiment trop court. Donc j'ai pris les devants et j'ai tout organisé. Tessa fait le CSO de demain à ta place, mais sur son cheval. Toi, tu la remplaces pour ses cours. D'ailleurs, tu dois t'entendre avec elle avant qu'on parte pour voir ce qu'elle avait prévu. Lundi, tu reprends l'entraînement mais en douceur. Je veux que tu montes exclusivement sans étriers, pour ne pas forcer sur ta cheville. Donc on fera surtout du dressage, et un peu de saut, mais pas plus de 80 cm. Jeudi matin, on remet les étriers pour faire un parcours à 110-120. Jeudi soir, on prépare les chevaux et vendredi matin on est parti. Voilà en gros le programme, ça te va?

Mikaël, toujours sous le choc, hocha machinalement la tête. Il ne savait pas en cet instant s'il devait haïr ou non son coach pour l'avoir retiré sans lui en parler d'un CSO relativement important. Edward sembla sentir l'hésitation et les doutes de son cavalier puisqu'il insista pour mettre en lumière le côté positif de sa décision.

-Mikaël, je préfère que tu privilégies le complet de la semaine prochaine. Ca va t'apporter beaucoup plus. Tu feras un tour sur Jewel, et un autre sur Jéricho, pour voir comment il tient la distance.
-Tu-tu veux sortir Jéricho en complet? Je suis pas sûr qu'il soit prêt. Je préférerais prendre Gallium ou About Him.
-Il faut le lancer un jour, Mikaël. Et je pense que c'est le moment. Bon, sur ce, je vous laisse, j'ai d'autres cavaliers à aller voir, et de la paperasse à remplir avant de partir.
-Euh coach, intervint Christopher avant que celui-ci ne parte, on fait quoi pour Mousse?
-Ah oui... Mousse... Mmmh...
-Il peut prendre About Him par sécurité, proposa Mikaël. Il est pas mal à l'obstacle et Chris l'a déjà monté. Et moi je peux faire travailler Mousse ce weekend, pour voir comment elle marche. Sans étriers bien sûr, ajouta-t-il au dernier moment, voyant le regard réprobateur de Edward.
-Chris?
-Ca me va, déclara le concerné. C'est un bon cheval de saut, About Him.
-Ok, très bien. Tu vas le préparer, Chris. Et tu te grouilles, on part dans une heure. Et toi Mikaël, t'appelles la proprio de About Him pour l'informer et obtenir son accord. Fais gaffe, c'est une chieuse, mais je compte sur toi. Ensuite, tu vas voir Tessa pour te débrouiller avec elle pour ses cours. Et surtout tu ménages ta cheville. T'as pas une béquille?
-Non, c'est bon, j'en ai pas besoin, répondit-il d'un ton détaché alors qu'il regardait son ami partir en courant vers le box du cheval rouan qu'était About Him.
-On doit en avoir une dans le club-house, tu vas la prendre. Elle doit être dans le placard à code. Et tu discutes pas, conclut Edward avant de partir sans laisser le temps à son interlocuteur de répliquer.



     Le sel fut saupoudré avec parcimonie sur le steak et les frites, puis la fourchette fut plantée fermement dans la viande tandis que le couteau s'y enfonçait sans difficulté. Un peu de jus ruissela sur l'assiette, allant tremper quelques frites, qui perdirent leur caractère croustillant.

-Tu m'as l'air passionné par ton plat, déclara Stefen d'un ton blasé au milieu du silence de leur conversation.
-Hein? Ah... Oh oui... Enfin, le steak est vraiment bon. Il est vraiment bien ce restaurant, t'as eu raison de le choisir pour déjeuner aujourd'hui.
-Non seulement il est bon, mais il est aussi suffisamment loin du boulot pour qu'on parle sans risque, Peter.
-Et?
-Et on va parler! Si j'ai tout suivi de l'histoire, Mikaël a passé sa semaine de convalescence dans ton appart', et avec toi, accessoirement, et il devait recommencer à monter aujourd'hui. T'as rien voulu me dire de la semaine, mais je peux au moins savoir comment ça s'est terminé, nan?
-Bah, y'a pas grand chose à dire. Il est parti ce matin très tôt pour le club, je l'ai même pas entendu. Mais il m'a laissé un mot comme quoi il devait partir à 5h30 s'il voulait être à 6h30 au club, et qu'il laissait pour l'instant toutes ses affaires chez moi. Et qu'il va revenir ce soir.
-Pour dormir?
-Je suppose.
-Attends, attends! Si tu le laisses dormir encore chez toi cette nuit, commença Stefen avec lenteur, pour se laisser le temps de bien penser à ce qu'il allait dire par la suite, il va finir par s'installer chez toi, nan? Il va croire qu'il peut squatter sans problème, et profiter de ton appart' comme il veut!
-C'est le cas, confirma Peter avec un léger sourire, même si je l'aurais dit d'une autre manière.
-Ah bon? s'étonna-t-il. Moi je n'en vois qu'une de manière de dire les choses comme elles sont: c'est un squatteur! Je le pensais pas comme ça, le Mikaël! Je croyais qu'il avait au moins une certaine éthique! continua-t-il de s'offusquer avant de prendre son verre d'eau et de le porter à sa bouche.
-C'est mon petit ami, déclara alors Peter, son sourire grandissant.

Ces quelques mots firent s'étrangler Stefen et il recracha toute l'eau qu'il était en train d'avaler. Les frites allaient définitivement ne pas être croustillantes lors de ce repas: la douche qu'elles venaient de prendre les avait achevées. Cependant, Stefen n'en avait pas grand chose à faire; de toute façon, il n'avait plus très faim. Pour l'instant, il voulait juste essayer de retrouver une certaine contenance, et arrêter de tousser comme s'il allait mourir dans l'instant. Lorsqu'enfin il fut calmé, il réussit à contrôler sa voix pour ne pas crier au milieu des clients du restaurant. Mais s'il ne pouvait s'exprimer en criant, alors il ne savait pas comment le faire, et son ton, hésitant entre la colère, le doute, la joie, l'étonnement, et même l'envie, fut tressaillant. Incontrôlé.

-C'est ton petit ami? Mikaël est ton petit ami? Toi, le petit inspecteur Peter MacLean, tu es le petit ami du célèbre cavalier Mikaël Blowsworth? Tu-tu sors avec lui? finit-il alors que sa voix partait dans les aiguës.
-Allô la Lune? Ici la Terre, faut atterrir mon vieux! plaisanta Peter. C'est pas en le disant sous 36 formes différentes que ça changera quoi que ce soit à la situation: Mikaël et moi, on sort ensemble. C'est clair, nan?
-Attends, vous avez couché ensemble?

Peter piqua un fard et lança un regard furieux à Stefen d'avoir abordé une question aussi intime. Déjà qu'il ne lui avait rien dit de ce qui s'était passé pendant cette semaine... Alors avant d'aborder un tel thème, il allait lui falloir beaucoup plus de temps. Soudain, il se rendit compte de l'absurdité de sa pudeur actuelle par rapport au sexe: il ne l'avait jamais eu avec Sonia. Il se souvint brusquement de ces soirées à jouer aux cartes où il se faisait une certaine joie de raconter quelques anecdotes de sa vie sexuelle avec Sonia. Alors pourquoi était-ce différent avec Mikaël? Pourquoi était-il devenu si prude?

-Alors Peter? Vous avez couché ensemble? insista Stefen alors que son ami était plongé dans ses réflexions.
-Non, décida-t-il de répondre sans détour. Non, on n'a pas couché ensemble, et on le fera sans doute jamais, si tu vois ce que je veux dire.
-Toujours cette histoire de façon de dire les choses?
-C'est ça.

Stefen sourit à cette réponse: même s'il avait de plus en plus de mal à comprendre son ami qui était en plein déménagement intérieur, il restait une chose constante depuis quelques jours. Peter était amoureux de Mikaël. Peter était amoureux de Mikaël, et ce n'était visiblement pas une passade.

-Ce que je comprends pas, reprit-il la parole, c'est pourquoi vous sortez ensemble. Enfin, non. Pas pourquoi, mais comment?
-Comment ça "comment"? fit Peter, assez surpris.
-Bah comment dire... y'a pas d'élément déclencheur: vous avez pas couché ensemble. Aucun de vous n'a à prendre ses "responsabilités". Et en plus toi, t'es déjà casé.
-... T'as pas une vision un peu étroite de comment les gens peuvent sortir ensemble, Stefen? Tiens, comment ça s'est passé avec Nathaniel?
-Euh... J'ai fini par lui sauter dessus? dit-il d'une petite voix.
-Sérieusement?
-Oui, mais c'est pas le sujet. On s'éloigne là, recadra Stefen, préférant éviter de parler du début de sa relation avec Nathaniel. Alors Peter, comment ça se fait que tu sortes avec Mikaël?
-On l'a décidé ensemble hier soir, après avoir pas mal discuté, dit-il simplement.
-Vous en avez... discuté?
-Oui, de ça et d'autres choses quoi.
-Mais... Mais qu'est-ce que vous avez besoin de discuter de ça? Normalement c'est quelque chose qui se fait spontanément! T'es pas censé dire: "Bon maintenant on sort ensemble. On est plus amis mais petits amis, d'accord?" Ca doit être quelque chose de plus intuitif, de plus ressenti.

Peter finit par comprendre ce que voulait dire Stefen et prit la mouche en rétorquant, un peu aigre.

-Excuse-moi, mais étant donné que notre relation n'a jamais été très claire, que je sors déjà avec une fille, qu'on est deux mecs à la base hétéros, et que je suis inspecteur et que j'enquête sur lui, j'ai estimé que c'était mieux de mettre les choses à plat! Et qu'on sache enfin tous les deux ce qu'il en était, et ce qu'on représentait l'un pour l'autre.

Stefen prit une frite noyée, la fit tourner dans le jus un peu plus, puis l'enfourna dans sa bouche, cachant mal son embarras devant les propos de son ami. Comme d'habitude, il avait manqué de tact, et n'avait pas su voir ce qu'il ressentait.

-Effectivement... vu comme ça... Je crois que t'as bien fait...
-Je crois aussi.
-... Et tu lui as dit tout ça?
-Tout ça quoi?
-Ce que tu viens de me dire.
-Non, non... Je lui ai juste dit: "Est-ce que tu veux sortir avec moi?"
-Y'a plus romantique comme tournure...
-Ouais, mais ça m'a paru plus sincère comme formulation.
-Plus terre à terre surtout, rigola Stefen. Et qu'est-ce qu'il a répondu?
-Qu'il me laissait un an.
-Hein?
-Deux? sourit Peter.
-T'es con! rigola encore plus fort Stefen. Alors, ça veut dire quoi?
-Bah en gros, il est d'accord pour sortir avec moi. Il me demande pas de choisir entre Sonia et lui, enfin pas tout de suite. Il a dit que si dans un an, je ne m'étais pas décidé entre lui et elle, il me quittait. Et que quoi qu'il arrive, il respecterait sa promesse de tenir un an.

Cette fois-ci, la frite qu'allait manger Stefen resta à mi-chemin entre son assiette et sa bouche, planté au bout de sa fourchette. Elle finit par retomber et rejoindre ses collègues, et Stefen reposa bruyamment sa fourchette.

-Oh le traître! Oh le traître! Non seulement il te pose un ultimatum, mais en plus il t'impose une sorte de contrat selon lequel vous restez ensemble un an minimum, peu importe vos sentiments!
-Comment ça? s'étonna Peter, qui ne voyait pas de quel contrat Stefen voulait parler.
-Ca me paraît pourtant clair! Il t'a dit qu'il tiendrait un an! Qu'il sortirait avec toi pendant un an. En gros qu'il ne te quitterait pas pendant cette année. Ca te paraît pas bizarre? Il a l'air si sûr que ses sentiments ne changeront pas en un an, et d'ailleurs, tu les connais, ses sentiments?
-Stefen, calme-toi. Je sais quand même un peu mieux que toi où je mets les pieds, le rassura Peter. Alors d'abord, première chose que t'as intérêt à intégrer si tu veux que ton petit cœur supporte ma relation avec Mikaël: Mikaël Blowsworth est un mec bizarre, dont tu ne peux pas prévoir les réactions. Ok?
-Ok, acquiesça avec réticence Stefen.
-Ensuite, deuxième chose à savoir: je pense qu'il est bien trop fier pour avouer ce qu'il ressent. Mais moi, avec le temps, j'arrive à capter de temps en temps ce qu'il pense, et pour l'instant, ça me suffit amplement. Alors ne viens pas me faire chier avec tes "Tu connais ses sentiments?" et autres "Il t'a dit qu'il t'aimait ou pas?". Je crois sincèrement qu'on a pas besoin de se le dire forcément, il suffit qu'on le sache et que l'autre nous le prouve.
-Ok, ok, j'essaie d'intégrer tout ça. J'ai une question, je peux?
-Vas-y.
-Est-ce que tu le sais, ce qu'il ressent pour toi?
-Je crois qu'il ne le sait pas encore très bien lui même, alors j'attendrai, répondit-il avec un petit sourire.
-Ok... Ok... Ok... répéta Stefen, avant de conclure d'un ton mi-amusé mi-désespéré. Je crois que je suis totalement perdu dans votre relation. Quand ça sera un peu plus clair, tu me préviens, d'accord?
-Ca marche! Ah tiens, y'a quelqu'un qui m'appelle.

Peter attrapa avec difficulté son portable qui vibrait au fond de la poche de son jeans. Il regarda le nom du contact qui s'affichait, son regard s'illumina et il décrocha.

-Allô Mikaël?
-....
-Ouais ça va très bien. Et toi?
-...
-Nan! C'est pas vrai! Il t'a fait ça, le salaud!
-...
-Ouais, bien sûr. Tu fais comme chez toi.
-...
-Bah je suis en train de manger avec Stefen.
-...
-Ok, je lui dirais. Tu veux quoi pour le dîner ce soir? Je pourrais peut-être acheter quelque chose en rentrant.
-...
-Ok, ça marche. T'auras ça, enfin, si je le fais pas cramer! rigola Peter.
-...
-Ce weekend? T'es sûr?
-...
-Nan mais bien sûr que ça me va! Je suis super content! On en reparle ce soir? Parce que là je dois te quitter, Stefen commence à faire la gueule.
-...
-Il est en train de massacrer son pauvre steak, qui n'a vraiment pas mérité ça comme fin de vie.
-...
-Ouais, à ce soir!

Peter raccrocha enfin, un grand sourire étirant ses lèvres. Il posa doucement son portable sur la table sans vraiment le quitter des yeux et se remit à manger les quelques frites qui lui restaient. Il ne releva la tête que lorsque la voix de Stefen le ramena sur la terre ferme.

-Une vraie petite conversation d'amoureux, dit-il, cynique. "Tu veux quoi pour le dîner ce soir?", dit-il en imitant Peter avec une voix de tête. Manquait plus que le "Chéri" et ç'aurait été la totale.
-C'est ça moque-toi, je t'ai déjà entendu avec Nathaniel au boulot! répliqua Peter avec un grand sourire.
-Grmph... Bon alors, tu m'expliques ou tu m'expliques?
-Je crois que j'ai pas trop le choix, petit curieux, rigola-t-il.
-Eh beh dis donc, ça t'a mis de bonne humeur, cette conversation avec Mikaël.
-Bah forcément! Il me dit que son coach l'a retiré du CSO de ce weekend à cause de sa cheville. Bon ça, c'est ballot, mais d'un autre côté, ça veut dire qu'il reste plus longtemps à l'appart. Jusqu'à dimanche soir, quand je vais être obligé de rentrer à la maison, vu que Sonia sera rentrée quoi. Et en plus, il m'a proposé de monter à cheval ce weekend!! Je suis trop content, s'exclama Peter, qui sautait presque sur sa chaise.
-Euh... c'est très bien tout ça, et je veux pas te couper dans ton élan. Mais comment il va t'apprendre à monter alors que vous êtes pas censés vous fréquenter?
-Il m'a dit qu'il avait une idée. Il m'expliquera tout ce soir... Ah j'allais oublier, il m'a dit de te saluer. Et qu'il aimerait bien te rencontrer quand, je cite, "toute cette saloperie de connerie d'affaire de dopage sera out". Ou alors avant, même s'il sait que c'est compliqué... Nan mais tu te rends compte? reprit-il sur un ton encore plus joyeux. On va passer presque tout le weekend ensemble, à part les moments où il sera obligé de bosser, donc en gros, environ cinq heures demain.

Peter était parti sur sa lancée et continua à parler du weekend qu'il allait passer avec son petit ami. Stefen ne chercha pas à l'arrêter: il se contenta de sourire devant ce tableau des plus agréables à regarder. Son meilleur ami heureux comme jamais. Ca valait tout l'or du monde. Donc ça valait bien un repas: il réclama discrètement l'addition et paya leur repas à tous les deux. Puis ils quittèrent le restaurant, Peter babillant toujours sur Mikaël. Alors qu'ils allaient entrer dans la bouche de métro, Stefen retint Peter et l'enlaça.

-J'ai l'impression que tu vis enfin à 100%, sans contrainte, et que t'es heureux comme ça. Alors je suis heureux pour toi.

Emu, Peter ne répondit pas tout de suite. Il se contenta de passer ses bras dans le dos de son ami et de le serrer fort. Ils restèrent ainsi quelques minutes, et lorsqu'il se détachèrent, Peter colla un baiser sur la joue de son ami, avant de murmurer un "Merci" débordant d'amitié.
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20 juillet 2009 1 20 /07 /juillet /2009 20:18
Hello à tous!

J'ai vu Harry Potter et le Prince de Sang Mêlé cette après-midi, et franchement j'ai adoré! C'est très bien filmé, ça retrace assez fidèlement le bouquin, et les acteurs jouent bien. Surtout Bellatrix! Celle-là, on sent tout de suite qu'elle est siphonnée! XD Et puis il y a pas mal d'humour, surtout les passages avec une certaine Lavender Brown... ^_- Snape est toujours aussi excellent. Ce doit être un de mes persos préférés, avec Sirius, évidemment. =D Et enfin, la mort de Dumbledore, ainsi que tout ce qui suit est vraiment bien réalisé.
Bref, je m'attendais à une daube, et j'ai vu un très bon film!

Sur ce, savourez le chapitre... =D







     Le dernier épisode de NCIS, qui passait tous les jeudis soirs sur CBS, venait de se terminer. Le générique fut rapidement remplacé par de la publicité, et d'un doigt, Peter éteignit la télévision. Il étouffa un bâillement et proposa d'aller rejoindre le lit pour une nuit bien méritée. Mikaël accepta, même s'il ne se sentait pas particulièrement fatigué. Il était plutôt un peu nerveux, mais tentait de ne rien en laisser transparaître. Après quelques minutes, ils étaient tous deux en boxer et sous la couette, essayant de trouver le sommeil. Peter était couché sur le côté, les jambes presque à la verticale, une main sous l'oreiller et l'autre sur le matelas. Ses yeux, lorsqu'ils s'ouvraient, se posaient directement sur le haut du corps de Mikaël, qu'il se plaisait à détailler, prenant garde d'être discret. Quant à Mikaël, il était loin de présenter le calme olympien qu'affichait l'inspecteur: sa légère nervosité avait pris de l'ampleur pour devenir une véritable angoisse, et il ne cessait de se tourner et de se retourner dans le lit, à la recherche d'une position plus propice au sommeil. Mais le pays des rêves semblait lui refuser l'entrée, et il resta éveillé et agité suffisamment longtemps pour que cela inquiète Peter.

-Mikaël? Qu'est-ce qu'il se passe? T'arrives pas à dormir?
-Non, confirma Mikaël en se mettant sur le dos.
-Pourquoi?
-... Je stresse, finit-il par avouer, après un petit moment d'hésitation silencieuse.

Peter fut surpris par cette confession: il n'y avait rien, d'après lui, qui pouvait stresser Mikaël à cet instant. Mis à part peut-être le fait qu'ils dorment ensemble. Mais ce n'était pas la première fois, et Mikaël n'avait jamais réagi de cette façon.

-Pourquoi? voulut-il savoir.
-J'ai peur. J'ai peur que demain, en revenant au club, je me sente comme une pauvre merde. Et que je sache plus monter à cheval.

Mikaël avait recommencé à s'agiter: il remontait et baissait ses genoux sans arrêt, passait ses mains sur lui partout où il le pouvait, comme s'il essayait de sentir son corps, pour se persuader qu'il était là, dans ce lit, bien vivant.
Peter, lui, avait souri très légèrement à l'annonce de cette peur: il commençait à bien connaître Mikaël et l'image du génie parfait se fissurait de plus en plus dans son esprit pour laisser place à celle d'un jeune homme fragile, torturé, aimant plus que tout le cheval. Il prit l'initiative de poser une main apaisante sur son abdomen pour le calmer et l'obliger à rester tranquille sur le matelas.

-Tu n'as aucune raison d'avoir peur Mikaël, chuchota Peter. Demain, tu vas aller au club, et tout va se passer comme d'habitude. Tu vas pouvoir remonter sur les chevaux que tu aimes, et tout se passera très bien, continua-t-il de le rassurer tout en commençant inconsciemment de légers cercles avec sa main sur le ventre du cavalier, comme pour appuyer ses paroles.
-Mais si ça se passe pas bien? demanda Mikaël d'une voix tremblante.
-Ca se passera très bien Mikaël... L'équitation... le cheval, c'est ton élément. Ca fait partie de toi, tu ne peux pas te rater. J'en suis sûr.
-Mais moi, j'en suis pas sûr! Tu te rends compte? Si jamais j'oublie de faire un truc super important?!
-Dans ce cas, tu t'en souviendras un peu plus tard et tu le feras.

La main était remontée sur le torse, pour essayer d'apaiser encore un peu plus Mikaël qui angoissait toujours. Elle sentait sous sa paume le cœur de Mikaël qui battait de plus en plus vite.

-Mais... Mais... chercha à dire Mikaël, l'anxiété lui faisant perdre ses mots.
-Mikaël, Mikaël, murmura Peter en s'approchant de son oreille. Tout va très bien se passer, fais moi confiance. T'es un as de l'équitation, et c'est pas en une semaine que tu vas avoir tout oublié.

Le souffle chaud de Peter contre sa peau fit frissonner Mikaël, ainsi que sa main qui avait quitté le torse pour s'aventurer plus bas.

-Tu vas voir, continua Peter d'une voix rassurante, sans réelle conscience de ce que faisait sa main droite, qui semblait agir de son propre chef. Demain, tu vas arriver au club, et tu vas te retrouver comme un poisson dans l'eau. Comme si tu n'étais jamais parti. Comme si cette semaine n'avait jamais eu lieu, finit-il, maîtrisant du mieux qu'il put le trémolo de sa voix.
-Arrête, dis pas ça, l'interrompit fermement Mikaël. Je suis content que cette semaine ait eu lieu, je ne regrette rien! C'est juste que je stresse à chaque fois que je dois remonter à cheval, alors que j'ai arrêté pendant quelques jours. C'est débile, mais c'est comme ça. Tu comprends?

Peter fit un petit mouvement de la tête et s'éloigna lentement de l'oreille de Mikaël pour se rallonger. Cependant, le plus jeune avait aperçu l'éclat de tristesse des yeux verts de son ami et il enroula ses bras autour de son cou avant qu'il ne s'éloigne trop pour le rallonger sur lui.

-Je t'assure Peter: j'ai été super content de cette semaine passée avec toi, affirma-t-il en resserrant un peu plus leurs corps l'un contre l'autre dans ce câlin de grande ampleur. Et franchement, j'ai pas envie que ça se termine, même si d'un autre côté j'ai super envie de reprendre l'équitation. Et tout ça me stresse beaucoup trop... Je suis un garçon compliqué, faudra t'y faire, sourit malicieusement Mikaël.
-Moui, marmonna l'autre. Mais dis-moi... euh... t'aurais pas comme un petit problème?
-Un petit problème? Mais des problèmes, j'en ai plein, Peter. Bien plus que tu ne l'imagines, soupira Mikaël.
-Hum... Je parlais d'un problème...euh... plus actuel...
-Euh... Ils sont tous actuels Peter. Où tu veux en venir?
-Ouais... mais un problème très très actuel... un peu trop tendu, si tu vois ce que je veux dire, tenta d'expliquer Peter pour la troisième fois alors que ses joues se coloraient d'une douce teinte rouge.

Mikaël, ne comprenant pas au premier abord les allusions de Peter, sonda la profondeur de ses yeux, avant d'avoir une révélation devant le changement de couleur de son visage.

-Effectivement, constata-t-il en rougissant à son tour. T'as raison. Est-ce que tu peux te pousser s'il te plaît, que je me calme?

Mikaël ferma les yeux et souffla lentement pour essayer de faire le vide dans sa tête. Cela se révéla plus dur qu'il ne le croyait: des pensées de toutes sortes virevoltaient dans sa tête, et qui se centraient de plus en plus sur Peter, d'autant que ce dernier ne s'était pas retiré de dessus de Mikaël. Au contraire, il s'était juste un peu décalé pour permettre à sa main droite de caresser avidement le flanc gauche de Mikaël. Elle faisait de nombreux allers-retours sur le corps du cavalier, descendant à chaque fois un peu plus bas. Lorsqu'elle atteignit l'élastique de son boxer, Mikaël frissonna fortement, et Peter, de peur d'être repoussé, s'imposa d'un baiser à lui. A coups de langues, il tenta de l'emporter autre part, dans un endroit connu d'eux seuls, où rien ne pouvait les atteindre. Dans ce monde où ils étaient déjà allés un certain dimanche après midi.

Soudain Mikaël sursauta en sentant les doigts de Peter se glisser lentement sous l'élastique noir de son boxer. Son esprit était tellement obnubilé par cette main qui parcourait centimètre par centimètre sa peau de plus en plus bas qu'il ne pensa pas d'abord à protester. Ce ne fut que lorsque toutes les phalanges se furent engouffrées sous le tissu et que les doigts pouvaient aisément caresser son aine qu'un éclair de lucidité le traversa. D'un mouvement brusque, sa main gauche attrapa celle trop curieuse de Peter et les deux jeunes hommes se cherchèrent du regard face à ce nouvel élément. Lorsqu'enfin ils se trouvèrent, l'affrontement attendu n'eut pas lieu, et Mikaël se sentit plier face aux yeux insistants, suppliants de Peter. Ses doigts se desserrèrent peu à peu du poignet de l'homme blond. Néanmoins, ce dernier capta les appréhensions de Mikaël et les comprit. Alors il se décida à rompre le contact visuel pour s'approcher de sa bouche, et déposer légèrement ses lèvres dessus. Il les fit ensuite glisser le long de sa joue, laissant une peau un peu plus humide, un peu plus rouge, derrière lui, pour atteindre le lobe de l'oreille, le lécher avant de s'en éloigner de quelques millimètres.

-Je peux? demanda-t-il d'une voix rauque, incertaine, tremblant sous la foule d'émotions qui se manifestaient à lui en cet instant.

Mikaël, face à cette question, resta interdit. Il n'avait pas l'habitude, dans ce genre de situation, qu'on lui demande quoi que ce soit. Soit il agissait, soit il subissait, soit cela se faisait à deux, mais toujours dans le silence propre au sexe, entrecoupé de gémissements, de halètements et de cris, sur fond de respirations bruyantes. Alors, il ne répondit rien à Peter, qui par précaution, prit cela comme un refus. La main baladeuse fut donc retirée du boxer, et lorsque les dernières phalanges allaient s'éloigner, la main de Mikaël se resserra sur le poignet de Peter. Elle le poussa même légèrement vers le bas, l'encourageant à continuer ses caresses entreprises plus tôt.

Etonné, Peter ne se fit pas pour autant prier et accéda rapidement à la demande de Mikaël. Sa main s'engouffra totalement dans le boxer du plus jeune et commença à caresser son sexe. C'était une sensation nouvelle, étrange, un peu déstabilisante que de caresser le pénis d'un autre. Il se sentait gauche, maladroit, croyant à chaque fois mal faire et ayant peur de ne pas provoquer de plaisir. Cependant, lui y prenait du plaisir, à procurer des caresses à Mikaël et rapidement, il fut gêné par le boxer du brun pour faire les choses comme il l'entendait. Il n'était pas sûr que cela allait plaire au plus jeune mais il en avait envie.

Alors il ne se restreignit pas, d'autant plus que pour l'instant, même si ses gestes étaient imprécis et tremblants, son partenaire semblait apprécier ce qu'il subissait avec quelques gémissements. Se re-positionnant de telle manière à pouvoir avoir les deux mains de libre, Peter fit glisser le boxer de Mikaël jusqu'à mi-cuisse. Le jeune homme, surpris de ce dénudement soudain, sursauta, mais ne fit rien pour arrêter ce qui avait été commencé. Il y avait pris suffisamment de plaisir pour pouvoir deviner ce que la suite lui réservait, et ce n'était pas pour lui déplaire. Quelques pensées lui rappelant le caractère dégoûtant et hors-norme de cet acte pratiqué entre deux hommes lui effleurèrent l'esprit, mais elles furent chassées manu militari par un Peter l'embrassant à pleine bouche et reprenant ses caresses insistantes sur son sexe. Il sentait ses doigts aller et venir, pas forcément là où il en avait l'habitude. Mais cela n'en était que plus agréable. Plus excitant.

Les caresses devinrent peu à peu plus pressantes, plus rapides, un peu plus rudes même. Comme si celui qui les faisait avait du mal à se retenir; comme si Peter, en masturbant Mikaël, se masturbait lui-même, et arrivait de plus en plus près du moment de jouissance. Mikaël sourit intérieurement de cette constatation et entreprit de prendre les rênes du baiser qu'ils échangeaient, afin d'y imposer un rythme plus lent, espérant que cela influencerait Peter sur ses actions au niveau de son bas-ventre. Cependant, cela n'eut pas l'effet souhaité, et il mordit la langue de Peter lorsque celui-ci serra un peu trop fort ses testicules. Peter arrêta alors tout et se redressa.

-... Pardon, pardon, pardon...

Il fit une pause puis redemanda, les yeux de nouveau suppliants, mais avec une dose d'excitation bien visible.

-Je peux?

Mikaël ferma les yeux et lui sourit, montrant clairement son assentiment à la lueur de la lune qui éclairait la chambre. Peter, tout heureux de l'accord de Mikaël, l'embrassa avec beaucoup de tendresse, contrastant avec l'enthousiasme dont il faisait maintenant preuve dans sa masturbation, ses doutes s'envolant un par un.

Mikaël, dont les mains n'avaient cessé de caresser le corps de Peter, se tendait par moment, restant immobile pendant quelques centièmes de secondes. Puis il reprenait l'exploration du corps de son ami. Cependant, ces moments de crispation passagère devinrent de plus en plus fréquents et de plus en plus longs, et Peter comprit que Mikaël n'allait pas tarder à jouir. Continuant à appliquer sur Mikaël ce qu'il avait l'habitude de faire sur lui-même, Peter accéléra ses mouvements sur le pénis du cavalier. Puis, après de longues secondes, Mikaël se crispa plus fortement, retenant sa respiration, et ce fut le cri.

-Ah! Putain ma cheville! Ca fait trop mal!! Ma cheville!! Putain Peter, j'ai trop mal!

Peter se redressa brusquement et Mikaël se roula en boule, se tenant fermement la cheville gauche. Le plus vieux bascula à l'extérieur du lit puis en fit le tour pour s'accroupir devant un visage crispé de douleur, une lèvre inférieure torturée par des incisives et des yeux fermés fortement. Il passa délicatement sa main dans les cheveux bruns de Mikaël, repoussant les quelques mèches qui s'étaient collées à son front à cause de la sueur.

-Mikaël, chuchota-t-il d'un ton apaisant malgré la peur qui lui tenaillait le ventre. Qu'est-ce qui s'est passé?

Le jeune homme ouvrit les yeux, le regarda bien en face et esquissa un petit sourire.

-Je crois que j'ai pris un peu trop de plaisir, souffla-t-il avant de se renfrogner.
-Comment ça? insista Peter, qui n'avait pas remarqué le changement d'attitude de son ami.
-...
-Mikaël? Tu peux m'expliquer, s'il te plaît? Je suis largué.
-Ca me paraît pourtant évident! explosa soudain Mikaël, qui s'agita dans le lit sans tenir compte de sa cheville douloureuse. Mais c'est vrai que j'avais oublié que t'étais con! Alors tu vois, pour faire clair: juste avant de jouir, j'ai tout le corps qui se tend. Et quand je dis tout le corps, c'est cheville comprise! continua-t-il en haussant le ton, au mépris de l'heure tardive et du sommeil des voisins. Ma cheville gauche s'est donc crispée et ça m'a déclenché une douleur affreuse qui est en train de remonter le long de ma jambe!! Alors maintenant, si c'est pas trop compliqué pour ton pauvre petit cerveau, tu vas me chercher ma boîte d'anti-douleurs et une bouteille d'eau! finit-il en hurlant.

Assommé par la tirade cinglante, Peter ne réagit pas tout de suite. Il sentit juste ses yeux picoter légèrement, comme s'il était sur le point de pleurer.

-Maintenant!! cria de nouveau Mikaël, faisant sursauter Peter, toujours immobile devant le lit.

Ensuite, il se rallongea, ferma les yeux et entendit avec satisfaction les pas de Peter quitter la chambre. Quelques minutes plus tard, il les entendit revenir et lorsqu'il ouvrit les yeux, Peter était déjà ressorti, laissant les médicaments et la bouteille à même le sol. Mikaël attrapa la boîte, fit tomber deux cachets dans sa main et les avala. Puis il se recoucha dos à la porte, et repassa dans sa tête toute la scène, jusqu'au moment où la douleur avait fait disparaître à la fois son excitation et son bon sens.

Peter s'était enfermé dans la salle de bains. L'engueulade féroce qu'il venait de subir avait réduit à néant toute trace d'excitation, et maintenant, c'étaient plutôt les larmes qui faisaient leur apparition. Il en essuya une, puis deux, et finalement il se laissa aller pendant quelques minutes à pleurer de tout son soûl. Il ne comprenait pas la réaction de Mikaël, qui lui rappelait amèrement leur première rencontre, où ils ne connaissaient rien de l'autre. Et cela lui fit d'autant plus mal. Au bout d'un certain temps, il détacha quelques feuilles de papier toilettes pour se moucher, se recoiffa vaguement face au miroir de la salle de bains puis retourna dans la chambre. Avant de franchir la porte, il prit une grande inspiration, à la fois pour se calmer et se donner du courage. Puis il entra, et resta immobile de stupeur devant le spectacle qui s'offrait à lui: Mikaël, dont il ne voyait que le dos, était recroquevillé en position fœtale et tout son corps était agité de soubresauts. Comme s'il pleurait.

Peter tout doucement s'approcha du corps tremblant de Mikaël. Arrivé au bord du lit, il ne sut  plus ce qu'il fallait faire. Devait-il s'allonger contre son dos et le prendre dans ses bras pour le consoler, comme il avait envie de le faire? Mais le risque de se faire rejeter était immense, et ferait atrocement mal. Alors peut-être devait-il d'abord s'assurer que Mikaël pleurait vraiment? Et ensuite lui demander ce qui n'allait pas, au risque cette fois-ci se faire encore hurler dessus sans raison aucune. Peter hésitait entre les deux solutions: son cœur balançait pour l'une tandis que sa raison penchait pour l'autre. Tel un juge, le vieil adage de Pascal se rappela à lui: "Le cœur a ses raisons que la raison ne connaît pas." Autant suivre son cœur dans ces circonstances là, se dit-il finalement. Il s'agenouilla au côté du lit, où Mikaël ne s'était toujours pas calmé, puis après avoir rassemblé son courage, il entreprit de s'y asseoir. Mais alors qu'il allait s'allonger, une autre phrase se rappela à lui, cette fois-ci tirée du film Master&Commander, qu'il avait vu quelques années plus tôt. Le capitaine Jack Aubrey faisait une blague à son ami Stephen, et il concluait ainsi: "In the service, one must always choose the lesser of two weevils." Qu'entre deux maux, il fallait choisir le moindre. Et le moindre, dans le cas présent, était de se faire crier dessus, plutôt que de se faire rejeter. Il se ravisa donc au dernier moment, et fit le tour du lit pour venir s'asseoir en tailleur sur le sol, de l'autre côté. Il posa ses bras sur le lit et son menton sur ses mains croisées devant lui, puis il observa en silence, pendant plusieurs minutes, Mikaël. Ce dernier finit par ouvrir les yeux et le dévisagea également.

-Quoi? Qu'est-ce qu'il y a? cracha-t-il d'un ton agressif, agacé par le regard insistant de Peter.
-...
-Réponds, nom de Dieu! s'énerva-t-il en se mettant à genoux sur le lit. Qu'est-ce que t'as à me regarder comme ça?!
-... Rien... souffla le jeune homme d'une voix étonnamment calme.
-Me prends pas pour un con, Peter! Je supporte très mal.

Si Mikaël avait baissé le volume, le ton n'en restait pas moins tranchant et exigeait une réponse, au risque de le voir exploser de nouveau. Ce que Peter voulait éviter à tout prix. Alors il prit de nouveau sur lui: il avait eu le temps de réfléchir un peu, et il pensait savoir comment prendre Mikaël lorsqu'il ressemblait à une pelote de nerfs.

-Je me demandais juste, commença-t-il en pesant calmement chacun de ses mots, pourquoi tu m'avais gueulé dessus comme si j'étais un chien, tout à l'heure. Pourquoi en quelques minutes, j'ai eu l'impression que notre relation avait changé du tout au tout? Pourquoi j'ai eu si mal? Et surtout, pourquoi tu pleurais?

La dernière question fit exploser Mikaël de rage, qui attrapa un des oreillers et le balança violemment à la tête de Peter.

-Parce que j'avais mal ducon! J'ai l'impression que ma cheville va exploser!
-Mikaël, ne prends pas pour plus con que j'en ai l'air! cria à son tour Peter, qui n'arrivait plus à supporter de rester passif face à tant de violence à son égard. Quand t'es tombé, t'as pas versé une seule larme, alors que ça devait te faire bien plus mal! Alors je répète Mikaël: pourquoi tu pleurais? Pourquoi tu pleurais?

Les dernières paroles avaient été criées plus fort que les autres et avaient laissé Mikaël un peu abasourdi. Peter, saisissant l'occasion, se releva et attrapa le visage de son ami entre ses mains. Il déposa doucement ses lèvres contre les siennes et ferma les yeux. Mikaël se débattit, essaya de se soustraire à cette douce étreinte, qu'il transformait en combat, mais Peter tint bon. A bout de forces, physiques et mentales, Mikaël abandonna et se laissa aller contre la bouche et tout le corps de l'inspecteur. Après quelques minutes, ils se rallongèrent sur le lit et Peter caressa lentement le visage de Mikaël jusqu'à ce qu'il se calme complètement. Une fois les larmes taries, et en espérant qu'elles ne reparaissent plus, Peter posa une énième fois la question fatidique.

-Mikaël, tu veux bien me dire pourquoi tu pleurais?

Le jeune homme lui adressa un regard las avant de fermer les yeux, comme s'il se concentrait pour répondre, ou qu'il allait chercher la réponse au plus profond de lui-même.

-... Je sais pas... Je crois que tout ça va trop vite pour moi...
-Pourtant, tenta Peter, qui entrevoyait le fond du problème, il y a une semaine, quand on s'est embrassés, t'avais l'air plutôt partant... Enfin, jusqu'à ce que tu te pètes la gueule.
-Justement, je m'étais un peu laissé emporté.
-Mais depuis, t'as eu le temps d'y réfléchir, nan?
-Ouais...
-Et? insista Peter.
-Et je sais pas! J'avoue: j'ai aimé quand on s'est embrassés. Et après, pas mal d'images me sont passées par la tête, si tu vois ce que je veux dire. Mais de là à le faire dans la réalité! Ca change les choses du tout au tout! Ca devient tout de suite beaucoup plus réel! Et je m'étais pas du tout préparé à ça...
-T'étais resté dans l'optique platonique tout en imaginant des choses perverses dans ta tête? C'est assez marrant comme vision.
-Ouais, mais c'est à peu près ça... Et le pire dans tout ça... murmura Mikaël, la voix légèrement nouée.
-Mmmh?
-Le pire c'est que j'ai aimé tout à l'heure.

Peter, ne s'attendant pas du tout à une phrase de ce genre, ne réagit pas tout de suite, puis son visage se fendit d'un large sourire.

-Tant mieux!
-Comment ça tant mieux? interrogea Mikaël, les yeux grands ouverts devant cette réaction.
-Bah ouais, ça veut dire que je suis pas trop nul alors! dit-il avec un sourire tirant vers le rire.
-... T'es trop con! rigola Mikaël.

Ce rire qui les unit les réconcilia d'un seul coup. Rien ne serait oublié, et il leur faudrait du temps pour que leur esprit passe outre les insultes entendues et les pleurs vus. Mais ils se retrouvaient: ils étaient enfin l'un avec l'autre, ne sachant pas encore très bien ce qu'ils représentaient. L'un était juste là avec l'autre, et vice-versa, et c'était ce qui comptait.
Lorsque leur rire se fut éteint avec des sourires, Peter prit l'initiative de faire taire la peur qu'il sentait déjà installée chez Mikaël. Il se rappela avec le plus de précisions possibles les conseils de Stefen et Nathaniel, et entreprit de les lui dire avec ses propres mots. Pour qu'ainsi il sache que tout ce qu'il vivait était parfaitement normal, parfaitement humain. Il lui chuchota des mots tendres, le rassurant lorsqu'il exprimait des doutes. Il le fit rire pour dédramatiser quelques moments de tension. Il l'embrassa sur les paupières pour effacer les dernières traces de larmes. Il lui demanda enfin de sortir avec lui, et les secondes s'égrenèrent alors lentement pour Peter alors que le plus jeune réfléchissait, affichant une mine sérieuse.

-Je te laisse un an d'essai, finit par dire Mikaël avec un petit sourire triste.
-Pardon? réagit Peter, comme s'il venait d'avaler de travers.
-Moi, j'ai personne depuis des années, alors m'engager dans une relation avec toi ne me coûte pas grand chose, expliqua lentement Mikaël. Alors que toi... toi tu as Sonia. Tu dois te marier avec elle, t'as une vie qui ne me concerne pas... Va falloir que tu choisisses entre elle et moi, entre la vie d'hétéro banal, et celle d'un homo rejeté par la société, et peut-être même par son travail. C'est pas un choix facile, alors je te laisse un an pour choisir. Je tiendrai pas plus, peut-être même moins. Mais je respecterai ma promesse. Au bout d'un an, si tu n'as toujours pas pris ta décision, c'est bye-bye.
-Mais, ça va pas la tête! Je... s'exclama Peter.
-Pete, ta gueule! l'interrompit familièrement Mikaël, un sourire plus joyeux aux lèvres. Allez, maintenant on dort. Je suis crevé et je me lève tôt demain.

Peter ne dit mot et acquiesça en silence: Mikaël avait sans doute raison. Tout cela allait bien trop vite et il leur fallait tous deux réfléchir. Cette limite d'un an n'était pas aussi stupide qu'il l'avait cru.
Lorsqu'il laissa enfin de côté les questions qui s'entremêlaient maintenant dans sa tête, il bougea dans les draps pour s'installer pour dormir. Puis, relevant la tête, il déposa un baiser sur les lèvres entrouvertes de Mikaël, qui pouffa à ce contact.

-Qu'est-ce qu'il y a encore Mikaël?
-Rien... C'est juste que je pense à mon père. Il arrête pas de me reprocher de faire un sport de tapette. Maintenant que j'en suis vraiment une, il va être content!

Mikaël rit de nouveau, d'un rire léger qui sonnait étrangement faux. Sa gorge se serra et il avala à plusieurs reprises sa salive.

-Mikaël, murmura Peter, la voix tremblant sous la tristesse qu'il ressentait pour son désormais petit ami, et sous la détresse qu'il voyait chez lui.
-Tais-toi...

L'ordre fut doux et Mikaël se retourna pour caler son dos contre le torse de Peter. Puis tous deux s'endormirent.
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17 juillet 2009 5 17 /07 /juillet /2009 19:16
Finalement, j'ai choisi un autre manga que ceux auquels je pensais lundi. Mais comme j'ai déjà fait sa review autre part, c'est plus rapide pour moi. ^^

En tout cas, ce manga là, si vous aimez Banana Fish, je vous le conseille. C'est un peu dans la même veine.

Sur ce, bonne découverte! =D







Titre: 1999 Shanghai
Auteur: Setona Mizushiro
Tomes: 4
Remarques: je ne sais pas q'il est édité en France. Personnellement, je l'ai lu en anglais sur un site de scanlation, Spectrum Nexus, ici.

Shanghai, année 1999. La ville est partagée entre deux clans, qui s'affrontent depuis des années pour la domination des territoires. Comme dans toute guerre citadine, il y a une zone de cessez-le-feu, où l'appartenance aux gangs disparaît le temps de quelques rues.
C'est là que le 7 juillet 1999, lors d'une fête de rue, vont se rencontrer Dawu et Xiaoxue.
C'est là que vont commencer à s'entrelacer les fils de leurs destins respectifs, qu'ils vont se lier entre eux à ne plus pouvoir se défaire, et qu'ils vont en entraîner d'autres dans leur pelote inextricable.

Petit yaoï très sympathique, où on relève un très très fort clin d'œil (pour ne pas dire que le mangaka a carrément repris l'idée :-p ) à Marguerite Duras et à L'Amant. Et bien sûr, grosse référence à Shakespeare et à Romeo et Juliette. Sauf que là ce serait plutôt Romeo et Tybalt! XD Et puis, comme je l'ai dit plus haut, ce manga me rappelle aussi Banana Fish par bien des aspects...
J'ai beaucoup aimé l'histoire. Elle a beau rester dans le classique, elle n'en est pas moins terriblement efficace, avec quelques rebondissements inattendus, une fin qui laisse songeur, mais qui serre drôlement la gorge quand même.
Pour le dessin, c'est très fluide, et pas trop fourni. Sauf parfois les décors, mais dans ce cas là, ce sont des cases uniquement paysages. Bref, c'est un dessin très agréable à lire. :-)


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Published by Skorpan - dans BD-Manga
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13 juillet 2009 1 13 /07 /juillet /2009 20:18
Enfin, je suis à l'heure! XD Alors aujourd'hui, malheureusement pour vous, chers lecteurs (ou devrais-je dire chères lectrices?), c'est une toute toute petit suite! Environ trois pages Word. Mais celle de la semaine prochaine est nettement plus longue (à peu près le double), alors ça compense un peu. ;-)
Si vous êtes sages, je pourrais faire un autre article pendant la semaine, sur une BD ou un manga que j'apprécie particulièrement. Dîtes-moi ce que vous préférez.

Sur ce, bonne lecture! =D (et passez une bonne fête nationale! ^^)






     Mikaël était perdu, totalement perdu. On était mardi, c'était son cinquième jour dans cet appartement qui ne lui appartenait pas. Seulement cinq jours. Cinq petits jours qui avaient pourtant réussi à ébranler toute sa vie, tout ce en quoi il croyait. Il lui semblait avoir été déposé en terre inconnue, et il avait le pressentiment que même s'il revenait dans des lieux qu'il connaissait par cœur, il ne pourrait jamais revenir en arrière. Qu'il ne pourrait pas trouver un chemin de retour vers ce monde plus ou moins rassurant mais connu où il s'était complu pendant vingt-cinq années.

Il se souvint vaguement qu'on lui avait dit, étant enfant, que le meilleur moyen pour être retrouvé était de ne pas bouger. De rester à l'endroit où il s'était égaré. Mais, cette fois-ci, il était seul, il n'y aurait personne pour le chercher: il fallait qu'il fasse le chemin de sa propre initiative, jusqu'à un certain point. Ensuite, ce serait bon, il pourrait compter sur les autres, sur Peter. Mais en attendant, il fallait qu'il bouge. Seul. De son plein gré. De façon volontaire. Il devait trouver quelle route emprunter pour la suite de sa vie.

Il avait passé la journée du lundi à réfléchir, encore et encore. A retourner la situation dans sa tête. Il n'avait obtenu que des questions de tout ce remue-ménage cérébral, et quelques réponses s'étaient manifestées lorsqu'il avait dîné avec Peter le soir même. Le repas avait joyeux, plus babillant que la veille, où un léger malaise avait persisté malgré leur désir commun de pour l'instant faire silence sur leur baiser. Le lundi soir, Peter, même s'il semblait un peu tendu, avait beaucoup parlé. Il s'était dévoilé à Mikaël. Il l'avait même implicitement invité à découvrir d'autres choses sur lui, en semant quelques petites phrases d'apparence anodine de ci de là. Mikaël avait remarqué le manège, mais il mordait à l'hameçon à chaque fois, profitant pour une fois de la chance qui s'offrait à lui. Il pouvait enfin connaître d'autres aspects de Peter, se rapprocher de lui et de sa personnalité. Il se surprit même à vouloir essayer certaines choses dont parlait Peter avec entrain, comme le basket ou les voyages, lui qui n'était jamais sorti des Etats-Unis autrement que pour l'équitation.

Mardi, il décida de prendre les choses à bras le corps, et de s'intéresser enfin réellement, de façon sérieuse, à l'homosexualité, chose qu'il n'avait jamais faite auparavant. Il avait demandé la permission à Peter d'utiliser le vieil ordinateur qui trônait, couvert de poussière, dans un coin du salon, et il passa toute la matinée à essayer de le faire marcher. Déjà qu'il n'était pas très doué avec tous les appareils informatiques, alors avec une vieille machine qui n'avait pas fonctionné depuis des années, ce fut un véritable calvaire. Vers treize heures, il fit une pause pour manger: il se prépara une salade composée avec quelques tranches de Rosbif.

Une fois le déjeuner terminé et la vaisselle faite, il se remit devant l'ordinateur. Une conversation houleuse avec la hotline et deux heures plus tard, il put enfin accéder au net. Rapidement, il tapa dans la barre d'adresse l'url d'un moteur de recherche: google.com.

Plusieurs minutes passèrent, durant lesquelles Mikaël pesta contre la lenteur de cet amas de composants électroniques qui l'énervait depuis le matin, puis la page de présentation s'afficha enfin. Les doigts fébriles, il dut s'y reprendre à plusieurs fois pour taper les mots clés sans faute d'orthographe: gay, homosexualité. De nouveau, il dut attendre: décidément, la vieillesse de l'ordinateur mettait à mal à la fois sa patience et ses ongles, qu'il rongeait nerveusement. Les premiers résultats s'affichèrent, et le premier site à apparaître fut bien évidemment Wikipédia. Il se doutait du contenu de cette page-là: une définition de l'homosexualité, rien de plus, rien de moins. Mais il cliqua quand même, d'ici à ce qu'il y ait des critères plus ou moins spécifiques de l'homosexualité, et qu'il se reconnaisse, ou non, dedans. L'article se révéla en fait très intéressant et il y apprit de nombreuses choses. L'étymologie du mot "homosexuel" n'allait pas lui être très utile dans la vie de tous les jours, mis à part pour faire étalage de sa culture générale, ce qu'il faisait rarement. Par contre, il trouva cela amusant, et un peu trop scientifique à son goût, qu'on ait réussi à découper le coming-out des homosexuels en trois phases. Selon ce qui était écrit sur l'écran, Mikaël était dans la première phase, celle du coming-out interne; et s'il n'était pas particulièrement précoce pour toutes ses interrogations sur son orientation sexuelle, il ne faisait pas partie des plus vieux. Ensuite vint tout un blablatage qui l'intéressa peu, sauf pour mettre en lumière que les couples homosexuels, contrairement à certaines idées reçues, pouvaient entretenir des relations durables, et avoir une famille.

Le paragraphe suivant, "Santé", fut au contraire l'objet d'une grande attention. Il sourit en lisant que le sexe entre deux personnes du même sexe avaient des effets bénéfiques, tels une diminution du stress, une activation du système immunitaire, une meilleure estime de soi et un meilleur sommeil. Il n'était pas sûr que ces bénéfices soient réels, mais cela importait peu: c'était juste agréable de voir qu'on pouvait trouver des avantages en terme de santé, et pas uniquement des risques. D'ailleurs, il grimaça en voyant que le sexe homosexuel était considéré comme un vecteur de maladie, et que par conséquent, tous les homosexuels étaient exclus des dons de sang. Il n'avait jamais donné son sang, et n'avait pas particulièrement envie de le faire, mais cette stigmatisation le gêna tout en l'énervant. De même, il se sentit furieux en lisant que les risques de suicide, de consommation de drogue, de dépression, d'abus et autres étaient plus élevés dans la communauté homosexuelle, tout cela à cause du regard des autres. Dès lors, il se sentit plus proche qu'il ne l'avait jamais été de cet ensemble de gens à la sexualité différente. Ensuite, il survola rapidement la partie sur l'histoire et les lois, décidant d'y consacrer plus de temps plus tard, pour enfin revenir à la page des résultats google.

Là, il cliqua sur le deuxième lien proposé: "What's wrong with being gay? Homosexual behavior versus the Bible". Au vu du titre, il devina ce qu'il allait trouver, mais il ouvrit quand même la page. N'étant pas croyant, il était presque sûr qu'il allait pouvoir rigoler un bon coup en lisant les inepties débitées sur ce genre de sites chrétiens. Cela commençait très fort par une citation: "Le genre, la race et les faiblesses sont tous liés à ce qu'une personne est, alors que l'homosexualité est lié à ce qu'une personne fait". En effet, pourquoi choisir de se marier et d'avoir des enfants, quand on peut choisir d'avoir le VIH, des dépressions à répétition, d'être rejeté par une partie de la société, et même par ses parents, d'être discriminé et parfois battu à mort? C'est tellement évident comme choix! pensa Mikaël, acerbe. Ce n'était pourtant que le début: les conneries et les phrases visant à avilir et déshonorer les homosexuels étaient légion, et Mikaël ne put retenir certaines fois un haut-le-cœur face à tant de haine vis-à-vis de simples êtres humains. Finalement, il ne rigola pas tant que ça, et fut dégoûté par tant de bêtise dans l'interprétation de textes datant de plusieurs siècles.

Une comparaison le marqua plus que les autres, alors que l'auteur parlait du péché. Le seul péché qui ne pouvait être pardonné, selon la Bible, était celui de ne pas accepter Jésus Christ. Donc, un gay, tout comme un alcoolique, un drogué ou un assassin, pouvait être "sauvé", à condition qu'il acceptât Jésus Christ. Le haut-le-cœur qu'il eut à cet instant fut si intense qu'il dut se précipiter aux toilettes, méprisant sa douleur à la cheville, pour vomir. Une fois son déjeuner recraché, il s'appuya contre le mur froid et souffla un coup, réfléchissant un peu à tout ce qu'il venait de lire. Cet article religieux venait d'avoir sur lui comme effet l'exact inverse de celui attendu. Si la question des droits des homosexuels ne l'avait pas beaucoup turlupiné jusqu'à ce jour, il était désormais entièrement acquis à la cause gay et se promit de s'engager contre l'homophobie dès que l'occasion se présenterait. Mais avant cela, il se devait d'éclaircir sa propre situation, et il revint en sautillant devant l'ordinateur. Il ferma rapidement l'onglet où le site chrétien faisait l'apologie de l'intolérance -ironie d'une religion où Dieu disait de s'aimer les uns les autres et d'aimer son prochain-, et s'attaqua à un autre site.

Il surfa jusqu'au soir, et ne s'arrêta que lorsque Peter rentra de son travail. A ce moment là, il laissa de côté toutes ses interrogations, et profita de l'instant présent. La soirée passa étrangement vite, à discuter de pleins de choses différentes, riant de petites blagues, ou de choses complètement triviales. Mais ils appréciaient les heures passées ensemble et quand Mikaël se réveilla le lendemain matin, vers dix heures, il aurait voulu trouver le corps chaud de Peter à ses côtés. Se relevant sur les coudes, il secoua la tête puis sourit: même si sa raison avait encore du mal à admettre certaines choses, ses pensées parlaient pour lui. De même que ses rêves. Il se laissa tomber en arrière et referma les yeux, à la recherche des derniers restes de ses songes. Il savait que Peter y était apparu, mais il ne se rappelait plus exactement de son rôle. Tout ce dont il se souvenait, c'était que sa présence avait été bénéfique et apaisante. Après avoir passé plus de trois quarts d'heure à se prélasser dans le lit, à s'abandonner à ses réminiscences de la nuit, il se fit violence et se leva pour préparer un petit déjeuner copieux. Il avait beaucoup de choses à faire ce jour là, à commencer par appeler les nombreuses associations dont il avait relevé le numéro de téléphone la veille sur le net.




Je tiens à préciser que toutes les références dans cette suite sont vérifidiques. J'ai fait la même recherche que Mikaël et épluché plusieurs pages web en anglais. Donc, même si vous trouvez certaines choses absurdes, sachez qu'elles existent, et que certaines parsonnes, malheureusement, y croient.
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7 juillet 2009 2 07 /07 /juillet /2009 18:34
Et voilà, j'ai encore oublié de poster hier! Honte sur moi! Vosu pouvez me jeter des tomates et autres fruits mûrs! Je ne me plaindrai pas! XD

Sur ce, bonne lecture! =D






     "Réunion de tous les policiers s'occupant de l'affaire D939.363 en salle de conférence à 10h00 ce lundi. Vous êtes priés d'apporter un maximum d'éléments concernant les suspects. Aucun retard ne sera toléré."

Le mot était agrafé sur le panneau d'information, en plus d'être collé sur les parois des ascenseurs. Peter, planté devant le panneau, le lisait pour la troisième fois, son cerveau ayant du mal à analyser les informations à 7h55 du matin. Cependant, il commençait à être assez sûr que cette note ne le concernait pas: l'affaire sur laquelle il enquêtait avait pour code D521.515, D pour Drug, et les chiffres étaient attribués par l'administration selon un système qu'il avait toujours eu du mal à comprendre.

Soudain, il sentit un souffle chaud dans son cou, puis un bras se poser sur ses épaules.

-T'as pris ton café du matin Peter? demanda Stefen d'une voix endormie, avant d'étouffer à grand peine un bâillement.
-Non, pas encore.
-Super! J'ai des donuts, donc on pourra les prendre avec. Qu'est-ce que tu regardes?

Peter ne répondit pas, encore un peu ralenti, et cela donna le temps à son collègue de lire la feuille de papier et de la commenter.

-Tiens, on a staff à 10h. J'me demande bien ce qu'ils veulent... On fait tellement du surplace en ce moment que y'a pas grand chose à dire.
-D939.363, c'est notre affaire? s'étonna Peter. C'était pas D521.515?
-Si, mais l'administration a décidé de détacher notre affaire du coup de filet qu'on avait fait il y a plus de deux mois.
-Elles étaient pas séparées dès le départ?
-Si, officieusement... Mais officiellement, non. Et puis tu connais comme moi les lenteurs administratives. Bon, on va se le boire ce café? Avant de crouler sous le travail...
-Je te suis, répondit Peter, en lui emboîtant le pas.


     Il était dix heures passés de quelques minutes et le chef de la cellule d'enquête commença à parler. Il résuma d'abord les résultats trouvés jusqu'à présent, qui consistaient en presque rien, mais qui remplirent néanmoins un tableau entier. Or, comme Stefen et Peter s'étaient installés au fond par habitude, ils ne réussirent pas à déchiffrer grand chose de la petite écriture fine et penchée de leur chef. Tout juste si Stefen arrivait à lire quelques mots de ci de là. Seule une écoute attentive lui permettait de suivre ce qui se disait. Quant à Peter, c'était peine perdue: il somnolait, la tête se penchant lentement vers l'avant jusqu'au moment où il la relevait par réflexe, sans pour autant ouvrir les yeux ou sortir de son état semi-léthargique. Les nombreux coups de coude de Stefen n'eurent aucun effet non plus, et la réunion se termina sans que Peter ne s'en rende compte. Au moment de sortir, le chef lança un regard appuyé vers les chaises des deux amis, puis dit d'une voix forte.

-Lashon! Tu feras un résumé de la réunion à ton collègue qui a eu la décence de ne pas ronfler pendant son sommeil. Et tu lui feras savoir qu'il a de la chance de ne plus être à l'armée, sinon, il aurait été de corvée de chiottes pendant deux semaines! Personnellement, je me contenterai de tous les rapports qu'il devait me remettre demain midi pour ce soir! Sur ce, messieurs, bon appétit!

Les autres policiers rirent doucement à la remarque cinglante de leur supérieur, et Stefen prit la chose à la rigolade, en souriant, un peu jaune quand même, à ses collègues, qui sortaient progressivement à la suite du chef. Une fois la porte refermée sur le dernier gêneur, il asséna à Peter une grande claque sur la cuisse, qui fit sursauter le pauvre endormi. Encore très ensommeillé, ce dernier ne comprit pas grand chose à ce que lui expliquait Stefen, et se contenta de le suivre hors de la pièce. Il ne remarqua pas les rires qui se déclenchaient sur son passage, attrapa son tupperware de salade niçoise à l'américaine quand Stefen le lui demanda, puis l'accompagna tel un zombie, jusque sur le toit.

Ce jour là, le vent soufflait un peu moins fort, mais ce n'était certainement pas l'endroit le plus agréable pour déjeuner.

-Pourquoi on vient ici? bailla Peter sans aucune pudeur.
-La main devant la bouche, marmonna Stefen par habitude, avant de reprendre plus distinctement. Parce que je crois que tu as des choses à me dire, et qu'on sera plus tranquille ici.
-Hein?
-T'as dormi pendant toute la réunion, Peter, alors que d'habitude, t'es un maniaque du travail qui ne loupe jamais rien.
-Ouais, j'ai mal dormi, expliqua-t-il en s'asseyant par terre.

Stefen s'installa à côté de lui et ils ouvrirent chacun la boîte en plastique qui leur servait d'assiette.

-Merde! jura Peter. J'ai oublié ma fourchette en bas.
-Tiens, j'ai une cuillère si tu veux.
-Merci.
-De rien... Bon, je vais pas tourner autour du pot trois mille ans, je sais que tu préfères les approches directes, dit-il avec un petit sourire gentiment moqueur. Est-ce que tu veux bien me dire pourquoi t'as mal dormi?

Peter lui jeta un regard de biais, tritura sa salade avec la pauvre cuillère en plastique, qui finit par se casser -mauvais plan pour manger, se dit-il-, puis regarda Stefen dans les yeux. Il lui demanda de jurer que tout ce qui se dirait sur ce toit resterait entre eux deux, et qu'il le laisserait finir avant de lui faire des reproches. Stefen acquiesça sans trop problème, quoique un peu méfiant: ce n'était pas dans les habitudes de Peter de faire jurer les gens, et de les contraindre ainsi au silence.

-Est-ce que je peux quand même en parler à Nathaniel? Il pourra peut-être t'aider.
-... Oui si tu veux. Je pense qu'il est assez intelligent et compréhensif pour ne pas me juger tout de suite.
-Dis tout de suite que je suis stupide et étroit d'esprit! s'offusqua Stefen.
-Je dirais plutôt impulsif, exactement comme Mikaël, corrigea Peter, un sourire se dessinant sur son visage en pensant à tout ce que l'impulsivité de Mikaël avait pu provoqué.
-Je préfère ça! rigola Stefen, avant de reprendre plus sérieusement. Bon, tu m'expliques ou je vais devoir t'arracher les mots de la bouche un par un?

Peter lui lança un dernier regard avant de prendre une grande inspiration, puis il commença son récit. Il avait l'impression de se retrouver exactement dans la même situation que lorsqu'il avait dîné chez son ami, de ne pas avoir progressé depuis. Seulement, les mots venaient plus facilement, beaucoup plus vite, comme des évidences. Il arrivait à décrire ce qu'il ressentait avec plus de certitude, plus d'assurance, tout en gardant son calme et sa lucidité sur la situation. Il savait qu'il faisait quelque chose de répréhensible, mais il ne pouvait s'en empêcher: il en avait besoin. Il ressentait l'envie de voir Mikaël tous les jours, de lui parler, d'apercevoir son sourire, d'entendre quelques notes de son rire. Peu à peu, il prenait conscience de ces envies qui le taraudaient, de leur caractère plus ou moins illégal, plus ou moins immoral, juste en mettant des mots dessus. Pourtant, aucune honte ne venait le submerger, alors qu'il s'était préparé à un raz de marée. Au contraire, il se sentait plutôt fier de lui-même, de ce qu'il éprouvait, de ce qu'il avait fait. Il avait l'impression d'être enfin digne de la vie, sensation encore inconnue pour lui, ou alors juste effleurée de temps en temps.

Lorsqu'il eut expliqué toute la situation à Stefen, jusqu'à la mauvaise nuit passée à se perdre dans les méandres vaseux de sommeil de son cerveau, il lui fit part de ses réflexions, et notamment de sa fierté, qu'il croyait mal placée.

-Je sais pas... Si je comprends bien ce que tu dis, tu te sens fier d'être qui tu es... Je vais peut-être m'avancer un peu trop, mais je dirais même que tu te sens fier d'être vraiment celui que tu es en vrai...
-C'est-à-dire? demanda Peter, un peu incertain, mais que l'idée de Stefen attirait de plus en plus.
-C'est-à-dire que tu es fier d'être Peter MacLean, 29 ans, inspecteur de police faisant plutôt bien son boulot, et amoureux de Mikaël Blowsworth, 25 ans, jeune prodige des concours hippiques.
-Amoureux?
-Bon ok, je me suis peut-être un peu emballé, reconnut Stefen, avec cependant un sourire qui en disait long, mais en tout cas, ce qui est sûr, c'est que dans ton esprit, c'est exit Sonia et le mariage.
-NON! s'écria Peter.
-Non?
-Non.
-Peter, souffla Stefen, qui aurait voulu à cet instant précis que Nathaniel soit là pour l'aider et le soutenir, je veux que tu me dises franchement ce que tu ressens pour Sonia. Est-ce que tu es amoureux de Sonia?
-Oui, répondit-il immédiatement.
-Peter, reprit Stefen, de plus en plus surpris par l'attitude de son collègue, qui devait apparemment lutter contre quelque démon intérieur qui le faisait tourner en bourrique. Je ne veux pas de la réponse formatée que tu donnes à tout le monde. Je ne veux pas non plus savoir si tu as été un jour amoureux de Sonia. Je ne te demande pas si tu veux passer ta vie à ses côtés. Je te demande juste une chose, c'est de savoir ce tu ressens, là, maintenant, ici, tout de suite, dans ton cœur, expliqua-t-il calmement en finissant l'index posé sur la poitrine de son ami. Est-ce que tu aimes Sonia?

Peter, torturé par ses incertitudes devenues de plus en plus visibles, passa ses mains dans les cheveux et les attrapa fermement, comme si triturer son scalp lui permettrait d'y faire entrer les réponses à ses questions. Ou d'en faire sortir toutes les questions qui encombraient son cerveau. Les yeux fermés, il se repassa lentement le film de la conversation. Il se souvint comment il avait parlé de Mikaël et des moments qu'ils avaient passés ensemble, de la joie qui avait transparu sur son visage, et du sourire de connivence de Stefen. Ensuite, ce fut le moment de la sentence: "amoureux de Mikaël Blowsworth". "Amoureux", le terme résonnait dans sa tête: il avait l'impression d'avoir à faire à une balle rebondissante que quelqu'un aurait lancé dans son crâne. Etait-il amoureux de Mikaël? Eprouvait-il une attirance physique, charnelle pour Mikaël? Avait-il envie de faire l'amour à Mikaël? Si Mikaël lui refusait son corps, pourrait-il se contenter d'une relation platonique? A toutes ces questions, il sentit confusément qu'il répondrait oui.

Cela le rasséréna un peu: il était maintenant à peu près sûr d'une chose: il aimait Mikaël. Il avait déjà fait un pas en avant, il lui fallait amorcer le deuxième, et celui-ci ne concernait absolument pas Mikaël. Mais Sonia. Sonia, la femme avec qui il avait vécu pendant de longues années. Pendant de trop longues années se surprit-il à penser. Pourtant, lorsque Stefen lui avait dit "Exit Sonia", il n'avait pu qu'élever une objection. Pourquoi? Pourquoi avait-il crié "Non"? Pourquoi refusait-il d'abandonner l'idée d'une vie avec Sonia? Pourquoi? Pourquoi?

-Pourquoi?
-Pourquoi quoi? l'interrogea Stefen après avoir sursauté, ne s'attendant pas à ce que Peter prenne la parole aussi soudainement après presque dix minutes de silence.
-Pourquoi est-ce que je m'accroche encore à Sonia alors que je viens d'accepter que j'étais amoureux de Mikaël?
-T'es amoureux de Mikaël? fit-il, étonné de l'aveu.
-Oui, alors pourquoi? Pourquoi Sonia est toujours là dans ma tête, à me regarder avec de ces yeux! Comme si j'avais fait la pire connerie du monde! Pire que le jour où j'avais découpé toutes ses Barbies en petits morceaux!

Peter s'était retourné vers Stefen et avait haussé la voix, comme si le nombre de décibels serait proportionnel à la probabilité de réponse. Il avait également les yeux humides, pleins de larmes retenues, des larmes de rage et de colère, vis-à-vis des autres, de lui-même, et surtout de son ignorance.

-T'avais découpé ses Barbies en petits morceaux? Waow!
-Ouais, c'était il y a longtemps. Bon, maintenant, accouche, réponds à ma question.
-Ok. Alors tu veux savoir pourquoi t'as encore Sonia dans la tête?

Peter acquiesça d'un mouvement vif.

-D'abord je dirais que c'est parce que tu la connais depuis l'enfance, que ça a été ton premier amour, que t'as vécu avec elle six ans, que t'es sorti avec elle pendant encore plus longtemps, et qu'on supprime pas d'un coup d'effaceur ou de tipex autant de souvenirs. Ensuite, je dirais aussi que c'est parce que tu n'es pas clair avec toi-même concernant tes sentiments vers elle.

Dès qu'il eut fini de parler, Stefen remercia mentalement Nathaniel. Jamais il n'aurait pu trouver seul les mots pour exprimer ce qu'il ressentait, et le dire à son ami sans le blesser. Mais son compagnon le lui avait appris, au fil des années, à force de lui remonter le moral, de le consoler, de lui raconter les histoires d'amour des autres, auxquelles il prenait part comme une sorte de conseiller. Il lui avait appris à parler, à aider les gens d'une manière beaucoup plus douce que celle apprise à l'école de police. Et il se rendit soudain compte qu'ainsi, Nathaniel était avec lui, sur ce toit, à consoler et à aider Peter à ses côtés.

-Est-ce que j'aime Sonia? C'est à cette question que je dois répondre selon toi?
-Oui, parce que sinon, tu ne pourras pas finir, ou continuer, comme tu le sens, ton histoire avec Sonia. Et tu pourras encore moins en commencer une autre avec Mikaël.
-Et pourquoi pas? Y'a pleins de gens qui vivent une double vie!

Peter s'enfonçait, il ne réfléchissait plus, il n'arrivait pas à atteindre la réponse qu'il voulait, alors il se laissait sombrer.

-Et tu crois qu'ils sont heureux? Et puis franchement, tu crois que Mikaël est stupide? Tu penses que vous sortirez ensemble si tu es encore avec Sonia? Tu le sais très bien, c'est quelqu'un de fier, limite orgueilleux! Il va te demander des preuves!
-Des preuves?
-Evidemment! Tu crois quand même pas qu'il va croire sur parole un type qui lui dit qu'il l'aime alors qu'il vivait avec une femme depuis six ans, et qu'il était censé se marier! Surtout au vu de son passé!
-Son passé? Qu'est-ce que tu veux dire? Comment tu connais son passé? s'énerva Peter, jaloux que Stefen en sache plus sur celui qu'il voyait déjà comme son petit ami.
-Son dossier Peter! Putain! Arrête de prendre la mouche comme ça! Je te signale qu'on enquête sur lui.
-Pas que nous! T'aurais pas dû regarder son dossier, sans m'en toucher un mot avant. Ca me concerne quand même un minimum!
-Je dirais même plus qu'un minimum, annonça Stefen, soudain calme.
-Comment ça? fit Peter, suspicieux.
-Pendant la réunion, le chef a déploré le peu de résultats qu'on obtenait, et a proposé de changer de méthode. Maintenant qu'on a fait le général, on va faire une enquête beaucoup plus individuelle.
-... Merde...
-Comme tu dis! Il a demandé si quelqu'un avait des préférences pour s'occuper de tel ou tel cavalier. Et j'ai sauté sur l'occasion.
-Et qu'est-ce que tu leur as dit? Ils ont dû trouver bizarre que tu tiennes à ce point à avoir Mikaël.
-J'ai dit que j'avais eu un bon contact avec lui, et qu'il semblait avoir confiance en moi. Personne n'a remis ça en doute. Et après, le chef m'a donné les deux autres cavaliers sur lesquels notre binôme doit enquêter: Bullock et Doscientos. Bref, tous des cavaliers de Fork.

Peter avait blêmi: il avait enfin compris tout ce que signifiait ce changement de politique dans l'enquête.

-Stefen... Stefen, je veux pas enquêter sur Mikaël. Je veux pas! Je peux pas lui faire ça! Il a confiance en moi! Je peux pas décortiquer sa vie comme avec n'importe quel suspect.

Peter criait, s'agitait, s'agrippait fortement à la veste de Stefen: il n'arrivait plus à faire quelque chose de réfléchi. Pour l'instant, il ne voyait que le fait qu'il devrait apprendre la vie de Mikaël au travers de mots écrits impersonnellement noir sur blanc, et bientôt il ne vit plus rien du tout: des larmes étaient venues envahir ses yeux verts, rajoutant à la détresse qu'on pouvait y lire.

-Je sais ça, dit son ami doucement, rassurant. Donc je me disais que je pouvais m'occuper tout seul de Mikaël, je ne te dirai que ce que je juge nécessaire. Toi, tu t'occuperas entièrement d'un des deux autres, Doscientos par exemple. Et le dernier, Bullock, on enquête à deux dessus. Ca te va?

Peter sanglota un peu et approuva. C'était la seule solution qu'il entr'apercevait pour l'instant, et si Stefen était d'accord, c'était que cela devait être la bonne.

-Je pense que ça va marcher Peter, le calma Stefen, sachant pertinemment que cela voulait à la fois tout dire et ne rien signifier. Ne t'inquiète pas trop. Si je te passe mon beignet à la framboise comme dessert, t'arrêtes de pleurer et tu me promets de réfléchir à tout ce qu'on vient de dire, et surtout à Sonia, la tête reposée?

Peter rigola à la proposition de Stefen, puis d'un sourire accepta.

-Merci, murmura-t-il, reconnaissant d'avoir un ami tel que lui.
-De rien, répondit tout aussi bas Stefen en passant sa main dans les cheveux de Peter, et en lui apposant un baiser réconfortant sur le sommet du crâne, alors que Peter déposait sa tête au creux de son épaule.

Après quelques secondes, sa montre bippa et Stefen déclara.

-Fin de la pause déjeuner, on va devoir redescendre et bosser.
-Ouais... Passe-moi d'abord ton beignet.
-A condition de...
-Réfléchir à ce que je ressens, termina Peter, plus serein que quelques minutes plus tôt. Je sais, et dès que j'ai trouvé des réponses, je te dis. Le beignet maintenant... Merci, dit-il en l'attrapant des mains de son ami et confident.
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1 juillet 2009 3 01 /07 /juillet /2009 00:41
Je vous avais dit que vous auriez une petite review des Solidays 2009. Alors voici déjà le 1er jour! =D

Les vidéos et les photos sont à moi.






Vendredi 27 juin. La journée commence mal: il pleut. Et pas qu'une fois! Ca me fait penser à la Bretagne, où il fait beau plusieurs fois par jour. Et où forcément, il pleut plusieurs fois par jour. Je n'ai qu'une seule envie: qu'il arrête de pleuvoir. Et qu'aucune goutte ne tombe pendant le weekend. Vœu qui sera exaucé, mais je n'en sais encore rien.
Pour l'insant, je m'active à préparer mon sac: ma place, mon appareil photo, mon argent, mon dîner, ma bouteille d'un litre cinq, mon pull pour le soir... Je crois bien que j'ai tout, même si je suis un peu en retard.

C'est le début de l'après-midi et je quitte mon appart' pour rejoindre Longchamp et son hippodrome. On arrive là bas, mon amie et moi, sous un soleil de plomb, et on prend la première boisson qu'on nous tend. Une boisson publicitaire évidemment. Et dégueulasse forcément. Vous avez déjà goûté du lait gazeux? Et bah c'était à peu près ça. De quoi se rendre malade avant même que le festival ne commence. Et après quelques gorgées, la bouteille violette finit au fond d'une poubelle.

Il est bientôt quinze heures, quelqu'un au micro nous rappelle quelques petits trucs, typiques des festivals. Et puis le compte à rebours commence. 10... 9... 8... 7... 6... 5... 4... 3... 2... 1... Yeaaaaaaaaaaaah! C'est parti pour trois jours de musique quasi non stop! Rapidement, mais sans bousculade, on arrive au contrôle des billets, et j'ai enfin mon petit bracelet bleu, qui va tenir les trois jours normalement, sauf si je passe trop de temps sous la douche.
J'ai une petite pensée pour les gens que j'ai vu faire l'immense queue pour le camping: ils ont encore pas mal de temps à attendre avant de pouvoir rentrer.
On passe le contrôle de la sécurité, qui est super bien fait je trouve. On regarde de travers ma bouteille d'eau. "C'est quoi que vous avez dedans?" "Bah... de l'eau." On palpe mon pique-nique. "Vous avez une pomme?" "Euh... oui." *j'espère qu'ils vont pas non plus me demander à quoi est mon sandwich* Puis vient la palpation, et là, elle passe un certain temps sur mon appareil photo et celui de mon amie que j'avais dans une poche. Ca en devenait gênant.

Enfin, on est à l'intérieur. Et première chose à faire: la boutique Solidays! Après quelques hésitations, je me décide pour deux T-shirts: un grand noir (ils avaient pas de taille femme :-s) avec écrit "Jeune, con et solidaire." J'adore. Et un autre, noir aussi, représentant un vynile noir entouré de spermatozoïdes rouges et blancs, et avec marqué Solidays dessus. J'adore aussi.

Ensuite, on déambule un peu partout dans le festival. On regarde le saut à l'élastique (toujours par deux ou trois), et je refuse strictement d'en faire. Trop peur pour mon dos. Et puis déjà que je veux pas sauter du plongeoir de 5m à la piscine, alors là... c'est juste mort. On se fait aborder par la fondation Abbé Pierre, qu'on ira visiter un autre jour. On va faire un tour dans le Patchwork des Noms, et c'est probablement le stand le plus émouvant que j'aie vu. Tous ces noms inscrits sur des morceaux de tissus, ça me déchire le cœur, surtot quand tu t'attardes sur les textes écrits à côté. On nous encourage à faire nous-même un patchwork, mais n'ayant pas d'idées, on promet de revenir.

Il est 16h, le premier concert commence: Neimo, au Dôme. C'est sympa, mais ça commence vite à me saoûler. C'est toujours la même chose, et je ne suis pas encore tout à fait dans l'ambiance.


Ensuite, direction la grande scène, pour Moonraisers. Groupe totalement inconnu pour moi, inculte que je suis. Cependant, leur reggae un peu funk m'emporte et je me laisse bercer par la musique. C'est vraiment très agréable à écouter. On a l'impression de planer tout en étant lucide.
Et leurs reprises de "Hotel California" des Eagles et de "Get Up Stand Up" de Bob Marley finit de me convaincre. Elles sont superbes.


On part un peu la fin, car il n'y a pas de temps à perdre. Le concert que j'attends le plus de toute la journée va commencer sous peu: Debout Sur Le Zinc. Ce groupe m'avait convaincue lors d'un showcase à la Fnac, avec ses jolis textes ev français, truffés de petites perles et de jeus mots propres à notre langue. Et avec leur musique, mélangeant pleins d'instruments, venant notamment de la musique classique, mais qui donnait un tout très entraînant. Quelque chose d'impressionant.

Et bien, ces petits lascars, sur la scène Bagatelle (la 2ème plus grosse scène), ne m'ont absolument pas déçue! Leur concert ressemblait à peu près à ce à quoi je m'attendais, mais en plus entraînant, en plus drôle (notamment le moment où ils ont tous imité "Thriller" de Mikaël Jackson), n plus dansant. Rien que pour avoir assisté à ce qu'ils ont fait, je ne regrette pas de ne pas avoir pris de billets pour l'Olympia et Indo. C'est dire...


Il est 19h00, et sur la grande scène, le concert de Sinsemilia commence. Tout doucement, on quitte Bagatelle pour rejoindre Paris. On se pose assez loin de la scène, dans l'herbe, là où il y a de la place. Et je découvre avec une certaine stupéfaction que riké n'est pas le seul chanteur de Sinse. Et que malheureuement, je ne supporte pas la voix de l'autre chanteur. Mais, on a un peu de chance, car tout le bonheur du monde arrive assez vite et là on voit Riké dans son élément. Il saute partout sur scène, se déplace en sautant, s'arrête et continue de sauter. On a presque l'impression qu'il ne touche plus terre! Après cette chanson, on se relève et on quitte Paris: Sinsemilia, c'était pas le concert absoluement inoubliable, au contraire.

On va marcher un peu sous le chapiteau des associtations. Et je trouve ça passionant, notamment l'association Contact, qui aide les jeunes homosexuels et leurs parents. Je crois quun détour par le siège parisien de l'assoc' me fera du bien. ^^
Il est bientôt huit heures, et on rentre dans la tente du Patchwork des Noms, pour faire notre propre patchwork. L'idée nous est venue dans l'après-midi, et on a très envie de la réaliser. Alors armées de ciseaux, on découpe, on découpe des morceaux de tissus. Puis on colle et on recolle, on agrafe. On corrige les imperfections etc, et c'est enfin fin prêt à être montrer, accrocher. En à peine trois quart d'heures de temps, on a réussi à faire ce qu'on voulait.
Il est presque neuf heures, alors on va s'acheter à manger (pour mon amie), et puis on s'installe face à Paris. Le concert de The Dø va bientôt commencer. Entre deux bouchées de sandwich au jambon, j'écoute la musique. J'aime bien, j'aime beaucoup. Mai la voix de la chanteuse m'insupporte. Je la trouve criarde, elle part trop dans les aiguës, sans douceur aucune. La seule chanson que j'apprécie vraiment est en finlandais.

On quitte The Dø un peu plus tôt, et on se dirige à toute allure vers Bagatelle où Groundation doit se produire. Mon amie m'en a dit beaucoup de bien, alors je suis impatiente. Malheureusement, le début du concert ne se passe pas très bien: les gens n'arrêtent pas de nous bousculer, sans même prendre la peine de se retourner pour dire pardon. Ca gâche une partie de mon plaisir. Mais à partir de la moitié, cela commence à se calmer, et je peux apprécier la musique. Et planer. Parce que oui, c'est une musique planante.
Et la barbe et le chapeau du chanteur m'ont bien fait marrer.

Après Groundation, on laisse passer la marée humaine, et on se dirge lentement vers Domino où se produit Poni Hoax. En passant, on entend le concert sur la grande scène. NTM... sans Joey Starr (en prison). Donc ce n'est pas tout à fait NTM. Mais ça suffit quand même pour me faire accélérer le pas, et quitter le plus vite cet endroit. Cette musique, je ne peux pas l'entendre, c'est presque physique.

On reste jusqu'à la fin de Poni Hoax, concert assez oubliable, et on rentre à la maison, pour une bonne nuit de sommeil. Je suis crevée mais très satisfaite de ma journée. Je n'ai qu'une envie: être au lendemain! =D

D'autres vidéos sont disponibles ici.
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Published by Skorpan - dans Musique
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30 juin 2009 2 30 /06 /juin /2009 02:15
Bonne lecture! =D Moi, je vais me coucher.






     Le brunch fini, Mikaël exposa le planning de la journée, auquel il avait eu largement le temps de réfléchir pendant la préparation du repas. Il avait choisi une activité neutre, qui leur permettrait de parler de choses et d'autres, et ainsi de se connaître mieux. De cette manière, il croyait naïvement pouvoir élucider la raison de son trouble matinal.

-Aujourd'hui, j'ai décidé d'être raisonnable, annonça-t-il.
-C'est pas trop tôt, plaisanta Peter.
-C'est ça, c'est ça, n'empêche qu'hier, tu t'es pas trop plaint ensuite hein! Bref, je me disais qu'on pouvait rester à la maison, et que je pouvais t'enseigner quelques trucs d'équitation. Bon bien sûr, on a pas le cheval, mais déjà, j'ai ramené pas mal d'affaires du club, pour les entretenir, et j'ai aussi acheté des trucs hier. Donc je me suis dit que je pouvais te montrer comment entretenir tout ça, et à quoi servait chaque truc.

Peter ne réfléchit pas longtemps avant de donner sa réponse, car cela promettait d'être une après-midi passionnante.

-Ca me va plus que bien!
-Magnifique! Tu débarrasses et je vais chercher mes affaires?
-Ca marche! dit-il en se levant, emportant déjà son assiette et son verre vers l'évier, tandis que Mikaël sautillait vers l'entrée, où il avait déposé ses achats de la veille, ainsi que toutes ses affaires qui n'étaient pas des vêtements.

Occupé à faire la vaisselle, Peter ne prêta pas vraiment attention à ce que faisait Mikaël, et lorsqu'il aperçut le salon arrangé par ses soins, il n'en crut pas ses yeux.

-Mais... Mais... Mikaël, comment t'as fait pour apporter tout ça? demanda-t-il en pointant les trois selles posées au sol, les cinq filets sur la table, et toutes les autres choses qu'il ne reconnaissait pas forcément.

Mikaël le regarda étonné, puis sourit de son incompréhension.

-Jeudi soir, quand on est allé chercher mes affaires au club, j'en ai profité pour prendre tout l'équipement que j'avais besoin d'entretenir... pour m'occuper quoi, expliqua Mikaël, qui peu à peu se rendait compte de tout ce qu'il avait emmené maintenant que c'était exposé dans le salon. Alors...
-Attends, attends, attends, tempéra Peter, qui sentait Mikaël parti pour expliquer chaque chose présente dans l'appartement. Tu n'étais pas si chargé jeudi pour pouvoir transporter tout ça.
-Bah si. Bon, c'est pas tout, ça, on s'y met ou pas?
-Euh... oui, si tu veux. Donc si j'ai bien compris, on doit... entretenir tout ton matériel, c'est ça? demanda Peter, hésitant sur le terme à employer.
-Exactement! Je suis censé le faire tous les mois, et là ça fait deux mois que je ne l'ai pas fait, et les cuirs commencent à souffrir. Regarde, dit-il en prenant en main un filet qui traînait sur la table. Ca se plie pas aussi bien qu'avant. Si je graisse pas, ça va finir par craqueler, et là, c'est irrécupérable. Et comme un filet, c'est cher, vaut mieux bien entretenir ceux qu'on a déjà.
-Ok. Tu m'expliques comment on fait?

Mikaël acquiesça et sortit différents pots avant de se lancer dans des explications relativement compliquées pour un néophyte. Le premier pot, celui de taille moyenne, était un dégraissant. A l'aide d'un chiffon, il servait à nettoyer en profondeur les cuirs, et on pouvait l'utiliser sur tous les cuirs: selles, filets, bottes... Seulement, comme il desséchait un peu la matière, il fallait ensuite passer du savon glycériné, expliqua Mikaël en pointant un savon jaune un peu transparent, de forme rectangulaire. Ca nettoyait en surface et ré-hydratait le cuir, mais il fallait le faire avec un chiffon différent du précédent. Lorsque les cuirs étaient enfin propres et secs, il fallait, en ce qui concernait l'équipement du cheval, les graisser, et pour cela, le gros pot allait être plus qu'utile. Pour les bottes, un simple cirage, comme pour les chaussures de ville, ferait l'affaire.

-D'accord, je crois que j'ai compris: dégraissage, savon, puis graisse ou cirage, résuma Peter avec précaution, pour ne pas se tromper.
-Oui, c'est ça. On va commencer par les filets parce que c'est ce qu'il y a de plus chiant à faire. Tu prends les filets et je prends les brides parce que c'est plus compliqué, ok?
-Ouais, mais dis-moi. Pourquoi t'as autant de filets?
-Parce que je préfère en avoir un pour chaque cheval, c'est plus simple. T'as pas à tout re-régler à chaque fois. Et puis, chaque cheval a certaines spécificités. Par exemple, pour Jéricho, j'ai un mors assez large, qui a une action plus douce, et un filet avec une muserolle croisée, qui va mieux lui maintenir la bouche fermée, parce qu'il a tendance à mordiller tout ce qui lui passe sous le nez. Le filet de Jazz a un mors encore plus gros, pour une action encore plus douce, parce que c'est un très jeune cheval, et il ne faut pas le brusquer ou lui faire mal. Pour Jewel, j'ai un filet à peu près normal, on va dire, mais avec quelques fioritures, puisque c'est le filet que j'utilise aussi en concours. Quant aux deux brides que j'ai amenées, ce sont celles de Gallium et de Jéricho. Je les utilise aussi pour les concours, donc j'ai intérêt à en prendre soin.
-Oulà, ça m'a l'air compliqué tout ça. Pour aujourd'hui, on va s'en tenir au lavage de tout ça, ça va être plus simple, et mon cerveau va avoir le temps de digérer avant la prochaine leçon, rigola Peter, qui pour l'instant ne remarquait pas trop les différences entre les harnachements de tel ou tel cheval.

Mikaël sourit en retour et attrapa l'une des brides tandis que Peter prenait l'un des chiffons sortis pour l'occasion, le trempait dans le pot de dégraissant et commençait à frotter l'un des filets -il ne savait pas lequel c'était- avec. Tout à sa bride, Mikaël ne fit pas vraiment attention à ce que faisait son ami, et ce n'est que lorsque celui-ci se plaignit pour la troisième fois qu'il consentit à lever la tête.

-C'est chiant quand même qu'il y ait autant de boucles. C'est super dur à dégraisser! râla Peter.
-Hein? Mais qu'est-ce que tu fais? s'écria Mikaël en lui arrachant presque le filet des mains. C'est pas comme ça qu'il faut faire. Faut le démonter d'abord!
-Le démonter? répéta, interrogatif, l'inspecteur, qui ne voyait pas en quoi il pouvait démonter un filet.
-Le défaire quoi. tu le mets en morceaux, et t'essaies de retenir à quels trous c'était mis, et comment c'était fait. Je suppose que c'est la première fois que tu démontes un filet.
-Bah ouais, répondit-il comme une évidence.
-Dans ce cas, quand tu le démontes, tu poses chaque partie de telle façon à ce que tu te souviennes comment c'était attaché. Par exemple, tu mets le frontal en haut, les montants du filet à l'extérieur, les montants de...
-Euh Mikaël, de quoi tu parles?

Le jeune homme le regarda étonné puis soupira. Il oubliait régulièrement qu'il avait à faire à quelqu'un qui n'y connaissait rien et qui apprenait dans le désordre. Habituellement, ceux qui entretenaient les cuirs savaient déjà démonter et remonter un filet, et ceux qui apprenaient à démonter et remonter un filet avaient déjà vu un bon nombre de filets dans leur vie. Leur apprentissage en était donc facilité. Là tout était à faire, et Mikaël n'en eut pas le courage. Après tout, ce n'était qu'une question de vocabulaire, et vu que Peter ne montait pas encore à cheval, ce n'était pas très utile de le lui apprendre dès maintenant. Il verrait tout ça en temps et en heure. Pour l'instant, Mikaël se contenterait de désigner les différentes parties du harnachement avec des "ça".

-Bon, on va faire simple: tu défais le filet de telle façon à ce que tu souviennes comment il faut le remonter, ok?
-Ok!


     Si le début de l'après-midi commença studieusement, il se continua en un enchaînement de fous rires. Le premier fut causé par Peter, qui, quand il eut fini de dégraisser, savonner, puis graisser le filet de Jazz, tenta de le remonter. Ce remontage fut un succès total si l'on considère que les montants de muserolle peuvent venir s'attacher sur le mors, que le frontal peut être mis dans le sens opposé à celui de la muserolle, et si l'on peut mettre le mors à l'envers. Lorsqu'il présenta le filet, après de durs efforts, à Mikaël, celui-ci, le moment de stupeur passé, éclata franchement de rire. C'était la première fois qu'il voyait un filet aussi mal remonté, et la mine déconfite de Peter finit de l'achever. Il ne put parler pendant un petite dizaine de minutes, recommençant à rire à chaque fois qu'il ouvrait la bouche. Après maintes et maintes explications, Peter comprit à peu près comment un filet se montait, mais ce fut au prix d'avoir les mains pleines de graisse, à force de triturer le cuir tout juste nettoyé.

S'amusant de cette sensation graisseuse sur ses mains, que Peter ne semblait pas particulièrement aimer, Mikaël s'essuya joyeusement la main sur la joue de son ami. Ce dernier, sentant des doigts collants glisser sur son visage, commença à crier et tenta d'y échapper. Mais ce fut peine perdue et après une âpre bataille, où chacun reçut sa dose de graisse et de savon glycériné, ils finirent l'un sur l'autre, entremêlés sur le sol du salon, au milieu des cuirs. Mikaël, au-dessus, apprécia le contact de leurs deux corps l'un contre l'autre. Il aima sentir tous les muscles de Peter se tendre et se détendre au rythme de sa respiration de plus en plus rapide, il aima avoir ce sentiment de contrôle sur son ami, et surtout il aima ce qu'il sentait poindre au niveau de leurs bas ventres respectifs, preuve qu'ils n'étaient pas indifférents l'un à l'autre. Cependant, avant que cela ne soit gênant pour l'un comme pour l'autre, il se releva, s'appuyant de ses deux mains sur le ventre de son partenaire, sous son T-shirt, en profitant au passage pour le lui graisser.

Peter, au contact de ces mains froides et poisseuses, se contracta de tout son corps, et lorsqu'elles se retirèrent, il releva un peu le bassin pour pouvoir les garder un peu plus longtemps contre sa peau. Mikaël était maintenant accroupi sur ses cuisses, Peter s'était appuyé sur ses coudes, le buste légèrement décollé du sol, pour pouvoir le regarder dans les yeux. Ils se plongèrent chacun dans l'immensité aux couleurs changeantes des yeux de l'autre, cherchant à y décrypter leurs propres sentiments ainsi que ceux de l'autre. Mais les réponses étaient trop bien enfouies, trop bien cachées, pour qu'en un affrontement de regards ils puissent les trouver, et éventuellement y faire face. Mikaël abandonna le premier, plus faible quand il était question de sentiments que quand il était question de cheval. Il alla pour se lever quand Peter agrippa son T-shirt de la main gauche, s'asseyant du même coup, Mikaël toujours sur ses cuisses. Il passa son autre main derrière la nuque de son ami, et posa ses lèvres sur les siennes. Voyant qu'il n'était pas rejeté, il réitéra l'opération, en passant cette fois-ci sa langue sur les lèvres de Mikaël, qui les entrouvrit. La langue de Peter s'engouffra dedans et bientôt les deux langues dansèrent l'une contre l'autre, tandis que les quatre mains dessinaient des arabesques de graisses sur le corps de chacun.

Les T-shirts furent rapidement superflus et finirent à terre, abandonnés par leur propriétaire. Les ceintures subirent le même sort quelques minutes plus tard, et rejoignirent les T-shirts tandis que les deux hommes se relevaient pour aller s'appuyer violemment contre un mur, Peter menant toujours la danse. Les mains sur le mur encadrant la tête du plus jeune, il l'embrassait toujours, de plus en plus vigoureusement, comme s'il voulait aller de plus en plus loin dans ce corps inconnu. Comme s'il avait peur de lâcher prise s'il n'agissait pas. Mikaël, ressentant inconsciemment cette angoisse, croisa ses mains derrière la nuque de son ami et entreprit de lui masser les cervicales pour le détendre. Aussitôt Peter se calma et ralentit son baiser, le rendant plus sensuel, moins vorace, ce qu'apprécia sans conteste le jeune brun au mouvement brusque qu'il fit pour rapprocher leurs deux bassins. Enhardi par ce geste, Peter détacha ses mains du mur et les posa à plat sur les pectoraux de Mikaël, pour ensuite les laisser descendre le long de ses flancs, une de chaque côté. Elles atteignirent presque en même temps le haut du jeans et Peter faufila une ou deux phalanges de ses doigts entre ce tissu rêche et cette peau douce qu'il ne se lassait pas de toucher. Ses doigts firent le tour du bassin de Mikaël, se rejoignant d'abord dans le dos, là où la lordose lombaire commençait à laisser place à la cyphose sacrée. Il massa doucement cet endroit avant de s'enfoncer un peu plus profondément sous le tissu jusqu'à atteindre le départ de la raie fessière. Avec un doigt, il appuya un peu plus fortement à cet endroit et il sentit le corps de Mikaël tressaillir sous le sien, la langue de Mikaël s'agiter dans sa bouche.

Amusé, il décida néanmoins de ne pas pousser le jeu trop loin pour une première fois et fit glisser ses doigts sur le pourtour du bassin du jeune cavalier. Le tour fut vite fait et les doigts de Peter se croisèrent de nouveau au niveau du premier bouton du jeans. A l'aide du pouce et de l'index, Peter le défit aisément et s'enfonça un peu plus dans ce territoire qu'il connaissait si bien et qui pourtant lui était inconnu. Ses doigts jouaient avec les quelques poils de la fine ligne pubienne de Mikaël, qui semblait adorer ça: de longs gémissements que n'arrivait pas à étouffer leur baiser sortaient de la gorge du jeune homme tandis que ses mains accentuaient son massage de nuque, au plus grand plaisir de Peter. De plus en plus excité, Peter voulut faire ça dans les règles de l'art et tenta d'entraîner Mikaël vers la chambre, et le lit, où ils seraient plus à l'aise. Mais après un pas, Mikaël s'effondra sur le sol, haletant, et se tenant la cheville. Son visage, rouge de plaisir, esquissa une grimace qu'il contint du mieux qu'il put. Alarmé, Peter s'agenouilla à ses côtés, n'osant plus le toucher, de peur d'aggraver la situation: la chute de Mikaël lui avait fait reprendre ses esprits. Il se rendit soudainement compte de tout ce qu'ils avaient fait, et s'il ne le regrettait pas, il ne savait en revanche plus comment agir.

-Merde, ça va Mikaël? T'as mal?

Mikaël hocha la tête en se mordant la lèvre inférieure.

-Ok, alors euh... Qu'est-ce qu'il faut que je fasse? se dit-il a lui-même. Ah oui, il y avait des anti-douleurs sur la prescription du médecin, ils doivent encore être dans le sac de pharmacie.

Peter se releva rapidement et en quelques enjambées accéda au bar de la cuisine. Il attrapa le sac en papier de la pharmacie de l'hôpital, observa attentivement l'ordonnance, sortit une boîte jaune et blanche du sac, y prit un comprimé, puis se servit un verre d'eau avant de revenir vers Mikaël.

-Tiens, voilà, prends ça. Y'a marqué d'en prendre qu'un seul, et si au bout d'une demi-heure, ça ne fait pas effet, tu en prends un deuxième.
-Merci, murmura Mikaël qui avait repris son souffle et semblait mieux contenir mentalement sa douleur.
Il avala son cachet puis reposa son dos sur le mur, fermant les yeux pour essayer de ressentir les effets de l'antalgique le plus vite possible.

Peter, en face de lui, regardait avec envie ce visage tendu et ne voulait qu'une seule chose: recommencer là où ils s'étaient arrêtés. Certes la chute de Mikaël l'avait déstabilisé un instant, et il en avait perdu ses repères, mais maintenant, il était sûr de ce qu'il souhaitait. Cependant, il savait que cela se révélait pour l'instant impossible: d'abord, il fallait que cette envie soit réciproque, et rien n'était moins sûr; et ensuite, la douleur qu'éprouvait Mikaël empêchait Peter d'agir: il ne fallait pas aggraver l'entorse du jeune cavalier.

-Qu'est-ce qui s'est passé? demanda Peter dans le silence de plus en plus pesant, pour essayer de connaître l'opinion de Mikaël.

Le jeune homme, toujours appuyé contre le mur blanc cassé, ouvrit les yeux, regarda Peter, jeta un coup d'oeil circulaire à la pièce, puis sourit.

-Je crois bien qu'on a fait une bataille de graisse, et puis, je ne sais plus comment, je me suis retrouvé allongé sur toi. Quand j'ai voulu me relever, tu m'as retenu et tu m'as embrassé. Ensuite... ensuite... on a continué à s'embrasser, on s'est enlevé les T-shirts, on s'est encore embrassé, tu m'as plaqué contre le mur, toujours en m'embrassant. Après, je crois que t'as voulu finir ce qu'on avait commencé dans la chambre, mais t'avais oublié que je ne pouvais pas bien marcher, et je suis tombé. Et maintenant, on en est là, à se demander pourquoi c'est arrivé, je suppose.
-... T'es pragmatique toi, remarqua Peter, ce qui ne l'arrangeait pas vraiment: Mikaël n'avait en aucun cas révélé ses sentiments dans ce compte rendu de la situation.
-... Ouais, on me le dit souvent, fit-il avec retard, comme s'il accusait un reproche.
-Et t'en penses quoi? ré-attaqua Peter, oubliant tact et délicatesse: il avait absolument besoin d'une réponse, et le plus vite serait le mieux.
-Je pense qu'on a encore besoin d'y réfléchir, dit Mikaël posément en se relevant grâce au mur. Bon, je vais prendre une douche. T'occupes pas des selles et tout, je continuerai demain à les entretenir. Tu peux commander des pizzas pour le dîner s'il te plaît? Et je propose que pour l'instant, on fasse comme si rien ne s'était passé, et qu'on n'y fasse pas allusion pendant quelques jours. Comme ça, on pourra réfléchir tranquillement, chacun de notre côté, sans être influencé par l'autre.

Peter répondit un ok général et évasif, encore hébété sous le flot de paroles de Mikaël, et surtout sous leur contenu. Mikaël, rassuré par ce simple acquiescement, partit clopin-clopant vers la salle de bains. Alors qu'il allait refermer la porte sur lui, il lança à l'adresse d'un Peter toujours à terre, comme pour le réveiller.

-Je veux une calzone!

Il s'enferma ensuite dans la salle d'eau, retira rapidement ce qui lui restait de vêtements, entra dans la douche, ferma les portes de Plexiglas transparent, ouvrit à fond les robinets de telle sorte à avoir une eau assez chaude, puis se laissa glisser contre le carrelage blanc aux dessins bleu foncé. Le jet d'eau atterrissait entre ses jambes repliées, sur son ventre, qui se teinta rapidement d'un rouge écrevisse, et si le bruit de l'eau qui coule couvrait les hoquets de Mikaël, les larmes ruisselant sur ses joues étaient quant à elles bien visibles sur son visage encore épargné par la douche.
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22 juin 2009 1 22 /06 /juin /2009 18:28
Une suite, à l'heure pour une fois! =D
Votre weekend s'est-il bien passé? La fête de la musique vous a fait-elle dansé? Ou vous a-t-elle plutôt transporté dans un autre univers?
Le weekend prochain, je vais aux Solidays, et j'espère bien pouvoir voir anu Chao, Syd Matters, Debout Sur Le Zinc et autres Wampas! Je vous ferais un petit résumé! ;-)

Bonne lecture! =D





     Samedi matin, dix heures, Mikaël émergeait lentement dans le lit deux places de Peter. Il avait très mal dormi et s'emmêler les pieds dans la couette en se levant n'arrangea rien à son humeur déjà massacrante. Il se dirigea, sautillant sur un pied, vers la cuisine et mit de l'eau à chauffer pour se faire un thé. Il voyait déjà comment sa journée allait se passer: exactement comme celle de la veille, à ne rien faire du tout à part lire quelques livres empruntés dans la maigre bibliothèque de l'appartement. Et cela le déprima. Finalement, il éteignit le gaz sous l'eau et alla s'allonger sur le petit canapé sans boire ni manger. Il se rendormit quelques minutes plus tard, priant pour que cette semaine de repos ne soit pas aussi morne et triste qu'elle le laissait augurer.


     Une odeur de café titilla ses narines et il se tourna sur le dos, frottant mollement ses paupières du dos de ses mains pour faire partir les derniers restes de sommeil. Il bailla puis s'assit, tout en faisant attention à sa cheville. L'odeur de café vint de nouveau envahir délicieusement ses narines et il se leva, se dirigeant tant bien que mal vers la cuisine.

-Bonjour la marmotte! dit joyeusement Peter en apercevant Mikaël.
-... Salut... répondit-il d'un ton endormi.
-T'as mangé ou pas?
-... Chais pas... Me souviens plus si c'était un rêve ou pas, dit-il tout en baillant et s'étirant.
-Ca devait être un rêve. J'ai fait du bacon, une omelette, y'a des tomates, du poivron, du concombre, du pain frais, et même des muffins, énuméra-t-il alors qu'il portait chaque chose sur la table du salon. Tu vas pouvoir déjeuner tranquillement. Et j'ai aussi fait du café, pour te réveiller.
-Hum... Merci. Il est quel heure?
-Quatorze heures passées.
-Hum... Quatorze heures passées... Eh beh, c'est la première fois que je fais une aussi longue grasse mat', remarqua Mikaël, apparemment pas plus perturbé que ça par son réveil très tardif. Tu manges avec moi?
-Bien sûr.

Ils s'installèrent l'un en face de l'autre et commencèrent à manger en silence. Peu à peu, les mets disparaissaient des plats, et bientôt, il ne restait plus qu'un couple de tomates, trois tranches de concombre qui se battaient en duel, un peu de pain et quelques miettes de muffin. Rassasié, Mikaël s'appuya au dossier de sa chaise et se laissa aller, les mains croisées sur le ventre. Il avait vraiment bien mangé et cela lui avait donné de l'énergie pour la journée. Il adressa donc un grand sourire de reconnaissance mêlé de joie à Peter.

-Qu'est-ce qu'il y a? demanda celui-ci, intrigué.
-Comment ça?
-T'as un sourire qui fait trois fois le tour de ta tête.
-Ah... Je suis heureux, c'est tout.
-Heureux? répéta, incrédule, Peter.
-Ouais... D'un côté, c'est pas drôle d'avoir une entorse, de pas pouvoir bouger, et surtout de pas pouvoir monter à cheval, mais là... là je m'en fous. Je peux enfin passer une journée tranquille, sans stresser à tout bout de champs, avec une personne que j'apprécie. C'est un peu comme des vacances, mes premières vacances depuis, je sais pas... une dizaine d'années. Alors je savoure.

Peter rit doucement, devinant sans peine ce que ce repos signifiait pour Mikaël, avant de réaliser également autre chose.

-Tu veux peut-être que je m'en aille alors. Que tu puisses profiter pleinement de cette semaine, revoir des amis, je sais pas moi.
-T'as fumé, Peter? rigola Mikaël. Si je suis tout seul, je vais déprimer à fond dans mon coin, et tu vas me retrouver dans ta douche, les poignets tailladés et plein de sang! Et puis, tu sais, des amis, j'en ai pas beaucoup. Juste My, William, et toi bien sûr! Les autres, ce sont des connaissances de boulot, plus que des amis. Il me viendrait jamais à l'idée d'inviter une de ces personnes juste pour se faire une sortie à deux, surtout si ça n'a aucun rapport avec le cheval.

Le ton était étonnamment rieur, soit pour cacher une blessure et un mal-être plus profonds, soit effectivement, parce qu'il trouvait cette situation comique et que cela ne le touchait pas. Mais quelle que soit la raison, cela serra le cœur de Peter, qui imagina la force mentale qu'il avait fallu à Mikaël pour accepter une telle situation. Car l'isolement affectif qu'on s'imposait, même tournée à la dérision, était rarement anodin. Néanmoins, ses réflexions n'allèrent pas plus loin, car Mikaël l'interpella.

-Au fait Peter, tu devrais pas être avec Sonia?
-Ouais, mais non. Je sais pas si tu sais, mais elle travaille à mi-temps dans l'école primaire de notre quartier.
-Elle est prof? interrogea Mikaël, qui plaignait déjà ses élèves d'avoir une maîtresse aussi obtus.
-Non, assistante. Enfin, ça porte un nom super compliqué que j'arrive jamais à me rappeler, mais en gros, elle aide les élèves de façon plus individuelle. Et elle s'occupe aussi de régler les problèmes sociaux, on va dire.
-Les problèmes sociaux? En primaire? Dans votre quartier? Tu me fais marcher Peter! s'étonna Mikaël, qui savait ce qu'était un quartier difficile, et celui de Peter et Sonia ne l'était absolument pas.

Peter resta silencieux quelques secondes, ne voyant pas très bien où Mikaël voulait en venir. Puis soudain, tout s'éclaira dans son esprit et il rigola de sa propre maladresse.

-Ah non! Je ne parle pas de ces problèmes sociaux là. Mais tu sais, des petits disputes entre gamins, machin a volé sa barbie à truc, et ne veut pas lui rendre, alors truc a décidé de lui tirer les cheveux.
-Et en réponse, machin a griffé truc. Mais comme untel est amoureux de truc, il est allée la défendre et ça a fini en bagarre générale! continua Mikaël tout sourire, plaisantant avec délice sur cet âge innocent que constitue l'enfance. C'est ça?
-Exactement! Sonia adore me raconter toutes les anecdotes de ce genre, et à chaque fois, elle appelle ça des problèmes sociaux, donc à force, j'ai pris le pli. Bref, pour en revenir au pourquoi du comment je suis avec toi et non avec elle, c'est que sa classe est partie en voyage, genre classe verte, et elle a dû partir avec eux, comme accompagnatrice. Je croyais qu'ils ne devaient partir que lundi, mais ça a été avancé, et elle avait oublié de me prévenir. Ils sont dans un ranch dans l'Oklahoma, et ils ne reviennent que dimanche soir dans une semaine. Donc je m'étais dit qu'on pouvait passer cette semaine ensemble, ici, au lieu d'être tout seul chacun dans notre coin. Mais si tu veux, je m'en vais.

Peter souffla un bon coup, soulagé: il avait enfin réussi à exposer son idée et Mikaël ne lui avait pas encore sauté dessus de rage. C'était donc bien parti: étant donné que son ami était impulsif, s'il n'avait toujours pas réagi, c'était qu'il n'était pas totalement contre cette idée. Cela rassura Peter, qui avait eu beaucoup de mal à se faire à l'idée de demander à Mikaël de vivre ensemble pendant une semaine, dans le même appartement, et a fortiori, de dormir dans le même lit, vu que le canapé était trop petit pour faire office de lit. Dans son esprit de plus en plus chamboulé par sa relation ambiguë avec Mikaël, cette demanda signifiait quelque chose, quelque chose d'important, quelque chose de terrible, quelque chose qui allait le marquer. Il en était sûr. Mais ce n'était pas pour autant qu'il allait renoncer à connaître cet éventuel tournant de sa vie. Il devait faire comme on le lui avait appris à l'école de police: ranger sa peur dans un coin de son esprit, pour ensuite faire face sans tressaillir au danger. Et maintenant que sa demande avait été formulée à voix haute, en face de Mikaël et non de son rétroviseur, sa peur avait disparue pour laisser place à un apaisement certain. Alea jacta est, pensa-t-il.

Pendant les quelques secondes que mit son cerveau à intégrer toutes les données que venaient de lui asséner Peter, Mikaël se sentit comme un imbécile à ne savoir que faire. Puis, peu à peu, les pièces du puzzle s'emboîtaient les unes aux autres, et même si toutes les excroissances ne rentraient pas forcément dans les bons trous, une image assez nette commençait à se former dans son esprit. Et avec l'image, la légende "Là, faut pas merder mon vieux!", comme à chaque fois qu'il avait une décision importante à prendre. Il prit donc le soin de bien peser le pour et le contre, en tentant de mettre de côté ses sentiments, pour ne garder le côté pragmatique de la proposition de Peter. La balance pencha alors vers le pour, et lorsque, à la fin, Mikaël y rajouta son propre ressenti, le contre s'envola dans les hauteurs, et le pour pesa tellement lourd qu'il s'incrusta dans son esprit. Il n'y avait donc plus lieu de tergiverser: sa décision était prise.

-Mais non, reste! Ca me fait plaisir!
-Sûr?
-Sûr de sûr!
-Mais...
-Peter, t'écoutes ce qu'on te dit des fois? C'est sûr, j'ai envie que tu restes, qu'on passe cette semaine ensemble, et qu'on s'éclate tous les deux! Par contre, je te laisse t'occuper les risques, hein?
-Super! s'exclama Peter, son cœur, qu'il n'avait pas cru si oppressé, bondissant de joie dans sa poitrine, comme libre. Je vais chercher mes affaires dans ma voiture, et je reviens!
-Je vois que t'avais tout prévu, fit Mikaël, moqueur, mais terriblement content que cela se déroule ainsi.

Peter, amusé par la remarque du cavalier, lui tira la langue, puis sortit de l'appartement pour rejoindre sa voiture garée à quelques rues de là.


     Le soleil était haut dans le ciel dominical de New-York et il réchauffait au fur et à mesure des heures le lit où dormaient Peter et Mikaël. Mais la température montante de la pièce ne les décida pas à se lever: la journée de la veille avait été bien remplie, mais épuisante, et ils avaient besoin de repos.

En effet, immédiatement après que Peter se soit installé dans son propre appartement, Mikaël avait entamé avec entrain une discussion animée. Il en avait marre de rester enfermé disait-il, et le beau temps les appelait dehors. Peter avait d'abord refusé, arguant qu'il avait besoin de repos, et que c'était trop risqué de sortir ensemble un samedi après-midi, alors que tout le monde allait profiter du temps ensoleillé pour sortir. Mikaël n'avait pas été surpris par les arguments avancés par son ami, et avait apparemment préparé sa réponse puisqu'il contre-attaqua aussitôt. Il n'allait pas solliciter sa cheville excessivement: ce n'était pas sa première entorse, et il savait comment y faire. De plus, la probabilité de rencontrer un des collègues de Peter dans un magasin d'équipement équin était fort peu probable: ils préféreraient sans doute un joli café, ou un magasin de sport. Peter, quoique décontenancé par la verve de Mikaël, ne se laissa pas impressionner et rétorqua que si ses collègues seraient effectivement absents d'un tel magasin, ceux de Mikaël, en revanche, seraient bien présents. Le jeune cavalier semblait s'attendre à cette réponse et affirma, un sourire aux lèvres, qu'il ne serait pas judicieux pour des compétiteurs de sécher des entraînements alors que la saison promettait d'être l'une des plus rudes. A bout d'idées, Peter répéta qu'il était hors de question qu'il contribue au non-respect des consignes du médecin concernant sa cheville. A cette affirmation, le sourire de Mikaël se fit plus taquin et en regardant son ami droit dans les yeux, il affirma: "Dans ce cas, j'irai seul." Puis, il sortit en sautillant, attrapant au passage sa veste, où il y avait ses clés et son portefeuille. Il appela l'ascenseur et s'engouffra dedans lorsque ses portes s'ouvrir. Au moment où elles se refermèrent, il fit un dernier clin d'œil et un sourire à Peter qui se tenait sur le pas de la porte de son appartement, n'osant mettre un pied sur le palier de peur d'être entraîné par l'enthousiasme et le caractère charmeur de son ami.

Quelques minutes plus tard, les portes gris métallisé se rouvrir au rez-de-chaussée, sur un Peter essoufflé, pointant un
doigt accusateur sur l'occupant de l'ascenseur.

-Toi! souffla-t-il. Toi, tu ne m'auras pas comme ça!

D'un rire, Mikaël effaça sa rancune et c'est bras dessus bras dessous qu'ils partirent à la recherche d'un taxi.
Des heures plus tard, ils étaient de nouveau à la recherche d'un taxi, mais cette fois-ci, leurs bras étaient surchargés de divers sacs qui contenait un peu de tout, de la dernière chemise à la mode au savon glycériné, en passant par la graisse pour cuir. Sur le chemin du retour, Mikaël avait réussi à convaincre Peter de louer un film de Ken Loach, Le vent se lève, et d'acheter chinois pour le dîner. La soirée avait failli se finir en bataille rangée de nouilles, mais dès l'enclenchement du film, ils étaient redevenus plus sérieux, et c'est en larmes pour Mikaël, les yeux humides pour Peter, qu'ils avaient entendu la dernière note du générique de fin, à plus d'une heure du matin. S'en était suivi une discussion audacieuse sur la guerre civile en Irlande, ainsi que sur les sacrifices que l'on pouvait accepter de consentir pour une cause que l'on croyait juste. De fil en aiguille, les choses dérivant, ils en étaient arrivés à parler de la seconde Guerre Mondiale, de la résistance, et du nazisme, ainsi que de diverses choses ayant eu lieu pendant cette période. En conclusion, ils avaient remercié le ciel de ne pas avoir vécu à cette époque, et d'être américain, trop terrifiés de ne pas savoir ce qu'ils auraient fait s'ils avaient été vivants en 40, en Allemagne ou en France. Sur cette dernière réflexion, ils avaient failli s'endormir sur place, enchevêtrés sur le canapé, mais dans un ultime effort, se soutenant l'un l'autre, ils avaient réussi à se traîner jusqu'au lit, où ils s'étaient écroulés, vers quatre heures et demi. D'où leur besoin de repos en ce début de dimanche new-yorkais, et leur sommeil toujours paisible à plus de midi.


     Sous la peau légèrement hâlée de Mikaël, on pouvait deviner les mouvements de ses yeux, de plus en plus rapides, et bientôt ses paupières papillonnèrent avant de s'ouvrir complètement. Elles se refermèrent aussitôt, et un bras protégea ses yeux de la lumière intense. Au bout de plusieurs minutes passées à reprendre ses esprits, et à s'habituer de nouveau au monde extérieur, il ouvrit les yeux, sourit, puis bailla pour se décoincer la mâchoire. Il se sentait bien: il avait enfin fait une nuit complète, contrairement aux deux précédentes, trop perturbé qu'il était d'être dans un environnement inconnu. Mais cette nuit là, il avait extrêmement bien dormi, toute fatigue avait disparu, et il sut intuitivement que la présence apaisante de Peter n'était pas étrangère à ce changement. D'ailleurs, en parlant de Peter, il sentit le souffle de l'inspecteur dans son cou. Il remarqua alors que celui-ci était relativement collé à lui, pas trop près, mais pas assez loin pour que cela soit innocent. De plus, il avait passé un bras presque possessif autour des hanches du cavalier.

Surpris, gêné, Mikaël apprécia néanmoins le contact de leurs peaux nues l'une contre l'autre, tous deux dormant en boxer. Sans s'en rendre compte, il se mit à caresser délicatement, en le frôlant du bout des doigts, le bras de Peter qui lui barrait le bas ventre. Tandis que ses caresses se faisaient plus insistantes sur le corps de Peter, il commença lui-même à se caresser le torse de son autre main. Il titilla ses tétons, poussa quelques gémissements, et s'attaqua insidieusement au torse de Peter. Il se rendit soudain compte de ce qu'il faisait en constatant une douleur certaine dans son boxer, et il se sermonna mentalement. Mais son sermon fut nettement moins violent qu'attendu, étant donné qu'il avait apprécié ces caresses, et en particulier le fait de sentir la peau de Peter réagir au contact de ses doigts. Il se sourit alors à lui-même, puis repoussa en douceur le bras de Peter et se leva pour préparer le petit déjeuner, ou plutôt le brunch, vu l'heure.
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20 juin 2009 6 20 /06 /juin /2009 11:24
Encore une nouvelle catégorie! (comment ça, je suis en train de m'exciter sur mon blog en ce moment?! XD) Il s'agit de parler de films qui m'ont marquée cette fois-ci. Et je préviens d'emblée, il y en aura pour tous les goûts, et pas uniquement yaoi. D'ailleurs, le premier film, s'il est asiatique, ne contient pas une goutte de yaoi. Ou alors faudra me ré-expliquer ce qu'est le yaoi! XD
Et un grand merci à Tatie! Je ne te remercierai jamais assez pour m'avoir fait découvrir ce petit bijoux, cette perle.






Titre: A Moment To Remember
Pays: Corée Du Sud
Directeur: John H. Lee
Remarque: préparez la boîte de mouchoirs ou le rouleau de PQ! Il faut absolument qu'ils soient à proximité! XD
Lien: le film en 8 parties ici. En remerciant de tout cœur bester_lee pour ce streaming.


Une jeune fille du nom de Kim Su-Jin va dans un petit magasin de quartier s'acheter une canette de coca. Manque de chance, elle l'oublie sur le comptoir. Et ne s'en aperçoit que plusieurs minutes plus tard. Alors elle revient vite fait vers le petit combini, juste au moment où un jeune homme du nom de Choi Chul-So (sur lequel vous baverez toutes, mesdemoiselles! Et messieurs les gays et bi, si jamais vous aimez les asiats, et que vous passez par là. ^^), en sort. Et il tient une canette de coca à la main. Exactement la même que celle que Su-Jin à oublier sur le comptoir. Ni une, ni duex, elle lui prend la canette des mains et la boit sous ses yeux médusés. Ce n'est que lorsqu'il est parti qu'elle s'aperçoit que sa canette est toujours sur le comptoir...

... Vous voulez savoir la suite? Petits curieux va! Mais comme je suis gentille, je vais vous la dire: la première canette a fini à la poubelle, et la deuxième aussi probablement, après avoir été bue.

Hein? Comment ça? C'était pas le destin des canettes de coca que vous vouliez savoir? O_o C'est celui de Su-Jin et Chul-So? Eh beh, z'êtes absolument pas exigeant vous! XD

Dans ce cas, un conseil: regardez le film. Car en plus de l'histoire magnifique et émouvante, un mélodrame comme les occidentaux ne savent pas faire (Titanic et autres, c'est de la gnognotte à côté de ça!), c'est très très bien filmé, tout en finesse et retenue. Sans que cela ne devienne cru ou dérangeant. Ca nous met juste face à la réalité des choses sans nous l'imposer. Et le jeu des acteurs est superbe. Les émotions qu'ils arrivent à nous transmettre... C'est juste fabuleux!

Bref, du grand cinéma, dont vous avez un bref aperçu dans la bande-annonce (en VO, et faut dépasser les premiers instants, un peu bizarres ^^). =D


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Published by Skorpan - dans Film-Séries TV
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17 juin 2009 3 17 /06 /juin /2009 01:07
Deuxième article de la section, et j'ai choisi un monument (selon moi) de la BD. Quelque chose d'incontournable. Quelque chose que tous ceux qui s'intéressent un tant soit peu à la BD doivent connaître. Quelque chose d'immense. Quelque chose de magique. Quelque chose de tragique.
J'ai nommé Sambre.






Titre: Sambre
Scénariste/Dessinateur: Yslaire
Tomes: 5 - En cours (a priori)
Remarques: il faut lire la 2ème édition, celle faite uniquement de rouge et noir, qui est bien plus belle que la première.
Un autre cycle, sous forme de prequel, a été commencé: La guerre des Sambres.


Voulez-vous connaître une histoire d'amour passionnelle?
Voulez-vous voir un drame digne des plus grands auteurs, et surtout des plus grands personnages?
Voulez-vous endurer une tragédie à vous déchirer le cœur?
Voulez-vous savoir ce qu'est la guerre des Yeux?
Voulez-vous apprendre ce qu'était une partie de la France au XIXème siècle?
Voulez-vous vivre la révolution de 1830 à travers quelques planches?
Voulez-vous savoir comment Delacroix a peint sa Liberté guidant le peuple?
Voulez-vous vous régaler les yeux à observer des dessins magnifiques aux couleurs rouge sang et noir sombre?
Voulez-vous ravir votre esprit en le laissant divaguer avec Bernard et Julie?
Voulez-vous enfin plonger dans l'univers particulier de Yslaire?


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Published by Skorpan - dans BD-Manga
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Så Här Är Det!

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Les textes publiés sur ce blog sont de ma propre invention et sont écrits par moi, à moins que le contraire ne soit précisé en début d'article. Je vous demanderai donc de respecter mon travail et de ne pas plagier mes écrits.
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seules ses créatures racontent sa véritable histoire, celle qu'il n'a pas vécue, mais a souhaité vivre."

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Andra saker ni kan se

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