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28 mars 2010 7 28 /03 /mars /2010 16:50

Eh non, ce n'est pas une suite de "Crampons et autres fantaisies hippiques", mais la suite et fin de "Métro, boulot, dodo?". Comme ça, je pourrais dire que j'ai au moins fini une fic sur ce foutu blog! XD

Et j'en profite pour dire que The Ark a sorti un nouveau single (l'album sortant le 26 avril, "In Full Regalia"), qui s'appelle Superstar, et que j'écoute en boucle. <3 Il est écoutable gratuitement sur leur site officiel, ici.


Edit: j'ai cliqué sur publier au moment où je me suis aperçue que j'oubliais de le dire, mais ça ne fait rien, je le dis maintenant. Je dédie cette fic à la personne qui m'a inspiré le prénom d'Etienne, et aussi un peu la suite de l'histoire (oui, oui, c'est de toi dont je parle Mel!). Et je la dédie aussi au joli couple qui a inspiré Mel pour le prénom, même s'ils ne passeront jamais par ici. ;-)



Dormir---N-B.jpg

     Huit mois qu'on est ensemble. Huit mois que j'ai revu Etienne lors de ce fameux TD. Huit mois qu'on a décidé d'aller plus loin tous les deux, parce qu'aucun de nous n'arrivait à oublier l'autre. Et c'est seulement maintenant qu'il consent à m'amener chez lui, ou plutôt chez ses parents, qui ne sont pas là pour le weekend, bien évidemment. J'avoue: j'ai beaucoup, beaucoup insisté pour pouvoir venir chez lui. J'avais envie de découvrir un autre aspect de sa personnalité. Et puis envie de changer un peu de cadre aussi: marre de mon minuscule trente mètres carrés où on se retrouve toujours.

Il est bientôt neuf heures du soir et on est dans la cuisine à préparer à manger. Ou plus exactement, lui prépare le dîner, des spaghettis bolognaises, et moi je le regarde, assis à côté de la cuisinière. J'adore le regarder préparer à manger: il est super concentré et ça lui donne un petit côté élève premier de la classe, qui est plutôt mignon. En plus, quand je chipe dans la nourriture qu'il est en train de faire, il aime pas du tout et il s'énerve. Alors moi je le calme avec un baiser. Et si ça suffit pas, je lui en donne un autre, et encore un autre, et pleins d'autres. C'est pour ça que je préfère quand c'est lui qui prépare à manger.

Tiens, j'ai cru entendre la porte d'entrée claquer. Mais Etienne n'a pas réagi.

-Etienne, t'attends quelqu'un?
-Ca doit être mon frère qui est rentré. Il avait rendez-vous avec sa copine cet après-midi.
-Ah, d'accord. Et il est pas resté avec elle pour la soirée? C'est dommage, je rajoute avec un petit air malicieux, sous-entendant que s'il n'avait pas été là, on n'aurait pas eu à se restreindre cette nuit.
-Certainement pas! intervient une voix d'homme. Pour une fois qu'Etienne ramène son mec à la maison, je n'allais louper ça pour rien au monde!

Et là, je découvre le petit frère de mon chéri dans l'entrée de la cuisine. C'est à peu près le même modèle qu'Etienne, mais en un peu plus baraqué, juste un peu, et avec la voix plus grave. Heureusement que je suis déjà accro et raide dingue amoureux d'Etienne, parce que sinon...

-Arrête de baver sur mon frère, me fait Etienne avec un air de reproche et en me tapant sur la cuisse. Va finir par y avoir une flaque sur le carrelage.
-Mais non, mais non, je me défends. Y'a rien du tout sur le carrelage, regarde!

Je pointe le carrelage et forcément, comme j'ai pas de chance, y'a une flaque d'eau à mes pieds. Le frère d'Etienne éclate de rire, Etienne fait la gueule, et moi je me souviens soudainement que tout à l'heure, en voulant me servir de l'eau avec la carafe, j'en ai foutu à côté, et que c'est tombé par terre. Non mais quel con! Quel con je suis! Faut que je me rattrape. Je descends du plan de travail et je viens enlacer mon chéri à moi tout seul par derrière. Je lui mets quelques baisers dans la nuque, juste à la base, et il frissonne. Et puis je lui murmure ces quelques mots qui le rassurent à chaque fois qu'il doute, ou presque. Parce que oui, Etienne, malgré tout, doute beaucoup.

-Je t'aime, Etienne. Je t'aime comme j'ai jamais aimé et comme j'aimerai jamais. T'es unique à mes yeux, mon chéri.

Il soupire et je le sens sourire: je sais que j'ai gagné. Il se retourne et on s'embrasse, longuement, langoureusement, amoureusement. J'adore comment il m'embrasse. C'est jamais tout à fait la même chose, mais c'est à chaque fois magique.

-Heu les mecs, nous interrompt son frère, que j'aime beaucoup moins d'un coup, c'est pas que ça me dérange que vous vous pelotiez au beau milieu de la cuisine.

Bah tais-toi alors! Tu vois pas qu'on est en plein moment intime avec Etienne?!

-Mais la sauce bolognaise va cramer si on ne la remue pas.

Ah... C'est qu'il a pas tort le petit, en plus. Etienne s'empresse de remuer la sauce dans la casserole, et pendant qu'il finit de faire cuire le repas, je mets la table avec son frère. Et j'en profite pour le connaître un peu mieux, récupérer quelques infos sur mon chéri et faire bonne impression. Parce que voilà, Etienne, moi, je suis pas prêt de le lâcher, alors autant bien s'intégrer tout de suite dans ma future belle-famille.

-Donc tu t'appelles Théo, si je me souviens bien.
-Ouaip. Et toi? C'est quoi ton nom?

Hein? Etienne ne leur a jamais parlé de moi? Putain de nom de dieu! Va falloir que j'en parle avec lui, parce que là, y'a comme qui dirait un léger problème. Pas forcément le fait qu'il ne l'ait pas dit à sa famille. Mais plutôt qu'il ne m'ait pas dit qu'il ne l'avait pas dit, alors qu'on en a parlé plusieurs fois. Oups, y'a Théo qui attends toujours une réponse. Alors vaut mieux faire abstraction de la douleur qui me serre le cœur, lui faire un grand sourire et lui répondre.

-Nicolas, Nicolas Austier. Je suis chargé de TD à la fac de ton frère.
-Ah! Alors c'est une relation secrète et interdite entre un professeur et son élève? il fait avec une voix de conspirateur.

Il a trop lu de bouquins, le Théo, nanméo!

-Etienne est majeur et vacciné, et moi aussi, aux dernières nouvelles. Alors je vois pas où est le problème.
-Tout à fait, rajoute mon amoureux qui vient d'apporter la nourriture à table.

Il me fait un petit smack sur la bouche puis il s'assoit et moi je prends la chaise à côté de lui. Théo s'assoit en face et j'en profite pour l'interroger sur ce qu'il fait et tout le tintouin, histoire que la conversation ne tourne pas autour de notre couple. Je sais qu'Etienne détesterait ça.

-Et toi alors Théo? Tu fais quoi dans la vie?
-J'entre en première année de licence d'anglais.

Et là je crois qu'on peut faire tout le dîner en roue libre, vu comment il est enthousiaste et n'arrête pas de parler.
A la fin du dîner, Etienne a complètement regagné sa bonne humeur, et moi, j'en suis soulagé. En plus, je m'entends très bien avec son frère, d'autant plus qu'au bout de cinq minutes de conversation, je me suis rendu compte que ça ne pourrait jamais coller entre nous niveau caractère. Je le glisse à Etienne pendant qu'on range la cuisine et il me fait un sourire magnifique. Tellement magnifique qu'il ne me donne plus trop envie de regarder le film, mais de faire complètement autre chose. Je dois avoir un regard lubrique, parce qu'il me fait tout de suite non de la tête.

-Allez, s'il te plaîîîîîîît, je le supplie à voix basse pour pas que son frère entende.
-Non, Nico, on a prévu de regarder un film avec Théo d'abord. Ensuite, on verra.
-Mais j'en ai envie tout de suite, je recommence à le supplier.

Il me refait non de la tête: c'est qu'il est intransigeant quand il veut, mon petit Etienne. Mais j'ai l'arme absolue contre lui: mon air de chien battu! Aha!

-Nicooo, il soupire. Arrête de faire cette tête-là, ça ne marchera pas.

Tu parles, t'es en train de céder! Je le sens! Maintenant, il faut juste que je m'approche doucement. Doucement, voilà, comme ça. Et que je l'embrasse. D'abord quelques petits bisous dans le cou, juste pour l'effleurer. Il adore ça. Et puis je remonte vers son oreille, je souffle un peu dedans et il rigole. Et enfin, je l'embrasse sur la bouche. D'abord chastement, avant de venir titiller ses lèvres avec ma langue. Et c'est à ce moment-là que je vois son frère arriver du salon où il commençait à s'impatienter. Putain! Il a le chic pour choisir ses moments, ce con!

-Hum hum, il fait pour s'éclaircir la gorge.

Et voilà! Etienne s'écarte brutalement de moi. Il fait toujours ça quand il est surpris. Je veux dire, pas seulement quand il
est surpris avec moi. Une fois, je suis arrivé derrière lui et j'ai toussoté comme Théo alors qu'il allait avec la casserole de pâtes vers l'évier pour l'égoutter: on a dû faire recuire des spaghettis. Parce qu'il avait tout lâché.

-Dîtes, c'est pas que ça me dérange, mais vous avez ta chambre, Etienne, pour faire ça.

Il rougit jusqu'aux oreilles -parce qu'il est très pudique dès qu'il s'agit de sa famille ou d'amis proches- et moi, la proposition de Théo me tente bien.

-Mais non, on va pas te laisser regarder le film tout seul. Allez viens Nico, on y va.

Il me prend la main et je le suis dans le salon un peu à contre-cœur, mais je ne veux pas le contrarier ce soir: je sais que c'est important pour lui cette première rencontre entre son frère et moi. Sauf que Théo n'est pas d'accord avec lui, et qu'il nous arrête quand on passe à côté de lui.

-Nicolas te dévore des yeux depuis tout à l'heure, Etienne. Et toi c'est pareil sauf que tu te retiens. Alors un conseil: allez dans ta chambre, vous y serez beaucoup plus à l'aise.

Ce mec est génial! Il vient de me sauver la vie! Enfin, peut-être pas la vie, mais là, c'est tout comme.

-Et ne t'en fais pas pour moi, il continue quand Etienne essaie de protester. Je peux augmenter le volume de la télé autant que je veux, et au pire, j'ai des boules quiès, il conclut en faisant sauter une petite boîte en plastique turquoise dans sa main.

Ca achève de le convaincre, et je l'entraîne rapidement dans sa chambre, à l'étage, au cas où il changerait d'avis. Je referme vite la porte, pour ne pas qu'il s'enfuit, et je le plaque contre le mur d'à côté pour l'embrasser comme un drogué en manque. J'en pouvais plus d'attendre. Il m'a frustré tout à l'heure, Théo, en nous interrompant. Etienne a l'air autant en manque que moi, finalement. Faut croire qu'il a plus de self-control que moi.

En quelques mouvements, je le déshabille, et lui aussi me déshabille en vitesse. On se retrouve nus, l'un contre l'autre, et je prends les devants. Je sens qu'il a besoin d'oublier qu'il est chez lui, et je ne connais qu'un moyen pour cela: le prendre, le prendre jusqu'à l'épuisement, et monter au septième ciel. Alors, je le pousse délicatement sur le lit et je me mets à genoux au-dessus de lui. Il a les yeux qui brillent et moi aussi: cette nuit va être une nuit de folie, et je vais adorer. Et lui aussi.



     Je sors du sommeil tout doucement. J'aime bien cet état de veille, juste avant le réveil, où on est encore à moitié dans le rêve. Ce moment où on a pas encore rejoint la réalité et toutes ses merdes. Quoique là, comme merde, j'ai pas grand chose. En fait, si j'ouvre les yeux maintenant, je verrais juste mon chéri qui dort à moitié sur moi, épuisé après la nuit de sexe qu'on a eue. Une superbe nuit je dois dire. Je crois qu'Etienne ne s'est jamais autant lâché. Il a complètement oublié qu'on était chez lui, et je suis prêt à mettre ma main à couper que lorsqu'il réalisera aujourd'hui, il va devenir plus rouge qu'un homard ébouillanté.

J'ai pas très envie d'ouvrir les yeux. J'ai juste envie de sentir sa peau contre la mienne, de rester dans cette position le plus longtemps possible. Mais forcément, y'a un rayon de soleil à la con qui est venu se poser juste sur mes yeux. Et même si je déplace un peu la tête, il est toujours là, cet enfoiré. Allez, on va ouvrir les yeux pour trouver une solution à ce problème plus qu'embêtant. Hum... C'est le volet qu'est pas super bien fermé. Ca, je peux rien y faire. Par contre, voyons voir, si j'installe l'autre oreiller comme ça... Voiiiilà! Comme ça, c'est parfait, y'a plus de soleil qui vient m'agresser. Bon, maintenant que j'ai bien bougé pour installer ce petit truc, je crois que j'ai réveillé Etienne. En tout cas, il commence à bouger un peu.

-Etienne? je chuchote. Tu dors?
-Mmmh...

Ouais, il dort. Et il est trop mignon. Je passe ma main dans ses cheveux noirs. J'adore leur texture. En tout cas, il a l'air d'apprécier mes petites caresses vu qu'il se colle encore plus à moi. S'il se rapproche plus, je vais finir par lui sauter dessus, réveillé ou pas! Oui, je sais, les hommes sont pas des bêtes, mais on ne peut nier que parfois, l'instinct animal reprend le dessus, nan?

Ah! J'entends une porte s'ouvrir, et une seconde qui s'ouvre et se referme. Et un bruit assez caractéristique. Ca, c'est Théo qui est allé soulager sa vessie trop pleine aux toilettes. Voilà la chasse d'eau, l'eau du lavabo qui coule, et il retourne dans sa chambre, probablement pour se recoucher. C'est sûr qu'avec tout le bruit qu'on a fait cette nuit, il a pas dû beaucoup dormir, malgré ses boules quiès.

Tiens, maintenant, y'a une autre porte qui s'ouvre, mais le bruit est beaucoup plus lointain. La porte d'entrée, peut-être? C'est bizarre. Voyons voir, il est quelle heure. 11h58. Ah ouais, quand même. Il est pas tôt. Je me demande si c'est les parents. Mais Etienne m'a dit qu'ils ne rentraient qu'en début d'après-midi. Et 11h58, c'est le midi, pas l'après-midi! En tout cas, si c'est eux, j'espère au moins qu'ils seront pas du genre à rentrer dans la chambre d'Etienne comme dans un moulin.

Parce que sinon ça va pas le faire. Ca pue la sueur et le sexe. D'ailleurs faudra qu'on pense à aérer. Et puis, aucun de nous deux n'est douché, on est vraiment crades. Et puis on est nus tous les deux sous la couette, qui ne monte que jusqu'en-dessous des fesses de mon chéri. Je crois que je ferais mieux de la remonter un peu, histoire de pas avoir la bite à l'air. Parce que s'ils débarquent, leur première impression de moi sera vraiment fa-bu-leuse!
"Salut! Moi, c'est Nico. J'ai baisé votre fils toute la nuit, j'ai encore son sperme sur moi et comme vous pouvez le constater, je suis pas trop mal monté."
Ouais, remontons la couette. Ca évitera déjà la partie sur le fait d'être bien monté, ou pas.

Bon, j'entends des voix qui viennent d'en-bas. Alors concentrons-nous pour comprendre ce qui se dit. Mmmh... Putain, c'est dur! C'est dans ces moments-là que j'ai envie d'être dans un monde comme dans Harry Potter. Au moins, là, j'aurais les oreilles à rallonge des jumeaux Weasley et je me crèverais pas les tympans à essayer de comprendre ce que deux personnes inconnues -parce que j'ai quand même réussi à identifier qu'il y en a deux qui causent- disent. Ah! Là! Je crois que j'ai trouvé la bonne fréquence pour les écouter! C'est très faible mais c'est plutôt clair! Allez, radio Nico à l'écoute!

-Chérie, dis-moi, il n'y aurait pas une paire de chaussures qui n'est pas aux garçons?

Ca, c'était une voix d'homme, un peu grave. Et à vrai dire, ce qu'il vient de dire m'inquiète: ça m'a tout l'air d'être les parents qui sont rentrés avec de l'avance.

-Si, les Puma noires, c'est pas à eux. Etienne ne met que ces Docs immondes et Théo préfère les chaussures un peu plus classes que ça.

Eh! Elles sont très classes mes Pumas noires, Madame! Nanméo! Elles sont pas trouées et elles sont encore à peu près propres!

-Hum... C'est peut-être celles d'une fille que Théo a encore ramené.

Biiip! Mauvaise réponse! Retente ta chance! C'est pas des chaussures de fille, ça se voit quand même! Surtout vu le genre de filles que Théo ramène chez eux. Il s'en est un peu vanté hier soir au dîner, et il a l'air d'aligner, le petit frère. En tout cas, ce qui est sûr, c'est qu'il ne se fera jamais moine.

-Ca m'a plutôt l'air d'être celles d'un garçon. Elles sont quand même assez grandes.

43, M'dame! Et après, on s'étonne que ce soient les filles qui soient les premières en classe. C'est juste qu'elles en ont plus dans le ciboulot que les mecs.

-Tu penses que c'est un copain à eux, ou que c'est Etienne qui a invité son ami à dormir?

Petit ami serait plus juste, mais je ne t'en veux pas. Je suis habitué à ce genre d'appellation.

-On verra bien. Bon, allez, on pose les affaires dans la chambre et on va réveiller les garçons. Parce qu'il est midi passé, et c'est pas une heure pour être encore au lit!

Oulà! Belle-Maman n'a pas l'air de plaisanter quand elle parle de nous réveiller. Pitié, Dieu, Bouddha, Grand Être Supérieur ou tout ce que tu veux, fais qu'ils commencent par Théo! Théo d'abord! C'est le plus jeune, c'est lui qui doit être réveillé en premier, nan?

Je les entends monter l'escalier et la boule que j'ai dans le ventre a l'air de peser une tonne. Là, ils arrivent au palier, et les voilà qui avancent... et qui ouvrent une porte. C'est bon, c'est pas celle de la chambre d'Etienne, mais celle de Théo. Et j'entends beaucoup mieux ce qu'ils disent.

-Salut chéri!
-Salut M'man. Vous êtes rentrés plus tôt, nan?
-Oui, on est partis un peu plus tôt que prévu et ça a très bien roulé sur la route.
-Ah ok. C'était bien?
-Très bien, confirma le père. Au fait, la troisième paire de chaussures dans l'entrée, c'est un pote à toi?
-Non, à Etienne.

Putain! Théo! T'aurais pas pu la boucler?! Ou dire un truc plus intelligent, ou je sais pas moi! Mais fais quelque chose! Je sens gros comme une maison qu'ils vont débarquer ici, et moi, comme un con, j'ose toujours pas réveiller Etienne qui dort comme un ange.

-D'accord. Je vais aller le réveiller. Tu descends manger? Ta mère va vous préparer un brunch.
-Ok, merci Papa.

Y'a des bruits de pas qui se rapprochent dangereusement de la chambre. Et qui s'arrêtent juste devant la chambre. Y'a même la raie de lumière qui filtre de dessous la porte qui est est obstruée. La poignée qui se baisse et putain.

-Ah! Papa! Attends! Etienne, il a...

Trop tard Théo! La porte est déjà ouverte. T'aurais pas pu réagir une demi-seconde plus tôt, nan? Espèce de bon à rien, va! Je vois l'ombre du père se découper sur le parquet de la chambre et lui, je le vois à contre-jour. Donc en gros, je le vois pas du tout. Alors que lui, quand ses yeux se seront habitués à la pénombre...

-Etienne, debout! Et réveille ton ami aussi. Il est midi passé. Lili va faire un brunch, donc faudra que vous disiez ce que vous voulez manger.

Etienne grogne face aux paroles de son père mais ne bouge pas d'un poil. Putain, il est vraiment pas du matin, ce con. Allez, bouge-toi un peu, mon beau! Je lui attrape l'épaule et je le secoue doucement.

-Etienne, lève-toi, y'a ton père qui te parle. Etienne. S'teu-plaît, réveille-toi.

Il grogne de plus belle et se raccroche à moi. Il fait vraiment sangsue comme ça. Et là, je me rends compte que son père n'a toujours pas quitté la chambre et qu'il nous regarde intensément. Il doit attendre une réponse, je suppose.

-Euh... On arrive dès que j'ai réussi à le lever, M'sieur.

Silence. Il ne me répond pas. Ok. J'ai dit un truc qui fallait pas ou quoi? Ou alors il s'attendait pas à voir un mec dans le même lit que son fils. Pourtant Etienne m'a dit qu'il leur avait annoncé qu'il était homo et qu'ils l'avaient plutôt bien pris.

-Nicolas? Nicolas Austier?

Hein?! Comment qu'il connaît mon nom,celui-là? Même Théo ne le connaissait pas. Et puis, j'ai comme un très gros doute
tout d'un coup. Depuis tout à l'heure, cette voix me dit quelque chose, mais j'arrive pas à mettre un nom dessus.

-Euh... Et vous êtes?

Et c'est là qu'il allume la lumière, et que je le vois très bien.

-Oh putain... Pierre...

Mon chef de labo. Le père d'Etienne est mon chef de labo! Putain de nom de dieu de merde! Ils ont pas le même nom pourtant! J'y comprends rien! Pierre a l'air aussi choqué que moi, et il quitte la chambre sans dire un mot de plus. Et moi, j'essaie de réveiller Etienne, et cette fois-ci, j'y vais pas avec des pincettes: je le secoue comme un prunier!

-Etienne! Réveille-toi! Pourquoi tu m'as pas dit que ton père était mon chef de labo?
-Hein?

Il a pas l'air très réveillé, mais je sens que ça monte doucement à son cerveau, jusqu'à l'atteindre.

-HEIN?!!

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8 février 2010 1 08 /02 /février /2010 00:18

Bonne semaine et bonne lecture! =D Voici la seconde partie du triptyque Métro, boulot, dodo?.


cellbasedassay.jpg

     -Catherine! Catherine!

Mais putain, elle va s'arrêter cette conne, oui ou merde?! Ca fait un couloir, un escalier -parce que forcément, j'ai loupé l'ascenseur dans lequel elle était- et un autre couloir que je lui cours après. Je commence à être légèrement essoufflé. Et c'est un euphémisme: je souffle comme un bœuf et les étudiants me regardent bizarrement. Mais c'est vrai quoi: grimper cinq étages de la tour A au pas de course, c'est pas de tout repos.

-Catherine! je finis par hurler avec ce qu'il me reste de souffle, les mains sur les genoux.

Ah, elle se retourne enfin. Comme d'habitude, elle me regarde de haut, avec ce petit regard méprisant que je ne supporte pas. Tout ça parce que je suis encore en train de faire mon post-doctorat. Encore heureux qu'on ne soit pas dans le même labo: elle bosse au 6ème étage du bâtiment Kourilsky à Saint-Antoine et moi au 7ème.

-Ah, bonjour Nicolas. Comment ça va?
-Ca va, merci. Et toi?
-Bien, merci. Je vais donner un cours aux L3 bio.

C'est un TD, connasse! Pas un cours! T'es même pas prof. Bon, on se calme Nico, sinon tu vas jamais avoir ce que tu veux.

-Je vais pas être long dans ce cas, je fais avec mon plus beau sourire, un peu faux-cul, je le reconnais. En fait, j'ai un problème: je pourrai pas assurer mes TD de vendredi après-midi. Je dois aller assister au mariage de mon frère, et c'est pas la porte à côté. Donc mon train part à midi. Christian devait me remplacer mais il a la grippe et il est cloué au lit.
-Et t'as pensé à moi pour assurer tes quatre heures de cours de vendredi après-midi, je suppose?
-T'es la seule que je connaisse qui ait le vendredi aprèm' de libre.

Bon, vu la gueule qu'elle fait, c'était pas la phrase à dire. J'aurais dû flatter son ego. Mais voilà quoi, il y a des limites à tout quand même! Et flatter Catherine qui me fait royalement chier depuis plus de deux ans, c'est au-delà des miennes.

-Allez, s'teu plaît. Je te prends quatre heures de TD n'importe quand dans la semaine, du moment que j'ai pas d'autres TD à donner en même temps.

Elle hésite, je le sens. Maintenant, il ne me reste plus qu'à lui donner le coup de grâce.

-Et si tu veux, je parlerai de toi à Pierre.

Pierre, c'est mon chef de labo. Elle rêve de bosser avec lui, si ce n'est plus. Elle a les yeux qui pétillent trop à chaque fois qu'on parle de lui pour que ce soit juste dû au travail. Mais ce qu'elle ne sait pas, c'est qu'il est marié avec gamins: y'a la photo de deux mômes de dix ans sur son bureau. Et ça, ce n'est pas moi qui vais lui dire, vu que dans trois secondes, elle va accepter mon marché.

-D'accord... Mais pour Pierre, ne tarde pas trop: je vais essayer de passer dans son labo d'ici à la fin de l'année.

C'est ça: rêve toujours ma vieille! Il est hors de question que t'atterrisses dans le même labo que moi!

-Et tu me prends les cours de lundi après-midi. Je t'enverrai toutes les infos par mail. Tes cours de vendredi, c'est pour qui?
-L1 bio. Des rappels assez basiques de bio mol. Rien de bien méchant, mais ils ont rien dans le crâne. T'auras qu'à voir la
salle sur le planning, je retiens jamais, moi.

Elle hoche la tête et rentre dans sa salle de classe sans même me dire au revoir. Je plains ses étudiants: d'après les échos que j'en ai eu, elle est soporifique au possible, en plus d'être chiante et sévère. Au moins comme ça, mes L1 vont se rendre compte de la chance qu'ils ont de m'avoir en tant que chargé de TD. Bref, voilà une bonne chose de faite. Je vais pouvoir aller jouer mon rôle de témoin au mariage de mon frangin sans une once de culpabilité.



     Où est-ce que j'ai foutu ce putain de papier?! Je suis sûr d'avoir imprimé le mail de Catherine ce matin et de l'avoir mis dans mon sac. J'ai l'impression d'entendre ma mère qui me dit "Range tes affaires Nicolas. Tu vas finir par les perdre". Déjà que tout le weekend, j'ai eu droit au refrain: "Et toi, mon chéri? C'est quand qu'on aura le droit de te voir dans un smoking et dire oui à une jolie jeune femme comme ton frère?". J'ai failli lui répondre: "Quand les cons qui sont au gouvernement auront captés que les homos sont des gens comme les autres et qu'ils ont eux aussi le droit au mariage!", mais je me suis retenu: une crise cardiaque n'aurait pas été du meilleur effet lors du plus beau jour de la vie de mon frère. Dixit lui-même.

Moi, de plus beaux jours de ma vie, j'en ai trois pour l'instant. Enfin, c'est peut-être pas les plus beaux, mais ce sont ceux qui comptent le plus: celui où j'ai couché avec un mec pour la première fois (j'en étais vraiment amoureux à l'époque), celui où j'ai dit à mon frère que j'étais gay (le seul au courant dans la famille), et celui où j'ai fait l'amour dans le métro, il y a plus d'un mois, avec cet étudiant magnifique. J'en rêve encore.

Ah! Enfin, la voilà, cette satanée feuille! Alors voyons voir. Déjà, je suis dans la bonne tour, et au bon étage en plus! Et ma salle se situe... à dix mètres de là où je suis. T'as gagné le jackpot Nico! Yahou! Et qu'est-ce qu'elle a marqué d'autre, hum, les powerpoints. Ils sont dans ma clef, qui doit être dans ma trousse, et qui y est. C'est bon, j'ai tout, je peux entrer en salle, et ils sont déjà tous là! C'est dingue! Les L3 sont si studieux qu'il sont toujours en avance, ou c'est Catherine qui les terrorise? Je penche plutôt pour la seconde option, parce que mes L3 à moi, ils sont toujours pile poil à l'heure. Jamais en avance.

-Bonjour, vous êtes bien les L3 bio qui deviez avoir TD avec Catherine De Pulhiaque à 16h15?
-Oui, me répond une jeune fille au deuxième rang, qui me mange des yeux.

Et bien, c'est mal parti pour toi ma poulette, t'as beaucoup trop de poitrine pour que tu m'intéresses!

-Parfait! Je m'appelle Nicolas Austier, et c'est moi qui vais vous faire votre TD aujourd'hui à la place de Catherine. On a fait un petit échange parce que je ne pouvais pas faire certains de mes TD.

J'ai comme la vague impression d'entendre un soupir de soulagement dans la classe. Alors soit elle les terrorise vraiment, soit elle est nulle, soit les deux à la fois.

-C'est l'apoptose que vous devez faire aujourd'hui, si je ne me trompe pas. Et il y a quatre étudiants qui doivent nous présenter deux articles. Dunier, Halek, Rostini et Toulman, c'est ça?

Les quatre concernés hochent la tête, mais ne bougent pas de leurs chaises.

-Et bah alors, qu'est-ce que vous attendez? Le déluge?
-D'habitude, Madame De Pulhiaque nous fait un petit cours avant, minaude la fille du deuxième rang.
-Attendez, je fais, assez étonné par ce qu'elle vient de me dire.

Moi les rappels, je ne les fais que lorsque c'est vraiment nécessaire.

-L'apoptose, c'est de la tarte à la crème! C'est vu, vu et revu. En plus, vous avez eu plusieurs cours en amphi dessus.

Et c'est à ce moment là que les powerpoints de cette chère Catherine se rappellent à ma douce mémoire. Je file donc mettre ma clef dans l'ordi de la fac qui est sur le bureau, et en deux temps trois mouvements, je trouve les fichiers qu'elle m'avait envoyés. Effectivement, il y a un cours sur l'apoptose, que j'ouvre, et qui s'affiche en grand sur le mur blanc grâce au vidéo-projecteur. Je feuillette un peu les diapos avant d'annoncer mon diagnostic.

-Mais c'est de la merde, ce truc. Y'a beaucoup trop de détails et elle s'y perd elle-même dedans. Oubliez tout ça, je vais vous faire un rappel à ma manière.

Mais je n'ai rien préparé, évidemment, et l'apoptose, je ne bosse pas tous les jours dessus. Donc les noms des molécules, p53, bax, bcl2 et autres caspases, ça me passe un peu beaucoup au-dessus de la tête. Alors soyons un peu vache pour une fois et interrogeons un élève. Plouf, plouf, badaboum, et c'est tombé sur toi, Bernard. Quoique... Juste au-dessus, Barriel, ça me dit quelque chose comme nom. Le prénom, c'est... Etienne. Etienne Barriel.

Putain de nom de dieu de merde. C'est lui! C'est ce foutu étudiant de la ligne 6, entre Bercy et Quai de la Gare! Oh putain, faut pas que je rougisse, faut pas que je rougisse. Pense à quelque chose de pas drôle, Nico, à quelque chose de pas drôle. Ta première, et unique, fois avec une fille. Ah ouais. Ca c'était carrément l'horreur. Et ça a au moins le mérite de me calmer tout de suite. Bref, revenons à nos moutons: j'ose, ou j'ose pas? Allez soyons fou!

-Barriel, au tableau. Tu nous fais un petit rappel sur l'apoptose. L'essentiel à savoir, en quelque sorte.

Et là, je le vois se lever. Il est plus beau que jamais! Un peu plus couvert que la dernière fois, mais toujours aussi sexy. Il fait comme s'il ne me connaissait pas mais je suis sûr qu'il m'a reconnu dès que je suis entré dans la salle. Sinon, on ne se dévorerait pas mutuellement du regard de cette manière-là, comme si l'on savait ce qui nous attendait. Comme si on l'avait déjà fait. Ce qui est vrai en soi: on l'a déjà fait. Il s'approche du tableau et commence à faire un schéma. Pendant ce temps, moi j'ai une vue superbe sur son cul, et nom de dieu, le cours va être long, je le sens. Horriblement long.



     Une demi-heure que le cours devrait être fini. Une demi-heure que j'enrage, parce que ceux qui présentaient n'ont pas été foutus de comprendre correctement leurs articles.  Bon, je l'admets, ils n'étaient pas simples, mais ils avaient une semaine pour les préparer. C'était largement suffisant! Moi en lisant le premier dans le métro ce matin, la tête dans le cul après mon weekend plus que fêtard, et le second à l'heure du déjeuner, toujours la tête dans le cul, j'ai réussi à comprendre à peu près de quoi ça parlait. Ok, j'ai quelques années d'expérience de plus qu'eux, mais ce n'est pas une raison.

-Monsieur, dans la figure 3.A., je n'ai pas bien compris pourquoi les auteurs disent que les quantités sont comparables. La bande de droite est trois fois plus grosse que celle de gauche, intervient, encore une fois, la midinette du deuxième rang, que je vais finir par étriper si ça continue.

On va torcher ça vite fait bien fait, et peut-être qu'enfin elle me lâchera les baskets.

-Les témoins et les contrôles ne sont pas là pour faire jolis, aux dernières nouvelles.

Connasse, je rajoute intérieurement. Evidemment, je ne peux pas le dire à voix haute, mais ça fait quand même du bien de le dire intérieurement.

-D'autres questions?

Je vois des têtes interrogatives se lever, mais aucun bras, heureusement.

-Bien, dans ce cas on a fini. Messieurs, ce n'étaient pas fameux vos présentations. Vous auriez pu mieux faire, je dis aux quatre manchots du power point qui nous ont projeté des trucs immondes. Et je conseille à tout le monde de revoir l'apoptose, ça ne m'a pas l'air au point. J'espère que vous êtes plus au taquet sur la nécrose, pour la semaine prochaine.

Ils sont déjà en train de ranger leurs affaires, et tant mieux. Je leur dis au revoir les uns après les autres au fur et à mesure qu'ils passent la porte. Je vois Etienne dire à deux de ses potes de partir sans lui et ils ne protestent pas, ce que je comprend, vu l'heure qu'il est. Presque sept heures. Et je suis pas prêt d'être chez moi. Tous les étudiants sont sortis maintenant, sauf Etienne, qui se dirige vers le bureau, où je suis en train de ranger mes dernières affaires.

-Salut, il fait, nettement plus timide que la dernière fois.
-Salut.

C'est vraiment étrange de se retrouver face à lui, comme ça, seulement tous les deux, dans une situation "normale", on va dire. Je l'ai voulu pendant un moment, et j'ai essayé de le revoir, mais j'arrivais jamais à le choper. Et puis je me suis fait une raison. Alors je ne sais pas trop sur quel pied danser. J'aurais vraiment dû y penser pendant ces deux heures et demi, au lieu de me décarcasser à expliquer la complexité de l'apoptose à des crétins. Et puis de le mater aussi. Je croyais qu'il allait se barrer sans que je puisse rien faire, alors j'en ai profité. On ne vit qu'une fois, n'est-ce pas?

-Euh... Merci pour mon portefeuille. Ca m'aurait vraiment fait chier de l'avoir perdu.

C'est vrai que je l'avais déposé le jour même à la loge, après avoir récupéré toutes les informations que je voulais. Et je leur avais conseillé d'appeler l'étudiant, parce qu'il l'avait perdu dans un labo extérieur à Jussieu. Un petit mensonge qui a été avalé sans problème.

-De rien. Il ne me servait pas à grand chose de toute façon. Je pouvais même pas aller manger au Crous avec, la photo sur la carte ne me ressemble pas du tout, je plaisante.

Ah! J'ai réussi à lui arracher un sourire! On dirait qu'il se détend, et ça me fait bêtement plaisir. Peut-être que je pourrais l'inviter à boire un café, ou alors l'inviter carrément à dîner, vu l'heure. Mais c'est peut-être un peu too much pour un premier rendez-vous? Enfin, rendez-vous, rendez-vous, le mot est vite dit, parce que pour l'instant, la situation est loin d'être claire entre nous. En plus, qu'est-ce que je raconte moi? Qu'est-ce qui pourrait être too much après avoir couché ensemble au bout de... allez... dix minutes? Et je suis généreux! Franchement, je vois pas: si quelqu'un sait, qu'il me fasse signe.

-T'as l'air crevé. La nuit a été épuisante?

Question piège vue! Tu ne m'auras pas avec cet petit air innocent, ce mélange de timidité et d'audace.

-Surtout beaucoup trop longue. En fait, c'est tout le weekend qui a été beaucoup trop long. C'était bien, mais long. Et chiant aussi par moments.
-Il m'avait pas l'air si bien que ça, ton weekend, il remarque.

Et c'est vrai que vu comment je l'ai présenté, ça ne donne pas envie du tout. Alors que je me suis plutôt bien amusé, et surtout j'ai vu mon frère dire oui à la femme de sa vie, dont on voyait déjà le ventre s'arrondir un peu sous la nouvelle vie qui grandit en elle. Je vais être tonton dans quelques mois, c'est quand même dingue ça!

-Si, si, c'était très bien, je corrige. J'étais au mariage de mon frère, et j'étais son témoin. Mais le problème était que la belle-famille voulait absolument un mariage religieux, parce que c'est toujours comme ça que ça se passe chez eux.

Un sourire moqueur remplace le sourire timide qu'il avait. Apparemment, ce n'est pas un adepte de la religion. Tant mieux: moi non plus.

-Ah ouais, j'imagine bien le truc: assis, debout, assis, debout, et puis chantez, taisez-vous, amen et assis.

Les mimiques qu'il fait en même temps sont tordantes et j'éclate de rire. Je ne peux pas m'en empêcher! D'autant plus que c'est très juste ce qu'il dit.

-Et puis il y a aussi eu le petit laïus du prêtre sur le bonheur du mariage, de celui de partager sa vie avec la personne qu'on aime, etc. Et tout ça en me lançant pas mal de regards pendant toute la cérémonie.

Tiens, il ressemble à un petit poisson comme ça, avec la bouche entr'ouverte. C'est marrant. Et c'est très mignon, je trouve. Mais bon, je ne vais pas laisser le suspens durer plus longtemps.

-J'ai pas réussi à savoir si c'était parce qu'il me matait, ou si c'est parce que beau-papa et belle-maman lui ont glissé à l'oreille que j'étais libre et qu'il essayait de voir à laquelle de ses ouailles célibataires il pourrait me marier.
-Je pencherais plus pour la première option, il me sort, en me regardant droit dans les yeux.

C'est limite s'il ne se lèche pas la lèvre supérieur pour m'aguicher. Putain, j'y comprend rien à ce mec. Il passe d'un extrême à l'autre d'un claquement de doigts et c'est super perturbant. Mais il n'empêche: il m'excite beaucoup. Enormément même. Et si les règles de bienséance n'étaient pas si bien ancrées dans mon esprit, je crois que je me jetterai sur lui de suite et je lui ferais l'amour là maintenant, sur l'une des tables. Mais ça ne serait pas très agréable pour lui, ni pour moi, ni pour la femme de ménage qui nettoierait la salle demain matin. Donc je me retiens. De plus en plus difficilement, mais je me retiens.

-Ah ouais, et pourquoi donc?
-Bah, ça me paraît évident. T'es super bien foutu.

Et en même temps, forcément, il me fait un sourire du feu de dieu. Il ne faut pas que je rougisse, il ne faut pas que je rougisse. Loupé! Y'a de nouveau une pointe de moquerie dans son sourire, donc ça veut dire que j'ai rougi.

-Et bien, moi je crois que tu te trompes.
-Et pourquoi ça?
-Parce qu'il n'a pas arrêté de me demander quel genre de filles j'aimais. Et il m'en a présenté au moins une dizaine, qui m'ont toutes fait du charme. Je ne te raconte pas la galère: il a fallu que je leur dise non à toutes sans les vexer.
-Ce qui est très dur avec les femmes, complète-il.

La conversation retombe un peu à plat et il contemple le bout de ses chaussures. Alors soit il veut se barrer, soit il veut me demander quelque chose de gênant. Mais dans les deux cas, il ne sait pas comment le dire. Ah, il s'assoit à moitié sur un coin de table. Donc a priori, il n'a pas envie de partir. Et mon instinct me dit que la chose gênante qu'il veut me demander, c'est si j'ai couché avec un mec pendant ce weekend. Ou peut-être même depuis notre "entrevue". Ce que je n'ai pas fait. Mais je ne vais le lui dire comme ça. Va falloir le vouloir pour le savoir! Héhé! Ouais, j'ai un petit côté sadique, et alors? Ca ne fait de mal à personne.

On dirait qu'il va prendre la parole, vu qu'il a relevé la tête, et qu'il a un regard sacrément déterminé. Et diablement attirant.

-Et les mecs?
-Quoi les mecs? je fais, pour le titiller un peu.
-Est-ce qu'ils t'ont fait du charme aussi?

Et pan! En plein dans le vif du sujet qu'il rentre le petit père. Comme la dernière fois. J'adore.

-Hum... Non, pas que j'ai remarqué. Mais j'ai craqué pour Alexis.

Ouh! Il a pas l'air content: il a les sourcils tout froncés, et ça lui fait des rides sur le front.

-Alexis? il gronde.
-L'adorable bébé de la sœur de la mariée.

Oh putain sa gueule! C'est vraiment dommage que j'ai pas d'appareil avec moi. J'aurais voulu immortaliser ce moment. Mais je crois que de toute façon, je n'aurais pas pu: je me marre comme une baleine et la photo aurait été floue. Je le vois, entre deux larmes de rire, s'avancer vers moi. Il s'installe sur mes genoux sans même me demander mon avis. Waow! De près, il a l'air encore plus mécontent.

Pourtant il m'embrasse à pleine bouche. Il passe ses mains dans ma nuque et moi j'entoure sa taille de mes bras. Notre baiser est de plus en plus passionné, comme celui de deux amants qui se retrouvent après des mois loin l'un de l'autre. C'est étrange. Il interrompt le baiser après quelques minutes et me regarde dans les yeux.

-T'habites où?
-Dupleix.
-Je t'ai demandé où, pas dans quoi, il soupire.
-Bah justement, j'habite à Dupleix, tu sais la station de métro sur la 6. Et désolé de te décevoir, mais je n'ai qu'un trente mètres carrés, sur un seul étage.

Il a un petit sourire d'excuse pour avoir mal compris, puis il se lève et prends ma main.

-Viens, on va chez toi. Ca sera mieux qu'ici, ou dans le métro.

Je crois que j'ai loupé un épisode, ou même carrément toute une saison. Mais là, maintenant, tout de suite, j'en ai rien à faire. Parce que j'aime trop la sensation de sa main dans la mienne.

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1 janvier 2010 5 01 /01 /janvier /2010 23:40

Oulà! Presqu'un mois que je n'ai rien écrit sur ce blog! Et on a eu le temps de changer d'année entre temps! Waow! Et bah, mes chers lecteurs et mes chères lectrices, je vous souhaite une très bonne année 2010. =D Qu'elle soit pétillante comme le champagne que vous avez bu à minuit. Qu'elle soit joyeuse, pleine de vie et de bonheur. Profitons de la vie chaque jour, à chaque seconde, car on ne sait jamais de quoi l'avenir est fait. Tant qu'on est ici bas sur Terre, autant faie de notre mieux pour vivre pleinement!

Alors déjà pour vous mettre de bonne humeur, je vous ai concocté un petit OS que vous apprécierez j'espère. C'est très différent de d'habitude et j'expérimente un peu. Alors...

BONNE ANNEE et BONNE LECTURE!!! =D

PS: l'idée m'est venue en voyant l'image d'accueil du moteur de recherche Bing. Donc l'imae d'en-tête lui appartient.




Christmas-Lights.jpg

Cinq heures et demi du matin. Je quitte à peine l'appartement de mon meilleur ami. Sa copine vient de lui briser le cœur en le quittant. Et là pour l'instant, après avoir passé la nuit à le consoler et à le réconforter, la seule chose qui me vienne à l'esprit, c'est: "Elle aurait pas pu le quitter pendant le weekend, cette conne?". Parce que moi, le mercredi, je bosse. Et j'aurais préféré éviter une nuit blanche, surtout une aussi épuisante, avant d'aller bosser. Mais bon, maintenant c'est fait, alors autant se dépêcher de rentrer chez moi et de prendre une bonne douche, avant de repartir.


Je m'engouffre dans la station de métro. Comme toujours, je me suis gouré d'entrée et je dois parcourir d'innombrables couloirs et escaliers dans Nation avant de trouver le bon quai. Le métro ne doit partir que dans une petite dizaine de minutes, mais il est déjà là. Tant mieux, après tout. Je me mets dans la deuxième rame à partir du bout, et m'assois dans un carré de quatre. Le trajet jusqu'à Dupleix n'est pas des plus courts, alors autant prendre ses aises. Je pose ma tête contre la vitre. Je vois une autre personne monter dans une autre rame, et quelques secondes plus tard, je m'endors, épuisé.


Le balancement irrégulier du métro a cessé. On doit être dans une station. Pourtant la sonnerie habituelle ne vient pas. A la place, j'entends le crachotement du micro. Ah. Le conducteur va parler. Peut-être. Parfois, ça crachote mais rien ne vient. Mais il semblerait que ce matin, il ait quelque chose à dire.

-Mesdemoiselles, Mesdames, Messieurs.

Tiens, il est poli celui-là.

-En raison des intempéries, les rails de métro sont impraticables. De la neige s'y est accumulée. Il y a également du verglas et des morceaux de glace bloquent les voies. De plus, une panne de courant généralisée frappe l'ensemble du réseau ferroviaire de la RATP.

Foutu janvier. Foutu temps de merde. Avec ça, je ne vais jamais être à l'heure.

-Nous allons devoir patienter quelques instants.

Quelques instants, mon cul! Ca risque de prendre des heures, ouais!

-Je vous prie de bien vouloir nous excuser pour ce désagrément.

Eh non! Loupé, je ne t'excuse pas, connard! Et voilà le crachotement qui signe la fin de la conversation. Pleinement réveillé, je sors les mains de mes poches, qui sont toujours gantées -parce que le chauffage, ça n'existe pas dans le métro- et je me frotte les yeux, toujours fermés. Après, je consens à les ouvrir, et à regarder autour de moi. Et merde, on est sur le pont, entre Bercy et Quai de la Gare, juste au-dessus de la Seine. Le conducteur ne voudra jamais nous faire sortir sur les voies si jamais ça tarde à se débloquer. Trop de risques qu'on tombe sur la route en-dessous, je crois. Putain de merde.

En plus, je suis tout seul dans la rame. Ah non, y'a un mec assis tout au fond. Il a l'air de sortir de soirée, vu ses fringues. Et d'avoir dans les vingt, vingt-cinq ans. Un peu plus jeune que moi, du haut de mes vingt-huit ans. Il doit être assez grand, vu la longueur de ses jambes. Et il est tout maigre. Il ne doit avoir que la peau sur les os, ce gars-là. Aucune graisse pour le réchauffer. Mais ça n'a pas l'air de le gêner: il porte juste une veste pas très chaude et un jeans. Pas de gants, pas d'écharpe, pas de bonnet. Comme si on était au printemps. En tout cas, ça lui va bien. Le tout s'accorde vraiment avec ses cheveux. Ils sont noirs et raides, ramenés sur le visage. J'ai l'impression qu'il a quelques mèches rouges foncés, mais je ne suis pas très sûr. J'arrive pas à voir son visage, il a la tête penchée en avant, comme s'il dormait. D'ailleurs, il dort peut-être. Moi je le faisais bien il y a quelques minutes.

Ah tiens! Il frissonne. Finalement, il est pas si réchauffé que ça. Et ça l'a réveillé. Vu comment il farfouille dans les poches de sa veste, il doit avoir une paire de gants quelque part. Ou des mitaines: elles sont pas si grandes que ça ses poches. Hein? Comment ça, un paquet de cigarettes? Ca va pas du tout ça. Pas du tout du tout. Je supporte pas l'odeur de cigarette. Même une seule. Ca me donne des nausées, ce qui n'est pas très pratique en boîte, je l'avoue. J'ai d'ailleurs arrêté de fréquenter les night-clubs à cause de ça. Allez, sois gentil, ne l'allume pas. Ne. L'allume. Pas. Et voilà le briquet, je crois que c'est foutu, il va l'allumer. Voilà, c'est fait. J'ai pas trop le choix, je vais devoir lui demander de l'éteindre, si je veux pas me sentir mal dans une rame de métro immobilisée pour Dieu seul sait combien de temps en plein milieu d'un pont au-dessus de la Seine.

-Hum hum, excusez-moi? je dis pour attirer son attention parce que malgré le fait que je me sois planté juste devant lui, il n'a pas daigné levé les yeux.
-Hum?

Il me regarde enfin, mais il n'a pas l'air décidé à ouvrir la bouche.

-Excusez-moi, mais est-ce que vous pourriez éteindre votre cigarette? Nous sommes dans un lieu public et c'est interdit.

J'ai toujours détesté dire que l'odeur de cigarette me rendait malade. Alors autant utiliser cette nouvelle loi comme prétexte. Euh, c'est moi ou il regarde le reste du wagon? Et maintenant il a un petit sourire ironique! Mais qu'est-ce qu'il me prépare nom de dieu?

-J'ai froid, et la cigarette me réchauffe un peu, alors tu peux bien supporter, non? Toi t'as tes gants, ton écharpe et ton bonnet. Moi, j'ai ma cigarette. Point barre.

Je le savais. Je le savais que je n'allais pas aimer sa réponse. Mais sa voix est pas mal. Un peu rauque, mais je suppose qu'il est un peu malade. Et puis c'est normal en sortie de soirée, d'avoir la voix un peu rauque.

-Mais... je tente quand même de répliquer.
-Et puis, nous ne sommes que deux dans le wagon. Ca fait pas très public comme lieu. Ca fait même plutôt intime, je dirais.

Il se lève, et putain, c'est dingue comme il est proche de moi. Heureusement, il recrache toute sa fumée sur le côté, sinon je lui aurais toussé à la gueule. Mais c'est qu'il a un sourire sacrément aguicheur le salaud! Et c'est qu'il se rapproche en plus! A croire qu'il est gay. Attends deux secondes mon petit Nico. Il est gay? Mais... Mais s'il est gay, comment il a su que toi aussi tu l'étais? C'est pas marqué sur ton front, loin de là. Ou alors il fait du rentre-dedans à tous les mecs, y compris les hétéros? Ah là là là, je suis perdu, surtout qu'il s'est encore rapproché.

-Euh... Tu fais quoi là?
-Ca me paraît évident: je te chauffe et en même temps, je me réchauffe.

Wah! Il a quand même un sacré culot le mec. "Je te chauffe"? Non mais tu vas voir si je vais pas te réchauffer moi aussi!

-Et c'est quoi ton nom?

Je sais, question con, mais je ne supporte pas ne pas savoir le nom des gens. Surtout lorsqu'il s'agit de choses intimes. Et à mon humble avis, on est bien partis pour.

-Personne.

Ok. Question con, réponse con.

-Comme dans le Western?
-Tu connais?
-Evidemment. Terence Hill a des yeux à tomber par terre.
-Ouais. Mais personne en a de mieux.

S'il veut jouer à ça, il ne va pas être déçu. Il relève la tête et je peux enfin voir ses yeux. Pu. Tain. De. Mer. Deuh. Il a des yeux bleus magnifiques. Y'a pleins de couleurs à l'intérieur, et en même temps ça une certaine unité. Et puis, ils pétillent, comme un feu d'artifice. C'est superbe. Là, c'est sûr: Terence Hill a un sacré concurrent.

-Mmmh. Pas faux.
-Tu vois.

Il laisse tomber sa cigarette et l'écrase du pied. L'air devient plus respirable d'un coup, mais j'ai quand même beaucoup plus de mal à respirer. Il est beaucoup trop près. Sa bouche est beaucoup trop près. Sa main dans ma nuque est super froide. Ca me fait frissonner, mais d'un côté, c'est agréable. Et sa bouche! Nom de dieu, il a des lèvres... juste comme je les aime. Fermes et douces à la fois. Il embrasse bien, très bien, peut-être trop bien, parce que je me sens partir. Et sa main dans ma nuque qui me pousse tout contre lui. C'est grisant.

Il détache sa bouche de la mienne. Eh, mais c'est pas juste! Pourquoi il arrête de m'embrasser ce... Allons, restons un minimum polis, mon cher Nico.

-Et toi?
-Quoi moi?
-C'est quoi ton nom?
-Nicolas.
-Avec ou sans le S?
-Avec. Mes parents ne sont pas des originaux.
-Alors Nicolas, tu préfères être debout ou assis?

Il est du genre direct et pratique, ce mec. J'aime bien, il s'embarrasse pas de tournures à rallonge pour tourner autour du pot au moins. Alors voyons voir, debout contre les portes automatiques qui sont dégueulasses, ou assis sur une des banquettes -parce que le strapontin, ça serait vraiment abusé- qui sont déjà un peu plus propres.

-Assis. Tu veux être au-dessus ou en-dessous?
-A ton avis?

J'adore ce petit sourire pervers qu'il me fait alors qu'il me pousse vers une banquette, mais n'empêche qu'il me pose une sacrée colle. J'ai jamais été doué pour deviner qui était actif ou passif. J'ai une chance sur deux de me tromper, alors autant se lancer.

-Au-dessus.
-Gagné.

Ah! Pour une fois, j'ai raison! Alors maintenant, je reprends un peu les choses en main: je le fais asseoir et je m'assois sur lui. Tout en virant mes gants, mon écharpe et mon bonnet, je le regarde et je pose la question qui m'a effleuré l'esprit tout à l'heure.

-T'as des capotes?
-Toujours.

Il relève un peu le bassin et en sort trois de la poche arrière de son jeans. Ah ouais quand même.

-Et du lubrifiant?
-Toi, t'as de la chance que je sorte d'une soirée très dévergondée mais où y'avait pas un mec potable.

Il sort un tube d'une poche intérieure de sa veste. Ce mec est génial.

-Ouais, je crois aussi.

Je me cale un peu mieux contre lui et l'embrasse comme un dingue. Il laisse tomber le tube à côté de lui, sur la banquette, et passe ses mains dans mon cou, répondant à mon baiser avec la même intensité. On se mange mutuellement la bouche. On a vraiment l'air de mecs en manque. Mais je crois que là, tout de suite, maintenant, on s'en fout. C'est tellement bon. J'arrête le baiser et m'attaque à sa mâchoire, son oreille, son cou. Il se laisse faire et c'est délicieux.

Je passe mes mains à l'intérieur de sa veste, sur le tissu fin de son T-shirt et il fait de même. Sauf que moi je porte un pull, donc c'est un peu moins agréable. Et après seulement une ou deux minutes, il passe ses mains en dessous de toutes mes couches et les pose directement sur ma peau. Je frissonne: il a les mains toujours aussi froides. Mais c'est pas désagréable. Moi je continue un peu au-dessus du T-shirt, et puis je descends un peu plus bas, vers son pantalon. Et vu ce que je palpe, il bande sacrément, le saligaud. Tant mieux, parce que moi aussi.

Maintenant que j'ai laissé quelques traces bien rouges sur son cou, sa bouche me manque. Et c'est reparti pour un baiser du tonnerre. Ca a l'air de l'encourager vu qu'il descend lui aussi ses mains sur mon pantalon et se met à le dégrafer. Il devrait pas être trop déçu vu comment je suis excité. Il a tout ouvert et moi aussi, et nos deux sexes sont en contact beaucoup plus intime qu'il y a quelques secondes. Je crois que j'ai envie de plus, tout de suite. Je me mets debout, vire mes chaussures, mes chaussettes -je déteste coucher avec des chaussettes au pied-, mon pantalon et mon boxer. Lui a largement eu le temps de descendre son jeans et son boxer jusqu'à mi-cuisse. Je me rassois sur lui et le regarde dans les yeux. Dans ses yeux magnifiques qui me font un sacré effet: j'ai l'impression de bander encore plus dur d'un coup.

-T'as intérêt à être sacrément bon, parce que pour l'instant je me caille.
-T'inquiète, il me fait, on a toujours trop chaud avec moi.

Il passe ses mains dans mon dos et me rapproche de lui.

-Vantard.
-Non, honnête.
-C'est ça.

Il descend ses mains en suivant ma colonne vertébrale à travers mon manteau, relève un peu les pans de celui-ci pour atterrir sur mes fesses et me frôle la raie. Nom. De. Dieu. Ca promet pour la suite. C'est tout juste si je ne tremble pas déjà de plaisir. A croire que j'étais vraiment en manque.

Il attrape le tube de lubrifiant, s'en fout une bonne dose sur les doigts, et commence à titiller mon anus. Je me raccroche à la barre en métal pour ne pas perdre l'équilibre tellement c'est bon. Et maintenant, il commence à enfoncer un doigt en moi. Tout doucement, et c'est une torture. On ne me l'a jamais aussi bien fait.

Je délaisse la barre en métal pour ses épaules et l'embrasse à nouveau. J'adore ses lèvres. Mes mains parcourent ses épaules, son torse et puis elles descendent beaucoup plus bas, au niveau de nos sexes. Avec mes dix doigts, je commence à les caresser. Il paraît que je suis plutôt doué pour ça, alors autant en profiter pour l'envoyer au septième ciel. Enfin peut-être pas tout de suite, parce qu'après, va falloir du temps pour qu'il se remette. Mais si déjà, je le conduis au cinquième, ça devrait être prometteur pour la suite. Waow! Il a l'air d'apprécier vu comment il accélère le mouvement, et voilà qu'il me rajoute un deuxième doigt. Tant mieux, je commençais à me languir, et je bouge mes hanches en rythme avec les mouvements que j'applique sur nos sexes. C'est tellement bon.

Il reprend du lubrifiant et maintenant, il a trois doigts à l'intérieur de moi. Au bout de longues minutes, il peut les bouger sans problème dans mon rectum. Et on est tous les deux au bord de la jouissance. J'attrape un préservatif et l'enfile sur son sexe. Je mets du lubrifiant dessus et j'en profite pour le caresser encore. Vu la gueule qu'il tire, il adore ça.

Il retire ses doigts de moi et je soulève mon bassin. Je me mets juste au-dessus de son sexe que je tiens fermement, et tout doucement, je descends. Je le sens s'enfoncer en moi avec lenteur et c'est ce qu'il y a de plus délicieux au monde en cet instant précis. Et pour lui aussi. Lorsque je suis arrivé au bout, je souffle un peu. C'est pas que ce soit très douloureux, mais quand même, faut pas m'en demander trop d'un coup.

Après une minute -enfin je crois, parce que j'ai complètement perdu la notion du temps-, il m'attrape les hanches et commence à les soulever. Je prends appui sur la barre métallique derrière sa tête et je me mets à bouger de moi-même. Lentement d'abord. Je remonte jusqu'à presque faire sortir son sexe de moi et puis je redescends jusqu'en bas. Mais bien vite, cela devient épuisant, et je fais des mouvements moins amples. Et plus rapides. Et putain que c'est bon.

Je pose ma tête contre son épaule et lui m'embrasse le cou. Enfin, je devrais plutôt dire qu'il me le mordille. Ses mains m'obligent à aller de plus en plus vite et ce n'est pas pour me déplaire. Moi aussi j'ai envie d'aller plus vite. Toujours plus vite. Je le sens trembler et se tendre sous moi, c'est très agréable. Moi aussi je me mets à trembler. L'orgasme ne va pas tarder. Encore quelques allers-retours et ça sera bon. Il est le premier à venir: c'est normal: j'ai toujours été endurant et je suis sacrément bon en passif. Il soupire bruyamment et moi je continue à bouger sur lui mais plus lentement. Il ouvre les yeux, jette un coup d'œil vers le bas et me sourit. Un sourire d'enfer. D'une main, il me caresse doucement mais rapidement et il ne m'en faut pas plus pour jouir. Et putain, c'est un orgasme comme j'aimerais en avoir plus souvent. Je suis pas au septième ciel là. Je suis carrément au-dessus. Loin au-dessus. Et je crois que lui aussi.

Je m'avachis sur lui, lessivé, et ça n'a pas l'air de le déranger. Il passe ses bras derrière mon dos et cale sa tête dans mon cou, son souffle chaud caressant ma peau. On est bien comme ça tous les deux, et on reste collés l'un à l'autre un temps infini. Enfin non, pas infini, mais c'est la sensation que ça donne. A un moment, il prend la parole et me demande.

-Alors, t'as eu froid?

Je souris. Je l'ai déjà dit mais je le répète: ce mec est génial et je l'adore.

-Non. J'ai même eu sacrément chaud à un moment.
-Tu vois. Je te l'avais dit.
-Hmmm.
-La voie a été dégagée et nous allons pouvoir repartir. Je vous remercie d'avoir patienté, crachent soudain les haut-parleurs.

J'avais presque oublié qu'on était dans le métro, mais là, retour direct à la réalité. Je me lève délicatement et sentir son sexe glisser une dernière fois en moi ravive des sensations. Je me rhabille rapidement: je ne suis pas particulièrement exhibitionniste et j'ai pas envie que toute la station du Quai de la Gare me voit nu. Pendant ce temps, lui enlève le préservatif de son pénis, le noue et le fout dans un coin, probablement pour le jeter plus tard. Et puis il se rhabille à son tour.

On arrive Quai de la Gare. Il se lève, prenant le préservatif usagé du bout des doigts. Il me regarde jusqu'à ce que j'entende le déclic des portes, signifiant qu'elles sont ouvertes. Il me colle un smack et dit quelques mots.

-Thanks Nico.

Et il se barre. Je le vois ouvrir les portes automatiques et descendre sur le quai. Et je ne fais rien. Je ne peux rien faire! Je suis paralysé. La sonnerie me déchire les oreilles et les portes se referment. Lui s'éloigne, dos à moi, les épaules rentrés et les mains dans les poches de son jeans. Le métro se met en branle, l'éloignant encore plus de moi. Choqué, je m'assois sur la banquette juste en face de celle où on a couché ensemble. Tout ce qu'il me reste de ce moment si intense, c'est deux préservatifs non utilisés... et son portefeuille! Il a dû glisser hors de la poche de sa veste pendant la bataille. Putain de nom de dieu de merde, je crois que j'ai une chance du feu de dieu aujourd'hui! Je l'ouvre et trouve sa carte d'étudiant. Tiens, université Pierre et Marie Curie, celle où j'ai fait mes études. Et celle où je suis chargé de TD.

Un sourire étire mes lèvres. Je sais pas dans quoi je m'engage, mais tout ce que je sais, c'est que ce mec-là, j'ai envie de le revoir et de sortir avec lui, peu importe le reste.

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Så Här Är Det!

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