Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
4 septembre 2011 7 04 /09 /septembre /2011 10:00

Suite à un défi sur Le Monde du Slash, j'ai pondu ce petit drabble. Rien d'extraordinaire mais il m'a bien fait marrer.

Le fandom est le groupe américain 30 Seconds To Mars (site officiel ici), et c'est un Shomo, c'est-à-dire qu'il s'agit du couple Shannon Leto (batteur) et Tomo Miličević (guitariste).

 

Bref, le voici! Bonne lecture! =D

 

 

 

Night-Club.jpg

 

 

Le réceptionniste de l'hôtel fit signe à Jared que le taxi qu'il avait commandé venait d'arriver. Le chanteur le remercia d'un signe de tête, puis tapa sur l'épaule de son frère en lui indiquant la sortie.


-Le taxi est là. On y va.
-J'te suis.

 

Il prit la main de Tomo dans la sienne et sortit de l'hôtel pour monter dans le taxi à la suite de son frère qui indiqua au taximan où ils allaient.

 

-Au night-club 54.

 

Puis la voiture fila dans la nuit se perdant peu à peu dans le dédale des grandes avenues new-yorkaises. Finalement ils arrivèrent à bon port au bout d'une demi-heure, à en juger par les néons qui brillaient au-dessus du porche, et de la queue monstrueusement longue devant ce même porche. Jared paya le taxi, puis se présenta directement à l'entrée de la boîte. Il parlementa quelques minutes avec les deux videurs, et sous les regards envieux de ceux encore dans la file d'attente, il passa les portes du night-club, suivi de son frère et de son guitariste. Ils déposèrent leurs vestes au vestiaire, puis descendirent au sous-sol, d'où de la musique non identifiable sortait à grand renfort de décibels. Les trois hommes se dirigèrent directement au bar, commandèrent chacun une bière pour commencer la soirée doucement, puis se retournèrent pour observer les danseurs d'un soir, s'imprégner de l'ambiance. Au bout de quelques minutes, Shannon prit la parole.

 

-Dis, Jay, tu nous avais bien qu'on sortait dans une boîte gay ce soir?
-Oui.
-Et ce soir, c'est soirée spécial 'Je retourner ma veste'? Ou peut-être 'Jouons pour l'autre bord'?
-Euh... Non, je ne crois pas, répondit-il avec hésitation, le spectacle qui s'étalait sous ses yeux remettant en cause sa conception d'une boîte gay.
-Alors pourquoi? Pourquoi nom de dieu tous les mecs sont en train de peloter des nanas? Et uniquement des nanas? lui demanda-t-il, accrochant le regard d'un Jared plus que confus de la situation. Alors, frangin? Je croyais qu'on avait dit qu'on alternait les boîtes où on allait. Une fois gay, une fois hétéro, que tu puisses satisfaire ton côté hétéro de temps en temps. Qu'est-ce qui se passe? La dernière fois, tu as trop maté les mecs, t'as fini ta soirée avec un mec au lieu d'une nana, et tu veux te rattraper?
-Mais non, mais non! se défendit le chanteur, devenant de plus en plus pivoine au fur et à mesure que les reproches de son frère tombaient, et qu'il devenait de plus en plus énervé.
-Je sais pas ce qui se passe, je suis aussi déçu que toi Shan, plaida-t-il. Si ça se trouve c'est le site qui s'est planté en disant que c'est une boîte gay. Ou alors ils font un soir sur deux, et on est tombé sur le mauvais soir. Ou ils font une soirée de conversion. Ou de test, pour tous les mecs gays qui ont voulu tester les femmes sans jamais oser. Ou alors c'est un rassemblement fifty gays-fifty lesbiennes, et ils s'amusent à parodier les hétéros. Ou alors... continua-t-il, enchaînant les explications de plus en plus farfelues.
-Ou alors, la porte de cette boîte est en fait un passage spatio-temporel qui nous mène directement dans une boîte hétéro sur une autre planète dans 3500 ans! le coupa Shannon brutalement.
-Ou alors, on s'est tout simplement trompé de boîte, intervint Tomo, se collant dans le dos de son petit-ami et lui déposant des baisers sur la nuque pour le calmer.
-Comment ça? firent les deux frères, Shannon manquant de défigurer le guitariste en se retournant violemment.
-Tout à l'heure à l'hôtel, t'avais pas dit que la boîte s'appelait Studio 54?
-Si... Pourquoi?
-Parce qu'on est dans une boîte qui s'appelle N°54, expliqua-t-il en désignant les serviettes en papier qu'ils avaient eu avec leur bière. Pas tout à fait la même chose, nan?


L'explication de Tomo laissa pensif les deux Leto, jusqu'à ce qu'ils s'exclament en parfaite synchronisation.

 

-Oh putain de merde!

 

Et avant qu'il ne prenne à Shannon l'idée de se ruer sur Jared pour lui faire payer son erreur, Tomo l'entraîna sur la piste de danse, lui roula un patin monstrueux qui fit trembler Shannon de tout son corps, et il s'exclama avec entrain.

 

-Allez chéri! Choquons tous ces hétéros!

Repost 0
Published by Skorpan - dans One-shot
commenter cet article
22 août 2010 7 22 /08 /août /2010 17:17

Tout petit OS, en réponse à un vieux défi du Monde du Slash, sur le thème "Cérémonie". J'ai utilisé le fandom de Mozart L'Opéra Rock, avec pour persos Florent Mothe (le brun) et Mikelangelo Loconte (le blond), qui jouent respectivement Salieri et Mozart dans la comédie musicale. Bien sûr, ils ne m'appartiennent pas, tout est inventé, et je ne suis pas fan de ce truc.

 

Sur ce, enjoy! x)

 

 

 

Mikele_Flo.jpg

 

 

Une grande banderole trônait au-dessus de l'estrade en bois installée dans la cour du vieux lycée. "Remise des Prix d'Excellence" qu'il y avait marqué dessus. Au pupitre, le proviseur était en train de terminer son discours devant un parterre de parents plus ou moins endormis sur leurs chaises.

-Et voilà donc pourquoi le lycée Jean-Baptiste Poquelin est fier de remettre à ses meilleurs élèves, toutes classes confondues, un prix d'excellence ainsi qu'un bon d'achat de vingt euros valable dans l'une des trois librairies à la sortie du lycée.

Tous applaudirent l'homme bedonnant, sanglé dans un costume noir, tandis que le proviseur adjoint, un homme plus grand, un peu plus sec, s'avançait pour appeler un par un les élèves. Et que deux autres hommes, assis vers le dixième rang, poussaient un bruyant soupir de soulagement.

-Putain, je croyais que ça n'allait jamais finir. Une heure à nous tenir la jambe sur les bienfaits du lycée et sur le rôle des parents, dit le premier, légèrement énervé.
-Chéri, calme-toi s'il te plaît, intima l'autre en lui posant une main sur la cuisse et en commençant à la caresser doucement.
-Et puis tout son truc sur la nécessité d'avoir une oreille féminine ET masculine à l'écoute, avec tous ses sous-entendus. Comme si on n'était pas capable d'élever notre gamine correctement. Elle est quand même dans le lot de ceux qui vont recevoir le prix d'excellence, nanméo!
-Mais oui, chéri. Et le principal ne disait pas cela spécialement pour nous, tu le sais. Il nous apprécie.

Sa main continuait de faire d'agréables allers-retours sur la cuisse de l'autre et cela ramollit un peu sa verve. Mais pas suffisamment pour retenir quelques mots amers.

-Tu veux dire qu'il se couche devant nous à chaque fois qu'on a eu l'occasion de le voir, tout ça parce qu'on a été connu, et qu'on a du fric. Tu parles qu'il nous apprécie, ouais!

Le ton était mauvais, et même un peu triste. Son compagnon voyait bien qu'il était blessé par l'attitude du proviseur à leur encontre, ainsi que par celle des autres. Ceux qui les croyaient incapables. Juste bon à se trémousser sur scène ou dans un lit.

Car la rancœur face aux critiques qu'ils avaient eu à essuyer restait tenace chez l'italien, même après les avoir tous fait taire en leur démontrant qu'ils avaient eu tort. Son amant, par contre, était passé par-dessus cela depuis longtemps: seule lui importait l'opinion de ses proches. Et ceux-ci avaient confiance en lui, en eux. Cela lui suffisait.

Alors accentuant ses caresses, remontant un peu plus vers l'aine, il lui promit la seule chose capable de calmer son italien de tout ce ressentiment.

-Eh chéri... On est tous seuls ce soir à la maison... Elle va à une fête...

Il frôla son entrejambe par-dessus son jeans avant de revenir sur la cuisse, résistant à l'envie de se pencher vers lui pour l'embrasser à pleine bouche. Les parents qui leur servaient de voisins fermeraient peut-être plus difficilement les yeux sur un baiser donné dans les règles de l'art que sur de simples caresses, même si celles-ci étaient loin d'être innocentes.

L'italien, à ce contact, sursauta et tourna vivement la tête vers son homme. D'un sourire, les yeux pétillants de bonheur et de désir, il accepta la proposition. Puis, jetant un coup d'œil à l'estrade, il murmura, la voix chargée d'envie.

-Ca va bientôt être à elle.

Les deux hommes, après un dernier regard prometteur sur la soirée à venir, se tournèrent vers l'estrade. Le proviseur adjoint s'avança une nouvelle fois vers le pupitre et prononça le nom d'un énième élève récompensé par le Prix d'Excellence.

-De Seconde Six, Mademoiselle Licia Loconte-Mothe.

Repost 0
Published by Skorpan - dans One-shot
commenter cet article
4 juillet 2010 7 04 /07 /juillet /2010 11:23

Et voilà le petit OS d'inspiration indochinoise. Je le poste tôt pour une fois, puisque je dois préparer la soirée de ce soir pour mon anniversaire. ^^


Bonne lecture! x)

 

 

 

Alice-June-Tour--petite-fille-au-tambour-.jpg

 

 

    Il était une fois une petite fille, qui vivait comme vivent toutes les petites filles. Dans son univers. Protégée par ses parents. Faisant ce que ses parents lui disaient. Ecoutant la musique que ses parents écoutaient, sans vraiment y faire attention. Cette petite fille ne connaissait rien au monde, encore moins au monde de la musique. Mais elle n’est pas triste la petite fille. Loin de là, elle est très heureuse dans son petit monde clos, à l’abri de l’extérieur. D’ailleurs, comment pourrait-elle être triste ? Elle ne sait pas ce qui se passe à l’extérieur. Elle ne sait pas ce qu’elle rate. Comment peut-on être triste de ne pas avoir ce qu’on ne connaît pas ?


    Un jour, alors qu’elle est dans la voiture avec ses parents, son père allume la radio. "Et toi et moi, On était tellement sûr, Et on se disait quelques fois, Que c’était juste une aventure, Et que ça ne durerait pas." Ce sont les premières paroles qui sortent de la radio. La musique qui les accompagne est tellement belle que la petite fille en est perturbée: elle a l’impression que la musique et la voix du chanteur lui parlent à l’intérieur d’elle-même. Elle n’a plus qu’une seule question en tête: "Qui?" "Indochine, leur nouveau single : J’ai demandé à la lune!" lui répond la radio. Le nom lui dit quelque chose, mais pas seulement à cause de ses cours d’Histoire au collège.

    Quelques jours plus tard, elle passe l’après-midi chez sa meilleure amie. Et là un nom attire son attention parmi la pile de CDs. Le même : Indochine. Elle lui emprunte les trois CDs où le nom apparaît : 7000 Danses, Un Jour Dans Notre Vie et Le Baiser. Une fois chez elle, elle les écoute. En boucle. Elle ne peut déjà plus s’en passer. C’est fait: la petite fille est fan. Indofan.

    Le choc est terrible. Elle ouvre les yeux, découvre le monde qu’elle ne connaissait pas. Elle doit tout apprendre, accepter de nouvelles règles, se confronter aux tricheurs… Tout ce dont elle s’était protégée jusqu’au jour où elle a écouté ces albums, tout apparaît clair devant ses yeux. Ses yeux qu’elle a du mal à maintenir ouverts face à la perversité du monde. Elle veut les fermer! Elle veut se cacher de tout ça! Elle veut retourner dans son monde! Mais non! Elle ne peut pas. D’ailleurs elle ne veut déjà plus : dans son ancien monde, Indochine n’est pas là. Et se priver d’Indochine serait se priver d’une partie d’elle, elle le sait. Elle le sent. Indochine fait partie d’elle : elle est infectée, ou peut-être droguée, peu importe : elle est heureuse de l’être. Maintenant, elle veut faire face, elle doit faire face parce que "Le monde est un pervers, Et je continuerai de le braver".

    Des années passent. La petite fille s’affirme. Elle sort lentement de sa coquille et brave et nargue ce monde. Parce qu’elle, elle veut "vivre, vivre, vivre, un peu plus fort". Mais c’est difficile "parce que le monde est un enfer." Alors elle a "juste envie d'essayer un tour au paradis." Et ce tour au paradis, elle l’attend, elle sait qu’il va venir, elle en est sûre. Elle connaît déjà la date du départ : 8 décembre 2006. Et aussi le lieu du départ : Paris, Bercy. Elle est impatiente, si impatiente qu’elle ne peut plus penser à autre chose. Ce petit tour au paradis l’obsède.

    Le jour tant attendu arrive enfin. Elle s’est préparée au voyage depuis longtemps. Elle sait que le départ va être brusque, que le voyage ne va durer que quelques heures. Et qu’après il va falloir redescendre "faire un tour en enfer".

    Les premières notes se font entendre : elle est déjà arrivée. Mais ce n’est pas au paradis qu’elle se trouve, c’est au Paradize, avec un grand P et un z. Le paradis d’Indochine, l’Indoparadize. Et elle n’est pas seule dans cet Indoparadize : 17000 personnes l’accompagnent, et les Indoboys aussi, et Alice&June aussi. Soudain, la musique s’arrête. Les dernières notes résonnent dans l’immense salle : le concert est fini. La petite fille regarde tristement la scène, puis sourit : il n’y pas de retour en enfer. Le voyage continue! Elle entend encore le concert dans sa tête, alors elle reste au Paradize.

    La petite fille sort de la salle, et les bruits l’assaillent. Elle n’arrive plus à entendre les notes indochinoises. C’est un retour brutal à la réalité de ce monde de pervers. Mais elle continue de sourire. Elle a grandi : elle sait qu’elle peut le braver maintenant. Et quand elle sera "au pays des cauchemars" pour l’avoir trop nargué, elle fermera les yeux, se bouchera les oreilles, entendra ces notes indochinoises du 8 décembre et se retrouvera au Paradize.

    Mais les notes se font de plus en plus faibles. Elle ne les entend presque plus. Elle a de plus en plus de mal à partir au Paradize. Et quand elle ne les entendra plus du tout, elle ne rêvera plus à rien et ne sera "qu’une fille qui s’éteint".

Repost 0
Published by Skorpan - dans One-shot
commenter cet article
30 avril 2010 5 30 /04 /avril /2010 00:11

Z'êtes de sacrés de petits veinards, vous le savez ça? x)

 

 

 

Couronne.jpg

 

 

J'avais écrit il y a longtemps une suite alternative au récit de Meryl, Royale Destinée, parce qu'elle mettait un certain temps entre chaque suite, et que j'avais l'imagination fertile. En un rien de temps, une histoire complète s'était formée dans mon esprit, et je l'avais mise par écrit presque aussitôt. Cette suite alternative, je l'ai enfin relue et corrigée, et envoyée à Meryl il y a quelques jours. Et elle vient d'en faire la publication sur son blog. Je vous invite chaleureusement à aller la découvrir, la suite, et toute l'histoire aussi bien sûr, parce qu'elles sont vraiment bien. =D

 

 

Royale Destinée, Suite Alternative, Partie I.

 

 

Royale Destinée, Suite Alternative, Partie II.

Repost 0
Published by Skorpan - dans One-shot
commenter cet article
12 août 2009 3 12 /08 /août /2009 21:32

Hello!

Je n'ai pas le temps de répondre correctement à tous les commentaires que j'ai reçus, mais je fais ça dès que je suis chez moi. En tout cas, sachez qu'ils me font très plaisir. =D

Quant au petit OS que vous avez là, il s'agit juste de décharger mon trop plein d'envie de lecture! ^^

Bonne lecture! =D







"Cours d'éducation sexuelle". C'était marqué en gros, en lettres capitales, à la craie blanche sur le tableau vert foncé. Il était environ dix-huit heures, un vendredi d'hiver, et le professeur principal avait miraculeusement réussi à tenir assez calme sa classe pendant l'heure entière qu'avait duré ce cours un peu particulier. Bien sûr, les garçons avaient rigolé lorsqu'il avait expliqué comment mettre un préservatif, et les filles avaient un peu rougi. Mais au final, cela s'était relativement bien passé. Le message principal, "Protégez-vous, quelles que soient les circonstances", avait l'air d'être bien passé, et c'était maintenant le temps d'achever l'heure par la question rituelle.

-Est-ce que quelqu'un a des questions? interrogea le professeur d'une voix forte, ramenant un peu de calme parmi les conversations qui commençaient.

Les élèves se regardèrent, goguenards pour certains, émoustillés ou timides pour d'autres, mais personne ne leva la main. Seule une voix forte, masculine, retentit du fond de la pièce.

-Eh! M'sieur! Ca sert à quoi le lubrifiant qu'ils mettent avec la capote?
-Etienne, lève la main si tu veux prendre la parole. Et répète ta question s'il-te-plaît, je n'ai pas entendu.
-Vous savez, M'sieur, quand on prend des capotes gratuites, il y a toujours un sachet de lubrifiant avec, continua le jeune homme avec un grand sourire, apparemment parfaitement au courant de l'utilisation qu'on en faisait, mais voulant l'entendre de la bouche de son aîné.
-Eh bien, il arrive parfois que la femme ne "mouille" pas assez comme vous dîtes, commença-t-il à expliquer. Le vagin n'est pas assez lubrifié, et le rapport peut être douloureux dans ces cas-là.
-Mais y'a pas que le vagin qui lubrifie pas assez, hein M'sieur? continua le voisin d'Etienne, moqueur.
-Ouais, y'a aussi les trous du cul! N'est-ce pas M'sieur? relança un autre, assis au troisième rang.
-Antoine, cesse d'être vulgaire s'il-te-plaît, le réprimanda le professeur. Et effectivement, le lubrifiant est très utile lorsque vous pratiquez la sodomie. Cependant il faut savoir que la sodomie est une pratique très douloureuse, et plus à risques que la pénétration normale. C'est pourquoi il faut absolument mettre un préservatif, même s'il n'y a aucun risque de mettre enceinte votre copine.
-Ou votre copain! D'te façon, y'a qu'les p'tits PDs pour se sodomiser entre eux! se moqua Antoine. Les mecs normaux, ils feraient pas ça à leur copine. Y'a qu'les déviants pour faire ça.

Le professeur asséna son poing sur la table pour ramener le silence parmi les rires gras provoquées par cette sortie.

-Silence! Je ne tolérerai pas ce genre de propos diffamants et insultants dans mon cours! Antoine, apporte-moi ton carnet, que je te mettre une heure de retenue. Les autres, pour la semaine prochaine, vous me ferez une recherche sur un personnage important de votre choix. A deux conditions: que ce soit quelqu'un que vous admiriez, ou qui a influencé votre vie. Et que cette personne soit homosexuelle.
-Mais M'sieur, couina une jeune fille assise dans un coin de la classe. Ca n'a rien avoir avec le programme d'histoire. Et puis, c'est trop dur, ça existe pas ça, des personnages importants homos.
-Eh bien Catherine, va voir Mme Collignan, ton professeur de français, ou M. Dupuis, ton professeur d'arts plastiques, et demande-leur s'il n'existe pas des auteurs ou des artistes homosexuels. Je suis sûr qu'ils en trouveront quelques-uns. Sur ce, ça vient de sonner, vous pouvez donc partir. A lundi!

Les chaises raclèrent le sol dans un bruit assourdissant et les lycéens sortirent les uns après les autres de la salle, discutant avec animation du devoir de dernière minute donné par M. Pifrin, ainsi que des événements qui avaient conduit à ce devoir.

Seul Antoine resta dans la classe, debout à côté du bureau de son professeur d'histoire, qui remplissait le feuillet rose des retenues au centre de son carnet de correspondance.

-Tu viendras lundi à huit heures, en salle 203.
-Mais M'sieur, je commence à onze heures le lundi! Vous pouvez pas me faire ça! protesta-t-il.
-Antoine, en général, les retenues ne sont pas faites pour arranger les élèves. Mais bon, ce n'est pas pour ça que je te la mets à huit heures. C'est seulement que moi, je commence à neuf heures, et j'aimerai discuter avec toi pendant cette heure de retenue. Alors ça sera huit heures, lundi matin, non négociable. D'ici là, j'aimerais que tu réfléchisses à tes paroles, et à leur caractère insultant, dit-il d'un ton calme tout en lui tendant son carnet.

Antoine le lui arracha des mains et marmonna quelques mots pleins de colère.

M. Pifrin, qui s'était retourné pour chercher quelque chose dans un tiroir, releva la tête et lui demanda aimablement de répéter, n'ayant pas entendu les supposées protestations de son élève.
Antoine hésita un instant, puis, alors que son regard se posait sur son carnet où la retenue venait d'être inscrite, sa colère éclata, et il la déversa sur son professeur.

-Espèce de sale PD! Tu crois pouvoir me diriger et me foutre des heures de colle! Va te faire enculer par ta tarlouze de copain! J'espère que vous attraperez le sida et que vous en crèverez tous les deux!

Le professeur était d'abord resté interloqué par les paroles violentes de son élève, avant d'en être totalement ulcéré. Mais ce furent ses derniers mots qui le mirent hors de lui, et le conduisirent à lui asséner une claque magistrale.

-Ne souhaite jamais la mort de gens que tu ne connais pas, petit con!

Sur ce, il attrapa ses quelques affaires et sortit de la salle en claquant la porte, laissant Antoine interdit et encore sous le choc de la claque. Il se dirigea rapidement vers la salle des professeurs, vide à cette heure, se prit un café, et s'affala sur l'une des chaises. Presque aussitôt, son téléphone portable sonna, et il sourit tristement en voyant le nom de Samuel s'afficher sur l'écran.

-Allô? dit-il d'une voix automatique.
-Allô Philippe? Devine quoi? Je viens d'avoir mes résultats du labo! Et tiens-toi bien, parce que tu vas sauter au plafond: ma charge virale est indétectable! Je viens d'appeler le docteur, et il a dit que c'était très bon signe! Et que j'étais quasiment plus contaminant! Bon, je pense qu'il vaut mieux continuer à utiliser des capotes, mais au moins comme ça, on a tous les deux l'esprit un peu plus tranquille, non?

Philippe Pifrin ne répondit pas tout de suite, un peu abasourdi par l'enthousiasme de son compagnon.

-Philippe? Ca va? demanda soudain Samuel, étonné de son manque de réaction devant cette bonne nouvelle.
-Oui, ça va beaucoup mieux maintenant, réussit-il à dire avant d'éclater en sanglots.

Repost 0
Published by Skorpan - dans One-shot
commenter cet article
14 décembre 2008 7 14 /12 /décembre /2008 15:56

Je sais, ce n'est pas une suite de Crampons et autres fantaisies hippiques. Mais j'ai du mal à me remettre à cette fic. Pour l'instant je me consacre plus à How does it feel? Je viens de commencer la 3ème partie, et mes lecteurs me boostent à fond. Et puis j'avoue que le scénario est plus clair dans ma tête aussi que pour Crampons. ^^ Donc voilà, c'est un petit OS que je vous offre.

Je remercie chaleureusement Fidlansi, parce que c'est en me promenant sur son blog (malheureusement en train d'être supprimé) que j'ai découvert son principe d'interviews. Le thème du 1er interview m'a tout de suite plu et j'y ai réfléchi pendant une bonne semaine: "Si j'étais un homme, je serais homosexuel." Alors je vous laisse découvrir ce que mon cerveau est encore allé inventer en lisant cette phrase. ;-)

NB: il y a encore des prénoms plus ou moins suédois, et qu'il faut bien entendu prononcer à la suédoise! :-P
-Jonatan >> Yonatane
-Björn >> Byeuh-rn
-Pelle >> Pélé
-Lindberg >> on prononce bien toutes les lettres, même le N et le G.
-Johan >> comme en français, enfin je crois: Yohane (en prononçant le H)





     Si j'étais un homme, je serais suédois, j'habiterais Stockholm et je m'appellerais Jonatan. J'aurais commencé la guitare à l'âge de six ans, en piquant celle de ma maîtresse d'école. Mes parents, me voyant de plus en plus passionné, m'inscriraient dans un cours collectif de musique, où j'apprendrais à jouer de la guitare et à chanter. Là-bas, je rencontrerais Björn, avec qui je nouerai des liens très forts. Par la suite, il deviendrait mon meilleur ami.


     A l'école, je ne m'amuserais pas beaucoup, trouvant les cours inintéressants et embêtants, à part ceux de musique. Mais j'aurais toujours des notes correctes, pour faire plaisir à mes parents. Et aussi par peur qu'ils ne décident de supprimer mes cours de guitare. A douze ans, j'arrêterais de prendre des cours de guitare, parce que je trouverais les autres trop nuls. A partir de ce moment là, j'essaierais de composer mes propres morceaux. Mes cahiers seraient couverts de petits bouts de partitions et de notes de musique. Cependant, même si mon esprit vagabonderait entre les clés de sol et les clés de fa, mes notes resteraient constantes, mon caractère timide m'incitant à me faire remarquer le moins possible. A 13 ans, j'aurais essayé de monter un groupe de rock avec Björn. Mais j'aurais laissé tomber au bout de quelques mois parce que Björn préférerait s'intéresser aux filles. Je ne comprendrais pas son attitude: les seules choses intéressantes à mes yeux seraient alors la musique, et puis peut-être les garçons. En tout cas, les filles ne mériteraient même pas que je leur consacre une pensée. Je lui en voudrais alors un peu, mais lui pardonnerais bien vite: il ne serait pas mon meilleur ami pour rien. Quant à la guitare, je continuerais à jouer et à composer tout seul dans mon coin.


     Au lycée, je mènerais ma petite vie tranquille d' "élève moyen, n'exploitant pas assez ses capacités". Les professeurs m'aimeraient bien, et me laisseraient tranquilles. Un jour, vers novembre de ma première année, je m'arrêterais devant le panneau des petites annonces pour trouver s'il y avait des propositions de baby-sitting: j'aurais besoin d'argent pour acheter des cadeaux de Noël à mes parents et à ma grande sœur, qui serait de cinq ans mon aînée. Ce serait alors que je verrais une toute petit affiche où il y aurait marqué qu'un certain Pelle Lindberg cherchait un batteur, un chanteur, un guitariste et éventuellement un claviériste. Seul le terme "chanteur" n'aurait pas été barré. Je me pencherais alors pour en savoir un peu plus: le genre de musique jouée, et peut-être même le numéro de téléphone de ce Pelle. A ce moment là, une masse se jetterait sur moi et m'écraserait le visage contre la vitre du panneau d'affichage. Ne se souciant absolument pas de la rencontre douloureuse entre mon nez et la vitre, la masse s'écrirait:

-Dis dis dis!! Tu joues d'un instrument?

Et je répondrais alors distraitement, trop soucieux de savoir si je saignais ou non du nez:

-Oui, de la guitare… Et je chante aussi.
-Parfait!! s'exclamerait l'inconnu, m'entraînant alors par le bras vers la sortie.

Je me débattrais un moment, puis abandonnerais la lutte: l'inconnu serait trop fort pour moi. De plus, son rire magnifique me donnerait envie de mieux le connaître. J'apprendrais alors rapidement que Johan, puisque ce serait son nom, était le guitariste du groupe dont je regardais l'annonce quelques instants auparavant. Le groupe s'appellerait Acidulate, et cela ferait des mois qu'ils cherchaient un chanteur. Johan ne cesserait de dire que je tombais à pic, et il rajouterait tout bas pour ne pas que je l'entende: "Et pas seulement pour le groupe." Après quelques essais, je serais définitivement pris comme chanteur et guitariste.


     Mes années de lycée se passeraient bien: des notes toujours correctes, des parents contents, une sœur quittant le cocon familial pour s'installer avec son copain, et Acidulate qui marcherait de plus en plus. Enfin, tout se serait bien passé si, lors de ma dernière année de lycée, je n'avais pas eu la subite envie d'embrasser Johan en plein concert. Sur le coup, il aurait joué le jeu, et aurait répondu à mon baiser. Mais après le concert, en coulisses, il m'aurait enguirlandé, disant qu'à cause de moi, il avait raté quelques accords. Puis quand les autres seraient partis, il m'aurait glissé à l'oreille: "Mais t'embrasses super bien. Merci pour tout à l'heure!" Il m'aurait alors planté là, comme un con. Et moi, trop étonné, je n'aurais pas réagi. Au bout de plusieurs semaines de réflexions intenses, de prises de tête, de mauvais plans drague avec des filles, et beaucoup de sourires et de regards en coin avec Johan, on sortirait enfin ensemble. Et notre première fois ensemble aurait été un souvenir ineffable, que je ne pourrais pas évoquer ici, car vraiment trop intime. Elle marquerait aussi la première fois où on se serait avoué nos sentiments, avec un "Je t'aime" murmuré sur l'oreiller.


     On aurait vécu huit années de bonheur à l'état pur, le paradis sur terre. Bien sûr celui-ci aurait été un peu entaché à l'annonce de ma sexualité à ma famille. Tout le monde aurait rejeté ma différence, prétextant que j'étais anormal. J'aurais par conséquent coupé les ponts avec tout le monde, sauf avec ma sœur, qui m'aurait accepté tel que j'étais, sans même se poser de question, tout comme je l'avais fait lorsque je m'étais découvert gay. Du côté de Johan, ses parents auraient été plus tolérants et auraient sauté de joie quand il aurait annoncé qu'il avait trouvé l'homme qui le rendrait heureux toute sa vie. C'aurait été le premier coup dur porté à notre couple, mais il n'aurait affecté en rien notre relation. Le deuxième coup dur aurait été la dissolution de Acidulate, les autres ne voulant plus continuer. Johan aurait encaissé le coup beaucoup mieux que moi, puisqu'il aurait son travail d'architecte d'intérieur qui le passionnerait. Quant à moi, mon petit boulot de fonctionnaire bien propre sur lui ne me satisferait pas. La musique et Johan représenteraient tellement tout pour moi que j'aurais l'impression qu'on avait tué une partie de moi. J'aurais essayé de former un autre groupe mais cela n'aurait pas marché, et je déprimerais de plus en plus. Le troisième, et dernier, coup dur porté à notre couple, ce serait moi qui le porterait. Un jour plus déprimant que les autres, je serais allé boire dans un bar, et j'aurais fini ma soirée dans un lit inconnu. Je me sentirais affreusement coupable, comme le dernier des salauds, et je déciderais à tout avouer à Johan sur le champ. Celui-ci le prendrait très mal et me mettrait à la porte de notre appartement. Je logerais alors pendant plusieurs semaines chez ma sœur et son mari, un peu en dehors de Stockholm. Elle hésiterait à me loger, puis nous réussirions à trouver un accord: je ferais le test du VIH, qui se révèlerait négatif, et j'habiterais chez elle. Là-bas, je me ressourcerais et tous les jours, j'écrirais de longues lettres à Johan, que je n'enverrais jamais. Un jour, je recevrais un coup de fil de Björn, mon meilleur ami, m'apprenant qu'un célèbre groupe suédois avait besoin d'un guitariste remplaçant sur leur tournée. Je partirais aussitôt, fourrant tout en vrac dans mon sac.


     Je ferais connaissance avec le groupe et m'entendrais très bien avec ses membres. Je m'entraînerais pendant plusieurs jours avec eux, et le premier concert se passerait très bien. Ils parleraient même de m'engager comme second guitariste. On fêterait ça dignement et au moment d'avaler ma troisième bière, je recevrais un coup de fil de ma sœur. Elle aurait trouvé les lettres adressées à Johan, que j'aurais oubliées de prendre, et les aurait envoyées. Je l'engueulerais, je la traiterais de tous les noms, puis je pleurerais et la remercierais. Puisque après tout, elle aurait fait la seule chose dont je n'aurais pas été capable: oser lui dire "Je t'aime" après l'avoir trahi.


     Et maintenant, j'attendrais.

Repost 0
Published by Skorpan - dans One-shot
commenter cet article
28 septembre 2008 7 28 /09 /septembre /2008 13:48

Désolée, ce n'est pas une suite de "Crampons et autres fantaisies hippiques" mais j'ai eu une semaine avec le moral proche du zéro. Donc j'ai pas pu écrire une ligne.
Pour me faire pardonner de ne pas avoir écrit de suite, j'ai décidé de poster un OS qui me tient particulièrement à coeur. Pour moi, il fait partie des meilleures choses que j'ai jamais écrites.
Pour la petite histoire, je lisais "Paris brûle-t-il?" (un livre que je conseille à tous ceux qui aiment la période de la Seconde Guerre Mondiale) et l'une des scènes décrites dans le bouquin m'a beaucoup marquée.Je dirais même qu'elle m'a hantée pendant plusieurs mois. Donc j'ai fini par écrire cet OS, en intégrant un passage du livre dedans.
Je dédicace cet OS à tous les libérateurs de Paris, quelles que soient leurs nationalités, et surtout à cette jeune fille.






     Claire était heureuse. Heureuse et inquiète. Depuis samedi, un vent de révolte soufflait sur la capitale : l'insurrection qui avait débutée à la préfecture de Police avait rapidement gagné tout Paris et ses banlieues. Les Parisiens se battaient enfin contre l'occupant allemand. Mais la peur tenaillait le ventre de la jeune femme : son fiancé se battait rue Lafayette sur l'une des nombreuses barricades qui s'étaient élevées une nouvelle fois dans les rues séculaires de Paris, et elle savait que les armes et les munitions manquaient. Lui aussi le savait, tout comme ses compagnons de combat, mais ils étaient décidés à lutter jusqu'au bout, à ne pas se rendre, une deuxième fois, à l'occupant : ils se refusaient à subir de nouveau la honte de 1940. Cette fois-ci, ils vivraient libres ou mourraient.


     En désespoir de cause, le jeune homme avait demandé à sa fiancée, qui s'occupait du ravitaillement de la barricade, de trouver de quoi faire une bouteille incendiaire : il voulait essayer de déclencher un incendie autour des tanks allemands qui les assiégeaient. Alors que la jeune fille allait s'élancer à travers les rues de Paris pour une mission qu'elle savait quasiment impossible, il la retint par le bras et l'entraîna un peu à l'écart. Il enleva son brassard FFI aux couleurs françaises et le lui tendit.

"Une balle a dû t'arracher le tien alors prends le mien. Comme ça, en plus, tu penseras à moi."

Quand elle l'eut mis, il la serra fortement dans ses bras et lui murmura quelques mots à l'oreille.

"J'aime bien le rouge de ta jupe, alors s'il-te-plaît, ne l'abîme pas avec du sang."

Puis il l'embrassa et se retourna, rejoignant d'un pas calme la barricade. Elle le regarda s'éloigner, puis elle-même partit dans la direction opposée.


     Après avoir visité plusieurs pharmacies qui s'étaient révélées vides, Claire trouva son bonheur dans un laboratoire souterrain abandonné. Celui-ci, la porte béante, avait déjà été pillé mais dans un coin de la pièce, il restait de quoi confectionner une bouteille de ce qu'on appellerait plus tard un cocktail molotov. Emportant avec elle sa précieuse bouteille, elle sortit rapidement du laboratoire. Cependant, malgré son désir, elle ne se mit pas à courir. Les rues étaient jonchées de débris et les pavés enlevés formaient de nombreux trous : elle avait peur de tomber et de lâcher la bouteille, qui aurait alors explosé au sol, devenant totalement inutile. Alors qu'elle marchait le plus vite possible sur le quai de Gesvres, elle déboucha sur la place de l'Hôtel de Ville. Ce qu'elle vit l'effraya et elle recula précipitamment, serrant contre elle la bouteille qui avait contenu pendant un temps du bon champagne. Du coin de l'immeuble où elle s'était cachée, elle observait la terrible scène qui se déroulait sous ses yeux : plusieurs tanks allemands venaient d'arriver sur la place et assiégeaient l'Hôtel de Ville, dont les résistants s'étaient emparés le plus tôt possible lors de l'insurrection. Elle se doutait que les Panthers allaient donner l'assaut d'une minute à l'autre, et que les insurgés seraient massacrés. Elle sut alors ce qu'elle devait faire, même si son instinct lui criait le contraire.


     Tout en regardant le ciel, elle remercia le jeune chimiste dont elle ignorait le nom mais qui avait permis aux Parisiens de se doter de cette terrible bouteille incendiaire.* Puis elle déposa celle-ci délicatement sur le sol. Elle retira son brassard, l'embrassa et ferma les yeux en se laissant envahir par l'odeur de l'homme qu'elle aimait qui était imprégnée dans le morceau de tissu. Quelques secondes plus tard, elle rouvrit les yeux et son image s'imposa à elle : il était là, debout devant elle, sur le quai. Il lui souriait. Elle lui murmura quelques mots.

"Pardonne-moi : je ne t'apporterai pas ce que tu m'avais demandé de trouver. Mais je sais que tu me comprends et que tu m'approuves. … Enfin non, je sais plutôt que tu ne m'approuves pas parce que tu veux que je vive, mais au fond de toi, tu sais que tu aurais fait la même chose. Pardonne-moi pour tout que je n'ai pas fait. De toute façon, la vie aurait été trop courte pour tous nos projets. Au moins, on aura réalisé le plus important de ces projets : celui de s'aimer et d'être heureux."

Claire marqua une pause : des larmes coulaient le long de sa joue et elle avait de la peine à parler. Enfin, au bout de quelques secondes qui lui parurent une éternité, elle exprima ses dernières volontés à l'illusion qui s'était rapprochée de quelques pas.

"Ne m'oublie pas mais ne vis pas avec mon souvenir."

Elle essuya alors ses larmes, puis ses mains glissantes de transpiration sur sa jupe. "Ca serait bête de lâcher la bouteille avant d'avoir atteint un tank" pensa-t-elle avec une pointe d'humour. Alors qu'elle s'apprêtait à parcourir les derniers mètres qui la séparaient des tanks allemands et de sa propre mort, elle se retourna et lança d'un ton qui se voulait joyeux.

"Quand tu retrouveras mon corps, jure-moi de me dire si les insurgés de l'Hôtel de Ville ont survécu. Tu me le jures, n'est-ce pas ?"

En guise de réponse, elle sentit un souffle chaud lui effleurer les lèvres. Satisfaite, elle se mit à courir vers le tank le plus proche.



     « Tandis qu’il expliquait le maniement d’une mitrailleuse à un groupe d’adolescents, André Tollet vit quatre tanks apparaître sur la place de l’Hôtel de Ville. D’une fenêtre, Tollet lui-même se mit à tirer. A cet instant, une jeune fille armée d’une bouteille surgit du quai de Gesvres. Tollet la regarda courir, sa jupe rouge gonflée comme une corolle, vers un "Panther" embusqué au coin du quai. Stupéfait, il la vit atteindre le char, escalader les chenilles, lever le bras, et jeter sa bouteille dans la tourelle ouverte. Tandis qu'elle sautait à terre, il vit un geyser de flammes jaillir du char. Bientôt, "comme un coquelicot coupé d'un coup de cravache", la jeune fille s'écroula et sa jupe fit une tache rouge sur l'asphalte. Mais les chars se retirèrent. » **


     Rue Lafayette, le jeune homme qui combattait farouchement sur sa barricade eut l'impression de recevoir une balle en plein cœur, la même que lorsque ses parents et son grand frère avaient été fusillés pour acte de résistance. Assommé, il se réfugia à l'abri d'un porte cochère. Pendant une minute, il ne tira pas : il semblait complètement détaché du furieux combat qui se tenait quelques mètres plus loin. Puis il revint dans la bataille, plus déterminé que jamais. Il ordonna l'exécution du plan qu'il avait imaginé en dernier recours. Après plusieurs heures de combats acharnés et de nombreux morts, il ne restait des Allemands que des morts et des tanks calcinés criblés de balles.


     Le soir même, vagabondant dans les rues de Paris, l'esprit ailleurs après cette éprouvante journée, il se retrouva devant l'Hôtel de Ville. Il reconnut immédiatement la jupe rouge, même si, contrairement à ce qu'il avait espéré le matin même, elle était tâchée de sang. Il se précipita vers le corps de la jeune fille. Enjambant les nombreux autres corps allongés sur la place, il arriva rapidement à sa hauteur. S'agenouillant à côté d'elle, il lui prit la main et la porta à son visage, qui se mouilla de larmes.

"Vous la connaissiez ?"

La voix de l'homme le fit sursauter. Il le dévisagea pendant de longues secondes: couvert de sang et de poussière, il semblait tout aussi fatigué de lui.

"C'était ma fiancée."
"Je suis désolé. Je me suis occupé de la nettoyer."

Le visage était effectivement propre, contrastant étrangement avec ses vêtements.

"Merci. Excusez-moi : je vais peut-être vous paraître grossier mais qui êtes-vous ? Pourquoi avez-vous fait cela pour elle ?"

Tendant la main au-dessus du corps froid depuis plusieurs heures déjà, geste quelque peu incongru dans ce décor macabre, il se présenta.

"Je m'appelle André Tollet. Je suis l'un des résistants de l'Hôtel de Ville. En fin de matinée, quatre Panthers ont surgi et se sont postés devant le bâtiment. J'ai immédiatement commencé à tirer mais c'est à ce moment là qu'elle est apparue. Elle a escaladé un char et calmement elle a lâché une bouteille incendiaire dans sa tourelle. Elle est descendue assez vite pour éviter de brûler avec mais elle n'a pas pu éviter les balles allemandes."

Tous deux restèrent silencieux pendant plusieurs minutes. Soudain, le jeune homme releva la tête et demanda.

"Vous vous en êtes tous sortis ? Vivants je veux dire ?"

Pris au dépourvu, l'autre bredouilla.

"Oui…euh non non…enfin ça dépend du point de vue. Grâce à elle, les chars se sont retirés sans tirer un seul coup, ce qui nous a tous sauvés. Mais d'autres gars sont morts dans l'après-midi lorsqu'on a essuyé d'autres attaques."

Le jeune homme hocha la tête et se pencha vers celle de la jeune fille. Il lui murmura pour la deuxième fois de la journée quelques mots à l'oreille.

"Ils ont survécu. Tu les a sauvés."

Puis il l'embrassa. Enfin il se leva et partit, laissant sa fiancée seule avec l'un des hommes qu'elle avait voulu sauver, au lieu de rester en vie avec lui. Après quelques pas, il se retourna et lança à André Tollet.

"Comment fait-on pour qu'un corps ne soit pas mis dans la fosse commune ?"



* Il s'agit de Frédéric Joliot-Curie, le gendre de Pierre et Marie Curie.
** Paris brûle-t-il ?, La bataille, chapitre 20, de Dominique Lapierre et Larry Collins

Repost 0
Published by Skorpan - dans One-shot
commenter cet article
3 septembre 2008 3 03 /09 /septembre /2008 21:36

Pour commencer, un petit OS écrit il y a environ un an. Pas de yaoi, une mini toute petite pincée de lemon et du sadisme, voilà ce qui pourrait résumer cet OS de tout juste une page. ^^
Tous les avis sont les bienvenus! ;-)







- Cela faisait longtemps qu'on n'avait pas eu un moment comme ça, hein ma chérie ?
- Comment ça "comme ça" ? lui demanda d'un ton enjoué la jeune femme.
- Comme ça : tous seuls, tous les deux, dans notre appartement, sans stress : pas de garde de nuit pour toi et pas de projet à finir en urgence pour moi.
- En y réfléchissant bien, tu as raison. Alors…
- Alors ? la questionna le jeune homme, le sourire aux lèvres, devinant déjà sa réponse.
- Alors je vais faire en sorte que ni toi ni moi n'oubliions ce moment avant longtemps.


Elle s'approcha de lui, l'enlaça et l'embrassa tendrement. Il répondit à son baiser avec douceur et passa sa main droite dans ses cheveux bruns, coupés au carré. Sa main gauche la tenant fermement par la taille, il l'entraîna tout doucement vers la chambre. Interrompant soudain leur baiser, il la souleva et la déposa délicatement sur le lit. Puis il enfouit son visage dans la chevelure de la jeune femme, dont l'odeur de pêche lui était agréable. Après s'être imprégné de cette senteur, il entreprit de l'embrasser sur toutes les parties de son corps en commençant par le visage. Mais la jeune femme posa un doigt sur ses lèvres pour lui signifier de s'arrêter. Il se redressa, étonné. Avec un regard malicieux, elle s'approcha pour lui murmurer au creux de l'oreille.

-Je croyais que c'était moi qui devait rendre ce moment inoubliable.

Et elle le repoussa pour l'allonger sur le lit et se retrouver au-dessus de lui. Il approuva du regard et soupira.

-Cela faisait vraiment longtemps que…

Il n'eut pas le temps de finir sa phrase que déjà la jeune femme l'embrassait. De sa main gauche, elle s'amusait avec les cheveux blonds du jeune homme, et sa main droite se glissa sous sa chemise pour aller caresser son torse. Délicatement, elle défit les boutons un à un. Quand le torse nu apparut enfin en entier, elle entreprit d'enlever les manches. La chemise atterrit sur le plancher et les lèvres des deux jeunes gens se séparèrent. Celles de la jeune femme descendirent le long du cou de son compagnon. Comme elle le chatouillait avec sa langue, il commença à rire et ses mains expertes s'aventurèrent sous son chemisier, qui ne tarda pas à rejoindre le plancher lui aussi. Alors qu'elle venait de déboutonner le pantalon du jeune homme, un beeper sonna. Tous deux se figèrent pendant de longues secondes, lui une main sous son soutien-gorge et elle une à l'intérieur de son pantalon. Ils se regardaient intensément, puis la jeune femme détourna son regard. Elle se leva et attrapa son beeper.

-Merde, murmura-t-elle, code 2.

Elle ramassa son chemisier et dit au jeune homme alors qu'elle se rhabillait.

-Je dois y aller. Ils ont besoin de moi.

Il protesta : ce n'était pas sa nuit de garde. Mais le beeper sonna de nouveau : le petit voyant au-dessus du numéro 3 venait de s'allumer.

-Je dois vraiment y aller. Ils sont débordés à l'hôpital, je dois les aider.


Alors qu'elle prenait ses clefs et s'apprêtait à ouvrir la porte, il se précipita hors du lit et lui dit d'une voix qu'il voulait posée, mais qui tremblait quand même.

- Si tu franchis cette porte et que tu vas aux urgences, je prends mes affaires et tu ne me trouveras pas ici demain… ni les jours d'après.
- Tu me quittes ? Tu ne m'aimes plus ? demande-t-elle les larmes aux yeux.
- Ce n'est pas ça : je t'aime de tout mon cœur. Mais je ne supporte plus cette vie : tu n'as pas une minute à toi, ni un moment pour nous. Tu es trop prise par ton métier : je n'en peux plus. Parfois, je me dis que ç'aurait été mieux si t'avais fait d'autres études.
- Oui c'est sûr, ç'aurait été plus simple, mais pas mieux. Je suis médecin et je sauve des vies : cela fait partie de moi, que tu le veuilles ou non, dit-elle calmement, malgré les larmes qui coulaient le long de ses joues.

Alors qu'elle sortait précipitamment, il murmura, le regard fixé sur la porte qui se refermait.

-Eh bien ma chérie, il y a au moins une vie que tu n'auras pas pu sauver : la nôtre.

Repost 0
Published by Skorpan - dans One-shot
commenter cet article

Så Här Är Det!

  • : Nangilima
  • Nangilima
  • : Un blog où je vais publier mes écrits, avec des relations hétéro et homosexuelles explicites, donc ceux qui ne veulent pas lire, la croix rouge en haut à droite peut vous être utile. Aucun plagiat n'est accepté! Et aussi je vais un peu parler de ce qui influence mes écrits: musique, bouquins, etc.
  • Contact

Skorpans Nangilima


En värld där du kan bli den du vill, bara du följer ditt hjärta...


Les textes publiés sur ce blog sont de ma propre invention et sont écrits par moi, à moins que le contraire ne soit précisé en début d'article. Je vous demanderai donc de respecter mon travail et de ne pas plagier mes écrits.
Merci d'avance.

Certains textes peuvent contenir des relations hétéro ou homosexuelles explicites.
Les mineurs et tous ceux que ça dérange, vous connaissez la sortie: la petite croix rouge.
Tous les résumés et histoires à venir sont disponibles ici.
Si vous avez des questions ou autres, vous pouvez m'envoyer un mail ici.

Sökande

"Un écrivain ne confie tout ni à ses journaux intimes, ni à sa correspondance;
seules ses créatures racontent sa véritable histoire, celle qu'il n'a pas vécue, mais a souhaité vivre."

François Mauriac 

Andra saker ni kan se

lien-nan--19171a4

 
 

Vad som helst...



"Je ne suis pas homosexuel, même si certains semblent le croire."

Ola Salo





"Aime moi, alors je t'aimerai peut-être."
J. R.-P.





"Tout est une question de goût. Toi tu aimes les femmes, moi j'aime les hommes, et lui aime les deux. Où est le problème?"
J. R.-P.





"Ne plus rêver, c'est être à demi mort, c'est faire de la réalité sa seule loi."
Jean-Baptiste Pontalis





"Si tu sens que tu plafonnes, perce un trou dans le plafond."
Gilles Goddard

"Alors si tu sens l'angoisse de la page blanche, prends en une rose."
J. R.-P. 

Lyssna!