Overblog Tous les blogs Top blogs Littérature, BD & Poésie
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU

Crampons et autres fantaisies hippiques - 6

Publié le par Skorpan

Bonjour à tous!

Je sais pas si c'était mon ordi ou pas, mais je trouvais que l'autre présentation du blog (en noir et bleu) déconnait un peu, et ça m'énervait. Alors j'ai carrément changé pour un autre layout, parmi tous ceux proposés. Et j'ai choisi celui-là parce que j'aime bien les couleurs, et les orchidées. Que ceux qui se sont dit: "Ah non, je me suis trompé de blog!" se rassurent: c'est toujours le même, mais il a mué! ;-)

Sinon, je crois que cette suite est plus petite que les autres, j'aurais peut-être dû l'intégrer à la partie 5. M'enfin, c'est fait, c'est fait, ne tergiversons pas plus longtemps et postons! =)






     Peter s'était enfermé dans son bureau depuis la fin du déjeuner pour pouvoir tranquillement travailler sur l'enquête, mais à l'heure du thé, il décida de descendre dans le salon rejoindre Sonia. Celle-ci feuilletait un magazine de mode, probablement à la recherche d'une énième jupe, ou d'un petit chemisier. Elle releva la tête en entendant les pas sur le parquet.

-Chéri? Tu veux quelque chose? demanda-t-elle d'une voix douce, comme si contenter et satisfaire son mari était le but de sa vie.
-Euh… oui, je pensais qu'on pourrait peut-être prendre le thé. Il est presque cinq heures de l'après midi.
-Tout à fait, il est déjà en train d'infuser. J'ai fait du Earl Grey fleurs bleues. Ca te va?
-Euh… oui, oui, bien sûr.

Un sourire étira ses lèvres, et elle replongea dans sa lecture. Peter, les bras ballants et encore debout dans l'entrée du salon, décida d'aller s'asseoir sur l'un des fauteuils. Il ne s'attendait pas à ce que le thé soit presque prêt, et n'avait donc plus rien à faire qu'à attendre. Il attrapa un magazine quelconque sur la table basse et se mit à lire l'édito. Au moment où il tourna la page pour feuilleter un peu plus en profondeur ce qui s'était révélé être un magazine pour jeunes mamans, la sonnerie caractéristique du four à micro-ondes se fit entendre. Il ne continua pas plus avant sa lecture et se précipita dans la cuisine: il avait déjà goûté à un Earl Grey trop infusé et n'avait pas envie de retenter l'expérience. Il éteignit la minuterie, retira le panier de thé en se brûlant légèrement, et sortit des tasses d'un placard. Quelques minutes plus tard, le plateau était enfin prêt avec tout ce qu'il fallait dessus, et il put l'apporter dans le living-room. Sonia délaissa alors sa contemplation de pantalons et chaussures dernier cri pour servir le thé. Les premières minutes de dégustation se passèrent dans un silence religieux, tous deux savourant cette boisson chaude qu'ils appréciaient particulièrement. Puis Peter reposa sa tasse à moitié pleine pour prendre la parole.

-Sonia, j'aimerais savoir pourquoi tu as ordonné à Mikaël et My de partir hier soir.

Le ton était calme et posé, même s'il bouillait de l'intérieur: ce n'était pas la première fois qu'il posait la question,
mais il s'était toujours heurté à un mur. Il espérait avoir plus de chance cette fois-ci, et pouvoir ainsi donner une explication décente à son ami.

-Je ne leur ai pas ordonné. Je les ai juste priés de partir, corrigea-t-elle entre deux gorgées de thé.
-Ca revient au même vu le ton que tu as employé, chérie, fit-il remarquer.
-Si tu le dis… Enfin, là n'est pas le problème. Je t'ai déjà dit que je ne voulais pas en parler, alors on n'en parle plus, déclara Sonia d'un ton toujours aussi doux, mais d'une fermeté à toute épreuve. Sinon, que penses-tu de ce tableau Peter? demanda-t-elle en attrapant un magazine d'une galerie d'art. Je l'ai vu tout à l'heure et j'ai pensé qu'il irait très bien dans le salon. Et avec…
-Sonia, ne détourne pas le sujet, s'il te plaît, l'interrompit-il d'une voix où on sentait poindre son agacement. J'ai envie d'en parler moi, alors on en parle. Est-ce que tu te rends compte de comment tu t'es comportée hier? C'était très irrespectueux envers eux! Comment je vais encore oser les regarder en face après que tu les aies jetés dehors comme des malpropres! Toute la soirée s'était très bien déroulée, et toi, tout d'un coup, sur un coup de tête, t'as décidé de les foutre à la rue! C'est contraire à toutes les règles de politesse Sonia!

Peter ne l'avait pas voulu, mais le ton était monté au fur et à mesure qu'il parlait, et l'attitude stoïque de Sonia n'arrangeait rien. Alors puisqu'il avait commencé à déverser son sac, autant continuer jusqu'à ce qu'il soit vide.

-Sonia, tu m'écoutes? Merde à la fin, réponds-moi! finit-il par crier.
-J'ai dit que je ne voulais pas en parler Peter, alors je n'en parlerai pas. Point barre.
-Nan mais regarde-toi, nom de dieu! T'as l'air d'une vraie gamine à ne pas vouloir parler de ce qui ne t'arrange pas!
-Moi!? Moi, j'ai l'air d'une gamine?! explosa-t-elle soudain. Nan mais tu t'es vu? Le gamin c'est toi! A ramener des gens que tu ne connais pas et qui ne te connaissent pas à la maison! Sans même me demander mon avis en plus!
-Comme si j'avais besoin de te demander pour faire le moindre truc!
-Ouais, t'en as besoin! Je te signale qu'on vit à deux dans cette maison. Et que tu dois me prévenir avant d'organiser des trucs! cria-t-elle d'autant plus énervée que la voix de My avec la fameuse question ne cessait de tourner dans sa tête. De toute façon, c'est clair: ils n'ont plus droit de remettre les pieds ici, tes amis.
-Je croyais qu'on vivait à deux dans cette maison, et qu'on devait prendre les décisions à deux! Ou alors t'es l'exception qui confirme la règle? cracha Peter, exaspéré par l'hypocrisie dont faisait montre Sonia. Ce sont mes amis, alors je les inviterai si je veux!
-Tes amis hein? Tu les as rencontrés où?
-Au boulot!
-Me prends pas pour une conne Peter! Ils ont dit qu'ils étaient cavaliers, pas inspecteurs!

A cet instant, Sonia s'était levée brusquement en jetant le magazine d'art par terre, pour montrer l'étendue de sa colère. Peter, nullement impressionné par ce débordement hystérique, s'était levé à son tour, et dominait sa compagne d'une bonne tête et demie.

-T'es vraiment bornée quand tu veux. Mikaël est consultant sur une enquête, et My est sa petite amie.
-Que tu n'avais jamais vu, je suppose, compléta-t-elle d'un ton ironique.
-Effectivement, confirma-t-il.
-Et pourtant tu la considères comme une amie.
-J'ai appris à l'apprécier lors du dîner, répliqua-t-il, soudainement plus froid que jamais.

Peter avait en effet cette capacité de passer en tout juste une phrase d'une colère rouge et exubérante, à un ton plus que froid, où se ressentait tout son mépris pour son interlocuteur. Cette technique, forgée par de nombreux interrogatoires, c'était la première fois qu'il l'utilisait face à Sonia, et celle-ci eut la désagréable impression de se retrouver au commissariat, face à l'inspecteur, et non plus face à l'amant. Elle en frissonna de peur, mais aussi de tristesse et de dégoût, pour cet homme qui ne rechignait pas à montrer un tel visage à celle qu'il aimait. Elle avala sa salive rapidement, pour se remettre de ses émotions, et répondit sur un ton dur.

-Et moi j'ai appris à la détester. Elle a osé me suggérer que tu me trompais!
-Et?

Peter, même s'il ne le montra pas, fut surpris par cette déclaration. C'était bien la dernière chose à laquelle il s'attendait. Il était en effet habitué aux plaisanteries de ses collègues, qui lui demandaient constamment s'il savait ce que Sonia faisait de son temps libre, ou qui déclaraient avec une pointe d'humour que son acharnement à travailler jusqu'à point d'heure la nuit amènerait Sonia à douter de sa fidélité. Il en avait ri jusque là, car il trouvait cela plutôt bon enfant. Alors que Sonia prenne les choses de cette manière, il trouvait cela disproportionné. Et il le lui fit savoir.

-La tromperie est monnaie courante de nos jours, reprit-il. Tout le monde trompe tout le monde, même ceux qui se font confiance. Franchement, je suis étonné que tu n'aies jamais pensé que je puisse te tromper, avec toutes les soirées que je passe au boulot! J'aurais très bien pu te mentir, même si je ne l'ai jamais fait. T'as vraiment fait toute une montagne de rien du tout! J'espère que tu vas t'excuser auprès de Mikaël et My.
-Certainement pas! Elle m'a provoquée! Je n'ai fait que répondre.
-Qu'est-ce que t'es puérile! Quand t'es comme ça, ça me donne vraiment envie d'aller voir ailleurs pour la première fois!

La gifle partit toute seule. Il l'avait vue venir mais n'avait rien fait pour l'éviter: après tout, il était allé trop loin. Lui suggérer qu'il aurait pu lui mentir n'était pas judicieux, mais lui déclarer de but en blanc qu'il voulait la tromper n'était vraiment pas la chose à faire.

Sonia resta stupéfaite devant son geste: c'était la première fois que l'un d'entre eux portait la main sur l'autre. Elle qui ne cessait d'imaginer l'amour parfait avec Peter, elle l'avait frappé. Tout le contraire du romantisme. Tout le contraire d'une bonne épouse. Choquée par sa propre attitude, mais ne regrettant rien, car elle estimait ne pas être en tort, elle s'enfuit et se réfugia dans la salle de bains de l'étage.

Peter, désorienté par cette dispute, la plus violente depuis qu'ils se connaissaient, se laissa tomber dans le fauteuil dès que Sonia quitta la pièce. Il avait terriblement envie de pleurer, mais les larmes refusaient de sortir. Peut-être qu'inconsciemment, il estimait que cela ne valait pas la peine de pleurer pour une dispute, pas la peine de pleurer pour avoir mis Sonia en colère, pas la peine de pleurer parce qu'il était un homme, et qu'il se devait d'être fort. Cependant, cela l'empêchait d'évacuer toute la tristesse qu'il ressentait, et celle-ci comprimait son cœur, annihilant au fur et à mesure les autres sentiments qui s'y trouvaient. Il se sentait lentement glisser sur une pente raide dont la fin se profilait par un anéantissement total de sa personne. Alors peu à peu, une idée s'imposa en lui: il devait parler à quelqu'un. Il devait se confier, pour éviter de finir complètement détruit. Lorsqu'enfin, après de longues minutes, il se fut résolu à appliquer cette idée, il prit son téléphone portable, rechercha machinalement le numéro de Mikaël, et appuya sur la touche "Appel".

-Allô Peter? Comment tu vas? Au fait, on se voit le week-end prochain? Y'a un concours vers Norfolk, débita le jeune cavalier à toute allure.
-Mikaël… murmura Peter, la voix soudainement cassée.
-Pete? Ca va? Tu m'as pas l'air bien, s'inquiéta-t-il.
-Mikaël…

Et enfin les larmes se frayèrent un chemin le long des joues de Peter.
Commenter cet article
C
*snif* pleure pas Peter et quitte la cette connasse è_____é
Répondre
S
<br /> Eh oh! On ne traite pas mes persos, s'il vous plaît! :o XD<br /> <br /> Plus sérieusement, elle réagit plutôt comme une femme qui voit son territoire envahi par des inconnus, et chamboulé en un rien de temps, que comme une connasse.<br /> <br /> <br />
M
Sonia m'agace profondément --'
Répondre
S
<br /> T'es pas la seule! lol<br /> Moi aussi elle m'énerve beaucoup, mais je l'aime quand même! Ce mélange chez elle entre l'ingénuité et le calcul me fait véritablement tripper! XD<br /> <br /> <br />