[OS] Cours d'éducation sexuelle
Hello!
Je n'ai pas le temps de répondre correctement à tous les commentaires que j'ai reçus, mais je fais ça dès que je suis chez moi. En tout cas, sachez qu'ils me font très plaisir. =D
Quant au petit OS que vous avez là, il s'agit juste de décharger mon trop plein d'envie de lecture! ^^
Bonne lecture! =D

"Cours d'éducation sexuelle". C'était marqué en gros, en lettres capitales, à la craie blanche sur le tableau vert foncé. Il était environ dix-huit heures, un vendredi d'hiver, et le professeur principal avait miraculeusement réussi à tenir assez calme sa classe pendant l'heure entière qu'avait duré ce cours un peu particulier. Bien sûr, les garçons avaient rigolé lorsqu'il avait expliqué comment mettre un préservatif, et les filles avaient un peu rougi. Mais au final, cela s'était relativement bien passé. Le message principal, "Protégez-vous, quelles que soient les circonstances", avait l'air d'être bien passé, et c'était maintenant le temps d'achever l'heure par la question rituelle.
-Est-ce que quelqu'un a des questions? interrogea le professeur d'une voix forte, ramenant un peu de calme parmi les conversations qui commençaient.
Les élèves se regardèrent, goguenards pour certains, émoustillés ou timides pour d'autres, mais personne ne leva la main. Seule une voix forte, masculine, retentit du fond de la pièce.
-Eh! M'sieur! Ca sert à quoi le lubrifiant qu'ils mettent avec la capote?
-Etienne, lève la main si tu veux prendre la parole. Et répète ta question s'il-te-plaît, je n'ai pas entendu.
-Vous savez, M'sieur, quand on prend des capotes gratuites, il y a toujours un sachet de lubrifiant avec, continua le jeune homme avec un grand sourire, apparemment parfaitement au courant de l'utilisation qu'on en faisait, mais voulant l'entendre de la bouche de son aîné.
-Eh bien, il arrive parfois que la femme ne "mouille" pas assez comme vous dîtes, commença-t-il à expliquer. Le vagin n'est pas assez lubrifié, et le rapport peut être douloureux dans ces cas-là.
-Mais y'a pas que le vagin qui lubrifie pas assez, hein M'sieur? continua le voisin d'Etienne, moqueur.
-Ouais, y'a aussi les trous du cul! N'est-ce pas M'sieur? relança un autre, assis au troisième rang.
-Antoine, cesse d'être vulgaire s'il-te-plaît, le réprimanda le professeur. Et effectivement, le lubrifiant est très utile lorsque vous pratiquez la sodomie. Cependant il faut savoir que la sodomie est une pratique très douloureuse, et plus à risques que la pénétration normale. C'est pourquoi il faut absolument mettre un préservatif, même s'il n'y a aucun risque de mettre enceinte votre copine.
-Ou votre copain! D'te façon, y'a qu'les p'tits PDs pour se sodomiser entre eux! se moqua Antoine. Les mecs normaux, ils feraient pas ça à leur copine. Y'a qu'les déviants pour faire ça.
Le professeur asséna son poing sur la table pour ramener le silence parmi les rires gras provoquées par cette sortie.
-Silence! Je ne tolérerai pas ce genre de propos diffamants et insultants dans mon cours! Antoine, apporte-moi ton carnet, que je te mettre une heure de retenue. Les autres, pour la semaine prochaine, vous me ferez une recherche sur un personnage important de votre choix. A deux conditions: que ce soit quelqu'un que vous admiriez, ou qui a influencé votre vie. Et que cette personne soit homosexuelle.
-Mais M'sieur, couina une jeune fille assise dans un coin de la classe. Ca n'a rien avoir avec le programme d'histoire. Et puis, c'est trop dur, ça existe pas ça, des personnages importants homos.
-Eh bien Catherine, va voir Mme Collignan, ton professeur de français, ou M. Dupuis, ton professeur d'arts plastiques, et demande-leur s'il n'existe pas des auteurs ou des artistes homosexuels. Je suis sûr qu'ils en trouveront quelques-uns. Sur ce, ça vient de sonner, vous pouvez donc partir. A lundi!
Les chaises raclèrent le sol dans un bruit assourdissant et les lycéens sortirent les uns après les autres de la salle, discutant avec animation du devoir de dernière minute donné par M. Pifrin, ainsi que des événements qui avaient conduit à ce devoir.
Seul Antoine resta dans la classe, debout à côté du bureau de son professeur d'histoire, qui remplissait le feuillet rose des retenues au centre de son carnet de correspondance.
-Tu viendras lundi à huit heures, en salle 203.
-Mais M'sieur, je commence à onze heures le lundi! Vous pouvez pas me faire ça! protesta-t-il.
-Antoine, en général, les retenues ne sont pas faites pour arranger les élèves. Mais bon, ce n'est pas pour ça que je te la mets à huit heures. C'est seulement que moi, je commence à neuf heures, et j'aimerai discuter avec toi pendant cette heure de retenue. Alors ça sera huit heures, lundi matin, non négociable. D'ici là, j'aimerais que tu réfléchisses à tes paroles, et à leur caractère insultant, dit-il d'un ton calme tout en lui tendant son carnet.
Antoine le lui arracha des mains et marmonna quelques mots pleins de colère.
M. Pifrin, qui s'était retourné pour chercher quelque chose dans un tiroir, releva la tête et lui demanda aimablement de répéter, n'ayant pas entendu les supposées protestations de son élève.
Antoine hésita un instant, puis, alors que son regard se posait sur son carnet où la retenue venait d'être inscrite, sa colère éclata, et il la déversa sur son professeur.
-Espèce de sale PD! Tu crois pouvoir me diriger et me foutre des heures de colle! Va te faire enculer par ta tarlouze de copain! J'espère que vous attraperez le sida et que vous en crèverez tous les deux!
Le professeur était d'abord resté interloqué par les paroles violentes de son élève, avant d'en être totalement ulcéré. Mais ce furent ses derniers mots qui le mirent hors de lui, et le conduisirent à lui asséner une claque magistrale.
-Ne souhaite jamais la mort de gens que tu ne connais pas, petit con!
Sur ce, il attrapa ses quelques affaires et sortit de la salle en claquant la porte, laissant Antoine interdit et encore sous le choc de la claque. Il se dirigea rapidement vers la salle des professeurs, vide à cette heure, se prit un café, et s'affala sur l'une des chaises. Presque aussitôt, son téléphone portable sonna, et il sourit tristement en voyant le nom de Samuel s'afficher sur l'écran.
-Allô? dit-il d'une voix automatique.
-Allô Philippe? Devine quoi? Je viens d'avoir mes résultats du labo! Et tiens-toi bien, parce que tu vas sauter au plafond: ma charge virale est indétectable! Je viens d'appeler le docteur, et il a dit que c'était très bon signe! Et que j'étais quasiment plus contaminant! Bon, je pense qu'il vaut mieux continuer à utiliser des capotes, mais au moins comme ça, on a tous les deux l'esprit un peu plus tranquille, non?
Philippe Pifrin ne répondit pas tout de suite, un peu abasourdi par l'enthousiasme de son compagnon.
-Philippe? Ca va? demanda soudain Samuel, étonné de son manque de réaction devant cette bonne nouvelle.
-Oui, ça va beaucoup mieux maintenant, réussit-il à dire avant d'éclater en sanglots.
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