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14 septembre 2009 1 14 /09 /septembre /2009 21:03
Première journée de cours... Epuisante. Si vous avez passé une journéee aussi crevante et déprimante que la mienne (j'ai dû me mordre les doigts pour ne pas faire une crise de stress en plain cours tellement j'étais larguée à un moment donné -_-'), j'espère que cette suite vous remontera le moral. ;-)

Sur ce , bonne lecture! =D







     Le weekend était passé vite. Peut-être même un peu trop vite pour le tout jeune couple qui profitait de chacun de leurs instants ensemble. Après la première leçon d'équitation de Peter, plutôt que d'aller s'enterrer dans une salle obscure, ils avaient préféré se poser dans un petit bar, non loin de l'appartement. Ils avaient été attirés à l'intérieur en entendant un son rock traverser la porte entrouverte, et ils étaient entrés avec curiosité. Une fois dedans, ils avaient découvert avec plaisir une petite scène où se produisait un groupe inconnu, composé d'hommes de quarante à cinquante ans. Ceux-ci semblaient enchaîner les reprises de classiques, et ce fut avec une joie évidente que les deux amants s'étaient installés au bar pour boire une bière, sur les airs de Highway to Hell, de Hotel California ou encore de Bohemian Rhapsody. Beaucoup plus tard dans la soirée, ils étaient rentrés et s'étaient endormis sagement, enlacés sous la couette.

Le lendemain matin les avait vus se prélasser au lit comme seuls deux amoureux pouvaient le faire, à discuter, à rire, à s'embrasser et à se caresser. Ils ne firent pas grand chose de leur journée, sinon de passer du temps ensemble, et en fin d'après-midi, la réalité les rattrapa.

-Bon, je crois que j'ai fait tous mes sacs, soupira Mikaël.
-Il te reste quelques affaires dans la chambre, murmura Peter, d'un ton triste.
-Je peux les laisser là?
-Bien sûr, pourquoi?
-Bah... rougit le jeune homme. Je m'étais dit que si... si on devait se revoir, on re... on reviendrait forcément ici, et que ce serait plus simple d'avoir quelques affaires sur place, balbutia-t-il, de plus en plus rouge.

Peter ne dit rien mais sourit de cette attention. Il s'approcha doucement de son amant, lui ébouriffa les cheveux dans un geste affectueux, et l'enlaça fortement.

-Je ne veux pas que tu partes, chuchota-t-il dans le creux de son cou. Je ne veux pas que tu partes.
-Et moi, tu crois que j'ai envie de te voir retourner avec cette conne? répondit-il en le serrant plus fort.
-Alors on a qu'à rester ici! fit Peter, se berçant d'une douce illusion.
-T'es bête.
-Je sais, mais il paraît que c'est normal.

Mikaël se détacha légèrement et lui lança un regard intrigué.

-Il paraît que c'est l'un des symptômes majeurs lorsqu'on est amoureux, dit-il avec un sourire.

Mikaël rigola à cette explication.

-T'es vraiment bête.

Il ne laissa pas le temps à Peter de le contredire qu'il l'embrassa. Sa langue entra prestement dans la bouche de l'inspecteur, en fit le tour puis vint chatouiller son homologue. Les deux langues s'amusèrent un instant l'une contre l'autre, jusqu'à ce que Mikaël se recule un peu. N'osant croiser les yeux de son compagnon, il ne releva pas la tête, et se baissa vivement pour attraper les deux sacs qui repartaient avec lui au club.

-Bon, faut pas qu'on tarde, sinon je vais louper le dîner au club, dit-il d'une voix incertaine.

L'excuse était mauvaise, il le savait. Mais elle avait au moins le mérite d'être claire: il n'avait pas envie de s'attarder plus longtemps dans cet appartement juste pour des adieux dégoulinants, et forcément plus durs, puisque plus longs. Néanmoins, pour apaiser sa brusquerie, il se décida à lever les yeux sur Peter. Il croisa son regard, et lui fit un sourire.

-Reste, murmura-t-il à Mikaël, craquant une énième fois sur son sourire. Reste, s'il te plaît. Je pourrais venir te voir le soir après mon travail, et tous les weekends. Et dès que j'en aurais envie. On aurait pas à se cacher ici. Ca réglerait plein de trucs si tu logeais ici, s'excita-t-il.
-Chuut, Peter, tu t'emballes, lui fit remarquer Mikaël. Tu sais très bien que je ne resterai pas ici, alors n'essaie pas de m'apitoyer.
-Mais pourquoi? Pourquoi ça va pas si tu loges ici? demanda-t-il, le ton vif et excité, alors que Mikaël commençait à se diriger vers la porte.

Celui-ci l'ouvrit, se retourna et posa son épaule contre la chambranle, cachant ainsi une partie du couloir sombre qui menait à l'ascenseur et aux escaliers.

-Parce que je refuse de loger dans un appart' qui n'est pas à moi sans payer une contrepartie. Et en ce moment, je n'ai pas vraiment les moyens.
-Mais je m'en fous de l'argent, Mikaël! C'est pas ça que je...
-Et moi je ne m'en fous pas, l'interrompit-il abruptement. J'ai ma propre fierté, et je refuse d'être dépendant de quelqu'un. Au moins au club, si je ne paie pas, je bosse pour eux. Et je touche moins que ce que je devrais pour compenser le fait que j'occupe une chambre. Ensuite, c'est un peu chiant d'aller de chez toi au club. C'est pas ça le plus gênant, mais c'est quand même un peu emmerdant de faire tant de changements de transports en commun.

Peter, penaud, baissa la tête, le regard rivé au sol. Il connaissait à l'avance les arguments de Mikaël, et ne pouvait les contredire: il aurait réagir exactement pareil. Cependant, cela lui tordait le cœur de voir l'homme qu'il aimait repartir chez lui, après tant de moments délicieux passés ensemble. Il aurait voulu pouvoir le voir tous les jours, se comporter comme un vrai couple, malgré Sonia.

-Et franchement, reprit Mikaël d'un ton las, coupant court à toutes les réflexions de Peter. Tu me vois t'attendre ici chaque soir, pour profiter de quelques pauvres heures volées à ta future femme. Et ensuite passer la nuit seul, dans ce lit qui sera trop grand, alors que je saurais pertinemment que tu t'endormiras avec Sonia... Je suis cinglé, mais pas maso Peter, faut pas confondre.
-T'es pas cinglé, protesta faiblement l'inspecteur.
-Si, je le suis, mais tu ne t'en rends pas encore vraiment compte. En plus, maintenant que j'y pense, avec les horaires de dingue que j'ai, que je dorme ici ou au club ne change pas grand chose: on ne pourra pas se voir de toute façon. Bon, on y va maintenant?

Il ne laissa pas à Peter le loisir de continuer plus avant leur discussion et descendit les escaliers sans un regard en arrière, sûr que Peter le suivrait après avoir fermé l'appartement.

Arrivés au pied de l'immeuble, les deux hommes firent une pause, le temps de se souvenir où ils avaient garés la voiture. Puis, Peter attrapa l'un des sacs de Mikaël, le balança sur son épaule, passa son bras libre autour des épaules du cavalier, et l'entraîna quelques rues plus loin. Là ils retrouvèrent la Volvo noire et déposèrent les bagages dans le coffre. Mikaël allait faire le tour pour embarquer côté passager lorsque Peter le retint.

-Hum? Qu'est-ce qu'il y a? demanda-t-il en se retournant à moitié.
-Viens, fit Peter d'une voix légèrement plus rauque que d'habitude.

Il ramena Mikaël sur le trottoir, l'arrêtant à côté de la portière du conducteur. Puis il se rapprocha de lui, jusqu'à ce que Mikaël, reculant au fur et à mesure, se retrouve plaqué contre la voiture. Il avança doucement sa tête, les yeux brillants, jusqu'au moment où les lèvres de Mikaël déformèrent le sourire qui s'y était installé pour parler.

-Tu tombes dans les clichés Peter. Embrasser son amoureux qui va partir contre la portière de la voiture, c'est d'un classique, remarqua-t-il, son sourire se ré-installant sur ses lèvres.
-Tu n'aimes pas les classiques? questionna-t-il avec une petite moue.
-Voyons Peter, je suis un atypique, quelqu'un qui sort des normes, tu le sais. Alors les classiques très peu pour moi, répondit-il avec une pointe d'auto-dérision. Par contre, l'originalité et la provoc', je dis pas non...

Tout en parlant, il avait repoussé Peter au milieu du trottoir, et avait glissé ses mains sur ses fesses pour le maintenir fermement contre lui. Puis il commença à l'embrasser avec passion tout en caressant avec plaisir son postérieur bien moulé dans le jeans. Il insinua même une de ses jambes entre celles de l'inspecteur, pour titiller son entrejambe, et voir l'effet qu'il lui faisait.

La réponse à cette provocation sensuelle ne se fit pas attendre et Peter emprisonna de ses mains le visage de son amant pour participer avec fougue à leur baiser. Les caresses langoureuses entreprises sur ses fesses ne le gênaient pas particulièrement. Elles l'excitaient même, et le rendait avide de plus. Alors il se colla encore un peu plus contre le corps de Mikaël, et lorsqu'il sentit une jambe s'introduire entre les siennes, il sourit, le sang affluant dans une certaine partie de son organisme. Il allait pour transférer ses mains sur le torse de son amant lorsqu'une voix dédaigneuse, mêlée de dégoût, se fit entendre.

-Si c'est pas honteux de voir notre jeunesse s'adonner à ce genre de plaisir décadent...

Mikaël se détacha immédiatement de Peter, et recula de façon à ne plus le toucher. Puis il posa enfin son regard sur l'instigateur de cette remarque. Il découvrit alors une femme, petite et un peu rondelette, probablement à la retraite, qui portait un tailleur des plus classiques. En l'apercevant, Mikaël, dont le visage était resté parfaitement impassible: pas une rougeur, pas un froncement de sourcil n'était apparu, plissa légèrement les yeux pour rendre son regard plus dur. Il se rapprocha ensuite de Peter, qui n'avait pas bougé, attendant de voir ce que voulait faire son compagnon, et passa un bras autour de ses hanches. Enfin, un sourire moqueur se forma sur son visage fermé.

-Alors comme ça Madame, vous trouvez que l'amour est honteux?
-Ca, cracha-t-elle en les désignant de l'index comme l'on pointe un animal dans un zoo, c'est pas de l'amour, c'est de l'exhibitionnisme!
-Hum... pas faux, reconnut Mikaël. J'avais envie de l'embrasser et de le caresser, alors je l'ai fait. Et les couples hétéros font de même en pleine rue, je tiens à vous signaler. Seulement, auriez-vous fait le même remarque?
-Evidemment que non, répondit-elle du tac au tac, avec un aplomb qui déstabilisa Peter, mais apparemment pas Mikaël.
-Voilà tout le problème Madame, vous n'acceptez l'amour que sous une de ses formes, or il y en a plein d'autres. Vous devriez vous ouvrir au monde, ça vous ferait du bien. Je dirais même, puisque je suis du genre vulgaire, ça vous enlèverait le balai qui est coincé bien profond dans votre cul.

La bouche de la vieille dame forma un O parfait, rapidement caché par sa main droite, et Mikaël rigola, amusé d'avoir choqué une personne si réactionnaire. Peter, d'abord étonné par l'attitude de Mikaël, ne tarda pas à rire avec lui. L'incident étant clos, ils décidèrent de se donner un dernier baiser chaste avant de monter dans la voiture. Mais ce fut sans compter sur la dernière intervention de la vieille dame.

-Vous pourrirez en enfer pour ce que vous avez fait! s'égosilla-t-elle.

Mikaël se retourna, tenant toujours Peter par les hanches et avec le même sourire moqueur sur les lèvres.

-Mais Madame, l'enfer est ici et maintenant. Vous ne le saviez pas?
-Blasphème! s'écria-t-elle, devenant un peu plus rouge à chaque fois qu'elle parlait.
-Bien sûr, acquiesça-t-il, plein d'ironie. Allez demander aux jeunes israéliens et palestiniens qui n'ont connu que la guerre de toute leur vie si l'enfer n'est pas sur Terre. Allez demander aux peuples affamés par leur propre gouvernement si l'enfer n'est pas sur Terre. Et si jamais le sort des populations étrangères ne vous émeut pas, alors demandez à nos vaillants soldats qui se battent pour la liberté en Irak, si l'enfer n'est pas sur Terre.
-Vous parlez de situations que vous ne connaissez pas, petit prétentieux, répliqua-t-elle sans ciller.
-Et j'en suis bien heureux de ne pas les connaître. Ce qu'on en dit aux infos me suffit amplement pour imaginer l'horreur de ce qui se passe là bas. Mais puisque vous ne semblez pas convaincue, je vais vous parler d'une situation beaucoup plus réelle pour moi, quelque chose de vécu, si vous voyez ce que je veux dire.
-Allez-y jeune homme, l'encouragea-t-elle, persuadée que quelqu'un d'aussi jeune ne pouvait avoir connu les grands malheurs de la vie dans un pays aussi développé que les Etats-Unis.

Mikaël, à cette injonction, crispa sa main sur la hanche de Peter, et plissa encore plus les yeux de telle façon à lancer un regard noir, plein de la rancœur et de la haine accumulées, à la vieille dame, qui douta un instant. Le jeune homme qu'elle avait en face d'elle n'était peut-être pas aussi innocent qu'elle l'avait cru au premier abord.

-Quand à 15 ans, vous avez déjà failli mourir plusieurs fois, moi j'appelle ça l'enfer. Quand pendant des années, vous avez passé vos journées et vos nuits à flipper, à vous demander si vous seriez toujours entier le lendemain matin, tout ça parce que vous vous êtes retrouvé, sans le vouloir, en plein milieu d'une guerre de gang, moi j'appelle ça l'enfer. Et quand à 9 ans, vous vous retrouvez couvert de sang parce que vous étiez un peu trop près d'un règlement de compte, et qu'ensuite, vous n'en dormez plus pendant des mois, tant à cause des images qui reviennent que des menaces de la part des tueurs, et que vous faîtes des crises de panique à la moindre occasion, moi j'appelle ça l'enfer. Après, si vous trouvez ça normal, c'est votre problème.

Mikaël était resté très droit pendant toute sa réplique, il n'avait pas bougé un seul muscle pour montrer son énervement. Seul son ton, se faisant de plus en plus dur et froid, et ses yeux, qui finissaient par ne devenir que des fentes, trahissaient sa colère. Ainsi que les larmes que Peter aperçut. Elles n'allaient pas tarder à couler, et il était certain que Mikaël ne voulait pas ainsi se donner en spectacle, se mettre à nu, sur la voie publique. Alors il tenta discrètement de le ramener à la voiture, quelques mètres derrière eux, sous l'œil ébahi de la retraitée, qui n'avait toujours pas digéré les paroles entendues à l'instant. Cependant, faire bouger le cavalier se révéla plus difficile que prévu et Peter dut se mettre devant lui, coupant tout contact visuel avec celle qui l'avait obligé à lever le voile sur une partie de son passé, pour le faire réagir.

-Viens, on y va, chuchota-t-il d'un ton doux, et enfin il put diriger Mikaël jusqu'à la portière passager.

Il le laissa attacher sa ceinture, et lui-même s'installa derrière le volant. Rapidement, le moteur ronronna et en quelques manœuvres, ils sortirent de la place où ils étaient garés. Mais ils n'allèrent pas bien loin puisque Peter engouffra la voiture sur un parking de supermarché, vide en ce dimanche soir. ll arrêta le moteur et se tourna vers Mikaël, qui semblait prostré depuis la fin de l'incident.

-Ca va Mikaël?

Aucune réponse ne vint alors il étendit son bras pour toucher la chevelure brune du jeune homme, et la caresser de ses doigts.

-Mikaël? ... Chéri? ... Dis moi ce qui ne va pas...

Les yeux de Mikaël restaient encore fixés au travers du pare-brise, comme attachés par un point invisible. Devant cette absence de réaction, et se sentant légèrement vexé que la vieille dame en ait su plus sur son passé en quelques minutes que lui en plusieurs mois, Peter décida de prendre le taureau par les cornes, et de poser les questions qui fâchent directement, encore une fois.

-Mikaël, qu'est-ce qu'il s'est passé pour que tu aies failli mourir plusieurs fois avant 15 ans?

Vivement, Mikaël tourna la tête vers son interlocuteur et les larmes sortirent enfin.

-Ne parle plus jamais de ça! cria-t-il. T'as pas le droit! T'as pas le droit de venir fouiner dans mon passé! T'as pas le droit!

Les poings de Mikaël, animés tout à la fois par la colère et la tristesse de se sentir trahi, s'abattirent où il purent, n'atteignant bien souvent que l'épaule ou les cuisses de Peter. Peter, que les paroles de son amant avaient touché bien plus que toute autre chose.

-Mais j'ai pas fouiné dans ton passé Mikaël! s'écria-t-il à son tour. J'ai jamais touché à ton dossier depuis qu'on se connaît! Et Dieu sait que j'aurais dû le faire! Tout ce qui te concerne, je l'ai délégué à Stefen! Mais bon sang, rends-toi compte, Mikaël! Je ne sais rien de toi. Strictement rien! A chaque fois que j'aborde un tant soit peu le passé, tu évites le sujet!
-Et alors?! s'exclama-t-il en retour.

Les vitres de la voiture semblaient trembler sous leur dispute mais ils ne s'en préoccupèrent guère, et continuèrent à s'engueuler comme jamais.

-Et alors? Et alors? Et alors est-ce que tu réalises que la conne qui nous a insultés tout à l'heure en sait plus sur ton passé que moi!

Mikaël tiqua à cet argument, mais pris dans le tourbillon de son altercation avec Peter, il s'entêta.

-C'est faux! Tu racontes n'importe quoi!
-Bien sûr, répliqua-t-il, amer. Tout ce que je savais sur ton passé, avant il y a quelques minutes, c'est que tu as grandi dans un quartier difficile, avec pas beaucoup d'argent, que tu as un grand frère, une petite sœur et un petit frère. Et que t'as probablement fait un tour par l'hôpital, vu comment tu supportes pas ça. C'est tout Mikaël! Je ne connais même pas le nom de tes parents ou de tes frères et sœur, je sais même pas quelle spécialité tu as prise au lycée, ou le nom de tes amis, en dehors de My. Je ne sais rien! Rien de rien!

Les deux hommes se turent sous cette dernière réplique, que Mikaël sentait en partie, sinon en totalité, vraie. Il était excessivement secret, et ce n'était pas prêt de changer, surtout maintenant qu'il avait un autre secret à protéger: Peter. Il sécha ses larmes d'un revers de main et planta ses yeux dans ceux de son amant.

-D'accord, tu ne sais rien de moi, reconnut-il après un instant à l'observer en silence.
-Alors c'est peut-être l'occasion de parler de toi, nan? tenta Peter, saisissant la balle au bond et le ton extrêmement radouci, quoiqu'un peu rauque parce qu'il venait de crier.
-Si tu veux m'envoyer à l'hôpital psy parce que j'aurais pas été capable de gérer mes souvenirs, ok, si tu veux, on en parle, proposa Mikaël d'un ton beaucoup trop léger pour le contenu des paroles.

Peter, abasourdi par ce qu'il venait d'entendre, ne put réagir. Tout se mélangeait dans sa tête: l'hôpital psychiatrique, les tentatives de meurtre, les guerres de gang... Seul une chose ressortait claire de tout ce fatras: il avait fait une énorme boulette.

-Je suis désolé... murmura-t-il, la voix cassée par la fatigue mentale et les émotions diverses qui bouillaient en lui.
-T'as pas à l'être, tu pouvais pas savoir.

Sur ces quelques mots prononcés de façon très détachée, il se rapprocha de Peter, attrapa sa tête d'une main, et déposa un baiser dans sa chevelure blonde, signe de réconciliation.

-Bon tu me déposes à la station de bus à côté du club ou j'y vais à pied? demanda-t-il ensuite d'un ton enjoué, presque enfantin.
-Hum... Dis-moi juste... Je peux te demander quelque chose... hésita-t-il.
-Vas-y, je vais essayer de ne pas m'énerver, fit-il avec un petit sourire triste, conscient que l'altercation qu'ils venaient d'avoir avait ruiné une partie de la confiance que Peter avait en lui: désormais, il prendrait probablement des gants pour lui parler.

Et il se répugnait lui-même d'avoir provoqué cette situation.

-Si j'ai bien compris, il s'est passé un truc quand tu as eu 15 ans, pour que ta vie change. Vu que tout à l'heure, t'as pris ça comme référence, et pas ta majorité.
-Eh beh, pour une fois que je vois l'inspecteur en toi, il faut que ce soit au mauvais moment. Enfin bref, t'as pas tort. A ce moment là, les parents de My, avec qui j'étais pas encore meilleur ami même si on s'entendait très bien, m'ont proposé de venir habiter chez eux. Et j'ai sauté sur l'occasion pour sortir de tout mon univers familial de merde dans lequel j'étais.
-Et tes parents? Ils ont dit quoi?
-Je leur ai pas laissé le choix. De toute façon, mon père me parle à peine depuis que j'ai commencé à monter, c'est-à-dire vers mes 7 ans.
-Ah... Mais...
-Chut, ne dis rien, le coupa Mikaël avec douceur, avant de continuer sur un ton beaucoup plus joyeux. Allez, maintenant, roule ma poule!

Et il asséna une grande claque sur la cuisse de Peter, accompagnée d'un grand sourire, que Peter lui rendit, toujours aussi faible devant cette mimique de Mikaël.

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commentaires

Raf 21/09/2009 22:53

Jolie altércation! Meme si je trouve ça un tout petit peu trop caricatural pour moi. Mais c'est pas mal pour introduire tout ce passé de Mickael. Et ca doit etre frustrant pour Peter qui n'a jamais rien su de ça. Cela dit, la dame a raison, que ce soit hétéro ou homo, y a des endroits privés pour ça! ils sont fait pour vivre a Amsterdam tes tourtereaux!

Skorpan 22/09/2009 00:34


Tu la trouves sur-faite? Pourquoi? (ceci dit, à la relecture, il y a certains passages que j'aime moyen aussi)
Mais c'est vrau que j'en avais besoin pour introduire un peu le passé de Mikaël, sinon lors du déballage, ça aurait fait tout d'un coup, c'était pas génial. Je vais essayer de faire ça petit à
petit.

Tu veux les faire déménager à Amsterdam? *o* Ce n'est pas une si mauvaise idée que ça... XD

Bisous (et merci pour le com, il m'a fait plaisir)


Merlin 16/09/2009 14:31

oui bien sûr qu'une suite c'est une bonne nouvelle mais quand il ne s'y passe rien de joyeux c'est triste (je suis logique moi xD) et contente que tu sois en forme ^^

Skorpan 16/09/2009 19:55


XD Effectivement, tu as une logique infaillible!

au fait, à quand une suite de Paris? Je me suis concentrée sur cette histoire parmi les tiennes pour pas me mélanger les pinceaux, mais je m'aperçois qu'elle est publiée moins souvent. :s


Merlin 15/09/2009 17:48

qu'est-ce que tu entends par remonter le moral ? j'étais en forme ça vient de me miner... p*tain... pauvre mickael, il a pas eu une vie facile

Skorpan 15/09/2009 20:52


Bah, c'est une suite. C'est une bonne nouvelle ça, nan? *moue interrogative*
Et pour Mikaël, dis-toi que maintenant il a Peter. ;-)
(En tout cas, moi je suis en super forme ce soir même si j'ai fini à 7h! J'ai validé tous mes rattrapages! Yahouuu! x) )
Bisous


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