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20 juillet 2009 1 20 /07 /juillet /2009 20:18
Hello à tous!

J'ai vu Harry Potter et le Prince de Sang Mêlé cette après-midi, et franchement j'ai adoré! C'est très bien filmé, ça retrace assez fidèlement le bouquin, et les acteurs jouent bien. Surtout Bellatrix! Celle-là, on sent tout de suite qu'elle est siphonnée! XD Et puis il y a pas mal d'humour, surtout les passages avec une certaine Lavender Brown... ^_- Snape est toujours aussi excellent. Ce doit être un de mes persos préférés, avec Sirius, évidemment. =D Et enfin, la mort de Dumbledore, ainsi que tout ce qui suit est vraiment bien réalisé.
Bref, je m'attendais à une daube, et j'ai vu un très bon film!

Sur ce, savourez le chapitre... =D







     Le dernier épisode de NCIS, qui passait tous les jeudis soirs sur CBS, venait de se terminer. Le générique fut rapidement remplacé par de la publicité, et d'un doigt, Peter éteignit la télévision. Il étouffa un bâillement et proposa d'aller rejoindre le lit pour une nuit bien méritée. Mikaël accepta, même s'il ne se sentait pas particulièrement fatigué. Il était plutôt un peu nerveux, mais tentait de ne rien en laisser transparaître. Après quelques minutes, ils étaient tous deux en boxer et sous la couette, essayant de trouver le sommeil. Peter était couché sur le côté, les jambes presque à la verticale, une main sous l'oreiller et l'autre sur le matelas. Ses yeux, lorsqu'ils s'ouvraient, se posaient directement sur le haut du corps de Mikaël, qu'il se plaisait à détailler, prenant garde d'être discret. Quant à Mikaël, il était loin de présenter le calme olympien qu'affichait l'inspecteur: sa légère nervosité avait pris de l'ampleur pour devenir une véritable angoisse, et il ne cessait de se tourner et de se retourner dans le lit, à la recherche d'une position plus propice au sommeil. Mais le pays des rêves semblait lui refuser l'entrée, et il resta éveillé et agité suffisamment longtemps pour que cela inquiète Peter.

-Mikaël? Qu'est-ce qu'il se passe? T'arrives pas à dormir?
-Non, confirma Mikaël en se mettant sur le dos.
-Pourquoi?
-... Je stresse, finit-il par avouer, après un petit moment d'hésitation silencieuse.

Peter fut surpris par cette confession: il n'y avait rien, d'après lui, qui pouvait stresser Mikaël à cet instant. Mis à part peut-être le fait qu'ils dorment ensemble. Mais ce n'était pas la première fois, et Mikaël n'avait jamais réagi de cette façon.

-Pourquoi? voulut-il savoir.
-J'ai peur. J'ai peur que demain, en revenant au club, je me sente comme une pauvre merde. Et que je sache plus monter à cheval.

Mikaël avait recommencé à s'agiter: il remontait et baissait ses genoux sans arrêt, passait ses mains sur lui partout où il le pouvait, comme s'il essayait de sentir son corps, pour se persuader qu'il était là, dans ce lit, bien vivant.
Peter, lui, avait souri très légèrement à l'annonce de cette peur: il commençait à bien connaître Mikaël et l'image du génie parfait se fissurait de plus en plus dans son esprit pour laisser place à celle d'un jeune homme fragile, torturé, aimant plus que tout le cheval. Il prit l'initiative de poser une main apaisante sur son abdomen pour le calmer et l'obliger à rester tranquille sur le matelas.

-Tu n'as aucune raison d'avoir peur Mikaël, chuchota Peter. Demain, tu vas aller au club, et tout va se passer comme d'habitude. Tu vas pouvoir remonter sur les chevaux que tu aimes, et tout se passera très bien, continua-t-il de le rassurer tout en commençant inconsciemment de légers cercles avec sa main sur le ventre du cavalier, comme pour appuyer ses paroles.
-Mais si ça se passe pas bien? demanda Mikaël d'une voix tremblante.
-Ca se passera très bien Mikaël... L'équitation... le cheval, c'est ton élément. Ca fait partie de toi, tu ne peux pas te rater. J'en suis sûr.
-Mais moi, j'en suis pas sûr! Tu te rends compte? Si jamais j'oublie de faire un truc super important?!
-Dans ce cas, tu t'en souviendras un peu plus tard et tu le feras.

La main était remontée sur le torse, pour essayer d'apaiser encore un peu plus Mikaël qui angoissait toujours. Elle sentait sous sa paume le cœur de Mikaël qui battait de plus en plus vite.

-Mais... Mais... chercha à dire Mikaël, l'anxiété lui faisant perdre ses mots.
-Mikaël, Mikaël, murmura Peter en s'approchant de son oreille. Tout va très bien se passer, fais moi confiance. T'es un as de l'équitation, et c'est pas en une semaine que tu vas avoir tout oublié.

Le souffle chaud de Peter contre sa peau fit frissonner Mikaël, ainsi que sa main qui avait quitté le torse pour s'aventurer plus bas.

-Tu vas voir, continua Peter d'une voix rassurante, sans réelle conscience de ce que faisait sa main droite, qui semblait agir de son propre chef. Demain, tu vas arriver au club, et tu vas te retrouver comme un poisson dans l'eau. Comme si tu n'étais jamais parti. Comme si cette semaine n'avait jamais eu lieu, finit-il, maîtrisant du mieux qu'il put le trémolo de sa voix.
-Arrête, dis pas ça, l'interrompit fermement Mikaël. Je suis content que cette semaine ait eu lieu, je ne regrette rien! C'est juste que je stresse à chaque fois que je dois remonter à cheval, alors que j'ai arrêté pendant quelques jours. C'est débile, mais c'est comme ça. Tu comprends?

Peter fit un petit mouvement de la tête et s'éloigna lentement de l'oreille de Mikaël pour se rallonger. Cependant, le plus jeune avait aperçu l'éclat de tristesse des yeux verts de son ami et il enroula ses bras autour de son cou avant qu'il ne s'éloigne trop pour le rallonger sur lui.

-Je t'assure Peter: j'ai été super content de cette semaine passée avec toi, affirma-t-il en resserrant un peu plus leurs corps l'un contre l'autre dans ce câlin de grande ampleur. Et franchement, j'ai pas envie que ça se termine, même si d'un autre côté j'ai super envie de reprendre l'équitation. Et tout ça me stresse beaucoup trop... Je suis un garçon compliqué, faudra t'y faire, sourit malicieusement Mikaël.
-Moui, marmonna l'autre. Mais dis-moi... euh... t'aurais pas comme un petit problème?
-Un petit problème? Mais des problèmes, j'en ai plein, Peter. Bien plus que tu ne l'imagines, soupira Mikaël.
-Hum... Je parlais d'un problème...euh... plus actuel...
-Euh... Ils sont tous actuels Peter. Où tu veux en venir?
-Ouais... mais un problème très très actuel... un peu trop tendu, si tu vois ce que je veux dire, tenta d'expliquer Peter pour la troisième fois alors que ses joues se coloraient d'une douce teinte rouge.

Mikaël, ne comprenant pas au premier abord les allusions de Peter, sonda la profondeur de ses yeux, avant d'avoir une révélation devant le changement de couleur de son visage.

-Effectivement, constata-t-il en rougissant à son tour. T'as raison. Est-ce que tu peux te pousser s'il te plaît, que je me calme?

Mikaël ferma les yeux et souffla lentement pour essayer de faire le vide dans sa tête. Cela se révéla plus dur qu'il ne le croyait: des pensées de toutes sortes virevoltaient dans sa tête, et qui se centraient de plus en plus sur Peter, d'autant que ce dernier ne s'était pas retiré de dessus de Mikaël. Au contraire, il s'était juste un peu décalé pour permettre à sa main droite de caresser avidement le flanc gauche de Mikaël. Elle faisait de nombreux allers-retours sur le corps du cavalier, descendant à chaque fois un peu plus bas. Lorsqu'elle atteignit l'élastique de son boxer, Mikaël frissonna fortement, et Peter, de peur d'être repoussé, s'imposa d'un baiser à lui. A coups de langues, il tenta de l'emporter autre part, dans un endroit connu d'eux seuls, où rien ne pouvait les atteindre. Dans ce monde où ils étaient déjà allés un certain dimanche après midi.

Soudain Mikaël sursauta en sentant les doigts de Peter se glisser lentement sous l'élastique noir de son boxer. Son esprit était tellement obnubilé par cette main qui parcourait centimètre par centimètre sa peau de plus en plus bas qu'il ne pensa pas d'abord à protester. Ce ne fut que lorsque toutes les phalanges se furent engouffrées sous le tissu et que les doigts pouvaient aisément caresser son aine qu'un éclair de lucidité le traversa. D'un mouvement brusque, sa main gauche attrapa celle trop curieuse de Peter et les deux jeunes hommes se cherchèrent du regard face à ce nouvel élément. Lorsqu'enfin ils se trouvèrent, l'affrontement attendu n'eut pas lieu, et Mikaël se sentit plier face aux yeux insistants, suppliants de Peter. Ses doigts se desserrèrent peu à peu du poignet de l'homme blond. Néanmoins, ce dernier capta les appréhensions de Mikaël et les comprit. Alors il se décida à rompre le contact visuel pour s'approcher de sa bouche, et déposer légèrement ses lèvres dessus. Il les fit ensuite glisser le long de sa joue, laissant une peau un peu plus humide, un peu plus rouge, derrière lui, pour atteindre le lobe de l'oreille, le lécher avant de s'en éloigner de quelques millimètres.

-Je peux? demanda-t-il d'une voix rauque, incertaine, tremblant sous la foule d'émotions qui se manifestaient à lui en cet instant.

Mikaël, face à cette question, resta interdit. Il n'avait pas l'habitude, dans ce genre de situation, qu'on lui demande quoi que ce soit. Soit il agissait, soit il subissait, soit cela se faisait à deux, mais toujours dans le silence propre au sexe, entrecoupé de gémissements, de halètements et de cris, sur fond de respirations bruyantes. Alors, il ne répondit rien à Peter, qui par précaution, prit cela comme un refus. La main baladeuse fut donc retirée du boxer, et lorsque les dernières phalanges allaient s'éloigner, la main de Mikaël se resserra sur le poignet de Peter. Elle le poussa même légèrement vers le bas, l'encourageant à continuer ses caresses entreprises plus tôt.

Etonné, Peter ne se fit pas pour autant prier et accéda rapidement à la demande de Mikaël. Sa main s'engouffra totalement dans le boxer du plus jeune et commença à caresser son sexe. C'était une sensation nouvelle, étrange, un peu déstabilisante que de caresser le pénis d'un autre. Il se sentait gauche, maladroit, croyant à chaque fois mal faire et ayant peur de ne pas provoquer de plaisir. Cependant, lui y prenait du plaisir, à procurer des caresses à Mikaël et rapidement, il fut gêné par le boxer du brun pour faire les choses comme il l'entendait. Il n'était pas sûr que cela allait plaire au plus jeune mais il en avait envie.

Alors il ne se restreignit pas, d'autant plus que pour l'instant, même si ses gestes étaient imprécis et tremblants, son partenaire semblait apprécier ce qu'il subissait avec quelques gémissements. Se re-positionnant de telle manière à pouvoir avoir les deux mains de libre, Peter fit glisser le boxer de Mikaël jusqu'à mi-cuisse. Le jeune homme, surpris de ce dénudement soudain, sursauta, mais ne fit rien pour arrêter ce qui avait été commencé. Il y avait pris suffisamment de plaisir pour pouvoir deviner ce que la suite lui réservait, et ce n'était pas pour lui déplaire. Quelques pensées lui rappelant le caractère dégoûtant et hors-norme de cet acte pratiqué entre deux hommes lui effleurèrent l'esprit, mais elles furent chassées manu militari par un Peter l'embrassant à pleine bouche et reprenant ses caresses insistantes sur son sexe. Il sentait ses doigts aller et venir, pas forcément là où il en avait l'habitude. Mais cela n'en était que plus agréable. Plus excitant.

Les caresses devinrent peu à peu plus pressantes, plus rapides, un peu plus rudes même. Comme si celui qui les faisait avait du mal à se retenir; comme si Peter, en masturbant Mikaël, se masturbait lui-même, et arrivait de plus en plus près du moment de jouissance. Mikaël sourit intérieurement de cette constatation et entreprit de prendre les rênes du baiser qu'ils échangeaient, afin d'y imposer un rythme plus lent, espérant que cela influencerait Peter sur ses actions au niveau de son bas-ventre. Cependant, cela n'eut pas l'effet souhaité, et il mordit la langue de Peter lorsque celui-ci serra un peu trop fort ses testicules. Peter arrêta alors tout et se redressa.

-... Pardon, pardon, pardon...

Il fit une pause puis redemanda, les yeux de nouveau suppliants, mais avec une dose d'excitation bien visible.

-Je peux?

Mikaël ferma les yeux et lui sourit, montrant clairement son assentiment à la lueur de la lune qui éclairait la chambre. Peter, tout heureux de l'accord de Mikaël, l'embrassa avec beaucoup de tendresse, contrastant avec l'enthousiasme dont il faisait maintenant preuve dans sa masturbation, ses doutes s'envolant un par un.

Mikaël, dont les mains n'avaient cessé de caresser le corps de Peter, se tendait par moment, restant immobile pendant quelques centièmes de secondes. Puis il reprenait l'exploration du corps de son ami. Cependant, ces moments de crispation passagère devinrent de plus en plus fréquents et de plus en plus longs, et Peter comprit que Mikaël n'allait pas tarder à jouir. Continuant à appliquer sur Mikaël ce qu'il avait l'habitude de faire sur lui-même, Peter accéléra ses mouvements sur le pénis du cavalier. Puis, après de longues secondes, Mikaël se crispa plus fortement, retenant sa respiration, et ce fut le cri.

-Ah! Putain ma cheville! Ca fait trop mal!! Ma cheville!! Putain Peter, j'ai trop mal!

Peter se redressa brusquement et Mikaël se roula en boule, se tenant fermement la cheville gauche. Le plus vieux bascula à l'extérieur du lit puis en fit le tour pour s'accroupir devant un visage crispé de douleur, une lèvre inférieure torturée par des incisives et des yeux fermés fortement. Il passa délicatement sa main dans les cheveux bruns de Mikaël, repoussant les quelques mèches qui s'étaient collées à son front à cause de la sueur.

-Mikaël, chuchota-t-il d'un ton apaisant malgré la peur qui lui tenaillait le ventre. Qu'est-ce qui s'est passé?

Le jeune homme ouvrit les yeux, le regarda bien en face et esquissa un petit sourire.

-Je crois que j'ai pris un peu trop de plaisir, souffla-t-il avant de se renfrogner.
-Comment ça? insista Peter, qui n'avait pas remarqué le changement d'attitude de son ami.
-...
-Mikaël? Tu peux m'expliquer, s'il te plaît? Je suis largué.
-Ca me paraît pourtant évident! explosa soudain Mikaël, qui s'agita dans le lit sans tenir compte de sa cheville douloureuse. Mais c'est vrai que j'avais oublié que t'étais con! Alors tu vois, pour faire clair: juste avant de jouir, j'ai tout le corps qui se tend. Et quand je dis tout le corps, c'est cheville comprise! continua-t-il en haussant le ton, au mépris de l'heure tardive et du sommeil des voisins. Ma cheville gauche s'est donc crispée et ça m'a déclenché une douleur affreuse qui est en train de remonter le long de ma jambe!! Alors maintenant, si c'est pas trop compliqué pour ton pauvre petit cerveau, tu vas me chercher ma boîte d'anti-douleurs et une bouteille d'eau! finit-il en hurlant.

Assommé par la tirade cinglante, Peter ne réagit pas tout de suite. Il sentit juste ses yeux picoter légèrement, comme s'il était sur le point de pleurer.

-Maintenant!! cria de nouveau Mikaël, faisant sursauter Peter, toujours immobile devant le lit.

Ensuite, il se rallongea, ferma les yeux et entendit avec satisfaction les pas de Peter quitter la chambre. Quelques minutes plus tard, il les entendit revenir et lorsqu'il ouvrit les yeux, Peter était déjà ressorti, laissant les médicaments et la bouteille à même le sol. Mikaël attrapa la boîte, fit tomber deux cachets dans sa main et les avala. Puis il se recoucha dos à la porte, et repassa dans sa tête toute la scène, jusqu'au moment où la douleur avait fait disparaître à la fois son excitation et son bon sens.

Peter s'était enfermé dans la salle de bains. L'engueulade féroce qu'il venait de subir avait réduit à néant toute trace d'excitation, et maintenant, c'étaient plutôt les larmes qui faisaient leur apparition. Il en essuya une, puis deux, et finalement il se laissa aller pendant quelques minutes à pleurer de tout son soûl. Il ne comprenait pas la réaction de Mikaël, qui lui rappelait amèrement leur première rencontre, où ils ne connaissaient rien de l'autre. Et cela lui fit d'autant plus mal. Au bout d'un certain temps, il détacha quelques feuilles de papier toilettes pour se moucher, se recoiffa vaguement face au miroir de la salle de bains puis retourna dans la chambre. Avant de franchir la porte, il prit une grande inspiration, à la fois pour se calmer et se donner du courage. Puis il entra, et resta immobile de stupeur devant le spectacle qui s'offrait à lui: Mikaël, dont il ne voyait que le dos, était recroquevillé en position fœtale et tout son corps était agité de soubresauts. Comme s'il pleurait.

Peter tout doucement s'approcha du corps tremblant de Mikaël. Arrivé au bord du lit, il ne sut  plus ce qu'il fallait faire. Devait-il s'allonger contre son dos et le prendre dans ses bras pour le consoler, comme il avait envie de le faire? Mais le risque de se faire rejeter était immense, et ferait atrocement mal. Alors peut-être devait-il d'abord s'assurer que Mikaël pleurait vraiment? Et ensuite lui demander ce qui n'allait pas, au risque cette fois-ci se faire encore hurler dessus sans raison aucune. Peter hésitait entre les deux solutions: son cœur balançait pour l'une tandis que sa raison penchait pour l'autre. Tel un juge, le vieil adage de Pascal se rappela à lui: "Le cœur a ses raisons que la raison ne connaît pas." Autant suivre son cœur dans ces circonstances là, se dit-il finalement. Il s'agenouilla au côté du lit, où Mikaël ne s'était toujours pas calmé, puis après avoir rassemblé son courage, il entreprit de s'y asseoir. Mais alors qu'il allait s'allonger, une autre phrase se rappela à lui, cette fois-ci tirée du film Master&Commander, qu'il avait vu quelques années plus tôt. Le capitaine Jack Aubrey faisait une blague à son ami Stephen, et il concluait ainsi: "In the service, one must always choose the lesser of two weevils." Qu'entre deux maux, il fallait choisir le moindre. Et le moindre, dans le cas présent, était de se faire crier dessus, plutôt que de se faire rejeter. Il se ravisa donc au dernier moment, et fit le tour du lit pour venir s'asseoir en tailleur sur le sol, de l'autre côté. Il posa ses bras sur le lit et son menton sur ses mains croisées devant lui, puis il observa en silence, pendant plusieurs minutes, Mikaël. Ce dernier finit par ouvrir les yeux et le dévisagea également.

-Quoi? Qu'est-ce qu'il y a? cracha-t-il d'un ton agressif, agacé par le regard insistant de Peter.
-...
-Réponds, nom de Dieu! s'énerva-t-il en se mettant à genoux sur le lit. Qu'est-ce que t'as à me regarder comme ça?!
-... Rien... souffla le jeune homme d'une voix étonnamment calme.
-Me prends pas pour un con, Peter! Je supporte très mal.

Si Mikaël avait baissé le volume, le ton n'en restait pas moins tranchant et exigeait une réponse, au risque de le voir exploser de nouveau. Ce que Peter voulait éviter à tout prix. Alors il prit de nouveau sur lui: il avait eu le temps de réfléchir un peu, et il pensait savoir comment prendre Mikaël lorsqu'il ressemblait à une pelote de nerfs.

-Je me demandais juste, commença-t-il en pesant calmement chacun de ses mots, pourquoi tu m'avais gueulé dessus comme si j'étais un chien, tout à l'heure. Pourquoi en quelques minutes, j'ai eu l'impression que notre relation avait changé du tout au tout? Pourquoi j'ai eu si mal? Et surtout, pourquoi tu pleurais?

La dernière question fit exploser Mikaël de rage, qui attrapa un des oreillers et le balança violemment à la tête de Peter.

-Parce que j'avais mal ducon! J'ai l'impression que ma cheville va exploser!
-Mikaël, ne prends pas pour plus con que j'en ai l'air! cria à son tour Peter, qui n'arrivait plus à supporter de rester passif face à tant de violence à son égard. Quand t'es tombé, t'as pas versé une seule larme, alors que ça devait te faire bien plus mal! Alors je répète Mikaël: pourquoi tu pleurais? Pourquoi tu pleurais?

Les dernières paroles avaient été criées plus fort que les autres et avaient laissé Mikaël un peu abasourdi. Peter, saisissant l'occasion, se releva et attrapa le visage de son ami entre ses mains. Il déposa doucement ses lèvres contre les siennes et ferma les yeux. Mikaël se débattit, essaya de se soustraire à cette douce étreinte, qu'il transformait en combat, mais Peter tint bon. A bout de forces, physiques et mentales, Mikaël abandonna et se laissa aller contre la bouche et tout le corps de l'inspecteur. Après quelques minutes, ils se rallongèrent sur le lit et Peter caressa lentement le visage de Mikaël jusqu'à ce qu'il se calme complètement. Une fois les larmes taries, et en espérant qu'elles ne reparaissent plus, Peter posa une énième fois la question fatidique.

-Mikaël, tu veux bien me dire pourquoi tu pleurais?

Le jeune homme lui adressa un regard las avant de fermer les yeux, comme s'il se concentrait pour répondre, ou qu'il allait chercher la réponse au plus profond de lui-même.

-... Je sais pas... Je crois que tout ça va trop vite pour moi...
-Pourtant, tenta Peter, qui entrevoyait le fond du problème, il y a une semaine, quand on s'est embrassés, t'avais l'air plutôt partant... Enfin, jusqu'à ce que tu te pètes la gueule.
-Justement, je m'étais un peu laissé emporté.
-Mais depuis, t'as eu le temps d'y réfléchir, nan?
-Ouais...
-Et? insista Peter.
-Et je sais pas! J'avoue: j'ai aimé quand on s'est embrassés. Et après, pas mal d'images me sont passées par la tête, si tu vois ce que je veux dire. Mais de là à le faire dans la réalité! Ca change les choses du tout au tout! Ca devient tout de suite beaucoup plus réel! Et je m'étais pas du tout préparé à ça...
-T'étais resté dans l'optique platonique tout en imaginant des choses perverses dans ta tête? C'est assez marrant comme vision.
-Ouais, mais c'est à peu près ça... Et le pire dans tout ça... murmura Mikaël, la voix légèrement nouée.
-Mmmh?
-Le pire c'est que j'ai aimé tout à l'heure.

Peter, ne s'attendant pas du tout à une phrase de ce genre, ne réagit pas tout de suite, puis son visage se fendit d'un large sourire.

-Tant mieux!
-Comment ça tant mieux? interrogea Mikaël, les yeux grands ouverts devant cette réaction.
-Bah ouais, ça veut dire que je suis pas trop nul alors! dit-il avec un sourire tirant vers le rire.
-... T'es trop con! rigola Mikaël.

Ce rire qui les unit les réconcilia d'un seul coup. Rien ne serait oublié, et il leur faudrait du temps pour que leur esprit passe outre les insultes entendues et les pleurs vus. Mais ils se retrouvaient: ils étaient enfin l'un avec l'autre, ne sachant pas encore très bien ce qu'ils représentaient. L'un était juste là avec l'autre, et vice-versa, et c'était ce qui comptait.
Lorsque leur rire se fut éteint avec des sourires, Peter prit l'initiative de faire taire la peur qu'il sentait déjà installée chez Mikaël. Il se rappela avec le plus de précisions possibles les conseils de Stefen et Nathaniel, et entreprit de les lui dire avec ses propres mots. Pour qu'ainsi il sache que tout ce qu'il vivait était parfaitement normal, parfaitement humain. Il lui chuchota des mots tendres, le rassurant lorsqu'il exprimait des doutes. Il le fit rire pour dédramatiser quelques moments de tension. Il l'embrassa sur les paupières pour effacer les dernières traces de larmes. Il lui demanda enfin de sortir avec lui, et les secondes s'égrenèrent alors lentement pour Peter alors que le plus jeune réfléchissait, affichant une mine sérieuse.

-Je te laisse un an d'essai, finit par dire Mikaël avec un petit sourire triste.
-Pardon? réagit Peter, comme s'il venait d'avaler de travers.
-Moi, j'ai personne depuis des années, alors m'engager dans une relation avec toi ne me coûte pas grand chose, expliqua lentement Mikaël. Alors que toi... toi tu as Sonia. Tu dois te marier avec elle, t'as une vie qui ne me concerne pas... Va falloir que tu choisisses entre elle et moi, entre la vie d'hétéro banal, et celle d'un homo rejeté par la société, et peut-être même par son travail. C'est pas un choix facile, alors je te laisse un an pour choisir. Je tiendrai pas plus, peut-être même moins. Mais je respecterai ma promesse. Au bout d'un an, si tu n'as toujours pas pris ta décision, c'est bye-bye.
-Mais, ça va pas la tête! Je... s'exclama Peter.
-Pete, ta gueule! l'interrompit familièrement Mikaël, un sourire plus joyeux aux lèvres. Allez, maintenant on dort. Je suis crevé et je me lève tôt demain.

Peter ne dit mot et acquiesça en silence: Mikaël avait sans doute raison. Tout cela allait bien trop vite et il leur fallait tous deux réfléchir. Cette limite d'un an n'était pas aussi stupide qu'il l'avait cru.
Lorsqu'il laissa enfin de côté les questions qui s'entremêlaient maintenant dans sa tête, il bougea dans les draps pour s'installer pour dormir. Puis, relevant la tête, il déposa un baiser sur les lèvres entrouvertes de Mikaël, qui pouffa à ce contact.

-Qu'est-ce qu'il y a encore Mikaël?
-Rien... C'est juste que je pense à mon père. Il arrête pas de me reprocher de faire un sport de tapette. Maintenant que j'en suis vraiment une, il va être content!

Mikaël rit de nouveau, d'un rire léger qui sonnait étrangement faux. Sa gorge se serra et il avala à plusieurs reprises sa salive.

-Mikaël, murmura Peter, la voix tremblant sous la tristesse qu'il ressentait pour son désormais petit ami, et sous la détresse qu'il voyait chez lui.
-Tais-toi...

L'ordre fut doux et Mikaël se retourna pour caler son dos contre le torse de Peter. Puis tous deux s'endormirent.

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commentaires

Cindy 30/07/2009 21:07

UN AN ?????!!!! mais c'est trop !! enfin Peter , tu sais quoi faire !!

Skorpan 18/08/2009 00:33


Un an, franchement, pour chambouler une vie de presque 30 ans, je crois que c'est pas beaucoup. ;-)


Merlin 22/07/2009 11:21

à 90 tu plaisantes ! OO mais je tiendrais pas moi xD j'envoie mes esclaves leur botter les fesses (pardonne-moi l'expression) ! non mais ça fait deux fois que ça coupe alors que c'est bien parti putain de cheville de merde qu'il se fasse amputer et ça sera réglé xD

Skorpan 22/07/2009 16:01


Envoie, envoie! Ils les attendent de pied ferme! XD

Et pour l'amputation, ça servirait à rien: il y aurait encore le problème des membres fantômes! XD


Absynthe 21/07/2009 22:06

*Une porte explose**débarque avec un regard patibulaire, des couteaux, des fouets et tout le tralala*...*tapote du bout du pied*...J'ai une petite réclamation.Tu m'as fait le coup DEUX fois.DEUX FOIS que tu conseilles des trucs à lire, et que ça finit TRISTEMENT!JAIME PAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAAS LES HISTOIRES TRIIIIIIISTESDéjà Muchacho, j'en ai presque pleuré de rage, et ça m'a rendue allergique aux nanas. Mais là... Chiche...BWAAAAAAAH*se roule par terre*Le pire c'est que c'est tellement vrai, c'est tellement ce qui aurait pu se passer qu'on peut pas dire bêtement "c'est trop nuleuh", mais merde ça fout la haineeeeeeee!!Bref. Ces deux histoires étaient magnifiques, y a pas à dire, mais prochaine fois, je te demanderai d'abord si ça finit bien ^^. bisous!!

Skorpan 22/07/2009 01:31


Hum... Dis? Tu me crois quand je te dis que j'ai flippé rien qu'en lisant le début de ton com? J'étais là, bêtement avachie devant mon ordi, et je me suis un peu redressée, en me disant: "Oh
putain! Qu'est-ce que j'ai encore fait? Qu'est-ce que j'ai encore fait?" J'ai vraiment flippé! XD

En tout cas, je suis contente que tu aies apprécié ces histoires (surtout Muchacho en fait, je suis devenue amoureuse de cette BD. Et tiens essaie Névé, du même auteur, et ça finit bien cette
fois-ci, avec quelques rebondissements plus ou moins tristes quand même ;-p). Et j'ai bien retenu la leçon: je te dirais à l'avenir comment ça finit, plus ou moins. ;-)

Bisous à toi!


rafalou 21/07/2009 12:58

Bon ca va, j'ai presque eu peur que Peter se mette a appeler Mickael: Mick-Mick et qu'il lui fasse des coeurs sur la vitre...XDFort heureusement notre cher Mick s'est débrouillé pour nous piquer sa crise et empecher la guimauve de s'installer! Quel génie!nan franchement, encore bien vue ton histoire! On sait jamais ce qui nous attend avec un Mickael plein de surprise et tout est compréhensible. De plus, les petits traits d'humour tombent a point. Bravo!Pour conclure, Mort a Sirius et Severus, Rahahahahaha!!

Skorpan 21/07/2009 17:04


Oh oui Raf-Raf! Tu veux un cœur toi aussi? XD

Bref, merci pour le com. C'est vrai que mon Mikaël est totalement imprévisible. ^^

(Et vivent Sirius et Severus!! =DD)


Merlin 21/07/2009 10:24

mais ils vont jamais y arriver ces deux-là ! saleté de chevile grmblmgrmbl ! bon quoi dire de plus cette histoire ma captive j'en peux pls d'attendre que ça s'arrange...

Skorpan 21/07/2009 16:59


Mais si, mais si! Ils vont y arriver! =D Par contre quand, je sais pas... *ange* Peut-être qu'à 90 ans, ils profiteront enfin pleinement d'être ensemble.

"*voix chevrotante* -Alors Mikaël, tu veux être au dessus ou en-dessous?
*voix enjouée mais un peu éraillée* -Bah celui qui arrive à bander encule, nan?"
X'DDD


Absynthe 20/07/2009 21:02

J'ai un vieux rire jaune qui me monte à la gorge xDNon seulement, le lemon/lime bref l'approche m'a fait rougir et prendre au moins dix degrés en deux secondes, mais en PLUS ce moment a été brisé par ma belle mère qui est venue me parler d'orchidées et de petit pistolet à eau JUSTE au moment pour PEter baisse le calecon de Mimi. Et après le cri...J'ai éclaté de rire mais c'était entre le rire et la crise de nerfs xD Et après le pauvre Peter, j'en ai eu les larmes aux yeux (sans exagérer). La dispute était tellement réaliste qu'on croirait que tu l'as vécue. Vraiment, j'adore ta façon d'écrire. On peut pas se dire au milieu "ha moi j'aurais pas fait comme ça, c'est complètement con comme réaction, personne ferait ça" là c'est juste "vrai". On le ferait peut-être pas, mais c'est tellement compréhensible...Bref, encore une fois je te tire mon chapeau. Bravo bravo bravo, et bisous!Et pour HP, j'aime  PAS HP! Non seulement il est sorti le jour de mon anniv (que tout le monde a zappé dans ma famille, dans mes potes et sur internet), mais en plus JK a tué Sirius et Severus. Alors qu'il parait (ce n'est pas une source sûre, mais on me l'a dit) qu'elle voulait d'abord tuer Arthur, mais qu'elle a plutôt tué Sirius, et qu'après elle voulait encore le tuer (arthur), mais que finalement elle a tué tonks et Remus. etc etc.Et en plus, elle dégomme Severus, le personnage le plus intéressant de l'histoire xDDonc je ne doute pas que ce film soit très bien, mais c'est fini, je boycotte totalement JK xDHeu désolée pour le monologue, bisous

Skorpan 20/07/2009 23:06


Ah ça! Les personnes -totalement ingénues et inconscientes du sacrilège qu'elles sont en train de faire- qui interrompent notre lecture de lemon... Ce sont de véritables plaies! XD Nan mais c'est
vrai quoi! Un lemon, ça s'interrompt pas! Et encore moins quand c'est toi qui l'écrit, parce qu'après, t'es plus vraiment dans le trip... :s
En plus, c'était vraiment au mauvais moment les orchidées... Et le petit pistolet aussi, évidemment. Mais je me suis bien marré, parce que forcément, par association: petit pistolet-police,
police-Peter... *laisse deviner la suite... l'esprit est très vite revenu au lemon! XD*

Merci pour tes critiques quant à la dispute. Ca fait vraiment très plaisir. En survolant juste avant de poster, mes yeux ont capté *forcément* la phrase de Mikaël: "Je crois que j'ai pris un petit
peu trop de palisir." Et moi j'étais là: mais attends, pourquoi il dit ça lui? Et puis en relisant le passage, je me suis demandée si ça collait ou pas, si ça faisait n'impot' nawak, qu'il s'énerve
pour rien.

Brefouille, je te remercie (merci merci merci merci merci...) pour ce commentaire complet comme je les adore. =D Maintenant, je peux passer à Harry Potter! *o*

Déjà, bon anniv' en retard. Je ne connaissais pas la date de ton anniv, et en plus, je suis très nulle pour les retenir (j'oublie même le mien). Mais bon bref, vaut mieux tard que jamais, comme on
dit.

Ensuite, je suis tout à fait d'accord avec toi. Elle a tué tous mes persos préférés: Sirius, Snape, Lupin, Fred... Mais ça n'empêche j'aime quand même l'histoire. Je sais pas, je dois être maso! XD
(m'enfin, je crois surtout que c'est parce que je les fais revivre pour moi toute seul dans ma tête! XD) en ce qui concerne l'histoire avec Arthur, je ne sais pas, mais je suis contente qu'elle ne
l'ait pas tué. Rendre les 7 Weasleys orphelins de père, ça m'aurait foutu la haine.

Et je remarque que tu es fan de Sirius ET de Snape ET de Lupin (un peu comme moi), et donc si tu ne connais pas, je t'encourage vivement à lire les fanfics d'Arcadiane (dont le lien est à droite).
Dans "Chiche", que tu dois absolument lire, elle nous fait un de ces couples Sirius/Snape... *o*

Sur ce, bisous et bonne nuit! =D


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